Bonjour à tous !

Une fois de plus, je suis profondément désolée pour le retard, mais je travaille sur énormément d'écrits en ce moment, en plus des rattrapages qui s'approchent à grands pas, et le fait tout simplement que je sois affreusement irrégulière dans mes publications. Aussi, je sais qu'on est dimanche, mais c'était tout simplement impossible pour moi de poster hier, je n'étais pas sur le bon ordinateur, aussi j'ai rattrapé mon retard à une vitesse grand V et pouf ! Chapitre fini sur un nouveau document, juste besoin de réorganiser les scènes sur le document d'origine et c'était parti !

Aussi, je vous présente le chapitre 9, avec de nouveaux personnages qui entrent dans l'histoire, de nouveaux points de vue... Enfin, j'espère que vous allez apprécier ce chapitre que j'ai eu du mal à faire bouger pendant ces trois dernières semaines !

hermignionne : Merci, voilà donc la suite xD

betouni : Je crois que l'expérience te poussera bientôt à ne pas me dire "bouge tes fesses", parce que ça ne me fait absolument pas avancer xD

Bonne lecture !


MANGEMORT LIBERE

Lucius Malefoy, Mangemort reconnu de la seconde Guerre contre Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, a été libéré aujourd'hui suite à son entrevue avec le Magenmagot.

Il aurait donné plusieurs noms et localisations de ses anciens alliés, en échange de quoi il obtenait sa libération. Que pouvons-nous penser de cette situation ? Nous sommes partis sur le terrain découvrir les avis du Magenmagot et de quelques sorciers.

« Je ne pense pas que ce soit une bonne chose qu'il soit libéré. » explique l'un de ceux qui se trouvaient dans la salle lors du procès. « Enormément de choses lui ont été reprochées, je trouve trop simple de le relâcher ainsi. Je pense même qu'il ne s'agit pas que de notre sécurité, mais également de la sienne; lorsque les gens apprendront qu'il est de retour chez lui, il aura de bonnes raisons de craindre de terribles représailles. Combien de gens ont été victimes de ses méfaits ? »

En effet, pendant la guerre, le manoir Malefoy abritait souvent des prisonniers qui étaient torturés sans pitié, et tout porte à croire qu'il faisait partie des bourreaux. Les familles des victimes auraient certainement très envie de venir lui faire payer ce qu'il a fait. « Si j'étais lui, je n'oserais même pas revenir en Angleterre, je fuirais sûrement au Japon, pour être certain de ne pas être dérangé. » a déclaré Mike Anderson, un passant que nous avons croisé dans le Chemin de Traverse. Apprendre la nouvelle l'a scandalisé, et cela peut se comprendre. « Cet homme est un lâche qui profite de toutes les situations, mais quand il se rendra compte que ce n'est plus possible ici, je suis sûr qu'il partira avec sa famille. Nous n'entendrons alors plus parler des Malefoy, et grand bien nous fasse. »

Que va-t-il donc résulter de cette affaire qui n'enchante presque personne ? Monsieur Malefoy va-t-il fuir le pays, emmenant sa femme et son fils ? Ces derniers accepteront-ils de le suivre ? Suivez avec nous l'évolution de cette situation.

Rita Skeeter

Il claqua le journal contre la table, faisant sursauter ses voisins. Qui étaient les Mangemorts dénoncés ? Comment le vivait sa mère ? En pensant à cela, il délia le parchemin attaché autour de son hibou grand-duc, qui attendait patiemment qu'il en ait fini avec la Gazette du Sorcier et lut les quelques mots qu'elle lui adressait.

Drago,

Merci de t'inquiéter pour moi, mais tout va bien. A l'heure à laquelle je t'écris, ton père est revenu au manoir. Il passe ses journées dans son bureau, je ne sais pas du tout ce qu'il fait. Pour l'instant, je ne peux malheureusement t'en dire plus, j'ignore moi-même comment son retour va influer à nouveau sur ma vie.

Mais souviens-toi que tu ne dois pas faire des sacrifices pour lui, tu en as suffisamment fait durant la guerre, mon fils

Ta pauvre mère inquiète.

Il rangea la lettre dès la fin de sa lecture et regarda autour de lui; aujourd'hui, peu de gens semblaient avoir lu le journal, il y avait peu de murmures sérieux, il voyait plus d'éclats joyeux de voix, de lancers de nourriture à la table des Poufsouffles et de gens qui révisaient, mais il savait que ça n'allait pas durer. Dès que ceux qui lisaient le journal commenceraient à en parler autour d'eux, tout le château serait au courant, et les marques sur son corps continueraient à augmenter.

Hermione, de son côté, avait jeté un rapide coup d'œil au blond après avoir lu l'article. Ainsi donc Lucius Malefoy avait été libéré… Elle se sentait un peu mal à cette annonce. Elle avait été torturée dans son manoir après tout, et elle connaissait sa haine des sangs impurs. Tout le monde la connaissait. La vie de Malefoy risquait de devenir difficile ces prochains jours… Les élèves pourraient le lui faire payer. Mais il était préfet en chef, il pouvait réagir. Aussi, elle ne s'inquiéta pas davantage, s'empara de son sac et fila en cours de métamorphose, où Angelina leur parla plus en détail des métamorphoses humaines et profita du chahut que faisait Terry Boot, un élève de Poufsouffle, pour faire la démonstration immédiate en le transformant en grand ara et le faire revenir à sa forme d'origine.

« Veuillez écouter le cours, monsieur Boot, merci, sinon vous pourriez tout à fait aller confirmer le mythe du yéti chez les Moldus. »


La vitrine invitait toujours à entrer, avec les produits de la boutique explosant de manière presque outrageante devant les yeux des intéressés. Ron se trouvait là, devant le magasin que son frère devant à présent gérer seul. Il entra d'un pas décidé et se fit presque attaquer par le cerf-volant qui descendait du plafond à la recherche d'une malheureuse victime.

« Oh, Ronald, mon très cher frère, pourquoi donc viens-tu perdre ton temps dans ma boutique ? » lança un grand jeune homme efflanqué qui apparut derrière une poutre à laquelle pendaient des petites guirlandes farceuses.

« George… » soupira le dit Ronald. « … tu sais bien que je ne considère pas cet endroit comme une perte de temps, c'est un coup de génie. »

« Peut-être bien, oui. Enfin, je sais que tu n'es pas ici uniquement pour faire tes achats, donc qu'est-ce qui t'amène à rendre visite à ton grand frère adoré ? »

« Je pense que nous ferions mieux d'en parler en privé, George… »

Au ton sérieux et murmuré de son frère, le jeune homme n'hésita pas plus longtemps. « Très bien, Sakari ! » Un pop sonore retentit et une petite créature aux immenses oreilles tombantes qui touchaient presque ses épaules et au nez replié en une forme de petite aubergine s'inclina devant lui. « Garde le magasin pendant que je discute avec mon frère dans l'arrière-boutique. »

« Bien, monsieur. » assura l'elfe d'une petite voix enrouée et criarde avant de transplaner directement sur la table d'encaissement.

« Un elfe très agréable, vraiment, je l'ai retrouvé un jour en train de fouiller les poubelles, un chapeau sur la tête. Il était si mal après sa libération qu'il n'a pas réfléchi un seul instant avant d'accepter de me servir. »

« Hermione serait furieuse si elle l'apprenait. » rit le plus jeune.

« Hermione est une fille adorable Ron, mais elle est vraiment trop acharnée pour ce genre de causes perdues. » soupira son grand frère d'un air vague. Il ne comprenait absolument pas comment quelqu'un pouvait tant vouloir la libération des elfes de maison et leur permettre de prendre des jours de congé et d'avoir un salaire. Non, à vrai dire, il ne voulait même pas comprendre d'où lui venait cette passion pour une cause pareille. Les elfes étaient heureux dans leur condition, qu'elle les laisse donc tranquilles.

« Il faut la comprendre, elle vient d'un monde où les esclaves sont interdits. » Et voilà, c'était exactement la raison pour laquelle George était persuadé qu'elle ne changerait jamais. Son entourage proche était trop laxiste. Surtout Ron. Il s'écrasait trop devant elle.

« Enfin, peu importe maintenant. Qu'est-ce que tu deviens, petit frère ? La formation de passe bien ? J'ai entendu dire que toi et Harry, comme vous êtes des héros de guerre, vous avez eu la possibilité de diminuer le temps de la formation à six mois, plutôt que de passer trois ans, c'est bien vrai ? »

« Oui. Tous les tests de personnalités sont passés pendant ces six derniers mois, et comme nous avons déjà de l'expérience de terrain, nous avons pu sauter toute la partie théorique de la formation, au niveau des sortilèges et tout ça. Tout ce qu'il nous reste, ce sont les potions et la botanique, on ne peut pas faire vraiment plus pratique que ce que nous étudions déjà en cours. »

« Les potions. Tu dois être une vraie bouse de dragon dans cette matière, non ? »

« Oui. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai arrêté. »

Blanc. George dut se répéter mentalement ce que Ron venait de lui dire pour mesurer l'importance de cette information. En fait, il commençait à comprendre tout doucement ce qui amenait son jeune frère dans sa boutique en pleine journée. Et l'idée, bien que ne lui déplaisant pas, le gênait un peu. « Pourquoi ? » finit-il par demander.

« Je n'y arrivais pas. Je suis facilement dépassé par les événements, tu sais. Déjà pendant la guerre, je perdais trop vite mon sang-froid, et les tests de personnalité n'étaient pas très convaincants, je pense que j'aurais été recalé de toute façon. Et comme tu dis… je n'arrive à rien en potions. » soupira-t-il.

« Je suppose que ton arrivée ici a un lien direct avec cet abandon ? » le railla le jeune businessman.

« Eh bien… Oui. Je me disais que tu aurais peut-être besoin d'aide, maintenant que la guerre est finie, et que… que tu es seul. Tu dois avoir beaucoup de travail. »

George ne put retenir un sourire triste. Son frère pesait bien trop ses mots. « Je verrai, Ron. Sakari m'aide vraiment beaucoup, et Angelina, bien qu'elle soit prof à Poudlard, profite des week-ends pour venir elle aussi. Mais une personne supplémentaire ne serait peut-être pas de trop, la boutique s'agrandit tout doucement, donc j'aurai besoin de personnel. Nous en reparlerons. »

« … Très bien. Merci, George. » dit son frère en se préparant à partir. « C'était… agréable de te revoir. »

« Le plaisir est partagé, petit frère. » Puis, alors que ses réflexions le menaient à l'entourage de sa famille, il lança : « Au fait, comment ça se passe, avec Hermione ? »

« Oh, plutôt bien. Je l'ai revue la semaine dernière pour le bal à Poudlard. »

« Ah, oui, j'ai eu pas mal de demandes de petits produits pendant la semaine. Comment c'était ? »

« Oh, très bien. La Grande Salle était complètement transformée. Tu te rappelles du bal de quatrième année ? Eh bien… cette fois-ci, c'était du rouge et du noir dans toute la salle, c'était vraiment bien fait. »

« Tant mieux. Et donc, je pense que vous avez bien profité l'un de l'autre ? »

« Hm, oui. Pas assez à mon goût, elle travaille trop. » Il ouvrit la bouche, comme pour ajouter quelque chose, mais la referma aussitôt, ses yeux voilés de doute.

« Quelque chose te tracasse, petit frère. Tout ne se passe pas comme tu l'avais espéré ? »

« Hm, non. Elle est préfète en chef, cette année. Avec Malefoy. »

« … Malefoy ? Mais comment a-t-il réussi cet exploit ? »

« Elle soupçonne McGonagall d'avoir pensé à ce qu'il pourrait vivre s'il restait avec les Serpentards. Elles sont trop gentilles avec lui, ça reste Malefoy quand même, un ancien Mangemort. »

George garda le silence et observa Ron, qui s'évertuait à trouver toutes les raisons de ne faire ni confiance ni de traitement de faveur au blond qui l'avait emmerdé pendant toute sa scolarité, et comprit. Ce n'était plus une question de haine réciproque ou de pure exposition des faits. Ron cherchait des raisons pour lesquelles Hermione devrait rester loin de lui. Ron commençait à devenir jaloux. Mais pourquoi ? Il ne se passait rien entre elle et Malefoy. George ne prétendait pas la connaître comme sa sœur, mais il savait une chose elle avait des principes très clairs. Et le plus important était sans conteste la justice. Elle ne ferait jamais quelque chose qu'elle estimerait injuste. Et draguer un mec alors qu'elle était en couple ne faisait pas partie des choses qu'elle oserait faire. Surtout Malefoy. Ce serait la pire trahison qu'elle pourrait faire à Ron, et elle le savait parfaitement. Jamais elle ne s'approcherait délibérément de Malefoy tant qu'elle aurait Ron à ses côtés. Alors pourquoi… ?

« Ron, serais-tu jaloux du décoloré ? »

« QUOI ? Pourquoi en serais-je jaloux, George ? »

« C'est l'impression que tu donnes. »

« N'importe quoi. Je vais y aller, je pense. » lança-t-il d'un ton bourru en avançant précipitamment vers la porte de l'arrière-boutique. Mais son frère n'en avait pas fini avec lui. Il agrippa son bras et le força à se tourner vers lui.

« Est-ce que tu prendrais conscience de quelque chose, petit frère ? Tu n'es pas idiot, tu as dû le voir. D'ailleurs, je vais rectifier ce que j'ai dit. Tu n'es pas jaloux de Malefoy, mais de tout homme qui l'approcherait, pas vrai ? » déclara-t-il, les sourcils légèrement froncés. Son jeune frère ne dit rien, mais planta ses yeux durs dans les siens. « Tu as remarqué, toi aussi. Tu n'es pas celui qu'il lui faut, et en le réalisant, tu perds tes sentiments pour elle. »


Résister. Résister. Le mur devait rester en place, il devait… Elle vit une fissure se former, qui s'agrandissait, devenait un trou, et bientôt, le mur explosa, et son adversaire pénétra sans aucune gêne supplémentaire dans ses souvenirs. Il lui sourit et relâcha la pression, sortant de son esprit.

« Vous vous améliorez énormément, miss Granger, mais il faut que vous restiez concentrée sans arrêt, si vous voulez avoir une chance de résister, aussi je vous demanderai de laisser vos problèmes en dehors de cette classe si vous ne voulez pas que je surprenne votre vie intime avec ce jeune garçon. »

Elle hocha la tête. Il lui disait toujours la même chose, mais depuis la veille, son esprit vagabondait beaucoup du côté de Ron. Elle savait qu'il allait lui manquer jusqu'à Noël, et cette simple idée lui serrait le cœur. Monsieur Granbec se détourna d'elle et se dirigea vers la table derrière elle. « Il ne me semble pas vous avoir autorisés à vous intéresser à ce qui se passe ici. Continuez à vous exercer avec votre voisin. »

« Tu n'es pas celui qu'il lui faut. » Foutaises ! Qu'est-ce qui avait pris à George de lui dire une chose pareille ?! Il n'arrivait pas à y croire. Alors qu'il passait devant Fleury et Bott, il aperçut un petit livre dont Hermione lui avait parlé un livre qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion d'acheter. Un tout petit livre, d'une centaine de pages à peine, sur l'essentiel de la juridiction des créatures magiques. Evidemment. Il sourit et entra dans la boutique, où il demanda le petit livre, le paya tout aussi vite et ressortit moins de cinq minutes plus tard. « Tu es trop mou avec elle, il lui faut quelqu'un qui la secoue, qui l'engueule un bon coup pour la réveiller. » Conneries ! Il enverrait ce petit livre à Hermione, avec la lettre du jour. Coq aurait un peu plus de mal que d'habitude, mais il devrait s'en sortir. Il transplana au Terrier et salua sa mère avant de monter dans sa chambre pour emballer l'ouvrage dans du papier kraft et y ajouter un petit parchemin.


« Narcissa ? Narcissa, tu es là ? »

« J'arrive, Lucius. » répondit-elle en écrivant deux derniers mots, puis elle enroula le petit parchemin et le confia au hibou Grand-Duc qui tendait la patte vers elle. « Envole-toi, mon grand. » lui murmura-t-elle à l'oreille avant de l'envoyer par la fenêtre. Puis elle se tourna vers la porte du bureau et se dirigea vers la voix de son mari, qui s'était rasé avec beaucoup de soin dès son retour dans le manoir, et qui l'attendait dans leur immense salon.

« Ça fait plaisir de te revoir. » dit-il simplement. Elle sourit et se rapprocha de lui, se permettant un petit geste de tendresse en lui saisissant la main.

« Promets-moi une chose, Lucius. » Il haussa un sourcil, l'invitant à continuer. Elle inspira longuement, ferma les yeux, puis les planta dans les siens. « A présent, ne t'implique plus dans les affaires de ton fils. Il a trop subi pour toi. Quoi qu'il arrive… s'il te plaît, n'impose pas ta volonté. » Il lui sourit et la tira contre lui, la laissant s'appuyer contre lui, et lui murmura quelques mots qu'elle jugea comme rassurants :

« Ne t'en fais pas. Je ferai ce qu'il faut. »

Elle sourit et reçut enfin l'embrassade dans laquelle il l'avait jetée. « … Tu m'as manquée. »

« Je me disais qu'on pourrait sortir, aujourd'hui. Nous pourrions… je ne sais pas, peut-être aller manger sur le Chemin de Traverse ? »

Un temps passa, pendant lequel Narcissa réalisait ce qu'il lui proposait. Voilà des années qu'il ne lui avait pas proposé une telle chose sans avoir pour idée précise de s'afficher dans les rues sorcières, devant les appareils photos. Elle leva doucement les bras pour le serrer plus longtemps contre elle, puis se redressa pour le regarder dans les yeux.

« Ca me va. » Ils n'avaient pas besoin des mots pour se comprendre. Quelques gestes, quelques attentions tendres faisaient oublier tous les mauvais instants de leur couple, leur rappelaient pourquoi ils continuaient à s'accrocher l'un à l'autre. Oh, comme Narcissa espérait que son fils s'entendrait ainsi avec sa femme. Lucius lui prit la main et ils transplanèrent ensemble hors de leur manoir.


Un petit cadeau pour ma Miss-Je-Sais-Tout. En espérant ne pas m'être trompé.

Je t'aime.

Elle sourit tendrement, déchira le papier kraft qui protégeait le cadeau de Ron, et découvrit le superbe livre qui l'avait fait rêver. Ses yeux s'illuminèrent instantanément et elle souhaita plus encore que la veille qu'il soit encore là, alors qu'elle voulait le prendre dans ses bras pour le remercier.


Chère madame la directrice,

Je n'ai guère relevé ce point curieux au début de l'année, mais le retour de mon mari a fait remonter ce léger doute. Mon fils m'a en effet écrit, dès le premier soir, qu'il habitait dans des appartements spéciaux avec le second préfet en chef –dont il a refusé de me donner le nom, pour une raison que j'ignore, peut-être pourriez-vous m'éclairer davantage à ce sujet ?- et je n'avais pas remarqué à quel point cette situation était étrange.

En effet, je ne me souviens pas avoir connu à mon époque une situation similaire pour nos préfets en chef, pourtant j'étais à l'époque bien placée pour en savoir quelque chose.

Aussi vient le doute qui m'assaille actuellement : d'où est venue cette nouvelle réglementation ? Lucius m'a en effet assuré que pendant le temps qu'il a passé au conseil d'éducation, il n'avait jamais entendu parler d'un tel changement. J'ose espérer que vous avez pris contact avec le ministère avant de faire une telle chose, bien que je ne doute absolument pas de votre sérieux à votre poste.

Sauriez-vous m'éclairer plus en détail sur cette situation ?

Mes salutations distinguées,

Narcissa Malefoy.

Ah. Eh bien voilà, cette lettre était enfin arrivée, non pas pendant le petit déjeuner –fort heureusement- mais le soir, avec le courrier officiel envoyé par Kingsley. Il fallait que cela arrive un jour. Minerva reposa délicatement la lettre sur son bureau et tourna sa chaise vers les tableaux qui ornaient le mur derrière elle.

« Albus, ne faites pas semblant de dormir je vous prie. »

« Allons Minerva… » répondit une voix faussement ensommeillée. « … Je pourrais véritablement dormir que vous arracheriez tout de même le cadre pour me réveiller à coups de cannes. » Un ricanement se fit entendre plus loin.

« Taisez-vous, Phineas. » lança-t-elle sans se soucier du regard outré que le directeur Black lui jeta en réponse. « Oui Albus, je vous aurais réveillé quoi qu'il en coûte. Miss Malefoy vient de m'envoyer la lettre que je redoutais -bien plus tard que prévu, néanmoins. Alors maintenant, faites fonctionner vos méninges et expliquez-moi comment vous comptez me sortir de cette situation que vous avez créée ! »

« Minerva, Minerva, que penserait donc le personnage à l'origine de ce tableau, s'il était encore là aujourd'hui ? » lui répondit le tableau en la fixant à travers ses lunettes en demi-lune. Evidemment qu'il avait raison. Albus, le vrai Albus, aurait sauté sur l'occasion pour faire la même chose.

Elle soupira et reprit : « Mais qu'est-ce que je dis à miss Malefoy, maintenant ? »

« La vérité, ma chère Minerva. Son fils aurait risqué bien des problèmes s'il était resté dans son dortoir, et vous le savez aussi bien que moi, nous en avons longuement discuté avant la rentrée après tout. »

« Albus… Vous m'exaspérez. » acheva-t-elle dans un immense soupir avant de se retourner vers son bureau et d'attraper un parchemin pour écrire une longue réponse qui reprenait tous les points qu'elle avait déjà largement explicités au Ministère, pendant les grandes vacances. Après tout, monsieur Malefoy était le seul élève ancien Mangemort avéré qui était revenu, et sa rédemption avait été très mal accueillie parmi les quelques adhérents de Voldemort chez les Serpentards; et malheureusement, ceux-ci étaient de fortes têtes qui maîtrisaient le reste de la maison et qui avaient décidé de la monter contre le blond. Aussi, l'idée d'Albus, qui l'avait quelque peu dépassée dans un premier temps, puis avait pris du sens lors de la longue et difficile argumentation avec le conseil d'éducation, aurait pu passer pour une requête tout à fait bien tournée –si ce n'était pas l'idée d'Albus. L'ancien directeur avait toujours une idée complètement tordue en tête, et ce fut durant cette argumentation qu'il se réveilla soudainement de son faux sommeil pour déclamer sans aucune honte son intention finale : « Ne croyez-vous pas que cela paraîtrait suspect auprès des élèves d'avoir un élève seul qui bénéficie de ses appartements ? » Cette phrase, Minerva l'avait redoutée. A vrai dire, elle avait très peur de ce qu'il pourrait bien proposer. « Pourquoi ne pas lui donner l'insigne de préfet en chef pour l'associer à miss Granger et les mettre ensemble dans un des appartements disponibles ? Si ma mémoire est bonne, Poudlard détient un nombre bien assez élevé de chambres pour le permettre. Il me semble même qu'un appartement que vous et Severus en avez utilisé un, à ses tout débuts, n'est-ce pas Minerva ? »

« Bon sang, mais que vous a donc raconté le véritable Albus… ? »

« J'ai été peint depuis des années, Minerva. Depuis son arrivée au poste de directeur, à vrai dire. »

« Hm… Je crois que le sujet n'est pas là, madame la directrice. Monsieur Dumbledore, vous suggérez donc… de laisser ces deux élèves cohabiter ensemble ? »

« Parfaitement. » répondit le tableau, un sourire aux lèvres. « Je pense que cela leur fera le plus grand bien. »

Les deux vieux membres du conseil qui étaient venus discuter avec la directrice observèrent longuement le visage rayonnant de l'ancien possesseur de ce titre, puis revinrent à Minerva, et l'un d'eux prit la parole : « Chère madame la directrice, nous reprendrons contact avec vous dans les prochains jours, nous allons discuter de cette situation… » Elle hocha la tête, et ils sortirent du bureau.

Elle avait cru mourir de honte. Comment Albus avait-il pu la prendre ainsi au dépourvu ? « Des années que mon modèle préparait un coup pareil. » lança le tableau d'un air nostalgique.

« Ah ? Et il trouvait donc malin de me le faire subir ? »

« Oh, ce n'était pas voulu Minerva, mais il se trouve que vous êtes tombée pendant la meilleure année pour le faire. A présent que cette question est étudiée par le conseil, dès que cela sera accepté –car ça le sera, vous le savez aussi bien que moi, ils ne veulent que faire traîner la décision finale- les préfets en chef de chaque année vont devoir habiter ensemble. Cela risque d'être fort amusant ! »

« Génial… Sinon, auriez-vous d'autres idées de ce genre dont vous avez oublié de me parler ? »

« Hm, sûrement oui. Mais je garde ça pour plus tard. »

Et en effet, quelques jours plus tard, le jour de la rentrée à vrai dire, lorsqu'elle revit un membre du conseil qui lui accorda sa requête, Albus reprit la parole pour annoncer fièrement et sans la concerter à aucun moment qu'il serait certainement très judicieux de permettre aux élèves de se rapprocher davantage en organisant des bals. « DEPUIS COMBIEN DE TEMPS LA PREPARIEZ-VOUS, CELLE-LA ? » hurla-t-elle de toute la force de ses poumons à l'instant où il était ressorti, complètement chamboulé par les nouvelles paroles du tableau, et qu'elle avait jeté un sort d'insonorisation. « COMMENT POUVEZ-VOUS VOUS PERMETTRE DE FAIRE CE GENRE DE DEMANDES SANS M'EN PARLER AVANT ? EST-CE QUE VOUS REALISEZ QUE JE DOIS REPONDRE DE VOS ACTES PAR LA SUITE ? C'EST INSUPPORTABLE, ALBUS ! »

La journée qui suivit, le tableau fut totalement ignoré par Minerva. Pire, elle lui lança un Silencio et lui colla un papier opaque sur toute la toile pour lui signifier qu'elle lui en voulait terriblement. Elle était tout simplement atterrée. Pourtant, le jour qui suivit, elle avait à nouveau reçu l'accord du conseil –comme prévu par Albus- et devait organiser ce qui était demandé. Trois bals ! Elle entendit un petit toussotement et se tourna vers Dippet. « Peut-être… devriez-vous confier la tâche aux préfets en chef ? » Elle n'arrivait pas à y croire. Même mort, même son tableau muet, Albus Dumbledore continuait à faire la loi dans Poudlard.

« C'est l'idée d'Albus, n'est-ce pas ? » Pas de réponse, un sourire gêné. « Mais pourquoi tout le monde obéit-il donc à ce vieux fou ? »

« Minerva, allons, vous ne pensez pas ce que vous dites. Il est avant tout un génie, et j'imagine que vous avez remarqué que vous n'avez pas le choix. Vous n'aurez pas le temps de préparer tout cela sans aide. » Enorme soupir. Evidemment, il avait raison.

« Mais pourquoi eux, pourquoi pas les professeurs ? Ils ont leurs ASPICS à préparer. »

« Libérez donc Albus, il saura mieux vous répondre que moi. »

« Non. »

Une heure plus tard, elle lui laissa cinq minutes la parole, débattit quelques instants avec lui, soupira une énième fois, écrivit un billet à l'attention des pauvres élèves, et renferma le directeur dans le silence pour la semaine entière, et refusa de prendre en compte la moindre suggestion qui ressemblait à ce qu'il aurait pu lui proposer. Il allait la rendre folle.

Le renfermer dans sa toile et dans son silence pendant une ou deux semaines supplémentaires la tenta horriblement en repensant à la situation dans laquelle il l'avait plongée sans prendre son avis en compte.

« Albus, pourquoi me faites-vous ça ? » marmonna-t-elle en signant son parchemin à l'attention de Narcissa Malefoy.

« Parce que je vous ai donné ma confiance absolue depuis bien longtemps, Minerva. » chuchota la toile derrière elle. Elle faillit sourire de fierté, mais sourire serait craquer. Et elle ne devait pas craquer, pas avec lui.

« Ne croyez pas m'amadouer ainsi, Albus. »

« Allons, allons, Minerva, vous savez bien que vous avez été mon élève la plus brillante. Si je vous donne toutes ces tâches supplémentaires, c'est que je vous en juge capable. » sourit le tableau.

« Un mot de plus, et je vous ensorcelle à nouveau, monsieur le directeur. »


Et... voilà xD J'espère que ce chapitre vous a plu, parce que j'en ai chié pour trouver de quoi écrire, mais une fois que j'avais réussi à trouver un thème, j'ai enfin réussi à me sortir de ma page blanche ! Enfin, dites-moi ce que vous en pensez, si le chapitre est réussi, en raccord avec le reste, si quelque chose cloche... dites-moi tout !

Et je vous invite également à aller voir un de mes projets en cours, en duo avec kumi-no-kotoba, l'auteur du fantastique dramione Tout va bien dans le meilleur des mondes, j'ai nommé Welcome to Harrywood !

Bonne soirée à tous !