Hello mes zami(e)s ! Comment allez-vous ?
Prêt(e)s pour la fameuse rencontre ? ^^
J'espère qu'elle sera conforme à vos attentes !
ps : Le 17 Mai sort mon premier roman "Journal d'une confidente" aux éditions Reines de Coeur.
Allez jeter un oeil sur leur site et, si le coeur vous en dit, allez lire ce premier opus dont je suis assez fière !
MERCI et ... ENJOY !
Retrouvailles
Lexa resta là, sans bouger tandis que Clarke la fixait d'un regard presque noir. Le temps semblait s'être arrêté autour d'elles : plus de bruit, plus de mouvement, comme si elles étaient dans du coton.
Puis c'est finalement Lexa qui initia un geste. Elle fit un pas en avant et soupira en esquissant un sourire « Ca fait longtemps… Très longtemps. »
Clarke se tendit alors mais ne pipa mot. Elle était venue dans le but de faire ce qu'elle n'avait pu faire il y a six ans : s'expliquer et clôturer cette histoire.
« Tu… Tu veux t'asseoir un instant ? »
Clarke opina alors et suivit Lexa à une petite table au coin de la salle. Elle nota le léger boitement de sa jambe gauche mais ne fit aucune remarque à ce sujet. Elle s'installa et Lexa s'éclipsa quelques instants pour revenir avec une tasse de chocolat et du café. Elle glissa le chocolat vers Clarke et cette dernière constata qu'elle n'avait pas oublié : un chocolat chantilly et poudre de cacao, son préféré.
Et quand Lexa s'installa en face d'elle, Clarke eut du mal à soutenir le regard de la jeune femme.
« Tu n'as pas changé… » soupira la jolie brunette
« Toi non plus. » répondit Clarke.
C'était la première fois depuis des années que Lexa entendait la voix de Clarke, elle avait presque oublié sa sonorité si particulière.
« Alors… Que fais-tu ici ? »
« … »
Elle sentait que Clarke était sur la défensive, pas à l'aise, prête à bondir hors du restaurant comme elle l'avait fait quelques jours plus tôt.
« Comment les as-tu eu ? » Lexa fronça les sourcils, Clarke compléta « Les peintures. »
« Oh… » machinalement, Lexa jeta un œil sur les quelques peintures accrochées aux murs
« Lorsque j'ai ouvert le restaurant c'est la première chose que j'ai accroché. »
« Ton restaurant ? Il est à toi ? » s'étonna la jolie blonde
Lexa opina, un sourire aux lèvres, visiblement fière de sa petite réussite « Anya me les a donné. Après mon départ… J'ai trouvé un tube à dessin avec une étiquette « Pour Lexa » dessus. Je ne l'ais jamais ouvert… Pas avant quelques années. »
Clarke vaqua son regard sur la salle et détailla la déco, simplement pour ne pas poser ses yeux sur Lexa.
« J'ai retenu ce que tu m'as dis. » lança Lexa
« C'est à dire ? »
« Après… L'accident. Mes rêves de basket s'étaient envolés… J'ai d'abord cru ne rien pouvoir faire de ma vie… Et ensuite, j'ai repensé à ce que tu m'avais dis : que je pouvais être douée à autre chose. Alors, je me suis tournée vers ce que j'aimais … La cuisine. »
« … »
« J'ai pris des cours, j'ai passé des concours, fais des stages dans de grands restaurants. J'ai travaillé dur et il y a trois ans, j'ai eu l'opportunité d'ouvrir mon restaurant ici sur Time Square. Et ça marche plutôt bien. »
Clarke afficha un regard plutôt neutre, comme si l'annonce de la réussite de Lexa n'avait aucune incidence. Elle était ici pour lui parler, mais aucun mot ne pouvait sortir de sa bouche.
« Et toi… Comment vas-tu ? » Clarke inspira profondément : par ou commencer ? Sa dépression, sa chute, son départ ou encore son retour et son bonheur ébranlé ? « Ton diplôme… »
« Oui, j'ai fini Polis. » lança-t-elle sans grand enthousiasme « Je suis partie en Europe pour parfaire mon éducation artistique avant d'obtenir un poste en France. »
« Je sais. » répondit naturellement Lexa, ce qui surprit Clarke. Elle se justifia alors « Il y a eu une réunion d'anciens de Polis y'a deux ans. Anya y a rencontré Raven qui lui a dit que tu étais partie en Europe. »
« Oh je vois… »
« J'ai été surprise… Mais contente pour toi. Ca voulait dire que ton rêve se réalisait… » sourit Lexa « Finalement, il semblerait que nous ayons réussi nos vies… »
« C'était pourtant mal parti… » maugréa Clarke sur un ton de reproche
Lexa baissa le regard « Les années ont passé… Les choses ont changé, nous avons grandi et évolué chacune de notre coté. Le passé est le passé. »
« Si tu le dis. Tant mieux si la pente a été plus simple a remonté pour toi… »
« Je n'ais jamais dis ça. » soupira Lexa, sentant le sujet assez sensible.
Clarke plissa les yeux alors, essayant de discerner une quelconque malice mais elle fut surprise de lire un voile de tristesse sur le visage de Lexa : se pourrait-il qu'elle aussi ait subi cette rupture ? Pourtant c'était elle qui l'avait initié… Elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même, Clarke n'allait certainement pas la plaindre, pas après tout ce par quoi elle était elle-même passée.
Elle soupira alors et se leva mais Lexa la coupa dans son élan « Attends ! » Clarke se figea alors « Je… Le temps a passé mais… On a chacune fait partie du passé de l'autre à un moment donné… Mais nous pouvons certainement faire abstraction et aller de l'avant. Nous sommes à présent adultes et… »
Clarke lâcha un rire sarcastique « Allez de l'avant ? Crois-tu que je t'ais attendu ? Je suis heureuse maintenant, je n'ais pas besoin de ton aval. »
« Alors pourquoi être venue ici ? Je pensais que tu voulais renouer le contact, peut-être même … initier une amitié perdue depuis longtemps … »
Clarke leva les yeux au ciel « Je suis venue ici simplement pour faire ce que je n'ais pas pu faire avant. »
« C'est-à-dire ? »
Clarke soupira « En finir une bonne fois pour toute avec cette histoire. Clôturer un chapitre de ma vie qui, je le pensais, était finie et qui m'empêchait d'être entièrement épanouie. Oui c'est peut-être le hasard, la coïncidence ou le destin mais je pense que les choses doivent être faites. »
« Tu n'es pas heureuse ? Pourtant Raven m'a… »
« Raven ? Tu as vu Raven ? »
Lexa se mordit la lèvre, se souvenant des paroles de Raven… Si Clarke l'apprenait, elle me tuerait.
« Réponds, Raven est venue te voir ? »
« Le soir de ta fuite, elle est venue. Elle m'a prévenu de ne pas chercher à te revoir. »
« Je vais la tuer. »
« C'était avant tout pour te protéger je pense, même si je ne me vois pas comme une menace. Je n'ais aucune intention de te blesser. »
Clarke soupira alors, pensant qu'elle devrait avoir une petite discussion avec son amie plus tard « Je veux seulement en finir avec tout ça et te rayer de ma vie définitivement. » argua-t-elle avec tant de violence que Lexa en fut surprise.
« Clarke… »
« Non, écoute… Il s'est passé beaucoup de choses après… ton départ. J'ai… Je… Il s'est passé des choses, j'en suis venue à partir du pays pour t'oublier… Je pensais avoir réussi, je croyais être vraiment heureuse. Mais te revoir m'a prouvé que je n'avais fais que me mentir, que prétendre. Je n'ais jamais eu l'occasion de clôturer la chose comme toi tu as pu le faire. J'ai souffert, comme tu ne peux l'imaginer, et je suis passée au-delà de cette douleur… Je pensais en tout cas. »
« … »
Clarke souffla doucement « Je crois que je voulais juste une confrontation pour être enfin sereine. A présent, je peux te laisser partir, tourner définitivement cette page, et cela inclut évidemment de ne jamais te revoir. On ne peut pas être amies Lexa, pas après tout ce qu'il s'est passé, pas après la souffrance que j'ai enduré, les épreuves que j'ai traversé, j'ai … J'étais très mal… Te perdre a été la pire des choses pour moi, mais j'ai été heureuse de me dire que je m'en suis sortie… Aujourd'hui, je veux aller de l'avant… sans toi dans ma vie ou mes pensées. »
Lexa fronça les sourcils « Tu as souffert… A quel point ? »
« Excuse-moi ? »
« Tu dis que tu as traversé des épreuves… Clarke… »
« Rien. Il n'y a rien. Rien qui ne te regarde surtout. » Et alors que Clarke allait partir, Lexa la retint par le bras. Ce simple contact électrisa Clarke et comme si elle venait de se brûler, se dégagea subitement de la main de la jolie brune. Se rendant compte de son geste déplacé, Lexa recula « Désolée mais… Clarke, dis-moi ce qu'il s'est passé après mon départ ? »
Clarke exultant d'un air faussement amusé « A parce que maintenant, tu t'en soucies ?! Tu t'en souciais lorsque tu m'as laissé sur ce foutu trottoir de cette foutue école ? Tu t'en souciais lorsque tu as tout arrêté entre nous sans que je ne puisse y faire quelque chose ? Non, je crois que tu ne pensais qu'à toi… Tu n'as jamais pensé qu'à toi ! »
« … »
« Tu sais quoi ? Laisse tomber, je ne suis pas venue ici pour me battre… A présent, j'y vois plus clair et je me sens idiote d'avoir gardé ça si longtemps en moi. J'aurais du, avant de partir pour l'Europe, te retrouver et avoir cette discussion. » Elle inspira longuement alors « Ok, je crois que j'en ais fini. »Elle se dirigea vers la sortie puis se retourna avant de lui sourire péniblement « Adieu Lexa. »
Et la porte claqua, laissant Lexa seule au milieu de la pièce, encore ébranlée de cet entretien intense. Elle pensa tout d'abord à repartir et oublier… Mais les paroles de Clarke, et la lueur de rage mêlée à du désespoir dans ses yeux, attisèrent sa curiosité : Clarke semblait avoir traversé quelque chose d'assez dur… Allant bien au-delà d'une simple tristesse de rupture.
Il y a six ans, elle ne lui avait pas permis de s'exprimer, aujourd'hui, c'était Clarke qui ne lui avait pas laissé le loisir d'en placer une. Elle frissonna alors, de ce genre de frisson qui vous faisait du bien autant qu'il vous faisait mal. Que devait-elle faire ? Abandonner, continuer sa vie comme si de rien n'était ? Faire comme si cette rencontre n'avait jamais eu lieu ? Mais ce qu'ignorait Clarke c'est que Lexa ne l'avait jamais oublié. Des peintures sur ses murs en passant par ce pendentif qui n'avait jamais quitté son cou… Oui Clarke avait toujours été là, y compris dans le tournant qu'avait pris sa vie et qui avait fait d'elle un des plus jeunes chefs de New-York.
Elle devait savoir…
« Niylah ? Tu es libre ce soir ? »
« Pour toi toujours. »
« Viens à l'appart, j'ai envie de te voir… »
« Clarke ça va ? »
« On ne peut mieux… Tout va bien, j'ai juste envie de toi. » sourit Clarke
« Avec une telle déclaration, je ne peux qu'accepter. J'arrive dans une heure ! »
Lorsque Clarke raccrocha un sourire aux lèvres : tout était fini, elle en était certaine maintenant, la page était tournée, elle allait pouvoir aller de l'avant avec Niylah, et dans sa vie en général. Elle aimait Niylah, et depuis le début de leur relation, elle s'était toujours laissée porter par elle. Aujourd'hui, c'était à son tour de rendre la pareille à sa compagne.
« Hm… Je suis au paradis. » murmura Niylah, calée dans les bras de Clarke, son dos contre sa poitrine, dans un bain chaud et parfumé.
« Vraiment ? » sourit Clarke
« Vraiment… Je n'ais plus souvenir de la dernière fois où nous avons partagé un bain… Paris non ? »
« Certainement… Je vais rattraper le retard ! » lança Clarke en l'enlaçant de plus belle, posant son menton sur une de ses épaules « Je suis bien là… »
« Je t'aime, tu le sais ça ? »
« J'en ais une vague idée oui. » s'amusa Clarke avant de balader ses mains sur les courbes avantageuses de sa compagne
« Dis… Je ne te l'ais jamais demandé mais… j'aime l'idée… Mais si ça te pose problème… »
« Niylah, de quoi tu parles ? » sourit la belle blonde
Sa compagne inspira alors « Tu serais d'accord pour me dessiner ? »
Soudain, Niylah sentit Clarke se tendre et se figer dans l'eau « Clarke ? Ca va ? »
« Oui, oui. »
Mais en fait, non, ça n'allait pas. La seule et unique personne qu'elle ait dessinée, hors ses cours, était Lexa. Elle ferma brièvement et se souvint de ce matin où elle la croqua en train de dormir, le dos nu, enroulée dans les draps, ses cheveux ondulant sur l'oreiller. Cette image la fit frissonner alors, c'était il y a une éternité… Depuis, elle n'avait pas repris les pinceaux pour peindre autre chose que des silhouettes floues et impersonnelles.
« Hey, ce n'était qu'une question, pas une obligation. Si tu n'as pas envie, je… »
« Non ! Au contraire, c'est juste que… La dernière personne que j'ai dessiné était mon ex. »
Niylah grimaça, sans que Clarke ne s'en rende compte « Cette même fille qui t'a tant fait souffrir ? » Clarke opina « J'ai pas envie de remuer le couteau dans la plaie… mais je la déteste. »
Clarke lâcha un petit rire alors et serra plus fort Niylah « Je t'aime… Et un jour, promis, je ferais le plus beau des portraits de toi. »
Niylah ne répondit pas mais au fond d'elle, une légère pointe de déception mêlée à de la colère persistait : elle ne connaissait pas cette mystérieuse ex, pas même son prénom, mais la voir, encore aujourd'hui, régir la vie et les sentiments de Clarke, la rendait folle.
Si un jour elle était amenée à rencontrer cette fille, elle lui prouverait que Clarke valait plus que ce qu'elle avait laissé sur le trottoir, à Polis.
Depuis 3 jours, elle ne savait pourquoi, mais le comportement de Clarke avait changé : elle semblait plus câline, plus proche d'elle. Oh elle ne s'en plaignait pas, au contraire, mais elle se demandait quelle mouche l'avait bien piqué.
Quant à Clarke, jamais elle n'avait été aussi en manque de Niylah. Comme si elle voulait prouver à Lexa qu'elle savait aimer de nouveau, et qu'elle était passée à autre chose. Après tout, c'était Lexa qui avait mis fin à leur relation… Et pourtant, elle se remémora ses paroles : elle avait gardé ses peintures et, elle en était sûre pour l'avoir aperçu autour de son cou, elle avait gardé le pendentif raton laveur qu'elle lui avait offert. Lexa n'aurait-elle pas tourné la page ? Se pourrait-il qu'elle soit toujours amoureuse ?
Non, c'était impossible, pas après 6 ans …Lexa était au courant qu'elle avait déménagé en Europe, qu'il n'y avait donc plus d'espoir qu'elle la retrouve… S'était-elle donc enfermée dans un célibat forcé ? Non, c'était impensable.
Et après de telles pensées, Clarke s'en voulait presque de ne penser qu'à Lexa… Alors, elle se « vengea » sur Niylah en multipliant les gestes tendres et les rendez-vous. Elle devait effacer de son esprit Lexa pour ne la remplacer que par Niylah.
« Je vais démonter cet ordinateur ! » ragea Raven
« Tu peux pas faire comme tout le monde et en racheter un ? » gloussa Sinclair en la voyant batailler avec la tour retors
« Hors de question ! Je vais pas payer pour un truc que je peux faire moi-même ! File moi un tournevis. »
« T'es pas croyable toi. » dit-il en se levant, ayant appris depuis tous ces mois à ne pas aller contre sa petite amie « Au fait, pizza ce soir ? »
« Encore ? Tu pourrais cuisiner ? »
Sinclair la fixa alors, un regard amusé sur le visage « Les femmes aux fourneaux et les hommes à la bricole, c'est pas comme ça que ça marche normalement ?! »
« Répète. » lança Raven d'un regard noir en le menaçant d'un cruciforme, ce qui fit éclater de rire son compagnon.
« Non rien. »
Et alors qu'elle allait se remettre sur sa machine, on frappa à la porte. Elle jeta un œil à sa montre et fut surprise d'une visite si tardive. Elle le fut encore plus lorsqu'elle ouvrit la porte pour laisser apparaitre la dernière personne qu'elle pensait voir ici.
« Lexa ? »
La jeune femme se tenait droite comme un « i » face à Raven, et soudain, il lui semblait que son assurance se soit envolée
« Bonsoir, désolée de venir si tard sans avoir été annoncée. »
« Non, non c'est … pas grave. Comment tu as eu mon adresse ? »
« Google. »
« Oh… Oh entre. »
« Je ne veux pas déranger… »
« Tu es venue jusqu'ici. Entre. »
Lexa savait que leur dernière entrevue ne s'était pas finie sous les meilleurs hospices. Elle prit alors des pincettes et se fit discrète lorsque Sinclair apparut.
« Oh euh, salut, je savais pas qu'on aurait de la visite. Sinclair. »
« Lexa. »
« Lexa ? Comme… » il jeta un œil vers Raven qui confirma en un discret mouvement de tête.
Lexa haussa un sourcil avant de fixer Raven pour des explications « Euh bon, je vous laisse… entre filles. » lança le jeune homme avant de s'enfuir dans leur chambre, laissant Lexa et Raven seules.
« Il me connait ? » sourit Lexa « J'imagine que ce n'est pas en des termes très élogieux. »
« Tu imagines bien. » confirma Raven en l'invitant à la suivre jusqu'au comptoir de la cuisine « Un verre ? »
« Jus de fruit si tu as. »
Raven se tourna alors avant de fouiller dans son frigo « Alors, pourquoi ais-je l'honneur d'avoir Lexa Wood sous mon toit ? »
« J'aimerais te poser quelques questions… »
« Sur quoi ? »
« Sur Clarke. »
Raven se figea avant de se retourner et de claquer la bouteille sur le comptoir « Je t'ais dis de ne plus chercher à la v… »
« Je n'ais rien fais, Clarke si. »
« Excuse-moi ? »
« Il y a trois jours elle est venue me voir au restau. » Raven se figea de nouveau, imaginant ce qu'avait pu être leurs premiers mots
« Elle ne m'a rien dit… Et ? »
« J'ai à peine compris le pourquoi de cette visite mais… Elle m'a laissé entendre qu'elle avait beaucoup souffert de … notre rupture. »
« … » Raven serra les poings et la mâchoire avant de baisser le regard
« Raven… Dis-moi. Dis-moi ce qu'il s'est passé après mon départ ? »
« Pourquoi ? En quoi ça te concerne à présent ? C'est du passé. Je suppose que Clarke t'a confronté pour exorciser ses démons, j'espère que ça a marché. »
« J'ai beaucoup de questions… »
« Il fallait y penser avant de la lâcher comme une merde… » argua Raven « Non, t'as aucune idée de ce qu'elle a traversé après ton départ, et tu ne devrais pas t'en soucier. »
« Mais c'est le cas. Raven… A la minute où la voiture à quitté l'enceinte de Polis, j'ai su que j'avais fais une connerie. Mais c'était trop tard, je savais que je l'avais fais souffrir. Des choses avaient été dites, des gestes, des mots… Je ne pouvais pas revenir en arrière comme si de rien n'était. »
« … »
« Raven, je ne l'ais jamais oublié. Le reste de ma vie a suivi ses traces grâce à ses conseils. Je n'ais pas peur de dire que je suis devenue ce que je suis aujourd'hui grâce à elle. »
Raven hoqueta d'ironie en tapant sur le comptoir du plat de sa main « C'est une blague… 6 ans… Tu croyais quoi ? Qu'elle t'attendrait ? »
« Je n'ais jamais cessé de penser à elle. Elle ne l'a jamais su mais… J'étais là à sa remise de diplôme. » Raven s'étonna alors et avant qu'elle ne prenne la parole, Lexa continua « J'ai beaucoup pensé à la manière dont tout s'est fini entre nous, la manière dont… Je l'ais repoussé. Mainte fois j'ai voulu aller lui reparler, la revoir. »
« Mais tu n'as jamais repris contact. »
« Parce que j'ai été lâche. » Raven sembla se détendre un peu « Puis il y eu cette réunion d'anciens à Polis, je me suis dis que ça serait l'occasion de la revoir mais… »
« Tu n'étais pas là, moi j'y étais, je ne t'ais pas vu. »
« Non, j'ai finalement renoncé, je n'ais pas eu le courage. Alors j'ai demandé à Anya d'être mes yeux et mes oreilles… Quand elle est revenue, elle m'a dit que Clarke était partie en Europe pour un long moment… Je me suis dis alors… Qu'elle avait surmonté et qu'elle était passée à autre chose. »
« C'est le cas. Elle est heureuse maintenant. »
« Alors pourquoi est-elle venue me voir ? »
« Pour clôturer un chapitre de sa vie qu'elle n'avait pas totalement refermé. »
Après quelques secondes de silence, Lexa soupira « Que s'est-il passé … Après mon départ. »
« Tu n'as pas… plus besoin de le savoir. »
« Si, je pense que si. Tu dis que Clarke est heureuse, et pourtant, je sens un lourd bagage sur ses épaules… »
« Et quoi ? Tu aimerais l'en délester ? » ironisa Raven « Alors que c'est toi qui a toi-même chargé ses épaules. »
« … Raven… J'ai besoin de savoir… »
« Tu veux quoi ? La prendre en pitié ? Elle n'a pas besoin de ça. Elle… »
« Oui ? Raven dis-moi ! »
« Elle va me tuer. » Mais elle savait que Lexa ne décollerait pas de son appartement. Avait-elle le droit de savoir après tout cela ? Avait-elle le droit…
« Clarke s'est effondrée après votre rupture. Elle s'était renfermée sur elle-même, elle restée des jours au lit… On pensait que ça passerait mais bientôt Polis envoyé des lettres d'avertissements : elle n'assistait plus aux cours. Abby est venue jusqu'à Polis durant des semaines pour veiller à ce qu'elle aille bien en cours… Elle y allait sans enthousiasme. »
« Et ensuite ? »
« Y'a eu une seconde phase… Elle mentait. Du moins, elle se mentait à elle-même : elle prétendait que tout allait mieux, elle retournait en cours, faisait le strict minimum, mais ça passait … On se disait qu'elle remonterait doucement la pente. »
« Mais ? »
« Rien en dehors des cours, rien n'allait plus : elle s'est mise à sortir le soir… Beaucoup. Elle fréquentait des gens peu recommandables, elle se mit à boire… D'abord lors de ces soirées, et ensuite en dehors… Parfois elle ne rentrait pas de la nuit, de la semaine dans le dortoir… Elle commençait à faire des choses… » Lexa fronça les sourcils, demandant implicitement à Raven de continuer « Elle couchait à droite et à gauche, enchainait les conquêtes d'un soir, parfois même plusieurs en une nuit… Elle s'autodétruisait. En fait, pire, elle se détestait… »
Lexa n'en croyait pas ses oreilles : tout cela parce qu'elles avaient rompu… ?
« Comment a-t-elle remonté la pente ? »
« … »
« Raven ? »
« Quand on est au plus bas, on ne peut que remonter. »
« Au plus bas ? »
« Elle n'est pas revenue un soir… Je pensais que, comme elle le faisait depuis des semaines, elle avait découché avec un inconnu… Mais elle ne vint pas le lendemain en cours, chose qu'elle n'était pas habituée à faire… Et… » Elle déglutit alors, les yeux emplis de larmes prêtes à couler « L'hôpital a appelé Abby… Qui elle-même m'a appelé. »
« L'hôpital ? »
« Clarke… Elle… Elle a fait une tentative de suicide. »
Si Lexa n'avait pas été assise, elle serait tombée lourdement sur le sol. Tout tourna autour d'elle et cette phrase bourdonna à ses oreilles comme un acouphène désagréable.
« Mais, mais… »
« Elle avait fait un mélange d'alcool et de somnifères. On pensait à un accident mais les jeunes qui l'avaient amené aux urgences disaient qu'elle ne cessait de clamer que ce soir-là serait son dernier soir, qu'elle se foutait de tout, et que rien n'avait plus d'importance. Elle est restée près d'une semaine à l'hôpital. Abby et moi l'avions perdu, elle ne voulait pas nous voir. Elle disait que dès qu'elle pourrait, elle recommencerait. Alors… Les médecins ont décidé de la garder et de la transférer en psychiatrie où elle a été suivie durant des semaines. Elle a du arrêter les cours durant des mois. »
« Comment a-t-elle pu avoir son diplôme ? »
« Après des mois d'internement, elle est sortie et Polis lui a envoyé une lettre lui signifiant que, comme elle avait loupé 4 modules, elle ne pouvait passer l'année suivante. Et, comme tu le sais, Polis ne souffre d'aucun redoublement. Alors, elle n'avait pas le choix : elle devait quitter Polis, ça a été son déclic. C'était hors de question pour elle : Polis était tout ce qui lui restait, elle ne pouvait pas quitter ses études. Elle leur affirma alors qu'elle pouvait, en deux mois de temps qu'il lui restait avant la fin de l'année scolaire, qu'elle serait en mesure de rattraper son retard accumulé et qu'elle réussirait ses modules manquants. »
« C'est… impossible. » s'étonna Lexa
« Oui, ça l'était … Mais Clarke, entourée de sa mère et moi, a travaillé d'arrache-pied, jours et nuits, elle s'est plongée dans ses cours et finalement, elle a réussi a obtenir son année. Polis a été convaincu, ils l'ont gardé pour le reste de son cursus, jusqu'à l'obtention de son diplôme avec mention. On savait qu'elle s'en était sortie à partir de ce moment, que la vie l'avait rappelé à elle et qu'elle s'accrocherait. »
« Elle n'a jamais… »
« Non jamais. Elle n'a jamais retouché une goutte d'alcool fort, juste des bières légères, n'a plus fait de sorties nocturnes étranges… Et elle n'a plus eu d'aventures d'un soir… Plus d'aventure du tout d'ailleurs. Elle se disait qu'elle n'avait plus le temps pour ces futilités, elle se concentrait uniquement sur son travail. »
« Et elle a décidé de quitter le pays… »
« Parce que Polis, malgré tout ce qu'elle disait et montrait, lui rappelait bien trop vous deux. Une fois Polis quittée, elle est retournée à Washington durant quelques mois avant de nous annoncer qu'elle avait trouvé un stage en Italie. On s'est dit que ça lui ferait peut-être du bien. Et finalement, une fois là-bas, elle nous a dis qu'elle avait trouvé un job à Paris. »
« … »
« Elle n'est revenue qu'il y a un mois à peine… Elle compte rester à New-York un moment. »
Lexa écouta attentivement Raven avant de soupirer et de sourire « Bien, merci Raven… » puis elle se leva avant de rejoindre la porte d'entrée.
Accompagnée de Raven, cette dernière l'alpaguant avant qu'elle ne quitte l'appartement « Lexa… Que comptes-tu faire ? »
« Je ne pensais pas l'avoir plongé dans une telle détresse. Je l'ais fait souffrir et je n'en avais aucune idée… Il n'est pas question que je la replonge là-dedans. Tu me dis qu'elle est heureuse à présent, qu'elle a trouvé son équilibre… Je serais bien égoïste de tout ruiner. »
Raven l'en remercia implicitement et Lexa quitta les lieux. Pourtant, au fond d'elle, Raven savait qu'elles n'en avaient pas fini avec toute cette histoire.
Elles auraient pu rester ainsi et l'histoire se conclure de cette manière… Mais le destin avait visiblement d'autres projets, du moins c'est ce que pensait Raven.
En cette chaude journée de Juillet, elle reçut un message de Clarke… Un message qui la fit frissonner, un message qu'elle ne pensait jamais relire un jour…
[Clarkie : Ray, je suis à l'hôpital GrandView, viens stp.]
TBC
