Coucou ! Je poste ce chapitre un peu plus tôt tout bonnement parce que je ne pourrai probablement pas le faire ce week-end. Mais je suis sûre que certains en seront ravis xD !

Disclaimer : Je dois citer tout ce que j'ai pas ? Oga, Furuichi, Tsuna en Hyper Mode, Hibari, Dino, Sanzo, Goku... (3 heures après)... et puis Gil, Oz, Jack Vessalius, j'ai pas non plus... quoi ? Je dois m'arrêter ? J'ai dérivé et même cité des persos d'autres mangas ? Mais on m'a demandé de citer tout ce que j'ai pas, faudrait savoir !

Pairing : OgaFuru. (Pas vraiment de Izuma x Miki)

Genre : Rating T, yaoi soft.

Musique : Rainy Heart (Titre de la vidéo : Takano x Onodera - Rainy Heart). L'AMV est juste génial et il porte sur le manga Sekaiichi Hatsukoi. Je suis sûre que vous connaissez !

Bonne lecture !


Mondes Parallèles

Première partie : Son Monde

Leurs retrouvailles

Izuma Kaname, 17 ans et toutes ses dents, déjà lieutenant et craint de tous pour son incroyable puissance, souleva un pan de la tente et y entra, découvrant le fameux Oga Tatsumi, surnommé le Poing Sanglant. Son propre surnom n'était pas moins intimidant. L'Ombre Démoniaque faisait référence à sa façon de tuer comme une ombre et de réussir à effrayer ses propres alliés par son sourire satanique. Le jeune homme se demandait s'il était vrai qu'Oga tuait plus à mains nues qu'avec une arme quelconque. Peut-être devrait-il l'affronter un jour, pour voir qui d'eux deux était le plus fort ? Ça pouvait être divertissant. Il fut coupé dans ses pensées en croisant un regard brut et brillant qui le fixait.

Oga s'était réveillé, sentant que quelqu'un de dangereux était entré dans sa tente. Il vit Izuma, un grand brun à lunettes, et se demanda si ce type tout maigre était si fort que ça. Il se releva de son lit de camp en restant sur ses gardes, la bouche pâteuse. Izuma lui sourit et si Oga avait été un poltron, il aurait frémi de peur. Mais Oga était ce qu'il était et ne fut pas impressionné par l'aura meurtrière du nouveau venu. Oga constata qu'il était dans la même armée que lui alors qu'il s'attendait plutôt à un de ces suicidaires du camp adverse venu assassiner les officiers. Ce type était vraiment louche et le brun se dit qu'il devrait le garder à l'œil, tendant ses muscles, prêt à répliquer si jamais l'autre tentait quelque chose.

- On s'calme, parla doucement Izuma avec l'accent du Kansai tout en agrandissant son faux sourire. J'fais qu'passer.

- Et pourquoi donc ?, répondit Oga, la voix rauque à cause de la soif.

- Voir le fameux p'tit ami d'Furuichi-kun ! J'ai tellement entendu parler d'toi t'sais, et puis j'ai bien l'droit d'satisfaire ma curiosité vu tout ce que j'ai fait pour toi !

- Et t'as fait quoi pour moi ?, demanda Oga.

Il avait tiqué au mot de "p'tit ami" et encore plus au nom de "Furuichi". Ainsi, ce gradé, un lieutenant qui plus est, était au courant de leur relation. Il avait beau chercher, sa tête et son sourire qu'il avait envie d'exploser à chaque seconde qui passait ne lui disaient absolument rien.

- Hisaya-kun t'a rien dit ?

- Hisaya… ?, hésita Oga. Ah ! Miki !

- Évidemment.

- C'est toi qui envoyais les lettres alors ?

- Parfait'ment. Tu comprends donc que j'veuille en savoir plus sur toi. Enfin, perso, je t'imaginais bien plus effrayant.

Oga allait répliquer qu'il pouvait l'encastrer dans le sol s'il jugeait qu'il n'était pas assez effrayant mais Izuma enchaîna :

- Plaisanterie à part, viens. Furuichi t'attend.

Oga oublia en un instant son agressivité envers Izuma et s'habilla en vitesse pour être prêt dans la minute.

- Je te suis.

Izuma ne put s'empêcher de sourire devant tant de sincérité sur ses sentiments de la part d'Oga. Il retint qu'il serait facile de le manipuler grâce à la simple mention de Furuichi. Ça lui serait peut-être utile un jour. À retenir, au cas où.

Oga s'impatientait devant l'allure tranquille de l'autre. Il pouvait accélérer alors qu'est-ce qu'il attendait ? Il voulait vraiment le mettre en rogne ou quoi ?

Finalement, Izuma s'arrêta devant une des énormes tentes servant de dortoir commun aux soldats.

- C'est là. Il doit encore dormir vu l'heure. Allez, j'te laisse !

Izuma s'éloigna en effet, faux sourire et main levée pour le saluer presque amicalement. Oga ne l'aimait définitivement pas. Trop faux pour lui. Il l'oublia totalement lorsqu'il franchit le seuil du dortoir peu éclairé. Seuls les quelques rayons de soleil perçant le ciel se diffusaient sur la toile beige et permettaient de se repérer. Oga pesta intérieurement. La flemme de chercher parmi tous ces mecs.

- Furu, t'es là ?, cria-t-il dans la tente.

Plusieurs soldats râlèrent, réveillés par la voix forte du brun. Certains se relevèrent précipitamment, croyant à une attaque surprise de l'ennemi, encore à moitié dans les vapes. Un surtout, se mit à s'habiller machinalement avant de se rendre compte que le mec qui venait d'appeler quelqu'un n'était pas un officier qu'il connaissait. Oga s'en fichait royalement et continua :

- Bouge ton cul ! Et m'oblige pas à venir te chercher !

- Tatsumi...?

La voix incertaine de Furuichi fut suivie de plaintes plus ou moins virulentes, de « Taisez-vous ! », « La ferme… » et de « Dégagez ! » tous aussi charmants les uns que les autres. Oga n'arrivait d'ailleurs pas à déterminer la position de son petit ami dans tout ce vacarme. Il repéra cependant une silhouette fine qui se levait de son lit de camp. Son cœur s'accéléra, reconnaissant la frange argentée de celui qu'il aimait tant. Il déglutit mais sa gorge restait toujours aussi sèche. L'ombre se déplaça dans sa direction, trébuchant une fois sur une botte qui traînait par terre, se cognant la tête aux poutres en bois qui soutenaient les lits superposés, avant d'arriver à un mètre de distance et de s'arrêter.

Oga distinguait à peine le visage de Furuichi dans la pénombre mais il devinait que celui-ci devait avoir sa tête d'abruti complètement estomaqué. Il fallait dire qu'il n'était même pas au courant de la venue d'Oga et encore moins pour quelle raison il était là. Le brun s'approcha de lui, ayant l'irrépressible envie de l'embrasser mais il se retint. Il caressa doucement le visage de Furuichi du bout des doigts, ses yeux totalement captivés par ceux brillants de son vis-à-vis. Pendant une minute, les deux amoureux n'osaient croire qu'ils étaient réveillés. Ils restèrent ainsi, debout dans le dortoir qui s'était enfin rendormi. Puis, Oga prit la main de Furuichi dans la sienne et l'entraîna à l'extérieur.

L'aube approchait et peu à peu, le camp allait se réanimer. Pour Oga, il fallait trouver un endroit tranquille, à l'abri des regards, histoire de ne pas être dérangé. Furuichi s'en douta fortement et tira un peu la main d'Oga qui se tourna vers lui. Il lui indiqua du doigt deux tentes qui servaient de stockage entre lesquelles ils pouvaient se cacher. Et alors qu'ils s'y dirigeaient, leurs mains se lâchèrent et vinrent vérifier que l'autre était entier, leurs corps se rapprochèrent sensuellement et, à la toute fin, dans le noir créé par l'interstice des deux tentes, leurs bouches se lièrent.

Leurs langues s'enroulaient sauvagement, leurs dents s'entrechoquaient brutalement et leur baiser pourtant bestial et impatient leur sembla être la seule source de vie dont ils avaient besoin. Furuichi s'accrochait désespérément à l'uniforme d'Oga, en quête de la chaleur rassurante de son corps, alors que le brun baladait ses mains sans penser réellement aux endroits qu'il touchait. Ils étaient en vie, ensemble, en un seul morceau. Et, alors qu'Oga avait eu peur de ne plus savoir embrasser un peu plus tôt, il n'y pensait plus tant le besoin de sentir Furuichi proche de lui était devenu vital.

Ils se séparèrent enfin, l'air leur manquant. Furuichi sourit avant de se blottir dans les bras puissants du brun. Ce dernier se mit à caresser les cheveux argentés par habitude. La présence de Furuichi l'apaisait enfin. De longs mois les avaient séparés, de durs mois où la mort était sa seule compagne fidèle. Oga se sentit submergé par l'émotion, sentant son cœur lui faire mal à exploser tant il était heureux. Il sourit tout en essayant d'empêcher les larmes de monter et il dut prendre quelques grandes inspirations, discrètement, pour ne pas pleurer de soulagement.

Furuichi ne disait rien mais il entendait le cœur du brun battre furieusement et ça le fit sourire. Il avait au moins la preuve qu'Oga tenait à lui et qu'il était heureux qu'ils se soient retrouvés. Lui-même avait quelques larmes qui perlaient au coin des yeux mais il ne les laisserait pas tomber si facilement. Il frotta son visage contre l'uniforme du brun pour les effacer.

Ils ne surent pas combien de temps ils restèrent ainsi dans les bras l'un de l'autre mais lorsque le soleil commença à les éclairer, ils décidèrent de sortir d'entre les tentes. Par un commun accord, ils ne gardèrent pas leurs mains liées, bien trop suspectes, sans pour autant s'éloigner de l'autre.

Comme tous les matins dans le camp, il y eut un bref appel et des consignes furent données aux différentes unités à voix haute. Seule l'unité prévue pour la fameuse mission dangereuse fut obligée de se regrouper dans la grande tente des opérations.

Furuichi et Oga n'avait pas pu discuter ensemble avant, ou plutôt, ça leur avait semblé si inutile sur le coup qu'ils ne l'avaient pas fait. De ce fait, Furuichi fut surpris de voir Oga le suivre.

- Au fait, Tatsumi ?, lui demanda-t-il alors qu'ils se dirigeaient vers la tente des opérations. Pourquoi t'es là ?

Oga sourit et caressa amicalement les cheveux de Furuichi.

- Pour te protéger, comme promis !, déclara-t-il en souriant.

- Attends… tu veux dire que toi aussi tu fais partie de la mission ?

Oga acquiesça, posant son regard sérieux sur son petit ami. Furuichi n'en revenait pas. Oga était vraiment quelqu'un d'impossible. Et d'incroyable aussi. Autant il avait maintenant peur de le perdre, autant il était rassuré de l'avoir à ses côtés. Cette mission, aussi dangereuse qu'elle puisse paraître, ne serait pas si terrible avec Oga. Il en était presque persuadé.

Il n'était pas non plus stupide. Oga n'était qu'un homme et la chance pouvait tourner en sa défaveur. Furuichi ne pouvait pas se laisser bercer d'illusions. Oga serait un atout puissant dans leur survie, mais lui-même ne pouvait pas que compter sur lui pour rester en vie. Il ferait tout son possible pour ne pas gêner Oga et quoi qu'il dise, lui aussi protégerait le brun. Après tout, comment pourrait-il se regarder en face après avoir vu son petit ami mourir sous ses yeux ? C'était son devoir d'homme de protéger celui qu'il aimait.

Ils franchirent la porte de la tente et Furuichi arrêta de trop réfléchir. À force, il allait repenser à ses parents et à sa petite sœur dont il ne savait même pas s'ils étaient encore en vie. Se morfondre n'allait pas le faire avancer ni l'aider à faire cette mission. Il devait à présent rester concentré.

- Soldats, garde à vous !, ordonna un capitaine.

Tous les soldats présents saluèrent l'arrivée du commandant qui se mit devant l'unité, entre la table des opérations et la grande carte du monde accrochée sur un panneau en bois. Le commandant Uesugi observa la vingtaine d'hommes face à lui puis parcourut les visages sérieux de ses officiers. Tous les hommes sous ses ordres sentaient que le briefing qui allait suivre serait d'une importance capitale et l'attitude du commandant faisait monter la tension au sein de la tente.

- Repos, ordonna enfin Uesugi.

Les mains se baissèrent, les épaules se détendirent légèrement et les pieds se mirent dans une position plus naturelle mais les sourcils froncés trahissaient l'inquiétude et l'attente des soldats quant à la suite.

- Je ne vais pas y aller par quatre chemins, annonça le commandant alors que le capitaine apporta le panneau d'affichage avec une grande feuille de brouillon accrochée dessus. La mission que l'on vous a confiée n'est pas des plus simples et elle sera probablement la clé pour gagner cette guerre.

Certains soldats commencèrent à s'agiter dans les rangs mais un rapide regard noir du commandant les fit taire. Bizarrement, Oga n'aimait pas trop cet homme. Il lui paraissait trop détaché de la situation. C'était, pour lui, l'image même des adultes campés dans leur position, incapables de changer d'avis pour une question de principe. Il lui semblait que seule la victoire comptait, peu importe les moyens d'y parvenir.

- Heureusement, vous serez sous les ordres du lieutenant Oga, spécialement transféré depuis le 13ème régiment d'infanterie. Lieutenant, avancez je vous prie.

Oga s'exécuta et il put voir les yeux de ses soldats, puisqu'il allait prendre le commandement de cette unité, s'illuminer au fur et à mesure qu'il approchait le commandant. Ce fut pourtant ceux de Furuichi qui le marqua. Il avait l'air blessé, comme s'il comprenait quelque chose qu'Oga n'arrivait pas à saisir. Était-ce de la jalousie ? Non, plutôt… de la peur ? Le brun dut reporter ses questions à plus tard et salua brièvement son commandant avant de se mettre face aux soldats.

- Vous avez probablement déjà entendu parler des exploits du Poing Sanglant j'imagine. Sachez que ce n'est pas pour rien qu'on vous assigne l'un des meilleurs officiers pour cette mission. VOUS DEVREZ LA RÉUSSIR, VOUS M'ENTENDEZ ?!, se mit-il à crier à la fin.

- OUI MONSIEUR !, répondirent en chœur la petite unité.

Ce fut la seule fois où ils virent leur commandant esquisser un sourire avant qu'une petite toux ne vienne le lui arracher. Il se reprit rapidement avant d'annoncer enfin le but de la mission.

- À partir de maintenant, tout ce qui sera dit ici ne devra jamais sortir de cette tente. Votre mission a pour nom Kyubu. Vous devrez récupérer une arme derrière les lignes ennemies, entreposée dans un labo au nord de Tokyo.

Le capitaine dessina un schéma montrant le camp du 3ème régiment et le camp ennemi, ainsi que l'emplacement de la ville de Tokyo par un grand rond avec, au nord, une petite croix montrant le laboratoire. Tout en suivant l'explication du commandant, le capitaine traça des flèches de déplacement dont l'une d'entre elle traversait Tokyo.

- Vous aurez le droit à des masques à gaz et à des combinaisons préventives légères pour faciliter votre progression. Bien sûr, évitez le plus possible le contact avec les objets environnants contaminés. On vous déposera le plus près de Tokyo et vous pourrez utiliser un camion que pendant quelques kilomètres à l'entrée de Tokyo. Vous devrez faire le reste à pied pour rester discrets.

Tout ça, Oga le savait déjà. Il attendait que le commandant finisse de leur expliquer leur parcours pour enfin savoir ce dont retournait cette fameuse arme. À quoi servait-elle ? Pourquoi serait-elle la clé du succès du Japon ?

Le commandant se racla la gorge et continua son speech.

- On ne sait pas s'il y a des ennemis qui parcourent la ville. Ils ont peut-être assez de moyens pour envoyer des gens garder la zone alors faites bien attention. Surtout, évitez au maximum le combat. S'ils s'aperçoivent qu'on a envoyé des hommes, ils vont commencer à mieux chercher et nous empêcher de nous emparer de l'arme.

Uesugi prit le verre d'eau qu'un autre lieutenant qu'Oga lui tendait. Il but quelques gorgées pour apaiser sa voix avant de finir le briefing.

- L'arme… parlons-en justement.

Oga tendit plus sérieusement l'oreille. Il allait enfin savoir.

- Nous ne sommes au courant de son existence que depuis quelques mois et en réalité, nous comptions sur le 5ème régiment pour aller la récupérer après que le 13ème ait conquis la ligne du nord. Malheureusement, vous savez tous ce qu'il s'est passé par la suite. Je vous interdis d'utiliser l'arme, vous devrez juste la ramener. Elle se présente…

Le commandant attrapa le dossier de la mission et en extirpa une belle feuille blanche où le schéma scientifique d'un cube était dessiné.

- … sous la forme d'un cube. Il peut facilement tenir dans la main. Vous n'avez pas besoin d'en savoir plus.

Les soldats et même Oga sentirent qu'on leur cachait quelque chose. Ils allaient risquer leur vie pour un cube de jeu pour enfant ? C'était ça l'arme suprême que convoitaient tant leurs supérieurs ?

- Nous vous fournirons une carte cryptée de l'emplacement du laboratoire et du cube. Nous faisons confiance en votre sens de l'orientation au sein de la ville puisque vous venez tous de Tokyo.

Le commandant Uesugi se tourna enfin vers Oga et fut un peu déstabilisé par le regard sûr de lui du jeune homme. Décidément, il ne cessait de monter dans son estime.

- Lieutenant Oga, vous avez sûrement quelques mots à dire ?

Le brun acquiesça légèrement. Balancer une phrase pour gonfler de courage ses hommes ? Il en était devenu un expert alors qu'avant, il détestait presque ça.

Furuichi le vit faire un pas et se mettre bien droit. Maintenant qu'il l'observait vraiment, il s'aperçut qu'Oga n'avait pas seulement pris quelques centimètres ou était devenu plus musclé qu'avant. Quelque chose de fort et d'attractif se dégageait de sa personne. Quelque chose qu'il avait décelé des années auparavant sans réellement en saisir l'ampleur et qui l'avait attiré inexorablement vers lui quand il avait voulu en faire son ami. Ici, bien cintré dans son uniforme alors que Furuichi était habitué à toujours le voir débraillé, il le trouvait exceptionnellement beau. Et il comprit qu'il n'était pas le seul à penser qu'à présent que le Poing Sanglant était avec eux, ils allaient réussir leur mission et survivre. Il vit les regards de ses camarades s'illuminer et de minces sourires se former alors qu'Oga entamait son petit discours.

Furuichi en était à la fois fier et jaloux. En plus, quelque part, l'angoisse au fond de son ventre s'agrandissait. Il commençait seulement à pleinement réaliser qu'Oga allait encore risquer sa vie pour lui. La peur de le perdre l'empêcha de se concentrer pleinement sur les mots vigoureux et encourageants du brun mais sa voix chaude et profonde raisonna jusqu'au fond de son être. Depuis quand Oga était devenu si responsable, si respecté et digne de confiance ? Ou était passé l'Ogre Déchainé de son enfance qui effrayait tout le monde et attirait les filles ? Celui qui se contentait de frapper quand quelque chose ne l'arrangeait pas ?

Pourquoi devait-il accepter cette mission ? Pourquoi était-il là ?

Les yeux des deux amants se croisèrent alors qu'Oga finissait son baratin. Ils ne se quittèrent plus et Furuichi sentit ses joues rougir légèrement en comprenant la raison pour laquelle Oga faisait tout ça. C'était pour lui. Seulement lui et personne d'autre. Il était si important aux yeux d'Oga que le brun acceptait tout rien que pour pouvoir le protéger. Même s'il ne lui avait encore jamais dit, Furuichi sut qu'Oga l'aimait au-delà de tout ce qu'il aurait pu imaginer. Et les mots n'auraient pas suffit pour le dire. Comme d'habitude, Oga agissait. Et cette fois-ci, en étant là, debout devant ses soldats, plongeant son regard brut dans le sien, le brun lui transmettait tout l'amour qu'il ressentait à travers cette drôle de connexion. Encore un acte presque dénué de sens pour le commun des mortels que seul Furuichi réussissait à décrypter.

Furuichi ne put s'empêcher de sourire, l'angoisse montante dans sa gorge un peu apaisée par cette découverte. Oga lui rendit discrètement son sourire. Le brun aimait beaucoup cette complicité qu'ils entretenaient depuis leur tendre enfance, cette façon de tout se dire sans même ouvrir la bouche.

La réunion terminée, l'unité Kyubu fut autorisée à se détendre avant le début de l'opération. Ils partiraient seulement en fin d'après-midi et midi n'était même pas encore passé. Oga se dit qu'il pourrait en profiter pour se retrouver seul avec Furuichi mais il fut happé par ses subordonnés qui voulaient tous quelque chose de lui, une anecdote, un mot gentil, même un autographe. Il était vraiment populaire auprès de ces jeunes soldats inexpérimentés. Il pouvait le déduire à la vue de ces mines encore émerveillées et ces sourires sincères et encore naïfs.

Quand il put enfin se dégager, Furuichi l'attendait adossé contre l'écorce d'un arbre. Oga ne se rappelait plus de la dernière fois où il en avait vu un encore intact. Il songea qu'il aurait préféré être au printemps pour au moins voir un peu de couleur dans ce décor morne et gris. Bizarrement, il eut besoin de mémoriser l'image de Furuichi en train de lui sourire en agitant la main alors qu'il se rapprochait de lui, comme pour devenir une photo souvenir. Une pointe d'inquiétude le prit mais il la rejeta aussitôt, ne comprenant pas bien ce qui lui prenait.

Les deux amoureux restèrent ensemble, discutant de banalités entrecoupées de silences qui révélaient à quel point ils étaient heureux rien que d'être juste aux côtés de l'autre. Ils se posèrent dans un coin tranquille, les mains liées et leurs corps serrés côte à côte pour mieux sentir la chaleur de l'autre. Ils évitèrent de parler de leur famille, de la guerre, de la mission, et de tout ce qui aurait pu les mettre mal à l'aise. Ils savaient qu'ils avaient de la chance d'être ensemble, ici, loin du front. Le froid était devenu leur prétexte pour toujours rester collé l'un à l'autre et leur relative mise à l'écart du camp leur permettait de s'embrasser autant de fois qu'ils le voulaient.

Les heures s'égrenaient inexorablement, trop vite au goût des deux jeunes hommes. Bientôt, l'appel pour le rassemblement de leur unité retentit alors que ni Oga ni Furuichi n'avaient exprimé clairement leurs craintes. Seul le geste timide de Furuichi pour retenir un peu plus longtemps Oga montra son angoisse et Oga se contenta de lui sourire avant de l'embrasser pour essayer de le rassurer. Lui non plus n'était pas confiant mais il ne pouvait pas flancher maintenant. Coûte que coûte, mission ou pas, quelques soient les sacrifices qu'il devrait faire, il ramènerait Furuichi en vie. Il le protégerait de sa vie s'il le fallait même s'il savait que ça devait être son dernier recours. S'il mourrait, qui protégerait Furuichi ? Il devait survivre, lui aussi. Il n'avait aucune envie de mourir de toute façon.

Un par un, ses hommes montèrent dans le camion qui les mèneraient près de Tokyo. Ce fut à Furuichi, le petit cerveau de l'équipe, à qui fut remise la carte cryptée. Ce dernier s'était volontairement proposé depuis des mois pour acquérir cette compétence primordiale dans les transferts de messages et les missions secrètes. Il avait cru que ça l'aiderait à devenir sous-officier. Et pour l'instant, ses efforts n'avaient pas été vains et commençaient à peine à porter leurs fruits.

Oga repassa en revue l'équipement, ses hommes, la carte, tout ce dont il avait besoin pour affronter l'enfer créé par ses supérieurs. Il monta à l'avant et l'un de ses hommes prit le volant. À seize ans, Saga Ritsu avait déjà conduit plus de véhicules que la plupart des adultes. C'était pour cette raison qu'il avait été recruté pour cette mission. Les autres soldats avaient chacun leurs propres capacités qui leur seraient utiles au cours de l'opération. Mais aucun n'avait encore affronté d'ennemis et encore moins déjà tué. Oga se retrouvait à la tête de l'unité la moins préparée à la mort pour une mission plus que périlleuse. Il espéra sincèrement qu'ils réussiraient à rester discrets et à éviter les combats, comme on le leur avait ordonné.

Le camion démarra alors que le premier flocon de neige tombait sur le pare-brise, en route pour l'ancienne capitale devenue cimetière.


J'ai vraiment adoré écrire leurs retrouvailles, surtout le baiser coincé entre les deux tentes. Ça allait si bien avec la chanson ! Je sais pas pour vous, d'ailleurs dites-moi si pour vous ça collait bien aussi !

On reste presque toujours dans le point de vue d'Oga même si, quand c'est le petit passage de Furuichi, j'ai fait en sorte de montrer à quel point Oga est devenu légèrement différent. Il est plus responsable, prend les choses plus à coeur que l'Oga du manga, mais c'est tout à fait logique avec ce qu'il a déjà traversé et ce qu'il se prépare à affronter. Enfin pour moi. J'espère que pour vous aussi.

Me suis rendue compte que le Izuma x Miki du chap' précédent n'avait pas fait de vagues. Vous n'aimez pas ? Vous vous en foutez vous voulez du OgaFuru ? xD Oh, et Izuma a l'accent du kansai, mais je me souviens plus si en vrai il en a un. Si quelqu'un pouvait me le rappeler (pas que je change quoi que ce soit dans ce chap' par contre).

Et regardez... Tout plein d'OC ! Encore, je sais. Ne vous inquiétez pas, ce sont les (presques) derniers. En tout cas, pour la première partie, j'ai (presque) rempli mon quota xD !

Merci pour vos reviews ! D'ailleurs, j'ai répondu à Fandeyaoi sur mon profil et je répondrai aux autres anonymes toujours sur mon profil. Alors lâchez vos reviews !