Arf ! Presque un mois après la situation du chapitre 13, je reviens enfin ! Je suis navrée pour le temps que j'ai mis à écrire ce chapitre, mais j'ai eu des révisions assez intenses pour mes examens de mi-parcours, des projets dans tous les sens, et d'autres choses encore qui m'ont pris tout mon temps... mais bon, c'est sans compter le fait que seul le premier paragraphe de ce chapitre s'est écrit dès le lendemain de la publication du chapitre 13, et tout le reste cette semaine. Moi, l'inspiration, je l'ai, ou je l'ai pas, ya pas de juste milieu mes pauvres lecteurs. Et vous savez quoi ? Ce chapitre a explosé les records de commentaires en deux semaines, j'ai jamais vu ça, sept commentaires en deux semaines, wah ! Merci beaucoup !
betouni : Niark niark niark, je sais, je sais, je suis terrible hein ? Merci beaucoup en tout cas, contente que tu l'aies trouvé bien !
moustik : Merci pour tes trois commentaires, ça fait plaisir de voir des nouveaux lecteurs =D c'est cool que ça t'ait plu, que tu n'aies pas trouvé le temps long, merci !
papicpcn : Alors j'ai longuement hésité à te répondre, mais tout de même... je finis par le faire simplement pour te dire que mon inspiration ne se contrôle pas par "meuf t ou on veut la suite !", elle est horriblement récalcitrante à faire ce que je lui demande, je fais de mon mieux. Cependant, si c'était écrit à fins... humoristiques (?), désolée d'avoir répondu ainsi, mais je n'aime pas du tout qu'on me presse comme ça.
Enfin, avec tout ça, bonne lecture !
Il eut une telle tendresse dans ses gestes et une telle violence dans ses mots qu'elle mit un temps à réaliser ce qu'il venait de lui dire. Voilà des mois qu'elle ne les avait plus entendus, et même deux ans qu'ils ne venaient plus de sa bouche –sauf peut-être une bavure en début d'année. Mais c'était la première fois depuis longtemps qu'il les avait prononcés avec la claire intention de la blesser. Il savait l'effet que cela lui faisait, et en avait profité au maximum. Il était allée à un niveau qu'il n'avait jamais atteint jusque-là; même leurs premières années de Poudlard, quand il apprenait le mot et l'utilisait contre elle, jamais il n'avait eu cette volonté si féroce de lui faire du mal.
Elle se sentait nauséeuse, et s'il ne la relâchait pas, elle ne savait absolument pas ce qui risquait de se produire. Une boule contractait sa gorge à un point qu'elle n'aurait jamais pu soupçonner, et seule la pression qu'il exerçait sur elle l'empêchait de trembler de tout son corps. Elle sentait ses larmes monter doucement dans ses yeux, et bien malheureusement, elle ne pouvait rien faire contre elles. Elle gardait tout simplement le regard fixé dans le vide, tétanisée par la tournure des événements. Comment le professeur avait-il seulement pu laisser Malefoy faire ce qu'il lui faisait ? Et pourquoi ne réagissait-il toujours pas ? Elle… Elle avait désespérément besoin d'aide. Que quelqu'un-
« Endolo… »
« EXPELLIARMUS ! »
Neville. Neville venait de faire valser Malefoy plus loin, hors de son champ de vision, et se tenait à présent entre elle et lui, campé droit sur ses jambes. Elle pouvait enfin bouger, et il était largement temps de se reprendre. De faire cesser les tremblements qui avaient débuté dès l'instant où elle n'avait plus rien pour la retenir, et elle sentait ses joues et ses cheveux s'humidifier des larmes qu'elle n'avait même pas senties couler. Elle s'appuya faiblement sur ses mains pour se redresser un petit peu, et regarda un peu autour d'elle. Malefoy était déjà debout, face à Neville, et semblait terriblement en colère.
« Qu'est-ce que tu fous, Londubat ? Pousse toi, tu me prives de mon jouet. »
Un jouet. Oui, évidemment. Bien sûr qu'il la prenait pour un jouet. Pour quelle autre raison aurait-il bien pu lui faire cela, si ce n'était pas pour profiter de la petite chose qu'elle était à ses yeux ? Elle eut enfin le courage de se relever, forçant tous ses membres à se mobiliser pour se mettre debout et l'empêcher de s'effondrer à nouveau au sol. Elle ne devait plus montrer sa faiblesse face à ce monstre, et elle avait besoin de toute la distance qu'elle pouvait mettre entre eux. Toilettes. Il lui fallait des toilettes aussi vite qu'elle le pouvait. Elle avait besoin de partir, vite et loin. Plus rien avoir à faire avec lui. Elle ne réalisa qu'elle avait perdu toute notion des alentours quand Neville la prit dans ses bras et lui demanda si ça allait, et qu'elle en déduisit que tout devait être terminé.
« Que… Qu'est-ce qui vient de se passer ? »
« Le prof… Il a pris le relais. Regarde. »
Elle osa enfin revenir à la scène de combat, et ce qu'elle vit et ressentit lui glaça le sang. Malefoy était complètement submergé par une magie qui dépassait de loin son niveau. De la magie noire poussée au plus haut niveau permis avant de tomber dans l'impardonnable. Si elle n'était pas encore sous le choc de ce qu'il lui avait fait ces dernières minutes, elle irait immédiatement crier au scandale auprès de la directrice, mais pour l'instant, elle avait seulement besoin de trouver un endroit où se soulager.
« Neville… je dois partir. Je… J'ai vraiment besoin de partir. »
« Je t'accompagne. » lui répondit-il en resserrant sa prise autour de sa taille et en la portant à moitié vers le groupe d'élèves qui restait subjugué par la scène qui se déroulait devant eux. Donc, Neville avait été le seul à se décider à désobéir aux ordres donnés par le professeur… Elle s'appuya un peu plus contre lui; jamais elle n'avait autant ressenti un tel besoin de réconfort. Et pour la première fois, c'était lui qui le lui donnait, contrairement à ce qu'il se passait encore quelques années de là.
« … Toilettes. » souffla-t-elle alors qu'ils s'éloignaient de la classe et du combat.
Il ne dit rien, mais l'emmena vers les énormes portes du château, et la traîna sur les escaliers jusqu'à atteindre les premières toilettes qu'ils trouvèrent, sous les yeux ébahis de ceux qu'ils croisaient. Il la laissa dans une des cabines et ressortit de la pièce, ce dont elle lui fut grandement reconnaissante. Elle avait juste besoin… son estomac se contracta violemment, et elle se pencha au-dessus de la cuvette pour y vomir tout son petit déjeuner, qui avait pourtant déjà fait une bonne partie de son chemin, et s'appuya contre la cloison de la cabine, les genoux contre sa maigre poitrine, passa ses bras autour de ses jambes et y déposa son front.
C'était la pire expérience qu'elle ait jamais vécue, et pourtant elle avait subi les sortilèges de torture de Bellatrix Lestrange. Cette femme s'était seulement amusée à lui faire du mal physiquement, mais ce que Malefoy avait fait… non, c'était pire que tout. Il avait pris ses sentiments, les avait allégrement piétinés et les lui avait tout simplement fait gober une fois correctement souillés de toute la crasse qu'il pouvait trouver. Ce qu'il lui avait fait physiquement ce n'était finalement pas grand-chose, même si elle savait pertinemment que la marque dans son cou resterait définitivement, même du dictame ne suffirait pas à la faire entièrement disparaître. C'était la dernière chose qu'il lui avait faite qui s'avérait être la plus abominable. La mettre à genoux, ce n'était encore rien, mais l'insulte… l'insulte était revenue.
Elle était… elle étouffa un sanglot et se mordit la lèvre inférieure. Pas question qu'elle pleure encore. Ce petit con ne le méritait certainement pas. Elle n'avait pas à… non, non, elle le refusait ! Mais à un moment, elle ne put plus empêcher les larmes de couler, et de petits gémissements s'échappèrent entre ses dents. Elle avait tellement mal… et elle ne savait même pas pourquoi. Ils commençaient à s'entendre pourtant, ils s'étaient confiés l'un à l'autre ! Il fallait bien qu'elle l'avoue, elle avait dit bien plus de choses à Malefoy que lui ne lui en avait raconté, mais… cela importait-il vraiment ? Oui, cela importait maintenant. Il avait bien plus de matière à la manipuler qu'elle n'en avait. Elle lui avait donné certaines armes… qu'il avait utilisées à la perfection.
« Hermione ? Hermione, est-ce que ça va ? »
Et voilà, Neville s'inquiétait. Elle devrait peut-être ressortir, mais elle n'avait pas le courage de bouger, même un seul doigt. Elle parvint tout de même à se forcer à parler.
« Rentre si tu veux… » dit-elle d'une voix enrouée. Elle avait du mal à l'admettre à l'instant, mais elle avait besoin de quelqu'un qui la prendrait dans ses bras, et à défaut de Ron, elle pouvait bien prendre Neville en attendant le soir, où son petit ami viendrait enfin.
Il ne se le fit pas répéter et elle entendit un net « Alohomora », et quelques secondes plus tard, le brun s'asseyait et passait son bras autour de son épaule pour la serrer contre lui. Le silence qui suivit l'apaisa un petit peu, et elle se détendit tout doucement, se calant plus confortablement dans le creux de son bras et sortant enfin sa tête d'entre ses jambes.
« Tu vois Ron ce soir, pas vrai ? » lui demanda-t-il après un long moment. Elle hocha la tête, sachant parfaitement qu'il le verrait ou le sentirait. « … Bien. Il pourra être là pour toi, alors. C'est de lui que tu as besoin, pas vrai ? » Elle refit le même mouvement et entendit un léger rire nerveux. « Désolé de ne pas pouvoir faire plus. J'ai davantage l'habitude d'être réconforté que… »
« Merci. » chuchota-t-elle pour le faire taire. Il se débrouillait à merveille avec les moyens qu'il avait, il n'avait aucune raison de s'excuser. Elle se sentait même un peu mal à l'idée qu'il rate son cours, même si elle devait bien s'avouer que d'un autre côté, elle s'en fichait totalement. Pour la première fois de sa vie, elle était bien décidée à sécher ses cours de Défense contre les Forces du Mal tant que la pilule ne serait pas passée –chose qui risquait de prendre beaucoup de temps. De toutes manières, elle potassait suffisamment de livres pendant l'année pour savoir ce qu'il y avait à faire pour les ASPICS, et elle irait s'entraîner à la Salle sur Demande deux fois par semaine. Cela suffirait amplement.
Mais il faudrait peut-être bientôt bouger; elle ne savait pas quelle heure il était, mais elle tenait tout de même à aller voir la directrice avant que le repas de midi n'arrive. Il fallait absolument qu'elle lui dise ce qui venait de se produire. Un professeur avait laissé une élève se faire torturer, puis avait fait usage de magie noire. Il ne faisait aucun doute qu'une sanction suivrait, et elle espérait qu'il soit tout simplement licencié. S'il n'était pas capable d'assurer la sécurité de ses élèves, alors il n'avait pas sa place en tant qu'enseignant.
Elle se dégagea des bras de Neville, le remercia encore d'un faible sourire et se leva précautionneusement, prenant garde à ne pas faire de mouvements trop rapides qui la feraient s'effondrer de nouveau. Elle ne pouvait pas ignorer que son corps avait été malmené, et qu'il avait besoin de plus de temps qu'habituellement pour se mouvoir.
« Je… Je vais y aller, Neville. Je dois parler de ce qui s'est passé au professeur McGonagall. »
« Tu veux que je t'accompagne ? » offrit-il en se levant d'un bond –bougre chanceux, il n'avait pas eu le temps de se faire torturer, lui.
« Non, ça ira, c'est quelque chose que je veux régler seule. » lui répondit-elle en lui pressant doucement le poignet, puis elle sortit de la cabine et des toilettes. Il n'avait pas à s'inquiéter plus longtemps pour elle, elle était tout de même une héroïne de guerre, si elle n'était pas capable de supporter cela, alors qu'est-ce qu'elle était ? Bien sûr que c'était un coup dur, mais il fallait qu'elle se dise que c'était simplement parce qu'elle avait baissé sa garde. Oui, elle ne s'attendait plus à cela de la part de Malefoy, mais elle ne ferait plus l'erreur de lui faire confiance. Plus jamais. Elle savait à présent de quoi il était réellement capable, et si à un moment elle avait cru qu'elle pourrait un jour mettre sa vie entre ses mains, il avait au moins eu la délicatesse de la faire retomber sur terre avant que ce ne soit trop tard.
Elle marcha d'un pas vif vers le bureau de la directrice, et ce ne fut que quand elle se planta devant la gargouille qui en gardait l'entrée qu'elle réalisa qu'elle ne connaissait pas le mot de passe. Au hasard, elle tendit son insigne de préfète en chef vers elle, mais il n'y eut aucune réaction de la part de la statue. Au lieu de cela, elle vit s'afficher à l'arrière de l'insigne deux mots qui la laissèrent un instant sans voix, mais elle se reprit vite. C'était donc ainsi que cela fonctionnait pour les préfets ? Elle n'avait jamais eu à utiliser cette fonction de l'insigne jusque-là, mais elle était bien contente qu'elle existe.
« Thé verveine. » lut-elle, et la gargouille fit un pas sur le côté, lui laissant la place pour accéder à l'escalier en colimaçon, qu'elle monta sans hésiter plus longtemps, mais elle se figea au moment d'ouvrir la porte en reconnaissant la voix d'une des personnes qu'elle ne voulait absolument pas voir pour le moment.
« … et ce qui s'est passé dehors est tout simplement aberrant ! Jamais cela n'aurait dû arriver, et vous le savez aussi bien que moi ! Je vous avais prévenue dès que vous aviez lancé l'idée, c'était beaucoup trop dangereux de faire une telle chose, j'ai été amorphe pendant près de dix minutes, heureusement que Londubat a réagi au moment le plus critique, Malefoy était sur le point d'utiliser un Impardonnable ! »
« Ecoutez Emile, je vous ai donné cette tâche pour une bonne raison; vous étiez bien le seul à pouvoir gérer de tels débordements. J'avoue être plutôt déçue de voir que vous n'en avez pas été capable, mais au final, vous avez réussi à le contenir, non ? »
« Oui ! En le vidant de son sang ! Il a fallu que j'utilise le Sectumsempra pour qu'il se calme, est-ce que vous réalisez que c'est un des sortilèges les plus dangereux en magie noire ? L'unique raison pour laquelle il n'est pas un Impardonnable est parce qu'il n'est pas suffisamment connu des autorités, vous le savez très bien ! » tonnait le professeur, dont la voix vibrait de colère. Même Hermione pouvait entendre la rage qui l'animait, et elle commençait à mieux comprendre ce qui l'avait exactement poussé à faire ce cours.
« Emile, je commence à en avoir assez, donc réglez vos comptes avec le professeur Dumbledore, après tout c'est lui qui a voulu cela. » soupira finalement la voix de McGonagall. Voilà qui s'avérait plutôt intéressant… C'était donc Dumbledore qui avait demandé ce cours ? Elle ressentit soudain une énorme pression sur son esprit, et le ferma immédiatement. Le professeur venait de réaliser sa présence.
« Non. Je vais partir. » répondit-il d'une voix ferme. « Pour l'instant, j'ai besoin de me calmer. J'ai laissé les élèves tranquilles pour le reste du cours, je pense qu'ils en ont assez vu pour aujourd'hui. »
Elle l'entendit se diriger vers la porte, et se plaqua contre le mur à côté, dans l'espoir futile qu'il ne la verrait pas. Elle vit la porte s'ouvrir, se refermer, et sentit la main du professeur attraper son poignet et la traîner avec lui en bas des escaliers et dans les couloirs jusqu'à son bureau, où il la relâcha enfin. Elle avait l'impression que le trajet avait été très court, et ce devait sûrement être le cas, après tout il avait pratiquement couru pour y arriver.
« Bien. Il me semble que vous avez entendu ce qui vient de se passer dans le bureau de la directrice. Qu'est-ce que vous en pensez ? » lui demanda-t-il sans préavis.
Elle resta muette quelques instants, mais ce n'était pas le moment de flancher. Il était tout de même la cause principale de ce qui s'était produit dans le parc. « Pourquoi le professeur McGonagall a-t-elle demandé à ce que vous nous fassiez une démonstration de magie noire ? Et pourquoi avez-vous utilisé des élèves pour cela, alors que vous-même la pratiquez ? »
Il soupira et s'assit sur son bureau, face à elle. « Qu'est-ce que vous pouvez conclure de ce que vous avez vu avec le jeune Malefoy ? » la questionna-t-il à nouveau. Elle avait vraiment l'impression qu'il éludait le sujet qui fâchait.
« Répondez autrement qu'avec des questions s'il vous plaît, professeur. »
Il eut un rire étrange, nerveux et ironique à la fois, et serra le poing qui était posé sur la table. « La réponse que vous donnerez à ma question pourrait bien être celle que vous attendez. Vous êtes une jeune fille intelligente, je suis sûr que vous avez déjà compris de quoi il retourne ici. »
Ainsi donc il refusait de le lui dire lui-même. Très bien, elle était en position de force, c'était tout de même de sa faute si elle avait fini dans cet état. Elle dégagea ses cheveux du côté de son cou qui avait été brûlé par la baguette de Malefoy et le regarda dans les yeux d'un air aussi innocent qu'elle le pouvait. Eh bien, il ne voulait toujours rien lui expliquer ?
« Non, désolée, je ne comprends pas, pouvez-vous m'expliquer ? » insista-t-elle. Oui, elle savait qu'elle faisait une véritable entorse à ses propres règles, et elle se retenait de ne pas expliquer tout ce qu'elle avait parfaitement compris, mais elle avait besoin de l'entendre de la bouche de celui qui avait tout provoqué.
Mais elle comprit qu'elle avait peut-être exagéré et était trop sortie de son caractère d'origine lorsqu'il se leva et se planta devant elle, ses yeux verts –c'était bien la première fois qu'elle le remarquait- dans les siens. « Je le répète; vous êtes intelligente, et vous avez très bien compris de quoi il est question ici. Aussi, je vous demanderai de répondre à la question que je vous pose. » Son regard lui glaça le sang. Le vert sombre de ses yeux semblait s'obscurcir de seconde en seconde, prenant une teinte brune bien plus prononcée qu'auparavant. Mais ce n'était pas ce changement qui la gardait muette comme une carpe. C'était la violence qu'elle ressentait de toute son âme. Il était tout bonnement en train d'agresser ses défenses mentales, ne cherchant même pas à entrer dans son esprit, mais simplement à tout détruire sur son passage.
Elle inspira un bon coup et se décida à parler avant qu'il ne la force à le faire. « Vous vouliez absolument éviter de devoir utiliser la magie noire, parce que vous savez quel effet elle fait, à quel point elle est addictive, mais malheureusement, il a fallu que vous vous en serviez pour en finir avec Malefoy. Et à présent, vous le regrettez parce que, comme vous savez que je l'ai entendu dans le bureau de la directrice, vous avez utilisé un sortilège particulièrement redoutable. »
Et voilà, elle avait tout lâché d'un coup, et cela faisait du bien. Il avait enfin relâché la pression sur son esprit, elle pouvait enfin respirer. « Vous voyez bien, c'était une question facile. » lui dit-il de sa voix enrouée. « La magie noire est dangereuse, très dangereuse, et c'est la raison pour laquelle on m'a demandé de faire cette démonstration. Je voulais cependant éviter de l'utiliser moi-même, et je pensais que le jeune Malefoy, dont la peine était très légère pour ce qu'il a fait pendant la guerre, saurait se contenir, n'ayant pas eu trop le temps pour apprendre la magie noire. Force est de constater que j'ai eu tort comme jamais je ne l'aurais cru, puisqu'il s'est avéré qu'il en connaissait bien plus que je ne le pensais. Mais maintenant, rendez-vous à l'infirmerie, madame Pomfresh devrait être capable de guérir les blessures qu'il vous a infligées. »
Elle ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il fuyait le problème qu'elle lui collait sous le nez, et elle avait la terrible envie de le lui faire affronter. D'un autre côté, il venait de lui faire très peur, et elle n'était pas certaine de s'en sortir indemne si elle continuait à insister. Mais la tentation était trop grande, elle devait le lui faire remarquer.
« Monsieur, vous êtes bien plus âgé que Malefoy, il aurait semblé plus logique de votre part que vous fassiez la démonstration. Et pourquoi m'avoir choisie moi comme cible ? Là, une fois de plus, je ne comprends pas pourquoi vous ne vous êtes pas mis vous-même à ma place pour l'affronter. » lui dit-elle enfin.
Il cilla à peine avant de répondre. « Vous me sembliez pourtant le bon choix à faire. Et puis vous-même devez bien avouer que même si le résultat était inattendu, il n'aurait pas pu être aussi concluant si j'avais été en face. » lui répondit-il avec un sourire en coin.
Elle ne pouvait tout simplement pas croire à ce qu'il venait de dire. Si elle comprenait bien, il l'avait tout simplement traitée comme un cochon à envoyer à l'abattoir. Elle était absolument certaine qu'il savait depuis le début qu'elle ne ferait pas le poids, quel que serait le niveau de magie auquel Malefoy était habitué. Il l'avait lancée dans la gueule du loup en utilisant la confiance qu'elle avait envers ses professeurs. En fait, il l'avait traitée comme une Sang de Bourbe. Elle avait été son rat de laboratoire, qu'il pouvait sacrifier s'il le souhaitait sans en ressentir une trop grande perte.
« Que ce soit bien clair miss Granger, je ne vous voulais pas de mal, mais il fallait montrer à la classe à quel point la magie noire peut-être dangereuse quand elle est utilisée à mauvais escient, et ce qui s'est passé était la meilleure démonstration que l'on pouvait faire à ce sujet. »
Il était sali, elle l'avait pressenti depuis le début. Oui, elle avait connu Alastor Maugrey, Remus Lupin, Sirius Black et d'autres personnes qui au premier abord pouvaient susciter davantage de panique que de confiance, et elle avait très bien appris à voir au-delà des apparences, mais lui… lui, elle ne s'était jamais débarrassée de cette sensation de malaise qu'elle avait eue dès le premier cours avec lui. Et à présent, elle savait exactement de quoi il s'agissait. Cet homme était profondément mauvais, et n'aurait pas hésité un seul instant à la laisser se faire tuer si c'était ce qu'il avait fallu pour faire comprendre à la classe ce qu'il voulait.
Oui, à présent elle comprenait beaucoup mieux ce qu'elle avait toujours trouvé contre lui. Elle ne dit plus un mot et se contenta de sortir de son bureau, se dirigeant non pas vers l'infirmerie, comme elle devrait le faire pour se soigner, mais là où elle s'était rendue en premier lieu avant de se faire traîner par son professeur. Elle devait parler de son cas au professeur McGonagall et comprendre comment il avait pu arriver à ce poste. Cette fois, elle put enfin toquer à la porte et entrer.
Drago se réveilla avec un horrible mal de crâne et un goût de médicaments dans la bouche qui lui déplaisait fortement. Comment exactement avait-il encore fini à l'infirmerie ?! Ses jambes et ses bras ne lui obéissaient plus, son cœur battait rapidement et de manière irrégulière, et sa nuque picotait. Il n'arrivait plus du tout à savoir ce qui avait bien pu se produire, mais pour tout s'avouer, il n'attendait avec aucune impatience les flashs de souvenirs qui allaient certainement bientôt arriver. Il avait toujours peur de découvrir quelque chose de grave. Et il avait le pressentiment qu'il avait particulièrement raison de se méfier cette fois-ci. Il était persuadé, sans même savoir ce qui avait bien pu se produire, qu'il avait commis un acte qu'on pourrait considérer comme irréparable.
Il se força à ouvrir les yeux, et regarda autour de lui. Il sentait sa gorge se nouer simplement en se concentrant sur la dernière chose dont il se souvenait. Le professeur de Défense contre les Forces du Mal avait forcé le passage dans son esprit pour le pousser à utiliser la magie noire. Ce n'était pas surprenant qu'il eut un trou de mémoire, il l'avait ressenti comme une véritable agression, et une remontée de choses si horribles que sa raison était tout simplement partie se cacher.
Avant la guerre, Pansy aurait été à son chevet depuis certainement plusieurs heures, à attendre avec espoir qu'il se réveille. Et s'il avait été très agacé par cet attachement bien trop prononcé à l'époque, il fallait bien qu'il se l'avoue, cela lui manquait horriblement. Il devait la revoir, lui parler à nouveau, simplement entendre le son de sa voix et se nicher contre son ventre pour s'endormir. Oh oui, cela lui manquait cruellement.
Il ne savait même pas ce qui avait bien pu lui arriver, mais il sentait que le professeur avait beaucoup à se reprocher dans l'histoire. Et s'il avait fini à l'infirmerie, cela ne pouvait être que parce qu'il était allé suffisamment loin pour forcer quelqu'un à l'arrêter par les grands moyens. Il tourna péniblement la tête vers la porte d'entrée de l'infirmerie et aperçut madame Pomfresh, occupée à discuter avec Granger, qui avait l'air dans une colère noire. Il profita d'un instant de silence pour signifier son réveil en gémissant, faute de pouvoir faire mieux avec sa gorge endolorie.
Aussitôt, l'infirmière vint à son chevet, suivie de loin de Granger, qui s'assit sur le lit en face du sien, à deux mètres de distance. Le mauvais pressentiment grandit en lui, et il eut plus que jamais l'impression qu'elle avait été la victime toute désignée de son passage à la magie noire. Madame Pomfresh l'aida à s'asseoir et il avisa ses bras qui ballotaient piteusement contre le lit, puis observa Granger. L'expression qu'elle abordait lui faisait froid dans le dos, cela faisait bien longtemps qu'il ne l'avait plus vue ainsi. Elle contenait une terrible rage en elle, et il semblait que quoi qu'il pût dire à cet instant, elle exploserait aussitôt. Cela tombait plutôt bien, il était incapable d'articuler le moindre mot pour l'instant.
Cependant, il fallait qu'il comprenne ce qui avait bien pu se passer. Il ne se souvenait de rien pour le moment, et même si la perspective ne l'enchantait pas du tout, plus vite elle lui dirait ce qu'il avait fait, et plus vite le souvenir lui-même reviendrait en rappel.
« Madame Pomfresh, pourrais-je parler à… monsieur Malefoy seule à seul s'il vous plaît ? » demanda-t-elle sans le lâcher des yeux. L'infirmière resta plantée sur place encore un instant, mais elle les laissa tranquilles après lui avoir fait boire le contenu glacé d'une fiole en verre, lui expliquant que les propriétés de la potion lui permettraient de vite récupérer la faculté de faire à nouveau obéir son corps. Granger pointa sa baguette sur la cabine où elle était allée se terrer, puis la rangea à nouveau –ce qui avait plutôt tendance à le rassurer, alors qu'il savait qu'elle lui reprocherait une multitude de choses.
« Bien. Je vais profiter du fait que tu ne puisses pas parler pour faire un peu le point. » Il entendait sa voix qui tremblait de colère, et cela n'annonçait jamais rien de bon. Jamais il ne l'avait sentie d'une telle mauvaise humeur, et pourtant, ce n'était pas faute d'avoir essayé. Elle s'approcha de lui d'un pas lourd et se pencha juste au-dessus de lui, lui exposant sa chemise et ses boucles sauvages qui lui envahirent les yeux et la bouche. Elle dégagea son côté gauche, et il vit une petite mais profonde plaie brûlée en forme de cylindre particulièrement hideuse qui lui fit fermer les yeux de dégoût.
Quelque chose revenait doucement en mémoire, une idée très vague de folie meurtrière. Mais qu'est-ce qu'il avait fait ?! Il avait envie de lui hurler de tout lui expliquer, mais sa gorge refusait encore de répondre. Il sentait des picotements lui envahir progressivement dans les bras, les jambes, mais encore rien pour la gorge. Ses sensations revenaient tout doucement, mais sa faculté à parler avait décidé de le faire attendre.
« Impressionnant, n'est-ce pas ? Mais tu sais déjà ce qui s'est passé… » commença-t-elle, à nouveau droite face à lui, avant qu'il ne la coupe en entrant de force dans sa tête –elle n'était pas une très bonne occlumens, pousser un peu ses défenses suffisait à les faire tomber quand elle n'était pas attentive- et fouilla dans ses souvenirs récents, qui furent pour les premiers faiblement bloqués, et en apercevant vaguement Granbec dans son bureau, il comprit que ce n'était pas ce qu'il recherchait, et continua sa route jusqu'à voir le parc de Poudlard, et entra davantage en profondeur.
Il arrivait à présent à bouger le bout de ses doigts, et ses bras le démangeaient horriblement, il n'était plus qu'une question de temps avant qu'il ne puisse s'exprimer un minimum par gestes. Il détestait l'idée, mais s'il voulait un peu se faire comprendre, c'était la moindre des choses à faire. Mais peu importait pour l'instant, ce qu'il voyait dans les souvenirs de Granger le mortifiait. Bien sûr, quand elle lui avait montré sa blessure, il s'était bien douté qu'il en était la cause, mais jamais il n'aurait pensé qu'il avait pu aimer lui faire mal à ce point. Et ce qu'il avait dit sur la fin le laissait sans mot pour le qualifier. Il lâcha prise sur son esprit et se laissa retomber sur son oreiller, les yeux tournés vers le plafond.
Comment avait-il pu faire ça, alors qu'il mettait un point d'honneur depuis le début de l'année à oublier ce terme ? Mais il comprenait mieux la rage de Granger, et il ne pouvait absolument pas lui en vouloir. Elle lui avait donné une partie de sa confiance, et en utilisant ces mots, il était revenu plus bas qu'au point de départ. « Pourquoi as-tu fait ça, Malefoy ? Ça t'amuse de me torturer encore avec mes propres souvenirs ? » lança-t-elle d'une voix basse.
Il secoua légèrement la tête. S'il pouvait lui faire comprendre… Si elle pouvait saisir qu'il n'y pouvait rien, qu'il avait vécu un trou noir à partir du moment où le professeur avait touché à son esprit, peut-être qu'elle se calmerait. Tout le monde savait que Granger donnait plutôt facilement des secondes chances aux gens. Mais il avait bien peur d'avoir fait partir en fumée la sienne. Même s'il ne se souvenait de rien, les faits étaient là et non excusables. Il réussit à plier doucement ses genoux, testa ses bras et découvrit qu'il en reprenait enfin le contrôle. Il posa péniblement une main contre ses yeux et réfléchit plus longuement.
Il avait plus que jamais besoin de Pansy. Elle savait exactement ce qui lui passait par la tête d'un simple regard, elle aurait pu lui expliquer tout en détails. Il finit par attraper son oreiller et le plaqua sur son visage. Il avait besoin de calme, et tant qu'il était incapable de parler, il ne pouvait rien faire. Et si elle le lui arrachait des mains, elle serait assez proche pour qu'il l'attrape. Ce n'était probablement pas la meilleure chose à faire, elle risquait de vraiment s'énerver, et il pourrait en payer les conséquences. Mais il elle venait, il saisirait l'occasion. Il savait exactement comment faire pour exprimer ce qu'il ressentait, et même s'il allait devoir repousser sa fierté pour cela, elle le méritait bien.
Et... voilà ! Et dire qu'à l'origine, je pensais naviguer entre les points de vue de McGonagall, Granbec, Drago, Hermione et Ron, qu'il devait se passer à peu près trois fois plus de trucs dans ce chapitres... une fois de plus j'ai ralenti l'action, et je me retrouve avec encore un chapitre de décalage par rapport à ce qui était prévu dans mes plans, mais tant pis, j'ai même envie de dire tant mieux, ça veut dire que je développe bien mes personnages et ça me rassure quand même un peu !
Si vous voulez me conforter dans l'idée que je fais bien de ralentir l'action comme ça, faites-moi signe, si vous pensez que même en écrivant autant par rapport à ce qui était prévu, c'est quand même pourri, dites-le moi, si les personnages sont ou non respectez, signalez-moi toute entorse au caractère de Hermione ou Drago, si vous trouvez que Drago est un peu mou, trop compatissant, trop appréciable, ou si Hermione ne s'est pas assez emportée, dites-moi tout ça que je puisse améliorer mes personnages, que je pense bien être loin de la perfection !
Voilà voilà, j'espère que vous avez apprécié votre lecture, que vous aimerez celle-ci... et bonne fin de semaine/bonnes vacances à tous !
