*ouvre prudemment la porte, passe juste la tête* ... Hello ? Est-ce que tout le monde va bien ? *entre précautionneusement, vérifie autour d'elle qu'aucun piège de vengeance n'a été posé* Hm...

Je suis désolée T_T J'ai toujours des délais horribles entre mes chapitres, mais là je me disais que je devais tout de même finir ce chapitre avant mes examens (qui commencent la semaine prochaine), c'est la moindre des choses ! Et tout de même plus d'un mois est passé... mon dieu je suis désolée !

Enfin, j'espère que vous apprécierez d'autant plus ce chapitre si longuement attendu...

betouni : Hehe, merci pour tes reviews, comme toujours x) ravie que ça t'aie plu, et évidemment que je suis cruelle :p

mama : Ah, tu vas voir ça maintenant x) et pour le premier baiser, il va encore y avoir... beaucoup de péripéties, il ne faut pas rendre la tâche trop simple pour ces deux-là, voyons :p


Mais il se foutait d'elle ! Il n'allait tout de même pas éluder la question en se cachant ! Pas question que cela se passe comme ça ! Elle avança à grands pas vers lui et lui arracha l'oreiller des mains pour le jeter à ses pieds. Il allait devoir affronter… que faisait-il ? Ses bras étaient pris entre ses longs doigts et elle se sentit tirée vers lui. Son équilibre lâcha et elle manqua de l'écraser. Il posa son front contre son épaule et passa ses mains dans son dos, la serrant doucement contre lui. Elle avait juré de se méfier à présent d'une douceur pareille de sa part, mais cette fois, elle n'avait pas l'impression qu'il lui préparait un mauvais coup. Elle ne devait pas l'oublier, il ne pouvait pas parler.

Elle avait la vague impression qu'il voulait lui signifier quelque chose qui semblait très clair dans sa tête, mais elle n'arrivait pas encore à saisir quoi. Elle sentit son souffle tremblant sur son cou et se redressa un peu, le faisant lâcher petit à petit, et se remit debout. Il garda une main contre son avant-bras, et le serra tendrement. Oui, elle arrivait à comprendre lentement. Mais lui-même devait aussi comprendre que cela n'allait pas se terminer aussi facilement.

« Malefoy, nous allons… revoir ça quand tu auras à nouveau la capacité de parler. J'aimerais entendre ta version des faits, même si je comprends que tu me demandes pardon… si tu le veux réellement, il va falloir que tu l'exprimes avec des mots. »

Il hocha la tête et la relâcha. Elle se sentit souffler, et ce ne fut qu'ainsi qu'elle réalisa qu'elle était tendue depuis qu'il lui avait attrapé le bras. Evidemment qu'elle était tendue, elle avait encore le souvenir trop vivace de ce qui s'était passé le matin même. Le regard qu'il lui avait jeté… bien sûr qu'il n'était plus du tout le même à présent, mais Malefoy s'était montré terrifiant. Elle espérait pouvoir passer outre la terreur qu'elle avait ressentie, mais le fait était qu'il lui serait impossible de l'oublier.

Il était peut-être temps pour elle de quitter l'infirmerie, elle devrait peut-être un peu travailler à la bibliothèque en attendant dix-huit heures, lorsque Ron arriverait directement dans les appartements qu'elle habitait. Il lui restait environ cinq heures devant elle.

« Je vais à la bibliothèque, j'ai besoin de travailler un peu… » dit-elle simplement à l'attention du blond qui restait allongé dans son lit, la fixant longuement sans sembler saisir exactement ce qu'elle voulait de lui. Qu'il se repose pour le moment et récupère sa capacité de parler, et elle aviserait plus tard, selon son comportement futur, comment elle agirait face à lui les prochains temps.

Drago, de son côté, ne sentait toujours pas sa gorge, et ses cordes vocales refusaient toujours de réagir à ses stimulations. Bon sang, il voulait pouvoir parler, lui dire de revenir, de ne pas le laisser seul ! Il détestait l'infirmerie ! Rah, pourquoi Pansy n'était-elle pas revenue cette année, il aurait été moins perdu !

Il fallait qu'il lui envoie une lettre, qu'il lui explique ce qui s'était passé, ce qu'il avait supposément fait sans pour autant qu'il s'en rappelle –et c'était d'ailleurs bien ce qui l'inquiétait. Tout ce qu'il avait, c'était ce qu'il avait vu dans la tête de Granger, mais il ne parvenait pas à l'intégrer comme son propre souvenir. Il ne se souvenait tout simplement de rien. A présent qu'il était seul, et pouvait enfin bouger ses bras, il serait peut-être temps qu'il écrive cette lettre.

Il pourrait également en envoyer une à sa mère, elle parviendrait certainement à lui expliquer ce qui s'était produit. Son père lui avait appris quelques techniques basiques de magie noire, mais rien de bien dangereux, et lui avait toujours bien rappelé que c'était une magie violente, à n'utiliser qu'en dernier recours. Il lui avait répété un nombre incalculable de fois de faire attention à l'emprise de cette magie, d'éviter autant que possible de l'utiliser, mais jamais il ne lui avait expliqué pourquoi il devait montrer une telle prudence, alors que lui-même se servait d'une magie bien plus avancée sans en subir de graves conséquences –du moins il n'en avait jamais eu l'impression.

S'il savait bien une chose, c'était que l'oubli complet d'un tel événement était loin d'être normal. Il ne parvenait pas à récupérer le souvenir de ce cours, et ce n'était pas normal du tout. Même s'il s'était farouchement défendu contre l'intrusion du prof dans sa tête, cela n'avait été au final que par pure obéissance à l'un des seuls conseils bons pour lui qu'il se souvenait avoir reçus de son père, aussi il le respectait. Et maintenant qu'il voyait ce qui se produisait lorsqu'il lâchait prise contre la magie noire, il ne pouvait que comprendre parfaitement pourquoi il l'avait prié de faire attention.

Oui, il comprenait beaucoup mieux. Mais à présent, il voulait savoir pourquoi ses parents lui avaient caché les raisons pour lesquelles ils lui avaient conseillé une grande prudence, parce qu'il était à peu près certain que tout le monde n'avait pas de trous de souvenirs à chaque fois qu'ils utilisaient la magie noire. De plus, il avait gravement attaqué une fille qu'il commençait à apprécier, et s'il devait se battre contre cette magie, il aurait besoin de savoir comment et pourquoi.

Il réussit à attraper du bout des doigts sa baguette et fit un léger tourniquet dans les airs en pensant Accio parchemin, encre et plume, en espérant que les objets ne se casseraient pas en essayant de défoncer une fenêtre ou une porte, ce serait plutôt gênant, non ? Il vit la grande armoire aux portes vitrées de l'infirmerie s'ouvrir et les objets vinrent se poser directement sur son lit, intacts et prêts à servir. Ah, si l'infirmerie voulait bien céder cela, alors il était bien arrangé.

Il remonta la planche accrochée au lit et y posa le nécessaire pour écrire ses deux lettres. Tout d'abord, il allait écrire à Pansy, pour lui relater les faits; cela lui permettrait de voir un peu plus clair dans sa tête et ainsi pouvoir poser les questions de manière plus efficace; après tout, ses parents aimaient l'efficace et concis. S'il étalait ses pensées sur des dizaines de centimètres de parchemin, ils allaient tout simplement décider de ne pas le lire. Enfin, peut-être que sa mère lirait, mais certainement pas son père.

Blanche-Neige,

Tu me reconnaîtras par ce simple surnom qui remonte à un certain nombre d'années à présent, du moins je pense.

J'avais besoin d'écrire à quelqu'un qui me comprendrait, et plus important, qui ne me jugerait pas, et mère va déjà en entendre parler. Non, j'ai besoin de me confier à toi. Tu sais tout ce qu'i savoir de moi… hors peut-être les éléments de ma personnalité que j'ignorais jusque-là. Alors, comment commencer ? Il y a du nouveau depuis la dernière fois qu'on s'est vus à Halloween. Beaucoup de nouveau. Et pas seulement du bon, et je pense que je n'ai même pas besoin de te le dire, tu as déjà dû commencer à t'inquiéter lorsque tu as vu qui t'adressait cette lettre.

J'ai fait quelque chose de mal, aujourd'hui. Le problème, c'est que je ne m'en souviens pas, je ne sais que je l'ai fait qu'à cause des conséquences que j'ai pu observer et des souvenirs d'une autre personne. J'ai un gros, un très gros problème. Et comme d'habitude, je suis certain que ne pas me voir ne va pas t'empêcher de lire entre les lignes. Comment as-tu pu ne pas voir que je ne te voyais que comme une amie ? … non, peu importe, ce n'est pas le sujet. Je suis désolé pour… ça.

Mais donc, comme je disais, je suis sûr que tu as déjà deviné de la connerie que j'ai faite. Ou du moins, tu peux imaginer à peu près. J'ai fait du mal à Granger, et je me retrouve dans une situation où je culpabilise énormément. Ce n'est pas que ça me dérange de culpabiliser pour elle –je sais tout de même reconnaître mes torts- mais c'est plutôt ce que je lui ai fait qui est atrocement problématique.

Je ne sais pas exactement comment cela s'est produit, mais ce que je sais, c'est que le prof de Défense contre les Forces du Mal m'a forcé (oui, je dis bien forcé, il a violemment attaqué mon occlumancie pour entrer dans mon esprit et le contrôler) à utiliser la magie noire. Tu sais ce que fait la magie noire, tes parents aussi t'ont fait une démonstration. Mais il n'avait pas prévu que je deviendrais complètement fou. J'ai été sous l'emprise de la magie noire et j'ai torturé Granger. Du moins c'est ce que j'ai vu dans ses souvenirs.

Comme je l'ai déjà dit, mais je risque de beaucoup me répéter dans cette lettre, j'ai subi une grave amnésie de ce moment-là, je me rappelle seulement de mon réveil à l'infirmerie. J'étais complètement paralysé, de la tête aux pieds, et incapable de parler. Mais remarque, je suis toujours muet pour le moment, je ne sais pas ce que le prof a bien pu me faire –puisque d'après Pomfresh, ce serait lui qui m'a mis dans cet état. Je crois qu'il m'a lancé un Sectumsempra.

Je me sens mal, Pansy. Vraiment. Je pense qu'il va falloir beaucoup de temps avant de pouvoir me racheter pour ce que j'ai fait, même si Granger pardonne assez facilement. Je ne sais même pas comment elle a fait pour ne pas m'étrangler quand elle était à nouveau devant moi, à l'infirmerie. Elle tient à ce que je lui formule des excuses de vive voix dès que j'en serai à nouveau capable, et je compte bien le faire. Elle le mérite, non ? J'espère que ma voix va vite de rétablir, j'en ai vraiment besoin, et ça m'agace de ne pas pouvoir parler.

Granger, au final, est ma seule alliée dans Poudlard, cette année. Elle est… non, je ne dirais pas 'adorable', il ne faut pas pousser non plus, mais elle sait se montrer compréhensive. C'est pour ça que j'espère pouvoir lui expliquer correctement mon point de vue, je sais qu'elle le comprendra. Je crois que j'ai besoin d'elle, cette année. Elle a d'excellentes idées pour les choses qu'on doit faire en équipe –foutu Bal de mes deux, merci la directrice-, on discute bien ensemble… non, c'est vraiment plaisant de l'avoir de son côté. Et je me dis que si j'avais vu cela plus tôt chez elle, si je m'étais approché d'elle avant toute cette guerre absurde, j'aurais peut-être tourné différemment.

Tu sais, j'aurais pu éviter ce qui s'est passé à Poudlard, ces combats de la sixième année, la septième année aussi… j'aurais pu faire quelque chose pour éviter tout cela, si j'avais été sous l'influence de Granger. Mais maintenant, c'est trop tard pour y repenser, j'imagine. Mais je pense que c'est pour cela que je vis mal mon… erreur de ce matin. Je crois qu'elle commençait à me faire confiance, mais aujourd'hui, je sais que j'ai tout fait rater, en quelques minutes. Cependant, je crois qu'elle en veut davantage au prof qu'à moi. Je crois qu'elle a compris que j'étais complètement hors de contrôle, que je n'en étais même pas conscient. Oui, sûrement, maintenant que j'y pense. Mais je sais que dorénavant, elle gardera certaines distances de sécurité. Moi aussi, j'en prendrais, si j'étais dans son cas.

Enfin, j'ai l'impression que m'éloigner un peu du sujet. Mais je crois que je t'ai tout dit. Cette lettre s'avère plutôt longue au final, non ? J'imagine que j'avais besoin de vider mon sac.

Besoin de te revoir au plus vite,

Ton chasseur aux yeux d'argent.

Il relut la lettre entière, qui était parcourue de petites ratures soignées, de lignes parfois courbées, et au milieu du parchemin, de mots davantage griffonnés que réellement écrits, lorsqu'il perdait un instant le contrôle de sa main, et qu'il exprimait ses craintes pour la suite. Cela devrait passer. Pansy comprendrait très bien, et saurait lui dire ce dont il avait besoin. Elle l'avait toujours fait.

A présent, il était temps d'écrire celle à ses parents. Il avait absolument besoin de savoir ce qui avait pu se produire pour qu'il perde ses moyens ainsi. Il se sentait frémir dans tout son corps, et il savait que ce n'était pas une réaction au retour des sensations. Oh non, loin de là, il avait plutôt l'impression que son corps lui réclamait quelque chose, et ce n'était certainement pas sain. Il dut attendre que ses doigts cessent de trembler avant de découper le morceau de parchemin dédié à Pansy et remettre le bout de sa plume sur le papier, prêt à écrire à nouveau une longue lettre.

Mais, avant qu'il n'ait le temps de ne serait-ce que noter ses premiers mots, madame Pomfresh revint le voir et lui demanda de plier ses doigts, ses coudes et ses genoux, puis lui fit boire de nouveau la potion à base de dictame. Ce serait tellement plus simple et rapide si l'essence de dictame pouvait s'ingérer pure. Mais non, évidemment, cela l'empoisonnerait s'il le faisait. Tout ce qu'il espérait, c'était qu'au moins, sa gorge guérisse vite à présent.

« Je ne sais pas ce que votre professeur vous a fait subir, mais ce n'est pas un simple Sectumsempra qu'il vous a lancé, quoi qui m'ait été dit. Votre gorge a été bloquée par un maléfice bien plus traitre, et s'il refuse de m'en dire plus, je crains fort de devoir vous garder un peu plus longtemps que prévu. Tant que je n'aurai pas saisi ce qui vous empêche de parler, je préfère ne pas prendre de risque, on n'est jamais à l'abri de complications. »

Il hocha de la tête et baissa les yeux. Même s'il avait pu parler, qu'aurait-il bien pu répondre ? Granger avait raison, finalement. Ce prof était définitivement bizarre. Refuser de révéler les sortilèges qu'il avait utilisés contre un de ses élèves à l'infirmière était très suspect, et s'il cachait une telle information, alors cela signifiait que le sortilège était dangereux, vraiment très dangereux. Il ne serait même pas étonné si, les jours qui suivraient, madame Pomfresh lui annonçait qu'il allait devoir être envoyé à Sainte Mangouste pour le débarrasser d'un truc à tendances mortelles.

« J'espère pour vous que miss Granger viendra vous apporter ses cours, ils vous seront utiles pour les prochains temps. » acheva l'infirmière avant de sortir de l'infirmerie, sûrement pour exiger du professeur de lui donner des réponses. Mais le fait était qu'il était seul dans la salle, à présent. Il allait enfin pouvoir reprendre là où il s'était arrêté, et écrire sa lettre à ses parents.


« Bonjour les garçons, comment allez-vous ? » lança Angelina Johnson en sortant du bureau de George, alors que les deux frères s'affairaient au rangement de plusieurs sortes de boules puantes, alors que Zakari lançait les balais et les serpillères à l'assaut des traces de chaussures trempées qui avaient dévalé le magasin toute la journée.

« Ah, Angelina, comment s'est passée ta journée ? » lui demanda son petit ami en venant l'embrasser rapidement.

« Oh, c'était… animé aujourd'hui. Enfin, pas dans ma classe, mais… disons qu'un événement a fait le tour du château à une vitesse plutôt impressionnante, j'avais oublié combien les élèves peuvent vite répandre les rumeurs. »

Ron arriva à son tour pour la saluer, et alors que l'elfe continuait leur travail, ils s'assirent autour du comptoir. « Que s'est-il passé ? Pour que ça fasse le tour de Poudlard aussi vite que tu le dis, il faut que ce soit quelque chose de plutôt grave. »

« Ça ne va pas te plaire, Ron. Malefoy aurait agressé Hermione à la magie noire. »

Blanc. Ron semblait ne pas tout à fait réaliser ce que cela impliquait. Mais elle pouvait tout à fait comprendre; à sa place, si elle apprenait quelque chose d'équivalent pour George, elle mettrait un moment à s'en remettre, elle aussi. « … Quand ? »

Elle eut un léger sourire en entendant sa question. Il était vrai que les circonstances rendaient la chose particulièrement grave. « En plein cours de Défense contre les Forces du Mal. D'après ce que j'ai entendu, monsieur Granbec n'a pas bronché pendant cinq bonnes minutes, alors qu'Hermione se faisait tout bonnement torturer, et c'est finalement Neville qui a éjecté Malefoy. »

« Ron, je pense qu'Hermione va avoir besoin de toi ce soir, donc file maintenant, elle doit t'attendre. » lui dit George sans quitter Angelina des yeux.

Il hocha la tête et partit au pas de course vers le bureau, et quelques secondes plus tard, le son très caractéristique des flammes produites par la Poudre de Cheminette jaillit.

Ron apparut devant Hermione, qui lisait, allongée sur le canapé devant la cheminée. Lorsqu'il sortit de l'âtre, elle ferma son livre et se leva pour plonger dans ses bras. « J'ai… entendu ce qui s'est passé aujourd'hui. » lui dit-il juste. Elle hocha la tête, lui confirmant par ce simple geste que tout ce qu'il avait pu entendu était avéré, mais ne parla pas pour autant. « Je vais aller voir Malefoy. » rajouta-t-il en se dégageant légèrement. Elle se raccrocha à lui et secoua la tête.

« Il… il n'y est pour rien. » murmura-t-elle. « C'est monsieur Granbec… Malefoy a… il a été forcé à ça. »

«Hermione, je ne sais pas ce que Malefoy t'a dit, mais… on n'est pas forcé à l'utilisation de la magie noire. Il t'a juste… »

« Non, non c'est la vérité Ron. » le coupa-t-elle en le lâchant enfin pour le regarder dans les yeux. « Il a perdu le contrôle… je ne sais pas pourquoi, mais il a une sensibilité très forte quand il est au contact de la magie noire. Il n'y est… pour rien. »

Il resta silencieux, caressant les cheveux broussailleux d'Hermione. Il passa sa main sur son cou, effleurant sa peau, et il la sentit faire un mouvement de recul. Il fixa l'endroit où se tenait sa main quelques secondes auparavant, et vit ce qui avait résulté de la matinée. Une horrible marque de brûlure.

Et voilà, il avait bien que Malefoy était dangereux. Hermione pouvait lui dire ce qu'elle voulait, elle pouvait avoir pardonné à ce sale con, mais lui ne comptait pas le laisser passer aussi facilement. Il voulait bien respecter les choix d'Hermione, si elle voulait s'entendre avec Malefoy c'était son problème, mais s'il commençait à la menacer, alors il réagirait. Tout ce qu'il y avait à espérer cependant était qu'Harry ne l'apprenne pas trop vite, les conséquences pourraient être terribles.

Hermione évitait son regard, à présent. Evidemment, elle avait dû voir un changement sur son visage. « Où est-il, Hermione ? » Elle serra son poignet, comme si elle espérait qu'elle le retiendrait par ce simple geste. « Hermione, s'il te plaît. Dis-moi où il est, puisque d'imagine qu'il n'est pas ici, sinon il serait encore sur notre dos. » Elle hésita longuement, refusant toujours de le regarder dans les yeux, mais finit par lui avouer d'une voix timide qu'il était à l'infirmerie.

« A l'infirmerie ? Et pourquoi n'y es-tu pas, toi ? C'est toi qui as été blessée, non ? »

« … Il a été gravement ensorcelé par le professeur Granbec. » lui répondit-elle.

« Et alors, il t'a bien fait du mal, non ? Je suis sûr qu'il n'a pas qu'utilisé le sortilège qui t'a fait… ça au cou ! » finit-il en pointant la marque qu'elle abordait, et qui, dans d'autres circonstances, aurait pu s'apparenter à une marque originale de suçon. Oui, une étrange marque. « Ecoute, je vais aller le voir. J'ai… beaucoup de choses à voir avec lui de toutes manières. » lui assura-t-il en la repoussant tendrement sur le canapé. « Ne t'inquiète pas, je ne vais rien lui faire de mal, j'ai bien compris qu'il est convalescent. » dit-il en insistant sur le dernier mot d'un ton sceptique.

Elle planta enfin ses yeux dans les siens et sourit timidement. « Sois attentif à ce qu'il pourrait faire. Et… ne le considère pas tout de suite fautif… s'il te plaît. »

« Est-ce que tu vois ton état, Hermione ? » soupira-t-il avant de l'embrasser sur le front pour sortir des appartements. Il était évident qu'elle ne réalisait pas la tête qu'elle avait. Elle semblait exténuée, éprouvée, et les traces rouges sur ses joues ne mentaient pas. Elle avait pleuré pendant une partie de l'après-midi en l'attendant, et il comptait bien le faire payer à ce foutu blond.

Il entra à grands pas dans l'infirmerie, et le vit debout, face à madame Pomfresh, tremblant de tous ses membres.

« Allez vous recoucher monsieur Malefoy, si vous continuez à grelotter comme ça, vous allez finir par tomber malade. Je vais aller chercher de quoi vous éviter une infection à la gorge, ce serait le comble. Bonjour… monsieur Weasley, c'est bien ça ? »

« Oui. Je dois parler à Malefoy, ce serait possible ? » Elle le dévisagea un instant, puis hocha la tête, lui précisant seulement qu'elle devrait le faire partir une heure plus tard.

« Alors, Malefoy. » lança-t-il tout simplement quand il fut devant le lit de son ennemi, qui sourit, attrapant son parchemin pour griffonner quelques mots. Même si griffonner, quand on jugeait la calligraphie élégante de son écriture, était peut-être un peu dur. Il y lut une réponse plutôt courte, mais qui résumait bien la situation.

'Bonjour le rouquin. Petits changements depuis la semaine dernière, n'est-ce pas ? Je suis muet, je ne vais pouvoir m'exprimer qu'ainsi.'

« Justement, ça tombe bien que tu parles de changements. » lui dit-il, décidant d'écouter Hermione et de se montrer un peu indulgent avec Malefoy. Après tout, il semblait avoir subi certaines conséquences lui aussi. « Explique-moi donc tout ça. »

'Le prof m'a… je ne sais pas vraiment ce qu'il a fait, mais il semblerait qu'il ait jeté un maléfice sur mes cordes vocales, m'empêchant de les utiliser. Le fait le plus étrange étant qu'il refuse d'en expliquer les effets exacts et la manière de les soigner à Pomfresh, aussi je pense qu'il ne veut juste pas avouer qu'il a utilisé des sortilèges autrement plus dangereux qu'un Sectumsempra.' Alors qu'il passait à la ligne, Ron commençait à voir ce qu'Hermione voulait réellement dire. Oui, le prof de Défense contre les Forces du Mal avait fait un coup très étrange à Malefoy. Et il avait hâte de voir comment exactement.

'Mais j'imagine que ce n'est pas pour ça que tu es venu me voir.'

« Non, pas vraiment. Pourquoi t'es-tu attaqué à Hermione, alors que vous sembliez vous entendre tous les deux ? Du moins de ce qu'elle m'en disait, parce que je ne le vois pas vraiment quand je suis là. » Le blond eut un rire silencieux, et gratta à nouveau le parchemin de sa plume.

'J'ai appris à… lui faire confiance. L'apprécier est peut-être encore un bien grand mot pour le moment. Mais dans mon état normal, je ne suis aurais jamais fait ça, pas alors que je sais que notre confiance est réciproque.' Ron resta silencieux, l'incitant du regard à tout simplement continuer. C'était une atmosphère très étrange, et d'un côté, il sentait à cet instant qu'il avait définitivement mûri pendant cette guerre. Avant la septième année, il serait tout simplement venu à l'infirmerie pour étrangler Malefoy dès qu'il aurait appris ce qui s'était produit avec Hermione, sans même la saluer en passant par les appartements.

Or, à cet instant, il était debout, calmement en face de son vieil ennemi, à attendre qu'il note ce qu'il pourrait bien appeler ses confessions. 'Je ne nie pas que je suis en tort, absolument pas. Je sais que ce que j'ai fait est mal, et que ça a détruit le peu de relation cordiale qu'il pouvait y avoir entre Granger et moi.' Malefoy aussi avait dû grandir. Jamais avant il n'aurait avoué être en tort. 'Cependant, je ne me suis pas contrôlé. Quand je dis que j'ai un véritable trou de souvenirs, ce n'est pas une blague. Le pr'

« Tu as été possédé ? » le coupa Ron en pleine écriture. Ginny avait bien expliqué les effets que cela faisait. Un creux dans une période horaire.

'Si tu veux, oui. Je ne pense pas que ce soit tout à fait ça, mais quelque chose du genre en tout cas. J'ai été, pour reprendre tes mots, possédé par la magie noire.'

« Et pourquoi as-tu utilisé la magie noire contre Hermione si tu savais que tu n'allais plus rien contrôler ? » lui demanda-t-il en haussant un peu le ton, alertant Pomfresh qui revint au petit trot avec un gobelet d'une potion fraîchement terminée, demandant ce qui se passait donc. « Rien, rien… Aucune inquiétude. » Elle fit avaler le liquide à Malefoy, qui grimaça discrètement, et lui fit ouvrir la bouche pour inspecter la gorge.

« Tentez de prononcer les sons suivants : a, o, eu. » Malefoy sembla tenter, mais aucun son ne sortit de sa gorge. « Bon… on n'a pas fini avec cette histoire, c'est moi qui vous le dis ! J'en ai parlé à la directrice, j'espère qu'elle fera entendre raison à monsieur Granbec. Et faites attention vous. » dit-elle en se tournant vers Ron, les yeux menaçants. « Haussez encore le ton, et je vous mets à la porte immédiatement ! » Il hocha de la tête. Il voulait avoir le fin mot de l'histoire avant de retourner voir Hermione.

Malefoy sourit, amusé, et reporta son attention sur le parchemin pour continuer ses explications. 'C'est le prof qui m'y a forcé. Il a complètement détruit mes protections mentales (et pourtant j'en ai de très bonnes) et m'a contrôlé juste le temps de débloquer l'usage de la magie noire dans mon esprit. Le problème, c'est qu'à partir de là, je n'ai plus aucun souvenir, et j'ai repris conscience à l'infirmerie, le corps tout entier paralysé.'

« Très bien… dis-moi, qu'as-tu fait pour t'expliquer à Hermione ? Parce qu'elle ne semble plus avoir la moindre colère contre toi. » 'Elle s'est expliquée avec Granbec avant de venir me voir.' Malefoy leva la main vers lui, alors qu'il s'apprêtait à répliquer, lui signifiant qu'il n'avait pas fini. 'Et quand elle est venue, elle était certes encore en colère, mais déjà beaucoup plus compréhensive. Demande-lui donc directement ce que j'ai fait, je suis sûr qu'elle se fera une joie de t'en parler.'

« Explique-moi, tant que tu y es. » 'Pourquoi ? Tu ne veux pas entendre la version de ta copine ?' « Pas dans son état. Quand je suis arrivé, elle m'a juste pris dans ses bras. Si elle n'est plus en colère, il n'empêche qu'elle a été très éprouvée, et je ne veux pas l'emmerder plus longtemps avec ça. » 'Il y a des choses qui ne me concernent pas Weasmoche' Ah, ce foutu surnom le mettait toujours en rogne. Il serra légèrement les poings, mais continua de lire. 'et donc ce n'est pas à moi de t'en parler. Si elle veut te raconter ce qui s'est passé, elle te le dira. Sinon… eh bien tu pourras commencer à douter de votre relation je pense.'

Il allait éviter de lui confier, comme il l'avait déjà fait avec Parkinson, qu'il avait de plus en plus l'impression de ne pas être fait pour être le petit ami d'Hermione, Malefoy serait capable d'accélérer le processus en lui en parlant, ce qui serait horriblement gênant. 'Hm ? Ça se passe donc déjà mal ?' Ah. Oui, évidemment. Même s'il avait perdu l'usage de ses cordes vocales, il n'était pas plus con qu'avant.

« Ça ne te concerne pas, Malefoy. » 'Ne le prends pas mal Weasmoche, mais si tu es hors de la course, je ne pense pas qu'elle aura le moindre mal à se trouver des coups d'un soir.' Il crut qu'il allait craquer. Il ne manquait plus que quelques mots qui induiraient que Malefoy lui-même se ferait un plaisir de s'en occuper, et il pourrait l'étrangler pour de bon. 'Je ne sais pas si tu le réalises, Granger est une bombe sexuelle quand elle s'occupe de ses cheveux.'

« … Je sais. Et je sais aussi que je ne la trouve pas belle uniquement à ces moments-là. » 'Ses yeux, n'est-ce pas ?' Il l'interrogea du regard; comment diable pouvait-il bien avoir pu voir quelque chose qui soit beau chez elle, après toutes ces années à la mépriser ? 'Depuis que je la côtoie de plus près, c'est ce que j'ai remarqué de plus flagrant chez elle, donc j'imagine qu'en tant que proche de Granger, ça doit être ce qui doit te rendre fou d'elle. Les nuances dorées quand elle sourit.' Il sourit, et hocha la tête. Oui, pour une fois il était tout à fait d'accord avec Malefoy. Les yeux d'Hermione pourraient être une raison à eux seuls de l'aimer.

Mais quand il lut la petite phrase que le blond avait sournoisement ajoutée par la suite, il vit rouge. 'J'imagine que ça doit être quelque chose de plutôt inoubliable pendant l'orgasme.' Pire, quand il vit le sourire narquois qu'il lui lançait, il ne put, et ne voulut même pas retenir le poing qui claqua sur les pommettes de Malefoy, qui en rit silencieusement, mais de tout son cœur. Visiblement, il était terriblement content de son coup, et alors que Ron se massait les articulations de la main, il réalisa que Pomfresh était de retour à côté de lui, le fusillant du regard, et tendant le doigt vers la porte de l'infirmerie. Malefoy s'était couché sur son lit, les mains sur ses yeux, encore un énorme sourire plaqué sur le visage, secoué de soubresauts hilares. Petit con.


Wow. Je me rends compte à quel point j'ai fait une partie immense sur Ron xD en fait je crois que c'est à peu près moitié-moitié au niveau des points de vue de Drago et Ron. Et surtout... on peut en passer, du temps à l'infirmerie ! Je reste toujours bouche bée devant la capacité de ma Muse à faire traîner les chapitres en sorte qu'au chapitre 15 (quand à l'origine je comptais être à peu près à avril), je suis encore fin novembre. Vraiment impressionnant. Ça s'annonce être un projet encore plus gros que prévu !

Enfin, tout ça pour dire... j'espère que vous avez aimé lire ce chapitre, moi même si le fait de m'y mettre a été horriblement long (ça doit faire deux semaines que je m'y suis mise, et les deux parties ont chacune été écrites en trois heures environ, donc notez combien je répartis la tâche d'écriture n'est-ce pas...), au final j'ai adoré l'écrire, en particulier le passage de l'infirmerie entre Ron et Drago :) j'aime bien Ron, franchement après la guerre je pense qu'il a beaucoup évolué. Mais à vous de me dire ce que vous en pensez vous aussi :)

Je vous en prie, dites-moi ce que vous pensez de ce chapitre, ce qui vous a plu, moins plu, si vous avez eu du mal avec... je ne sais pas moi, peut-être le fait que Drago soit aussi expressif, qu'il se confie à Ron, ou au moins un peu, que leurs relations se passent aussi bien, ou si justement vous avez bien aimé ça... Dites-moi tout, je veux savoir ! =D

Gros bisous tout le monde et à plus ou moins bientôt (oui, je ne me fais plus d'illusions) !