Un mois.
... Oups. Je ne sais pas quoi dire. A part que je suis désolée, mais je crois que vous commencez à avoir l'habitude de ce refrain... u_u
MAIS cette fois j'ai une excuse ! Je devais écrire (accrochez-vous) 18.000 MOTS EN UNE SEMAINE. Ce n'est pas une blague, j'ai dû écrire 18.000 mots en une semaine.
Pour vous faire une idée, 18.000 mots revient à environ 1h30-45 de lecture, et 1.000 mots reviennent à 45 minutes d'écriture, donc on a environ 16h d'écriture pour 18.000 mots. Honnêtement, pour quelqu'un qui écrit, faire ça en une semaine, c'est très très dur, ça revient un peu à un suicide cérébral m'voyez. Enfin, le fait est que je n'avais absolument pas le temps pour J'attends un protecteur, mais du coup j'ai pas chômé après ça !
Du coup, suite aux reviews, je vais faire un très rapide résumé, fait de tirets reprenant les derniers chapitres.
Cependant, pour ceux qui me suivent encore : félicitations et merci de votre fidélité mise à rude épreuve !
betouni : merci pour ton commentaire, ça fait toujours plaisir de voir ton nom =D
Résumé rapide de l'histoire :
- Un scénario classique : Drago et Hermione, nommés préfets en chef (Hermione recevra l'insigne par lettre, tandis que Drago le recevra en main propre de McGonagall le jour de la rentrée pendant le banquet de début d'année), se retrouvent forcés à vivre ensemble dans des appartements communs, dans lesquels ils partagent la salle de bain et le salon. Un peu plus tard, ils apprennent -cerise sur le gâteau- qu'ils doivent préparer trois bals pour Poudlard; Halloween, Noël, Pâques.
- Le premier bal arrive, sous le thème de Rouge et noir, suite à une délibération mouvementée entre les deux préfets en chef, et ils se préparent dans leur salle de bain; le premier contact réel entre eux se fait, quand Drago observe Hermione se faire belle -et en fait très bien réussir. Il décide de lui prêter, pour attacher ses cheveux le temps de la soirée, une broche noire sertie de rubis que sa mère lui a envoyée.
- Deux jours avec Harry et Ron passent pour Hermione, lui permettant de revoir Hagrid et de se rendre à Pré-au-Lard avec eux. Elle assistera à la fin de la liaison de Drago et Daphné Greengrass -la fille avec qui il était supposé se marier dès la fin de leurs études. Celui-ci envoie une lettre à ses parents pour le leur annoncer.
- Lucius Malefoy, fraîchement sorti d'Azkaban suite à certains aveux et divulgations de noms de Mangemorts, tente d'arranger les affaires familiales en fonction de ce que Drago vient de décider. Finalement, un nouvel arrangement est trouvé avec la famille Greengrass, puisque celle-ci a une fille cadette, Astoria.
- Ron, de son côté, renoue d'une manière plutôt inattendue avec Pansy Parkinson, reprenant toute leur relation à zéro, et discutera régulièrement avec elle par la suite.
- Drago et Hermione se rapprochent de plus en plus avec le temps, jusqu'à ce qu'un drame se produise fin novembre; pendant un cours de Défense contre les Forces du Mal destiné à faire une démonstration de magie noire, Drago perd le contrôle de sa magie, blessant et traumatisant gravement Hermione, avant d'être lui-même ensorcelé et envoyé à l'infirmerie par le professeur Granbec, dont Hermione découvre, alors qu'elle vient lui parler des événements, que ses mauvaise intuitions sont vérifiées : ce professeur a un passé sombre et pratiquement inavouable.
- Alors qu'elle vient voir Drago à l'infirmerie pour s'expliquer avec lui, elle décide finalement de lui laisser encore une chance, lui laissant le temps de retrouver la parole pour s'excuser de vive voix, puis après son départ, il écrit une lettre à Pansy pour lui expliquer ce qui s'est passé et se confier. Plus tard, quand Ron apprend ce qui lui est arrivé, il court également sur place pour lui demander des explications, qu'il accepte de lire -à défaut d'écouter- calmement, jusqu'à ce que le blond fasse une remarque qui le fait sortir hors de ses gonds.
Bonne lecture !
« Madame la directrice, monsieur Granbec refuse de me dire comment annuler le maléfice qui pèse sur la gorge de monsieur Malefoy. Pourriez-vous réagir s'il vous plaît ? »
« QUOI ?! »
Mère, père,
Je vais être bref, et j'aurai besoin de réponses détaillées.
Aujourd'hui, je me suis éveillé à une puissance magique insoupçonnée, qui m'a coûté la confiance que quelqu'un que je commence à grandement estimer. Plus gênant encore, je n'ai aucun souvenir des événements, je ne sais ce qui s'est passé que parce qu'on m'en a parlé, je me suis simplement retrouvé muet et paralysé à l'infirmerie.
Aussi, j'aimerai avoir quelques réponses, puisque je suis certain que vous savez ce qui a pu se passer pour que je perde le contrôle.
En attente d'une réponse,
Votre fils.
Elle savait bien que cela tomberait un jour. Elle le savait. Elle avait pourtant dit à Lucius d'en parler sérieusement avec son fils, avant qu'un drame ne se produise. Mais bien sûr, avant la guerre il n'avait pas pensé utile de tout expliquer à Drago; pendant la guerre il n'avait jamais osé, de peur que des oreilles indiscrètes ne l'entendent; après la guerre il avait plus ou moins estimé qu'il n'y avait plus lieu de s'en inquiéter. Et voilà que Drago leur envoyait ça. Ah, Lucius allait l'entendre quand il rentrerait du ministère –où il avait eu une convocation de très bonne heure pour régler les derniers papiers suite à sa sortie de prison.
Ils allaient devoir tout dire à leur fils. Depuis le temps qu'elle attendait ça. Lucius lui avait toujours demandé de rester en dehors de cette affaire, et elle avait toujours accepté cette requête, mais cette fois il n'avait plus le choix. Elle avait la hâte mesquine de voir sa réaction quand il lirait la lettre. Lui qui avait toujours repoussé le moment de l'aveu n'allait plus avoir d'autre choix que d'enfin tout raconter à son fils.
En revanche, elle ne savait pas comment il comptait en parler à Drago; elle savait qu'il mettait toujours un point d'honneur à venir voir les gens pour discuter de choses sérieuses plutôt que de tout écrire par une simple lettre, et s'il n'avait pas été à Azkaban, il aurait très certainement fini par vivre caché quelque part dans Poudlard pendant la sixième année de leur fils pour s'assurer que tout se passait bien.
Aussi se posait-elle très sérieusement la question; bien que ce fût son droit le plus total de venir voir son fils à l'infirmerie, allait-il oser, alors que l'opinion des gens sur son compte n'était pas des plus glorieuses, poser ses pieds dans Poudlard ? Lucius n'était pas lâche; pas quand sa famille était en jeu. Mais depuis que monsieur Potter lui avait tout gâché, il fallait bien admettre qu'il n'aimait pas mettre les pieds à Poudlard. Et puis la guerre avait beaucoup aidé également; les Malefoy ne s'y sentaient tout simplement plus à leur place, et le fait que Drago ait été forcé à y retourner avait été un coup dur pour Narcissa, qui n'avait accepté l'idée que très difficilement, alors que son premier geste lorsqu'il était sorti d'Azkaban avait été de le prendre dans ses bras, et d'espérer que plus jamais il ne serait loin d'elle.
Elle laissa au Grand Duc de son fils une assiette avec quelques céréales et partit dans le petit salon où elle but son thé en attendant le retour de son mari, qui ne devait plus tarder. Le pauvre dormait peu depuis qu'il était revenu de prison, et il était exténué quand il était parti vers six heures pour le ministère –tout laissait penser qu'il avait encore été pris d'insomnies. La lettre de Drago allait probablement le perturber davantage encore, mais il était réellement temps d'en finir avec cette question.
Ce ne fut que deux heures plus tard, vers dix heures –décidément, le ministère n'avait aucune considération pour les anciens détenus, comment pouvaient-ils le faire attendre aussi longtemps ?- qu'un de leurs elfes de maison, Barandir, la prévint du retour du maître de maison. Elle se leva, épousseta sa longue robe et vint le retrouver dans le hall d'entrée, alors qu'il se débarrassait de son manteau et laissait à l'elfe le soin de le ranger.
« Comment cela s'est-il passé ? »
« Oh… » soupira-t-il. « Il a fallu que j'attende trois bonnes heures avant d'être reçu, et pour signer des papiers en tous genres… puisque comme tu dois t'en douter, j'étais loin d'être prioritaire sur la foule de personne qui allaient et venaient, malgré la convocation. »
Elle renifla sèchement. Elle ne supportait pas cette tendance des autorités à être si partiales. Cela avait longtemps été en leur faveur, mais il n'empêchait que le résultat était très biaisé. Ou plus exactement, si les procès étaient en général basés sur des valeurs justes –Kingsley n'était pas un mauvais ministre, il veillait lui-même à ce que les résultats ne soient pas la conséquence de ressentiments personnels-, la réinsertion suite à un passage à Azkaban dépendait d'autres personnes, et celles-ci la rendaient très difficile.
« Au moins, c'est réglé. » conclut-elle. « Viens donc manger quelque chose, tu n'as rien avalé avait de partir. »
Il la suivit d'un pas traînant et s'assit sur la première chaise qu'il trouva sur sa route, et Barandir vint lui apporter du pain et de la confiture de mirabelle, qu'il étala abondamment sur ses tranches.
« Drago nous a envoyé une lettre. » ajoute-t-elle en posant le parchemin à côté de lui. Puis elle sortit de la pièce, serrant ses deux mains l'une contre l'autre. Il valait mieux au moins lui laisser l'occasion d'en découvrir le contenu alors qu'il était seul. En attendant, elle se rendit dans s chambre, et prit un châle chaud qu'elle passa sur ses épaules. L'hiver commençait à devenir rude, et même le manoir avait du mal à garder sa chaleur. Quand elle redescendit de l'étage, Lucius l'attendait, blanc comme un linge.
« Narcissa… Qu'est-ce que je devrais faire ? »
Elle eut un petit sourire et posa sa main dans la sienne. « Il est assez grand et responsable pour comprendre. »
Il hocha la tête et baissa les yeux. « Je vais aller à Poudlard, cet après-midi. » Elle passa ses bras derrière son dos et le serra contre elle.
« Je pense que c'est la bonne chose à faire, oui. »
« Il serait peut-être temps de l'avouer, vous ne pensez pas, Emile ? » demanda le tableau d'Albus Dumbledore, alors que lui et le professeur de Défense contre les Forces du Mal passaient un instant seuls après le départ précipité de Minerva McGonagall.
Une journée était passée, et en ce samedi matin, onze heures, Emile Granbec avait été envoyé dans le bureau de la directrice, qui avait tout bonnement explosé en apprenant qu'en dehors du dérapage lors de son cours dont elle avait déjà entendu parler la veille, il refusait de donner à l'infirmière le contre-sort contre son maléfice, alors que celle-ci était démunie devant le problème de Malefoy.
Mais elle ne pouvait pas comprendre. S'il refusait d'aider, ce n'était pas par mauvaise volonté, mais parce qu'il ne connaissait pour le moment pas le contre-sort. Il avait créé ce maléfice juste avant d'arrêter l'utilisation de la magie noire, et il ne s'était donc pas encore penché sur la question. Il l'avait tout simplement jeté parce qu'il avait été le premier à lui venir en tête quand il s'agissait d'en finir avec Malefoy.
Mais entendre Dumbledore lui demander ce genre de choses lui donnait la fâcheuse impression qu'il avait tout prévu, une fois de plus. Ce vieux débris avait toujours toutes les cartes en main de toutes façons, et ce n'était pas cette situation qui allait changer la donne. Evidemment qu'il avait eu cette possibilité en tête.
« Cela va faire un scandale, monsieur. »
« En êtes-vous vraiment à ça près ? Et puis vous avez encore le temps de trouver le contre-sort, vous êtes un homme intelligent. » Il soupira. Que lui avait-il bien pris d'accepter ce fichu marché avec cet homme ? Il se retrouvait à présent dans de beaux draps. Il savait bien qu'il avait eu tort de sortir de son exil. Au moins, seul, il n'était pas emmerdé par les problèmes de société.
« Allons, allons, Emile, à la fin de l'année scolaire, vous serez libéré de votre fonction. » l'assura l'ancien directeur.
Comme toujours, l'homme semblait lire dans ses pensées, bien qu'il sût que ce n'était tout simplement pas possible sans qu'il le sente venir. Non, il avait simplement un pouvoir de déduction impressionnant.
« Si on ne me la retire pas avant… » marmonna-t-il. Son erreur était grave, très grave; on n'attaquait pas ainsi un élève sans en voir les conséquences derrière. Il allait sûrement recevoir de tous les côtés des remarques, des menaces et des mesures seraient certainement prises. S'il n'avait pas été renvoyé dès l'instant où McGonagall avait appris ce qui s'était produit pendant ce cours, c'était uniquement parce que Dumbledore –qui d'autres ?- avait dû la raisonner avec des arguments dont il ignorait complètement la teneur. Mais cette indulgence ne tenait qu'à un fil, et même si l'ancien directeur semblait trouver ça particulièrement attrayant, ce n'était pas le cas de celle qui dirigeait l'école à présent, et ce ne serait certainement pas le cas du ministère quand il apprendrait, d'une manière ou d'une autre, ce qui s'était produit.
Mais d'un autre côté, il avait bien hâte de revenir à sa tranquille solitude. Il était temps pour lui de se retirer dans son bureau. « A bientôt, j'imagine. » lança-t-il en se dirigeant vers la porte.
« A bientôt, Emile. C'est toujours un plaisir de discuter avec toi. » lui répondit Dumbledore. Où exactement avait-il vu le plaisir de cette conversation ? Bah, peu importait, ce vieillard était un peu fou, tout le monde le savait. Il ferma la porte et s'appuya un instant dessus. Il était épuisant, avec son regard impénétrable, ses yeux bleu électrique et ses phrases par moments très énigmatiques.
Il décida, avant de retourner se reposer dans son bureau, de se rendre à l'infirmerie. Après tout, ce que lui avait dit Dumbledore était implicitement l'ordre d'aller d'expliquer auprès de madame Pomfresh, aussi il était peut-être bien temps de lui avouer le problème. Quand il arriva, après avoir traversé des couloirs et intercepté plusieurs regards peu avenants, elle était en train de s'occuper de Malefoy, pestant contre lui-même et son manque de coopération. Bah, elle n'avait pas complètement tort, il ne l'avait pas aidée du tout à résoudre le problème, et bien malheureusement, il ne pouvait pas l'aider davantage en l'état actuel. Quand elle le vit, il aperçut son sourcil gauche tiquer, mais elle vint à sa rencontre.
« Qu'y a-t-il ? » lui demanda-t-elle sèchement. Bon, la discussion n'allait pas être aisée, mais il fallait bien qu'il s'y mette.
« Pourrais-je vous parler en privé un instant ? » Même si elle semblait très réticente, elle respira un grand coup et l'emmena dans son bureau, puis se tourna face à lui, les mais sur les hanches, attendant qu'il prenne la parole. Il allait devoir cracher le morceau, et le plus vite ce serait fait, mieux ce serait, aussi, il était inutile d'enrober l'aveu de fioritures en tous genres. « Je ne connais pas le contre-sort du maléfice que j'ai jeté à monsieur Malefoy. Mais je vais travailler dessus. » ajouta-t-il alors qu'elle ouvrait la bouche, visiblement prête à le manger sur place.
Elle roula des yeux. « Je savais bien que vous me diriez une chose dans ce genre. Trouvez très vite une solution, ou je vous ferai moi-même renvoyer ! » le menaça-t-elle. Elle le força plus qu'elle ne l'invita à sortir de l'infirmerie pour s'occuper de ses malades.
« Drago. » entendit-il d'une voix traînante qu'il connaissait très bien. Il ouvrit les yeux et vit son père et ses longs cheveux blonds, debout devant son lit. Il se redressa et l'interrogea du regard. « Toujours muet ? Bon… Peut-être qu'ainsi, je vais pouvoir m'expliquer sans craindre de me faire couper. » Il ne put résister à l'idée de lui faire un sourire hypocrite. Jamais il ne l'avait coupé alors qu'il lui parlait.
« Drago, je suis venu… suite à ta lettre. » Ah bon ? Il n'avait pas du tout vu le lien, non. Absolument pas. Il avait l'impression que son père se fichait de lui. Cependant, ses yeux avaient l'air très sérieux. « J'ai… estimé préférable de venir te dire ce que j'ai à te dire plutôt que de te l'expliquer par écrit. » Oui, bien sûr. Il savait plutôt bien comme son père était, à toujours privilégier le contact direct à celui de l'écrit. Alors que son père s'asseyait à côté de son lit, il se permit de se recoucher, pour ne pas s'épuiser plus que nécessaire. Pas qu'il était vraiment fatigué, mais Pomfresh l'avait elle-même dit, il valait mieux qu'il traite le mauvais sort qui agissait contre ses cordes vocales comme une maladie, et qu'il préserve donc l'énergie qu'il pouvait.
« Ecoute… Ta mère m'a souvent rappelé le sujet, j'aurais dû t'en parler bien avant aujourd'hui, mais je n'ai jamais pensé que c'était le bon moment. Mais à présent… je crois qu'il n'y a plus le choix, il va bien falloir que je t'explique tout cela. » Son père prit une longue inspiration, souffla, et fit une pause un peu plus longue. Il semblait que le sujet était un peu plus grave qu'il ne le pensait. Bah, ce n'était jamais évident quand on abordait le sujet de la magie noire.
« Tes affinités… inquiétantes avec la magie noire ont une origine qui remonte à la première année de ta vie, quand le Seigneur des Ténèbres était encore au pouvoir. Ta tante Bellatrix venait souvent au manoir. Elle t'adorait, tu sais, et elle jouait beaucoup avec toi. Je crois que sa stérilité l'a beaucoup atteinte… » ajouta-t-il, apparemment sans y penser, si Drago en jugeait par ses yeux un peu vitreux. « Enfin. Elle aimait beaucoup te donner à manger aussi, et parfois, ta mère et moi profitions de sa présence pour souffler un peu. Tu ne peux pas encore savoir à quel point il peut être épuisant d'avoir un bébé dans la maison. »
Drago commençait doucement à e faire un portrait plutôt improbable de sa tante aux yeux fous qui tendait une cuillère devant la version d'un an de lui-même et qui s'extasiait devant ses sourires. Dure image mentale. Et il pensait comprendre à peu près ce qui risquait de suivre. Si son père lui dressait ce portrait, ça signifiait que quelque chose s'était produit. Quelque chose de mauvais.
« Mais… comme tu dois t'en douter, ça a un jour dérapé. » Bien sûr qu'il s'en doutait, c'était flagrant. « Alors que nous étions sortis dans le parc se promener un peu, Bellatrix finissait de te nourrir, puis elle a sorti sa baguette. Tu aimais beaucoup qu'elle joue avec et te montre des petits sortilèges, comme des boules de lumières, ce genre de choses. Mais cette fois-là, elle avait allumé sa baguette d'un sortilège de magie noire, dont l'application se fait uniquement sur le bout de la baguette, et est destiné à certaines tortures, en enfonçant la baguette dans une partie du corps de la victime. »
Oui. Il connaissait le sortilège, pour l'avoir utilisé contre Granger. Son visage se ferma, et son père sembla le remarquer, et posa, à son grand étonnement, sa main sur son épaule. « Ce sortilège, elle l'avait lancé parce qu'il faisait une lumière que tu pourrais apprécier. Elle n'avait en revanche pas prévu que tu allais tenter de le toucher, et y parvenir. » Il attendit patiemment la fin du récit. Il connaissait d'où venait cette influence, de quelle période de sa vie, mais à présent il voulait comprendre comment exactement cela avait pu influencer ainsi l'influence de la magie noire sur son esprit.
« Même si tu as retiré ton doigt dès que tu as touché la baguette, le fait est que tu as été en contact direct avec la magie noire beaucoup trop tôt. Même si c'était un simple sort auquel tu n'as été confronté qu'une demi-seconde, il a eu une forte influence par la suite sur ton corps et la manière dont il recevait la magie, parce que ton organisme se formait encore en partie. Comme tu le sais, tu as montré les premiers signes de magie très tôt, mais moi comme ta mère savons très bien que c'est du fait de ce contact prématuré. Il faut être très vigilant avec ce genre de choses, et même si Bellatrix t'adorait, elle ne l'était certainement pas assez. Et c'était notre erreur à nous aussi, de ne pas avoir été là quand elle avait utilisé ce sortilège. »
Oui, ça devenait clair. Evidemment. Son corps réclamait tout simplement ce qu'il avait reçu dès son plus jeune âge, et ne le recevait pas. Il sentit ses mains trembler, et une question lui vint. Il se rassit, leva la tablette de son lit, prit la plume et le parchemin, et la nota. 'Quand avez-vous découvert cette affinité ?' Il était évident qu'ils avaient connu un événement qui leur avait faire comprendre qu'il était sensible à ce genre de magie. Son père mit un moment à répondre après avoir lu la question.
« … Tu avais huit ans. Au lieu de lancer des petits sorts comme d'habitude, tu nous as regardé, nous as souris… et nous as lancé un sortilège, directement sur nous, et tu as continué à t'acharner, essayant de passer nos défenses. » Il stoppa un instant et ferma les yeux. « Il a fallu que je te jette des Endoloris jusqu'à ce que tu sois au bord de l'évanouissement pour que tu te calmes enfin. »
« Pourquoi est-ce que papa me fait mal ? »
« Ton père… ne veut que ton bien, mon chéri. Il s'inquiète pour toi, et espère que tu seras un garçon qui saura reprendre la famille en main, comme lui l'a fait avant toi. »
« Tu l'aimes ? »
« … Oui, mon chéri. Je l'aime comme au premier jour. »
Drago secoua la tête. C'était impossible; son père avait été pris d'une énorme colère ce jour-là, et il avait toujours pensé que c'était parce qu'il le soupçonnait d'avoir encore été jouer avec des enfants de Moldus. « Ta mère t'a pris longtemps dans ses bras après ça, tu avais été très éprouvé par ma réplique. Nous nous sommes promis tous les deux de tout faire pour que tu ne retombes plus dans ce genre d'excès. »
Oui. Un des seuls conseils de son père que Drago tentait encore de respecter aujourd'hui. Ce récit l'effrayait quelque peu. Et puis au final, ça ne l'avait pas empêché de se constituer une liste plutôt conséquente de sorts de magie noire. Il en connaissait toute la théorie, de chacun de ces sorts, mais la veille était la première fois qu'il l'utilisait contre quelqu'un. Il hocha la tête et regarda son père, qui se leva. « Repose-toi bien, fils. » Puis il s'en alla.
Ça avait été une discussion très étrange. Mais au moins, il avait eu ses réponses, son père n'avait pas tourné autour du pot. Et en effet, même s'il n'avait pas vraiment pu réagir, il valait mieux l'entendre de sa bouche plutôt que le lire. La discussion –pour ne pas dire le monologue- avait duré une bonne heure, ce qui l'amenait déjà au milieu de l'après-midi. Il s'imaginait bien que Granger n'allait pas venir, alors que Weasley était là pour le week-end. Et le lendemain… le lendemain allait être une sortie à Pré-au-Lard. Il se demanda s'il ne serait pas possible d'avoir une autorisation de sortie de l'infirmière.
Pomfresh revint le voir et lui demanda de se lever. « Je vais voir ce que je peux faire avec les sortilèges que je connais. » Oh. Ça ne lui inspirait pas vraiment confiance. Elle marmonna quelques formules, et il tenta en vain de prononcer quelques syllabes. Ses cordes vocales semblaient scellées par un maléfice vraiment puissant. Il attrapa son parchemin et sa plume et griffonna quelques mots qu'il tendit devant elle. 'Demain, sortie à Pré-au-Lard. Pourrais-je y aller ?' « Il n'en est pas question. » Evidemment. « Regardez l'état de vos jambes, elles sont encore faibles, vous n'allez pas marcher toute une après-midi dans ces conditions ! »
C'était donc ça. Il eut un discret soupir et se rassit dans son lit. Il détestait rester comme ça à l'infirmerie, il n'y avait rien à faire. Cette fois, il espérait que Granger vienne le voir; il pourrait peut-être lui demander de lui apporter un livre, qu'il puisse s'occuper. Ou peut-être devrait-il faire son travail pour la métamorphose de la semaine à venir. Résigné, il reprit de quoi écrire et griffonna un vague plan qu'il affina doucement, avant de le barrer dans son intégralité et de recommencer.
Hermione avait l'air ailleurs. Ron pouvait dire ce qu'il voulait, elle répondait par monosyllabes ou, quand elle se réveillait brièvement, par une courte phrase et un sourire. Ça avait tendance à l'agacer, il était venu aussi vite que possible quand il avait entendu parler de ce qui lui était arrivé, et elle avait la tête ailleurs. Probablement chez ce con de Malefoy. Il avait peut-être pu avoir une conversation à peu près civilisée avec lui, mais ça ne l'empêchait pas de ne pas savoir le supporter. Il était peut-être muet pour le moment, mais ce qu'il avait écrit à son intention l'avait mis hors de lui. Et à présent, ils étaient, lui et Hermione, dans le canapé des appartements de préfets, en silence, elle dans ses bras, mais il avait l'impression que rien ne se passait entre eux. Elle ne parlait tout simplement plus.
« Hermione ? » Elle fit un bref son qui laissait penser qu'elle l'avait entendu et attendait de savoir ce qu'il lui voulait. « Qu'est-ce qui ne va pas ? Tu as l'air bizarre. » Il préférait jouer à l'ignorant pour le moment. Si elle avait quelque chose à lui dire, elle le ferait quand elle le souhaiterait, et en attendant, il pouvait bien jouer le jeu, non ?
« Oh, rien de grave. Je repense juste à… enfin, tu sais. A ce qui s'est passé hier. » En parlant de ça, il n'avait pas encore abordé le sujet auquel Malefoy avait fait référence. Un événement qui s'était produit entre lui et Hermione. Il était peut-être temps de lui en parler.
« Hier ? Malefoy m'a dit que quelque chose s'est passé entre vous. » lança-t-il sur un ton neutre, comme s'il annonçait qu'il allait pleuvoir le lendemain.
« Il… m'a montré à sa manière qu'il me demande pardon. Avec les moyens qu'il avait. » dit-elle d'une voix hésitante, légèrement tremblante.
« C'est-à-dire ? » Elle resta longuement silencieuse et serra les mains contre son T-shirt.
« Il m'a… il m'a pris dans ses bras. » Oh. C'en était donc à ce stade ? Ses discussions avec Parkinson lui revinrent en tête, et il souffla. Si elle disait vrai, si elle avait correctement analysé ce qu'elle avait vu, et s'il interprétait bien ce qu'elle lui avait dit, Malefoy semblait être passé à l'action. Mais s'il cherchait à se débarrasser de lui, il ne se laisserait pas faire. D'un autre côté, si Hermione lui disait qu'il fallait s'arrêter là… Il ne pourrait pas contester. Il la serra davantage contre lui et resta silencieux. « Ca… ça ne voulait rien dire, Ron. » ajouta-t-elle de sa voix hésitante, comme si elle interprétait son silence comme une mauvaise nouvelle pour eux.
La mauvaise nouvelle viendrait d'elle, si elle devait venir. Parce que lui comptait bien la garder pour lui aussi longtemps que c'était possible. Il avait eu besoin de longtemps pour l'avoir pour lui, il ne comptait plus la lâcher. « Je sais, Hermione. » lui répondit-il en l'embrassant sur le front.
Puis le silence retomba. Tous les deux n'étaient pas très à l'aise après cet aveu, et il se demanda un instant s'il ne valait pas mieux qu'il rentre au Terrier plus tôt que prévu. Mais il ne voulait pas laisser Hermione seule quand il savait ce qu'elle devait traverser. Peut-être était-il un peu paranoïaque aussi, après tout elle avait été torturée, c'était normal si elle avait la tête un peu ailleurs.
« Ah… demain il y a une sortie à Pré-au-Lard, c'est bien ça ? » Elle hocha la tête.
« Il faut que je passe chez le sorcier-tailleur, j'ai une question pour lui. »
« Très bien, on pourra y aller ensemble. Et après ça, les Trois Balais ? »
« Comme d'habitude, oui. » Elle se coucha sur ses jambes, les yeux fermés et un sourire aux lèvres. Il caressa tendrement ses cheveux broussailleux et elle se colla davantage à lui. Quel que soit l'état de ses cheveux, Hermione était belle, tout simplement. Il passa un doigt le long de sa mâchoire, et quand il arriva à ses lèvres, elle y déposa un baiser. Voilà; là il la retrouvait un peu, amoureuse et rassurée dans ses bras. C'était agréable.
Tant que Malefoy ne gâchait pas le tableau, ce qui ne risquait pas d'arriver pour les prochains jours, tout était parfait. Il valait mieux qu'il laisse ses doutes à plus tard. Ou mieux, qu'il les oublie. C'était ridicule, il l'aimait, non ?
« Minerva, laisse-lui une chance de faire mieux, s'il te plaît. »
« Ah, et pourquoi donc ? Deux élèves ont été blessés par sa faute pendant son cours ! Je ne peux pas laisser passer ça, Albus ! Il a mis un élève dans un tel état qu'il est confiné à l'infirmerie pour au moins une semaine, en théorie il devrait déjà être renvoyé depuis hier ! Alors je vous en prie, expliquez-moi pourquoi je dois lui laisser une chance ! » explosa la directrice. Elle avait l'impression que le pouvoir dont elle était supposée être bénéficiaire était resté entre les mains de son ancien professeur de métamorphose, et il ne lui avait toujours pas expliqué pourquoi il avait fait se rapprocher ainsi miss Granger et monsieur Malefoy, en instaurant de nouvelles structures qui n'auraient jamais dû être utilisées.
Bien sûr, ces appartements avaient toujours été là, au bénéfice d'Albus lui-même de son vivant, mais elle n'arrivait pas à saisir pourquoi il avait tenu à y installer ces deux élèves en particulier. Il pouvait lui jeter tous les regards innocents qu'il voulait, elle savait que ce n'était pas un hasard, et elle réussirait bien à lui tirer les vers du nez.
« Je lui fais suffisamment confiance pour cette tâche. Laissez-lui le reste de l'année, il ne fera plus d'erreur. »
« Cela ne dépend plus seulement de moi, mais du ministère également. Je veux bien garder l'incident pour moi comme vous me l'avez demandé, mais ce ne sera pas le cas des élèves. Si ça remonte aux oreilles du conseil d'éducation, ce professeur ne restera pas longtemps. Et si vous, vous étiez capable d'en changer certaines décisions, ce n'est pas mon cas. Ils ont déjà réussi à faire envoyer Hagrid à Azkaban pour moins que ça, et vous n'avez rien pu faire contre. »
« Je sais Minerva, et je ne vais pas te demander de t'opposer aux décisions du conseil d'éducation. Mais le plus longtemps Emile restera, le mieux ce sera. »
« Albus, expliquez-moi maintenant pourquoi vous tenez tant à faire tous ces changements cette année. Et puis je suis sûre que ce n'est pas un hasard, si ce sont monsieur Malefoy et miss Granger qui ont été les victimes de ce qui s'est passé. Qu'essayez-vous de faire ? » insista-t-elle encore une fois. Albus refusait toujours de lui répondre, quel que soit le nombre de fois où elle lui avait demandé, menaçant au début de l'année de ne pas obéir à ses requêtes tant qu'elle n'en connaîtrait pas les raisons, mais il ne lui avait jamais donné de réponse satisfaisante, changeant de sujet, ou même faisant la sourde oreille.
« Ce n'est rien d'intéressant Minerva, il n'y a pas lieu à s'en inquiéter. » Ou répondait-il ainsi, avec une phrase qui n'avait pas grand sens. Il lui fit un sourire doux et s'affaissa dans son fauteuil, fermant les yeux pour lui signifier que la discussion était terminée.
Ouf, il y a beaucoup de points de vue différents aujourd'hui ! x) Enfin, j'espère que vous estimerez que l'attente a valu le coup !
J'ai cependant une nouvelle plutôt intéressante à vous annoncer... normalement (je dis bien normalement) le prochain chapitre devrait moins tarder, puisque je l'ai déjà commencé, donc il devrait venir en maximum trois semaines ! Si tout se passe bien...
Enfin, bonne journée/soirée à tous, et commentez s'il vous plaît, c'est toujours bon de connaître l'avis des lecteurs =D
