Bonjour, bonsoir à tous !
Une fois de plus, j'ai pris un peu de temps pour poster, mais cette fois j'ai une raison valable, pas de connexion internet pendant trois semaines ! Aussi, je profite de maintenant pour poster ce nouveau chapitre, en espérant qu'il vous plaira, avec des parallèles temporaux un peu partout, et j'espère vraiment que vous allez apprécier les passages différents que je vous propose, entre autres celui de Ron, puisque je sais que certains ne l'aiment pas du tout...
M3l : Pourquoi voir Ron te donne la nausée ? :O moi je l'aime bien Ron, et puis je n'ai pas vraiment d'autre choix, il est vraiment important, même pour la suite ^^'
Bonne lecture à tous !
Hermione avait –enfin !- consenti à lever les yeux de ses cours pour se soucier un peu de l'un de ses devoirs de préfète de l'année; ce bal qui allait la rendre folle, tout simplement. Elle détestait préparer des choses aussi futiles, pourquoi exactement le professeur McGonagall avait donc décidé de faire trois bals cette année ? Pourquoi ? La petite explication se trouvait sur le parchemin reçu en début d'année, mais la volonté de rapprocher les maisons n'était pas cohérent; comme le fait de mettre les deux préfets en chef ensemble dans des appartements séparés des dortoirs de leurs maisons. C'était la première année que cela arrivait, elle le savait parfaitement. Alors pourquoi tous ces changements ? L'après-guerre n'était certainement pas une excuse; l'arrivée de Voldemort au pouvoir et au commandement de Poudlard, abolissant toutes les maisons, ne gardant que Serpentard, n'était pas plus valable; Hermione avait l'étrange pressentiment que la directrice n'avait pas été totalement en accord avec ces deux décisions qui ne correspondaient absolument pas à sa manière de penser.
Mais à présent, il serait peut-être temps de se mettre au travail, comme le lui fit sèchement remarquer Malefoy, qui s'impatientait à ses côtés, un croquis et un parchemin qui leur servirait de liste devant lui. Il avait grommelé pendant près d'une heure des mots ressemblant vaguement à 'préfets', 'ordres', 'directrice' et 'Grande Salle', richement agrémentés de jurons, et elle devait bien s'avouer qu'elle ne se doutait pas qu'un tel éventail de mots de ce genre de vocabulaire pourrait sortir de la bouche du blond. Elle avait donné son feu vert au moment où elle posa un point final à son devoir de Défense contre les Forces du Mal, dans lequel était évoqué dans un long paragraphe le terrible pouvoir des Horcruxes, sur lesquels elle avait –bien malheureusement- eu tout le temps de travailler pendant sa vadrouille dans la nature avec ses deux meilleurs amis, et avait trouvé plus de dix autres sortilèges utilisés par les Mages Noirs, avec chaque moyen détaillé de les contrer. Lorsqu'elle avait enfin relevé la tête de son devoir, Malefoy s'était arrêté depuis un moment de jurer et la regardait d'un air qui aurait liquéfié n'importe qui sur place; si ça n'avait pas été elle.
Elle s'éclaircit la gorge et s'approcha un peu du blond, qui lui montra son travail de la veille et lui ordonna presque de faire fonctionner ses méninges; il fallait trouver quelque chose de spécial pour cet événement. Elle se pencha pour attraper le livre à l'extrémité de la table, touchant presque son cou des lèvres, quand la cheminée s'anima, la faisant sursauter et frapper violemment la mâchoire de Malefoy de la tête. Elle s'empressa de s'excuser, et se tourna vers l'âtre, étonnée de ne pas entendre de chaussures frapper le sol ou de robe se faire épousseter. Seule la tête de Ron se trouvait dans le feu.
« Hm… Salut, ma chérie… » commença-t-il, clairement mal à l'aise. « Je voulais simplement te dire, je ne viendrai pas tout de suite, je… vais passer un peu de temps avec quelqu'un. »
« Et qui est donc cette mystérieuse personne ? » s'étonna Hermione.
Il hésita un instant avant d'avouer qu'il allait voir Pansy Parkinson –Malefoy en avait haussé les sourcils d'étonnement-, qui, selon ses dires, était venue à la boutique, et qu'ils avaient vite décidé de se voir le soir même pour discuter de tout ce qu'ils avaient raté pendant les années qu'ils avaient passées à se cracher dessus.
« Fais ce que tu veux, Ron. Mais si tu restes trop tard, rentre chez ta mère pour une fois, elle sera contente de te voir. » finit-elle par dire après les longues explications gênées de son petit ami.
Il lui sourit, lui souffla un 'je t'aime' dont Malefoy se moqua franchement dès qu'il quitta l'âtre.
Lorsque Ron sortit sa tête des flammes chaudes qui animaient la cheminée du bureau de son frère, il se sentait plutôt soulagé. Hermione ne semblait pas avoir mal pris la chose. A présent, il pouvait fermer la boutique pour la nuit et retrouver la fille avec qui il n'aurait jamais soupçonné pouvoir boire un verre un jour. Il rentrerait sûrement au Terrier pour une fois, ça lui ferait du bien de changer, après tout ce temps à revenir chaque soir à Poudlard. Il reprit une poignée de Poudre de Cheminette et la lança dans l'âtre en prononçant le Terrier, puis plongea sa tête dans les flammes.
« Maman, papa ? » appela-t-il.
« Ron ! » répondit une voix féminine qui le fit sourire. « Que se passe-t-il ? »
« Je rentrerai dormir ce soir, je voulais tout simplement te prévenir. »
« Très bien. Tu veux que je te prépare quelque chose ? »
« Non, ça ira, je mange dehors, mais je viendrai dans la soirée pour vous revoir un peu, toi et papa. »
« Parfait. A tout à l'heure mon chéri, passe une bonne soirée, tu m'expliqueras pourquoi. »
Il hocha la tête et ressortit pour de bon des flammes, et se dirigea de l'autre côté de la boutique. Il souhaita une bonne nuit à l'elfe, qui terminait le ménage, et ferma la porte. A deux minutes de là se trouvait le glacier, où l'attendait, assise à l'intérieur, Pansy Parkinson, une petite boule de sorbet à la mangue devant elle. Il l'accompagna avec une énorme coupe liégeoise qu'il attaqua férocement sous les yeux sceptiques de la brune.
« Je n'arrive pas à croire que tu arrives à manger tout ça sans grossir… Juste regarder cette coupe me donne déjà trois kilos. » fit-elle remarquer d'un ton envieux.
« Ca sonne beaucoup comme une conversation normale, comme si nous nous connaissions depuis des années… »
« Ce qui est le cas, très cher » crut-elle bon de rappeler.
« … et que nous nous retrouvons en bons vieux amis après des mois de séparation. Nous étions loin de nous entendre, n'est-ce pas ? »
« Ca ne dépend que de ce que nous déciderons de faire à présent, et moi j'ai décidé de changer. Pourquoi ne pas faire pareil, c'était la raison pour laquelle nous nous retrouvons ce soir, non ? »
« Il est avec Pansy Parkinson. »
« Ah, sa manière de te dire du bout des lèvres ce 'je t'aime', comme s'il ne voulait pas que je l'entende… » s'esclaffait à côté d'Hermione le blond.
« Il est avec Pansy Parkinson. »
« Je ne m'en lasse vraiment pas ! 'Je t'aime…' » souffla-t-il dans une imitation cruellement fidèle de Ron. « Hahaha ! »
« Quelque chose cloche dans cette phrase. »
« Franchement, il n'y a pas plus ridicule comme manière de… »
« Malefoy ! » le coupa-t-elle soudain, le faisant tourner la tête vers elle brusquement.
« Qu'est-ce qu'il y a, ça te dérange ? Je croyais que tu pouvais faire abstraction. »
« Pourquoi Ron sortirait-il avec Parkinson ? »
« Ah, tu sais vraiment faire abstraction. Je ne sais pas, elle est allée faire un tour dans la boutique, l'a vu, ils sont échangé deux mots et se sont fixés un rendez-vous j'imagine, ce n'est pas bien compliqué. » répondit-il à contre cœur après une petite pause.
« Mais c'est Ron ! Et Parkinson ! » s'exclama-t-elle en le regardant d'un air perdu.
« Et alors ? Toi et moi, on a bien réussi à s'entendre, non ? » lança-t-il sans comprendre.
« Dans le cadre du travail ! Sinon, on ne se parlerait pas, et ce serait sûrement bien mieux comme ça ! » continua-t-elle sans y penser.
« Je me sens outré. »
« Alors pourquoi auraient-ils d'un coup décidé de se voir comme ça, juste parce qu'ils se sont croisés ? » se demanda-t-elle sans prendre en compte sa remarque.
« Je ne répondrai pas tant que je n'aurai pas reçu d'excuses pour ces paroles blessantes. »
« Excuse-moi. » lança-t-elle pour se débarrasser de ses bêtises sans même réaliser de quoi il parlait. « Alors, pourquoi ? »
« Je ne pensais pas que ce serait aussi simple. Pansy est devenue une très jolie femme, elle a un visage un peu dur, mais elle s'arrange vraiment avec l'âge, souviens-toi d'Halloween. «
« Et alors ? Toi aussi tu es un beau garçon, ça ne veut pas dire que je t'inviterais à sortir si on s'était croisés de cette manière ! » répondit-elle.
« J'apprécie le compliment, ça rattrape la bêtise de tout à l'heure. »
« De quoi tu parles ? »
« Mais tu sais, nous avons tous grandi pendant cette guerre, je suis sûr qu'à la place de ton rouquin, je… non, je ne t'aurais pas invitée. » se rattrapa-t-il avant de dire quelque chose de trop –non mais, il n'allait pas lui dire qu'il l'invitait alors qu'elle-même refusait l'idée que sans le travail, ils ne se seraient jamais entendus !-. « Mais nous ne sommes pas partis sur de bonnes bases, c'est sûrement la raison pour laquelle ces deux-là ont décidé de faire ça, ils ont dû vouloir reprendre à zéro. Je sais que Weasley ne pourra jamais s'entendre avec moi, trop de conflits familiaux, bien trop anciens pour être effacés comme ça, mais c'est une histoire entre les Malefoy et les Weasley exclusivement, Pansy s'était contentée de suivre le mouvement quand je menais ma petite guerre contre vous, comme tous ceux qui m'entouraient, finalement. »
« Tu es donc en train de me dire que vu que tu es celui qui a tout orchestré, je ne devrais même pas m'entendre avec toi. » conclut-elle de ce qu'il venait de déblatérer.
« En théorie, oui. Mais je te dois trop, je n'ai plus envie de croire à ces histoires de supériorité du sang, et tu es courageuse, alors pourquoi ne pas tenter le coup ? En plus, tu n'es pas ce qu'il y a de plus rancunier, si j'ai bien compris, après tout la vie n'a pas dû être tendre tous les jours avec Potter et Weasley. »
« Je trouve plutôt ironique que ce soit toi que me dises une chose pareille, parce que tu aidais beaucoup à la rendre difficile, Malefoy. » lui fit-elle remarquer en haussant un sourcil. « Le premier 'Sang de Bourbe' que tu m'as jeté à la figure m'a fait très mal, tu sais. »
« Tu t'en es pas trop mal sortie, j'ai l'impression, tu me tiens tête maintenant. » se défendit-il d'une voix mielleuse. « Mon père m'a appris à dire ce genre de choses, comme si elles étaient normales, comme si vous les Nés Moldus étiez réellement des bêtes qui envahissent notre environnement. Pour beaucoup de familles de sorciers, les Nés Moldus sont des erreurs, ils ne devraient pas être inscrits dans les écoles de sorciers, ils devraient s'intégrer à la société dans laquelle ils ont été élevés. Et pourtant » continua-t-il d'un air plus doux « regarde-toi, puissante, courageuse, et de loin la meilleure élève de notre année. Je l'ai très mal vécu, ça, vraiment très mal. Et mon père qui me rabâchait pendant toutes les vacances que c'était tout à fait inadmissible, que j'étais issu d'une des familles les plus pures de la Grande Bretagne, comment pouvais-je seulement être moins bon qu'une fille à la famille sans pouvoirs magiques ? »
« Tu n'es pas mauvais non plus, si je ne me trompe pas… » souffla-t-elle, n'osant pas intervenir davantage. Elle savait tout ce qu'il lui disait là, mais c'était, du moins à son souvenir, la première fois qu'elle l'entendait aussi clairement. Les sorciers considéraient les Nés-Moldus comme des erreurs. Et les Moldus considéraient, eux, les enfants sorciers comme des monstres, pour la plupart.
« Oui, j'étais bon, j'étais même souvent juste derrière toi en classe. Souvent des Efforts Exceptionnels en classe, des notes largement respectables… Mais tu me dépassais, toujours. Des Optimals, partout. C'est quoi, cette obsession ? »
« La peur de ne pas être acceptée par le monde des sorciers, j'imagine… »
« C'est fini tout ça, maintenant. » soupira le blond. « Vis un peu, tu as dix-huit ans maintenant, il serait temps que tu te dérides. Tu as été torturée chez moi, je sais par quoi tu es passée, Granger. Alors maintenant, profite de ta vie, tu en as assez fait, de toutes manières tu passeras tous les examens avec d'excellentes notes, comme toujours. Alors profite de déjà connaître le programme par cœur –ose le nier !- pour te détendre. Fais ce que tu aimes faire. »
« J'aime travailler, Malefoy. J'aime emmagasiner des connaissances. »
Un nouveau soupir. Il ne comprenait pas cette obsession du travail. Même si elle s'arrêtait de travailler pendant un an, même si elle se contentait du minimum dans ses devoirs, elle aurait encore la note maximale aux examens. « Pourquoi ? »
« Parce que… parce que je… je veux comprendre le monde. Je veux tout comprendre. »
« Est-ce que tu t'es déjà intéressée de plus près aux familles de Sang Pur ? Je comprendrais que ce ne soit pas le cas, avec ce qu'ils t'ont fait. »
« Si, je m'y suis intéressée. J'ai lu les livres de base je pense, mais j'ai du mal à saisir le mode de pensée des Sangs Purs. »
« C'est là ton erreur, Granger. Tout ne passe pas par les livres. C'est un mode d'éducation qui se transmet, ce n'est pas dans les bouquins que tu verras ça. »
« Tu as été élevé comme ça, toi aussi… dans l'idée que votre famille est supérieure à presque toutes les autres ? »
« Bien sûr. »
« Ça fait bizarre, de se revoir dans ce contexte. Tu aurais livré Harry à Tu-Sais-Qui, si l'école ne s'était pas dressée contre ça. »
« Le Seigneur des Ténèbres était terrifiant… et en tant que Sang Pur, et du côté de Drago, il était plus facile pour moi de me tourner vers lui que vers vous. » répondit-elle en jouant avec sa cuillère dans la glace fondue qui lui restait. « Je pense que je n'ai pas besoin de te le dire, mais je ne suis pas méchante dans le fond, personne ne l'est… »
« Si, Ombrage. »
Elle pouffa. « Je suis juste différente de vous. J'ai connu Drago, et on ne dirait peut-être pas comme ça, mais c'est un garçon génial. » continua-t-elle avec les yeux brillants. « Il a très longtemps mimé son père… mais seulement en façade. Il n'aimait pas ce qu'il disait, et ça se voyait… dans son regard. Je crois que je suis la seule à m'en être rendue compte, et c'est pour ça qu'il s'est beaucoup rapproché de moi en quatrième… »
« Non, il avait pour plan de finir en mariage de Sangs Purs avec toi. » la coupa à nouveau Ron d'un ton qui frisait le mépris.
Elle fronça les sourcils, inspira, rassembla ses idées et attaqua : « Je suis une amie pour lui, rien d'autre, il me l'a lui-même dit en sixième année ! Il n'a pas pensé à se marier avec moi, de toutes façons les Malefoy tiennent trop à éviter la consanguinité, et nos deux familles ont… enfin, ça ne te concerne pas, ces histoires. Drago n'a jamais été comme ça avec moi, tout ce qu'il veut de moi, c'est un appui. C'est moi qui me suis occupée de lui quand il s'est effondré à l'arrivée des Mangemorts dans le château, c'est moi qui étais là lors de ses moments durs. Et toi alors, avec ta Granger, comment ça se passe, toujours pas de rouquins en vue, c'est bien ça ? » finit-elle par dire, tenant absolument à changer le sujet.
Ron l'accepta et hocha la tête, sans rien répondre de plus. Il ne voulait pas s'étendre là-dessus, il se posait déjà bien trop de questions, il n'avait pas besoin en plus de s'exprimer sur le sujet.
« Eh bien, raconte un peu ! J'adore les potins, tu me frustres terriblement en faisant ça. » insista-t-elle, trépignant presque sur sa chaise.
« Je n'ai pas envie d'en parler. » tenta-t-il pour couper net la discussion.
« Et pourquoi donc ? Ça se passe mal ? Ta petite chérie ne te donne pas tout ce que tu attends d'elle ? Crois-moi, je connais ça, Blaise me fait tout le temps des coups bizarres, il m'a déjà laissée tomber en plein milieu du Chemin de Traverse parce qu'il avait vu 'quelque chose qui le dérange', comme il le dit si bien. Je ne le vois plus de la journée, c'est très agaçant, et je ne sais jamais ce qui arrive, j'imagine que c'est l'inconvénient avec les… »
« Hermione et Malefoy sont préfets en chef, et à cause d'une nouvelle décision du conseil d'éducation, ils vivent ensemble dans des appartements séparés. » annonça-t-il d'une traite. Parkinson ne se calmait donc jamais ? Il était obligé de la couper pour pouvoir en placer une, ça en devenait énervant, et pourtant il ne la côtoyait que depuis une heure. Il avait l'impression de voir une Lavande Serpentard.
« Oh. Oui, Drago m'a raconté. Ça ne se passe pas trop mal entre eux, Granger n'a pas encore été ensorcelée, et puis de toutes façons elle sait très bien se débrouiller toute seule, je ne vois pas ce qui t'inquiète. » argua-t-elle en haussant un sourcil.
« Justement, ça ne se passe pas trop mal entre eux. J'aimerais que ça soit un peu plus difficile pour eux de s'entendre. »
« Tu es jaloux ? » demanda-t-elle sur un ton qui penchait vers l'affirmative.
« … Oui. Oui, je suis jaloux, même si je pense, je suis presque sûr que Malefoy se juge bien trop important pour pouvoir tomber sous son charme, j'ai peur que… mais c'est stupide, c'est Malefoy, il l'a emmerdée pendant toute sa scolarité. »
La brune sourit et attrapa sa veste en cuir de dragon, alors qu'il finissait sa coupe. « Granger pardonne facilement, elle donne un nombre invraisemblable de secondes chances aux gens, je pense que tu en es le plus heureux bénéficiaire. Drago n'a… » Il se leva à son tour et enfila son manteau effilé et sa vieille écharpe aux couleurs de Gryffondor. « Drago n'a jamais eu besoin d'utiliser une seconde chance jusque-là. Il aura eu bien assez de temps pour se faire détester par ta copine, mais je pense qu'elle est lentement en train de lui pardonner. Leur relation est cordiale, il n'y a donc aucune raison que ça ne finisse pas comme ça. Granger lui pardonnera. »
Ils restèrent silencieux un petit instant, durant lequel Ron réfléchissait à ce qu'elle venait de dire. Il y avait quelque chose dans ces affirmations qu'il n'aimait pas du tout. « Donc, d'après toi… est-ce que j'ai raison de m'inquiéter ? »
Elle marqua une pause en sortant du glacier, resserrant son écharpe en soie, plongée dans ses pensées. « Je ne suis pas sûre que tu veuilles connaître la réponse. »
Il encaissa, fermant les yeux et inspirant longuement. « Donc c'est oui. … Pourquoi ? »
« Drago… n'est pas forcément le canon de beauté, mais il a un charme extraordinaire, et Granger est peut-être très intelligente, très attirée par l'idée de tout apprendre… mais ses hormones travaillent, et crois-moi quand je te dis que si elle a craqué pour Viktor Krum à une époque, elle pourra très bien craquer pour Drago aussi. Si tu veux la garder, il va falloir être meilleur que lui à son propre jeu. Heureusement pour toi, il n'a pas l'air de vouloir te faire de la compétition pour le moment. »
« Qu'est-ce que tu en sais ? »
Elle sourit et se planta devant lui, alors qu'ils laissaient passer marchand ambulant et son chariot. « S'il l'avait voulu, tu n'aurais pas laissé Granger seule avec lui pour la soirée. »
« Non. »
« Allons, Minerva, soyez raisonnable, je vous demande juste… »
« Je dois être raisonnable. Ha ! Professeur, comment pouvez-vous seulement me dire une chose pareille alors que votre requête… » Sa voix fut couverte par les vociférations croissantes des tableaux autour d'elle, qui hurlaient contre celui qui s'opposait à elle. « Enfin, une démonstration de magie noire devant des élèves, vous ne pouvez pas être sérieux ! » réussit-elle à dire suffisamment fort pour se faire entendre. « Vous ne vous arrangez vraiment pas avec l'âge, mon pauvre Albus… »
Le vieillard dans le tableau sourit et la transperça de son regard à travers ses lunes en demi-lune. « C'est essentiel, Minerva. Ils ont besoin à présent d'apprendre à quel point c'est dangereux, et l'utiliser lui sera le meilleur exemple. »
« Mais enfin, Albus ! Vous savez très bien qu'on retombe très vite dans la magie noire ! Vous ne pouvez pas le laisser faire ! Et puis à qui est-il supposé être confronté ? »
« Je pense que vous le savez, Minerva, il n'y a qu'une personne qui pourrait tenir face à ses assauts. »
Elle ferma les yeux, se massa les tempes. « Je ne peux pas le permettre, Albus. De la magie noire, vous rendez-vous seulement compte de ce qui pourrait se passer s'il ne se contrôlait plus ? »
« Il est doué, et a des attaches affectives auxquelles se cramponner. Ne vous en faites pas pour cela. Appelez Emile, je vous prie, je peux vous assurer que tout se passera bien. »
La directrice soupira et se leva, tournant en rond dans son bureau. « Comment pouvez-vous être aussi sûr que tout ira bien ? »
« Je connais les risques, et je sais aussi qu'il saura parfaitement gérer tout ça. Faites-moi confiance Minerva, il n'y aura aucun problème. »
Elle soupira, sortit sa baguette magique et l'agita dans les airs. Un grand chat tigré et argenté apparut. « Vas chercher Emile et donne-lui ce message : 'Venez dans mon bureau dès que possible.' » Le Patronus s'inclina et fila hors du bureau. Mais qu'est-ce qu'Albus allait encore lui faire faire ? Elle était sur le point de frôler l'interdit, pour contenter un tableau de directeur ! Albus aurait-il vraiment fait des choses pareilles ? Quelle question, évidemment. Il l'aurait fait depuis bien longtemps s'il avait été prêt avant. Quelles bêtises… Elle n'arrivait pas à croire qu'elle était sur le point de demander à son professeur de Défense contre les Forces du Mal. Elle sentit une intrusion se faire progressivement dans son esprit, et le ferma immédiatement, quelques secondes avant que deux coups énergiques retentissent à la porte. « Entrez. »
Le professeur avait répondu étonnamment vite à son appel, cela faisait moins de deux minutes qu'elle avait envoyé son Patronus, où était-il donc quand il l'avait reçu ? « J'étais sur le point d'arriver dans le couloir qui mène à votre bureau lorsque j'ai reçu votre message, madame la directrice. Que se passe-t-il donc ? »
« J'aurais besoin de vous pour une démonstration de magie noire devant les élèves de septième année. »
« Granger, que se passe-t-il pour que tu affiches un sourire aussi niais le seul jour où ton rouquin ne vient pas ? On dirait presque que tu es ravie qu'il ne soit pas là. »
« C'est faux, je n'ai pas de… »
« Oooh si, et tu n'arriveras pas à t'en débarrasser, quels que soient les efforts que tu y mettras. » rigola le blond en la voyant lutter contre sa propre bouche. « Je pense qu'il est l'heure de manger, je vais descendre. » ajouta-t-il, lui laissant un peu la paix avec ce sujet pour le moment.
« Je t'accompagne. » lança-t-elle en se levant d'un bond et en passant son bras autour du sien. Il se figea.
« Qu'est-ce que tu fous, là ? » Il n'arrivait pas à comprendre comment elle pouvait agir comme ça alors qu'à peine vingt minutes plus tôt, elle clamait haut et fort que tout aurait été pour le mieux s'ils n'avaient pas été obligés de se côtoyer cette année. Elle retira aussitôt en frissonnant son bras.
« Désolée, une… une habitude que j'ai prise… » bafouilla-t-elle en évitant son regard transperçant. Il garda le silence un instant, puis émit un petit 'Tch' supposé conclure l'affaire, mais elle plongea ses yeux dans les siens, et il vit les petites lueurs dorées qu'il avait aperçues en octobre, et sentit son cœur manquer un battement. S'il s'était vu –et grand dieu, il n'en avait surtout pas envie-, il savait bien qu'il serait rose aux joues. Hormones. Oui, c'étaient ses hormones. Il cligna brièvement des yeux, et la quitta du regard, se tournant vers la sortie pour aller enfin manger -bien qu'il réalisa qu'il n'avait pas très faim, il se contenterait sûrement d'une pomme.
Hermione le rejoignit et ils descendirent ensemble les escaliers, attendant parfois quelques minutes avant qu'ils ne daignent se reposer là où ils attendaient, et une certaine gêne qu'elle avait du mal à expliquer s'était installée. Malefoy avait eu le dessus, lorsqu'elle avait pris son bras par pur réflexe acquis avec Ron, il l'avait d'ailleurs très bien exprimé, mais étrangement, lorsqu'il l'avait regardée dans les yeux, il avait semblé soudainement vulnérable, sans qu'elle ne sache pourquoi. Elle avait seulement eu le temps de voir un éclair bleu passer dans ses yeux gris, et si elle voyait bien de là où elle se tenait, il persistait faiblement encore. Ils entrèrent enfin dans la Grande Salle et partirent chacun aux côtés opposés. Le repas fut rapide; Ginny n'avait que deux minutes à lui consacrer avant de partir pour son entraînement de Quidditch, et Hermione ne voulait pas rester très longtemps, alors qu'elle voyait son collègue mâchonner tranquillement une malheureuse feuille de salade et une petite part de tarte à la mélasse. Elle enfourna son dessert et se leva en jetant un œil à la table des professeurs; Angelina n'était pas là, il faudrait qu'elle attende le lendemain pour lui poser la question qui lui brûlait les lèvres; la question qui pourrait régler plus d'un problème dans ses devoirs de préfète.
Ron ne savait plus comment réagir aux paroles de Parkinson; comment avait-il fait, ces sept dernières années ? Ah, bien sûr, avant, il n'avait pas à se poser de questions, il répondait du tac au tac, mais à présent, ce n'était peut-être plus la bonne chose, s'ils avaient décidés de tout reprendre à zéro.
« … Tu es avec Zabini toi, c'est bien ça ? »
« Oui. On est ensemble depuis la fin de notre septième année, je ne sais pas du tout combien de temps ça va durer. »
« Tu n'arrives pas à envisager un futur avec lui ? »
« Non, je ne suis pas trop là-dedans, et Blaise non plus. Ca fait déjà plusieurs mois, mais… non, je ne pense pas que ça tiendra éternellement, nous sommes très attachés l'un à l'autre, nous nous faisons confiance, mais… non, je pense que ce sera bientôt fini. »
« Pourquoi restes-tu avec lui si tu sais déjà que ça va bientôt finir ? » l'interrogea le roux, intrigué; habituellement, les gens dans cette situation étaient supposés vite rompre, non ?
Elle le fixa dans les yeux, sourit, et expliqua sans l'ombre d'une hésitation : « Blaise est un excellent coup, alors pourquoi ne pas en profiter si on sait déjà tous les deux que ça ne tiendra plus ? »
Et... voilà. J'espère sincèrement que ce chapitre vous a plu, que les moments avec Ron et Pansy ne vous ont pas barbés, que tout vous a semblé cohérent... bref, dites-moi tout !
