Vous savez que je vous aime, hein, vous le savez ? Bien !
Ne l'oubliez pas à la fin de ce chapitre surtout XD
Ce chapitre marque donc la fin de la première partie de cette fic. La deuxième comportera exactement le même nombre de chapitres : 14.
Bon, trêve de blabla et place à la suite !
ENJOY (or not)
Un choix
Clarke avait supplié sa mère de lui donner des nouvelles, même infimes, sur Lexa durant les trois jours suivants, notamment sur le jour du départ de Lexa pour la clinique de Boston.
Finalement, après l'avoir littéralement harcelée, Abby consentit à grappiller quelques infos et annonça que Lexa devait être transférée dans 2 jours.
Et c'est avec la complicité de Raven, encore une fois, que Clarke s'échappa de sa chambre un soir, juste avant la fermeture des visites. Abby était partie, les deux jeunes filles étaient seules et Raven s'était assurée qu'il n'y avait personne dans la chambre de Lexa.
Elles se faufilèrent dans les couloirs alors et arrivèrent jusqu'à la chambre de la jeune fille :
« Non attends… Et si elle dormait ? »
« Fallait y penser plus tôt. Et puis il est à peine 19h. Allez, dépêche toi sinon je ne pourrais jamais te ramener avant qu'on me foute dehors ! » Sur ce, Raven ouvrit la porte et poussa Clarke à l'intérieur sans cérémonie « Bon je vous laisse, envoi-moi un message quand vous avez fini ! » chuchota-t-elle avant de refermer la porte derrière elle.
Clarke déglutit difficilement : la pièce était dans le noir, seules les veilleuses et la lune donnèrent quelques touches de lumières.
« Lexa ? »
Elle était là, dans son lit, Clarke pouvait distinguer la forme de son corps sous les draps, y compris l'immense cerclage métallique de sa jambe gauche. Clarke s'approcha doucement, faisant difficilement avancer son fauteuil jusqu'au bord du lit, jusqu'à toucher de sa main celle de Lexa.
La jeune fille ne bougea pourtant pas « Lexa … C'est moi, Clarke… » Elle soupira alors « Je… Je sais… Pour toi. »
Soudain, Lexa tourna sa tête vers elle et Clarke fut frappée par la noirceur de son regard, mais aussi le néant qui y régnait. D'habitude, elle avait cette petite flamme d'espoir, de force et d'amour qui l'animait, mais ce soir, elle n'avait plus rien.
« J'avais dis que je ne voulais voir personne… » maugréa-t-elle
« Je sais mais… J'avais envie de te voir. »
« Mais pas moi. »
« Lexa … »
« Laisse-moi seule Clarke. »
Son ton sec fit frissonner Clarke, mais cette dernière n'avait pas l'intention de partir. Alors, à la force de ses bras, elle se hissa sur le lit, avant que Lexa ne la fusille du regard.
« Clarke… »
« Lexa, parle-moi. Tu sais qu'avec moi, tu peux tout dire et faire… Je ne suis pas dupe, je te connais, on est pareil. » sourit-elle
Mais cette phrase n'eut pas l'effet escompté et Lexa se défit vigoureusement de la main de Clarke « Tu ne sais rien ! Tu dis me connaitre, mais tu as tort. La preuve, tu es ici… Tu n'as rien compris. »
« Si. Si, j'ai compris que tu venais de perdre quelque chose d'important dans ta vie… »
« Non, je n'ais pas perdu quelque chose de ma vie… J'ai perdu ma vie. J'ai tout perdu, le basket était toute ma vie, et je ne pourrais plus jamais y jouer, pas professionnellement parlant en tout cas. »
« Lexa… »
« Non, tu ne peux pas comprendre… Toi, tu n'as rien perdu. »
« … »
« Si on t'avait dit que tu ne pourrais plus tenir un pinceau ou un crayon, quelle aurait été ta réaction ? »
Clarke baissa le regard alors avant de la fixer de nouveau « J'aurais trouvé une autre raison de vivre et de me lever le matin. »
Lexa laissa échapper un gloussement ironique « C'est si facile pour toi… »
« Ca peut l'être pour toi aussi ! Evidemment, pas maintenant, pas ce soir mais… Ne repousse pas les gens qui peuvent t'aider, qui sont là pour ça. Lexa ? je suis là moi, je n'ais pas l'intention de te laisse tomber parce que tu ne seras plus basketteuse. Je t'aime toi, pas la sportive. Peu importe ce que tu feras plus tard, je t'aimerais toujours toi. »
Clarke pensait avoir enfin touché Lexa lorsque cette dernière baissa la tête mais lorsqu'elle vit une larme rouler sur sa joue, elle fronça les sourcils. Lexa la fixa d'un air méchant et se pencha doucement vers elle « Mais moi, crois-tu que je m'aime ainsi … »
Clarke ouvrit la bouche pour répondre mais fut coupée une nouvelle fois par sa petite amie « Je n'ais plus aucune raison de m'accrocher… »
« Te souviens-tu que tu m'avais promis que tu ne ferais plus passer le basket avant moi ? Que tu pourrais jauger avec égalité entre les deux. Mais là, tu fais clairement passer autre chose avant moi… Moi je suis là, je m'offre à toi, entièrement : je serais là pour t'aider dans ta rééducation, pour panser tes blessures, pour t'encourager, tous les jours que dieu fait. »
« Mais qui te dit que j'aurais besoin de ton aide ? Je n'ais pas envie d'être assistée, n'être qu'une handicapée… »
« Tu n'es pas handicapée Lexa, tu es en convalescence et je crois assez en toi pour t'aimer et savoir que tu seras au-delà de tout ça. »
Les larmes ne cessèrent de couler alors et Clarke la laissa pleurer toutes les larmes de son corps, n'étant présente qu'en posant sa main sur la sienne. Elle fut presque rassurée quand Lexa ne la repoussa pas. Elle s'approcha alors et déposa un doux baiser au gout salé sur sa joue « Je suis là Lexa… Toujours. »
Entre quelques sanglots trop longtemps retenus, Lexa la fixa et déposa à son tour, sur ses lèvres cette fois-ci, un tendre baiser. Clarke lui caressa la joue avant de sourire « T'es vraiment pas une partie de plaisir, tu sais… »
Et c'est bien la première fois en plusieurs jours que Clarke put entendre le son cristallin de son rire, qui résonnait en elle comme le plus beau des échos.
Raven entra alors dans la pièce « Clarke… Faut y aller. »
Les deux jeunes filles se séparèrent alors et Clarke retourna dans son fauteuil, aidée par Raven. Avant que cette dernière ne la reconduise à sa chambre, Clarke stoppa le fauteuil et se tourna vers Lexa « Je t'aime. »
Et Lexa de répondre « Moi aussi. » avant que Clarke ne disparaisse et ne la laisse avec sa solitude. Puis le sourire qu'avait fait naitre la jolie blonde sur les lèvres de Lexa, disparut subitement à mesure que la réalité s'engouffrait en elle. Elle s'allongea de nouveau, son regard ne fixant que la forme gigantesque sous ses draps… Et les larmes se remirent à couler, mais cette fois-ci, Clarke n'était plus là pour les essuyer.
« Alors, ça a donné quoi ? »
« Ca va être compliqué… » lâcha Clarke entre inquiétude et fatigue « Elle va avoir besoin d'aide et elle va être loin pour des semaines, peut-être des mois… »
« Dans 2 semaines les cours sont finis, tu auras près de 3 mois… On pourra toujours faire un road trip dans les environs de Boston cet été. »
Clarke lui sourit péniblement « Merci. »
« Aucun souci. Allez, je file, au jeu du chat et de la souris avec le vigile, j'ai deux points d'avance ! Je reviens demain. »
Puis Clarke soupira bruyamment avant de se glisser dans son lit. Elle ne pouvait effacer de son esprit le regard froid et dur de sa petite amie. Elle l'avait rarement vu avec une telle intensité, même lorsqu'elles n'étaient plus ensemble…
Elle frissonna alors, mais était déterminée à aller de l'avant, aider Lexa, lui donner tout ce qu'il faudrait.
Et le hasard fit que le jour de la sortie de Clarke fut aussi celui du transfert de Lexa à Boston. La jeune fille avait tenu à dire au revoir à Lexa, aux portes de l'ambulance. Et quand le brancard arriva, Clarke fit de son mieux pour garder le sourire.
« Hey … Alors on part en voyage huh… »
« Ouais, on peut dire ça… » répondit assez tristement Lexa
« Hey, tout se passera bien. Tu es la fille la plus forte que je connaisse… Enfin, mis à part ta sœur. Tout ira bien, je le sens, je le sais. »
« Si je pouvais avoir un quart de ton optimisme… »
« Je suis là pour ça. Je le serais toujours. »
Clarke s'approcha et déposa un timide baiser sur ses lèvres, puis sur son front avant de lui murmurer un « je t'aime ». Puis les ambulanciers la montèrent dans le véhicule, Clarke ne la lâchant pas une fois du regard.
Quelques secondes plus tard, Anya, Lincoln et Tris sortirent à leur tour. Et si ces deux derniers n'hésitèrent pas un instant avant de prendre Clarke dans leurs bras, quand vint le tour d'Anya, Clarke se tendit. Leurs rapports avaient toujours été compliqués, même si une amélioration avait été en vue juste avant l'accident, mais elle ne savait jamais sur quel pied danser avec elle.
Et quand la jeune femme se posta devant elle, un regard froid et dur la dévisageant, Clarke eut du mal à garder ses yeux levés. Soudain, elle sentit les mains d'Anya sur ses épaules qui l'attirèrent à elle. Clarke n'en revenait pas et ne fit aucune effusion superflue. Elle le savait, Anya avait du mal à cacher ses émotions face aux derniers événements : elle avait été l'entraineur de Lexa durant des années, et à présent, aucune des deux ne pourrait poursuivre le rêve de l'autre. A une échelle moins importante, Anya était, elle aussi, touchée par cet accident.
« Merci. » fut le seul mot qui sortit de la bouche d'Anya, et c'était amplement suffisant pour Clarke qui ne répondit que par une étreinte plus forte avant de la laisser s'en aller, la fratrie montant dans une voiture qui suivit l'ambulance.
« Wow… Je sais pas ce qui est le plus flippant là. » ironisa Raven
Clarke ne répliqua que par un sourire triste « On va y aller… »
Abby amena la voiture jusqu'à l'entrée et les deux jeunes filles montèrent dedans. Avec surprise, Clark constata que sa mère l'amenait à Polis.
« Y'a quasiment plus cours… » grogna la jeune fille en espérant que sa mère n'avait pas dans l'idée de lui faire finir l'année
« On va juste récupérer vos derniers cartons. De plus, la voiture de Raven est encore à Polis. »
« Les derniers cartons ? Parce que vous avez commencé sans moi ?! »
« Excuse-nous mais on ne savait pas encore quand tu sortirais, et j'avais pas l'intention de faire ça au dernier moment. »
« Mais… Mes toiles, mes ustensiles… »
« Ne t'inquiète pas, on a tout rangé… Tout est entreposé dans la maison. » rassura Abby « Il nous manque quelques cartons c'est tout. »
« Est-ce qu'on reviendra pour la cérémonie des diplômes ? »
« Clarke, tu n'auras ton diplôme que dans 4 ans… »
« Ouais mais selon Polis, on devrait… »
« Clarke, dans un mois tu ne seras pas là. » sourit Raven
« Comment ça ? »
« Oui, souviens-toi… Boston. »
Clarke lui sourit alors et lui prit la main « Merci. »
Polis s'éloignait doucement de son champ de vision… Derrière la vitre de la voiture de Raven, tout un pan de sa vie disparaissait, du moins pour quelques mois. Dans trois mois, elles reviendraient à Polis, reprendraient leurs études et leur deuxième année. Au final, elle avait décidé de passer ces trois mois d'été à Boston et ses environs, juste pour rester auprès de Lexa. Raven, qui n'avait pas franchement de plan, accepta de l'accompagner.
Alors quand elles rentrèrent chez elles, qu'elles défirent quelques sacs et cartons, se fut pour en refaire quelques uns juste derrière. Elles avaient décidé de dormir dans une auberge, et elles s'étaient faites un itinéraire sympa pour, qu'entre chaque visite à la clinique, elles puissent aussi profiter des choses que pouvaient offrir Boston et ses environs.
Alors, la semaine suivante, et après d'intenses échanges de messages entre Lexa et Clarke, elles reprirent la route, le jour de la remise des diplômes des dernières années. Abby n'avait rien pu empêcher tant Clarke était déterminée.
Alors elles partirent avec conviction et espoir sur les routes menant à Boston. Sur le chemin, Clarke resta silencieuse en grande partie : elle avait peur de ce qu'elle trouverait à Boston, notamment avec Lexa.
« Ok, ta chambre est plus grande que la mienne ! » lança Clarke en entrant dans la chambre de Lexa « Et t'as un lit presque king size … Dis-moi que la bouffe est potable ici et je prends une chambre aussi ! »
Lexa lui sourit alors. Avec Anya et Lincoln, elle ne recevait quasiment pas d'autres visites. Les filles de son équipe lui avaient bien envoyé des dizaines de cartes, ballons et peluches, qui ornaient à présent sa chambre, mais aucune n'était venue la voir, Lexa avait refusé.
Seule Clarke et Raven avaient été autorisées à venir la rejoindre à Boston. Et si Raven avait décidé de passer la journée à vagabonder dans Boston, Clarke avait préféré rester avec Lexa.
« Pourquoi Raven n'est pas là ? »
« Oh elle fait du tourisme en ville. »
« Et toi non ? »
« Je préfère venir te voir. » sourit la jeune fille
« Tu ne devrais pas gâcher ton temps à venir ici tous les jours tu sais … »
« Je suis venue à Boston essentiellement pour toi, je me fiche bien de la ville, c'est toi qui m'intéresse. »
Mais Lexa ne répondit pas. A vrai dire, depuis son arrivée ici, elle était un mystère pour tous : elle ne parlait ou n'interagissait avec personne sauf lorsque le corps médical lui posait des questions. Elle se renfermait sur elle-même et si Anya ou Clarke ne venaient pas la voir parfois, elle pourrait passer ses journées à ne pas parler.
Clarke n'était pas dupe : elle savait que le moral de Lexa était au plus bas. Elle tentait pourtant d'initier la conversation sur son quotidien à la clinique, ses exercices à faire… Mais plus les jours passaient et plus Lexa se renfermait.
Elle détestait cet endroit, et le pourquoi du comment elle s'y était retrouvée. Elle se détestait aussi, regardant à peine sa jambe, qu'elle cachait quand elle le pouvait. Clarke se sentait impuissante et pourtant, elle donnait toute son énergie et tout son temps pour elle.
Trois semaines étaient passées, trois semaines avec une certaine routine installée.
« Hey, j'ai amené un jeu de cartes, on se fait un poker ? La perdante fait l'amour à l'autre ? » Lexa se raidit alors et détourna le regard pour le reporter vers l'extérieur « Hey, c'était de l'humour… Ok, pas le meilleur mais… »
Et alors qu'elle posa sa main sur son épaule, Lexa s'en débarrassa vigoureusement « Arrête. »
Clarke se figea et fronça les sourcils : depuis le temps, elle avait appris à faire avec les sauts d'humeur de sa petite amie car plus les jours passaient et moins Lexa avait de patience. Aucune amélioration n'était visible sur sa jambe et dans un mois elle devait enlever son cerclage métallique pour un appareillage plus petit et fonctionnel.
Raven avait dit à Clarke d'alléger ses visites pour lui laisser le temps, et c'est ce qu'elle fit : au lieu de venir presque tous les jours, elle se borna à ne lui rendre visite tous les trois ou quatre jours, mais à chaque visite, elle constatait avec tristesse que Lexa n'était plus la même.
Evidemment, cela n'enlevait à rien son amour pour elle, mais il lui semblait plus difficile encore le chemin vers la plénitude pour elles.
« Miss Wood, comment allez-vous ? Clarke, ravi de vous revoir. »
« Hey, Dr. Simons. Je vous laisse… »
« Non, vous pouvez rester. Lexa… »
La jolie brune grimaça avant de se redresser « Je vais bien. »
« Je n'en suis pas si sûr. Je… Je vous recommande le Dr Davidson. »
« Le psy ? Mais pourquoi ? »
« Vous traversez une période difficile, pour vous, votre entourage. Il est parfois compliqué de tout gérer et… »
« Je ne suis pas folle ! » argua la jeune fille
« Ok, je vais vous laisser… » lança soudainement Clarke, totalement gênée par l'entretien. Mais à peine eut-elle fermé la porte qu'elle entendit Lexa crier aux oreilles du médecin. D'un coté, elle souriait de voir que sa petite amie n'avait pas perdu sa fougue passée, mais d'un autre, accepter de voir un psy revenait à accepter qu'on admettait avoir besoin d'aide.
Et quand la porte s'ouvrit une nouvelle fois et que le médecin croisa Clarke, il sourit :
« Clarke… »
« Elle va si mal que ça ? »
« Qu'en pensez-vous ? »
« Je… Bah… Elle semble aller bien mais… Enfin, j'en sais rien. J'ai l'impression de … De la perdre. »
« Ce qu'elle traverse en ce moment est pénible pour elle : changement d'habitudes, d'environnement, de quotidien. Elle ne fera plus de basket en professionnel, ne réalisera pas son rêve … Je crois qu'elle prend conscience de tout cela et ça la chagrine. »
« J'essaie de faire tout ce que je peux… »
« Et c'est déjà beaucoup mais… Elle a besoin d'être accompagnée par des spécialistes. »
« Moi qui me sentais déjà inutile… »
« Je sais que c'est compliqué… Mais soyez heureuse car à coté de ce qu'elle fait vivre à sa sœur et son frère lorsqu'ils viennent lui rendre visite, estimez vous chanceuse de pouvoir rester dans la même pièce qu'elle. »
« … »
« Soyez patiente, c'est tout ce que je peux vous dire. »
Clarke opina avant de revenir dans la chambre et de constater que Lexa essuyait quelques larmes sur sa joue. Sans réfléchir, elle monta sur le lit et prit la jeune fille dans ses bras, qui sanglota de plus belle.
« Lex, je suis là… Je serais toujours là pour toi, pour nous. »
Lexa le savait, mais les choses étaient bien trop compliquées pour elle… Et les semaines, et mois qui suivirent lui confirmerait que ce combat, elle ne pourrait le mener que seule, avec elle-même.
L'été se terminait doucement. Dans deux semaines, Raven et Clarke reprendraient le chemin de Polis pour une nouvelle année, et Lexa entamait une nouvelle rééducation avec son nouvel appareillage.
Raven n'avait pu que constater la déchéance de son amie, qui s'éreintait à rendre le quotidien de Lexa plus joyeux au détriment de sa propre vie. Clarke dépérissait, faisant des efforts surhumains pour tenir aux cotés de Lexa. Raven fulminait : elle était en colère non seulement après elle pour ne pas jouer le rôle de la sœur protectrice, mais aussi contre Clarke qui ne voyait pas que ses efforts étaient vains, et surtout envers Lexa qui pompait littéralement toute l'énergie de sa petite amie.
Alors, un matin alors que Clarke dormait encore profondément, Raven tenta un coup de poker : après tout dans 15 jours elles ne seraient plus là, et elle avait du mal à imaginer que Clarke puisse survivre à la distance…
Elle se rendit alors à la clinique et trouva Lexa, comme à son habitude, dans sa chambre.
« Raven ? Clarke est avec toi ? »
« Non. Comment tu vas ? »
« Je vais. »
« Je vois que ta gouttière est moins volumineuse… Tu vas pouvoir bouger. »
« … »
« Ecoute, il faut que je te parle. »
« De quoi ? »
« De Clarke. »
« Clarke ? »
« Je ne sais pas si tu t'en rends compte mais… Elle subit aussi les choses. »
« Comment ça ? »
« Toutes les visites, toute cette énergie et cet optimisme qu'elle essaie de t'insuffler… Ca lui bouffe la vie Lexa. Et j'ai l'impression qu'en retour elle a pas grand-chose venant de toi. »
« … »
« Je sais que ce qu'il t'arrive… C'est pas marrant, mais on est tous là pour toi, tu le sais. Mais parfois… C'est pas suffisant. J'aime Clarke, c'est ma sœur de cœur. Et je ne peux pas m'empêcher de virer folle quand je l'entends pleurer le soir, pleurer de douleur, de fatigue. Parce qu'elle prend tellement sur elle pour t'apparaitre rassurante, aimante et positive. »
« Je ne lui ais jamais demandé une telle chose. »
« Mais elle t'aime… Elle t'aime à en crever. Elle ferait n'importe quoi pour toi, et si elle avait put remonter le temps, elle aurait préféré conduire cette foutue bagnole ! »
« Mais c'est moi ! C'est moi Raven qui suis blessée ! C'est moi qui est cette maudite atèle pour la vie ! C'est mon rêve qui a été brisé, ma vie gâchée ! Pas elle ! »
Raven la fixa alors avant que Lexa ne soupire « T'es en train de dire que tu aurais préféré avoir ta vie plutôt que Clarke ? »
« Non, bien sur que non. »
« Lexa… Est-ce que tu aimes Clarke ? »
« Evidemment ! »
« Non, je veux dire : l'aimes-tu assez pour te dire que si un jour il lui arrivait quelque chose, tu sacrifierais tout pour elle ? L'aimes-tu assez pour la laisser entrer dans ta bulle ? Car ça fait presque trois mois qu'on est ici, à venir te voir, te soutenir, te divertir, et j'ai juste l'impression de pisser dans un violon… Et je regarde Clarke fondre comme neige au soleil. J'ai pas envie qu'elle gâche ses jours et ses nuits pour toi, si les sentiments ne sont pas réciproques. Alors, je vais te reposer la question, et je veux que, si besoin est, tu prennes ton temps pour y répondre le plus franchement possible : aimes-tu Clarke ? »
Lexa trembla alors : aimait-elle Clarke ? Qu'il serait hypocrite de dire le contraire : cela faisait 3 mois qu'elle venait lui rendre visite, qu'elle essayait de la faire sourire, de la soutenir. Mais il fallait reconnaitre une chose : malgré tous les sentiments qu'elle avait pour elle… Lexa n'arrivait pas à se défaire de sa condition. Sa blessure était bien trop profonde pour que seule Clarke puisse l'aider.
Depuis des semaines, elle voyait un psy qui l'aidait à passer outre son cerclage métallique, mais rien n'y faisait : pour elle sa vie était gâchée, et la présence de Clarke ne faisait que renforcer le fait qu'elle aurait pu s'en sortir indemne, comme elle. Oui, dans son for intérieur, elle ne pouvait s'empêcher d'être jalouse de Clarke, et chaque visite qu'elle faisait renforçait ce fait. C'était injuste car Clarke n'y pouvait rien, mais c'était ainsi. Il faudrait certainement du temps à Lexa pour dépasser ce stade, mais y arriverait-elle si Clarke s'accrochait ainsi.
« Alors ? »
« Je… Je tiens à elle. Je n'ais pas envie de la faire souffrir. »
« Mais c'est ce que tu es en train de faire : elle souffre tant physiquement que mentalement. Qu'est-ce que tu veux à la fin ? La faire craquer pour qu'elle aussi, soit au 36ième dessous ? Pour que vous viviez votre convalescence ensemble ? »
« J'ai juste … J'ai besoin… »
« C'est ça le problème Lexa, tu ne sais pas ce dont tu as besoin, alors que la réponse devrait être automatique : tu devrais avoir besoin de Clarke. Mais ce n'est pas le cas, ce qui veut dire que sa présence depuis 3 mois ici n'a strictement rien fait. »
« C'est faux ! »
« C'est vrai. Si tu l'aimais un tant soit peu, tu la laisserais partir. » Lexa se figea alors « Tu la libèrerais et elle pourrait passer à autre chose. Au lieu de cela, tu la laisses venir ici chaque semaine, passer du temps avec toi et pour quoi au final ? Pour rien. Parce que tu n'oses pas lui parler et lui dire qu'elle se donne du mal pour rien… Tu es égoïste ! »
« … »
« Il nous reste une semaine avant que l'on reparte à Polis. Si tu tiens à Clarke, comme tu le dis, tu auras la bonne attitude envers elle. Tu dois la libérer Lexa, ne sois pas une garce jusqu'au bout. Elle t'aime à en crever… Et c'est ce qu'il va finir par arriver : elle va y laisser sa santé, et son année … C'est ce que tu veux ? »
« Non, bien sur que non. »
« Elle ne mérite pas l'indifférence que tu lui portes. »
Sur ces mots, elle quitta la chambre, espérant retrouver une Clarke endormit dans leur chambre, tandis que Lexa resta seule, ruminant sa tristesse et frustration car, elle le savait, Raven avait entièrement raison : elle mettrait des mois, peut-être des années, avant d'être rétablie… Avait-elle le droit de retenir Clarke près d'elle alors qu'elle savait pertinemment qu'elles s'autodétruiraient ?
« Tu vas ou ? » lança Raven en voyant Clarke prendre sa veste et son sac
« Voir Lexa. »
La jeune latino soupira alors « Tu veux pas qu'on fasse quelque chose d'autre ? »
« Comme ? »
« J'en sais rien moi, ça fait trois mois qu'on est là, et la seule route qu'on connaisse par cœur est celle qui mène à la clinique. Il nous reste une semaine ici, on pourrait en profiter un peu. »
« Justement, il me reste une semaine pour être près de Lexa. Ensuite, les cours m'en empêcheront pour au moins un mois. »
« Ca pourrait te faire du bien… » murmura Raven en zappant nonchalamment.
« Excuse-moi ? T'as dis quoi là ? »
Raven posa la télécommande et fixa son amie « Je dis que ça pourrait te faire du bien de partir d'ici. Regarde-toi, on dirait l'ombre de toi-même. Tu as perdu près de 8 kg … Tu es fatiguée. »
« Mais c'est mon choix. »
« Tu t'es demandée si c'était celui de Lexa aussi ? »
Clarke fronça les sourcils et s'assit aux cotés de Raven « De quoi tu parles ? »
« Je dis simplement que tu devrais parler avec Lexa car dans une semaine on repart et il faudra bien mettre les choses au clair. »
«Quelles choses ? »
« Vous deux. »
« Quoi nous deux ? C'est quoi le problème ? »
« Le problème c'est que… Je pense qu'il n'y a plus vraiment de « vous deux » justement. »
« N'importe quoi. »
« Peut-être pas de ton coté… Mais du sien… »
« Tu sais quelque chose que je ne sais pas ? »
« … »
« Ray ? »
La jeune fille soupira bruyamment en levant les yeux au ciel « Ecoute, tout ce que je dis c'est que tu devrais parler une bonne fois pour toute avec elle, mettre les choses, votre situation, au clair. »
Puis la jeune fille se leva pour s'enfermer dans la salle de bain, tandis que Clarke reposa finalement son sac et sa veste : que se passait-il ? Devrait-elle avoir vraiment une conversation avec Lexa ? Mais à quel sujet ? Elle avait peur… Car elle n'était pas dupe : depuis quelques jours, elle sentait sa compagne distante et froide. Elle pensait que c'était la douleur ou le prochain départ de la jeune fille pour Polis qui en étaient la cause, mais il semblerait que le malaise soit plus profond que cela.
Sur les conseils de Raven, Clarke attendit quelques jours avant d'aller voir Lexa. Comme toujours, elle lui rendit visite avec un bouquet de Lys, ses fleurs préférées, et un petit ours en peluche.
« Hey salut. »
« Salut. »
Clarke se posta près de Lexa et lui déposa un tendre baiser sur les lèvres « Comment tu vas ? »
« Bien… On fait aller. »
« Ah ma mère m'a appelé, elle m'a dit que je venais de recevoir mes documents pour Polis, ça sent bon la rentrée ! » ironisa la jolie blonde
Lexa eut peine à sourire, sachant qu'elle devrait parler à Clarke aujourd'hui. Mais elle fut prise de court lorsque Clarke lui posa la peluche sur sa table de chevet et les fleurs dans un vase avant de s'asseoir sur le lit « Lex… On peut parler ? »
« De quoi ? »
« De toi, de nous, de tout ça … »
« C'est-à-dire ? »
« Je repars dans 3 jours à Washington. Et dans un peu plus d'une semaine, je retourne à Polis. Je ne pourrais plus venir te voir aussi souvent… »
« Et ? »
« Et je voulais savoir… Si ça allait te chagriner, même un peu. »
« Excuse-moi ? »
« Lexa, est-ce que c'est un soulagement pour toi que je reparte ? »
« … »
« Parce que, tu vois, je t'aime, je t'aime plus que tout mais… Parfois j'ai l'impression que toi… »
« … »
« Alors je sais que tu traverses une période compliquée et que tout est difficile pour toi en ce moment mais ... Enfin tu vois, j'ai pas envie d'être égoïste en pensant qu'à moi… »
« Clarke, stop. »
« … »
« Tu n'es pas égoïste, au contraire, tu es la fille la plus généreuse que j'ai pu rencontrer dans ma vie. Tu m'as tant donné et je me rends compte que tu n'as rien en retour. »
« Je n'attends pas de… »
« … Mais tu devrais, Clarke. Je t'ais tellement négligé, n'importe qui aurait claqué la porte depuis longtemps. »
« Mais pas moi, parce que je t'aime. »
« Je sais ça, et j'en ais énormément joué… »
Clarke fronça les sourcils « Qu'est-ce que tu es en train de me dire ? »
« Clarke, je suis fatiguée… Fatiguée de faire semblant à chaque fois que tu passes le pas de cette porte. La vérité c'est que… » elle inspira doucement « La vérité est que te voir me fait bien plus de mal que de bien. »
Comme un coup de poignard dans le cœur, Clarke cessa de respirer momentanément « Qu… Quoi ? »
« Clarke, c'est moi qui ais été égoïste depuis le début : en te gardant auprès de moi, j'avais juste envie que tu penses à moi, mais en parallèle te voir me faisait sans cesse rappeler combien tu as eu de la chance dans cet accident alors que moi, j'ai tout perdu. »
« Lexa… »
« Laisse-moi finir, s'il te plait. Je n'ais pensé qu'à moi mais de la mauvaise façon et pour de mauvaises raisons. Je dois penser à moi de manière plus constructive. Avec toi, je ne peux avancer, et toi non plus. »
« Lexa, t'es en train de faire quoi là ? Ca fait trois mois qu'on est ici, qu'on vient te voir, qu'on te soutient… »
« Je n'ais jamais voulu ça tu sais, je n'ais jamais voulu que ça se termine ainsi mais… la vérité est que je ne supporte plus ta présence parce que c'est trop difficile pour moi de tourner la page et aller de l'avant. »
« T'es en train de me dire qu'au lieu de t'aider durant ces derniers mois, je n'ais fais que t'enfoncer ? »
« Non, non Clarke. Je… Je ne m'en rendais pas compte. »
« Alors pourquoi maintenant ?! »
« Parce que tu vas partir et que je me rends compte qu'au lieu de ressentir de la tristesse, je ressens… du soulagement. »
Choquée, Clarke se leva du lit, un air totalement perdu sur le visage. Elle était dépassée et complètement déstabilisée « Je… T'aimerais que je parte ? Que je ne vienne plus te voir ? »
« J'aimerais qu'on finisse par aller au-delà de tout ça. Que tu repartes à Polis et que tu fasses ton année… Et moi, que j'arrive à surmonter mon handicap et à construire une autre vie. »
« Une vie où je n'ais pas ma place ? »
« … »
« Lexa, réponds-moi. »
« Une vie où… »
« Lexa ! »
« Oui ! Oui, voilà, tu es contente ! Une vie où tu ne serais plus là ! » hurla Lexa, les larmes aux yeux
Clarke avait sur le visage un air que jamais Lexa ne pensait faire naitre chez elle : entre haine et dégout, tristesse et défaitisme.
« Ok… » souffla Clarke
« Ok ? »
« Je t'aime Lexa, je t'ais aimé depuis le premier jour où je t'ais vu. Je ferais n'importe quoi pour toi, même si cela signifie que je sois obligée de m'éloigner… Je t'aime Lexa. »
Mais elle n'eut aucun retour, ni même un regard. Lexa soupira doucement avant de finalement porter son regard vers Clarke « C'est mieux ainsi… »
Clarke avait le cœur en mille morceaux, elle ne savait plus quoi dire ou faire, Lexa avait l'air si déterminé.
« Lexa … »
« Tu ferais mieux de parti Clarke. Je suis désolée… »
« Désolée… ? C'est tout ce que ça t'inspire ? J'ai passé trois mois ici et c'est le seul mot qui te vient ? Désolée… ? »
« … »
« Lexa, ça peut pas se terminer comme ça. Je t'aime ! »
« Mais moi je ne supporte plus ta présence Clarke ! »
Comme foudroyée sur place, Clarke se raidit, son monde s'écroulait, tout tournait autour d'elle, tout était flou. Elle sentit soudain la nausée l'envahir : jamais elle n'aurait cru entendre de tels mots à son encontre dans la bouche de Lexa. La pitié passait encore, la colère... Mais le dégout…
Ses larmes coulèrent sans qu'elle n'y puisse rien : que pouvait-elle rajouter à cela ? Elle qui aurait donné sa vie pour elle, se voyait rejetée par la seule personne qu'elle aimait de tout son être.
« Clarke… Je n'ais jamais voulu ça… »
« On dirait le contraire pourtant… »
« Cla… »
« Non, c'est bon, j'ai compris… J'espère simplement que tu te rétabliras vite, maintenant que je ne serais plus là. »
Sur ce, elle quitta la pièce sans plus de cérémonie, échappant ainsi à une nouvelle vague de larmes devant Lexa. Quand elle mit un pied dehors, la chaleur et la brise l'encerclèrent, comme si la vie elle-même lui insufflait un nouveau souffle. Mais pour l'heure, c'était peine perdue : elle avait échoué. Perdre Lexa était la pire chose pour elle.
Son téléphone vibra alors et un message de Raven apparut « T'es où ? »
Clarke inspira longuement avant de répondre qu'elle arrivait tout de suite.
Et lorsque Raven l'aperçut, elle sut de suite ce qu'il s'était passé.
« Hey, ça va ? »
« On s'en va. »
« Qu… Quoi ? Maintenant mais … »
« Je t'en prie Ray. »
« Qu'est-ce qu'il s'est passé avec Lexa ? »
« Tu le sais déjà n'est-ce pas ? Ce petit speech que tu m'as fais ce matin, tu te doutais bien de ce qu'il allait se passer non ? »
« Je m'en doutais, mais je voulais que ce soit toi qui ouvres les yeux. Comment tu te sens ? »
« J'ai mal… J'ai tellement mal Ray… »
" Viens, on rentre, je crois que tu as besoin d'un moment entre frangines devant une corbeille de popcorn, du soda et un marathon Tim Burton ! »
Clarke esquissa un timide mais douloureux sourire. Les choses seraient compliquées et différentes à présent. Lexa venait de briser son cœur, et il lui faudrait un temps infini pour recoller les morceaux.
Alors quand elle fit ses bagages, quand elle les chargea dans le coffre, quand la voiture quitta Boston, Clarke n'avait cessé de pleurer. Elle ne s'arrêta que de fatigue en s'endormant dans la voiture, juste une heure avant d'arriver chez elles. Entre temps, Raven avait envoyé un message succinct à Abby pour lui expliquer la situation et le pourquoi de leur retour expéditif.
Alors quand la voiture se gara devant la demeure, Abby bondit presque hors de la maison, accueillant les jeunes filles d'une étreinte chaleureuse. Quand elle vit Clarke, elle ne put retenir un hoquet de surprise : sa fille avait perdu énormément de poids, son visage était creusé de cernes sombres, et ses yeux étaient rougis de larmes récemment versées.
« Oh chérie… »
« C'est fini maman… Avec Lexa… » Ces mots lui brulèrent la gorge, comme si les prononcer rendait la chose plus réellement difficile encore.
« Chérie… Venez à l'intérieur, j'ai préparé un bon repas. »
Clarke remercia sa mère de ne pas trop en demander et la suivit. Mais lorsqu'elle entra dans sa chambre, une vague de souvenirs de Lexa la frappa de plein fouet : des photos accrochées au mur, des dessins par dizaine de la jeune fille, une pile de CD qu'elle lui avait prêté, un sweat que Lexa avait oublié…
Soudain, le visage en feu, Clarke s'écroula au sol en suffoquant et en tapant du poing. Abby et Raven déboulèrent alors et lorsqu'elles virent sa fille au sol, Abby hurla presque.
« Abby, Abby, je m'en charge. » lança Raven en s'agenouillant près de Clarke. La jeune femme opina alors, sachant que Clarke serait en sécurité avec Raven. Elle referma alors la porte derrière elles et Raven attrapa Clarke par les épaules « Allez, viens par là. »
Elle la hissa sur le lit et elles s'y affalèrent lourdement « Qu'est-ce qui se passe ? »
« Elle… Elle est partout… Elle me manque déjà… » bafouilla Clarke entrecoupant ses mots par des hoquets
« Hey, c'est fini ok… Je suis là… »
« Elle est partout ici… Son odeur même est sur les draps. »
« Ok, on va débarrasser tout c… »
« Non ! S'il te plait, laisse-le là pour l'instant … Je… Je suis pas prête encore. »
« D'accord, mais ce soir tu dors dans ma chambre. » Clarke haussa un sourcil « Pas de mais. Tu dors avec moi, ça nous rappellera le bon vieux temps. Tu reviendras ici, quand tu te sentiras prête, ok ? »
Clarke renifla alors en opina, la remerciant silencieusement d'être présente pour elle.
Et finalement, la semaine passa sans que Clarke ne remette les pieds dans sa chambre. Raven se chargeait de faire la passerelle entre sa chambre et celle de Clarke, lui apportant ce don elle avait besoin. Sans l'avertir, elle se chargeait aussi de faire disparaitre, petit à petit, les signes de présence de Lexa : des vêtements qu'elle savait appartenir à la jeune fille, mais aussi des dessins et toutes les photos.
Malgré tout cela, Clarke ne se sentait pas prête à franchir à nouveau le pas de la porte de sa chambre. Et bientôt la rentrée arriva et, comme l'année précédente, Clarke et Raven découvrirent leur chambre commune.
Et si Raven pensait que Clarke avait définitivement fait un trait sur Lexa, elle découvrit qu'il n'en était rien : elle l'entendait en pleine nuit se réveiller soudainement et sangloter, elle la prenait en train de vérifier son téléphone à la recherche d'un quelconque message de Lexa. Mais la jeune fille semblait avoir coupé définitivement les ponts.
L'accident avait fait le tour de Polis et beaucoup regrettaient déjà son absence. Personne ne savait si elle allait revenir un jour… car personne ne savait que pour Lexa, le basket c'était fini.
Revenir à Polis était plus difficile que ce que Clarke aurait pensé : à l'instar de sa chambre, l'école en elle-même lui rappelait Lexa : l'agora où elle se rendait pour voir ses matchs, le banc sous le pommier où elles avaient l'habitude de déjeuner de temps en temps, le dortoir où elles avaient passé de chaudes nuits et de doux matins…
Tout était compliqué, même si elle essayait de ne plus y penser en se plongeant dans ses cours. Mais à chaque fois que son esprit vagabondait s'était pour se questionner sur Lexa : que faisait-elle ? Parvenait-elle maintenant à avancer sans elle ? Puis ses paroles assez dures à son encontre lui revenaient en mémoire : elle avait été un frein, un poids à son rétablissement. Comment pouvait-on aimer une personne et la faire souffrir en même temps, sans même s'en rendre compte ?!
Elle imaginait à présent que Lexa devait être heureuse et sereine…
Dieu que la rentrée fut compliquée pour elle. Encore plus lorsqu'elle du faire preuve de patience lorsqu'on lui posait la question de savoir comment tout cela s'était passé et comment allait Lexa. Elle n'avait dit à personne qu'elles avaient rompu, déjà parce que ça ne les regardait pas, et qu'ensuite, elle-même avait encore du mal à se dire qu'elle et Lexa s'était fini pour te bon.
Mais, un mois après la rentrée, lorsque Clarke croisa un groupe de basketteuse en rentrant de ses cours, tout changea.
« Hey Griffin ! »
La jolie blonde se retourna, et eut la surprise de croiser « Octavia … »
« Ouais salut, je pensais pas que tu me reconnaitrais. »
« Je suis sortie avec ton frère l'année dernière. »
« Ouais, ça aussi je le sais. » ironisa Octavia « Dis je … Je voulais savoir … Au sujet de Lexa… » Clarke se crispa alors « Tu saurais pas pourquoi elle quitte Polis ? »
« Pardon ? Elle quitte Polis ? »
« Coach Anya est venue vider sa chambre avec elle aujourd'hui. »
Clarke se figea sur place, comme si tout passait au ralenti « Quand ? »
« Bah le coach vient de faire l'annonce alors je suppose qu'elles sont encore là… Hey ! mais attends ! »
« Désolée, je dois y aller ! »
Clarke n'avait même pas réfléchit : Lexa était ici, à Polis. Allait-elle mieux alors ? Pourquoi quitter Polis dans ces cas-là ? Etait-ce à cause d'elle et de leur rupture ?
Et là, après avoir couru durant quelques minutes, elle la vit : la voiture d'Anya, coffre ouvert, garée devant le dortoir. Et son cœur sursauta lorsqu'elle vit Anya en sortir, un gros carton dans les bras.
Elle plissa alors les yeux et découvrit une forme dans la voiture… Ca ne pouvait être qu'elle. Sans s'en rendre compte, elle s'avança vers la voiture et quand Anya repartit vers le dortoir, elle se retrouva bientôt seule à quelques mètres de la voiture.
« Lexa ? » Cette dernière leva son nez de son téléphone et blêmit presque en voyant Clarke « Tu… Tu es de retour ? Ou plutôt… Sur le départ… »
« Clarke… Qu'est-ce que tu fais là ? »
« Je reviens des cours… Alors ? Tu t'en vas ? »
Lexa, visiblement contrariée, hésita avant de soupirer « Je n'ais pas eu le choix. »
« Pourquoi ? »
Dieu que cela faisait du bien de la revoir, de l'entendre de nouveau… Même si, du coté de Lexa, la joie n'était pas réciproque.
« Polis m'a viré. »
« Quoi ? Mais … Pourquoi ? »
« Ils m'avaient fait venir ici pour jouer au basket. Je ne peux plus le faire, donc, je n'ais plus de raisons de leur faire payer des frais d'inscription. Ils m'ont gentiment incité à partir, rendre ma chambre et mon uniforme. »
« C'est dégueulasse… »
« Mais c'est comme ça… »
"Tu pourrais te diriger vers une autre filière ? La cuisine par exem..."
"Mais je n'ai pas les sous pour payer Polis. Si je suis venue ici c'était parce que j'avais une bourse."
« Alors tu pars… »
« Ce n'était qu'une question de temps… »
« Comment… Comment tu vas ? »
« Mieux. »
Clarke aurait voulu lui hurler dessus, la secouer… Mais elle resta de marbre, le cœur brisé par la nonchalance et la distance qu'instaurait Lexa, comme si elles avaient toujours été de parfaites inconnues.
« C'est bien. Tu… Tu ne sors pas de la voiture ? »
« Non. »
Clarke aurait aimé dire plus de choses : qu'elle était désolée, qu'elle lui manquait à en crever, qu'elle passait ses nuits à pleurer et ses jours à penser à elle… Elle voulait savoir si c'était aussi difficile pour Lexa que pour elle. Mais rien ne vint, sa froideur la dissuada d'un quelconque geste avenant.
« Je … Lexa, je… »
« Clarke, je vais partir… Partir loin. »
« Mais… »
« Je ne reviendrais jamais ici, Polis ou ses environs. Anya et Lincoln aussi vont quitter Polis. »
« Je n'aurais plus moyen d'avoir de tes nouvelles alors ? »
« Clarke, tu n'as pas besoin d'en avoir, nous deux c'est fini. »
« Tu prends si bien la chose, ça fait chaud au cœur. »
« C'était il y a un mois. »
« Mais moi j'arrive pas à oublier. »
Lexa baissa le regard alors, Clarke espérait l'avoir touché mais soudain, cette dernière se racla la gorge et jeta un coup d'œil derrière Clarke « Prends soin de toi. »
Le cœur de Clarke cessa de battre pour quelques secondes, le sang ne circulant plus nulle part. Et tandis que Lexa était retournée à son téléphone, Clarke fit volte face et se retrouva soudain nez à nez avec Anya et un nouveau carton. La jeune femme lui passa devant avant de déposer le carton dans le coffre et de claquer la porte de ce dernier, puis elle revint près de Clarke.
« Vous partez ? »
« J'ai démissionné, Lincoln aussi. »
« Ou allez-vous ? »
« Anya, on y va ? » pesta Lexa
La jeune femme jeta un rapide coup d'œil vers Lexa avant de revenir vers Clarke « Loin. »
« Mais… »
« C'est fini Clarke. » Elle la prit dans ses bras et lui murmura « Un jour peut-être, nous nous retrouverons. » avant de lâcher prise, de faire le tour de la voiture et de monter dedans. Lexa se laissa aller à un dernier regard vers une Clarke impuissante et totalement démoralisée.
Et finalement, rien ne se passa : la voiture démarra et Lexa s'éloigna définitivement de Polis et de la vie de Clarke.
La jolie blonde ne put que laisser couler ses larmes tant la douleur de voir Lexa s'évanouir à jamais de sa vie était insupportable. Elle le savait, elle finirait par aller au-delà de la peine et la douleur, ses années à Polis l'aideraient certainement à passer ce cap. Mais pour l'instant, tout était trop douloureux pour qu'elle pense, un jour, à vivre sans penser à elle la moindre seconde.
Ce serait dur, mais elle finirait par s'y faire, elle n'avait plus le choix.
Elle s'écroula sur le trottoir, et n'imaginait même pas que, dans le rétroviseur de la voiture, Lexa assistait, les larmes aux yeux, à cette scène.
Elle était partie.
TBC
