Bordel, il aura été d'une difficulté monstre à pondre, celui-là x_x
Enfin, je voulais tout d'abord vous demander un énorme pardon pour le temps que j'ai passé à écrire ce chapitre, alors que je vous le posterais samedi il y a deux semaines... Aussi, je vais retirer ce que j'ai dit. Ce ne sera pas tous les samedis, mais quand j'aurai écrit un chapitre, j'attendrai dorénavant le samedi pour le poster. Là, je le poste aujourd'hui surtout pour me faire pardonner de l'attente u_u je me suis vraiment sentie idiote, il y a deux semaines... "tiens, on est samedi, et je n'ai même pas ouvert ma page Word... gloups."
Enfin, je voulais aussi préciser que je suis mine de rien en pleine période d'examens, c'est assez complexe pour moi de trouver un moment où je peux écrire, mais j'ai réussi cette fois.
Encore désolée u_u
betouni : merci beaucoup pour ton commentaire et l'avis que tu me donnes pour le chapitre précédents x) j'espère que celui-ci te conviendra !
Minerva McGonagall avait décidé de profiter, au même titre que tous ses élèves, de son dimanche après-midi pour se rendre à Pré-au-Lard, boire un Whisky Pur-Feu et discuter avec Madame Rosmerta, toujours de bonne compagnie en ces temps de reconstruction de la vie de tous les jours. Alors que son verre venait de lui être servi et que la grande blonde s'asseyait à ses côtés et racontait de sa voix portante les dernières aventures qu'elle s'était fait narrer par quelques sorciers aventuriers, elle repensait à son propre passé, aux années passées depuis son admission au poste de professeur de Métamorphose. Depuis que toute cette guerre s'était finie, que tous ces morts avaient été recensés et qu'elle avait repris le poste de directrice de Poudlard, elle s'était retrouvée avec la tâche de tout remettre en ordre, et ranger son bureau lui avait rapporté toutes sortes de souvenirs, de tous les moments qu'elle avait passés là, s'assurant de la sécurité des élèves en l'absence de Dumbledore, triant les nouveaux dossiers qui arrivaient par hibou en attendant patiemment son retour.
« Que pensez-vous de la réhabilitation de Severus Rogue, Minerva ? Harry Potter pourrait avoir tort, s'être fait manipuler… »
« Non, je ne pense pas. Les éléments concordent, et après tout, monsieur Potter n'est pas mort suite au sort de Mort que Voldemort –Rosmerta grimaça- lui a envoyé, dans la forêt. J'ai moi-même eu l'occasion de voir les souvenirs, et je peux vous assurer qu'ils n'ont pas été falsifiés. »
« Je n'arrive pas à y croire. Il va me falloir du temps pour m'y faire. Il est tout de même l'assassin de Dumbledore, comment pouvez-vous l'excuser aussi facilement ? »
Elle secoua la tête, mais ne répondit pas. Le principal était que Potter avait rétabli la vérité, l'avait fait éclater au grand jour. Si au début, elle avait eu du mal à croire à ce qu'il disait, il lui avait indiqué que la Pensine dans le bureau du directeur était encore remplie des souvenirs de Rogue loin de le faire tout de suite, il lui avait fallu plus d'un mois pour oser plonger dedans et découvrir ce qui avait convaincu son jeune élève. Et elle en était ressortie, une boule dans la gorge. Elle dût se raccrocher à la bassine de pierre pour ne pas chanceler sous le poids de ce qu'elle venait de voir. Elle avait alors souhaité plus que tout au monde que cet abruti de Serpentard soit présent avec les autres tableaux de directeurs de Poudlard. Mais naturellement, il avait quitté son poste avant de mourir, aussi il ne bénéficiait pas de ce privilège.
Minerva se mentirait si elle affirmait qu'il ne lui manquait pas. C'était depuis qu'il lui avait fait goûter –plutôt de force que de gré- un Whisky Pur-Feu qu'il gardait dans ses réserves depuis des mois qu'elle avait pris l'habitude de venir dans son bureau une fois par semaine boire un verre. A présent, plus de rendez-vous hebdomadaires pendant lesquels ils discutaient potions et métamorphose, Forces du Mal et Ordre du Phénix, sorciers et créatures magiques. Ah, lorsqu'il s'était officiellement tourné du côté de Voldemort, elle en avait eu le cœur brisé. L'assassinat du directeur avait grandement joué, mais le pire avait été de le voir à la tête des Mangemorts. Ce soir-là, elle avait cru que son cœur s'arrêterait définitivement lorsqu'elle croisa ses yeux froids, vides d'expression mais quand elle y repensait, ou peut-être se l'imaginait-elle à présent, elle y revoyait une lueur de détresse. Mais elle devait certainement avoir rêvé. Elle se sentait stupide, à revenir dans le passé en tentant d'avancer.
Lorsque la barmaid eût terminé son laïus sur toutes les raisons qui la poussaient à se méfier de Rogue –et malheureusement, elle ne pouvait la contredire, il était très loin d'être parfait-, Minerva paya sa boisson et sortit des Trois Balais, pressée de rentrer se faire un thé au jasmin. Le seul que Severus ait jamais accepté de goûter et ait difficilement avoué qu'il n'était pas si mauvais qu'il ne le craignait. Stupides pensées frivoles, toujours à revenir à lui. Merlin qu'elle était soulagée par la vérité. Savoir qu'il était de leur côté, qu'il ne l'avait pas trompée durant toutes ces années, la rassurait quelque peu. Elle passa devant la boutique Honeydukes et, en bon souvenir du temps de Dumbledore –pour se sortir cette sale chauve-souris, elle se retrouvait forcée à repenser à un autre mort, si ce n'était pas malheureux- y pénétra pour y acheter une poignée de Suçacides. Dans les prochains jours, elle irait peut-être même dans le monde Moldu acquérir quelques-uns de ces… esquimaux, comme il les appelait. Oui, toujours revenir au passé, repenser à une époque révolue, peut-être pouvait-elle sembler vieux jeu, peut-être pouvait-elle passer pour une vieille aigrie –mais ne l'était-elle pas, après tout ?
Alors qu'elle ressortait de la boutique et repartait sur le chemin menant à Poudlard, elle entendit d'une oreille une petite phrase qui l'amusa. « Je suis sûre que si je lui fais les yeux doux, j'arriverai à me faire acheter cette superbe robe par Dray, pour le bal de Noël… » gloussait Daphné Greengrass, tout de suite suivie de sa bande d'amies. Qu'il était bon de rêver. Le jeune Malefoy –si elle avait bien compris à qui s'adressait ce surnom- n'était certainement pas le genre d'homme à faire des cadeaux, surtout pour une femme qui rampait déjà à ses pieds. Elle vit, à quelques mètres, les trois héros de la guerre, qui fixaient la jeune fille d'un air qui laissait tout à fait voir que leurs réflexions n'étaient pas très loin des siennes. Le trio continua sa route, non sans afficher un signe désapprobateur et perplexe à son affirmation, et se rendit aux Trois Balais, où chacun commanda une Bièraubeurre.
Ils y restèrent près d'une heure et demi, et purent observer les différents groupes qui y passaient, virent des gobelins discuter activement de quelque chose qui touchait certainement l'argent, furent surpris par une harpie qui leur demandait poliment s'ils avaient vu quelque part son rat –Ron s'était quelque peu renfrogné à ce moment-là, le souvenir de Queudver restant toujours présent dans un coin de son esprit- et eurent même une petite visite d'Hagrid, qui leur paya chacun un second verre de Bièraubeurre avant de repartir s'occuper de quelques créatures de la Forêt, qui, d'après ses dires, avaient du mal à se remettre de la guerre et devaient panser des blessures pour certaines très profondes et difficiles à soigner.
Quand ils se levèrent enfin, le soleil commençait à sérieusement descendre dans le ciel –il était encore suffisamment haut certes, mais il se faisait tout de même tard- et ils durent se séparer après ces quelques jours passés ensemble. Harry devait retourner au Square Grimmaurd, où il avait décidé de s'établir pour un ou deux ans après avoir remis en état l'endroit, avec l'aide bien précieuse de Kreattur, certes caché pendant la guerre, mais revenu immédiatement et avec toute la bonne volonté dont il était capable en son vieil âge, et après quelques coups de balai, un peu de rangement et une décoration entièrement rénovée de toutes les pièces, l'énorme maison était enfin devenue habitable.
Si les portraits collés à la Glu Perpétuelle dans les escaliers poussaient toujours leurs jérémiades au moindre bruit un peu trop fort en leur présence, cela ne l'avait pas empêché de vider entièrement le salon, envoyant tous ses meubles vieillis à un antiquaire qui saurait en faire son affaire, jetant définitivement tous les objets qui s'y trouvaient –bien que Kreattur ait insisté pour y garder certains joyaux, puisque son maître lui avait gentiment proposé d'habiter là, plutôt que son placard à balais dans la cuisine- et enfin confia la clé à l'elfe en même temps que le sac d'affaires qu'il souhaitait avoir en sa possession, pour lui signifier qu'il pouvait disposer de la pièce à volonté, et qu'il s'agirait de sa décision uniquement de s'enfermer dedans quelques jours s'il le souhaitait.
Kreattur en eut un haut de cœur cette fois-là. Il avait sincèrement cru que le prochain geste de Harry serait de lui offrir des vêtements, et il n'y aurait pas survécu –il ne s'était d'ailleurs pas gardé de le lui dire. Mais cette offre avait valu au jeune sorcier le plus beau repas que Kreattur lui ait jamais servi : un superbe pâté en croûte qu'il avait préparé de toutes pièces, faisant même l'effort immense de fouiner dans un livre de cuisine qu'Hermione avait laissé derrière elle lors de leur fuite de l'année passée pour trouver les exacts ingrédients nécessaires à la préparation moldue, agrémenté d'une salade d'endives –Harry en raffolait, et l'elfe le savait très bien. Cette fois-là, il sourit et lui tapota affectueusement la tête, le remerciant et le congédiant pour la soirée –oui, la vaisselle pouvait attendre le lendemain, il n'y avait pas lieu de s'inquiéter.
Complètement retourné, l'elfe s'était d'abord dirigé vers son placard à balai, puis, se rappelant qu'il avait changé de chambre, était parti vers le salon, pour revenir en trottinant d'un air perdu vers le placard pour récupérer son ensemble informe de draps. Il n'en restait pas le moindre bijou, tous étaient déjà entreposés dans le salon, mais cela lui servait visiblement de couverture. Harry sortit machinalement sa baguette et les métamorphosa en un oreiller et une couverture bleus de la taille parfaite pour son elfe, avant d'ajouter qu'une nouvelle taie assortie, plus joyeuse, y était cachée. Il crut que Kreattur allait pleurer, tant sa tête désagréablement disproportionnée se déforma, ses lèvres tremblotant, son nez en forme de groin frétillant d'émotion.
Mais avant de revenir chez lui et retrouver son elfe de maison, il devait retrouver Ginny pour une heure, profitant un peu d'elle avant de s'en séparer pour les mois à suivre. Aussi, ce fut devant le craquement auquel ils étaient devenus familiers de Ron et le salut enjoué d'Harry qu'Hermione souffla pour reprendre la route vers Poudlard. Elle repassa devant la boutique de vêtement, où se tenait encore Daphné –avait-elle seulement bougé de toute l'après-midi ?- qui avait coincé Malefoy. Elle ne pût s'empêcher de pouffer en assistant à la scène, se cachant à peu près derrière un grand réverbère.
« Il n'en est pas question. »
« Mais pourquoi ? Allez, comme ça je serai magnifique pour Noël, je te jure que je ne te ferai pas honte ! »
« Je crois que tu n'as pas compris. Je ne suis pas ta banque, Daphné. Je ne compte pas te payer quoi que ce soit, tu as bien assez d'argent sur ton compte Gringotts, et si tu ne veux pas aller le prendre pour l'utiliser, c'est ton problème, pas le mien. Par ailleurs, pourquoi devrais-je m'inquiéter de l'allure que tu auras, alors que je ne t'inviterai probablement pas au prochain bal ? » Et bim ! Hermione dût se mordre la lèvre inférieure pour ne pas rire trop fort. Malefoy avait une répartie et une aigreur qui en ferait verdir de jalousie un gobelin. Mais le plus drôle n'était pas sa réplique. C'était la tête outrée, choquée, vexée de Daphné Greengrass, qui le regardait, la bouche grande ouverte, comme si elle attendait de gober une mouche.
« Ce n'est pas en laissant ta grande bouche ouverte que tu vas me convaincre, au mieux tu réussiras à attirer une mouche ou un Doxy. Qui sait, peut-être que ça t'ira, comme repas de ce soir. » Malefoy était son héros, à l'heure actuelle. Hermione pouvait largement se l'avouer quand ses répliques ne lui étaient pas adressées, il était très agréable de le voir à l'œuvre, surtout lorsqu'il s'en prenait à ceux qui étaient normalement ses alliés, des membres de sa maison. C'était tout simplement hilarant. Et en fait, elle se sentait mal de penser cela avec tout ce qu'il lui avait fait, elle ne devrait pas trouver ça drôle, mais compatir amèrement pour la personne qui se trouvait entre ses griffes. Malheureusement, il avait une telle manière de tourner les choses que c'en était réellement drôle. Du génie.
Puis ce fut le coup de grâce, et elle décida de fuir avant de se faire repérer à rire trop fort. « Franchement, ta sœur est bien moins insupportable que toi, aussi, s'il fallait que je fasse un cadeau pareil à quelqu'un, ce serait plutôt à elle qu'à toi. » Sa course loin d'eux lui fit rater une phrase destinée à en finir avec la Serpentarde, mais qui lui aurait assurément retourné l'estomac. « A vrai dire, je préférerais encore offrir quelque chose à Granger plutôt qu'à toi, elle au moins le mériterait. » Drago n'avait absolument aucune pitié.
Il évita avec le sourire la gifle que tenta de lui donner Daphné, et retourna à son tour au château, où il comptait bien discuter du changement de mot de passe de leurs appartements avec sa collègue. Pas question que cette fille y remette les pieds, il ne pouvait tout simplement plus la supporter. Pourquoi d'ailleurs ? Oh, il ne voulait même pas se poser la question, la réponse en était évidente la seule raison pour laquelle il s'était forcé à accepter sa présence cette année était qu'elle avait un sang aussi pur que lui et que sa réputation dans les hauts cercles de l'aristocratie sorcière était en jeu. Il devait garder un statut correct, tant que son nom était outragé partout ailleurs. Mais à présent, Daphné avait un peu trop cru en son pouvoir de persuasion et en l'attachement totalement fictif qu'il devait avoir pour elle. Non, il ne supportait tout simplement plus de la voir. Il vit au loin une grosse masse brune se balader librement sur des fesses qui semblaient tout à fait satisfaisantes, enfermées dans un vieux jean élimé. Sans savoir pourquoi, il sourit d'amusement et héla la préfète, qui se retourna en entendant son nom.
« Oh, Malefoy. » Elle tenta de cacher toute trace dévoilant qu'elle avait entendu la conversation avec la Serpentarde.
« Eh bien, les deux abrutis ne t'accompagnent plus ? »
Un petit silence vint, alors qu'elle fronçait les sourcils à son intention. « Ils s'appellent Harry Potter et Ron Weasley. »
« Ouais bien sûr. Non, ça va rester Saint Potty et Weasmoche, ça leur va très bien. » Elle secoua la tête, mais ne répondit pas. Il en fut presque vexé –presque. Aussi, il décida de lancer immédiatement le sujet pour lequel il voulait la voir au plus vite. « Au fait, j'aimerais changer le mot de passe de nos appartements, j'aimerais pouvoir ne pas être dérangé subitement par une fille qui voudrait m'emmerder. »
« Qui donc pourrait donc tant te vouloir de mal, hm ? Il me semble pourtant que quand tu amènes une fille avec toi, elle sait d'avance ce que tu lui réserves au réveil. » Bien sûr, elle se doutait bien de la raison pour laquelle il voulait se protéger d'elles, puisque l'une d'elles aurait une raison de lui en vouloir.
« Granger, je veux changer le mot de passe, c'est tout. Quand on sera dans nos appartements, on en parlera. » Elle sourit, amusée, et continua sa route en silence. Elle comptait d'abord manger dans la Grande Salle avant de monter, aussi son collègue attendra un peu. Elle regarda sa montre cinq heures et demi. Bien, après sa discussion avec lui, elle aurait encore le temps de travailler le sortilège d'Apparition pour la métamorphose le livre de cette année lui indiquait qu'ils allaient certainement très bientôt en parler en cours, et elle aimait avoir une longueur d'avance. Lorsque le château se dressa de toute sa hauteur devant eux et qu'ils entrèrent, ils se séparèrent, elle partant manger, et lui se rendant immédiatement dans leurs appartements. Une fois de plus, Malefoy n'allait pas manger ce soir. Elle garda l'information dans un coin de son esprit et mangea tranquillement en compagnie de Neville, qui l'avait aperçue quand elle entrait dans la Grande Salle.
Lorsqu'elle eut terminé sa part de gâteau, elle se leva, fourra une pomme et trois tranches de pain dans ses poches et partit vers le quatrième étage. Lorsqu'elle réussit enfin à faire entendre le mot de passe par les fondateurs qui, pour ne rien changer, tentaient de s'égorger mutuellement, elle nota que le Serpentard n'avait pas jugé bon de l'attendre dans la pièce commune. Aussi, elle l'appela pour qu'il sorte de sa chambre –c'était lui qui voulait changer le mot de passe après tout. Mais puisqu'il ne répondait toujours pas au cinquième appel, elle déclara sur le même ton qu'il ne devait plus la déranger jusqu'à l'heure de leur ronde. Sa surprise en voyant le tableau s'ouvrir sur lui n'eut d'égal que l'effroi qu'elle afficha en observant son visage. Il lui en laissa pourtant à peine le temps, il courut presque vers la salle de bain et s'y enferma plus d'une demi-heure, pendant laquelle l'eau du robinet coula presque sans interruption et les miroirs se cassèrent tous plusieurs fois. En fait, elle le soupçonnait de ne pas avoir remarqué sa présence en arrivant. Aussi, elle décida de toquer doucement à la porte, et immédiatement, le robinet fut éteint, un bruit de verre qui se reforme se fit entendre et la salle de bains s'ouvrit sur lui. Son visage affichait une expression insondable, presque comme s'il se demandait pourquoi Hermione semblait si inquiète.
« Quoi ? » Donc, il était réellement décidé à faire comme si rien ne s'était passé. Il était certain qu'elle ne l'avait pas vu entrer, auparavant. Cependant, elle joua cartes sur table.
« Ton sortilège de Désillusion est très réussi, on ne voit plus du tout les marques de coups de tout à l'heure. » Elle le vit froncer très légèrement les sourcils, ouvrir un espace ridiculement petit entre ses lèvres, alors qu'il cherchait quoi répondre, puis il revint à une impassibilité totale.
« De quoi tu parles, Granger ? »
« De l'œil au beurre noir et de l'angle que formait ton nez avant que tu ne t'enfermes dans la salle de bain. J'étais dans la pièce commune quand tu es arrivé, tu sais. Et même si tu as très bien fait ton petit sortilège pour le remettre en place, tu ne pourras pas soigner tes autres blessures de cette manière. Vas à l'infirmerie. »
« Pour quoi faire, hm ? » Il avait enfin décidé de jouer franc-jeu, comprenant enfin qu'elle ne lâcherait pas prise. « Pour recevoir des questions embarrassantes ? Que vas-tu me dire d'autre, me plaindre auprès des professeurs ? »
« Précisément, oui. » Il eut un rire sans joie et détourna les yeux vers le chat roux qui sortait de la chambre de la Gryffondor.
« J'ai ma fierté Granger, et pas question que je parle de ce genre de choses à des profs –dégage, le chat ! 'rrrhhh maaww !'- qui ne pourront rien y faire. Non, je pourrai très bien régler ça par moi-même. »
Il fut déconcerté par son silence menaçant elle le fixait avec des yeux si terribles qu'il s'inquiétait quelque peu de la tournure des prochains événements. Que lui réservait-elle ? « Petrificus Totalus. » QUOI ?! Ce maléfice ? Il se sentit tomber en arrière et son crâne heurta douloureusement le sol. Il se jura que dès l'instant où elle le libérerait, il la torturerait, la prendrait par la peau du cou, la présenterait aux centaures, l'emmènerait en haut de la tour d'astronomie et la pousserait de là. Que lui voulait-elle, bon sang ?! Ce n'était pas la première fois qu'il se faisait avoir en plus. Il s'efforça de lancer le regard le plus meurtrier qu'il pouvait dans sa condition, puis, ne pouvant pas y échapper de toute manière, se prépara à écouter attentivement ce qu'elle lui dirait parce qu'il ne faisait aucun doute qu'elle était sur le point de lui faire un grand laïus sur il ne savait quel sujet sûrement l'importance de dénoncer les persécutions.
Il fut alors très désagréablement surpris de voir qu'elle le déshabillait presque entièrement. Sérieusement Granger, si elle le voulait dans son lit, elle n'avait qu'à le lui dire ! Elle posa sa baguette sur son front, et il sentit un liquide chaud lui parcourir le corps. Eh merde. Elle voulait voir l'étendue des dégâts. Dégâts qu'il avait eu du mal à faire disparaître. Pas un mot, pas une exclamation, pas une réaction. Rien. Un sang-froid qu'il appréciait de sa part. Elle passa sa main sur son front, et sembla d'un coup se rendre compte d'une erreur son maléfice le rendait dur comme pierre, il était impossible dans ces conditions de juger les dommages internes. Il se prépara alors à être libéré et à l'attraper par le col, mais une fois de plus, elle fit preuve d'une adresse qui justifiait parfaitement son statut de sorcière la plus douée de son âge. D'un sortilège informulé, elle le libéra, mais il n'eut pas le temps d'amorcer le moindre geste que déjà il était pris sous son Entrave. Ce n'était pas possible, ça.
Et elle revint au manège qu'elle avait à peine pu commencer. Ses doigts se posèrent sur sa tempe gauche ornée d'une coupure légère. Ils descendirent vers ses lèvres fendues, et longèrent sa mâchoire encore presque intacte. Puis une de ses mains dessina une longue balafre sur son bras, alors que l'autre en localisait une autre qui barrait son nombril. Le reste de son corps était parsemé de bleus, plus ou moins gros, plus ou moins douloureux, formés par des genoux, des poings et des pieds. Quand elle replongea ses yeux noisette dans les siens, il vit toute la détermination dont elle faisait preuve.
« Ne bouge pas, je reviens. » Bien sûr que si qu'il allait bouger, tiens. Ce n'était pas comme si il pouvait faire autrement. Mais il s'inquiétait à moitié de ce qu'elle s'apprêtait à faire. Il dut attendre là, couché, sans rien pouvoir faire d'autre que de regarder le plafond de marbre blanc, qu'elle revienne. Ce qu'elle fit, certainement aussi vite qu'elle avait pu, s'il en jugeait ses joues roses et ses tempes humides. « Madame Pomfresh a eu l'amabilité de me donner ce flacon d'essence de dictame. Je pense que je vais le mettre dans mon placard, sous l'évier, donc si tu en as à nouveau besoin à l'avenir… »
Même s'il n'avait pas été entravé, il n'aurait pas été capable d'émettre le moindre son. Comment elle s'en était procuré auprès de l'infirmière, il l'ignorait, mais il sentait qu'elle ne lui avait pas expliqué la véritable raison. Elle était revenue avec le produit qu'il lui fallait en un temps record. Et à présent, elle le lui appliquait lentement sur le corps, n'oubliant aucun centimètre carré et prenant tout le temps nécessaire. Et lorsqu'elle le libéra enfin, il se redressa sur ses coudes et la fixa longuement. Il ne comprenait pas pourquoi elle faisait ça pour lui.
« … Voilà. Je le range là, sers-toi si tu en as besoin. » Il hocha la tête, toujours perplexe, puis attrapa ses vêtements et se rhabilla aussi vite que possible pour sortir de la salle de bain. Mais alors qu'il traversait le salon, elle l'arrêta d'une parole. « Au fait, tu voulais parler de changer de mot de passe, je crois ? » Ah, oui. Il bifurqua vers le sofa et s'y avachit comme un quinquagénaire, attendant qu'elle vienne le rejoindre devant la cheminée.
« Bon, que penserais-tu de trouver quelque chose qui a un lien avec nous deux ? »
« Trêve, dispute, haine, préfets, position compromettante… »
« QUOI ?! »
« Non, il faut trouver quelque chose qui ne soit pas trop stupide, non plus. »
Un instant de réflexion, et très vite, Hermione vint avec une idée qu'il ne put qu'approuver.
« Familia est aeterna. La famille est éternelle. Après tout, Poudlard est comme une seconde famille pour nous… »
« Oui… Oui, je crois que ce serait bien. C'est très… féminin comme mot de passe, mais ça ira. »
« Si tu trouves ça trop féminin, tu n'as qu'à me proposer autre chose. » lança-t-elle d'un ton glacial.
Il haussa un sourcil, sourit et se leva. Sans autre explication, il ressortit et parcourut les couloirs et les escaliers pour se rendre dans la cour de l'école, et même s'enfonça dans les coins encore autorisés de la forêt. Là, il tomba sur le troupeau de Sombrals qui tiraient les calèches, à la rentrée. Il s'assit contre un arbre et les observa, alors qu'ils battaient des ailes, trottaient un peu l'un d'eux s'approcha de lui et fit mine de le renifler. Il tendit presque machinalement la main et toucha la tête reptilienne.
« Des créatures incomprises, les Sombrals. Je trouve malheureux qu'ils puissent maintenant être autant vus par les élèves. La guerre a vraiment fait des ravages. » Il pencha la tête pour voir devant lui malgré le corps de l'animal et vit le demi-géant qui lui avait longtemps servi de professeur déposer une énorme carcasse d'il ne savait exactement quel animal. Aussitôt, tous les Sombrals se rassemblèrent pour en déchirer la viande. Hagrid n'avait pas encore tourné la tête vers lui, et semblait ignorer totalement qui pouvait être son interlocuteur.
« Oui. Ils sont plutôt étranges. »
L'homme sursauta presque en reconnaissant la voix traînante qui lui était propre et le regarda enfin. « Malefoy. Que fais-tu donc ici ? »
« Je prends l'air, et je suis tombé sur le troupeau. Je ne fais rien de mal. » Il vit dans ses yeux qu'il le menaçait de terribles représailles si quoi que ce soit leur arrivait par sa faute. « Enfin, j'allais partir, de toute manière. » Sur ces mots, il se leva et retourna au château, agacé d'être encore dérangé lors d'un moment qui aurait dû être tranquille. Il décida de passer à ses appartements pour prendre une serviette et de partir se détendre dans l'énorme salle de bain des préfets. Cela lui ferait le plus grand bien.
Arrivé devant le tableau, il tenta tout d'abord l'ancien mot de passe, et voyant qu'il ne fonctionnait pas, remercia intérieurement Granger d'avoir demandé le changement si vite. Aussi, il prononça les mots qui avaient été mis en place et pénétra dans la pièce, où travaillait intensément la Gryffondor. Elle ne leva pas la tête en l'entendant entrer, aussi il traversa le salon pour s'emparer dans la salle de bain de sa serviette et repartit dans la foulée, lançant juste ce qu'il lui fallait pour comprendre pourquoi il repartait si vite. Elle, elle sourit à l'annonce. Enfin, il allait un peu prendre soin de lui. Elle avait déposé, tant qu'il était hors du château, les morceaux de pain et la pomme qu'elle avait récupérés sur le bureau du jeune homme, se disant qu'il aurait sûrement faim en rentrant. Puis elle se reconcentra sur son devoir de potions.
Et voilà ! J'espère que ce chapitre vous a plu... J'avoue que je me suis pas mal éclatée à écrire les POV de McGonagall et l'histoire avec Kreattur, quand j'avais fini ces pavés, je savais qu'ils n'avaient pas particulièrement lieu d'être, mais je ne pouvais tout simplement pas me résoudre à les enlever. Et puis presque 500 mots, je ne pouvais pas me permettre de les retirer alors que j'avais déjà du mal à écrire. xD
Enfin, donnez-moi votre avis, quelque chose qui vous a plu, déplu, que vous n'avez pas compris, si quelque chose cloche, une faute de français que je n'aurais pas vue, et comment vous trouvez les différents points de vue.
Bonne journée/semaine à tous, à la prochaine !
