Coucou ! Me revoilà avec le dernier chapitre de la première partie ! D'ailleurs, je suis navrée d'annoncer que la suite attendra encore deux semaines avant d'être publiée, à cause de la rentrée (voir mon profil).
Au dernier chapitre, Furuichi était à l'agonie dans les bras d'Oga, mais le cube les avait transporté quelque part. Est-ce que Furuichi a échappé à la mort ? Vous le saurez dans ce chap' !
Disclaimer : Rien n'est à moi !
Genre : Yaoi soft, Rating T
Pairing : OgaFuru.
Musique : Dreamcatcher de Secret Garden - OST 21 de Zero no Tsukaima - Distant Everyday Memories du film "5 centimètres par seconde" (Byousoku Go Senchimetoru).
Bonne lecture !
Mondes Parallèles
Première partie : Son Monde
Son vœu le plus cher
Lorsqu'il se réveilla en sursaut, s'asseyant sous le coup de l'émotion, tout son corps protesta et il se plia en deux de douleur. Incapable de savoir où il était, il détailla brièvement la pièce blanche, le lit dans lequel il était assis et la fenêtre entrouverte qui faisait bouger le rideau à cause d'un léger courant d'air. Un magnifique coucher de soleil orangé signifiant la fin d'une journée pouvait être aperçu dans l'embrasure de la fenêtre.
Couvert de la tête aux pieds de bandages, il dût se rendre à l'évidence qu'on l'avait soigné. Ses affaires n'étaient pas là, et une simple chemise d'hôpital l'habillait. Alors qu'il allait poser un pied au sol, un médecin en blouse blanche et stéthoscope au cou entra dans la chambre et l'interrompit :
- À votre place, j'éviterai de trop bouger.
Mais son patient était têtu. Il réussit à se lever avant d'être obligé de s'appuyer au lit pour ne pas tomber. Son corps était décidément bien faible et il n'avait pas l'habitude.
- Je sais pourquoi vous êtes aussi agités, déclara enfin le médecin.
Ce dernier capta enfin l'attention de son patient qui leva des yeux sombres vers lui, sauvages et envoûtants. Alors même qu'il était affreusement blessé, à peine reconnaissable sous les bandages, ses yeux n'avaient rien perdus de leur éclat.
Le médecin fronça les sourcils, soucieux. Il se rappelait parfaitement de son patient et de son ami apparus soudainement devant l'hôpital. Le brun tenait fiévreusement celui aux cheveux argentés et avait demandé de l'aide en hurlant, presque suppliant, avant de s'évanouir. Ça avait fait tout un tapage car, malgré le sang et les vêtements brûlés ou déchiquetés, on reconnaissait facilement les uniformes militaires et, surtout, l'arme à feu fournie par les Etats-Unis. Or, il était rare que des militaires se retrouvent aussi loin derrière le front.
Malgré les nombreuses questions restées en suspens, ils furent emmenés dans l'hôpital et maintenant, Oga était réveillé. Sa capacité de récupération était réellement surprenante car il n'avait passé qu'une journée entière inconscient alors que la plupart des patients souffrant de telles blessures restaient facilement plusieurs jours alités.
Le brun voulut parler mais sa gorge était trop sèche pour laisser sa voix sortir. Alors il se contenta d'attendre sur ses jambes tremblantes que le médecin parle. Après tout, puisqu'il savait tout, il pourrait lui dire où était Furuichi.
Le médecin savait ce que voulait son patient et bien qu'il ne connaissait presque pas Oga, une boule se forma au fond de son ventre, alourdissant tout son corps, alors qu'il appréhendait sa future réaction.
- Écoutez, Oga-san… Quand vous êtes arrivés ici venus de nulle part, on vous a trouvés vous et votre ami grièvement blessé. Nous n'avons pas perdu de temps pour-
- Furu…, cracha Oga d'une voix rauque.
Qu'il vienne au fait, il s'en fichait complètement de comment il était arrivé là et comment on l'avait soigné.
- Je suis navré de vous apprendre que Furuichi-san n'a pas survécu à ses blessures. Nous avons fait tout ce qu'on…
L'esprit d'Oga se vida complètement, n'écoutant déjà plus le médecin. Tout ce qu'il avait compris, c'était que Furuichi n'avait pas survécu. Cette fois, il était bien mort. Il n'avait vraiment pas réussi à le protéger. Furuichi était mort et lui était vivant. Ça lui semblait si invraisemblable que ses jambes le lâchèrent, ses genoux claquant violemment sur le carrelage blanc. Le médecin allait s'approcher pour l'aider à se relever mais s'arrêta, sentant instinctivement que son patient avait besoin d'être seul.
- Je vous laisse, Oga-san. Si vous avez besoin de quoique ce soit, appelez-moi.
Le médecin ferma la porte derrière lui, gardant en mémoire l'image de ce garçon prostré, le visage déchiré par la douleur. Lui-même n'était pas insensible à cette mort. Il se souvenait parfaitement de la veille au petit matin, quand ces deux jeunes hommes étaient arrivés.
Il faisait encore noir et soudainement, une lumière blanche très vive avait jailli à l'entrée de l'hôpital de Kagoshima avant de s'éteindre tout aussi rapidement. Deux hommes grièvement blessés et armés avaient surgi de nulle part et l'un d'eux avait crié de sauver son ami. Aussitôt, le médecin avait senti qu'il ne pouvait pas rester sans rien faire malgré le fait de ne rien savoir d'eux. Ils avaient besoin d'être soignés alors c'était ce qu'il ferait.
Malheureusement, seul le brun était encore en vie à ce moment-là. Et grâce aux plaques militaires, ils avaient pu être identifiés. Bien qu'on ne lui ait rien dit, le médecin se doutait que quelque chose d'anormal s'était produit au cours d'une mission militaire. Après tout, le Général Suzaku en personne allait venir interroger Oga, sûrement pour lui demander comment il avait pu être blessé si loin du front, et ce n'était pas une personne qui se déplaçait pour des broutilles. Quoique ces adolescents aient pu faire, Oga n'allait pas s'en sortir si facilement.
Mais pour l'heure, le brun n'était pas d'humeur à se soucier de sa petite personne. Quelque part, une partie de son cœur était morte, emportée en même temps que Furuichi. Il repensa aux moments passés ensemble, les bons, les mauvais, les derniers… Ses larmes ne voulaient pas sortir et il resta une bonne heure le regard dans le vide, laissant ses pensées vagabonder. L'image qu'il s'était gravé avant la mission lui revint facilement. Il revoyait l'arbre nu dont les branches noires se découpaient dans le ciel gris, puis Furuichi qui s'avançait vers lui en souriant, agitant la main. Finalement, peut-être qu'Oga avait prédit le futur et qu'il avait gravé cette image en lui pour être sûr d'avoir un souvenir de Furuichi, son visage, son sourire et le fait d'être en sécurité, ensemble.
À présent qu'il savait qu'il ne le reverrait plus vivant, il n'avait plus envie de rien. De rien, à part de voir Furuichi, le voir en vie, lui sourire, le taquiner… Mais ce n'était plus raisonnable d'espérer ça. Même si, au fond, Oga n'arrivait déjà plus à penser raisonnablement. Alors il se releva, difficilement mais il y arriva, et trouva la sonnette pour appeler le personnel soignant.
Il appuyait à peine que le médecin qui le soignait entra aussitôt dans la chambre. Oga en fut relativement surpris mais il n'avait pas la tête à se demander la raison pour laquelle il avait été aussi rapide.
- Vous m'avez demandé, Oga-san ?
Le brun acquiesça. Au moins, il répondait aux questions du médecin qui en fut légèrement soulagé. Il avait eu peur que le jeune homme ne puisse plus se reprendre après avoir appris la mort de son ami.
- Mes affaires…, murmura Oga, toujours avec cette voix rauque qu'il ne se connaissait pas.
- Ils sont dans l'armoire, indiqua le médecin. Je vais vous apporter un médicament pour calmer votre gorge.
Oga acquiesça de nouveau. Puis, pendant que le médecin était parti, il ouvrit doucement l'armoire.
Toutes ses affaires étaient bien là, à part l'uniforme trop en mauvais état pour être gardé. Mais même l'arme y était. Oga en fut d'ailleurs assez surpris, pourquoi n'avait-elle pas été mise en lieu sûr ?
Le médecin rentra dans la chambre et Oga ferma précipitamment l'armoire. Peut-être qu'ils avaient oublié l'arme ? Autant ne pas le leur rappeler alors. Maintenant, Oga savait quoi faire.
- Tenez, fit le médecin en tendant un verre d'eau dont le reste de pastille effervescente se voyait encore au fond. Ça vous soulagera.
Oga prit le verre et le but d'une traite. Il ne se souvenait pas d'avoir eu aussi soif de toute sa vie et l'eau aromatisée le revigora d'un seul coup. Le médecin sourit, content de voir son patient reprendre du poil de la bête rien qu'avec un peu d'eau.
- Est-ce que vous avez besoin d'autre chose ?
- Oui… J'aimerai voir Furu.
Le médecin grimaça. Bien que conservés dans un endroit réfrigéré, les morts ne pouvaient être vus si facilement. Il avait peur qu'Oga ne puisse pas le supporter. D'un autre côté, c'était sûrement le meilleur moyen pour qu'il essaye de passer à autre chose. S'assurer que cette personne était belle et bien morte lui permettrait de commencer à faire son deuil. Même en ne sachant pas le lien qu'unissait Oga à Furuichi, le médecin sentait qu'ils étaient spéciaux l'un envers l'autre. Alors il demanderait une dérogation afin qu'Oga puisse voir Furuichi. Ce n'était pas grand-chose après tout.
- Je vais demander une autorisation. La morgue est assez stricte au niveau de ses accès, surtout que vous et votre ami faites l'objet d'une enquête. Je reviendrai demain. Allez vous coucher et essayez de vous reposer, vous êtes loin d'être rétabli.
Oga acquiesça, préférant rester silencieux alors que le médecin quittait la pièce. Le brun n'était pas stupide. Plus maintenant. Il n'attendrait pas ces foutues autorisations de merde et irait à la morgue par ses propres moyens. Il ne voulait que voir Furuichi et en finir avec tout ça. Il n'avait plus envie de continuer à supporter ces adultes égoïstes, cette guerre débile, ce monde pourri jusqu'à la moelle. Pas sans lui.
Il rouvrit l'armoire et enfila lentement la sangle de son arme sur l'épaule, ignorant la douleur que chacun de ses mouvements provoquait. Quelque chose tomba sur le sol et Oga reconnut le cube arc-en-ciel. Ce truc… il n'avait pas sauvé Furuichi. Certes, il les avait emmenés devant un hôpital, à des centaines de kilomètres de Tokyo, loin du danger, mais Furuichi n'avait pas survécu. Et c'était tout ce qu'avait demandé Oga du plus profond de son cœur. Mais le cube n'avait pas réalisé son souhait.
Heureusement, les munitions de son arme avaient aussi été mises dans l'armoire. En réalité, Oga ne savait pas trop comment on traitait les militaires blessés, mais apparemment ils avaient le droit de garder leurs armes comme s'ils étaient de simples porte-bonheur. Ça arrangeait bien Oga qui s'empara des munitions et enclencha son chargeur. Il se sentait toujours mieux une arme à la main. Il pensait même qu'il ne pouvait plus du tout s'en séparer pour se sentir un minimum en sécurité.
Par contre, il n'avait pas d'autres vêtements et ce fut habillé de sa chemise d'hôpital, le cube à la main qu'il préférait garder auprès de lui sans réellement savoir pourquoi, et l'arme sur l'épaule, qu'il sortit discrètement de sa chambre. Il était tard et les lumières avaient été baissées pour permettre aux patients de l'hôpital de dormir sans être gênés. C'était une chance pour Oga qui en profita, rasant les murs, se cachant au moindre mouvement suspect. Finalement, sa formation aurait même servi dans un tel endroit.
Il repéra enfin un panneau indiquant la morgue. Déglutissant difficilement, il prenait un nouveau coup de couteau dans le cœur en repensant à ce que cela signifiait. Oga évitait encore d'y penser mais après tout, c'était impossible. Il réussit à se reprendre et avança sur ses jambes frêles. Heureusement, la douleur était assez éprouvante pour l'empêcher de trop réfléchir. Ce fut ainsi qu'il arriva devant deux portes battantes blanches qui donnaient sur la morgue. Oga se doutait bien qu'il y aurait encore quelqu'un à cette heure-ci et il cala son arme contre son épaule avant d'entrer.
Un seul petit homme à lunettes était encore présent. Voyant arrivé une momie… non un homme blessé armé d'un P90, il lâcha tout ce qu'il tenait – de la paperasse inutile – et mit ses mains en l'air.
- Ne criez pas, ordonna Oga de sa voix encore rauque, voyant le mec à lunettes hocher frénétiquement de la tête pour acquiescer. Je veux voir Furuichi Takayuki.
Le petit homme indiqua du doigt les nombreux tiroirs réfrigérants mais d'un regard noir d'Oga, il se précipita vers un en particulier qu'il ouvrit, tirant sur une table blanche où reposait un jeune homme.
Bien que trop blanc pour sembler vivant, Furuichi était relativement intact. Seul son torse restait affreusement blessé mais des bandages cachaient la blessure mortelle. Alors qu'il baissait son arme, complètement captivé par le visage sans vie de Furuichi, l'homme à lunettes se précipita vers la sortie. Bientôt, il appellerait les vigiles et peut-être même la police.
Mais ça, Oga s'en foutait. Il était juste devant Furuichi, celui qu'il aimait. Celui qui était mort pour le protéger. Ça le frappa si violemment que sa respiration se fit de plus en plus précipitée, l'empêchant d'absorber correctement l'oxygène de l'air et lui faisant tourner légèrement la tête. Il s'en voulait tellement…
Il caressa doucement les cheveux glacés, si doux dans le passé, son visage, si expressif dans ses souvenirs, mais la réalité le frappait encore. Plus jamais il n'ouvrirait ses yeux si particuliers, lumineux et pleins de vie, rieurs, ou boudeurs, ou surpris, ou même tristes… Et Oga ne se sentait pas capable de vivre sans toutes ces petites choses, ces petits riens qui rendaient Furuichi unique à ses yeux. Vivre lui était devenu trop difficile.
Oh, il savait bien que c'était lâche de sa part. Et que le Oga d'autrefois n'aurait jamais abandonné ainsi sa vie. Mais le Oga d'autrefois n'existait plus. Il était mort, aussi mort que Furuichi sur cette table froide de la morgue d'un hôpital.
Quand Oga avait vu son arme dans l'armoire de sa chambre, il avait compris ce qu'il lui restait à faire. Il avait juste besoin de revoir une dernière fois Furuichi avant de se tuer. C'était le mieux qu'il puisse faire… Le rejoindre dans l'au-delà, s'il existait. Et s'il n'existait pas, au moins, son cœur aurait cessé de le faire souffrir autant. De toute manière, Oga ne concevait plus sa vie sans lui. Et il n'avait aucune envie de résister plus longtemps.
Si sa famille et celle de Furuichi avaient survécu, elles seraient probablement horrifiées d'apprendre leur mort. Mais d'un certain côté, Oga ne tenait pas à leur faire face. Comment pourrait-il même oser soutenir leurs regards ? Il avait promis de protéger Furuichi et il avait failli. C'était impardonnable et il le savait.
Il se pencha sur le visage de Furuichi puis embrassa ses lèvres bleues et immobiles. Seule une petite larme d'Oga tomba sur la joue blanche mais le brun n'en avait plus rien à faire. Il allait pointer son arme sur lui et tirer, de toute façon. Pour mourir.
Penché ainsi, il réalisa qu'il ne lui avait jamais dit « Je t'aime » une seule fois. Maintenant qu'il était trop tard, il regretta amèrement son côté peu loquace et buté. Il pensait avoir tout le temps. Et il n'était pas vraiment doué avec les mots. Mais juste une fois, il aurait dû. Après tout, Furuichi avait bien franchi le pas. Et ça l'avait rendu si heureux…
Enfin, une simple pensée, pure et honnête vint accaparer son esprit. Son vœu le plus cher, en somme.
« Je veux le voir… Je veux voir Furuichi vivant… J'aimerai tellement le voir sourire, le voir rire, bouger comme si de rien n'était… Si c'était possible… Je voudrai le revoir vivant, peu importe comment, encore une fois… »
Le cube réagit à la pensée d'Oga et se mit à clignoter. Ses couleurs multicolores se fondirent ensemble et devinrent blanches. Oga n'eut que le temps de se demander pourquoi le cube pouvait réagir, espérant secrètement qu'il réaliserait son vœu, avant que la lumière ne l'engloutisse et qu'il ne disparaisse de la pièce.
Lorsque les vigiles de l'hôpital entrèrent armés jusqu'aux dents dans la morgue, ils ne découvrirent que la chambre réfrigérante de Furuichi ouverte, son cadavre toujours allongé et immobile. L'individu suspect s'était évanoui dans la nature, complètement volatilisé. Seule une de ses larmes était encore présente sur la joue froide de l'adolescent. Oga Tatsumi, lieutenant du 3ème régiment d'infanterie, surnommé le Poing Sanglant… avait disparu de la surface de la Terre.
Et voilà ! Oui, c'est triste. Oui Furuichi est mort. Oui, je suis une immonde personne.
Mais, ce n'est pas fini ! En plus, Oga a encore disparu quelque part. Où ? Et quel est ce drôle de cube ?
J'ai encore mis un OC, mais bon, c'est pas ma faute ! xD J'en avais besoin, et puis, il prend pas tant de place que ça.
J'espère que ce court chap' vous a plu ! Dites-moi vos impressions ! Je répondrai aux reviews anonymes sur mon profil !
