HEY HEY HEY ! What's up guys ?!
Moi NI-CKEL ! Une convention de folie s'est passée ce WE : un cast de ouf comme rarement j'en ais vu, une ambiance en salle extra, une orga bancale parfois, et des souvenirs pleins la tête... Tout ça pour dire que je serais évidemment à la 2ième édition !
Un véritable coup de coeur/foudre pour Jessica Harmon : VIVA NIYLAH !
Et donc pour fêter ça (et accessoirement rattraper mon retard :p), voici un nouveau chapitre.
Je sais pas pourquoi, je pense que vous allez aimer la fin :p
ENJOY
Demain est un autre jour
« Raven est … spéciale non ? » questionna Niylah tandis qu'elle mettait la table pour elle et Clarke, alors que cette dernière préparait le repas.
« Spéciale ? Je l'ais toujours connu ainsi. Pourquoi ? » Elle se figea soudain et releva la tête pour fixer sa compagne « Elle ne t'a pas dis ou fais un truc gênant au moins ?! »
Niylah gloussa « Non, rien qui ne soit assez répréhensible pour que j'en prenne ombrage. Mais elle m'a longuement questionné sur nous, comme si elle testait notre couple. »
« Oui, Raven se sent dans l'obligation de me protéger, comme une grande sœur. »
« Ca a du être dur pour elle de te voir partir aussi loin pour un temps indéterminé. »
« Oui, j'ai même failli annuler mon départ tant j'avais peur de sa réaction. Mais elle m'aime autant qu'elle tient à mon bonheur. Elle savait que j'avais besoin de partir pour évoluer. C'était sa priorité : mon bien-être et bonheur. Ca l'est toujours d'ailleurs. » sourit-elle
« Je peux comprendre. Je suis fille unique, mais je peux comprendre. Même si me demander si on parlait français durant nos ébats n'était pas forcément nécessaire. » sourit-elle
« Je vais la tuer ! » grogna Clarke tandis que Niylah pouffa de rire
Clarke la suivit alors, tellement soulagée d'être de nouveau sur sa terre natale en compagnie de Niylah. Elle avait enfin sa place dans son pays aux cotés d'une femme qui lui faisait voir le meilleur. Elle se souvenait de la progression de leur relation qui fut amenée en quelques mois avant d'être concrétisée par un baiser, un an plus tôt.
Un an… Elle n'arrivait pas à le croire, elle qui pensait ne plus pouvoir partager sa vie avec quelqu'un, elle qui avait été meurtrie au plus profond d'elle-même, dans sa chair et son cœur, elle pensait ne plus jamais être capable d'aimer. Mais finalement, manque ou envie, quand ses lèvres touchèrent celles de Niylah, elle fut presque soulagée de ressentir autre chose que de la colère, de leur peur ou de l'angoisse.
Et Niylah avait été patiente et compréhensive face aux peurs de Clarke : elle sentait qu'elle avait un passé chargé de douleurs et de peine. Elle avança doucement, sans la presser, ce que Clarke remercia implicitement. Car cela ne fut pas simple pour Niylah, Clarke l'avait fait attendre près de deux mois avant de l'inviter à rester un soir. Clarke se définissait elle-même comme une handicapée des sentiments et que Niylah devrait être patiente. Elle le lui avait promis, et lorsque Clarke eut sa parole, elle se confia à elle, et s'autorisa à parler d'une ancienne relation qui l'avait tant marqué qu'aujourd'hui encore, elle avait des difficultés à aimer. Elle n'avait jamais prononcé son nom, mais Niylah savait que quelque chose s'était joué lors de ses années à Polis. Mais par respect pour la jeune femme, elle n'avait jamais entamé le sujet ni mis de pression pour en savoir plus. Elle était bien trop heureuse de réussir à lui montrer autre chose qu'une relation conflictuelle et douloureuse.
« Hm… Alors, prête pour notre petite virée en ville ce soir ? »
« Tu sais que les comédies musicales ce n'est pas mon trip, tu le sais ça ? »
« Oui. Tu dois m'aimer énormément pour avoir accepté n'est-ce pas. » grinça Niylah
« Mouais, énormément … »
Finalement, cela n'avait pas vraiment déplu à Clarke. Certes les musiques étaient une rengaine qui ne se décollerait de son crâne que dans quelques jours, mais elle devait bien admettre que cette sortie avait été plaisante.
Ainsi, main dans la main, elles se baladèrent sur Central Park, ne profitant que de la présence de l'autre. Niylah n'était pas une grande adepte des longues discussions : elle aimait et se complaisait dans le silence. Parfois, leurs soirées ne se résumaient qu'à un visionnage de film, lovées dans le canapé, ne prononçant aucune parole. D'abord surprise, Clarke s'y était faite et aimait même cela à présent.
« Dis… »
« Hm ? »
« Maintenant que Raven est au courant… Je me disais qu'il faudrait peut-être que je te présente à ma mère. »
Niylah haussa un sourcil « Tu n'es pas obligée si tu ne le souhaites pas. Tu n'en as pas eu envie jusqu'ici. La seule raison qui te pousse à me le proposer maintenant, c'est parce que Raven nous a surprises… »
« Nous sommes ensemble depuis plus d'un an maintenant… Il serait peut-être temps, non ? »
« Je n'ais rien contre. »
Clarke s'arrêta soudain et lui fit face « Ecoute, je sais que ça peut paraitre bizarre. En temps normal, on présente toujours ses parents avant que le couple ne fête ses un an ensemble. J'ai toujours eu peur que tu penses que je n'ais jamais parlé de toi simplement parce que j'avais peur ou honte de nous… Ce n'est pas le cas. C'est juste que… Ca fait tellement longtemps. Quand j'ai quitté le pays, personne n'aurait imaginé que je puisse aimer de nouveau, au sens noble du terme. »
Niylah lui sourit et lui caressa la joue avant de l'embrasser tendrement. Elle ne connaissait pas cette personne, celle qui avait brisé le cœur de Clarke à tel point qu'elle se dénigrait elle-même, mais elle la détestait déjà. Niylah avait du user de patience et d'énormément de conviction pour montrer à Clarke qu'elle pouvait aimer, qu'elle était capable de bien plus que de simples sourires, de simples gestes. Elle était capable de rendre et recevoir.
Niylah aimait Clarke, elle tenait à elle et elle était fière d'avoir été celle qui avait su la faire évoluer et lui faire reprendre confiance en elle. Oui, évidemment, au début, elle fut surprise lorsque Clarke lui avait dit ne vouloir parler à personne de leur relation. Honte ou peur, Niylah n'avait pas insisté.
Et quand elle lui annonça son désir de retourner au pays, Clarke avait été d'abord craintive, mais à force d'attentions, Clarke se laissa aller et fit elle aussi des démarches et quand elle lui annonça avoir un contrat à New-York, Niylah avait été la plus heureuse.
En revenant au pays, Clarke savait qu'elle devrait un jour ou l'autre sortir de sa parfaite bulle avec Niylah et la présenter à Raven et sa mère, elles qui n'avaient principalement connu que Lexa.
« Clarke, je t'aime. On a traversé l'Atlantique, on pourra, je pense, traverser un diner chez ta mère. » sourit-elle
« Je m'excuse par avance de tout ce qu'elle pourrait te dire. » gloussa la jolie blonde
« J'ai hâte de connaitre la femme qui a mise au monde et élever ma compagne, c'est tout ce que je demande. »
Clarke lui prit la main et l'entraina dans une balade qui dura toute la nuit pour finir dans la chaleur des draps de Clarke.
Elle ne se lassait pas de ces matins où, dès qu'elle ouvrait les yeux, son regard se posait sur la silhouette de Niylah endormie à ses cotés. Clarke avait déjà remarqué les petites habitudes de la jeune femme comme sa manière de se coucher et s'endormir sur le ventre, embrassant son oreiller. Cette manie de ronger ses ongles ou encore de petit déjeuner exclusivement des œufs brouillés. Elle savait qu'elle aimait les roses rouge, les lapins ou encore les comédies musicales. Que c'était une grande aventurière, n'ayant pas peur de déposer ses bagages aux quatre coins du monde.
En amour, Niylah était plutôt douce et prévenante, tandis que Clarke agissait toujours dans l'urgence et la rapidité. Au contact de Niylah, elle avait appris à prendre son temps, à apprécier chaque petit moment, comme ce réveil où elle pouvait détailler le corps de sa compagne et ce tatouage tribal le long de sa colonne vertébrale. D'ailleurs, jamais elle ne lui avait demandé sa signification… Etait-ce une erreur de jeunesse ou un choix délibéré ? Avait-il un sens particulier qui pourrait permettre à Clarke de mieux comprendre sa compagne ?
Car de Niylah, elle savait peu de choses finalement : ses parents étaient morts des années auparavant, fille unique, elle n'avait plus de famille. Très vite indépendante, elle avait appris à se dépasser pour obtenir ce qu'elle voulait et vivre de ses propres moyens afin de ne dépendre de personne. Solitaire dans l'âme, elle réussit à obtenir son diplôme et un job dans la foulée qui la mena un peu partout dans le monde entier : de l'Egypte en Russie, en passant par le Pérou ou encore la France. Elle avait vu plus de choses que le commun des mortels et avait accumulé des connaissances faisant d'elle certainement la femme la plus cultivée que Clarke ait connu.
Niylah apparaissait forte et têtue, jamais Clarke ne l'avait vu fléchir ou paraitre apeurée. Elle avait été son roc et son point d'ancrage quand Clarke doutait encore d'elle-même.
Et tous les matins où elle pouvait se réveiller à ses cotés, elle bénissait cette force et cette opiniâtreté. Elle traça de son index, les contours du tatouage jusqu'à ce que Niylah gigote un peu pour ouvrir ses yeux et les poser sur Clarke « Hm… Bonjour toi… »
« Hey… Bien dormi ? »
« Peu… Mais bien. » Elle se redressa et se retourna, offrant à la vue de Clarke, son torse nu. Elle s'étira longuement avant de sentir les mains de Clarke sur sa poitrine « Hm… Je te rappelle qu'on ne devrait plus tarder. Ta mère va nous attendre. »
« Je sais… On peut quand même s'octroyer quelques minutes de… répit. »
« Du répit ? C'est comme ça que tu appelles ça toi ? Ironique quand tu sais que tu ne m'en laisses guère. » sourit Niylah
Clarke sourit avant d'embrasser la jeune femme et de se lever, nue comme un vers, se baladant dans la chambre à la recherche de vêtements, le tout sous le regard luxurieux de sa compagne. Et lorsque Clarke entra dans la salle de bain, en un bond efficace, Niylah la rejoignit.
« Rappelle-moi ce que tu as dis à ta mère déjà ? » questionna Niylah alors que leur voiture entrait dans le quartier résidentiel où vivait les Griffin.
« Je lui ais juste dis que j'avais quelqu'un dans ma vie et que je tenais à lui présenter, c'est tout. »
« C'est un résumé succinct mais assez juste. J'ai hâte de voir sa tête quand elle demandera depuis combien de temps nous sommes ensemble. »
« Ta compassion est tellement chaleureuse… » Niylah lui sourit avant de se tourner vers la fenêtre et voir le paysage défiler « Hey, elle va t'adorer ok. »
Niylah se tourna alors vers elle et lui offrit un sourire confiant « Je l'espère. Mais tant que je plais à la fille, le reste n'est qu'optionnel. »
Elles échangèrent un regard avant que Clarke ne se gare dans l'allée « Y'a des chances qu'elle soit déjà devant la fenêtre pour voir ta tête… » plaisanta Clarke
Niylah lui sourit, confiante de cette future rencontre. Soudain, surgit en la mémoire de Clarke la dernière fois qu'elle présenta à sa mère une petite amie… C'était il y a près de 6 ans… Lexa. Elle frissonna alors, se remémorant leur rencontre, les doutes qu'avait émis Abby au sujet de leur couple, pour au final l'accepter dans la famille.
« Dans la lune miss Griffin ? »
« Hm, pardon… Non, allons-y. »
C'est main dans la main qu'elles arrivèrent jusqu'au perron avant qu'Abby n'ouvre la porte et n'accueille les jeunes femmes d'un large sourire « Bonne route ? »
« Oui assez. » lança Clarke, quelque peu tendue.
« Entrez. » Après avoir abandonné leur veste, Clarke conduisit Niylah jusqu'au salon « Installez-vous j'arrive. »
La jolie blonde vaqua un regard curieux un peu partout dans la pièce, attirée par les photos sur la commode, les peintures qu'elle savait être faites des mains de Clarke, véritable œuvres personnelles.
« Tu sais que ta mère a dans son salon des peintures qui peuvent valoir jusqu'à 10 000$ ? »
« Je lui en fais gracieusement don. » sourit Clarke, encore peu habituée à ce que l'on qualifie son travail d'œuvre d'art.
« Bien… Asseyez-vous. » lança Abby en revenant avec un plateau
Clarke et Niylah s'assirent l'une à coté de l'autre et Abby en face d'elles, attendant qu'une des deux fasse le premier pas. Et c'est Clarke qui se lança :
« Maman … Voici, Niylah, ma compagne. On s'est rencontré à Paris. »
Abby fixa la jeune femme et lui sourit « Vous êtes française ? »
« Non, américaine. J'ai travaillé 3 ans à Paris. Je restaure des œuvres d'art allant des monuments en passant par des tapisseries ou des tableaux. C'est ainsi que j'ai connu Clarke : je restaurais un monument juste en face de la galerie où elle travaillait. »
« Oh donc ça fait un moment que vous vous connaissez… »
« Je crois que nous nous sommes vues dès ses premières semaines à Paris. Nous avons fait connaissance. »
« Depuis combien de temps êtes-vous ensemble ? »
« Un peu plus d'un an maintenant … »
Abby faillit s'étouffer avec sa gorgée de café, avant de fixer sa fille puis sa compagne, puis de nouveau vers sa fille « Un an ? »
« On… Je comptais te le dire… Mais mon quotidien a été tellement chargé à Paris… Je retardais toujours l'annonce et au final, quand j'ai su que le rentrerais, je me suis dis que j'allais te l'annoncer à mon retour. »
« Oh je vois c'est … C'est donc sérieux entre vous. »
« Oui très. » confirma Niylah en posant sa main sur celle de Clarke
« Je suppose que vous vivez donc ensemble à New-York. »
« Etonnamment non. Chacune à son appartement, même si nous n'excluons pas de le faire un jour. »
Clarke opina alors « Nous retrouver à New-York était un heureux hasard que j'ai quelque peu provoqué en demandant ma mutation ici. »
Le cœur d'Abby se serra alors : Clarke n'était pas revenue par mal du pays ou manque de sa famille, elle était revenue pour suivre sa compagne.
« Ou est Niylah ? »
« Elle se rafraichit dans la salle de bain. » confia Clarke en ramenant la vaisselle dans la cuisine. Et alors qu'elle commença à nettoyer les plats « Alors, ton verdict … Comment la trouves-tu ? »
« Elle est gentille, cultivée, douce et on sent qu'elle t'aime vraiment. Que vous vous aimez beaucoup. Si tu es heureuse, c'est tout ce dont j'ai besoin. »
« Je le suis. Ca m'a pris du temps tu sais, avant de pouvoir accorder ma confiance à quelqu'un d'autre. Elle a été patiente avec moi, compréhensive et intelligente. Je lui en serais toujours reconnaissante. »
Abby soupira alors : elle se souvenait de l'état de sa fille après le départ de Lexa. Durant des semaines, des mois, elle l'avait soutenu, l'avait poussé à persévérer, elle qui voulait tout laisser tomber. Il fut une période noire de la vie de Clarke à laquelle personne, Abby ou Raven, ne voulaient repenser. Clarke était tombée bas, très bas … Elle avait même flirté avec un coté sombre dont seules Abby et Raven avaient été témoins.
Son départ pour l'Europe, Abby l'avait dabord vécu comme un coup de poignard mais par la suite, elle se disait que cette distance était nécessaire et certainement salvatrice pour sa fille. Et de la voir aujourd'hui, vraisemblablement heureuse aux cotés d'une femme, cela ne pouvait que lui faire plaisir.
« Tant que tu es heureuse, c'est tout ce que je veux. »
« Je le suis maman. »
Mais Abby aurait vraiment aimé y croire. Mais elle savait surtout ce par quoi elle était passée durant des mois à Polis, avant de remonter la pente. Elle savait que ce voyage était aussi un placebo : Clarke n'avait jamais fait réellement face à Lexa, elle ne l'avait jamais revu. Avait-elle réellement tourné la page ?
Visiblement, Clarke tenait à cette Niylah, jusqu'à entretenir une relation d'un an… Jamais elle n'avait eu quelqu'un aussi longtemps. Et c'était le rôle d'Abby de soutenir sa fille, comme elle l'avait fait des années auparavant, en espérant ne pas avoir à ramasser les pots cassés plus tard.
« Je sais que tu t'inquiètes. » lança Clarke, le nez dans l'évier « Mais je l'aime tu sais. J'ai surmonté bien des choses, qu'elle ne sait pas elle-même. Un jour peut-être je lui en parlerais, quand je serais prête. Cette partie de ma vie fait partie intégrante de moi, mais en même temps, je n'en suis pas fière. Je reviens de loin, je le sais, et je sais aussi que tu t'inquiètes. »
« On en serait pas à moins… »
« Je sais. »
« J'ai juste peur que… »
« Je sais, moi aussi. Mais je ferais en sorte que ça marche cette fois. »
Oui, Abby avait eu raison : Clarke avait peur que tout lui soit enlevé de nouveau. Elle avait tant souffert, qu'elle n'imaginait pas un nouvel échec maintenant. Et puis Niylah était présente, aimante, rien ne pourrait la faire douter, du moins le pensait-elle.
Et finalement, la soirée se passa sans encombre et Abby fut heureuse d'avoir eu Niylah sous son toit, tout comme la jeune femme fut heureuse de connaitre un peu plus du monde de Clarke qui était restée, jusque-là, assez évasive sur sa vie.
Elle savait que son père était mort une dizaine d'années plus tôt, que Raven était sa petite sœur d'adoption mais qu'elle était fille unique, adorant dessiner pour palier à un manque de confiance en soi certain. Bonne élève, elle aspirait à suivre les traces de sa mère mais a finalement choisi sa propre voie à Polis. A vécu des histoires compliquées, dont une qui l'avait marqué plus que d'autres, puis avait décidé de quitter le pays pour un nouveau départ. Acharnée de travail, elle n'hésitait pas à faire sauter des heures de sommeil au profit d'une peinture qui lui posait problème… Lorsqu'elle avait osé faire le premier pas et se présenter à elle, Niylah n'était sûre de rien. Et quand Clarke s'afficha moins farouche et casanière que prévu, Niylah était aux anges.
A partir de ce moment, elle sut qu'elle et cette étrange blonde aux regards bleu acier feraient de grandes choses ensemble. Alors elle se lança dans une grande entreprise de séduction. Elle comprit très vite que Clarke avait vécu des choses difficiles par le passé, certainement une relation amoureuse douloureuse, et qu'il lui faudrait des trésors de patience pour la conquérir.
Mais elle y parvint au bout de longs mois d'amitié et de persévérance. Clarke la laissa enfin entrer dans son monde, elle se laissa aller et ouvrit son cœur de nouveau, mais ce fut dur, ça l'était toujours, même après un an de relation.
Parfois, Clarke parlait dans son sommeil, parfois elle n'arrivait pas à dormir du tout, préférant crayonner sur une toile ses peurs et ses angoisses. Peur du rejet, peur de la perte. Oui Niylah sentait une Clarke égratignée par la vie, et par une personne qu'elle ne connaissait que par les cicatrices qu'elle avait laissé dans la vie de Clarke. Elle détestait cette personne.
Aujourd'hui encore, malgré un bonheur apparent, elle sentait Clarke sur la défensive, encore peu habituée à se laisser aller, à faire confiance. Niylah avait toujours été prévenante envers elle et était à présent habituée à ses gestes de recul, cette surprise qui se dessinait sur son visage lorsqu'elle revenait du travail, un bouquet de roses à la main. Niylah jalonnait leur quotidien de petites attentions, toujours dans l'esprit de plaire à Clarke et de la mettre en confiance.
Mais depuis leur arrivée à New-York, Clarke était tendue, elle avait l'impression de revenir plus d'un an en arrière. Clarke s'enfermait parfois dans son atelier pendant des heures pour en ressortir épuisée moralement et physiquement. Parfois, elle avait quelques absences, et Niylah tentait de déchiffrer ce que son regard dans le vague signifiait.
Malgré le fait qu'elle venait de rencontrer sa mère, ce qui constituait une grande étape dans leur couple, Niylah sentait Clarke lointaine.
« Hey, ça te dirait un ciné en rentrant ? »
« Hm ? Non, je préférerais qu'on rentre et qu'on se blottisse dans notre lit… »
« Notre lit ? C'est le mien aussi ?! » sourit Niylah
« Evidemment. » haussa Clarke des épaules, comme si cela était évident.
Niylah sourit alors de ce petit geste, comme une assurance, une sécurité. Elle savait que New-York serait une nouvelle grande étape dans leur couple… Elle n'avait pas idée à quel point tout allait changer dans quelques jours… A tout jamais.
Une semaine plus tard, les choses sérieuses commencèrent pour Clarke. La galerie était tout à elle, il suffisait à présent de la remplir. Et là, tout se jouait : entre des peintures qu'elle avait déjà fait, et d'autres en commande, Clarke n'avait pas respiré une minute. Entre les visites de Raven et celles de Niylah, les jours défilaient sans qu'elle ne s'en rende compte.
L'exigence de la galerie et de ses directeurs étaient à la hauteur des espoirs qu'ils mettaient en elle, elle ne devait pas les décevoir. Malgré tout le stress et la pression, elle trouva quelques réconforts auprès de ses collègues de travail, ceux qui avaient, comme elle, la chance de pouvoir exposer leurs peintures, leurs sculptures…
« Hey Clarke, ça te dirait qu'on déjeune en ville ? » lança Harper, une jeune artiste travaillant les sculptures sur bois
« J'en sais rien… Je me creuse la tête sur la mise en page de la seconde salle… »
« Tu devrais prendre une pause, t'es dessus depuis 2h. Viens, on va manger dans un resto sympa de Times Square. »
« Hm… J'en sais ri… »
« … Allez, te fais pas prier, je suis certaine qu'après ça, tout sera clair dans ta tête. »
Clarke soupira alors avant de lever les yeux au ciel « Ok, ok. »
Clarke devait bien admettre que ses collègues avaient raison : sortir lui faisait le plus grand bien. Chacun s'accordait à dire que ce métier n'était pas de tout repos, même s'il était riche en beaucoup de choses.
Alors marcher dans la rue, accompagnée de ses 3 collègues, rien ne lui aurait fait plus plaisir à ce moment là.
« C'est ici. Il parait que la bouffe est sensationnelle ! »
Curieuse, Clarke regarda l'enseigne et fut amusée de voir qu'il s'agissant en fait un Diner's tout ce qu'il y avait de plus typique aux Etats-Unis. Voilà encore une chose qui lui avait manqué en France. Elle se délectait d'avance d'un immense hamburger…
Et lorsqu'elle entra, les lieux étaient tout de suite accueillants : un énorme jukebox donnait le ton, du carrelage blanc et noir au sol, des tables métalliques rondes, des canapés colorés, des néons au mur, ainsi que quelques maillots d'équipes emblématiques en basket, hockey ou même baseball. Au comptoir, les serveuses arboraient un look des années 60 avec petit tablier et patins aux pieds.
Clarke était conquise par le lieu… Qui était plein à craquer. Heureusement, Harper avait réservé, ce qui n'était pas de trop au vu de la foule qui s'amassait.
« Wow, ça a du succès. » souffla Clarke
« Et encore, tu n'as pas gouté au Special Hamburgiant, c'est une tue-rie ! »
Clarke sourit alors avant de rejoindre les autres à une table. Une serveuse se chargea tout de suite de leur commande et malgré le brouhaha ambiant, elle distinguait les premières notes d'I want You Back des Jakson Five résonnèrent.
Clarke se sentit soudainement plus légère et détendue, oubliant presque ses impératifs pour la fin du mois. Et alors qu'on lui apporta son assiette garnie de macaronis au fromage, son regard curieux vaqua sur la décoration attractive de la salle… Quand soudain, elle se figea.
« Clarke ça va ? »
Mais la jeune fille était déjà loin, son regard ne pouvant se détacher de la peinture au mur. Ses collègues suivirent son regard et Harper gloussa « Ah tiens, on dirait une des tiennes … Etrange non ? »
Mais cela n'avait rien d'étrange car c'était effectivement une de ses peintures, elle en aurait mis sa main à couper. Elle reconnaissait ces coups de crayons caractéristiques, cette façon de mêler concret et abstrait… Et plus encore, elle reconnaissait le dessin : des mains semblant dribler une balle de basket. Puis son regard fut attiré par une autre peinture : les contours d'un corps féminin marquant un panier…
Mais la goutte d'eau vint d'un tableau accroché juste au dessus du comptoir : des mains semblant pétrir de la pâte… Ces dessins, elle ne les avait fait qu'une seule fois… et cela remontait à une éternité. Debout, figée sur place, son regard descendit le long du comptoir pour se poser sur une silhouette qu'elle ne connaissait que trop bien et qui apparut comme un mirage, si rapide qu'elle pensa même avoir rêvé… Mais pourtant la présence de ces peintures ne laissait plus aucune doute, encore plus lorsque la silhouette se posta, de profil, à quelques mètres d'elle.
Lexa…
TBC
