Chapitre 6 : Pourquoi ?

Des couteaux, des putains de couteaux qui s'enfoncent doucement, douloureusement, et qui prennent un malin plaisir à me torturer. Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Sans déconner ? Qu'est-ce qui ne va pas ?

Je rentre chez moi en ne sachant pas si cette journée était un rêve ou un cauchemar… Je veux dire elle m'a embrassé puis s'est enfuie. Un véritable ascenseur émotionnel. C'était doux, sucré, instinctif, ma bouche est faite pour la sienne, c'est comme si j'avais trouvé mon chez moi. C'était différent de tout ce que j'ai connu, même ceux d'Elena, même ceux quand Quinn avait trop bu, là il y avait quelque chose de plus, quelque chose de plus fort, il y avait des émotions, une réciprocité, une symbiose. Et à peine ai-je effleuré l'extase du bout des doigts qu'on me le retire. Une gifle. Dites-moi pourquoi l'électricité est revenue ? Je veux dire, je pourrais vivre dans le noir à vie, je pourrais devenir aveugle juste pour que ce moment ne se soit pas terminé. Et maintenant j'ai du mal à respirer tellement je souffre, je vous jure, je pleure c'est pour dire. Je me suis interdit de pleurer pourtant.

J'arrive au bout de ma rue, mes larmes ont tracé des sillons sur mes joues pour éparpiller mon maquillage, je ressemble surement à une de ses pauvres filles qui se maquillent lors d'Halloween juste pour pouvoir porter un déguisement de quelque chose-zombie-sexy. J'ai même pas la force d'essuyer mes joues et je rentre dans ma maison, enfin celle de mes parents. Passée la porte j'entends ma mère dire :

« C'est toi Santana ? »

Je ne réponds pas et monte à l'étage. Je me dirige directement dans la salle de bain et ouvre le robinet de la baignoire. Je pars dans ma chambre, le bruit de l'eau couvre mes cris que j'étouffe dans un coussin. J'ai appris à faire ça depuis petite pour éviter de me faire remarquer, je dois être forte, je ne veux pas qu'on vienne me poser des questions : « tu vas bien ? » « oui bien sur je suis en grande forme, cabron ! ». Après quelques minutes je me déshabille et retourne dans la salle de bain pour m'enfoncer dans l'eau brulante. Cette sensation entre confort et inconfort est exquise. C'est quelque chose de fascinant, ça nous brûle comme des milliards de petites aiguilles sur tout notre corps, mais si on nous disait de quitter ce lieu de torture, on refuserait, parce qu'après tout ça fait du bien. On aime ce qui nous fait mal, on aime ceux qui nous font du mal. Rien de plus vrai.

[Quinn POV]

Merde, merde, merde, putain, oh mon Dieu, j'ai.. j'ai.. Santana, merde !

[Puck POV]

Je me dirige vers la maison des Lopez, j'ai décidé de faire une surprise à Santana en venant la chercher, et comme ça on pourra continuer à parler un peu en privé.

Je m'avance sous le porche, et sonne. J'entends la sonnerie retentir à travers la porte et Madame Lopez qui accourt.

« Noah ! Comme ça me fait plaisir de te voir ! Depuis que Santana est partie on ne te voit plus ! »

« Moi aussi madame Lopez ! » lui dis-je en la prenant dans mes bras.

Au début, Madame Lopez ne m'appréciait pas vraiment, faut dire aussi qu'elle me voyait que comme le garçon qui couchait avec sa fille, puis ma relation avec Santana a changé, et la vision que sa mère a de moi aussi. Elle me voit maintenant comme son fils, le garçon de la famille qui garde un œil sur sa petite sœur. En parlant de petite sœur d'ailleurs..

« Santana est ici ? » demandais-je.

« Oui, elle est en haut, je ne sais pas trop ce qu'elle fabrique, elle est directement montée après être revenue de son après-midi avec Quinn. » Oula, tout ça ne présage rien de bon. Je connais Santana. Si ça c'était bien passé, elle serait en train de passer du temps avec sa mère, pour compléter sa bonne journée. « D'ailleurs j'ai revu Quinn, qu'est-ce qu'elle est charmante n'est-ce pas… ? » je n'écoute déjà plus Madame Lopez.

« Euh oui, ça vous dérange pas si je rejoins Santana ? »

« Non bien sur Noah, toujours la même chambre »

« Merci » lui dis-je, puis je monte les marches rapidement pour arriver dans la chambre de Santana, ou devrais-je dire son ancienne chambre.

« Sanny ? » demandais-je. Je la vois sur son lit en sous-vêtement, le dos tourné à la porte.

« Ne m'appelle pas comme ça » elle ne semble pas de bonne humeur, je m'approche du lit pour m'asseoir à côté d'elle. Je pose ma main sur son épaule et elle relève enfin sa tête.

« Qu'est-ce qu'il t'arrive ? »

« Rien du tout »

« Santana, ne joue pas à ça avec moi. Tu as vu ta tête au moins ? Même un homme qu'on aurait castré à l'instant serait plus heureux que toi ! »

« Faut toujours que tu parles de cojones toi hein ? » dit-elle mi-rigolant, mi-triste. C'est Santana et moi ça, on ne trouve pas toujours les mots, mais on arrive à se faire rire, et à oublier les soucis qui nous embêtaient.

« Que veux-tu Puckausaure un jour, Puckausaure toujours ! Mais sérieusement qu'est-ce qu'il t'arrive ? » je la vois hésiter quelques secondes, un vrai conflit dans sa tête, puis elle me demande :

« Tu me promets de garder ça pour toi, de ne rien dire à personne, de ne rien faire, absolument rien ? »

« Oui, je te le promets » répondis-je sérieusement.

« Quinn m'a embrassé cet après-midi... »

« Quoi ? Mais c'est génial ! Enfin !... » m'exclamais-je maisSantana me coupe brusquement la parole :

« … et elle s'est enfuie juste après. En me disant « désolée ».. Toujours aussi génial ? » me dit-elle avec sarcasme, et tristesse dans la voix. Tout d'un coup je perds mon sourire :

« Merde, Sanny, je ne sais pas quoi te dire.. Pourquoi elle a fait ça ? Sérieux, parfois je me dis qu'elle a beau être à Yale, elle est vraiment blonde. Mais peut-être qu'elle attend le bon moment pour t'en parler, à tête reposée. D'ailleurs ce soir après la réunion il y a ma fête, et j'étais venu pour t'amener à la réunion avec les nouvelles promo mais je comprendrais si.. »

« Non t'inquiète pas, je viens. » me répond-elle avec conviction.

« Alors habille toi et en route ! »

[POV externe]

« Votre attention s'il vous plait » crie dans un micro le directeur M. Figgins.

Tout le monde ignore sa réclamation et continu de discuter. Faut dire qu'est réuni dans le gymnase sur les gradins tous les élèves de McKinley, tandis que les anciens se tiennent en retrait de M. Figgins qui s'époumone maintenant, expliquant brièvement le déroulement de la réunion.

« … Je laisse donc la parole aux anciens élèves. »

Rachel s'approche, et prend en première la parole :

« Bonsoir à tous, je suis Rachel Berry, ancienne élève de McKinley, membre de différents clubs, mais le plus cher à mon cœur étant le Glee Club. En effet ce club était le lieu où j'ai pu exprimer mon talent, et le partager avec mes autres camarades, pour enfin être acceptée à la NYADA, mon rêve depuis que je suis enfant. Depuis je suis les pas de Barbra Streisand… »

Rachel termine son laïus sur une réception pas forcément à la hauteur de ses attentes, puisqu'elle n'avait cessé de vanter ses talents. Vient le tour de Puck :

« Salut à tous McKinley, moi c'est Puckerman, mais vous devez me connaître puisque je suis une légende ici. Capitaine de l'équipe, les plus belles filles à mes pieds, sans parler que j'ai battu le record d'absentéisme. J'ai créé mon entreprise en dernière année, et maintenant ça commence à se développer donc j'ai pas à me plaindre. Je vous souhaite autant de chance que moi, mes années lycées étaient les plus belles de ma vie… »

Tous les élèves applaudissent et Puck fait l'idiot en faisant des révérences et des clins d'œil aux filles, rien ne changera ici… Tina, Mike, Jacob, tout le monde passe, Finn et son avenir « je travaille dans le garage de mon beau-père » et Quinn et sa réussite à Yale. Tout le monde jusqu'à Santana. Celle-ci s'était vêtue d'une façon plutôt provocante. Elle portait des bottes en cuir noires, un mini short noir, et une chemise à carreaux rouges qu'elle avait largement ouverte de sorte qu'on voit parfaitement son décolleté. Elle s'approche du micro et Quinn ne peut dévier son regard des formes de la brune, cette dernière commence :

« Bonsoir les loosers, je suis Santana Snixx Lopez. Je suis pas ici pour vous cracher à la gueule comment j'ai réussi. Bien que je ne sois pas restée à Lima couvert de cambouis, n'est-ce pas le baleineau ? » dit-elle en regardant Finn, à cette remarque Quinn la fusilla du regard « Qu'est-ce qu'il y a blondie ? Ton copain ne peut pas se défendre tout seul. Oh et je t'en prie je sais que même couverte de cambouis tu me trouverais sexy. Et ne me regarde pas avec cet air outré tu sais que j'ai toujours détesté ça princesa... Bon, pour en revenir à nos moutons, j'ai eu mon diplôme parce qu'être caliente ça suffit pas dans ce pays. Je suis à l'université de New York maintenant, je bosse dans un bar, ce qui ne m'empêche pas de m'éclater tous les soirs si vous voyez ce que je veux dire » fini-t-elle avec un clin d'œil « Bye, bye, les loosers » puis elle jette le micro par terre et s'en alla.

Malgré les applaudissements et sifflements des élèves, le discours de Santana laissa un froid dans le dos de nos anciens élèves qui connaissaient la latina et surtout son sang chaud qui lui valait le surnom de Satan.

[Le soir chez Puck]

La soirée avait déjà bien commencé, et donc les ex-lycéens avaient déjà tous un taux d'alcoolémie plutôt élevé, c'est pour ça que lorsque Rachel proposa l'idée du jeu de la bouteille, un petit groupe se forma trouvant l'idée excellente. Bien sur on retrouvait Puck, Brittany, Rachel, Kurt, Blaine, Finn, Tina, Mike, Mercedes, Sam, et Santana. Rachel alla chercher une bouteille puis la posa dans le cercle, elle s'apprêtait à commencer quand elle remarqua qu'il manqué quelqu'un. Elle scruta la pièce puis vit Quinn assise sur un canapé qui regardait du coin de l'œil le cercle qui s'était formé. Rachel l'appela :

« Allez Quinn ! Viens jouer avec nous ! »

La blonde semblait refuser, mais Rachel continua de l'appeler jusqu'à que tout le monde criait, hormis Santana, à Quinn de venir. Elle se décida enfin, et vint s'asseoir à coté de Rachel.

Rachel commença donc à tourner la bouteille qui désigna Blaine, ce qui fit bien rire tout le monde, suite à une expérience précédente de ce genre. Les parties s'enchainèrent jusqu'à que Sam doive embrasser Santana.

« Eh bien ta bouche de mérou ne m'avait pas manqué » déclara Santana. Elle se pencha et fit tourner la bouteille qui tomba pile entre Rachel et Quinn. Mais la petite brune se décala vite en s'écriant :

« C'est pour toi Quinn ! »

« C'est tombé entre nous deux Rachel.. » commenta Quinn.

« Oui mais tu n'as pas encore joué, et puis ça va c'est Santana » répondit Rachel avec un sourire fière de sa réponse.

« C'est de la triche, la bouteille n'a désigné personne.. » commença la blonde. Mais cette conversation commençait à énerver Santana qui lui coupa la parole :

« Bon Fabray, si tu ne veux pas m'embrasser il te suffit de le dire, ça ne va pas me briser le cœur » dit-elle tout en essayant de se contrôler parce qu'au fond ça lui briserait un peu le cœur après tout ce qu'il s'est passé. Quinn lui lança un regard qu'elle voulu froid mais ses yeux la trahirent en se perdant sur les lèvres pulpeuses de sa meilleure amie.

« Bon c'est bon, je vais le faire » annonça la blonde. Elle s'approcha de Santana qui s'inclina vers la blonde en prenant appuie sur son bras. Leurs visages n'étaient plus qu'a quelques centimètres, Santana regarda encore une fois dans les yeux de Quinn, alors que celle-ci ferma ses yeux puis combla l'espace entre leurs lèvres. Tous les membres du jeu applaudirent et sifflèrent tout en rigolant, mais très vite ce simple baiser se fit plus profond. Santana répondit au baiser et commença à bouger ses lèvres contre celles de Quinn. Dès que leurs lèvres se touchaient un feu s'allumait chez chacune d'elles, et il fallait être aveugle pour ne pas le voir. Santana posa sa main sur la joue de Quinn qui gémit à ce simple contact. Ce gémissement les fit retourner àla réalité et elles se séparèrent haletantes.

« Eh ben, ça c'était hot ! » s'écria Sam « J'aurai du souci à me faire à ta place Finn » dit-il en rigolant.

Quinn eu les joues qui s'enflammèrent et prétextant une envie urgente, elle se leva et quitta le groupe.

Rachel se leva à son tour et partit la retrouver. Quinn était devant la porte des toilettes à attendre que la place se libère. Quinn remarqua le regard insistant de Rachel sur elle, et prit la parole avant que celle-ci ne le fit.

« Tu as peut être raison »

« Comment ça ? » demanda Rachel qui ne voyait pas de quoi parlait la blonde.

« Qu'il y a peut être quelqu'un d'autre qui me fait me sentir bien, et qui me rend véritablement heureuse sans jamais rien demander en retour. Et oui, je parle de S, elle est plus importante que ce que je me laisse croire »

Rachel n'a pas le temps de parler que la porte s'ouvre, et Quinn entre, lui fermant la porte au nez.