Bonjour à tous ! Voici un nouveau chapitre, je pense que désormais, j'essaierai de poster mes chapitres tous les samedis, si je ne prends pas de retard dans mon écriture, surtout avec les examens qui approchent...

Jenifael09 : Haha, si Ron devait s'en aller si facilement, ce ne serait pas intéressant voyons ^^

betouni : Eh bien écoute, voilà la suite pour le moment, j'espère qu'elle va te plaire xD En tout cas j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce chapitre, donc j'espère que tu l'aimeras :)

Bonne lecture, j'espère que vous apprécierez ce chapitre, un poil plus court que les précédents. Profitez bien, et bonnes vacances pour ceux qui y sont à partir d'aujourd'hui (ou d'hier, qu'importe) !


Hermione s'était retrouvée là, à moitié affalée contre le torse de son petit ami après l'unique danse qu'ils avaient partagée. Elle ne pouvait pas dire qu'il sache danser, mais elle saluait l'effort qu'il avait fait pour ne pas lui endommager les pieds plus qu'il ne faudrait. A présent, il ne semblait plus vouloir décoller du canapé sur lequel il avait élu domicile, et il héla un elfe qui passait pour demander deux bièraubeurre. Très bien, elle resterait un peu plus longtemps comme ça, après tout elle se sentait bien pour le moment. Elle vit passer Daphné Greengrass, complètement perdue, qui leur demanda où était 'Dray'. Elle haussa un sourcil et ne répondit pas, la voyant rebrousser chemin, visiblement de plus en plus en colère. Et soudain, le blond surgit de la foule, et ne parvint pas à éviter la furie qui voulait se raccrocher à son bras. Il se débattit quelques secondes puis la laissa se pendre contre lui, agacé de ne pas pouvoir de débarrasser d'une sangsue. Elle s'amusa de la scène, mais elle finit par tourner la tête, et ce qu'elle vit dans son champ de vision lui fit croire à une hallucination.

« Dray ! »

En tentant une dernière fois de repousser vainement Daphné, accrochée à lui comme si sa vie en dépendait, il leva les yeux vers la provenance de l'appel, qui ne lui était plus du tout familier au sein de Poudlard, hors sa cavalière qui s'acharnait à le nommer ainsi sans réaliser qu'elle ne ferait jamais partie de son cercle d'amis. Ce qu'il vit le stupéfia. Un ensemble rouge-noir qu'il n'avait plus vu depuis des mois. Un ensemble qui se tenait par la main et lui souriait. La rouge entreprit d'une manière ou d'une autre à courir sans paraître ridicule sur ses talons d'au moins quinze centimètres de haut vers lui, et il réussit enfin à se dégager de la poigne de la Serpentarde pour accueillir la nouvelle venue.

Merlin, cela faisait tellement longtemps qu'il avait oublié à quel point son visage avait changé en s'améliorant durant la septième année. Celle qui était tombée amoureuse de lui pendant des années, et qui finalement avait accepté le fait qu'il n'était pas pour elle. Sa confidente suffisamment intelligente pour comprendre simplement ce qu'il racontait et la seule qui puisse le serrer contre elle sans arrière-pensées –du moins à ce jour ce n'était plus le cas- ni même craindre de représailles. Pansy était là, les bras autour de son cou, à deux doigts de l'étrangler et riant à chaudes larmes. Oui, il entendait distinctement son rire à travers les sanglots qui l'animaient. Il la repoussa doucement et la détailla rapidement comme tous les élèves, elle portait une robe aux couleurs de la soirée, moulante et courte, sertie de faux diamants, juste ce qu'il lui fallait. Ses cheveux bruns, dressés en une haute queue de cheval, tombaient en cascade dans le creux de ses reins. Pas de bijoux, et un maquillage au crayon et au fard à paupières rose qui lui allait à ravir, ses yeux d'ébène ressortant sans mal.

Il n'arrivait pas à croire qu'elle était là, devant lui. Il laissa un énorme sourire prendre place sur son visage, alors qu'il la reprenait dans ses bras et fixait Blaise qui s'approchait pour lui serrer la main, comme leur éducation le leur dictait pas plus de proximité entre deux hommes. Pourtant, leurs yeux se croisaient et se jetaient mutuellement un regard exprimant toute leur joie de se revoir. La brune l'emprisonna à nouveau dans ses bras et lui souffla « Dans une heure, une fois qu'on aura bien profité de toi, on distrait Daphné. Je sais que tu l'apprécies moyen… » Il lui sourit en remerciement et se fit entraîner par ses deux meilleurs amis en plein milieu de la piste de danse, où ils s'éclatèrent à battre le rythme de la musique, des hanches, des pieds, des mains sur l'épaule de leur voisin, à se prendre par le bras, à bousculer tout le monde et à rire comme ils n'avaient plus espéré le faire depuis la Guerre. Comme cela faisait du bien, de se revoir comme c'était le cas avant. Avant l'emprisonnement de son père. Avant la sixième année, quand il s'était reclus pour mener sa mission à bien. Avant de voir le château envahi de Mangemorts. Avant de le voir se faire détruire. Avant la Guerre. Cette fichue Guerre qui avait fait tant de malheurs. Replongé dans ses pensées, Drago ne se rendit pas compte qu'il avait repris Pansy dans ses bras et l'avait immobilisée en plein milieu de la foule de gens qui dansaient sans leur prêter davantage d'attention.

« Dray, qu'est-ce qu'il y a ? » Elle savait bien que le jeune homme ne donnait pas ce genre de marques d'affection sans en avoir réellement besoin. Leur retour lui avait certainement tout chamboulé dans la tête et il voulait certainement oublier le temps d'une soirée tous ses soucis, sans pour autant y arriver. Et le meilleur moyen qu'il connaissait pour se soulager était de se serrer dans ses bras. Elle le savait, depuis la sixième année, une fois où elle s'était enfin décidée à lui avouer ce qu'elle ressentait, certaine de la réciprocité de ses sentiments, lors d'une des très rares occasions qu'elle eut de le voir en dehors de cours.

Cette fois-là, elle était tombée de haut. Oui, elle se souvenait très bien, il lui avait ri au nez –heureusement qu'elle avait attendu qu'ils soient seuls pour lui parler, sinon elle aurait été plus humiliée encore- et l'avait dévisagée, se demandant si elle était sérieuse ou non. Lorsqu'il se rendit compte qu'elle était blessée par une telle réaction, il perdit son sourire aussi vite qu'il était venu et lui demanda de ne pas se vexer, mais qu'elle n'était et ne serait jamais rien d'autre qu'une amie dans les bras de qui il pouvait purger sa tête. Cela lui avait brisé le cœur bien sûr, mais elle comprit. Elle sut qu'elle ne pouvait pas le laisser tomber après ce qu'il lui avait dit. Elle lui en voulut de ne jamais le lui avoir dit, de l'avoir laissée espérer alors qu'elle s'accrochait à son bras depuis la troisième année, puis elle s'en voulut de ne pas avoir compris toute seule. Ce ne fut qu'à la fin de l'année, lorsqu'il déboula dans les cachots et se jeta dans ses bras, l'air perdu et secoué de soubresauts, qu'elle reprit fièrement le rôle qu'il lui avait assigné, le serrant tout contre elle alors que les Mangemorts entraient à sa suite et ordonnaient à tout le monde de coopérer.

Là, Drago couvait quelque chose. « Dray ? » Elle croisa le regard interrogateur de Blaise et lui fit comprendre silencieusement qu'elle ne savait pas plus que lui ce qu'il se passait.

« Garde moi contre toi. » Très bien. Il avait tout simplement besoin de temps pour purger sa peine, probablement trop complexe à exprimer par les mots.

« Dray… » souffla-t-elle lorsque deux ou trois chansons furent passées. « Profite de la fête aussi, Blaise est parti occuper Daphné, mais tu as préparé tout ça, alors détends-toi un peu. » Elle le sentit hocher la tête dans son cou et doucement, ses bras se relâchèrent autour d'elle et il se releva. Un 'merci' fut silencieusement articulé et ses yeux revinrent à une joie plus grande. L'ombre de tristesse et de lassitude était encore discernable, mais il allait déjà mieux. Oh, il n'avait pas pleuré, non. Il pleurait très peu, même si ces dernières années avaient été très dures pour son moral et l'avaient passablement affaibli, mais il n'avait pas pleuré ce soir. Il l'avait juste prise dans ses bras pour se recharger. Elle, elle se sentait entièrement vidée de son énergie, mais tant pis, Blaise serait bientôt de retour pour lui redonner le sourire. D'ailleurs, elle le voyait, plus loin, en train de danser avec Daphné et qui jetait quelques coups d'œil vers eux. « Blaise ! Blaise, c'est bon ! » Aussitôt, il lâcha les mains de sa cavalière d'emprunt et se faufila dans la foule pour les rejoindre.

« Alors Dray, tu abandonnes comme ça ta cavalière et tu piques celle des autres maintenant ? » Le blond lui sourit, amusé, et prit le bras de Pansy pour l'attirer vers son ami.

« Occupe-toi d'elle, au lieu de geindre. » Puis l'allégresse reprit et ils dansèrent en chantant des paroles à moitié inaudibles et au hasard total, jusque connaître approximativement le refrain des plus simples d'entre elles, et alors, ils s'en donnaient à cœur joie en hurlant dans les oreilles de leurs voisins, qui le leur rendaient bien. Une heure passa, puis une nouvelle, puis encore une, jusqu'à ce que Pansy propose de s'asseoir à la seule table encore libre et de se boire une petit bièraubeurre. Ils acceptèrent tous avec joie, et lorsque l'un des elfes encapuchonnés leur servit leurs boissons, ils trinquèrent et s'affalèrent sur leurs chaises.

Très vite, Drago remarqua que leur vue directe portait sur le canapé où Granger et Weasley étaient visiblement assis depuis le début de la soirée. La jeune fille trépignait, ses jambes secouaient tout son corps délicatement enveloppé de sa superbe robe, tenant distraitement le bout des doigts de son petit ami qui discutait avec Potter. Il pouvait même voir que le brun avait décidé seulement récemment de faire une pause dans sa danse, ses joues étaient encore roses de chaleur, ses cheveux encore plus ébouriffés qu'ils ne l'étaient déjà d'habitude et la rousse qui l'accompagnait revenait avec deux bouteilles d'eau, qu'elle avait préféré venir chercher elle-même plutôt que les commander aux elfes, complètement essoufflée elle aussi. Il vit les yeux de Granger s'illuminer d'espoir en la venant venir, mais la flamme s'éteignit vite lorsque la Weaslette secoua la tête dans sa direction. Elle devait vraiment s'ennuyer ferme. Sérieusement, personne ne lui avait proposé de danser, les avait-elle tous refoulés à cause de son mec, ou s'en occupait-il lui-même ?

« Dray. Vas lui proposer. » Hein ? Il tourna la tête vers Blaise, qui venait de lui chuchoter ces mots à l'oreille et l'interrogea du regard. « Je vois bien qui tu regardes Dray, invite-la à danser. »

« Qu'est-ce que tu racontes ? »

« Je vois bien que tu veux l'inviter, et tu vois comme moi qu'elle s'ennuie à mourir, là. Elle n'a probablement pas bougé de là depuis le début de la soirée, ça lui fera du bien. Et on sait tous les deux que ce soir, elle est exactement le genre de fille que tu aimes te mettre dans ton lit. Physiquement, j'entends. »

« Ferme-la, même si je voulais coucher avec elle je ne l'inviterais pas, elle a Weasley, et elle m'a l'air d'être quelqu'un qui apprécie tout particulièrement être fidèle. »

« Eh, ne te fous pas de moi non plus. Je sais que tu en as envie, je te connais suffisamment pour le voir. Ca crève les yeux, et je suis sûr qu'au moment où vos yeux vont se croiser, elle va très fortement t'y inviter. Elle a envie de se bouger un peu, donc profites-en et invites la, depuis quand ça te gêne ainsi ? »

Il ne répondit pas et revint à son observation. Si Potter et Weaslette étaient trempés et avaient enlevé toutes les couches qu'ils pouvaient se permettre de retirer pour se sentir plus à l'aise dans la chaleur ambiante, Granger frissonnait très légèrement, et Weasley ne faisait pas attention du tout à elle, probablement dans une discussion incluant le Quidditch, au vu de l'intérêt que la rousse y trouvait. Tout pour que la brunette veuille se sauver de là, tout le monde savait qu'elle n'aimait pas du tout le Quidditch, ce genre de conversations devait tout particulièrement l'ennuyer. Ce fut à cette partie de sa réflexion qu'il se retrouva planté dans les iris chocolat de Granger et que toute activité cérébrale cessa. Il s'était fixé un but intérieur qu'il tenta de nier tout le temps de l'échange visuel : il la ferait transpirer au point de faire couler ce maquillage parfait qui n'avait pas bougé, tant elle était restée assise à ne rien faire. Cette pensée s'imposa à lui comme une bombe lorsque la main de Blaise le poussa entre les omoplates, le forçant à se lever et à marcher –maintenant qu'il était debout, il ne pouvait pas se rasseoir, ce serait trop humiliant pour lui de sembler indécis ou manipulé- vers la jeune fille qui eut un petit sourire à son approche. Et cette pensée sortit toute seule, sans qu'il puisse la retenir, alors qu'il se penchait en avant et tendait sa main vers elle : « Tu as si peu dansé que ton maquillage n'a pas bougé d'un pouce. M'accorderais-tu l'honneur de le ruiner moi-même ? » Et elle rit.

« De toutes les propositions de ce soir, je dois dire que c'est la plus originale à laquelle j'aie eu droit ! » lança-t-elle, encore en train de pouffer.

« Pourquoi ne pas avoir accepté les autres propositions ? »

« Parce qu'il y a moi Malefoy, dégage maintenant. »

Il sourit en coin et tourna la tête vers son adversaire : « Ta copine a besoin de danser, et tu l'empêches de s'amuser en restant planté dans ce canapé. Qu'attends-tu pour l'emmener sur la piste de danse ? »

« Je n'aime pas danser. »

Ah oui bien sûr, voilà qui était une excellente raison pour ne pas laisser sa petite amie s'amuser de son côté et l'obliger à rester assise comme une cruche à côté du pire blaireau qu'elle aurait pu trouver. « Alors laisse-la trouver d'autres cavaliers plus enclins à lui donner l'occasion de s'amuser. » Il se heurta à un refus catégorique, mais continua tout de même à marchander. « Weasley, tu n'arrives visiblement pas à combler la superbe créature qui s'est faite belle dans l'espoir de passer une bonne soirée à danser en ta compagnie, ne lui fais pas l'affront de lui refuser ce plaisir. Si tu ne veux pas danser avec elle, je me l'approprie pour le reste de la nuit, et qui sait de quoi je serais capable… » souffla-t-il d'un ton doucereux, digne de son défunt professeur favori.

Le roux se leva, furieux, et le domina de toute sa taille. Hm, Drago avait peut-être oublié que Weasley faisait une demi-tête de plus que lui et que sa carrure solide lui donnait un clair avantage s'ils devaient en venir aux poings. « Dégage, Malefoy, je n'ai pas de compte à te rendre et Hermione ne te suivra pas de toute manière. »

« Je ne faisais que te proposer un marché, Weasley. Danse avec elle, et je m'assure personnellement que personne ne viendra plus l'importuner de la soirée. Si tu refuses, je ne ferai que l'arracher à l'ennui qui la gagne de minute en minute en ta présence, et ce n'est pas toi qui m'en empêcheras. » Il vit les poings se serrer et eut une pensée craintive à l'idée de le recevoir en plein visage. Si la gifle de Granger lui avait fait franchement mal et l'avait blessé dans son ego, il ne doutait pas un instant que ce n'était pas une gifle douloureuse, mais un coup de poing qui lui dévisserait le cou qui l'attendait s'il continuait. Mais l'inimaginable se produit Weasley desserra les mains et offrit son coude à sa petite amie, lui proposant maladroitement de venir sur la piste de danse.

Merde, maintenant il devrait tout faire pour empêcher les soupirants de s'approcher de la belle. Sa fin de soirée s'annonçait terrible. Il ne put cependant retenir un très léger sourire à la pensée de la victoire qu'il avait emportée Granger allait enfin bouger de son canapé, c'était une chance inespérée pour elle de garder le roux sur la piste le temps de plus d'une chanson. Aussi, il se permit de glisser un dernier message au couple qui avait observé la scène, oscillant entre la désapprobation et l'admiration. « Vous devriez retourner danser au plus vite. »

Les deux jeunes gens n'étaient pas bêtes ils savaient très bien pourquoi il leur lançait ça avant de retourner auprès de ses Serpentards. Ils échangèrent un sourire. « Ton idée de faire la demande pour Parkinson et Zabini était brillante, monsieur Potter, même si les pauvres n'ont pas pu avoir l'autorisation de rester plus que le temps d'une soirée, je me demande dans quel état ils vont devoir rentrer. » Un baiser. « Malefoy semble avoir retrouvé la hargne qu'il avait un peu perdue, et je dois avouer que le voir manipuler mon cher frère de cette manière était jouissif. »

« Oui, il a été extraordinaire. Mais tu es sûre de ce que tu avances lorsque tu dis que… »

« Oh, oui. Tu n'as pas vu les regards qu'il lui lançait avant de venir la voir ? Je suis même certaine que c'est Zabini qui l'a obligé à l'aborder. Enfin, il a raison. On retourne danser ? »

Les battements de la musique étaient rapides, entraînants, et ils furent engloutis par la foule déchaînée par l'alcool, la proximité et la chaleur.

« Eh bien Dray, que s'est-il passé pour que tu reviennes avec un sourire aussi con ? »

« Oh, la ferme Zabini, tout ça c'est de ta faute. »

« Zabini ? Je n'ai plus le droit d'être appelé par mon prénom ? » demanda le métis en feignant un visage effondré, les yeux agrandis et larmoyants de peine simulée.

« Tu ne le mérites plus, après ce sale coup. »

« Eh, avoue que ça t'a amusé, ça se voit dans tes yeux mon chou. AH, ah, d'accord, je retire le 'mon chou', mais tu fais mal tu sais… Oh oui, j'aime quand tu me souris aussi hypocritement. »

« … J'ai simplement repoussé Weasley dans ses derniers retranchements. Il n'aurait jamais voulu, pour rien au monde, voir sa copine dans mes bras, et j'ai gentiment insinué que s'il ne s'occupait pas d'elle, elle pourrait bien finir dans mon lit ce soir. »

« Ce qui est en réalité ton désir le plus secret de ce soir. »

Un fantôme passa. Littéralement. Il traversa sans gêne Drago qui fut pris d'un frisson immédiat et l'Avada Kedavrisa du regard s'il n'était pas déjà mort, quinze façons de le tuer auraient été imaginées, aussi il se contenta de dix-huit manières de le torturer. Les quinze façons évoquées précédemment furent en revanche fixées sur Blaise, hurlant de rire devant le visage furieux qu'abordait son ami. « Non, ce n'est pas mon désir secret de ce soir. » grinça-t-il enfin.

« Oui, autant pour moi, il n'est pas secret du tout. » Drago crut qu'il allait l'étrangler, mais Pansy risquerait de se venger, et il savait bien que la vengeance d'une femme pouvait être jusque mille fois supérieure au tort commis initialement, aussi il se retint et pire, partit rejoindre la foule dansante, à la recherche d'une jeune fille à amener dans sa chambre cette nuit. « Oh, je crois qu'on l'a vexé. »

« 'On' ? Tu l'as vexé tout seul, mon cœur. »

« Ma chérie, ta sollicitude me touche toujours autant. »


Son maquillage était ruiné. Complètement détruit par la sueur qui coulait le long de son front et perlait sur ses paupières, réduisant le crayon qui y était passé à zéro. Son fond de teint commençait à faire d'étranges petites bulles à chaque pore qui dégageait un peu de liquide et glissait vers le bas de son visage alors qu'elle se regardait dans le miroir de ses appartements. Elle et Ron n'avaient pas beaucoup dansé –trois ou quatre chansons tout au plus, mais ils étaient bien vite montés dans la chambre qu'ils partageaient le temps de sa visite et avaient fait ce que tout couple sain se doit de faire, et avaient fini étalés dans l'énorme lit quand elle réalisa qu'elle devait se démaquiller avant de dormir, de peur de salir les draps. Elle en était à ce stade, pour le moment. Elle s'observait dans le miroir, se demandant comment une soirée avait pu si bien se terminer alors qu'elle avait si mal commencé. Et surtout, comment elle avait pu être sauvée par Malefoy. Il ne faisait aucun doute qu'elle lui avait fait un certain effet quand il avait vu le résultat final de sa transformation, mais elle n'aurait jamais cru qu'il l'aiderait jusque là.

Si Hermione était douée en sortilèges, cela ne voulait pas dire pour autant qu'elle connaissait ceux qui étaient nécessaires à ce genre de situation, n'ayant pas pour habitude de se maquiller elle se promit de demander aux sœurs Patil, elles devraient pouvoir l'aider. Mais avant cela, elle devait se débarrasser de la couche informe qui ruisselait en cet instant présent le long de son visage. Heureusement que dans sa trousse de maquillage, elle avait pensé à quelques cotons et à du démaquillant. Elle s'en empara et se battit de longues minutes contre le fond de teint mêlé à la sueur avant de pouvoir enfin décider qu'elle était suffisamment dégagée pour se rincer sans craindre de coincer une trace de maquillage quelque part. Dès qu'elle fut prête, elle retourna dans sa chambre, où elle trouva Ron, déjà endormi dans une position très probablement confortable pour lui, mais qui prenait toute la place disponible dans le lit. Elle dut pousser vigoureusement sa jambe et son bassin avant de pouvoir s'allonger convenablement contre lui et profiter de son corps chaud et rassurant. C'étaient ces moments-là qui lui donnaient de bonnes raisons de l'aimer.


Il bénissait Pansy et Blaise. Bon, Pansy uniquement, Blaise aurait besoin de plus pour laver l'affront qu'il lui avait fait en lui exposant ses théories fumeuses devant un public. Mais il avait été débarrassé de Daphné, il pouvait partir à la chasse aux filles sans être dérangé, ils s'occupaient de la distraire en l'emmenant dehors, loin de lui. Bon, peut-être que Blaise méritait quand même le pardon pour ça. Il prit entre ses doigts fins la taille de la jeune fille de sixième année qu'il avait harponnée loin de faire comme les autres, elle avait opté pour une jupe longue écarlate surmontée d'une jolie chemise bordeaux qui mettait en valeur ses yeux bleus. Bleus ! De superbes orbes couleur de la mer, qui le fixaient, ou le dévoraient du regard. Son pouce se glissa discrètement sous la fine chemise, touchant la peau nue et douce de la petite blonde rougissante. Comme c'était parti, il pourrait l'embrasser à la prochaine chanson et l'emmener dans sa chambre dans la demi-heure qui suivrait. Il lui lança un sourire charmeur qui fit mouche et n'hésita pas une seconde de plus il fondit sur les jolies lèvres qui s'ouvrirent à son contact.

Luna sourit, rêveuse, en voyant les Joncheruines s'accumuler autour de la tête de sa camarade de classe, qui recevait en ce moment même un baiser du Serpentard le plus convoité des filles. Oh, elle avait pris soin de l'observer toute la soirée, ce jeune blond, depuis qu'il était arrivé avec Hermione. La brunette avait fait une entrée majestueuse, et sa robe était superbe, faisant pâlir de jalousie une grande partie de ses camarades. Luna, elle, avait enfilé une robe rouge pâle, presque rose, dont le drapé qui la recouvrait cachait en grande partie les formes disgracieuses et s'enroulait autour de sa poitrine, pour tomber jusque ses genoux. Ses boucles d'oreilles en forme de citrouilles étaient mises en évidence par la coiffure qu'elle avait choisie, une douce tresse qui enfermait la moitié supérieure de sa chevelure et glissait entre ses mèches blondes pour se perdre dans la masse. Elle savait bien que Neville, son doux cavalier, avait été époustouflé par sa tenue il était bien le premier à lui dire honnêtement qu'il la trouvait magnifique. Elle le trouvait mignon, Neville. Timide et courageux à la fois. Il s'était dressé contre Voldemort et les Mangemorts pendant toute l'année sous leur contrôle à Poudlard, mais il n'était pas capable d'aborder une jolie fille sans bafouiller. Les Joncheruines l'adoraient, il y en avait toujours une dizaine autour de sa tête.

Mais ce soir, il avait été loin d'être le seul. Malefoy en avait été le plus rempli. Quand il avait rejoint sa cavalière, Daphné Greengrass, elle eut un sourire amusé en voyant son visage un peu déçu. Et quand Hermione s'était mise à ses côtés, plusieurs avaient même volé de Neville pour venir rendre visite au blond, bien trop attirés par cet élément perturbateur, Luna l'avait bien senti. Elle avait doucement saisi le coude de son cavalier et lui avait fait part de ses observations. Le jeune homme avait ri tendrement –elle ne l'avait d'ailleurs jamais caché, ni à elle-même ni à lui, elle adorait son rire- et lui avait fait remarquer que la beauté de Hermione ce soir avait certainement joué en la faveur des Joncheruines. Elle avait acquiescé et l'avait emmené dans la salle, où ils dansèrent et discutèrent pendant plusieurs heures.

Les petites bêtes avaient quitté la tête de Malefoy quand Hermione était partie danser avec Ron, après en avoir encore attiré quelques-unes au moment où s'était fait pousser discrètement par Blaise. Blaise et Pansy étaient mignons, eux aussi. Et elle avait vu au visage de Malefoy qu'ils avaient été plus efficaces que n'importe quel traitement auquel il aurait pu se soumettre. Dès leur arrivée, le blond avait retrouvé un vrai sourire, qu'elle avait très rarement vu sur lui ces derniers temps, et cela lui plaisait. Malefoy ne l'intéressait pas vraiment, mais il faisait partie d'un décor omniprésent qui donnait de la vie au quotidien. Mais l'année n'était pas facile pour lui, et elle pouvait comprendre qu'il ne soit pas aussi joyeux que comme elle l'avait connu.

A présent, les Joncheruines avaient élu domicile dans la tête de la nouvelle cavalière de Malefoy. Elle se détourna, jugeant qu'à partir de maintenant, il n'y avait plus rien d'intéressant à voir, elle savait bien ce qui allait arriver à Arietta Dante, et elle espérait en fait pour Hermione qu'ils seraient suffisamment discrets pour qu'elle et Ron puissent dormir. Ron était réputé pour sa mauvaise humeur en cas de mauvaise nuit, et même si elle-même n'en subirait pas les conséquences, elle ne le souhaitait pas à son amie.

Naturellement, ses pensées furent loin d'être exaucées il s'avéra même que Drago tomba sur la fille la plus expressive qu'il aurait pu trouver durant cette soirée.