Bonjour à tous ! Je suis désolée, aujourd'hui je n'ai vraiment pas le temps de répondre aux reviews, je suis juste passée déposer ce nouveau chapitre, j'y répondrais en éditant plus tard, ou au prochain chapitre.
Bonne lecture tout de même, j'espère que ce chapitre vous plaira ! :)
Ron fut réveillé par d'affreux gémissements qui traversaient le mur en carton et grogna. Sa soirée avait bien terminé, il pourrait bien faire abstraction de ça. Il colla son oreiller sur les oreilles et tenta de se rendormir. Impossible. Il attendit certainement une bonne demi-heure, espérant que ça se calme. Il avait eu un fol espoir lorsqu'elle se tut, mais elle commença à rire cinq minutes plus tard, et elle ne s'arrêtait plus. Si elle parlait juste un peu plus fort, il pourrait suivre leur conversation. Rien à faire, le coussin ne suffisait plus à couvrir le bruit. Frustré et énervé, il se leva, enfila un caleçon et sortit de la chambre en trombe. La porte du Serpentard atteinte, il l'ouvrit d'un énorme coup de pied, et il vit les deux têtes blondes –ils copulaient entre eux, ou bien… ?- qui le fixaient d'un air surpris –et apeuré pour la jeune fille dont il ne connaissait pas le nom.
« Qu'est-ce que tu fous Weasley ? Dégage ! » Il ne prit pas compte de ce que lui dit Malefoy et prit d'un geste brusque le bras de la fille pour la tirer du lit et l'emmener avec lui. Elle protesta, résista sans succès, tenta de s'accrocher à tout ce qui venait sur son chemin –et réussit d'ailleurs à garder pour elle le couvre-lit de la chambre- et fut jetée hors des appartements, tombant douloureusement sur ses fesses. La dernière chose qu'elle en vit fut le tableau qui se refermait. Elle soupira, frissonna et s'enroula dans le drap aux couleurs de Serpentard. Elle aurait voulu rester dans ce lit toute la nuit, mais cet abruti de rouquin les avait dérangés. Tant pis, elle avait passé une superbe soirée malgré tout. Maintenant, elle devait seulement espérer ne croiser personne sur le chemin de la tour de Serdaigle. Elle referma le drap et se mit en route, ne voulant pas risquer de se faire surprendre par quelqu'un en restant assise là. Elle trottina à travers les couloirs, ses pieds nus se collaient sans bruit à la pierre froide, et elle avait de plus en plus hâte d'atteindre son lit, pour pouvoir se changer et dormir. Ce qu'elle ne remarqua pas, et qui allait causer sa perte le lendemain matin était Peeves, qui l'avait vue passer dans les couloirs du septième étage et avait eu un sourire qui n'annonçait rien de bon.
« WEASLEY ! Qu'est-ce que tu fous ?! »
La dispute de trois heures trente du matin avait commencé. «Ce n'est pas une heure pour coucher aussi bruyamment Malefoy, comment peux-tu penser que tout t'est permis ?! Lance un sort d'insonorisation, bordel ! »
« Et pourquoi devrais-je t'obéir, la belette, hm ? »
Hermione fut réveillée non pas par les gémissements et rires incessants de la fille qu'avait ramenée Malefoy, mais par les hurlements des deux jeunes hommes. Encore endormie, elle se leva péniblement et chercha à tâtons sa petite nuisette. Ne la trouvant pas, elle se résigna à utiliser la large chemise qui traînait à ses pieds et enfila la culotte qu'elle avait envoyée à ses côtés, puis ouvrit la porte. La lumière avait été allumée sans aucune pitié dans la salle commune, et lui agressa violemment les yeux. Quand elle fut habituée à la luminosité ambiante, elle put enfin observer la scène.
Le roux et le blond se faisaient face dans une joute verbale aux décibels très élevés, tous les deux habillés seulement d'un caleçon, exhibant leurs formes qui laissaient clairement voir que Ron prendrait facilement le dessus si un combat physique devait commencer. Elle se fit néanmoins la réflexion que son adversaire, bien qu'ayant perdu une bonne partie de ses muscles après avoir arrêté le Quidditch, avait conservé une allure très fine, dessinant le moindre reste de pectoraux et d'abdominaux remontant à cette époque, ce qui était loin d'être déplaisant. Les deux jeunes hommes étaient physiquement totalement différents Ron était très grand et très large d'épaules, le Quidditch et les mois passés à vadrouiller dans la nature pendant la Guerre lui donnaient une allure de rugbyman –le pauvre ne savait même pas qu'un sport de ce nom existait, mais ce n'était pas important- qui le rendait plutôt impressionnant, tandis que Malefoy n'avait certes rien à envier quant à la taille du roux, mais il était tout fait en longueur, ses épaules étaient fines, ses hanches ressortaient sans mal sur son ventre complètement plat et dénué de graisse –ce qui n'était pas le cas de Ron, qui mangeait toujours pour quatre. Elle pouvait sans mal comprendre comment Malefoy se débrouillait pour plaire autant aux filles.
Lorsque ses réflexions furent faites, elle se décida enfin à réagir, alors qu'elle voyait le bras de Ron se préparer lentement à donner un énorme coup de poing à son ennemi. « Sérieusement, vous ne pouviez pas attendre demain pour vous disputer ? » Elle avait peu d'espoir à ce que ça s'arrête, et pourtant cela se produit. Les deux jeunes hommes tournèrent brusquement la tête vers elle et se turent, attendant qu'elle ajoute quelque chose. « Il est trois heures et demi, qu'est-ce que vous avez à vous crier à cette heure-ci ? »
« Malefoy m'a réveillé avec les cris de sa truie. »
Le blond ouvrit la bouche pour cracher une protestation certainement garnie de toutes sortes de surnoms plus originaux les uns que les autres, mais Hermione le coupa avant qu'il ne puisse émettre un son : « Ce n'est pas la question. Tu es un sorcier Ron, tu connais des sorts contre ça. »
« C'est à lui de les jeter, ce sont des sorts d'insonorisation, ça prend exactement deux secondes pour… »
« Stop. Je retourne me coucher moi, et si vous faites le moindre bruit, je vous jette dehors. »
« Eh, c'est Weasley qui a… »
« Tous les deux. Ron, viens te coucher, si je comprends bien, tu as mis la fille dehors, Malefoy ne nous dérangera plus maintenant. »
Il ne lui répondit plus, mais glissa à Ron les derniers mots de la nuit. « Un jour Weasley, je te jure que je te tuerai. »
Lorsqu'ils entrèrent dans la Grande Salle, bien avant Malefoy, ils virent Peeves passer en trombe devant eux, caquetant d'une manière qui n'annonçait rien de bon. Ils s'assirent à leur table, alors que l'esprit frappeur tournoyait autour des élèves, comme s'il cherchait ou pire, attendait quelqu'un. Si la personne avait le malheur d'entrer dans la salle, Hermione n'osait même pas imaginer ce qui allait se produire. Bientôt, son colocataire entra et s'assit à sa table, s'empara d'une tasse et se servit presque jusqu'à ras bord. Elle le vit la boire cul sec et se resservir en grimaçant. Il devait avoir un terrible mal de crâne. Quel abruti, boire jusqu'à la gueule de bois, sérieusement ?
Elle ne vit pas l'entrée d'une jeune fille blonde de l'âge de Luna, mais Peeves, lui, ne la rata pas. Hermione l'entendit rire et il se jeta sur Arietta Dante, qui hurla –s'attirant les foudres de tous ceux qui subissaient les conséquences de la veilles- lorsqu'il lui prit les poignets et la souleva en sorte qu'elle soit à la vue de tous. Elle bondit de sa chaise et se planta devant eux, ordonnant à l'esprit de la laisser descendre, mais il l'ignora complètement :
« AUJOURD'HUI… » Des gémissements dans toute la salle et des mains qui se cramponnaient à des crânes. « Je vous présente cette jeune fille que j'ai croisé HIER SOIR ! » Il se faisait un malin plaisir à voir les plus souffrants se tenir la tête et se plaindre bruyamment. « Elle gambadait dans les couloirs, avec seulement un drap autour de la POITRINE ! Tout porte à croire que celui qui devait l'accueillir pour la nuit l'a jetée hors de ses DORTOIRS ! » Drago comprit. C'était la fille que cet abruti de Weasley avait traînée hors de ses appartements la veille. Merlin qu'il haïssait cette foutue belette à ce moment précis.
Ce fut seulement quand la directrice se leva et ordonna à Peeves de lâcher la pauvre élève qu'il obéit et la laissa tomber sur Hermione. Les deux jeunes filles furent couchée par terre et se relevèrent précipitamment, rouges comme des pivoines. La jeune blonde n'osait même plus regarder autour d'elle, elle avait trop peur de croiser les yeux moqueurs de qui que ce soit. Elle sentit un bras passer autour de ses épaules et quelqu'un la soulever. Quand elle releva la tête, elle vit que c'était la préfète en chef. Elle lui sourit et l'emmena hors de la Grande Salle, sous le silence scrutateur des autres élèves.
« Tu es la fille qui a été jetée hors des appartements des préfets en chef cette nuit, c'est bien ça ? » lui demanda-t-elle dès qu'elles furent dehors. Arietta sursauta et leva les yeux vers elle.
« Comment… comment le sais-tu ? »
« Il semblerait que tu aies oublié que je suis la seconde préfète en chef. C'est mon petit ami qui t'a mise dehors, et je te demande pardon pour son manque de délicatesse. »
La jeune blonde hocha maladroitement la tête, ne sachant que répondre elle avait entendu beaucoup de choses à propos d'Hermione Granger, l'héroïne de guerre, celle qui avait aidé Harry Potter l'an dernier et qui avait ravi le cœur de Ron Weasley, le dernier membre du célèbre Trio d'Or. En effet, elle avait oublié que la brunette était préfète en chef cette année et elle commença à se sentir très mal. Si elle était la colocataire du Serpentard, cela signifiait qu'elle avait tout entendu, à l'instar de son petit ami. Tout. Un rouge très soutenu vint colorer ses joues, mais quand elle vit le sourire rassurant de son aînée, elle prit sur elle et salua la brunette d'un petit signe de la main avant de disparaître dans les couloirs. Par Morgane, qu'elle avait honte.
La brunette revint dans la Grande Salle pour continuer son repas et discuter avec Harry elle n'avait après tout pas tellement eu le temps de parler avec son meilleur ami pour le moment, trop occupée par la préparation du bal imminent, et à présent qu'il était derrière eux, elle pouvait profiter du petit déjeuner pour faire autre chose que ses devoirs en retard à cause de ça.
« Au fait Harry, que faisaient Pansy Parkinson et Blaise Zabini au bal d'hier ? » lui demanda-t-elle très rapidement.
Il avala sa gorgée de jus de citrouille de travers et toussota avant de lui répondre, sous les yeux avides de ses deux meilleurs amis. « J'ai pensé que si moi et Ron te manquions, Hermione, ces deux-là devaient beaucoup manquer à Malefoy aussi, donc… »
« Pourquoi ne m'as-tu rien dit, Harry ?! » s'étrangla le roux. « Et puis pourquoi faire ça pour Malefoy, il ne le mérite pas ! »
« Ron, ils ont eu au moins le mérite de le rendre un peu plus joyeux pendant une soirée. L'année de Malefoy n'est pas évidente, il a au moins autant besoin que moi de voir ses amis. »
« C'est de Malefoy qu'on parle, là. Pourquoi continuez-vous à l'arranger ? C'est juste un petit abruti, jamais il ne vous remerciera ou vous rendra la pareille pour tout ce que vous faites pour lui ! »
Les deux autres se regardèrent et décidèrent d'un commun accord silencieux de se taire, plutôt que d'argumenter plus longtemps avec le garçon le plus têtu qu'ils connaissaient.
Drago frémit en dépliant la Gazette qui avait atterri devant lui. La première page ne laissait aucune place au doute : les ennuis n'étaient pas près de finir.
UN MANGEMORT DEMANDE LA LIBERATION
Lucius Malefoy, très connu pour avoir été un des Mangemorts les plus proches de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, et dont le nom évoque à tous une famille de mages noirs, a fait appel hier dans la soirée, demandant une nouvelle audience durant laquelle il promet de révéler des noms de Mangemorts en échange de sa libération. Le Magenmagot est actuellement en plein débat pour considérer la possibilité d'accéder à sa requête sans craindre un retour des Forces du Mal.
En ce moment même, son fils, Drago Malefoy, est à Poudlard, comme cela lui a été ordonné par le Magenmagot lors de son procès, durant lequel il a reçu une peine de deux mois à Azkaban et l'obligation de refaire sa septième année à l'école des sorciers.
Cela vous rappelle certainement tous quelque chose messieurs Malefoy étaient dangereusement impliqués dans les affaires de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. N'apprenant pas de ses erreurs, Lucius Malefoy, Mangemort dès la première guerre, a enseigné à son fils le culte de la Magie Noire, aussi nous ne sommes guère surpris de voir que toute la famille soit enrôlée dans cette seconde guerre du côté du Mal.
Pouvons-nous cependant estimer que monsieur Drago Malefoy est innocent, et la seule victime des circonstances ? Beaucoup pensent qu'on ne peut pas le voir ainsi, et considèrent sa peine comme bien trop réduite pour ce qu'il a fait, et que seule l'intervention des Héros de la guerre, Harry Potter, Ron Weasley et Hermione Granger, a permis de la limiter autant que possible. Aucun des membres du Magenmagot n'a accepté de répondre à nos questions à ce propos, aussi nous devrons nous contenter de l'ignorance sur ce cas qui semble si particulier. Néanmoins, d'après nos sources rendues sur place, le jeune homme n'a pas, bien au contraire de son père, utilisé de sortilèges Impardonnable suffisamment souvent pour être inculpé d'une peine à vie, les circonstances de la guerre étant atténuantes.
Nous suivrons avec beaucoup d'attention les aveux que nous fera Lucius Malefoy lors de son jugement, si le Magenmagot accepte de le recevoir.
Rita Skeeter
Il frissonna cette vieille pie de Skeeter s'était encore immiscée aux bons endroits pour entendre des choses gênantes, et il ne supportait pas ça. Elle était une des nombreuses raisons pour lesquelles les Malefoy coulaient elle adorait médiatiser ce qui se passait autour d'eux, appuyant sur tous les points discriminants à leur encontre. Les élèves autour de lui commençaient à marmonner des choses qui ne lui semblaient pas être très élogieuses à son égard. Il était persuadé d'avoir entendu, à la table des Serdaigles, quelqu'un souffler à son voisin en jetant un rapide coup d'œil vers lui « C'est l'autre Mangemort qui va être content. » Il aurait bien eu envie de se frapper le front contre la table. Ancien Mangemort qui n'a jamais voulu tout ça. S'il avait eu le choix et surtout deux minutes de plus, il n'aurait pas hésité il aurait accouru du côté de Dumbledore quand il le lui avait proposé, emmenant toute sa famille en sécurité. Quoique, peut-être aurait-il laissé son père de côté, il aurait été capable de les trahir dès le premier jour, et puis c'était de sa faute s'il avait fini enrôlé parmi les Mangemorts. Mais au moins sa mère. Il se demanda comment elle vivait cette nouvelle elle lui avait dit qu'elle était soulagée de ne plus avoir son père avec elle, qu'elle pouvait se déplacer plus librement et être plus facilement elle-même. Drago adorait sa mère tout petit, il finissait souvent dans ses bras, alors que son père le menaçait de sa baguette. Narcissa avait empêché Lucius de lui faire du mal jusque ses cinq ans. Puis elle le serrait dans ses bras à chaque fois que son tyran de paternel s'était occupé de son cas.
Hermione jeta un œil à la table des Serpentard. Visiblement, Drago avait vu l'article, et ne semblait pas ravi à l'idée que son père sorte d'Azkaban. Elle pouvait le comprendre Lucius Malefoy n'avait, d'après elle, rien pour être apprécié. Cependant, cela l'intrigua quelque peu, le préfet avait pourtant passé sa scolarité à compter sur son père pour toutes sortes de choses, alors pourquoi semblait-il si contrarié à l'idée de le voir revenir dans le monde civilisé ?
« On est samedi aujourd'hui, ce qui veut dire qu'Hermione n'a pas cours, et puis demain on repart, Ron. On pourrait aller voir Hagrid, non ? »
Hagrid. Par la barbe de Merlin ! Elle avait été tellement prise par ses obligations de cette année qu'elle n'avait pas eu le temps d'aller le voir une seule fois ! Elle engloutit le reste de son toast en hochant frénétiquement la tête et agrippa son sac en bandoulière, prête aussitôt à partir. Harry sourit, amusé, et embrassa Ginny, qui lui serra la main avant de la lâcher et le laisser partir à la cabane de leur vieil ami. Le roux à leurs côtés se redressa également, dominant toute la table de sa taille. Il s'empara de cinq ou six toasts supplémentaires et les rejoignit. Ensemble, ils sortirent du château et partirent en direction de la Forêt Interdite.
« C'est fou, le nombre de fois qu'on est entrés dans cette forêt… Presque une fois par an. » lança Harry. Les deux autres le regardèrent en souriant lui y était allé environ une fois par an oui, mais c'était le plus souvent avec seulement l'un de ses deux amis, ils avaient très rarement été tous les trois ensemble dans cette forêt. La cabane d'Hagrid se dressa bientôt devant eux, et Ron toqua énergiquement à la porte.
Le géant leur ouvrit et un énorme sourire se vit à travers les poils de son énorme barbe. « Ah, Harry, Ron, Hermione, ça fait si longtemps, je vous en prie, entrez ! »
Ils passèrent à côté d'Hagrid et allèrent s'asseoir sur le lit qui trônait dans un coin de la pièce. Leur ami sortit précipitamment mettre de l'eau dans sa bouilloire et la mit sur le feu, puis leur proposa ses gâteaux faits maison qu'ils mordillèrent poliment, sans pour autant se risquer de franches bouchées, de peur de se casser les dents.
« Alors, qu'est-ce que vous devenez ? Hermione, je te vois tous les jours pendant les repas, mais comment se passe ton année ? »
« Oh, elle est fantastique, mais je n'ai pas un moment à moi. Je suis préfète en chef, j'ai énormément de travail, mes obligations me prennent beaucoup de temps, et en plus de tout ça, je dois préparer tous les bals de l'année ! »
Hagrid hocha la tête, compréhensif. Oh, il savait bien qu'elle avait toujours eu un emploi du temps défiant toute concurrence, et qu'elle trouvait toujours un moyen de s'ajouter encore du travail si elle jugeait par malheur qu'elle n'en avait pas assez. Cette jeune acharnée du boulot ne pouvait tout simplement pas empêcher les circonstances de toujours tourner en sorte de ne pas lui laisser le temps de se reposer. Puis il regarda de ses yeux noirs les deux garçons. « Et vous alors, vous êtes en pleine formation pour devenir aurors, c'est bien ça ? »
Harry acquiesça : « Ron a arrêté la semaine dernière, il ne s'en sortait pas, mais moi j'arrive tout doucement à la fin de ma formation, je devrais avoir terminé avant Noël, et alors je pourrai commencer à aller sur le terrain. »
Le géant fronça les sourcils. « Il n'y a pas de sessions pour ça pendant ta formation ? »
« Si, bien sûr que si, mais je pourrai enfin m'occuper de mes propres missions, je n'aurai pas à suivre bêtement un auror désigné pour m'apprendre certaines choses, des techniques de combat. »
Hagrid se tourna enfin vers le roux : « Et toi alors, puisque tu as arrêté, tu comptes faire quoi ? »
« Je… Je ne sais pas encore vraiment, mais je pense que je vais discuter avec George, pour l'aider à la boutique. Depuis que Fred… enfin, depuis qu'il est seul, il est complètement débordé, je pourrais lui filer un coup de main. »
Le sujet de la mort de Fred était devenu tabou pour tous, la famille vivait terriblement la perte du jeune homme, et George, bien que d'apparente bonne humeur constante, avait perdu une grande étincelle de vie avec lui. Aussi, depuis son enterrement, tous s'étaient murés dans un silence bienvenu sur le sujet, pour ne pas voir Molly fondre en larmes à la simple évocation de son nom ou George s'enfermer sur lui-même. Les quelques fois où le sujet avait échappé de la bouche de quelqu'un, les repas s'étaient écourtés, tout le monde voulant finir son assiette au plus vite pour rentrer et faire face à son propre malaise. Harry avait une fois récupéré ainsi Ginny en larmes dans sa chambre, alors que le prénom de Fred avait par erreur été prononcé par Molly, lorsque George avait laissé traîner une baguette sauteuse. Cette fois-là avait été dramatique, Harry s'en souvenait parfaitement. Si Ron et Hermione avaient échangé un sourire triste, et s'étaient éloignés avec Bill et Fleur, Ginny avait monté en courant les marches jusque sa chambre et sa mère s'étaient effondrée devant l'évier. Le jumeau encore en vie, quant à lui, avait tout simplement transplané, sûrement dans sa boutique, supposaient tous ceux qui avaient assisté à la scène, alors qu'Arthur s'accroupissait devant sa femme pour la prendre tendrement dans ses bras.
Un malaise s'installa quelques minutes dans la cabane d'Hagrid, tous replongés dans l'horrible souvenir de la guerre. Ils avaient tant perdu, chacun d'entre eux, qu'y repenser leur nouait la gorge.
« Hm… Bon, Buck… Vendebout est allé s'envoler un peu autour du château, mais je pense qu'il va bientôt revenir. Vous voulez le voir un peu ? » proposa maladroitement le géant. L'attention était adorable, aussi ils hochèrent tous la tête, dotés d'un faible sourire, et s'emparèrent de leurs énormes tasses de thé encore presque pleines pour se rendre à l'extérieur. Il faisait encore bon en cette période de l'année, aussi ils profitèrent du temps et du soleil qui s'élevait dans le ciel. « Ah, je le vois, regardez, là-bas ! »
En effet, l'hippogriffe descendait en flèche vers eux en poussant des cris joyeux. Il posa bientôt ses serres puis ses sabots au sol et galopa jusqu'à eux, et attrapa au vol le furet mort que lui envoyait son maître. Ils le saluèrent tous, attendirent qu'il leur réponde, puis s'approchèrent de lui pour caresser ses plumes soyeuses. La bête donna un léger coup de bec affectif à Harry et caqueta. Hermione sourit et détourna un peu le regard plus loin, au niveau du lac, elle vit des groupes d'élèves assis, profitant des derniers beaux jours. Cet instant suffit pour que Ron monte sur le dos de Buck et se fasse expulser, atterrissant au milieu des énormes potirons qu'Hagrid cultivait. Elle tourna vivement la tête et vit l'hippogriffe qui semblait fou de rage et tentait de passer le géant pour en terminer avec le roux. Ce ne fut pas long pour le calmer, aussi Hermione préféra en sourire décidément, Ron n'était pas doué avec les animaux. Elle vint à sa rencontre et l'aida à se relever, puis lui donna un baiser de consolation. Le lendemain, il repartirait, elle devait profiter de sa présence tant qu'il était encore au château. Ils prirent bientôt congé d'Hagrid, pour retrouver Ginny, sûrement cachée dans la salle commune de Gryffondor. Hermione, en bonne préfète en chef, connaissait bien le mot de passe de sa maison, bien qu'elle n'y habite plus, et ils la retrouvèrent aussitôt, plongée dans de durs calculs de divination.
Ron voulut lui lancer une pique sur l'utilité des devoirs en divination, mais Harry et Hermione l'en empêchèrent.
« Laisse-la travailler, Ron. »
Mais très vite, la rousse termina son parchemin et se tourna vers ses amis. « Alors, cette matinée ? Comment se porte Hagrid ? »
Ron était d'une humeur monstrueuse au déjeuner. Sa mauvaise nuit avait fortement influé sur son moral, et même si l'intervention de Peeves tôt le matin pour ridiculiser la fille qui accompagnait Malefoy lui avait redonné un petit sourire en voyant celui-ci se figer de honte, il continuait à le fusiller du regard à chaque fois que ses yeux se perdaient du côté des Serpentards, et Harry comme Hermione furent incapable de lui faire décrocher un mot de tout le repas. Très clairement, il avait été atrocement vexé par l'intervention d'Harry, l'empêchant d'embêter sa petite sœur pendant qu'elle travaillait, alors qu'il venait de se faire violemment rejeter par Buck. Aussi, les deux amis s'échangeaient des regards intrigués et n'osaient plus lui parler, de peur de rendre son humeur encore plus terrible. Cela ne l'empêchait pas pour autant de manger autant que sa bouche pouvait contenir en une fois.
« Bon, demain c'est le dernier jour, et on a droit à une sortie à Pré-au-Lard… Je pense que nous irons, non ? Cela vous permettra vous de transplaner directement de là-bas à la fin de la journée. » lança la brunette en voulant faire un peu réagir son petit ami qui se goinfrait toujours. Il hocha distraitement la tête et tourna la tête vers elle.
« Ce soir, je te jure que s'il ne met pas de sortilège de silence en place, je le tue. »
« Oh, ne t'en fais pas pour ça, il se contente d'une par semaine. J'ai souvent vu passer Daphné Greengrass d'ailleurs. » rit Hermione à sa réflexion.
Le soir même, Ron crut qu'il allait étrangler Malefoy. Ce sale décoloré avait non seulement débarqué dans leur chambre au moment le plus gênant de la consommation de leur relation, mais il n'avait même pas pris la peine de toquer pour les prévenir. Non, il avait tout simplement ouvert d'un grand coup de pied leur porte, comme lui-même l'avait fait la nuit précédente, et les avait découverts, en sous-vêtements, Ron une main sur la poitrine de sa petite amie qui l'embrassait. Pas gêné pour un sou, il ne sortit pas malgré les vives protestations des deux jeunes gens avant de finir ce qu'il avait à dire, à savoir qu'il serait temps de faire leur ronde et que 'Granger' ne devrait pas s'attarder à ce genre de choses avant d'être certaine de ne pas être dérangée par un devoir quelconque, même si on ne pouvait jamais être à l'abri d'une mauvaise farce à tout moment –en disant cela, il avait fusillé le roux du regard. Puis il était ressorti et s'était assis sur le canapé qui ornait leur pièce principale, attendant une Hermione rouge comme une tomate pour partir faire le tour du château en compagnie des autres préfets.
« Vous vous amusez bien, à ce que je vois. » glissa-t-il sournoisement alors qu'ils sortaient dans les couloirs. Un toussotement gêné, et elle ne répondit pas à sa pique, préférant rappeler comment ils devaient organiser la ronde de la soirée.
J'avoue ne pas beaucoup aimer ce chapitre. Ce qui est malheureux, c'est qu'il était indispensable pour la transition, mais j'ai l'impression d'avoir fait plus de remplissage inutile qu'autre chose. Par ailleurs, j'ai bien aimé écrire certains passages, mais ça s'arrête là. Mon chapitre préféré reste sans conteste celui juste avant le bal, quand Harry et Ron viennent, puis la préparation le soir même dans la salle de bain.
Mais je vous en prie, laissez-moi vos avis, tout l'intéresse ! :)
