Bonjour tout le monde !
Oui oui, une fois de plus Dobby a été méchant et a pris du retard... mais j'avais un projet de one-shot pour l'anniversaire de Ledgea, il fallait que je le finisse avant de reprendre celle-là, et comme j'écris assez lentement, bah du coup il a fallu du temps pour que je termine celui-là... Désolée ;-;
Rapide réponse aux Reviews :
Laketi : merci beaucoup, ça fait toujours plaisir de voir de nouveaux lecteurs, merci beaucoup ! =D
Elena : merci beaucoup, vraiment, ça fait très plaisir de voir que tu as aimé =D Eh oui, beaucoup d'intrigues en jeu, hehehe !
Petite note : pour ce chapitre, je l'ai écrit intégralement en écoutant Ed Sheeran, I See Fire. Je vous conseille donc d'écouter la chanson tout le long de ce chapitre, ça donne tout de suite une autre impression à la lecture je pense ! Et je pense qu'il va vous plaire... :)
« Dis-moi… »
Drago cessa d'écrire pour son devoir de Métamorphose, sa plume figée au-dessus du parchemin. « Oui, Granger ? » répondit-il d'un ton lassé. Quand elle avait une voix aussi embarrassée, c'était rarement pour une question dont elle recevait une réponse autre que négative.
« Je me demandais, tu n'en as pas vraiment parlé… comment s'est passé ton séjour à Azkaban ? » Il ricana. Parce que tout naturellement, il avait le parfait public dans Poudlard pour parler de son expérience. Un mois à Azkaban était peu, mais ça lui avait largement suffi. C'était de loin, et pourtant il avait vécu le traumatisme de la guerre, la pire expérience qu'il avait vécue. Il plongea sa plume dans son encrier et se redressa contre le dossier du canapé.
« Tu ne pourras jamais vivre ça, tu es trop parfaite. Mais je ne le souhaite à personne sur la base d'une erreur de jugement. Mais franchement, je ne pense pas que tu aies besoin d'en savoir beaucoup plus, les Détraqueurs sont là tout le temps, à se nourrir de tous nos souvenirs heureux, et s'ils le peuvent, ils nous volent notre esprit avec ça. » Il arrêta là; le souvenir de la prison suffisait pour lui donner la chair de poule, et il n'y avait pas beaucoup plus à dire sur le sujet.
Elle se tut encore un temps, avant de prendre sa baguette et de l'agiter très légèrement; une fumée argentée en sortit et prit la forme d'une loutre, qui dansa dans les airs avant de s'accrocher à l'épaule du blond, se frottant à ses joues. Quand il regarda à nouveau Granger, elle était devenue un peu rouge et tendit la main, faisant revenir son Patronus à elle.
« Le phénix, c'était l'animal et le Patronus de Dumbledore… »
« Ce doit être pour ça que le mien prend cette forme, sa mort m'a fait réaliser que la guerre commençait vraiment. Autrement… j'imagine que mon Patronus aurait été un serpent. »
« Une vipère, à tous les coups. » Il haussa un sourcil, mais ne releva pas. « Ou peut-être une fouine. » crut-elle bon d'ajouter avant de rire. Ca par contre, il ne pouvait pas laisser passer, elle se fondait sur une métamorphose tordue d'un prof timbré ! Il lui fit un sourire mesquin, et vit qu'elle avait immédiatement compris qu'elle allait regretter ses paroles.
« Dans ce cas, ton Patronus aurait dû être un castor, tu ne crois pas ? Parce qu'enfin, avant que tu ne te serves du miroir de Pomfresh pour leur donner une longueur normale, tu n'avais pas le sourire très agréable à voir. » A voir son air blessé, il considéra l'idée d'être allé un peu trop loin. Mais elle l'avait cherché.
« Ah, et à cause de qui ai-je dû utiliser ce miroir, pour commencer ?! » s'emporta-t-elle, et la baguette qu'elle tenait toujours en main commençait à laisser sortir quelques étincelles menaçantes. Plutôt que d'insister sur ce terrain glissant, il prit un peu de recul et hocha doucement la tête en signe d'excuses. Il y était allé un peu fort, il voulait bien le reconnaître.
Il replongea dans son travail, et elle sortit de leurs appartements, marmonnant un vague « Défense contre les Forces du Mal - Salle sur Demande » Il lança avant que le tableau ne se referme qu'il la rejoindrait dans environ une heure, puis se concentra correctement sur son parchemin; il ne lui restait plus grand-chose pour terminer le devoir, mais il allait devoir jeter un œil dans la bibliothèque de Granger, et son absence tombait plutôt bien, il allait pouvoir se servir sans avoir à passer par la politesse de demander l'autorisation. Il n'aimait pas demander ce genre de choses pour des livres. Surtout qu'il savait pertinemment qu'elle serait trop contente de l'entendre lui demander des bouquins pour qu'il lui en donne le plaisir trop régulièrement.
Il rentra dans la chambre, et s'empara du petit livret qui parlait de Métamorphomages. Même si c'était un petit exemplaire, ce serait largement suffisant pour terminer son devoir. Il jeta un œil à la bibliothèque de la jeune femme, qui croulait sous les livres qu'elle achetait depuis sa rentrée à Poudlard. Elle avait jeté depuis le début de cette année un sortilège d'Extension qui lui permettait de mettre près du triple de livres de ce qu'elle semblait pouvoir contenir. Sa collection effrayante faisait toujours rire Drago, qui n'arrivait pas à croire qu'elle pouvait être aussi sérieuse, à acheter des livres dans tous les sens. Quand il ressortit de la chambre, son regard se posa un instant sur la lettre posée sur sa table de chevet, croisa son nom plusieurs fois, puis continua sa route. S'il avait bien reconnu l'écriture, il s'agissait d'une lettre de Potter. Décidément, il ne se lassait pas de faire une fixation sur lui.
Mais peu importait après tout, c'était une lettre pour Granger, pas pour lui, il n'avait aucune raison de la lire. Surtout si c'était une lettre de Potter avec son nom inclus dedans, il n'avait même pas besoin de la lire pour en connaître le contenu. Il fallait qu'il termine son devoir de métamorphose, et après ça, il la rejoindrait dans la Salle sur Demande. Lui aussi sentait qu'il commençait à ramer un peu dans la matière, puisqu'il commençait à avoir la tendance à se désintéresser du cours, préférant à ces moments-là chercher davantage des pistes qui pourraient mener à celui qui avait envoyé la lettre injurieuse à Granger. Elle avait semblé très touchée par cette lettre, et il craignait un peu qu'elle finisse par craquer; ce ne serait probablement pas la dernière fois qu'elle recevrait ce genre de mots, et elle ferait peut-être mieux de s'y faire très vite.
Mais son flair lui disait qu'il oubliait quelqu'un dans Poudlard qui aurait pu l'envoyer. Il avait exploré toutes les pistes, pourtant; mais s'il se limitait à l'école, il revenait très vite à Daphné, et elle avait eu l'air sincère en niant le fait. Suspecter Granbec était possible, mais très gonflé, ce prof était un con fini par moments, mais il ne le pensait pas capable de faire une bavure pareille, ça lui vaudrait un renvoi immédiat de l'établissement. Mais son esprit restait accroché à cette possibilité, et il savait qu'à un moment ou à un autre, il finirait par demander à sa mère de faire quelques recherches pour lui dans leur bibliothèque.
Il mit le point final de son devoir une heure et demie après le départ de Granger. Quand il leva les yeux vers l'horloge accrochée au-dessus de la cheminée, il ne perdit pas un instant, prit sa baguette et partit vers le septième étage. Sans aucun doute, Granger avait tout prévu dans la salle, donc amener un manuel ne servait à rien. Quand il arriva, il toqua à la tapisserie, et Granger vint lui ouvrir quelque trente secondes plus tard. « Ah, Malefoy… Viens, j'étais en train de m'entraîner aux Protego Horribilis. »
« Tu n'as pas besoin de t'entraîner à ça, si ? Tu maîtrises très bien ce sortilège, il me semble. »
« Pas assez, je pense qu'il y a une faille dans la protection… »
« Mais arrête donc de t'en faire, je suis sûr que ton sortilège est parfait. »
Elle eut un sourire un peu tendu, et pointa sa baguette vers lui. Sans même avoir le temps d'en prendre conscience, il se protégea de la sienne, mais leur proximité du moment ne l'empêcha pas de recevoir un coup qui le fit chanceler. « Ca… Ça, c'était déloyal, Granger. »
« Il faut te préparer à toutes les attaques à n'importe quel moment, Malefoy. »
« Oh, vraiment ? » Il laissa tomber sa baguette et se jeta sur elle, l'attrapant par la taille pour la faire tomber de tout son long sur les coussins qui se trouvaient derrière elle. « Tu n'avais pas l'air très préparée, dis-moi… » La fin de sa phrase mourut s'éteignit quand il réalisa la proximité qu'ils vivaient à l'instant. Quand il avait levé la tête, il s'était retrouvé nez à nez avec elle, et tout ce qu'il voyait à présent était ses yeux caramel. Il sentit son rythme cardiaque augmenter, et espéra qu'elle ne s'en rendrait pas compte. Ils étaient si proches… ce serait si facile de lui voler un baiser…
« Tu es aussi vicieux qu'un serpent. » chuchota-t-elle, comme si elle craignait de briser l'instant qu'ils partageaient. S'il l'embrassait… s'il l'embrassait, qu'est-ce qu'elle ferait ? Leur défi concernait Granger. Si elle l'embrassait, alors il y avait une suite. S'il l'embrassait, rien n'était établi. Ça pourrait être un simple baiser, comme la dernière fois. Mais la dernière fois, la situation était très différente. Il l'avait fait pour la réconforter, parce qu'elle avait besoin d'être vraiment proche de quelqu'un. Mais cette fois… cette fois, il en avait vraiment envie. Il avait l'envie fiévreuse de goûter à nouveau à ses lèvres. Et il savait que s'ils restaient plus longtemps dans cette position, il allait finir par craquer. Mais il n'avait pas envie de bouger… Il avait vraiment envie de rester contre elle.
Il voulait effleurer ses lèvres, caresser sa langue, et –ce qui commença à le rendre vraiment fou à l'idée de le faire- à explorer son corps de ses mains, toucher sa peau nue. Il voulait être tendre avec elle. Plus tendre qu'il ne l'avait jamais été. Et l'envie de franchir les quelques centimètres qui restaient entre lui et elle atteignait les limites du répressible. Par réflexe, il humidifia ses lèvres asséchées du bout de sa langue, mais lutta encore pour ne pas l'embrasser. Il avait très peur de ce qui suivrait.
La situation était très différente de la dernière fois. Cette fois, ils ne pourraient pas faire comme si rien ne s'était passé. Lui n'en serait pas capable en tout cas. Il avait l'impression que s'il l'embrassait, quelque chose qui bouleverserait toute sa vie se produirait. Il sentait entre ses bras l'abdomen de Granger, et ses mains posées dans son dos semblèrent agir d'elles-mêmes, caressant du bout des doigts la colonne vertébrale. Il savait qu'il était dans une situation très compliquée à ce moment même. Mais sur ce coup-là, ses mains avaient agi en traîtresses. Granger eut un très petit soupir de contentement, et ce fut à cet instant qu'il savait qu'il s'engouffrait dans un cercle duquel il ne pourrait plus sortir. Ce soupir le fit simplement craquer.
Il franchit les derniers centimètres qui les séparaient et posa ses lèvres contre les siennes. Une sortie de décharge électrique se répandit dans tout son corps, et son cœur accéléra encore. Il crut qu'il allait imploser quand elle passa ses mains dans ses cheveux, et dut cesser un instant le baiser pour reprendre son souffle. Quand il revint l'embrasser, elle ouvrit immédiatement la bouche, et il y plongea sa langue. Il commença à avoir très chaud, mais n'osait pas retirer sa veste. S'ils n'étaient pas sur la même longueur d'ondes, elle pourrait le rejeter après ça, et à présent qu'il était arrivé jusque-là, il n'était pas sûr de pouvoir le supporter.
Ils étaient bien, sur ce coussin. Il était étonnamment large et confortable. Drago ne pouvait pas se résoudre à cesser d'embrasser Granger. Pourtant, ses lèvres n'étaient pas particulièrement douces, elles étaient même plutôt massacrées par la manie qu'elle avait de s'en arracher la peau avec les dents. Mais la sensation qu'il avait quand il les touchait était incomparable à tout ce qu'il avait connu auparavant. Cette fois, il avait l'impression d'être vraiment complet, et il ne voulait pas laisser ça disparaître.
Cependant, ce fut elle qui le repoussa légèrement. « … Désolée, mais je ne peux pas. » Putain. Il sentait ça venir. Il ne voulait rien pour cette fois pourtant. Juste l'embrasser, il se fichait du défi qu'ils avaient mis en place. Il était celui qui l'avait embrassée, les règles n'étaient pas les mêmes. Il dut se faire violence pour ne pas laisser ses émotions dominer son visage. « Je… j'ai l'impression que c'est mal, ce qu'on fait. »
Il ne fallait pas aller beaucoup plus loin pour comprendre qu'il n'aurait pas droit à plus. Il se recula et s'assit à même le sol. « Pourquoi ça ? On est tous les deux célibataires, où est le mal ? C'est bien pour ça qu'on a un défi à la con, à la base. »
Elle ne dit rien pendant plusieurs secondes, mais il savait très bien que quoi qu'il dirait, elle ne changerait pas d'avis. Elle avait l'air si mal par rapport à ce qui s'était passé à l'instant qu'il allait s'en mordre les doigts dans les prochains temps. « … J'ai vu une des lettres que tu avais reçues. Tu ne dois pas trop t'éloigner des fiançailles qui t'attendent… si ? »
Il ne put s'empêcher d'ouvrir des yeux ronds. « … C'est la seule raison pour laquelle tu as arrêté ? » Ca en avait l'air, en effet. Rah, elle l'agaçait ! Cette fois, il ne prit même pas le temps de réfléchir et plongea sur ses lèvres, lui attrapant le visage entre ses deux mains.
« Ecoute-moi bien, Granger. Je fais ce que je veux de ce qu'il me reste de vie en tant que célibataire. Si j'ai envie de t'embrasser, je t'embrasse. Si je veux aller voir ailleurs, je le fais. C'est mon problème Granger, donc si c'est la seule raison pour laquelle tu ne veux pas continuer ce qu'on était en train de faire, garde-la pour toi. Ce n'est pas ton boulot de t'en soucier. »
Elle eut un timide sourire pour seule réponse et lui prit le col. « … Je n'ai plus envie de me prendre la tête. Embrasse-moi. » Il ne se fit pas prier, et très vite, un grand lit à baldaquins avait surgi de nulle part dans la salle, et ils se levèrent, sans cesser de s'embrasser, pour s'y diriger progressivement. Finalement, ce fut elle qui lui donna la dernière poussée qui le fit tomber sur les couvertures. Il l'entraîna dans sa chute, et ses longs cheveux broussailleux le cernèrent des deux côtés. Tout ce qu'il lui restait à voir était son visage, et ses yeux. Il revenait toujours à ses yeux, finalement.
Mais qui passerait à côté de ça, surtout quand ils prenaient une couleur dorée ? « Tu as de beaux yeux… ils deviennent bleus, c'est magnifique. » Il fronça les sourcils d'incompréhension. Il n'avait jamais eu les yeux bleus, il se demandait bien à quoi c'était dû. Cependant, depuis leur premier baiser de la journée, il sentait que son cœur s'emballait et faisait n'importe quoi. « Quand on regard est doux comme maintenant… tes yeux tirent vers le bleu. » Elle posa à nouveau ses lèvres sur les siennes, et il sentit son cœur repartir. Il passa ses mains dans son dos et la serra contre lui. Il avait l'impression qu'à présent, la voir loin de lui… lui serait intolérable. Et cette fois, il ne put plus s'empêcher de le faire; il glissa une main sous le pull de la jeune femme, et caressa sa peau nue. Elle haleta et se dégagea un peu pour reprendre son souffle.
Il profita de cette occasion –c'était peut-être un peu mesquin- pour glisser sa deuxième main sous le pull et le tirer vers le haut pour le lui enlever. Voilà. C'était quand même beaucoup mieux comme ça. Ses petits seins étaient enfermés dans un soutien-gorge assez commun, mais il s'en fichait. Il voyait davantage le corps de Granger, et il en était déjà content. Ce fut à son tour de lui enlever sa veste de costume, puis, assise à un endroit très stratégique entre ses jambes, elle déboutonna sa chemise, passant ses doigts doucement le long de son thorax, et longea la ligne qui semblait se tracer au milieu pour atterrir sur son nombril.
Oh dieu, il était –étonnamment- très sensible à cet endroit-là, et il dut lutter pour ne pas se dégager d'un mouvement brusque. Cependant, il frissonna et grimaça d'une manière assez éloquente qui fit comprendre à la brunette qu'elle devait immédiatement arrêter. Elle eut un rire nerveux, et posa ses mains sur son torse à présent nu. Et étrangement, elle cessa de bouger. Il sentit tout de suite que quelque chose la gênait à nouveau. « Qu'est-ce qu'il y a, Granger ? » Elle se mordillait la lèvre, à nouveau.
« … Je… Je sais que… Je sais que c'était les règles du jeu, mais je… » bredouilla-t-elle, sans réussir à terminer sa phrase. Elle était extrêmement tendue, et il devina assez facilement le problème. Il se redressa, la tint en place par les hanches, et déposa un baiser dans son cou.
« Granger, pourquoi as-tu peur comme ça ? »
« … Ça ne m'a pas l'air correct… moralement correct. » Il parvenait à saisir ce qu'elle voulait dire. Elle n'était, en fait, pas prête pour ça. Elle ne s'attendait probablement pas à ce que la séance supposée d'entraînement dégénère ainsi. Granger avait besoin d'être préparée, et faire sa grande première avec lui sans savoir comment exactement ça avait bien pu se produire n'était pas ce qu'elle préférait, se dit-il.
« Embrasse-moi, et peut-être que je laisserai passer pour cette fois. » Elle eut un drôle de rire à nouveau, mais elle remonta ses mains pour prendre son visage en coupe, et déposa un baiser sur ses lèvres. « C'est la seule fois que je vais faire ça, Granger. Pour la prochaine fois, tu sais à quoi t'en tenir. » Elle hocha la tête, et se dégagea de sa prise, attrapa son pull et l'enfila. Rah, c'était horriblement frustrant. « Donc, prochain baiser de ta part, on est bien d'accord sur les termes ? » ajouta-t-il, se levant à son tour. Elle hocha encore une fois la tête, et il ne put retenir un sourire, tant qu'elle lui tournait le dos. Il la prit par la taille, et la tourna vers lui. « Alors, j'ai le droit de faire ça. » Un baiser. Puis un second, et un troisième. Il dut se résoudre à la lâcher au bout d'un moment, et se rhabilla à son tour.
« Bon… Maintenant Malefoy, j'aimerais pouvoir travailler pour la Défense contre les Forces du Mal. »
« Un tel retour au sérieux… me voilà blessé, Granger. »
Olala, ce n'était plus possible. Elle se sentait terriblement mal. Mal, et bien en même temps. Elle ne s'était jamais sentie aussi complète que dans les bras de Malefoy, et elle se demandait s'il ressentait la même chose. Probablement pas, mais c'était toujours bien d'avoir ce genre d'espoirs futiles. Mais à présent qu'ils étaient de retour au train de vie normal de la semaine, elle se sentait trembler presque tout le temps, elle avait l'estomac noué, et elle n'arrêtait plus de penser à lui. C'était là qu'elle se sentait mal. Elle avait l'impression qu'elle venait de franchir un point de non-retour. Elle voulait encore l'embrasser, fiévreusement, tendrement, et se sentir chérie.
Mais si elle le faisait, alors les règles du jeu s'appliqueraient. Et elle avait promis. Elle devait suivre les règles. Et… non, elle ne voulait pas. Pas pour le moment, elle n'était pas prête pour ça. Elle voulait seulement l'embrasser, plonger dans ses bras, respirer son odeur… il fallait qu'il l'embrasse lui-même.
Enfin… il ne devait plus penser à ça. Elle avait du travail, nom de dieu ! Et ça lui permettrait de penser à autre chose. Elle se concentra donc sur ses devoirs, et étonnamment, elle parvint à sortir Malefoy de sa tête pendant plusieurs heures. Mais dès qu'elle sortit de la bibliothèque, il envahit à nouveau ses pensées, et elle hésita longuement avant de se décider à le rejoindre dans leurs appartements pour déposer son sac. Elle avait si peur de ce qu'il se passerait… Aussi, elle se fit très rapide, passa la porte, courut presque poser son sac, et ressortit pour descendre manger, sans jeter un regard au jeune homme qui travaillait près de la cheminée.
Heureusement, elle pouvait traîner dans la Grande Salle avec Ginny et Neville après le repas, et après ça, elle avait une ronde à assurer, cette fois avec Daphné Greengrass. La Serpentarde fut d'ailleurs en retard au lieu de rendez-vous, mais quand elle la vit, elle la pardonna étrangement immédiatement. Daphné avait l'air effondrée, elle avait encore les yeux rouges et gonflés, et même si elle gardait une allure à peu près digne pour donner le change, Hermione voyait bien qu'elle n'allait pas bien du tout. Aussi, alors qu'elles faisaient le tour des couloirs, elle ne put s'empêcher de lui demander ce qui n'allait pas.
« En quoi ça te concerne, Granger ? » répondit-elle sèchement.
« J'essaie de faire la conversation, c'est tout. Et tu n'as pas l'air d'aller bien, alors je demande. En général tu caches tes états d'âme mieux que ça, donc je me dis que ça doit vraiment être grave. »
« Ce ne sont pas tes affaires, laisse-moi tranquille. »
C'était inutile d'insister. « … Si tu veux en parler, n'hésite pas. » dit-elle tout de même encore, sans vraiment comprendre pourquoi elle-même. Le reste de la ronde se passa en silence, et quand enfin elle était terminée, elles s'arrêtèrent devant le mur menant à la salle commune des Serpentards, et Daphné entra dans sa maison, laissant Hermione seule.
Mais qu'est-ce qui lui avait pris ?! Elle ne l'aimait pas, elle se fichait même de ce qui pouvait bien lui arriver, alors pourquoi lui avait-elle posé des questions pareilles ? Elle revint presque à reculons vers ses appartements, et elle resta encore plantée devant le tableau d'entrée pendant un moment, avant que Godric Gryffondor n'ouvre un œil. « Eh bien, miss Granger, ne voulez-vous pas entrer ? » Elle ne répondit pas, et le fixa d'un air perdu. « Miss Granger ? Entre donc dormir, vous vous sentirez mieux demain. »
Enfin elle sortit de son étrange léthargie et hocha la tête. Elle donna le mot de passe, et le tableau s'ouvrit. Heureusement, pensa-t-elle, Malefoy n'était pas dans la pièce principale, ce qui signifiait qu'il était parti se coucher. Elle ferait bien d'aller au lit également, se reposer était la meilleure chose qu'elle pourrait faire pour faire passer cette période étrange avec Malefoy. Cependant, elle prit beaucoup de temps à s'endormir. Son cerveau semblait n'avoir qu'une seule idée qu'il tournait en boucle : comment Malefoy le vivait-il ? Frôlait-il lui aussi l'insomnie ? Devrait-elle aller le voir dans sa chambre ? Oui, elle avait très envie d'aller le voir, et de dormir avec lui, comme ils l'avaient fait une fois. C'était si agréable, si réconfortant.
En fait, elle fut à deux doigts de se lever pour le rejoindre dans sa chambre, mais elle se raisonna avant de faire l'erreur, et réussit péniblement à s'endormir aux alentours de trois heures du matin, lui laissant cinq heures de sommeil avant de devoir se lever pour les cours du mercredi.
Drago, de son côté, n'avait même pas pris la peine de retourner dans les appartements pour se coucher, il savait bien que ce serait peine perdue, dans tous les cas il serait pris d'une insomnie, comme toutes les nuits auparavant. Son corps dormait, ce n'était pas le problème, mais lui restait bien éveillé pendant toute la nuit, et il préférait s'exténuer physiquement plutôt que vivre encore ça une fois de plus, c'était une sensation qu'il détestait, et qui le terrifiait presque. A la place, il s'était caché dans la Salle sur Demande. Si vraiment il en avait besoin, il pourrait faire apparaître un lit et dormir –ou au moins essayer- un peu.
Granger lui prenait la tête. Pourquoi fallait-il qu'elle soit aussi compliquée ?! Les filles décidément, c'étaient toutes les mêmes. Il suffisait de la regarder un peu pour comprendre que quelque chose n'allait pas, mais elle ne disait jamais rien, préférait nier, dire qu'elle était épuisée. Ce qu'elle était certainement d'ailleurs, mais elle cachait autre chose, et Drago savait très bien quoi. Elle l'évitait chaque fois qu'elle le pouvait, faisait tout pour ne pas croiser son regard, et ne souriait presque plus. Quand elle le faisait, c'était un sourire faux, comme pour rassurer ceux qui ne la connaissaient pas bien. Elle ne le trompait pas, et il mettrait sa main à couper qu'il ne trompait pas non plus Weaslette ni Longdubat.
Le lendemain, il s'arrangerait pour faire équipe avec elle en cours de Potions –puisque mademoiselle avait décidé de prendre ses distances là aussi- et la bassinerait un peu, il fallait qu'elle se réveille un peu.
Granger l'inquiétait, mais ce qui lui faisait plus peur encore était ce qu'il commençait à ressentir pour elle. Pourtant il savait bien que c'était seulement la proximité, et l'entente qu'ils avaient depuis quelques temps qui lui faisaient cet effet. Mais depuis ce qui s'était passé pendant le week-end, il n'arrivait plus à dormir, parce qu'il ne parvenait pas à la sortir de sa tête le temps de s'endormir. Et surtout, là où elle le frustrait horriblement, il voulait être proche d'elle, la serrer dans ses bras, pour la réconforter.
Il savait pourtant que ce n'était pas le bon moyen pour se sortir de cette situation sentimentale, mais les jours passaient et sa décision avait vite été prise; il se fichait bien de ce qui pourrait bien lui arriver sentimentalement. Bien sûr, dans l'idéal, il ne devrait pas s'attacher émotionnellement, il allait seulement en ressortir effondré. Mais il en était à un stade où il s'en fichait. Il avait parfaitement conscience qu'il était en train de réaliser toutes les craintes de son père, mais en avait-il quelque chose à faire ?
Pas vraiment, en fait. Et il devait avoir une logique très masochiste, parce qu'au final, il allait souffrir. En un sens, il comprenait pourquoi Granger s'éloignait de lui, elle ne voulait probablement pas se retrouver dans une situation pareille. Comme elle lui avait dit, mais faisant la sourde oreille il n'avait pas voulu l'écouter, ce qu'ils avaient fait le week-end précédent n'était pas correct. Pas s'ils voulaient se préserver. Tous les deux savaient pertinemment que ce qu'ils partageaient n'était pas une relation habituelle. Flirter comme ça, ça finissait rarement bien.
Mais une fois encore, il s'en fichait bien. Il était très égoïste sur ce point, le fait qu'il en veuille à Granger pour son éloignement était plutôt très significatif. Pourtant, il ne pouvait pas dire qu'il avait de réels sentiments pour elle. Pas pour le moment. Et il doutait du fait qu'elle ait même compris ce qui était en train de lui arriver. C'était très brutal pour tous les deux, et elle avait plutôt été habituée à une montée très progressive des sentiments.
Finalement, ce fut vers cinq, ou six heures du matin que Drago sentit qu'il allait flancher, et décida de se coucher un peu. Il n'aurait que deux heures, ou deux heures et demie, pour dormir, mais ce serait toujours ça. Toujours sous la condition qu'il parvienne à dormir; et étonnamment, il y parvint, et eut beaucoup de peine à se lever vers huit heures et demie pour descendre immédiatement aux cachots. Heureusement, il avait prévu le coup la veille au soir, et avait apporté ses affaires pour le lendemain avec lui. Cependant, quand il parvint à la salle de potions, il savait qu'il avait une tête à faire peur à un Inferi. Grand dieu, il était tellement épuisé qu'il sentait que s'il ne faisait pas attention, il s'effondrerait en plein cours.
« Malefoy ? » entendit-il, et il se tourna vers ce qui se trouva être Granger, qui elle aussi se trouvait avec un visage décoré de valises noires. « … Tiens, mange un peu. » lui dit-elle en lui tendant un sac, dans lequel il retrouva trois sandwiches et une pomme.
« … Merci, Granger. » répondit-il, avec un sourire, et il lui effleura rapidement la main. Aussitôt, elle eut un frisson et s'éloigna d'un pas. Slughorn sort de sa salle de cours à ce moment-là, et Drago parvint à attraper le poignet de la brunette et de l'emmener avec lui à une table, devant laquelle son chaudron les attendait déjà. « Aujourd'hui Granger, on va renouer un peu ce qu'on est en train de perdre, tu veux bien ? » lui chuchota-t-il quand elle essaya de se libérer de son emprise, l'air furieux.
« Je n'ai peut-être pas envie de ça, Malefoy ! » siffla-t-elle, tentant de se libérer encore.
« Oh si, je pense même que tu espérais secrètement que je te dirais ça. Tu es malade à l'idée de ne pas pouvoir t'approcher de moi, parce que tu as peur de ce qui va bien pouvoir t'arriver ensuite. Ce qui va t'arriver, c'est que tu vas souffrir. Mais on sera deux dans ce cas, et moi je suis prêt à prendre le risque. » Le cours commença au moment où il finit sa tirade.
Le drabble de Ledgea
Molly Weasley débarrassa la table et regarda avec un froncement de sourcils son plus jeune fils disparaître avec son meilleur ami dans les étages de la maison.
- Il y a un problème, Ron? Demanda Harry au roux.
Ce dernier lui fourra un papier dans les mains qu'il déplia avec précaution avant de se mettre à rire.
- Où est ce que tu es allé pour dégoter un numéro de téléphone?
- Ahhhh, c'est pour le félétone…
- Téléphone. Et tu ne m'as pas répondu.
Ron marmonna quelque chose qu'Harry ne comprit pas et il décida de laisser passer. Il expliqua alors à son meilleur ami les subtilités des rendez-vous moldus et l'entraîna dans la grange d'Arthur Weasley où devait se trouver un vieux téléphone en état de marche. Il composa le numéro de téléphone et recula de quelques pas sans pour autant s'en aller, il était curieux!
- ALLO? ELIZABETH?
- Pas si fort, crut bon de conseiller Harry ce qui lui valut un regard noir.
- Oui, je vais bien et toi?
-…
- Je suis chez mes parents. Je… Tu serais intéressée par… Ce soir, un rendez-vous?
Harry ricana devant la demande quelque peu maladroite et s'écarta de la trajectoire d'une clé à molette qui arrivait à pleine vitesse dans sa direction. Le bruit qu'elle fit en s'écrasant contre des pièces de métal dut se faire entendre même à l'autre bout du fil.
- Harry, dégage! Quoi? Non, non, Harry est le nom de… d'une poule.
- Une poule? Moi? Chuchota t-il en reculant doucement.
Un boulon suivit la même trajectoire que la clé à molette et Harry sortit précipitamment de la grange en rigolant non sans lancer un dernier doigt d'honneur à Ron. Il était ravi que son meilleur ami retrouve un peu de sa joie de vivre.
- … possèdent quelques poules, Harry est plutôt foncée, caquette tout le temps, a des plumes dans un état lamentable…
Ce furent les dernières paroles qu'entendit Harry de la conversation et elles demandaient vengeance.
Et... voilà ! J'espère que ce chapitre vous a plus !
Mais justement, en parlant de ce chapitre, là j'ai vraiment, vraiment besoin de votre avis. Parce que vous devez savoir que je n'avais pas prévu du tout de faire ça, et du coup j'ai un peu peur que ça donne l'impression de sortir de nul part (tout en sachant qu'en ce moment je fais beaucoup d'ellipses, donc on commence à être bien engagé dans le nouveau trimestre), donc s'il vous plaît... j'ai besoin de votre aide de ce côté-là, qu'avez-vous pensé de la scène de ce chapitre ? Est-ce allé trop vite ? Leurs réactions vous ont plu ? Frustrés ? Agacés ? Personne n'est hors caractère, et s'il y a quelqu'un hors caractère, qui et pourquoi ?
Bref, tant de questions, mais je ne suis pas sûre du tout de ce que j'ai fait là, j'ai besoin de réponses xD voilà voilà, bonne journée/soirée à tous !
