Bonjour à tous !

Eh, ça ne fait pas si longtemps depuis la dernière fois que j'ai posté mon dernier chapitre, même pas trois semaines ! Quand je vous disais que mes temps de publications étaient complètement aléatoires et que ça dépendait de mon inspiration.

Enfin, je vous remercie d'avoir lu fanfiction jusqu'ici, et d'avoir commenté pour ceux qui l'ont fait !

betouni : Héhé, tu verras bien si ça fait avancer le dramione, j'ai hâte de voir ta réaction à la fin de ce chapitre :p

J'espère que vous apprécierez ce chapitre comme moi j'ai adoré l'écrire, voilà deux mois que j'ai ce chapitre en tête, et que j'arrive enfin au moment de l'écrire, après avoir trouvé le moyen sans savoir comment à le décaler de plusieurs chapitres par rapport à mes prévisions parce que mes personnages voulaient passer du temps à l'antenne xD enfin, j'espère que vous l'aimerez, huhu !


« SORS DE LA ESPECE DE PERVERS NARCISSIQUE ! » hurla Hermione en lançant sur le front de Malefoy sa bouteille de shampoing, et vit une petite satisfaction à le voir refermer la porte, l'air complètement dépassé.

Non mais vraiment, à quoi cela servait-il de fermer la salle de bain s'il utilisait un Alohomora pour entrer quand il le désirait ?! Et au moment où elle était nue, bien évidemment ! A quoi avait-il pensé, exactement ? Elle marmonna de fureur le temps de s'habiller et sortit, récupérant sa bouteille qu'elle remit à sa place, et alla voir celui qui avait, pour une raison complètement inconnue, voulu entrer pendant qu'elle était sous la douche.

« Mais qu'est-ce qui t'a pris de faire ça ?! Si c'est fermé, c'est que je suis dedans, enfin ! »

« Je n'avais plus le temps, et à la base je voulais juste récupérer mon peigne pour me préparer dans ma chambre, je ne pensais pas que tu sortirais de ta douche juste à ce moment-là. » lui répondit-il de mauvaise grâce.

« Non, mais quelle idée, franchement… Enfin, peu importe, de toutes façons tu ne changeras pas. » soupira Hermione en se dirigeant vers sa chambre pour se sécher les cheveux.

S'il avait été aussi surpris qu'elle de la voir nue dans la salle de bain, cela ne l'empêcherai jamais d'expliquer ses agissements comme s'il s'agissait de la logique la plus simple, et surtout il ne s'excuserait sûrement jamais pour ce genre de choses. Ah, mais quel abruti… Elle supposa que c'était une des tares quand on vivait dans un appartement en commun avec lui. Sale gosse, avait-elle bien envie de lui dire.

Cependant, elle ne pouvait pas se cacher qu'elle appréciait cette cohabitation, elle se passait bien moins mal qu'elle ne le craignait au début de l'année. Malefoy était loin d'être idiot, et il avait un bon fond quand on se donnait la peine de gratter un peu sous son masque insupportable de suffisance et de mesquinerie. Elle savait qu'elle l'appréciait de plus en plus chaque jour, et ne plus voir Ron tous les soirs aidait beaucoup à l'amélioration de leur relation. Oui, tout se passait aussi bien que c'était possible –malgré les quelques fois où il décidait tout simplement de l'empêcher de travailler en l'embêtant de toutes les manières qu'il le pouvait. Et cela passait par un livre sur son parchemin, la titiller avec sa plume jusqu'à ce qu'elle le pousse loin d'elle, mais cela allait parfois plus loin; il était parfois si déterminé à la déranger qu'il marchait sur la table, se penchait, saisissait ses poignets –et par une poussée sur un nerf stratégique, lui faisait lâcher la plume- puis la tirait hors du canapé pour simplement la garder debout.

Raah, qu'est-ce qu'il l'exaspérait à ces moments-là, à simplement la maintenir droite devant lui, avec l'incapacité de s'asseoir ou de baisser les bras, et son sourire joueur qu'il pouvait garder pendant la longue demi-heure que ce manège durait toujours. Ce n'était que quand elle se décidait à monter à son tour sur la table pour le pousser du pied qu'il consentait enfin à lâcher; bien sûr, il n'allait pas risquer d'atterrir sur les cendres de la cheminée qui se trouvait derrière. Mais à présent, ce n'était plus la question; une fois aussi, il l'avait prise en otage pour simplement mettre ses affaires de cours sous la table et pouvoir discuter un peu avec elle. C'était agréable, et tout bonnement impossible quand Ron était là. Cette fois-là, elle avait renoncé sans remords à ses devoirs et avait accepté de parler d'elle; c'était récemment, peut-être deux ou trois nuits de là.

C'était très étrange, mais Malefoy l'avait écoutée avec intérêt. Il avait éludé la majorité des questions qu'elle lui avait posées sur lui, mais il l'avait écoutée sans se ficher d'elle ou de ses origines; non, au contraire, il s'était montré particulièrement attentif lorsqu'elle avait raconté ses débuts magiques, lorsqu'elle avait fait exploser la théière préférée de sa mère sur un coup de colère. Oh, bien sûr, personne n'avait su ce qu'il s'était passé cette fois-là, et elle avait pu pleurer autant qu'elle voulait en s'excusant pour ce qu'elle avait fait, ses parents ne l'avaient jamais crue quand elle disait que c'était de sa faute. Oh, Malefoy avait eu un sourire amusé, bien sûr –comment des Moldus pouvaient-ils seulement comprendre le phénomène quand ils n'y avaient jamais été confrontés, elle ne pouvait que comprendre son amusement- mais il s'était bien gardé de faire une quelconque remarque sur son ascendance ou son sang qu'il estimait si impur auparavant.

C'était pendant cette soirée qu'elle avait pleinement réalisé combien ses idéologies en avaient pris un coup pendant la guerre. Tout ce qu'il lui avait dit à son propre sujet était qu'il avait lui-même eu une magie instinctive assez précoce, même pour un enfant de sorciers, mais que ses débuts n'avaient été guère glorieux pour les meubles de la maison… et également pour les enfants qui jouaient dehors avec lui à l'époque. Il s'était arrêté là avec un rire étrangement gêné, et s'était renfrogné quand elle avait voulu en savoir plus; tant pis. Il lui parlerait quand il en estimerait le besoin, n'est-ce pas ? S'il n'avait pas d'autres personnes à qui se confier, bien sûr. Elle sourit. Que de drôles de souvenirs qu'elle se formait avec lui. Elle découvrait un autre… Sang Pur. Il y avait Ron bien sûr; mais lui, pouvait-il vraiment être considéré comme tel, si on omettait le sang biologique ? Non, c'était bien la première fois qu'elle discutait –ou monologuait ?- réellement avec une personne qui avait été élevée dans le mépris du non-sorcier. Et pas n'importe lequel –Drago Malefoy, le pire avorton de Sang Pur sur lequel elle aurait pu tomber.

Et il se trouvait finalement que ce même enfant complètement dépendant de son père avait grandi. Il avait terriblement grandi et mûri pendant la guerre, bien plus qu'elle et ses deux meilleurs amis. Du moins, c'était l'impression qu'elle avait. Il avait eu des tâches qui n'auraient pas dû lui revenir à l'âge qu'il avait, et être considéré trop vite comme un trop grand adulte avait dû pousser son âge mental vers le haut; et il fallait bien avouer qu'il était bien plus agréable de le voir sous ce visage. Elle espérait de tout son cœur de ne plus jamais revoir son autre facette.

« Je suis prêt, on peut y aller. » dit-il enfin en sortant de sa chambre d'un air nonchalant qui lui donnait un air qu'elle n'appréciait guère; oui, c'était bien le défaut de Malefoy, de jouer ainsi sur l'apparence, même quand il n'en avait plus besoin; cette année, il pouvait faire ce qu'il voulait, l'avis des gens à son égard ne changerait pas. Même s'il plaisait encore aux filles, mais cela n'empêchait pas les garces de dire des choses terribles sur lui par la suite. C'était étrange, cette capacité féminine à n'arracher que ce qui leur semblait bon chez une personne pour en dire tout le mal possible par la suite.

« Je me posais une question… » osa-t-elle, alors qu'ils descendaient les escaliers du troisième étage, et que personne ne traînait dans les alentours. « Ces filles que tu emmènes dans ta chambre… elles ont des gorges étonnamment puissantes je trouve, et ça m'étonne que tu arrives à… »

« Elles simulent. » la coupa-t-il, la figeant net.

Il prit un malin plaisir à continuer sa route comme si rien ne venait de se dire, un sourire aux lèvres. Ah, les petites phrases traitresses de ce genre, ça achevait toujours les filles comme Granger. Il ne pensait pas qu'elle était prude –loin de là, il n'osait même pas imaginer ce que Weasley avait bien pu lui faire, par Merlin !- mais le sujet restait tabou sur ses lèvres. Phénomène plutôt drôle d'ailleurs. Et il adorait charrier ce petit trait de pudeur qu'elle montrait. Il l'entendit le rejoindre, et elle l'arrêta par le coude.

« Répète ça sérieusement. » exigea-t-elle.

« Elles simulent. » obéit-il. Il n'était pas dupe, évidemment qu'elles simulaient, la plupart de ces filles craignait de lourdes représailles de sa part si elles n'exprimaient pas un faux plaisir. Certaines simulaient très mal, d'ailleurs. « Pourquoi, tu te demandais comment je faisais pour m'adapter à chacune d'elles, c'est bien ça ? »

Ah, elle détournait le regard. C'était bien ce qui lui était venu à l'esprit. Ah, pauvre enfant, elle était bien mignonne avec ses petites mimiques et ses croyances, mais il fallait discerner le vrai du faux. Sans oublier celles qu'il avait emmenées juste pour l'emmerder royalement, auxquelles la seule instruction qu'il avait donnée était de pousser des cris pendant qu'il faisait ses devoirs. Ah, qu'il adorait ça. Et la pauvre fille qui n'osait pas les déranger par peur de ce qu'elle verrait. Elle ne réalisait même pas qu'elle était son propre outil de torture.

« Elles… simulent ? Tu es sérieux ? » répéta-t-elle encore, sans comprendre. Visiblement, l'information ne rentrait pas dans sa tête.

« Je ne suis pas complètement idiot Granger, les filles avec qui je couche veulent uniquement me tester parce que des rumeurs sur mes prétendues performances circulent depuis que Pansy s'est amusée en mon absence à Poudlard, l'année dernière. Et malheureusement, tu as tendance à la confirmer en te plaignant du bruit que font les filles qui passent. » Il soupira. « Pourtant, je n'ai pas un corps si désirable depuis que j'ai arrêté le Quidditch. Je suis mince, sûrement même trop, je suis pâle, blond –peu de gens aiment les blonds comme moi-, un visage très fin, ce n'est pas ce qui plait le plus. Tout se joue à la réputation avec moi. »

Hermione laissa tomber, sans savoir si elle devait le croire ou non. Si elles simulaient, à quoi le reconnaissait-il ? Et comment pouvait-il le dire si naturellement ? L'avait-il lancé simplement pour voir sa tête à l'annonce ? Mais pourquoi n'avait-il pas démentie ensuite ? Peu importait. Ils arrivaient dans la Grande Salle, aussi ils se séparèrent pour manger un morceau avant leurs cours de la journée. Ils avaient sérieusement intérêt à bien se nourrir, puisqu'ils n'auraient que le temps de vaguement grignoter entre les cours de Sortilèges et de Défense contre les Forces du Mal.

Monsieur Granbec leur laissait le temps à midi de d'avaler un sandwich qu'ils se seraient confectionnés au petit déjeuner, mais cela suffisait rarement; aussi, tous les septième années qui faisaient partie de ce cours prenaient le petit déjeuner très à cœur le vendredi matin. Elle saisit deux tranches de pain entre lesquelles elle fourra trois lamelles de bacon, et enferma le tout dans une serviette qu'elle mit dans son sac. Ce n'était pas grand-chose, mais si elle se nourrissait bien maintenant, elle pourrait tenir sans aucun problème jusqu'à la fin de la journée. Bon, c'était parti pour le double cours de Sortilèges. Elle se leva la première de table, bien décidée à relire une dernière fois le chapitre en cours avant de rentrer dans la salle, profitant du calme qui régnerait dans le couloir pour avancer correctement.


« Bonjour à tous. Le cours d'aujourd'hui va être un peu spécial; nous allons devoir sortir dans le parc, et une fois là-bas, je vous expliquerai tout ce que vous devez savoir. » dit le professeur sans même ouvrir la porte de sa salle.

Son groupe d'élèves se contenta de le suivre, alors qu'il s'engouffrait dans les couloirs qui allaient tous les mener à l'extérieur. Il ne comprenait pas ce qui avait bien pu passer par la tête de la directrice -il aurait aimé le voir par lui-même, mais forcer le passage à l'occlumancie relative de son supérieur n'était pas très recommandé s'il voulait garder sa place dans l'enseignement de la Défense contre les Forces du Mal. Cela n'empêchait pas son scepticisme; il ne cherchait pas à questionner les décisions du professeur McGonagall –même s'il la soupçonnait fortement de subir quelque peu les manigances tordues de Dumbledore. Bien sûr, la raison qu'elle lui avait donnée –il fallait montrer aux élèves ce qu'était la magie noire, qu'ils sachent contre quoi ils devaient se défendre- était valable, mais il avait l'impression que quelque chose n'était pas dit. Et le fait de ne pas savoir quoi avait tendance à l'irriter.

On lui avait donné des instructions très claires par rapport à l'élève capable d'utiliser cette magie; le forcer à revenir à une époque où il n'aurait eu aucun scrupule à le faire, et contrôler son esprit jusqu'à ce que la démonstration soit satisfaisante. En revanche, il ne comprenait pas pourquoi c'était à cet adolescent de le faire, alors qu'il était enclin à retomber dans les travers de cette magie à une vitesse effrayante. La guerre s'était finie bien trop récemment, et le garçon avait été directement impliqué du côté noir. Mais il ferait comme on le lui avait ordonné; si les conséquences s'en montraient dangereuses, il agirait comme il le faudrait, mais il espérait ne pas avoir à aller jusque là.

Il guida sa classe jusqu'à la partie du parc que la directrice avait réservée pour eux et arrêta tout le monde. « Bien ! Vous devez vous demander pourquoi je vous ai emmenés dehors pour une séance pratique, mais vous comprendrez vite. La magie qui sera utilisée aujourd'hui est bien trop dangereuse pour se faire à l'intérieur, la salle pourrait s'écrouler. »

Il entendit quelques murmures surpris et vit la jeune Granger froncer les sourcils. Ah, elle ne devait pas s'attendre à une telle explication, et devait certainement déjà redouter ce qu'il allait dire –peut-être même avait-elle déjà une idée de ce qu'il allait annoncer, elle était intelligente après tout.

« La directrice a jugé utile de prendre la séance pratique d'aujourd'hui pour vous faire une démonstration de ce contre quoi on vous apprend à vous défendre. » Ah, voilà, elle avait compris. Elle entrouvrait la bouche, déjà prête à s'indigner dès qu'il aurait terminé d'expliquer. Malefoy commençait lui aussi à faire le lien, et ne semblait pas tout à fait ravi à l'idée de faire ce cours; quant aux autres, ils n'avaient pas l'air de tout à fait suivre ses propos. « Aussi, de la magie noire sera montrée durant ce cours. »

Le mot-clé de sa phrase n'échappa à personne, et tout le monde commença à chuchoter d'excitation, ou d'indignation pour certains. Miss Granger, quant à elle, levait haut la main dans l'espoir de pouvoir se faire entendre avant qu'il ne fasse ce qu'il avait prévu. « Oui ? »

« L'utilisation de la magie noire est très dangereuse, elle ne devrait pas être autorisée à Poudlard, pourquoi le professeur McGonagall a-t-elle décidé de faire un cours pareil ? » demanda-t-elle sur un ton qui lui semblait extrêmement méfiant, et s'il en jugeait les ondes de colère qui émanaient de son esprit, c'était exactement ce qui se produisait.

« J'ignore les raisons profondes qui l'ont poussée soudainement à vouloir faire cette démonstration. Cependant, elle estime qu'il serait bon que ses élèves sachent ce contre quoi ils se battent. Miss Granger, ne pensez pas que j'aie voulu faire ce cours clandestinement, et même si cela avait été le cas, je n'aurais certainement pas emmené une classe complète à l'extérieur si j'avais voulu passer inaperçu auprès d'elle. » lui répondit-il d'une traite. Il ne fallait pas non plus exagérer, il n'avait aucune envie de faire ce cours, surtout alors qu'il savait ce qui attendait un de ses élèves. « J'espère avoir dissipé ce doute, aussi j'aimerais qu'à présent, vous écoutiez attentivement ce que je vais vous dire. »

Tout le monde se tut et tourna la tête vers lui. Ah, au moins il avait encore le respect de ses élèves. Il n'aurait manqué plus que ça, qu'ils n'en fassent qu'à leur tête pendant le cours.

« Bien. Je veux aussi vous prévenir, la magie qui va vous être montrée est terriblement dangereuse, et peut provoquer des blessures physiques comme psychologiques qui pourraient avoir un impact à vie. Je pense que vous vous êtes tous, d'une manière ou d'une autre, confrontés à un mage noir et subi ses sorts pendant la guerre qui vient de se terminer. Aujourd'hui, je vais tout faire pour ne pas sortir de ce cours avec des blessés qui pourraient bien finir leur année à Ste Mangouste. Aussi, je vous demanderai d'observer tout ce qui pourrait se produire de loin, pour ne pas subir de dommages collatéraux, et surtout de rester calmes, quoi qui puisse bien arriver. Je ne suis pas là pour vous torturer, ou pour vous laisser des séquelles à vie, simplement pour vous montrer ce pour quoi ce cours a été créé. »

Toute sa classe restait totalement silencieuse, et il se surprit à se demander si c'était du pur respect, ou aussi une grande terreur qui commençait à les prendre –non, du simple respect, c'était déjà ça de gagné. La seule personne qui semblait perdre confiance en lui à chacun de ses mots était Granger, mais ce n'était guère étonnant; elle savait ce que c'était après tout. Elle l'avait subi plus d'une fois, s'il en croyait ce qu'on disait, et avait de bonnes raisons de craindre ce qui allait suivre. Malheureusement, elle allait, une fois de plus, être aux premières loges, il avait besoin d'elle pour avoir une chance de lutter contre cette forme de magie.

« Très bien. A présent, je vais demander à deux élèves de s'avancer. Monsieur Malefoy et Miss Granger, vous allez nous servir de cobayes. »

Il vit à la réaction de Malefoy –et à l'obstruction totale de son esprit dès qu'il tenta de le toucher- qu'il avait très bien compris ce qui allait se produire, et il n'en avait clairement aucune envie. Ah, il ne pouvait que le comprendre. Les deux élèves se placèrent devant lui, et il prit le temps de les détailler chacun leur tour, forçant le passage dans l'esprit de Granger, qui luttait sensiblement moins bien que Malefoy, et perçut des bribes de méfiance à son égard, mais par-dessus tout, il ressentait une crainte non dissimulée de ce qui pourrait se produire avec son camarade. Il faudrait qu'il soit extrêmement prudent. A son froncement de sourcils, il conclut qu'elle recevait très mal cette tendance qu'il avait à voyager dans sa tête, aussi il en ressortit enfin et se décida à reprendre la parole.

« Bien, miss Granger, vous êtes de très loin la sorcière la plus douée de votre génération, et j'espère de tout mon cœur que ce qui va se produire aujourd'hui ne vous affectera pas physiquement, parce que ce que je vais vous demander risque de sortir de tout ce que vous avez connu jusqu'ici. Vous allez affronter la magie noire, ne l'oubliez pas un seul instant, et défendez-vous en conséquence. Placez-vous plus loin derrière moi, et attendez un instant, je dois parler à monsieur Malefoy. » lui dit-il, et il revint au blond lorsqu'elle se fut assez éloignée. « Laissez-moi accéder à votre esprit, autrement vous risquez de ne pas être capable de faire l'exercice que je vous demande. » tenta-t-il, sachant pourtant très bien que ce n'était pas comme ça qu'il allait recevoir l'obtempération du jeune homme, ce qu'il ne manqua pas de lui faire remarquer sèchement. Il refusait catégoriquement de faire ce qu'il voulait de lui.

« Vous pouvez assurer tout ce que vous voulez monsieur, mais je sais que c'est dangereux, et je ne compte pas sombrer à nouveau dans cette magie. »

Très bien, dans ce cas il faudrait utiliser les grands moyens. Rogue avait cédé à ses assauts, ce n'était pas ce petit abruti qui allait lui résister. Il plongea ses yeux dans ceux du jeune homme et fit éclater une, deux, trois barrières qui se trouvaient sur son chemin, mais il n'atteignait pas encore l'intérieur de son esprit. Mine de rien, le bougre se défendait bien en occlumancie. S'il voulait faire vite, il allait devoir pousser le vice beaucoup plus loin que d'habitude.

Il se concentra davantage, et deux autres murailles s'effondrèrent, et il sentait enfin quelque chose; les défenses de Malefoy s'affaiblissaient, et il ne restait probablement plus beaucoup d'échelons à atteindre, malgré la tâche qu'il devait accomplir sur son esprit. Il devait aller bien plus loin que les pensées et les souvenirs, il devait contrôler sa volonté l'espace d'un instant, pour le forcer à plonger dans la magie noire pour ce cours. La directrice ne semblait pas réaliser la dangerosité de la chose, que ce soit pour les camarades de Malefoy ou pour le jeune homme lui-même. S'il forçait un esprit trop borné à se plier à sa volonté, cet esprit risquait de se briser.

Il maintint la tête du blond face à lui, alors qu'il essayait d'échapper à son emprise, et réussit enfin à briser la toute dernière barrière à ses souvenirs; à présent, il devait repousser tout ce qu'il voyait et s'enfoncer plus loin encore, et il savait exactement dans quelle direction il devait se rendre. Malheureusement, Malefoy luttait encore, et tentait de reprendre le contrôle. Non, rien à faire, il avait trouvé la porte. Il l'avait trouvée et comptait bien y accéder, quoi qu'il puisse bien faire. Ce fut encore un peu long, mais il entra enfin dans la salle de contrôle, et cessa toute la lutte entre eux. Ce fut à cet instant, quand il le poussa à faire remonter toute sa puissance mauvaise, qu'il réalisa qu'il n'aurait jamais dû le faire.

Juste avant de se faire violemment expulser de l'esprit du jeune homme et de lutter pour ne pas s'évanouir sous le choc, il eut le temps de percevoir une conscience qu'il n'aurait jamais dû réveiller. Il était tout simplement incapable, dans l'état dans lequel se trouvait actuellement sa tête, d'aider Granger, alors que le blond s'avançait vers elle en sortant sa baguette. Tout ce qu'il pouvait faire était de ne pas afficher ce qui venait d'arriver, rester bien droit et les mains dans les poches pour que ses mains tremblantes ne se voient pas.

Hermione vit son camarade se placer devant elle, baguette à la main, le regard inquiétant. Jamais elle ne l'avait vu avec de tels yeux cette année. Elle ne savait pas ce que le professeur lui avait fait, même si elle le soupçonnait de l'avoir forcé à s'éveiller à la magie noire. Pour tout s'avouer, elle était terrifiée, en particulier en le voyant comme ça maintenant. Elle ne savait pas de quoi il était capable, mais il était doué en magie -très doué. Et il ne faisait aucun doute que ses pauvres sorts de magie blanche n'allaient pas suffire à le repousser. Il était donc temps qu'elle fasse un peu de sport. Elle sortit sa baguette à son tour et se mit en position de duel… mais fut forcée à se baisser presque immédiatement. Tout ce qu'il avait attendu était de la voir prête. Elle dut rouler au sol trois fois de suite, évitant trois sortilèges de peu, et fut brûlée à l'épaule droite par le dernier.

Enfin elle réussit à riposter avec un basique Stupéfix informulé, qu'il dévia d'un simple moulinet du poignet, et il eut un sourire qu'elle jugea malsain; quelque chose dans ce sourire mettait son instinct de survie en alerte, et elle n'avait qu'une envie, celle de fuir à toutes jambes, mais elle ne pouvait pas amorcer le moindre mouvement de retrait ou de contre-attaque, il enchaînait ses sorts à une vitesse tout simplement alarmante. Il voulait sa peau, elle ne voyait pas d'autre explication. Puis elle vit un mouvement de baguette dont elle connaissait très bien les effets, mais n'eut pas le temps d'éviter le sortilège, et sombra dans l'inconscience moins de quelques secondes, et trouva Malefoy presque allongé au-dessus d'elle, ce même sourire sur les lèvres. Ses pupilles étaient dilatées, et il pointait sa baguette sur sa gorge.

« Alors, que vais-je faire de toi, à présent ? » lui demanda-t-il, et elle ne put prononcer le moindre mot, elle était tout simplement tétanisée. Il l'avait bloquée de tout son corps, et elle ne savait plus quoi faire dans cette situation. Elle était, pour la première fois de sa vie, complètement dépassée par les événements; et pourtant, elle avait combattu des Mangemorts au Ministère de la Magie. Mais elle avait l'impression qu'elle faisait face à un tout autre niveau; ce qu'elle voyait là, dans les yeux de Malefoy, ce n'était pas la haine qu'elle avait su reconnaître pendant toute sa scolarité à Poudlard, mais le plaisir sadique à l'idée de lui faire autant de mal que possible. « Alors ? Réponds. Que veux-tu que je te fasse ? » répéta-t-il en tournant tout doucement sa baguette contre la peau fine de son cou.

Elle retint un petit gémissement de douleur; la pointe était incandescente, et s'il continuait, il allait lui brûler non seulement la peau, mais tout ce qui allait passer sur son chemin. Sa baguette… sa baguette n'était pas à portée. Et si elle étendait les doigts… elle la frôlait. Elle sentait le bois sur le bout de son ongle. Peut-être que si elle étirait un peu plus son bras, elle réussirait à l'attraper correctement… Malefoy lui faisait mal, très mal. Il continuait à chauffer la peau et à enfoncer sa baguette plus profondément dans son cou. Elle devait… Voilà, elle l'avait enfin attrapée entre son index et son majeur. A présent, il fallait qu'elle réussisse à la pointer quelque part qui le forcerait à lâcher un instant pour qu'elle puisse se libérer. Elle réussit à la tourner vers la cuisse du jeune homme et pensa Diffindo, s'efforçant de suivre le tracé de la cuisse sans toucher l'os –elle voulait se libérer, pas le priver d'un membre de son corps.

« Qu'est-ce que tu fous ? Arrête ça. » lui ordonna-t-il en plaquant sa main à terre et en lui arrachant sa baguette pour la jeter au loin. « Arrête ça ma grande, tu te bats contre bien trop puissant pour toi. » répéta-t-il d'une voix doucereuse qui lui rappela leur ancien professeur de potions. Il souriait toujours, comme amusé par la situation dans laquelle il l'avait lui-même mise.

Elle ne pouvait plus rien faire pour se défendre, il lui avait arraché le seul espoir qu'elle avait, et à présent, elle ne voyait plus ce qu'elle pourrait bien faire pour se sortir de là. La douleur cuisante de son cou stoppa enfin, et il se releva pour aller récupérer la baguette, qu'il lui lança sur le nez. « Lève-toi. Plutôt que de tenter de me couper la jambe, défends-toi correctement, montre-moi donc que tu vaux quelque chose, parce que je ne le vois pas. » lui lança-t-il.

Aussitôt, elle prit sa chance à deux mains et se releva pour contre-attaquer enfin. Elle lança plusieurs Confringo qui furent déviés sur des pierres non loin de là, les faisant exploser tout autour d'eux. Et Malefoy semblait s'amuser comme un petit fou; il lançait des sorts dont elle n'osait même pas imaginer la puissance et les effets, et il s'amusait !

Elle n'arrivait pas à comprendre ce qui était en train de se produire. Quand elle le vit refaire le signe en croix, elle se prépara correctement et lança un Protego plus puissant que tout ce qu'elle avait jamais réussi à faire; ce qui ne l'empêcha pas de tomber dans l'inconscience à nouveau. Ce sortilège était donc un des plus puissants qui pouvaient exister… Elle fut à nouveau réveillée assez vite, et cette fois, Malefoy l'avait remise debout en la tenant par la gorge, et elle étouffait tout doucement.

Qu'est-ce qu'elle avait peur. Elle avait rarement été aussi terrifiée, même pendant son année de vadrouille avec Harry et Ron, parce que cette fois-ci, elle était seule, et c'était bien la première fois qu'elle ressentait l'immense besoin d'être aidée. Aidée contre Malefoy. Qui aurait cru qu'elle penserait cela un jour ? Jamais elle n'avait eu peur de lui, il l'avait blessée, mise en colère et donné pitié, mais jamais il ne lui avait fait réellement peur, même au début de l'année, lorsqu'il l'avait plaquée sur le sol de leurs appartements.

Non, il s'agissait d'un niveau tellement plus élevé qu'elle se sentait mal. Elle sentait ses mains moites et une goutte de sueur froide couler le long de son dos. Qu'est-ce qu'elle était mal. Elle retint un hurlement de douleur quand il lança un nouveau sortilège qui lui tordit les boyaux –et elle avait bien peur que ce n'était pas tout à fait une expression dans cette situation. Il la lâcha et elle s'écroula à terre, se cramponnant à son ventre. Et elle qui se plaignait parfois de ses douleurs de règles… plus jamais on ne la reprendrait à ça. Et le professeur, qu'est-ce qu'il faisait, enfin ?! Il ne pouvait donc pas réagir ? Il assistait à une séance de torture et ne faisait rien, comment pouvait-il rester stoïque ?!

« Ne regarde pas le prof comme ça Granger, il ne pourra rien faire tant qu'il ne se sera pas débarrassé du choc mental que je lui ai donné tout à l'heure, il lutte déjà suffisamment pour rester debout. Ce qui me laisse encore un peu de temps pour m'amuser avec toi… Tu vas être ma petite marionnette. » entendit-elle au-dessus d'elle.

La seconde d'après, elle fut à nouveau debout, sans avoir contrôlé son corps dans ce sens. Elle tenta de bouger, mais rien à faire; elle était tout simplement bloquée. Elle regarda le sourire et les yeux de Malefoy et préféra se résigner. Evidemment qu'il était derrière ça, et il allait en profiter au maximum. « Alors, la magie noire te plaît ? N'est-ce pas fantastique, ce qu'on peut faire ? » Il baissa sa baguette, forçant son corps à se mettre à genoux devant lui, et se mit à sa hauteur. Il leva doucement la main gauche, pour lui effleurer la joue et prendre tendrement une mèche de ses cheveux entre ses doigts. Même ses yeux s'étaient un peu adoucis, et elle se dit qu'il avait peut-être retrouvé ses esprits, que c'était peut-être sa manière de s'excuser.

Puis elle réalisa qu'elle était encore coincée par son sortilège, et envisagea davantage les chances qu'il veuille seulement lui couper les cheveux aussi courts que possible. Mais encore une fois, il la surprit et se contenta se coincer la mèche derrière son oreille, lui caressant le lobe et suivant le tracé de sa mâchoire pour lever légèrement son menton pour la mettre à la hauteur de ses lèvres. Enfin, il s'avança vers elle et approcha sa bouche de son oreille dégagée, et d'un souffle chaud et doux prononça des mots qu'elle n'avait plus entendus depuis longtemps à présent.

« N'oublie jamais… que tu es une insignifiante Sang de Bourbe. »


Pfiou, je viens de voir à quel point mon chapitre fait gros pavé... J'espère que vous n'avez pas été découragés de le lire pour autant xD

Et sinon, vous devez probablement me détester du plus profond de votre âme, ou quelque chose de ce genre, mais croyez-moi, je me suis haïe en écrivant ce cours, mais c'était absolument essentiel pour la suite... vous comprendrez bien vite pourquoi ;)

Et aussi, j'espère que le fait de rester à Poudlard et de ne pas bouger plus loin que le prof de Défense contre les Forces du Mal ne vous a pas embêtés, alors que les derniers chapitres, je naviguais entre McGonagall, Lucius, Narcissa, Ron, le prof, Drago et Hermione...

Tout ça pour dire... partagez-moi vos réactions autant que possible, hurlez si vous le voulez, menacez-moi de m'assassiner au verre pilé si vous voulez, mais dites-moi ce que vous pensez de ce chapitre !