Oh mon dieu, je suis profondément désolée pour le temps que j'ai mis à écrire ce chapitre... Je me suis vraiment forcée sur la fin pour le terminer avant demain, sinon vous auriez encore attendu au moins trois semaines ! Je suis vraiment vraiment désolée, j'ai énormément de mal à écrire à un rythme régulier, je pense que vous l'avez vite compris...
Enfin, j'espère que ce chapitre qui a mis tant de temps à venir vous plaira tout de même, bonne lecture à tout le monde !
betouni : Pourquoi dis-tu que Ron est un s******d ? Ce n'était pas vraiment mon but de le faire ressortir comme ça xD
Madame Malefoy,
Je peux comprendre votre trouble lorsque vous avez appris ces nouveautés dans Poudlard. Cependant sachez que cette réglementation a été faite spécialement pour votre fils, qui en tant qu'ancien Mangemort, n'est pas très apprécié des élèves, même des Serpentards, qui le considèrent comme un traitre pour s'être retourné contre Lord Voldemort avec vous au dernier moment. Aussi, j'ai estimé plus prudent de lui permettre de vivre en dehors de sa maison, avec d'autres élèves. Mais il se trouve que lui donner ce privilège sans raison apparente aurait pu lui porter plus de préjudices encore, aussi j'ai cru bon de lui donner le titre de préfet en chef et de lui confier, avec sa camarade, Miss Granger, des appartements séparés des autres dortoirs.
Avec mes salutations distinguées,
Minerva McGonagall.
Narcissa posa la lettre sur la table et réfléchit à cette nouvelle situation, alors qu'elle terminait son thé à la rose. Elle avait un vague souvenir du professeur McGonagall, lorsqu'elle enseignait la métamorphose. Cette femme était peut-être sévère, et n'hésitait pas à donner des retenues et enlever des points lorsqu'une entorse au règlement était repérée, mais cela ne l'empêchait pas d'être aussi juste qu'un être humain pouvait l'être, et se souciait grandement du bien-être de ses élèves. Aussi, elle ne fut guère surprise en lisant sa réponse. Son mari arriva derrière elle, posa sa main sur son épaule et parcourut à son tour le contenu de la lettre.
« Granger ? » Oh par Merlin, il risquait de faire une réclamation maintenant. « Ce n'est pas… »
« Lucius, ne tente pas de changer cela. Tu sais bien qu'elle est la plus adaptée à ce titre. »
« Drago vit avec elle, Narcissa ! » Oui, elle le savait très bien. Mais que pouvait-elle faire ? Elle ne souhaitait pas interférer dans les histoires de Poudlard, Drago savait se débrouiller, et il avait été élevé dans l'idée de se marier à un Sang-Pur. Si tout se passait bien, et d'après ce qu'il lui disait, ils seraient bientôt liés à la famille Greengrass.
« Lucius, Drago a été élevé toute sa vie pour éviter un attachement aux Nés-Moldus. Ne t'en fais pas pour lui. » Son mari serra doucement sa main sur son épaule et se pencha pour lui embrasser le cou. Elle recula la tête et planta ses yeux dans les siens. « Il a besoin d'espace, Lucius. Laisse-le gérer tout cela, il saura faire les bons choix au bon moment. »
« Je l'espère, Narcissa. » Elle eut un petit sourire et lui caressa la joue. Il vint déposer ses lèvres sur les siennes, puis se retira vite. « Je dois aller dans le bureau, j'ai plusieurs dossiers à finir. »
Elle ne se posa pas de questions. S'il voulait lui parler de ce qu'il faisait, il le ferait. S'il était vague, alors cela signifiait qu'elle n'avait pas besoin de le savoir pour le moment. Voilà comment ils fonctionnaient. Combien de fois Drago était-il tombé sur des dossiers confidentiels, sans se douter de ce qu'ils contenaient, et apprenait des choses interdites sur son père ? Ces tristes instants où Lucius se retrouvait forcé à le tirer hors du bureau et à le torturer jusqu'à ce qu'il promette de ne jamais en parler à personne. Son propre père l'avait éduqué ainsi, il ne voyait pas d'autre manière de s'assurer que son fils ne dirait rien. Mais à chaque hurlement, il luttait pour continuer encore quelques secondes et surtout, garder ses yeux inexpressifs tout le temps de la leçon. Il devait comprendre. Puis l'âge auquel son fils était devenu insensible à son sort arriva. Il décida de l'ignorer. Le souvenir de la douleur suffirait à lui faire comprendre. Puis il le vit parfois jouer avec des enfants Moldus du village proche. Les premières fois, il le laissa tranquille, feignant encore une fois l'ignorance. Il n'aimait pas les Moldus, détestait les Nés-Moldus, mais il n'avait pas pu se résigner à lui faire du mal. Puis vint sa belle-mère, qui aperçut, alors qu'elle s'apprêtait à ouvrir l'immense portail de leur demeure, Drago avec l'un de ses copains. Le savon qu'elle passa à Lucius ce jour-là le poussa à doubler ses tortures contre son fils, jusqu'à ce qu'il comprenne. Pourquoi avait-il fallu qu'il parle de Granger devant sa grand-mère ? Le pauvre enfant n'avait pas seulement essuyé son Endoloris, mais avait reçu un énorme coup de canne de la vieille Black dans l'abdomen, lui coupant le souffle pendant un long moment. Si Lucius ou Narcissa avait accouru pour le calmer, tout aurait empiré. La réputation était, au grand malheur de Drago, la chose la plus importante à protéger chez les Sangs-Purs classés authentiques.
Stop. Stop. Il n'allait pas pouvoir continuer comme ça. Daphné était vraiment imbuvable. Comment avait-il survécu à tout ce temps en sa compagnie, déjà ? Ah oui, la peur de détruire la réputation de sa famille. Pourquoi ? Parce qu'il avait été élevé dans cette optique. Il avait presque envie d'en vomir. A vrai dire, il aurait voulu changer. Ne plus se fier à son éducation. Mais il ne pouvait tout simplement pas s'en détourner aussi facilement. Il avait donc tenu bon. Mais Daphné devenait lourde, et insupportable en fait. Après cette histoire de robe qu'elle voulait se faire acheter par lui, elle avait encore insisté, toquant pendant près d'une demi-heure le tableau qui ouvrait sur leurs appartements il avait cru qu'il deviendrait fou.
Et Granger avait définitivement acquis sa gratitude éternelle, en ouvrant la porte et en jetant un sortilège de Confusion si puissant à Daphné qu'elle plongeait sa fourchette dans son verre de jus de citrouille et buvait sa confiture aux myrtilles encore une semaine plus tard. Mais à présent, il n'en pouvait plus. Pourquoi fallait-il qu'il s'occupe de ces histoires familiales, et pourquoi obéissait-il à cette fichue tradition ? La guerre avait apporté tant de changements, pourquoi ne pouvait-il pas, lui aussi, décider de dévier du chemin que son père lui avait tracé ? Oui, il était l'héritier des familles Malefoy et Black, l'unique enfant de sang pur de la lignée, et, d'après les codes qui coulaient pratiquement dans ses veines, il devait se marier à une héritière d'une autre famille comptant dans les vingt-huit familles authentiques de Sangs Purs, dans lesquelles figurait la famille Greengrass, et Daphné semblait le choix idéal pour un tel mariage.
Père, Mère,
J'ai longuement essayé de me lier à Daphné Greengrass, mais elle est devenue tout simplement insupportable. J'abandonne, je ne veux plus qu'elle m'approche.
Votre fils.
Ce fut la douche froide. Un billet minuscule et glacé. Leur superbe hibou grand-duc picorait tranquillement la tranche de pain qu'il avait pu récupérer, alors qu'eux se remettaient de cette lettre. Jamais leur enfant ne leur avait envoyé une missive aussi courte. Que lui arrivait-il donc ? Pourquoi semblait-il tant leur en vouloir qu'il ne prenait même plus la peine d'étoffer ses messages ? Narcissa reposa de ses mains tremblantes le parchemin sur la table et tourna la tête vers son mari figé. Elle savait qu'il comptait beaucoup sur ce mariage; cela faisait des générations qu'ils n'avaient pas été liés à cette famille, on pouvait pratiquement parler de sang neuf. Cela remontait probablement à l'époque de l'établissement de cette liste de Sangs-Purs. Une éternité, donc. Et leur fils venait de tout détruire. Il cherchait très certainement une solution pour rendre l'union possible, malgré l'aversion que leur enfant semblait montrer pour la plus grande fille des Greengrass.
« Je vais dans mon bureau. Une lettre à envoyer. » Cette fois-ci, elle n'eut pas besoin de lui demander. Elle savait bien qu'il avait déjà commencé à préparer les bases du mariage entre leurs enfants, et il devait à présent tout annuler. Son mari était irrécupérable; il n'arrivait pas à voir le fait que les choses changeaient, en un an. Mais elle savait aussi pourquoi il s'y prenait aussi tôt, et quand il avait décidé d'accélérer les choses depuis cette lettre que la directrice de Poudlard leur avait envoyée, une semaine auparavant, il avait pratiquement bondi vers son bureau pour envoyer des lettres par dizaines, lui demandant de temps en temps comment les rapports de Drago avec les jeunes femmes se passaient, et elle savait bien que la mention de Daphné Greengrass n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Il s'était évidemment empressé de mettre le père au courant et de commencer à régler les premiers arrangements. La lettre de Drago détruisait absolument tout. Elle fut patiente très patiente. Elle prit le temps de boire son thé Darjeeling et de monter prendre un long bain avant de partir dans la bibliothèque pendant une heure ou deux, puis elle redescendit dans le salon, où elle commanda un nouveau thé à l'elfe de maison qui avait remplacé Dobby, Sally. Une petite créature charmante, par ailleurs. Ce fut seulement quand elle eut commencé à le boire que son mari ressortit de son bureau et s'assit à ses côtés.
« Très cher mari, tu devrais peut-être songer à me consulter plus souvent avant de paniquer. » lança-t-elle de manière tout à fait innocente en sirotant son thé.
« Que veux-tu dire par là ? »
« Que les Greengrass n'ont pas une seule fille, ils en ont deux. Oh bien sûr, cela retardera l'union de nos deux familles, mais est-ce vraiment si grave, si nous sommes finalement liés ? »
Un rapide silence s'abattit, pendant lequel Lucius enregistrait l'information, qui n'avait visiblement pas été prise en compte avant que sa femme ne la relève. Il se leva alors. « Je… vais devoir rectifier ce que je viens d'envoyer dans ce cas. Pourrais-tu t'occuper d'en parler à Drago s'il te plaît ? »
« Allons, laissons-le vivre un petit peu. Il n'y a aucun risque qu'il ne tombe amoureux de miss Granger, Lucius, et tu le sais très bien ! » acheva-t-elle en haussant un peu le ton, pour qu'il l'entende avant de disparaître une fois de plus dans la pièce close. Cependant, elle allait tout de même rédiger une petite lettre à son fils. Sa nouvelle manière de s'adresser à eux l'inquiétait grandement.
Drago,
Que t'arrive-t-il donc ? Tu me sembles bien froid aujourd'hui. Que s'est-il passé avec Daphné pour que tu arrives à une telle conclusion ? Mon chéri, tu m'inquiètes.
Réponds vite.
Ta pauvre mère.
Qui aurait cru que la personne qui fuirait un devoir serait Miss Hermione Granger ? Pourtant, Drago voyait devant lui la jeune femme, résolument plongée dans ses cours et son travail pour une quelconque option qu'elle avait en plus. Cela durait depuis un mois, depuis que le premier bal était terminé. Depuis, il n'avait pas trouvé le moindre moment pour la coincer et parler de ça avec elle, elle déviait du sujet chaque fois qu'il l'abordait pendant leurs rondes en commun, comme si elle voulait évincer tout cela de son esprit, et pire il avait l'impression qu'elle évitait sa présence autant que possible, et le fait de ne pas savoir pourquoi le perturbait. Il n'aimait pas ne pas comprendre.
« Allez Granger, sors donc un peu ta tête de tes cours, c'est probablement la dernière belle journée avant l'hiver ! Et puis on doit discuter de ce deuxième fichu bal. »
« Contrairement à toi Malefoy, j'ai trop de travail. J'ai près de soixante centimètres de parchemin à rendre pour mon devoir de runes, et ce devoir sur les transformations humaines ne se fera pas tout seul, toi aussi tu devrais travailler ! » marmonna la brunette sans quitter ses livres des yeux.
« Mais Granger, il nous reste une semaine pour le faire, ce devoir ! » argua son collègue qui s'approcha d'elle, prêt à lui attraper le bras pour la forcer à se détendre à l'extérieur. « Et il serait vraiment temps de s'y mettre, un mois est déjà passé depuis celui d'Halloween, je ne t'ai jamais vue aussi peu consciencieuse pour un devoir ! »
« Tu peux commencer si tu veux, de toute manière tu as de bonnes idées, et visiblement ce n'est pas mon cas. » acheva-t-elle, toujours sans lâcher son travail. Ce fut seulement lorsque la main de son acolyte s'abattit sur la table qu'elle se redressa d'un coup et le regarda enfin.
« Ecoute-moi bien Granger, Merlin merci, je ne suis ni Potter, ni Weasley. Et mieux, il se trouve que c'est le dernier jour de soleil avant l'hiver, donc je ne compte pas te laisser t'enfermer ici alors que tu as bien assez de temps pour finir ce parchemin. Si tu n'en profites pas maintenant, tu vas à tous les coups ressembler à une serpillière –pas que ce soit déjà le cas, mais ça c'est un autre débat- avant la fin de l'hiver, donc maintenant tu vas me suivre, et on va pouvoir commencer à discuter de ce foutu bal ! Allez, debout ! » acheva-t-il en lui emparant violemment le bras et en la tirant pour la forcer à se lever.
« J'ai du travail Malefoy, qu'est-ce que tu ne comprends pas là-dedans ?! » Elle tenta de libérer son bras, mais tout ce qu'elle réussit à faire fut de lui faire resserrer sa prise.
« Ce que je ne comprends pas ? Pourquoi tu t'acharnes à me dire ça alors que tu as déjà rempli tes soixante centimètres depuis certainement près d'une heure, tu pourrais presque plier le parchemin en deux que ça ferait encore la taille nécessaire, alors ne te fiche pas de moi, je sais que tu es une acharnée du travail, mais crois-moi, le bal c'est du travail aussi ! Je ne t'ai jamais vue aussi peu assidue pour un devoir ! » Puis il la força à le suivre hors de leurs appartements. « Allez, maintenant on va dans le parc, il faut en profiter ! »
Hermione se dit pas un mot pendant toute la descente des escaliers, et resta murée dans son silence encore cinq minutes après qu'ils aient atteint le parc. Ce fut Drago qui reprit la parole. « Bon, je propose qu'on reprenne un peu la disposition de salle qu'il y avait, pendant le bal de Noël de quatrième année, ça m'avait l'air pas mal. Mais au niveau des vêtements, on leur dit de s'habiller en blanc, en une même couleur pour tout le monde, ou simplement de manière aussi classe qu'ils trouvent ? » Elle n'ouvrit pas pour autant la bouche. Elle était bien décidée à lui faire comprendre qu'elle ne lui pardonnait pas pour ce qu'il avait osé lui faire. Il soupira et s'assit, sans vraiment s'attendre à ce qu'elle le rejoigne. Et grand bien lui prit, puisqu'elle continua sa route et disparut derrière les murs du château. « Ah, sale gamine. » Il s'allongea dans l'herbe et se surprit à compter les nuages qui passaient. Il vit même une tête de dragon se dessiner sur l'un d'eux. Une superbe tête grise tournée vers lui. Il l'observa un long moment, jusqu'à ce que le vent démembre le nuage, et alors il se leva et revint dans le château. Il fallait absolument travailler sur ce foutu bal.
Il trouva sa très chère colocataire s'affairer, pour changer, à son devoir de Métamorphose. Il décida de laisser cette histoire de bal à plus tard, et alla chercher un rouleau de parchemin pour s'asseoir aux côtés de la brunette. « Je peux jeter un coup d'œil à tes livres ? » Un grognement distrait d'approbation se fit entendre, aussi il s'empara d'un des énormes volumes qui trônaient là et l'ouvrit péniblement à la page où elle avait laissé un marque-page. Les transformations humaines complètes. Ils avaient étudié les transformations partielles en sixième année, et maintenant ils faisaient ça. Très bien, il n'avait qu'à noter quelques informations de ce livre, et ça irait, il avait plein d'autres bouquins à fouiller de toutes manières. Il prit la durée du sort et ses limites en note, puis, après avoir griffonné quelques dates importantes, il le referma et passa au prochain volume qu'Hermione avait récupéré de la bibliothèque. Ce fut vers dix-huit heures que tous les deux se levèrent d'un bond en entendant la cheminée s'activer soudainement, laissant apparaître Ron Weasley dans l'âtre.
« Ha, c'est donc la raison pour laquelle tu as refusé de profiter du soleil aujourd'hui ? J'espère que ton copain vaut le coup, Granger. » Les deux jeunes gens laissèrent couler la remarque, s'embrassèrent et filèrent dans la chambre de la brunette. Rah, ça en devenait frustrant de voir que même Weasley ne répondait plus à ses remarques. Depuis qu'Halloween était passée, il voyait un peu trop le roux à son goût; en deux semaines, il avait reçu l'autorisation de la directrice d'utiliser leur cheminée pour venir voir sa petite amie tous les jours, à force d'envoyer des hiboux de manière un peu trop fréquente. A présent, Drago supportait, et ce depuis plus de trois semaines, ses visites journalières, qui duraient jusqu'au matin, quand il repartait pour le magasin de son frère, où il avait, de ce qu'il avait compris du moins, proposé son aide. Il sortit des appartements pour manger, les laissant tous seuls pour une demi-heure faire les cochonneries qu'ils voulaient.
Il s'assit à sa place habituelle, au bout de la table, ne désirant pas être dérangé par des imbéciles qui voudraient encore lui glisser une substance aux propriétés plus que douteuses dans le verre, et mangea silencieusement sa part de tourte aux champignons en observant la salle c'était, bien malheureusement pour lui, l'heure à laquelle la majorité des élèves descendaient manger, aussi elle se remplit à une vitesse alarmante, et il vit Ginny Weasley s'empresser de voler les dernières pommes de terre qui se trouvaient dans le plat devant elle et les manger joyeusement. Il la trouvait mignonne, cette gamine ses cheveux de feu qui virevoltaient autour d'elle au moindre mouvement, sa bouille d'enfant quand elle entendait quelques mots qui lui faisaient plaisir, c'était vraiment bon pour le moral. Potter avait bien de la chance. Oh, il avait, ces dernières semaines, envisagé de proposer un arrangement avec Ginny après tout, sa famille était répertoriée dans la liste des familles authentiques de Sang Pur. Mais il avait aussi vite abandonné l'idée qu'elle n'était venue dans son esprit : tout d'abord, elle refuserait catégoriquement et puis les Weasley étaient, dans l'esprit de toutes les autres familles, considérés comme des traitres à leur sang. Cela reviendrait à se marier à une Née-Moldue, même si cela gênait bien moins Drago qu'il ne l'aurait cru. Se marier à un enfant issu d'une famille non magique serait l'occasion parfaite pour en finir avec toutes ces histoires stupides. Quoi de mieux, franchement, pour détruire une lignée longuement conservée ?
Mais il n'était pas question qu'il le fasse pour le moment, après tout s'il n'aimait personne, il n'avait aucune raison de ne pas répondre à la tradition. Une lettre que sa mère lui avait envoyée peu de temps après Daphné avait été claire : s'il le pouvait, qu'il se rapproche autant que possible d'Astoria, la fille cadette des Greengrass, ce qui aurait pour seule conséquence de retarder le mariage de deux ans mais après tout, cela ne changerait rien pour lui. Il s'était empressé de la prendre pour cavalière avant que quiconque n'en ait l'idée, et à présent, il stagnait. Il comptait profiter du bal pour tisser des liens avec elle, pour la découvrir en tout premier lieu en fait. Il avait vu comment Daphné se comportait, et espérait de tout son cœur que sa sœur n'était pas de la même espèce.
Il sortit un vieux parchemin froissé de sa robe de sorcier, une toute petite plume et un encrier soigneusement fermé, et posa le tout sur la table, devant son assiette. Il était temps qu'il travaille un peu sur ce bal, tant que les deux tourtereaux quatre étages plus haut faisaient des bêtises auxquelles il ne voulait même pas penser, et puisque Miss Granger n'avait pas l'air de vouloir s'investir, il faudrait bien qu'il s'y mette.
Le thème. Noël. Il avait bien envie de faire quelque chose de classique, une simple reproduction du bal qui avait eu lieu pendant la quatrième année, lors du Tournoi des Trois Sorciers. Demander aux élèves de sortir leurs plus belles tenues serait parfait. Il commença à griffonner une petite salle, dans laquelle il disposa les douze sapins traditionnels, toutes les tables poussées sur le côté -servant pour le banquet du soir ?- et un énorme espace qu'il imagina en carrelage blanc, sur lequel les danseurs pourraient se disposer. La magie serait bien utile pour les petites choses qu'il s'imaginait pourquoi ne pas rendre la pièce plus aérienne, et, plutôt que d'installer des canapés et des poufs, pourquoi ne pas laisser flotter des nuages de formes et de tailles différentes tout autour de la salle ?
Il dessina rapidement tout ce qu'il voyait comme adapté aux circonstances, sans se soucier des détails, et très vite, il avait une Grande Salle aux allures de cascade en hiver, entièrement blanche et givrée. Il estima avoir fait un bon travail pour un premier jet, et décida sur ces pensées de remonter dans ses appartements.
« Malefoy est un sale con. »
Oh. Bien, au moins c'était dit. C'était agréable, dès le matin, pendant que le petit frère se secouait encore sur le plancher, déversant des quantités insoupçonnées de cendres dans le bureau de la boutique Weasley. « Eh bien, pourquoi tant de haine dès le matin, mon petit Ronynouchet d'amour ? » George le vit frissonner à ce surnom que leur mère utilisait lors de ses jours de grande euphorie, et qu'il adorait ressortir lorsque son frère était de fort méchante humeur.
« Malefoy me rend dingue, avec ses grands airs, et ses répliques qu'il croit intelligentes. »
« Hm, oui bien sûr, ça doit être très éprouvant de voir sa copine toutes les nuits et de supporter son ennemi pendant une minute par jour. Ton café t'attend, frérot. » se contenta de répondre d'un ton détaché l'aîné. « Et il va falloir disposer un peu les nouveaux articles en début de magasin. Enfin, tu connais ton boulot. »
Ron haussa un sourcil et sortit du bureau pour boire son café encore fumant en faisant léviter les gros cartons des nouveaux arrivages vers l'entrée, et commença à dégager de la place pour les articles qui devaient y être ajoutés. Il avait l'étrange impression que Malefoy devenait jaloux, pour tout dire il essayait, les rares instants où lui et Hermione étaient hors de la chambre, à accaparer l'attention de sa petite amie, en lui parlant de bal, en lançant des répliques cinglantes destinées à les faire réagir tous les deux, mais qu'ils avaient depuis bien longtemps décidé d'ignorer. Il trouvait assez étrange ce changement de comportement à l'égard d'Hermione, mais il préférait ne pas trop s'en soucier elle-même lui avait avoué qu'elle n'avait aucune envie de préparer le prochain bal –et il pouvait la comprendre-, et que le blond avait bien décidé de la forcer à en parler. Et visiblement, quelques petits problèmes d'ordre familial se posaient Ron était bien placé pour connaître cette fichue tendance qu'avaient les Sangs Purs à se marier entre eux, et s'il avait bien compris les explications que son père lui avait données quand il lui en avait demandé, la famille Greengrass avait l'air être parfaite pour un mariage avec les Malefoy.
Mais après tout, cela ne le concernait pas le blond s'était bien assez remis de la guerre, il avait repris, à son grand malheur, son caractère d'abruti, en cherchant à le provoquer par tous les moyens qu'il trouvait, et cela commençait à le lasser. Il manqua de lâcher un carton plein de fioles, mais Zakari arriva à son secours et le prit de ses mains avant qu'une catastrophe ne se produise. Très intelligent, comme elfe. Il faudrait peut-être qu'il songe à s'en procurer un, si c'était possible. Ou en offrir un à sa mère pour Noël. Elle avait toujours voulu en avoir un, n'est-ce pas ?
Il jeta un œil à sa montre en or et repartit dans l'arrière-boutique pour déposer les cartons encore à moitié pleins, puis alla retrouver George dans son bureau en attendant que ce soit l'heure d'ouvrir.
« MAINTENANT, TU VAS M'ECOUTER, GRANGER ! » hurla Drago, une semaine encore après, en fermant brutalement le livre que sa collègue lisait devant la cheminée, la faisant sursauter et presque envoyer l'ouvrage à l'autre bout de la pièce. « Ce travail de préparation de chaque bal, c'est toi-même qui m'as gentiment indiqué au début de l'année que c'était notre devoir ! Alors maintenant, lâche ce… Guide de préparation aux ASPICs... Tu n'es pas sérieuse ?! Tu as vu comme tu bosses ?! Tu n'as absolument pas besoin de ça ! Allez, prends ce parchemin, et mets-toi à table avec moi bon sang, ça fait une semaine que j'ai établi un croquis de la salle, et j'aimerais savoir ce que tu en penses. »
« Pourquoi as-tu besoin de moi pour ça ? Tu sais que ce sera très bien… » marmonna-t-elle en s'asseyant de mauvaise grâce à ses côtés.
« Travail d'équipe, Granger. Je te préviens, ce n'est pas moi qui vais chercher quoi ajouter à toutes ces conneries, parce que je te rappelle tout de même que simplement décorer une salle ne suffit pas il va falloir trouver quelque chose qui rende cette soirée unique. »
Silence. Elle bloqua ses jambes entre ses bras croisés et resta totalement muette, perdue dans ses pensées. Elle avait l'air mal en ce moment, Drago ne savait pas ce qui lui arrivait –et à vrai dire il s'en fichait-, mais il n'appréciait pas son silence. Elle ferait bien de vite répondre.
Tant pis, il n'avait jamais été patient de toutes manières, il se leva, la laissant se perdre toute seule dans sa tête.
Ron était occupé à faire régler une note assez élevée à un client quand il reconnut une chevelure et une allure qui le fit tiquer tout d'abord que faisait cette fille ici, n'avait-elle donc rien d'autre à faire ? Dès que la personne fut partie, il vint à sa rencontre, toussotant :
« Puis-je vous aider pour quelque chose ? » Mais il ne s'attendait absolument pas à ça qui aurait cru que l'âge l'avait tellement arrangée ? Il savait qu'elle avait été au bal à Poudlard, mais il avait à peine jeté un œil distrait à sa robe, sans prêter la moindre attention à son visage. Pourtant, ses traits s'étaient agréablement adoucis depuis la sixième année, bien que sa mâchoire ressorte encore bien assez pour l'instant. Elle avait opté pour une tresse qui terminait sa course au milieu du dos, et qui maintenait parfaitement ses cheveux lourds et d'un brun presque noir. Sa robe de sorcière avait été déboutonnée juste assez pour voir l'essentiel de ses… sacrés atouts féminins.
« Oh, Weasley, quelle surprise. Comment te portes-tu depuis la mort de ton frère ? »
Au moins, elle ne prenait aucune pincette. Mais pour s'avouer la vérité, Ron ne s'attendait pas à une telle question aussi rapidement, aussi, il bredouilla un peu avant de répondre qu'il fallait bien s'en remettre. « Oui, j'imagine. L'autre doit encore encaisser le coup, n'est-ce pas ? »
« Ce sera toujours le cas, tu sais. Ils étaient jumeaux, après tout. Je… Je suis désolé, mais je dois m'occuper d'autres personnes. »
« Hm, oui. Ca te dirait, un petit passage chez Florian Fortarôme –maintenant qu'il a rouvert- après la fermeture du magasin ? » proposa-t-elle à la volée, alors qu'il partait déjà. Il se figea en entendant la proposition mais après tout, cela ne pourrait pas lui faire de mal, n'est-ce pas ? Quelques minutes après la fermeture, juste laisser un petit message à Hermione avant de venir… Ca irait, non ?
« Dix-huit heures devant le magasin, dans ce cas. » répondit-il avec un petit sourire timide.
Voilà voilà. Est-ce que ça vous a plu ? Est-ce qu'il vous a paru bon, ou plutôt ennuyeux, sans intérêt ? Dites-moi tout, crachez-moi votre haine contre moi qui prends tellement de temps à poster !
