Hello tout le monde, me revoilà "déjà" avec un nouveau chapitre !

Bien entendu, il est beaucoup plus court que le précédent, puisqu'on revient avec celui-ci à la moyenne de 4.000-5.000 mots. Mais j'espère que ça vous ira quand même !

N'empêche que j'ai essayé de faire vite pour vous l'écrire, parce que dans une semaine, je n'aurai pas internet à disposition pour trois semaine, donc je voulais absolument vous envoyer un chapitre avant ça... et c'est chose faite ! Et vous verrez, des choses intéressantes se produisent dans ce chapitre, j'en suis plutôt contente pour tout vous dire.

Enfin, place à la réponse aux reviews, et après ça, je vous souhaite bonne lecture !

mama: Je peux comprendre que tu soies déçue du comportement d'Herminoe, et en même temps ça faisait un moment que ça n'allait plus avec Ron et que tous les deux commençaient de toutes façons à voir ailleurs ^^ et puis pour l'instant elle est juste troublée, il n'y a pas de sentiments pour elle non plus, elle sait bien que rien n'est possible avec lui ^^

Niki2906: Je ne sais plus si je t'ai répondu par MP, dans le doute je te réponds ici... merci beaucoup pour ton commentaire, ça fait vraiment plaisir de lire que ça plaît quand même, même si c'est une histoire classique =D

Elena: Merci beaucoup, ça fait tellement plaisir de lire ça, vraiment =D et oui, j'adore Ron, vraiment, et je pense qu'il a énormément mûri pendant la guerre, donc à mon avis il n'est pas tellement plus mature qu'il ne l'est vraiment, j'ai peut-être un peu poussé, mais je pense qu'il peut vraiment être très réfléchi ^^ Et pour Astoria... bouahaha, tu verras bien hehe, mais en tout cas ça va être un personnage plutôt important oui :p

Et, euh... voilà en fait xD Bonne lecture, j'espère que ce qui se passe dans ce chapitre vous plaira !


Hermione leva les yeux de son devoir et regarda vaguement les livres qui s'étendaient devant elle. Elle s'était mise à sa place habituelle au fond de la bibliothèque pour ne pas être dérangée, mais rien à faire; sa tête ne voulait pas se vider. Et ça commençait à la rendre folle, il fallait qu'elle trouve un moyen de se sortir cette histoire avec Malefoy de la tête. Ce n'était rien après tout, ils n'avaient pas de sentiments l'un pour l'autre, il l'avait probablement embrassée simplement pour la réconforter, c'était venu sur le moment. Le baiser avait été intense, mais ce n'était pas bien important, ça ne voulait absolument rien dire. Elle sortit enfin ses yeux du vague dans lequel ils étaient plongés, et se remit au travail. Ah, comme quoi, il suffisait de se secouer un peu les idées, et ça venait tout seul. Une fois les pensées superflues éliminées, elle pourrait enfin travailler convenablement.

Ça faisait depuis deux jours qu'elle commençait à penser à leur baiser, et à l'intensité de celui-ci. Pourtant, une quinzaine de jours étaient passés, et ils avaient commencé à chercher la personne responsable de la lettre qu'elle avait reçue, à côté des cours qui avaient repris. Pour le moment, ils en étaient toujours au même point mort, mais ni l'un ni l'autre ne se décourageait. Ils trouveraient le responsable. Sentant le fil de ses pensées s'écarter de Malefoy, elle se concentra sur ce fait pour travailler sur son devoir qui n'avançait toujours pas.

Elle arriva à tenir dans cet état d'esprit jusqu'à la fermeture de la bibliothèque, deux heures plus tard, et se rendit enfin compte qu'elle avait plutôt faim, à huit heures du soir. Elle descendit dans la Grande Salle et se servit copieusement de la soupe au potiron qui se trouvait devant elle. Rien d'autre ne lui faisait vraiment envie, et au moins avec la soupe, elle prenait un minimum de temps à la manger, retardant le moment où elle se retrouverait en face de Malefoy, préférant ne pas avoir à le confronter tant que sa tête perturbée continuait de lui envoyer des images indésirables. Pourtant, elle savait bien qu'elle pourrait attendre encore longtemps avant que ça n'arrive, et il faudrait bien qu'elle remonte. Aussi, elle attendit encore un peu après son repas, et finit par retourner au quatrième étage.

« Oui, je le ferai Drago, arrête de me harceler avec ça s'il te plaît. » Hermione se figea, et se dissimula derrière un mur, ne voulant pas être vue pendant une discussion entre les deux Sangs Purs qu'étaient Astoria Greengrass et Drago Malefoy. « Profite donc de ce qu'il te reste de vie à Poudlard pour faire autre chose que penser à ça. »

« Tu es drôle, toi. Je ne demande que ça, mais mon père m'envoie une lettre toutes les semaines pour me demander comment ça avance entre nous. »

« Il veut être sûr que le courant passe entre nous. Mais ce n'est pas moi qui me suis désistée de mon dernier engagement très cher, donc tu te débrouilles tout seul avec ça, tu es un grand garçon. » Puis elle entendit des bruits de pas s'éloigner, et se décida à se montrer. Malefoy avait les mains dans ses larges poches de pantalon, et semblait très irrité. Néanmoins quand il la vit, son regard s'adoucit –c'était à peine perceptible, mais elle le vit, ses sourcils n'étaient plus aussi froncés, et il la couvait presque du regard. Ce constat la mit quelque peu mal à l'aise, et tout ce qu'elle put faire fut sourire et lui passer devant pour accéder à leurs appartements. Il la suivit de près, et quand ils furent entrés, il se dirigea directement vers le canapé face au feu ardent de la cheminée, et s'y étala de tout son long.

« Tu as des problèmes avec Astoria ? » demanda-t-elle innocemment.

« Ce n'est rien d'insurmontable, seulement c'est agaçant. J'ai l'impression qu'elle n'en fait qu'à sa tête. »

« De la part de celui qui a mis fin à un engagement, je trouve ça plutôt ironique. »

Il se redressa et la regarda au-dessus du dossier du canapé. « Ce n'est pas drôle. Mon père commence à vraiment m'emmerder, j'aimerais pouvoir profiter un peu de ma vie avant d'être enchaîné dans un mariage que je n'ai pas demandé. »

« Qu'est-ce qui t'empêche de refuser, tout simplement ? Tu pourrais mettre fin à une tradition idiote et choisir la femme que tu veux. »

Il secoua la tête avec un micro-sourire. « Ce n'est pas quelque chose que vous Nés-Moldus pouvez comprendre, je crois. Je suis issu d'une branche de l'aristocratie sorcière, j'ai beaucoup de responsabilités qui m'attendent, et la première est de perpétuer notre lignée de Sangs Purs. Si je ne fais pas ça… »

« Quoi, ta famille sera déshonorée ? Je pense que ton père s'en est très bien chargé tout seul pendant cette guerre. »

Il eut un temps d'hésitation, mais quand il reprit la parole, il était décidé et sûr de ce qu'il disait. « Je le sais, ça. Mais ce mariage est justement l'occasion de redorer le blason de ma famille. Les Greengrass sont des gens très influents, et beaucoup de personnes les respectent pour ce qu'ils sont et pour leurs valeurs. Avoir une connexion avec cette famille est la meilleure chose qui pourrait nous arriver. »

« Tu n'es pas intéressé par un mariage par amour ? »

« On apprend à s'aimer, dans ce genre de couples. Et ça ne devrait pas être difficile, Astoria est une fille exceptionnelle, et même si je vais devoir me farcir Daphné de temps en temps, au moins ce ne sera pas elle que je marierai, j'ai au moins pu prendre soin de ça. »

Hermione avait du mal à comprendre sa détermination à obéir ainsi à son père. Pourtant, d'après ses souvenirs, celui-ci n'était plus très bien placé dans son cœur. Elle sourit et s'approcha de lui, posa ses coudes sur le dossier du canapé et s'arrêta à sa hauteur, à quelques centimètres de son visage. Elle sentait son cœur battre plus vite alors qu'elle le regardait dans les yeux. En fait, elle aimait bien leur jeu. Elle aimait beaucoup voir ses pupilles se dilater d'anticipation et percevoir un petit mouvement en avant quand elle se tenait si proche. Oh, elle savait bien que ça n'arrangerait pas du tout ce qu'elle ressentait en ce moment, mais elle n'avait pas pu s'empêcher de faire ça une fois par jour depuis leur baiser.

Mais par-dessus tout, ce qu'elle aimait dans ce jeu était le petit éclair bleu qu'elle voyait passer dans ses yeux argentés, et qui devenait davantage une lueur puis une tâche qui s'agrandissait quand ils restaient longuement ainsi. Une fois, elle avait failli craquer et passer la barrière de quelques centimètres qui les séparait pour l'embrasser, mais c'était trop tôt. Elle ne voulait pas faire quelque chose qu'elle regretterait par la suite, elle avait d'abord besoin d'ordonner correctement ses idées, et même si ce jeu ne l'aidait pas à le faire, elle voulait s'amuser avec lui, et ça ne semblait pas le déranger, si elle interprétait bien le petit sourire coquin qu'il avait présentement.

« Quoi ? »

« Tu vas finir par craquer. Et quand ça va arriver, je te ferai regretter de m'avoir frustré comme ça, fichu épouvantail. »

« Tu vas encore pouvoir attendre un moment, le décoloré. » Elle s'approcha pour déposer un baiser sur sa joue. Elle le sentit prendre une longue inspiration, et se dégagea, un sourire en coin. « L'épouvantail va gagner le jeu, espèce de Sang Pur. » Puis elle partit dans sa chambre déposer enfin son sac de cours qu'elle avait laissé par terre. Quand elle y entra, elle dut fermer la porte et s'appuyer contre elle, parce que ses jambes étaient en train de la lâcher. Elle était en train de faire une grosse bêtise et elle le savait très bien. Si elle continuait comme ça, c'était son cœur qui n'allait plus suivre, et elle devait absolument réfléchir davantage à ce qu'elle ressentait pour Malefoy.

Elle était troublée, et elle savait bien qu'elle était encore loin d'être amoureuse de lui, très loin, mais elle avait peur de commencer à avoir des sentiments pour lui. Elle n'avait certainement pas besoin de ça, elle en souffrirait beaucoup trop, Malefoy était bien trop décidé à suivre ses engagements. Mais le simple fait qu'elle y pense était déjà effrayant pour elle, il fallait quelle trouve une solution pour arrêter immédiatement les frais.

Elle se releva progressivement et attrapa le devoir sur lequel elle travaillait pour retourner dans la salle commune. Malefoy semblait avoir reçu une lettre plutôt importante, et quand elle s'assit à côté de lui, il n'eut pas de réaction, plongé dans sa lecture.


Narcissa fut très surprise de voir Lucius s'installer à côté d'elle dans un des canapés du petit salon, et se demanda ce qui lui arrivait donc quand il posa sa tête sur son épaule. Elle aimait beaucoup venir là pour lire un peu pendant la journée, mais il ne venait que très rarement pour l'accompagner, et il n'était encore jamais arrivé qu'il vienne chercher du réconfort dans cette pièce. Pourtant, il ne parlait pas, ne bougeait pas, et ne semblait pas attendre d'elle le moindre geste en plus. Tout ce qu'il paraissait avoir envie de faire était de rester là, contre elle.

Elle ferma doucement son livre, le posa sur la table à côté d'elle, et saisit la main la plus proche. « Lucius ? Que t'arrive-t-il ? »

« Tu ne crois pas… qu'on devrait simplement laisser Drago choisir ce qu'il veut faire de sa vie ? »

« De quoi parles-tu ? »

« De toute cette histoire de mariage. Je lui envoie beaucoup de lettres en ce moment, et même s'il dit le contraire, je vois bien qu'il aimerait avoir le choix de l'épouse. Et je commence à penser que ce serait mieux ainsi. »

Elle lui caressa doucement la main, mais ne répondit pas. Il la connaissait bien assez, il savait ce qu'elle pensait de cette situation. Et puis ce n'était qu'un doute de passage pour lui, elle aussi savait bien qu'il reviendrait vite à ses certitudes habituelles. Ils restèrent longtemps silencieux, se contentant de douces caresses, et au bout d'un temps qui lui parut très long, ce fut elle qui reprit la parole.

« Tu te souviens… quand on s'est rencontrés ? »

Un beau rire sortit de la bouche de son bien-aimé, et il se redressa pour la regarder directement. « Comment pourrais-je l'oublier ? J'ai eu besoin d'une semaine pour me soigner de cette conjonctivite, et c'était terriblement douloureux. » Elle sourit et déposa un rapide baiser sur les lèvres fines de son mari.

« Qui aurait cru que je me marierais à l'idiot qui avait osé m'appeler 'cadavre ambulant'… »

« Bon, d'accord, ce maléfice était peut-être -bon, bon, très mérité. » Il se leva doucement du canapé et l'entraîna avec lui, la prenant par la taille pour la presser contre lui. « Mais tu étais de loin le plus beau des cadavres qu'il m'ait jamais été donné de voir. » Elle longea son torse de ses longs doigts et les passa autour de son cou. Que c'était bon d'être là, juste tous les deux, comme avant la guerre, quand tout allait pour le mieux. Il l'embrassa doucement sur le front, et la regarda dans les yeux. Elle avait l'air soucieux. « Que t'arrive-t-il, à toi ? »

« Je songe depuis quelques temps à reprendre contact avec Andromeda… tu sais, depuis que… enfin, que Bellatrix est morte, je pense que ce serait peut-être plus simple. » Il la serra davantage contre lui. C'était fou tout ce qu'ils arrivaient à se dire avec les silences et de simples gestes. Et elle savait qu'il la soutiendrait, quel que fût son choix. Leur couple avait toujours fonctionné ainsi; leurs décisions se prenaient presque silencieusement, et leur soutien se scellait par un baiser. Ils n'avaient pas besoin de plus; ils n'avaient jamais eu besoin de plus.

Narcissa leva la tête et l'embrassa. Ses lèvres étaient toujours aussi douces que la première fois qu'il y avait touché. Aussi douces que le jour de leur mariage. Ils avaient eu besoin de cinq ans pour se supporter et s'aimer. Cinq années pendant lesquelles la maison de Serpentard se trouvait animée presque tous les soirs par une nouvelle dispute, et l'infirmière les connaissait si bien au bout de la première année qu'elle leur avait réservé des lits au fond de la salle et leur confisquait dès leur entrée leurs baguettes. Mais Narcissa avait toujours été une élève brillante. Quand on était capable en troisième année d'envoyer un maléfice de Conjonctivite, on avait un bel avenir devant soi.

Souvent, après la première guerre, il regrettait sincèrement de s'être mélangé aux Mangemorts. La vie aurait été bien plus tranquille s'il était resté en dehors de tout ça. Il n'aurait pas eu constamment peur pour sa femme, enceinte jusqu'au cou, puis pour Drago, âgé d'à peine plus d'un an quand le Seigneur des Ténèbres avait été annihilé par Harry Potter.

Il s'éloigna de sa bien-aimée, lui fit un doux baisemain et prit congé. Il avait encore des choses à faire, des lettres à envoyer, entre autres au Ministère.

« Lucius ? » Il se retourna vers elle. Elle lui donna un simple sourire, mais cela suffisait. Entre eux, 'je t'aime' n'était qu'un amas de mots qui ne signifiaient rien. C'était un fait acquis, qui ne changerait pas, qui avait survécu à deux guerres et plusieurs séjours à Azkaban.

« Je serai toujours là. » Et il sortit du petit salon. Narcissa resta encore un instant debout, à regarder la porte qui s'était refermée, puis soupira, s'assit dans le canapé et reprit son livre.


Des éclairs verts qui fusaient de partout. Des corps qui tombaient. Et là, non loin d'elle, le corps d'Harry. Non, non, ce n'était pas possible. Mais elle n'avait pas le temps de s'arrêter ! Elle continua à courir, avalant ses larmes qui montaient, et assomma trois sorciers sur sa route. Nagini. Il leur avait donné une mission, il fallait s'occuper de Nagini ! Elle devait trouver l'animal, et même s'il fallait utiliser le Feudeymon, elle le ferait, cette fois. Sa baguette était prête pour ça, elle était prête à réagir à tout –soudain, elle entendit un grognement de Ron, et elle n'eut que le temps de tourner la tête pour le voir tomber, les bras en croix, touché par un sortilège mortel. Elle se retourna et se déchaîna. Plus rien à perdre –plus rien à perdre ! Elle leva sa baguette et prononça les mots du sort destructeur. Des flammes gigantesques s'échappèrent, mais elle n'eut pas le temps de faire trop de dégâts; à peine avait-elle commencé qu'elle vit, juste devant elle, Drago Malefoy pointer sa baguette vers elle. Un éclair vert.

Elle fut sortie brutalement de son sommeil, tremblante et en sueur. Elle se demanda si elle avait crié, mais certainement, Malefoy était debout devant elle, ses mains sur ses épaules; il avait dû essayer de la secouer pour la sortir de là. Elle sentit une ou deux larmes couler le long de ses joues, mais elle ne bougea pas, le fixant longuement.

« Bon sang Granger, ne me fais plus des frayeurs pareilles, j'ai cru que tu ne te réveillerais jamais ! » s'énerva-t-il, se redressant. Elle eut l'impulsion stupide de s'assoir pour le prendre dans ses bras, le saisissant au niveau de la taille, et plongea son nez dans son nombril. Elle ne savait pas combien de temps elle avait été dans ce rêve, mais elle n'avait jamais été aussi rassurée d'avoir quelqu'un pour la réconforter. Il se dégagea pourtant très vite. « Deux secondes Granger, j'ai quelque chose à régler, je reviens tout de suite. »

Il sortit de la chambre, et alors qu'elle se recouchait dans son profond coussin, elle entendit simplement une voix féminine lui répondre. Très vite, ce fut le tableau qui fermait l'entrée de leurs appartements qui grinça pour s'ouvrir puis se refermer, et Malefoy revint, s'assit sur son lit et la fixa. « Bon, c'était quoi ce cauchemar ? Tu as hurlé comme une folle pendant je ne sais combien de temps avant que je ne me réveille et vienne voir ce qu'il se passait. »

« Rien de très grave, en fait… simplement, je me sentais très seule, je crois. Désolée, pour… » fit-elle en faisant un coup de tête vers la porte de sa chambre.

« Bah, ce n'est rien, ça. Tu as rêvé de quoi ? »

« … La guerre. Le combat final… est-ce que ça t'arrive aussi, parfois ? »

« Tout le temps. Mais moi je rêve plutôt du combat qu'il y a eu à Poudlard à la fin de notre sixième année. Ah… hm, tu veux que je vienne dans ton lit, peut-être ? » ajouta-t-il, alors qu'elle s'était à nouveau redressée pour le serrer dans ses bras. Elle hocha doucement la tête, il lui fallait absolument quelqu'un pour le reste de la nuit, et même si Malefoy n'était peut-être pas la bonne personne à qui le demander, elle n'avait que lui sous la main. Il la poussa un peu vers le milieu du lit pour se faire de la place, et glissa sous la couverture. Elle le plaqua pratiquement contre le lit, et posa sa tête sur son torse.

Elle ne réalisa que dans un coin de son cerveau qu'il était en caleçon depuis son réveil, et que cela signifiait seulement une chose; il n'avait pas réfléchi une seule seconde avant de venir forcer les enchantements de sa porte pour la réveiller et s'assurer qu'elle allait bien. Non, le principal était qu'il se trouvait là, contre elle, et qu'elle se sentait beaucoup mieux avec quelqu'un pour lui caresser doucement les cheveux. « Je… j'ai vu le corps d'Harry, puis… puis Ron a été tué par un sortilège, alors qu'on courait pour tuer le serpent… » Elle sentit qu'il posait sa main sur son épaule pour la serrer davantage contre lui, pour la réconforter. Sa main à elle monta le long de son torse, et elle s'accrocha à lui, sentant des larmes monter. Il dégagea sa frange et lui laissa un baiser sur le front, ne commentant pas ce qu'elle venait de dire. Etrangement, il avait l'air de parfaitement savoir ce qu'elle ressentait.

Après ça, elle resta silencieuse elle aussi, se contentant d'écouter les battements lents du cœur de Malefoy. Qui aurait cru qu'un jour, elle serait là, dans un lit avec lui, après un mauvais rêve ? Elle avait toujours été persuadée que ce serait Ron à sa place, pour le reste de sa vie. Mais visiblement, le destin en avait voulu autrement. Elle se sentit partir progressivement, et bientôt, elle s'était endormie contre lui.

Quand elle se réveilla, elle avait roulé de l'autre côté du lit, dos à la porte. Elle se retourna, encore à moitié endormie, et le vit, agitant sa baguette –sa baguette, il l'avait clairement juste attrapée sur la table de chevet quand il avait commencé à s'ennuyer et l'avait testée, et visiblement elle lui obéissait plutôt bien. Quand elle leva les yeux vers le haut du baldaquin, elle vit le Patronus en forme de phénix. Elle se rapprocha de lui en deux petits coups de rein, et il tourna la tête vers elle, alors que le sortilège disparaissait. Il reposa la baguette là où il l'avait trouvée.

« Ça y est, enfin réveillée ? » Elle sourit. Merci, pensa-t-elle sans réussir à le dire immédiatement. Quelque chose se bloquait dans sa gorge. Elle était si reconnaissante pour ce qu'il avait fait, et pour le chemin qu'ils avaient parcouru depuis le début de l'année, que ce mot ne suffisait plus. Il s'assit et sortit du lit, s'étirant longuement. Quelque chose la poussa alors à se lever à son tour, et elle le prit dans le dos pour le serrer contre elle. « Ouh, ça va, Granger ? »

Cette fois, ça sortit tout seul. « Merci… merci pour tout. » Il lui prit les mains et les ouvrit pour se dégager.

« Ne parlons plus de ça. Je ne pense pas que ça arrivera à nouveau, donc garde tes remerciements pour toi, c'est normal de faire ça quand on s'inquiète pour quelqu'un. » Il sortit presque aussitôt de la chambre pour passer dans la sienne et enfiler quelques vêtements. Quand elle sortit de sa chambre, habillée d'un jean et d'un gros pull, il l'attendait près du tableau. Elle avait pu voir l'heure, et il n'était même pas si tard; huit heures était plutôt matinal, surtout pour le lève-tard qu'il était pendant les week-ends, ce qui signifiait qu'il n'avait pas dormi.

Ils descendirent ensemble dans la Grande Salle, et si elle ne pourrait pas dire ça plus tard dans la journée, pour le moment les commérages n'avaient pas commencé, aussi, elle put manger tranquillement. Ce qu'elle ignorait pour le moment était que dès que la fille de la nuit dernière sortirait de son dortoir, elle commencerait à parler, et là, sa semaine serait ruinée par les ragots et les questions dans tous les sens.

Ce fut quelques heures plus tard, alors qu'elle sortait de la bibliothèque pour déjeuner, qu'elle surprit quelques regards curieux à son égard, et des murmures dont elle discerna les mots 'Malefoy' et 'nuit', alors que les gens la fixaient. Mais ce fut une fois arrivée dans la Grande Salle et assise à sa table qu'elle fut attrapée par Ginny.

« C'est quoi, cette histoire ?! Apparemment Malefoy a renvoyé une fille qui passait la nuit dans son dortoir au milieu de la nuit à cause de toi ! » Eh bien, ça n'avait pas pris beaucoup de temps, pensa Hermione. Malefoy avait mal choisi la fille visiblement, parce que sur ce coup-là, c'était très embarrassant.

« J'ai fait un mauvais rêve hier soir, et j'ai été très bruyante, ça l'a réveillé, et… il a préféré rester avec moi pour la nuit. » souffla-t-elle, prenant garde que seule Ginny entende ça. « Ecoute, n'ébruite pas trop ça, je ne suis pas sûre qu'il apprécie que les gens sachent ce qui s'est vraiment passé, ça lui donnerait un sacré coup dans sa réputation de mauvais garçon, je pense. »

« Donc… il a bien dormi avec toi pour la nuit ? » Hermione hocha la tête.

« Il s'inquiétait pour moi, et moi… j'avais besoin de quelqu'un. »

« Il s'agit de Malefoy, tout de même… Tu ne pouvais pas t'attendre à sortir de ça sans conséquences, surtout quand une fille est virée de vos appartements. Je ne vais pas faire comme Harry, je ne vais pas te faire la leçon… mais est-ce que tu es sûre de savoir où tu en es, par rapport à tes sentiments ? »

« … Comment ça ? » Ginny haussa un sourcil, et son regard seul suffit à faire comprendre à Hermione ce qu'elle voulait dire. Non, non, rien n'était clair dans sa tête. Rien, surtout pas après cette nuit. Tout ce qu'elle pouvait éventuellement savoir à présent était qu'elle lui faisait confiance. Il était un être bon dans le fond, et semblait commencer à vraiment tenir à elle. « Oui. Oui, je sais ce que je veux, et je sais ce que lui est résolu à faire. »

Son amie hocha la tête, et elles mangèrent assez vite pour sortir dans le parc. Sur le chemin, ce fut Neville qui coinça Hermione et la persuada de l'écouter un instant. « Ecoute, Neville, je sais que tu as probablement entendu parler de ce qui s'est passé la nuit dernière… et s'il te plaît ne t'inquiète pas. Je peux gérer ça toute seule. »

Il trépigna un peu, visiblement très gêné. « Je voulais simplement… te rappeler ce qui s'est passé il y a quelques mois. Il t'aurait tuée s'il avait eu l'occasion, tu sais. Si personne ne l'avait arrêté, tu aurais vraiment pu être tuée par sa magie. »

« … Je sais. Mais j'ai décidé de lui faire confiance, maintenant. » Il sembla sur le point de reprendre la parole, aussi elle le prit de vitesse. « Il arrive à conjurer des Patronus quand je suis dans les parages, c'est plutôt bon signe, tu ne penses pas ? »

« Hermione, je pense surtout que tu lui fais confiance trop vite… » Elle lui sourit et vint contre lui pour le serrer dans ses bras.

« Ça me fait plaisir de te voir t'inquiéter pour moi… mais je suis une grande fille. Il ne me fera plus rien que je ne puisse gérer. »

« Je suis là pour toi, si tu as besoin de quoi que ce soit, tu sais. Vraiment, tu ne devrais pas avoir besoin de Malefoy… »

« Merci, Neville. Sincèrement, ça fait du bien de l'entendre. » Il la garda encore un instant contre lui avant de la lâcher.

« Sois prudente, ça reste Malefoy tout de même. »

Hermione aimait beaucoup Neville, mais depuis qu'il avait pris du caractère, il avait également pris l'habitude de s'inquiéter pour les autres. Or, elle était habituée à s'occuper très bien d'elle-même, sans avoir besoin que quelqu'un pour s'en faire pour elle. Déjà Harry pouvait se trouver étouffant quand il commençait, elle ne voulait pas avoir deux garçons inquiets pour elle, elle avait toujours su gérer toute seule les situations dans lesquelles elle se mettait. Elle relâcha le jeune homme, et ils rejoignirent Ginny, restée un peu plus loin, pour se balader tous les trois dans le parc. Ils virent Luna au bord du lac, qui leur fit un signe de la main, mais semblait plutôt apprécier la solitude pour le moment.

Plusieurs personnes se promenaient là, c'était un beau jour pour le mois de janvier, avec un superbe ciel bleu. Ils restèrent longtemps dans le parc cette après-midi-là, et se promenèrent le long de la Forêt Interdite, et pouvaient entendre quelques sons de créatures qui s'y trouvaient, des bruits de sabots qui martelaient le sol, des crissements, et d'autres choses. Hermione se souvenait encore la fois où ils avaient dû errer dans la forêt en première année à la recherche d'une licorne violemment tuée.

A un moment, ils levèrent la tête et virent passer quelques Sombrals au-dessus d'eux, et finirent même par rejoindre Luna au bord du lac, où ils s'assirent tous ensemble. Elle avait l'air davantage ailleurs que d'habitude, fixant le lac en particulier, comme si elle attendait que quelque chose de précis n'en sorte. Ce fut d'ailleurs Neville, au bout de plusieurs minutes, qui lui posa la question. « J'attends de voir si des Chambroux Ailés vont apparaître. Ils sont rares, mais j'en ai déjà vu ici… » Naturellement. Hermione ne prêtait plus vraiment attention aux noms d'animaux dont elle parlait, elle avait bien le droit de croire ce qu'elle voulait après tout.

« Comment vas-tu, Hermione ? Tu n'as pas l'air d'aller très bien. »

Elle secoua la tête avec un sourire discret, et Luna ne chercha pas plus loin. C'était une fille très intelligente, et elle ne serait pas surprise si elle apprenait qu'elle avait déduit tout ce qui lui passait par la tête d'après les éléments qu'elle possédait. Simplement, elle gardait les informations pour elle, et ça, c'était très appréciable.

Mais la semaine de ragots ne faisait que commencer, et si elle avait réussi à rester plutôt tranquille pendant cette après-midi, elle ne put pas échapper aux remarques et aux questions, du dimanche au vendredi.


Moment Drabble ~ by Ledgea

Ron poussa la porte du pub moldu où il avait pris l'habitude de se rendre ce dernier mois, salua le barman de la tête et alla s'asseoir en face de la jeune femme brune postée au fond du pub. Ils se saluèrent, prirent le temps de s'observer, burent quelques temps en silence avant qu'Elizabeth ne se mette à parler.

- Tu vas bien? Tu as l'air fatigué.

- Je déteste l'hiver et la neige et le froid…

Il lui offrit un sourire sans joie avant d'ingurgiter une grande gorgée de bière. Ce sale temps lui rappelait les semaines qu'il avait passé à camper l'année précédente en compagnie de ces deux meilleurs amis, d'un horcruxe qui les rendait fous et de l'hiver. De mauvais souvenirs.

- Et toi?

- Je vais bien. Je suis assise au chaud avec une bonne boisson alcoolisée et un beau jeune homme… Que demander de plus?

- L'été.

Elle rit. Ron avait remarqué qu'Elizabeth riait souvent. Entendre ce son lui faisait du bien, lui rappelait que le cauchemar était fini, que l'avenir était devant lui et qu'il serait peut être meilleur. Ils finirent tranquillement leur boisson et Ron la raccompagna à l'arrêt de bus pour qu'elle rentre chez elle. Elle lui fit la bise et lui glissa un papier dans la main.

- Appelle moi demain.

Il la regarda partir sans comprendre, le lendemain se trouvait être un samedi, ils ne se voyaient pas le samedi. Il déplia le papier qu'elle avait placé dans sa poche et le regarda avec des yeux ronds:

" 01753 273 685"

Mais qu'était-il censé faire de ces chiffres?


Et voilà qui termine vraiment bien ce chapitre, je trouve ! :) J'espère que tout ce que je vous ai donné ici vous a plu, si quoi que ce soit vous a paru bizarre, ou peut-être trop tôt, hors caractère, ne vous gênez pas pour me le dire en review, je suis preneuse de toute critique, ça aide à s'améliorer !