Bonjour à tous, j'ai l'impression de ne pas avoir été trop longue cette fois ! (mais je pense que ce n'est qu'une impression due au fait qu'une fois lancée, j'ai mis moins d'une semaine à tout écrire...) Enfin, comme d'habitude, je suis tout de même désolée pour le délai de publication, j'ai pas mal de choses à faire à côté, donc ça me prend un peu de temps pour écrire... même si cette année, j'ai découvert les joies de l'écriture dans le train, ce qui me fait gagner énormément de mots en beaucoup moins de temps que ce que je pensais, donc c'est absolument génial.
Enfin, le délai de publication ne sera pas moins long pour autant, puisque j'alterne entre J'attends un protecteur et une fanfiction Sherlock en duo avec une amie qui me prend vraiment beaucoup de temps.
Hanna : Merci, contente que ça te plaise :)
bedouni : Ca va, tu n'as pas attendu trop longtemps, la voilà x)
Lucius,
Je comprends tout à fait ce que tu me dis là, mais comment peux-tu m'assurer que tu ne m'annonceras pas de nouveau qu'il y a un changement de plan ? Je te rappelle tout de même que ce n'est pas la première fois que la famille Malefoy se décide à mélanger son sang à celui des Moldus. Bien sûr, jamais avec des Nés-Moldus directement, ou que sais-je encore, mais tu sais bien mieux que moi que ton arbre généalogique n'est pas aussi pur que tu n'aimerais le faire croire. J'en comprends tout à fait les raisons bien sûr, mais méfie-toi. Tente s'il te plaît de raisonner ton fils et de l'empêcher de changer encore d'avis. Je pense bien que tu as fait ce qu'il fallait lorsqu'il était enfant, mais méfie-toi, il est encore un jeune garçon… et tu sais comment nous étions à son âge. Souviens-toi seulement de ta propre décision qui a provoqué bien des problèmes dans l'organisation des familles.
Mes salutations respectueuses,
Hyginus Greengrass
Oui, c'était exactement ce que craignait Lucius un revirement de situation. Un élément qui contrarierait tout. Et cet élément qu'il craignait était une Née-Moldue qui s'approchait à son goût beaucoup trop de son fils. Peut-être, sûrement même, qu'il extrapolait, mais ils s'entendaient un peu trop bien à présent pour qu'il ne s'inquiète pas. Son fils… oui, comme le disait si bien Hyginus, son fils lui ressemblait beaucoup, et c'était peut-être justement ce qui lui faisait si peur. De plus, la situation actuelle ressemblait beaucoup à celle de l'époque, à la différence que Drago risquait fort de s'enticher d'une Sang de Bourbe et que cela poserait de multiples problèmes pour leur statut de famille authentique de Sang Pur. Il gémit de frustration.
« Lucius, est-ce que ça va ? » entendit-il de l'autre côté de la porte de son bureau. Ah, Narcissa, la femme qu'il avait décidé d'épouser en dépit de tout ce que son entourage pouvait penser, en dépit de tous les arrangements qui avaient été conclus initialement, et avait provoqué d'immenses tensions entre les familles, fort heureusement bien vite apaisées avec la montée au pouvoir du Seigneur des Ténèbres et sa place évidente dans les rangs des Mangemorts. Il se leva doucement et vint ouvrir à sa chère femme. « Tout va bien ? » lui redemanda-t-elle, la voix légèrement teintée d'inquiétude.
Il eut un léger sourire et prit son visage en coupe. « J'ai l'impression de ne pas te l'avoir suffisamment dit… » Elle posa ses mains graciles sur ses poignets.
« Ce n'est pas nécessaire, Lucius. » lui dit-elle, et il posa tendrement ses lèvres sur celles de Narcissa.
« Hyginus m'a enfin répondu. Il a… des inquiétudes à propos de Drago. » expliqua-t-il ensuite. « Inquiétudes que je partage. Tu sais ce que je pense de sa situation à Poudlard… »
« Lucius, tu n'as jamais fait suffisamment confiance à ton fils. Donne-lui donc sa chance, il agira comme il le devra, j'en suis absolument certaine. » lui assura Narcissa, un petit sourire sur son magnifique visage.
« Narcissa, je… » Elle le coupa d'un baiser.
« Non. Fais-lui confiance, tout se passera bien, je te l'ai déjà dit plus d'une fois. Ne t'inquiète pas tant. »
« J'étais aussi décidé à obéir avant de te connaître. » lui fit-il remarquer en posant doucement son front sur le sien. « Un homme amoureux peut faire énormément de choses pour l'élue de son cœur, et c'est bien cela qui m'inquiète. »
« Attends donc de voir ce qu'il va faire, je suis certaine qu'il prendre la bonne décision, ton fils connaît les enjeux de ce mariage. »
« Cela ne l'a pourtant pas empêché de refuser Daphné… je ne pense pas qu'il ait eu en tête de voir avec Astoria. » argua-t-il encore, sûr que Dragon allait, un jour ou l'autre, changer d'avis comme lui-même l'avait fait à son âge. Il ne préférait pas que cela arrive les tensions étaient déjà palpables entre les familles, et une seule nouvelle étincelle ferait tout éclater, et Lucius avait très peur de ce que cela signifierait. Narcissa l'embrassa doucement et s'éloigna.
« Tu connais mon avis, à toi maintenant de décider de me croire ou non. » acheva-t-elle la discussion. Ce n'était pas là le problème –s'il le pouvait, il ne demanderait qu'à la croire-, mais plutôt ce fichu risque qui lui semblait bien trop important pour être négligé. Il se sentirait beaucoup mieux lorsqu'ils seraient mariés… malheureusement, avec Astoria et ses deux ans de moins, il faudrait attendre encore.
« Angelina, est-ce que je peux te poser une question maintenant ? » tenta Hermione à la fin du cours de métamorphose du jeudi elle avait une heure devant elle, et elle pourrait s'entraîner suite à ses questions, ce qui ne serait pas plus mal.
« Oui, bien sûr, que se passe-t-il ? » l'interrogea le jeune professeur.
« Eh bien… » hésita-t-elle un instant sa question allait sûrement paraître très étrange et complètement incongrue. « J'aimerais savoir si tu connaissais une métamorphose humaine changeant le sexe de la cible. »
« Le sexe de… mais Hermione, pourquoi veux-tu savoir une chose pareille ? » rigola Angelina –comme elle le craignait.
« Eh bien… tu sais que je dois préparer le bal de Noël –pourquoi donc le professeur McGonagall a-t-elle pris une telle décision, franchement ?- et je pensais que je pourrais peut-être rendre la soirée originale en… jetant un sortilège sur les élèves pour les faire changer de sexe, plusieurs fois dans la soirée. »
« Idée plutôt originale, oui… eh bien, je pense que dans ce cas, il va te falloir une multitude de miroirs pour couvrir la salle, parce que c'est de cette manière que cela marche… et pour ce sortilège, en effet il en existe un, mais n'as-tu pas peur que tout le monde soit plutôt ridicule en robe et en costume du sexe opposé ? »
Hermione marqua une pause pendant laquelle elle réfléchit longuement. Elle se doutait, à vrai dire, que ce serait un problème qui se résoudrait très difficilement, et ne voyait pas comment faire. « … Je pensais peut-être ajouter quelque chose pour… ajuster les tenues au sexe. »
« Il s'agit de deux sortilèges différents, Hermione, et à vrai dire, je pense que demander à un sorcier couturier serait plus judicieux pour le second, parce que je dois t'avouer que je ne connais rien à cet art. Mais je peux te donner l'incantation du premier. »
« Oui, oui, c'est déjà très bien, je m'occuperai de l'autre la prochaine fois qu'il y aura une sortie à Pré-au-Lard… »
« Parfait, dans ce cas… Un tour complet dans le sens des aiguilles d'une montre, et la formule est Changare Trans. » Elle la laissa répéter dans sa tête une ou deux fois la formule, puis lui dit : « Je suis désolée Hermione, mais je vais devoir te chasser maintenant, je dois laisser entrer les autres élèves. »
« Oh, oui, bien sûr. Merci beaucoup, Angelina. »
« Je t'en prie, ça fait toujours plaisir. Bonne journée. »
Elle ressortit de la salle sous les yeux des quatrièmes années, qui la regardèrent passer d'un air ébahi. Grand dieu, cela n'allait donc jamais s'arrêter ?! Elle n'était pas une bête de foire ! Elle sortit dans le parc et s'entraîna au moulinet du poignet quelques minutes avant de penser Changare Trans. Elle connaissait la théorie, sans pouvoir pratiquer pour le moment… mais cela pouvait attendre. Elle tenterait dans la salle de bains, en rentrant le soir. Et elle pourrait proposer l'idée à Malefoy… puisqu'elle avait préféré tout d'abord s'assurer qu'un sortilège existait bel et bien. Elle espérait qu'il accepterait, qu'ils puissent un peu avancer dans leur plan, qui stagnait bien trop à son goût. A présent qu'elle avait trouvé une idée, il n'allait pas cracher dessus, n'est-ce pas ?
Elle vit passer une petite souris, l'attrapa et la retourna une femelle, parfait ! S'entraîner sur autre chose qu'elle-même dans un premier temps ne serait pas plus mal, cela éviterait certains dérapages. Elle l'immobilisa avec un sortilège d'Entrave, et jeta son sortilège sur le cobaye. Elle observa la petite bête se transformer en un mâle et sourit comme prévu, cela se passait sans encombre, elle avait immédiatement réussi, et en tirait une énorme satisfaction. Elle annula les deux sorts, et la souris s'enfuit aussi vite qu'elle put et il fallait bien avouer qu'elle était plutôt rapide pour un animal de cette taille. Oui, Hermione était contente de sa petite trouvaille, il ne restait plus qu'à la proposer à Malefoy.
Elle jeta un œil à l'énorme horloge qui ornait le château il faudrait qu'elle se lève et se rende en cours d'arithmancie. Elle sortit son manuel de son sac et se décida à quitter sa place. Ah, c'était absolument passionnant l'arithmancie, mais si seulement le professeur pouvait de temps en temps les lâcher à l'heure, ce ne serait pas plus mal, bien que ce jour-ci, elle avait encore une heure de trou avant les sortilèges. Monsieur Grandbec n'appréciait guère être interrompu par les trois élèves qui arrivaient en retard à son cours du lundi soir, et malgré le nombre de mots qu'il leur avait donnés à l'attention du professeur d'arithmancie, rien ne changeait. Dieu merci, ils n'avaient pas ce problème le vendredi, le jour où le fait de rater dix minutes de cours de Défense contre les forces du mal pouvait se révéler fatal pour la moyenne, puisqu'il s'agissait de la pratique de la défense à un niveau bien plus élevé que tout ce qu'ils auraient pu imaginer les années précédentes et bien peu d'élèves réussissaient à suivre, malgré leur acharnement à suivre leurs horaires et à faire leurs devoirs à la lettre, et à faire –certainement pour la première fois de leur vie pour certains- des séances de révisions et d'entraînement en groupe, comme à l'époque de l'Armée de Dumbledore. Mais cette fois, il s'agissait uniquement de réussir à comprendre ce que leur professeur voulait d'eux.
« Ah, Hermione ! » appela l'un de ses rares camarades d'arithmancie. « Je voulais savoir, comment as-tu fait l'exercice trois ? Je n'ai absolument rien compris à l'énoncé, alors il a fallu que je laisse tomber… »
« Malefoy ? Il faut que je te parle du bal. »
« Ah, alors ça y est, tu t'investis enfin ? Quelle chance, un mois avant. » railla le blond en se plantant devant elle.
« … J'ai trouvé un sortilège qu'on pourrait utiliser pour faire quelque chose d'original. Viens voir, je vais te montrer. » ajouta-t-elle en se dirigeant vers la salle de bain.
« Pourquoi vas-tu dans la salle de bain, tu ne comptes tout de même pas maquiller tout le monde ? » lui demanda-t-il, clairement sceptique à toutes les idées qui lui passaient par la tête.
« Non… mais ce n'est pas très loin de ça. » répliqua-t-elle en pouffant presque à l'idée de voir Malefoy féminin. « Arrange-toi simplement pour que je ne te voie pas dans mon miroir, donc décale-toi un peu plus vers la gauche… voilà, c'est parfait. » Elle fit un moulinet du poignet en jetant le sort sur le miroir, qui le fit rebondir directement sur elle. Elle sentit ses cheveux se rétracter dans son crâne, vit son visage changer pour adopter des traits plus masculins, des sourcils plus épais et une bouche moins colorée, se fondant davantage à la peau, sa poitrine disparut, et elle se sentit même grandir un peu, et craignit pour sa robe de sorcière, mais elle avait bien l'impression que cela passait encore tout juste. Ce fut quand elle entendit Malefoy éclater de rire à ses côtés qu'elle se tourna vers lui, les mains sur les hanches –elle ne préféra pas prendre en compte le fait que cela avait relancé son fou rire. « Qu'est-ce qu'il y a ?! »
« Hahaha ! Ha, mais… mais regarde tes jambes ! » réussit-il à articuler. Elle baissa les yeux et vit des jambes poilues ridiculement fourrées dans ses chaussettes longues, et elle rougit de honte.
« Ce n'est pas drôle ! Qu'est-ce que tu en penses ? »
« De ta tenue ? Ridicule, j'espère que tu ne comptes pas te présenter comme ça à Noël ! » s'étouffa Malefoy de rire.
« Eh bien si. » Il sembla sur le point d'émettre de vives protestations, aussi elle continua sans lui laisser le temps de répondre. « Je compte profiter de la prochaine sortie à Pré-au-Lard pour rendre une petite au sorcier-couturier du coin. J'aurais besoin de lui pour adapter le vêtement au changement de sexe, et je trouve que ce serait une idée qui change, au moins nous n'aurons plus à chercher quelque chose à ajouter… Tu en penses quoi ? » acheva-t-elle, tout d'un coup très hésitante.
« J'en pense que tu es complètement timbrée. Comment veux-tu faire ça, exactement ? Et qu'en est-il des autres ? Parce que j'imagine que le plan n'est pas qu'on soit les deux seuls à être changés. »
« Non, justement. Il va falloir placer des miroirs sur le plafond entier de la salle pour être certains que tout le monde va recevoir les deux sortilèges. Et j'aurai besoin de toi pour lancer l'un des deux. »
« Je prends le changement de sexe, pas question que je m'occupe d'adapter les tenues. » lança-t-il en le fixant encore de haut en bas. « Et au fait… » continua-t-il en réprimant un rire. « Annule le sort, tu n'es vraiment pas dans la tenue adéquate. »
« Rah, mais zut à la fin ! » s'exclama-t-elle en refaisant face au miroir. « Finite Incantatem. Voilà, tu es content ? » lui demanda-t-elle en le défiant du regard.
« Oui, c'est beaucoup mieux ainsi. » répondit-il avec un léger sourire. « Ton idée me conviendra quand tu auras trouvé la solution pour les tenues. Si un sort de ce genre n'existe pas, on oublie ça, c'est compris ? »
Elle hocha de la tête et sortit de la salle de bain. Bien sûr qu'elle avait compris, il n'était même pas question qu'elle devienne un homme dans une robe. Il en était absolument hors de question.
« Au fait, il est déjà dix-huit heures et aucun signe de ton rouquin ? Que se passe-t-il donc, une petite crise de jalousie par courrier ? » crut-il malin de lui demander, un petit sourire malin aux lèvres.
Elle resta un moment silencieuse, ne désirant pas s'énerver pour une idiotie pareille, cela lui ferait bien trop plaisir. « Nous avons décidé de diminuer ses visites, il ne va venir plus qu'une soirée par semaine. » finit-elle par soupirer. « Je ne m'en porte pas plus mal d'ailleurs. »
« Oh, mais ça je le sais. Si vous n'aviez pas changé votre manière de faire, vous auriez fini par vous mépriser mutuellement, toi parce que tu n'aurais plus pu respirer, et lui parce que tu serais devenue insupportable. Oh, ne me regarde pas avec ces gros yeux Granger, tu sais que j'ai raison. » ajouta-t-il avec ce même sourire qui l'agaçait tant.
« Je n'ai pas… oh et puis laisse tomber. » abdiqua-t-elle en montant dans sa chambre. « Je vais travailler la Défense contre les Forces du Mal, tu ferais bien d'en faire de même, la pratique de demain risque d'être corsée. »
« Allons, allons, Granger, tu sais bien que nous n'avons aucune difficulté tous les deux, pourquoi t'inquiètes-tu autant ? »
« Le professeur le sait aussi Malefoy, et il attend beaucoup plus de notre part que de celle de n'importe qui d'autre. » lui fit-elle très justement remarquer il n'était nouveau pour personne que monsieur Granbec était particulièrement intransigeant avec les deux préfets en chef, ne leur accordant absolument aucune erreur et les faisant répéter jusqu'à l'épuisement certains mouvements, poussant jusqu'à l'extrême limite que leur corps pouvait supporter, les soumettant à des sortilèges et des maléfices qui pouvaient s'avérer très dangereux s'ils n'avaient pas d'excellentes protections. Plus d'une fois, ils avaient subi des maléfices Cuisants qu'ils avaient reçus de plein fouet et qui leur avaient valu des douleurs terribles pendant des jours. « … D'ailleurs, Malefoy ? » réalisa-t-elle en ressortant de sa chambre.
« Qu'y a-t-il, deux minutes et déjà je te manque ? »
« … Tu ne crois pas que monsieur Granbec aurait pu être un adepte de la magie noire ? » continua-t-elle sans prendre compte de sa remarque sans intérêt.
« Quoi, lui ? » dit-il d'un air sceptique. Elle avait donc si tort ? Ce prof était loin d'être normal, elle avait des raisons de douter non ? Ses méthodes étaient loin d'être inoffensives ! « Il n'a pas le profil pour ça. Tu vois bien comment était Lupin, ce prof est de la même espèce, il peut être aussi sadique qu'il veut, je ne pense pas un instant qu'il aurait pu plonger là-dedans, il a des principes moraux bien trop forts pour ça. »
« Des principes moraux ? Auxquels penses-tu ? Après tout, pendant la guerre, on ne l'a jamais vu, où pouvait-il bien se cacher ? »
« Il faisait peut-être un tour du monde pendant ce temps, il n'était pas le seul à n'être jamais venu au combat. Il serait du genre à être un ermite. »
« Je… Je pense vraiment qu'il y a quelque chose de louche avec ce professeur. » Elle resterait sur sa position. Monsieur Granbec était vraiment étrange, et cachait quelque chose qui l'inquiétait.
« Fol Œil était louche, non ? Pourtant, il n'a jamais flirté avec la magie noire. »
« Eh bien, concrètement… » souffla-t-elle, laissant entendre implicitement certaines choses qui ne semblèrent pas plaire à Malefoy.
« Granger, enfin, Fol Œil était un Auror, un des meilleurs qui plus est, jamais il n'aurait touché à la magie noire, c'est bien un des seuls postes où cette pratique pourrait valoir un emprisonnement ! »
« … Malefoy ? »
« Oh, je sens la question pourrie venir. Oui, j'ai pratiqué la magie noire, ça fait des années, mon père me l'enseigne depuis que je suis petit, donc je connais de très bonnes bases là-dedans. C'est bon, tu as tes réponses ? » déballa le blond en roulant des yeux, exaspéré par toutes les interrogations de sa collègue. « Maintenant, vas donc bosser, ça te changera les idées tiens. » lança-t-il dans une tentative désespérée de la faire réagir. Mais non, rien à faire, elle ne voulait pas répondre à ses piques. Elle avait tout simplement appris à ne plus y faire attention, et qu'est-ce que ça l'énervait ! Il voulait, et il ne savait pas pourquoi, tout simplement attirer son attention, peut-être lui signifier qu'elle pouvait parler d'autre chose que de cours et de devoirs de préfets avec lui, mais non, rien à faire, elle ne voulait rien lui dire, et cela l'agaçait profondément. Mais qu'elle réponde donc !
« … Je vais bosser une heure, et après j'irai manger. Tu devrais peut-être déjà y aller. » répondit-elle d'une voix plutôt froide. Quoi, il avait enfin réussi à la faire réagir ? Mais pas de la manière qu'il pensait, il voulait qu'elle parle avec lui, pas qu'elle le fuie et lui demande de l'éviter ! Qu'est-ce que cette fille l'énervait !
« Non, je n'ai pas faim pour l'instant, je descendrai avec toi. » lui dit-il sur le même ton. Pas question de lâcher maintenant. « Et si tu n'es pas ici dans une heure, je m'occupe moi-même de t'arracher à ton travail. »
« Mais bien sûr. » Et elle ferma la porte de sa chambre, le laissant seul dans la pièce commune. Bien, dans ce cas il devrait peut-être enfin s'occuper des soixante centimètres de parchemin à rendre pour le cours de sortilèges du lendemain. Ah, quelle plaie. Il rejoignit à son tour sa chambre et attrapa de mauvaise grâce son manuel et son rouleau de parchemin. Soixante centimètres. Il allait devoir trouver de quoi écrire sur soixante centimètres. Qu'à cela ne tienne… Il ouvrit le livre et le feuilleta, cherchant la page qui concernait le sujet de la rédaction. L'histoire des enchantements de Disparition, il n'en avait pas grand-chose à faire. Comment était-il supposé écrire soixante centimètres de parchemin là-dessus ?! Il grogna et se força à envisager de demander à Granger son exemplaire du manuel d'Histoire de la Magie de la cinquième année. Oui, ce devait être la meilleure chose à faire. Il posa sa tête entre ses bras repliés et gémit de tout son cœur. Fichue rédaction à la… Un, deux, trois coups de tête contre la table. Bon, il fallait au moins qu'il ait un semblant de plan avant de manger. Il regarda brièvement le livre et remit sa tête entre ses bras. Non, ça pourrait attendre après le repas. Pas vrai ? Rah, non, il fallait qu'il travaille un minimum.
Il copia de mauvaise grâce quelques phrases de son manuel et les utilisa pour faire un semblant de plan, quelque chose qui pourrait au moins un peu l'aider dans la nuit de rédaction qui allait suivre. Il nota les idées principales qu'il pourrait développer, et s'arrêta là. Il n'avait pas les éléments qu'il fallait, et ne voulait pas déranger Granger avant l'heure qu'elle avait fixée, elle était déjà bien assez en rogne comme ça, il n'allait pas en rajouter sur son compte. Il se leva et ressortit de sa chambre, se traînant jusqu'au canapé en face de la cheminée et se coucha de tout son long, attendant patiemment que le temps passe jusqu'à la fin de l'heure. Elle vint beaucoup plus lentement qu'il ne l'aurait espéré, et il avait envisagé plus de dix fois de retourner dans sa chambre travailler un peu plus son devoir de sortilèges mais l'appel des devoirs n'avait jamais été suffisamment puissant pour résister à celui du canapé, et ce n'était pas ce soir que cela allait changer. Il garda les yeux fermés jusqu'à entendre un cliquetis au niveau de la porte de Granger, indiquant qu'elle sortait enfin de son antre, certainement les yeux un peu fous d'après-travail. Il se redressa et la vit, un grand sourire aux lèvres, devant lui.
« Eh bien, tu sembles de bien meilleure humeur que tout à l'heure, que se passe-t-il ? »
« Oh, rien, je suis juste satisfaite de ce que j'ai fait. Je vais manger, tu n'avais pas dit que tu comptais m'accompagner ? »
Il hocha la tête et se leva pour sortir de leurs appartements.
« Aurais-tu, par le plus grand hasard, ton manuel de cinquième année d'histoire de la magie ? Je vais en avoir besoin pour mon devoir de sortilèges. » Elle resta silencieuse un moment, le scrutant des yeux comme s'il s'était mis à gonfler comme un ballon de baudruche. « Qu'est-ce qu'il y a encore ? » soupira-t-il, agacé d'être ainsi dévisagé.
« Tu ne t'y prends que ce soir ?! Réalises-tu la masse de travail que cela représente ? Tu n'auras jamais fini pour demain matin ! »
« Réponds juste, est-ce que tu es ce manuel, et si oui, veux-tu bien me le prêter ? Je gère pour le reste, j'ai toujours fait comme ça, et je ne suis pas un si mauvais élève, ce qui veut dire que ça ne fonctionne pas trop mal. » lui fit-il remarquer en haussant un sourcil. Elle n'allait pas commencer à lui faire un sermon sur l'importance du travail en avance, si ?!
« Ca me dépasse. » finit-elle par lui dire. « Bien sûr que je te le prête si tu en as besoin, mais ça risque de ne pas suffire, tu veux que je te donne d'autres livres ? »
« Je vais m'en sortir avec juste le manuel d'histoire de la magie, pas la peine de me refourguer toute ta bibliographie personnelle. »
« C'est comme tu veux. » répondit-elle en haussant des épaules. « Mais je ne sais pas si tu auras de quoi remplir soixante lignes avec juste ça. »
« Je vais me débrouiller Granger, ne t'inquiète pas autant pour mes notes, c'est mon problème. » lui dit-il pour se débarrasser de ce sujet. Elle n'avait vraiment pas besoin de s'en faire pour des futilités pareilles, enfin !
« Vous aurez la partie Est du parc de Poudlard pour votre cours de demain. » récita le Patronus en forme de chat aux tigrures autour des yeux. Emile hocha la tête et envoya sa réponse : « Très bien. Quelles sont les conditions exactes de sécurité de que dois mettre en place ? » Le renard argenté s'enfuit avec le message à travers la porte et fila dans les couloirs, croisant plusieurs élèves qui le regardèrent passer bouche bée, transperça trois fantômes et un professeur, et ne fit aucune attention à la gargouille qui gardait la porte vers le bureau de la directrice, où il s'arrêta devant le bureau pour délivrer son message avant de disparaître. « Faites simplement attention à celui dont on a parlé, il pourrait s'emballer bien plus vite qu'on ne pourrait le croire. » Envoya-t-elle avec un nouveau chat qui, lui, préféra passer par la fenêtre et marcher sur les rebords qui dépassaient sur le château.
« Emile fera très bien son travail, ne t'inquiète donc pas pour cela, je suis sûr que tout se passera parfaitement bien. » lui dit le tableau qui se situait derrière elle. Elle ne prit même pas la peine de se retourner et soupira.
« Réalisez-vous seulement, Albus, que la pratique de la magie noire est interdite ? Comment avez-vous pu me demander de faire une chose pareille ? N'importe quoi peut se produire, vous êtes pourtant bien placé pour le savoir. Et si… et s'il replongeait ? Vous savez ce qu'il se passerait. »
« Oh oui, je le sais très bien, dois-je rappeler les quelques petits problèmes que j'ai eu avec le pauvre enfant ? Allons, ne t'en fais pas, tout ira bien, j'en suis certain. » Oh, elle savait qu'il la scrutait à travers ses lunettes en demi-lune, n'attendant que le moment où elle se retournerait pour la prendre au piège. Elle refuserait aujourd'hui de le regarder, il n'attendait que ça ! Elle avait fait ce qu'il voulait, malgré ses réticences plus que compréhensibles.
« Albus, l'unique raison pour laquelle j'ai accepté de le faire est parce que je vous fais confiance. Mais comment pouvez-vous être aussi certain de ce que vous avancez ? Je… je ne peux tout simplement pas… enfin, vous savez ce qu'il a fait ! Et vous connaissez le pouvoir de la magie noire ! »
« Regarde-moi, Minerva. » Non ! Non, il n'en était pas question ! Elle prit un document sur la pile de lettres qu'elle avait reçues dans la journée et y jeta un œil elle n'allait jamais réussir à s'en sortir, entre le tableau d'Albus qui croyait bon de tirer les ficelles de la direction, ces histoires avec le professeur de Défense contre les Forces du Mal et le Ministère qui lui envoyait des convocations à tout bout de champ pour discuter de l'école tous les deux jours… « Minerva, enfin, ne m'ignore pas, tu sais bien que je me sens très mal à cette idée. » entendit-elle d'une voix espiègle derrière elle. Et il insistait, en plus !
« Hormis cette histoire avec monsieur Potter, qu'avez-vous encore demandé à Severus de faire ? » lança-t-elle en se retournant enfin vers lui, et bien décidée à fermer son visage aux analyses de l'ancien directeur.
« Que veux-tu dire ? » lui demanda le tableau avec un sourire faussement innocent. Ah, le bougre, il la prenait à ce jeu-là ? Très bien, elle allait être très claire dans ce cas, aucune échappatoire possible pour lui.
« Emile Granbec s'est présenté, comme vous le savez, le lendemain de la guerre chez moi comme candidat au poste de professeur de Défense contre les Forces du Mal. Je pense, j'en suis même sûre, que Severus est derrière tout cela. Voilà donc ma question : quelle était la mission de Severus, et pourquoi aviez-vous besoin de cet homme pour ce poste ? » Et voilà, c'était dit. Elle portait d'immenses réserves à l'égard du professeur, et pourtant était bien obligée d'agir comme lui accordant une totale confiance pour les plans d'Albus. A présent, elle estimait avoir le droit de savoir exactement pourquoi celui-ci ne doutait pas.
« Hm… en effet, j'ai demandé à Severus d'aller le chercher pour moi, et je crois que quelques jours avant de mourir, il l'a retrouvé et lui a donné mes instructions. » expliqua-t-il après un long silence pendant lequel il espérait sûrement qu'elle abandonnerait l'idée d'avoir une réponse.
« Quelles instructions ? Je suis la directrice Albus, je pense que je suis tout à fait en droit de savoir ce qui se trame puisque je me dois par la suite d'assumer vos décisions. »
« Devenir professeur à Poudlard, bien sûr. »
« Quelle dette a-t-il pour vous ? » lui demanda-t-elle, insistant pour avoir toutes les réponses dont elle avait besoin. Emile n'avait jamais été très connu pour sa loyauté envers le Ministère ou le côté du bien en général, bien au contraire d'ailleurs. Qu'avait bien pu faire Albus pour qu'il obéisse dès qu'il avait reçu le message de Severus ?
« Je l'ai… tiré d'une mauvaise passe, et ai posé pour condition à cela la promesse de me rendre n'importe quel service que je pourrais lui demander. Cela fait plus de dix ans que c'est arrivé, et je suis absolument ravi qu'il se soit souvenu de cette promesse. »
« Quelle mauvaise passe ? » insista encore la directrice.
« Allons Minerva, tu sais qui il est, de quels problèmes aurais-je bien pu le sauver ? » éluda-t-il. « Mon choix est réfléchi, tout ira bien avec lui. Il a des méthodes un peu extrémistes en enseignement, mais jamais il ne mettrait ses élèves en danger, tu peux lui faire confiance. » Elle comprit sans mal qu'il n'allait pas ajouter un mot de plus à présent et revint face à son bureau. Il y avait tant de papiers à signer, de lettres auxquelles répondre, qu'elle ne savait même plus par quoi commencer. Elle soupira et s'empara de sa plume personnelle il ne fallait plus que cela traîne. S'il fallait donner sa chance à Emile Granbec, très bien, elle la lui donnerait mais elle était incapable pour le moment de lui donner sa confiance. Et n'en serait probablement jamais capable, cet homme était bien trop obscur pour elle, et bien trop agressif dans son approche être forcé à user de l'occlumancie dès qu'il était à moins de cinq mètres n'était vraiment pas appréciable.
Et voilà ! J'espère que ça vous a plu, et si vous avez quoi que ce soit à dire, à reprocher, ou à demander par rapport à ce chapitre, faites-vous plaisir, je réponds à tout !
