Hey, hey, hey ! What's up ?!

Moi GoOoOD ! ^^

Alors alors, y'a eu quelques bug avec ffnet et je n'ais pas pu répondre à toutes les reviews, et j'en suis désolée !

Beaucoup attendent les 6 ans de Lexa, ce qu'il s'est passé, comment elle a vécu la séparation de son coté... Et cela viendra, je vous le promets, vous aurez quelques indices disséminés dans les prochains chapitres.

Je vois que certains prennent partie : certains comprennent Lexa, d'autres non. Certains plaignent Clarke, d'autres Lexa, c'est vraiment intéressant de voir/lire vos points de vue, vraiment très enrichissants !

Je vous remercie aussi pour vos encouragements pour la sortie de mon livre, je vous adore et j'espère que ça marchera !

Bon, passons au chapitre de cette semaine (et non, quoique soit votre contrepartie, il n'y aura qu'une suite/semaine... bande de vilains !) : Alors qui est à l'hôpital ? Que s'est-il passé ? Dans ce chapitre, quelques vérités sont dites... Mais est-ce toujours bon de les connaitre ?

Attention, encor eune fin de chapitre frustrante... Je vous aurais prévenu :p

ENJOY


Le risque contrôlé

[Clarkie : Ray, je suis à l'hôpital GrandView, viens stp.]

*5 heures plus tôt*

Clarke avait tout fait pour éviter Time Square et plus particulièrement le restaurant de Lexa. Mais lorsque Niylah lui avait demandé de sortir en ville en amoureuses, elle n'avait pu refuser. Elle n'avait pas revu Lexa depuis 3 semaines, depuis leur seule et unique entrevue. Alors remettre les pieds sur Time Square, à moins d'un kilomètre du restaurant… Clarke n'était pas rassurée.

Elle avait tiré un trait sur Lexa, la page était tournée, elle était avec Niylah et heureuse. Mais si elle pouvait éviter de recroiser sa route, cela serait plus simple encore.

« T'es dans la lune ? » lança Niylah, main dans la main avec Clarke

« Hm non je… Je vais bien. »

La jolie blonde se blottit un peu plus contre Clarke et l'embrassa sur la joue « Je t'aime, tu le sais ça ? »

« Hm je crois oui. » sourit Clarke

Et alors qu'elle contemplait sa compagne, totalement dans sa bulle, cette dernière éclata aux sons des sirènes d'une ambulance qui traçait tout droit son chemin, fendant la rue, zigzagant entre les voitures. D'abord, curieuse, elle suivit du regard l'ambulance puis se figea soudain en voyant cette dernière se garer en tout hâte sur le bas coté, devant quelques commerces dont… Le restaurant de Lexa.

Son regard ne put vaquer ailleurs : elle se demandait si…

Quelques ambulanciers jaillirent du véhicule avant de courir vers un commerce.

« Il se passe quoi ? » demanda Niylah, curieuse

« J'en sas rien, on dirait… »

Mais elle se tut en entendant des badauds dire qu'un accident était arrivé au restaurant le Sixties… Soudain, Clarke se figea : le Sixties ? Sans s'en rendre compte, elle hâta le pas et se retrouva, en quelques secondes, devant la devanture du resto.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demanda-t-elle impatiente

Un badaud lui répondit sans vraiment la regarder « Un problème en cuisine, un retour de feu, si j'ai bien compris. Il y a plusieurs blessés… »

Clarke déglutit difficilement et étira son cou pour essayer de voir au-delà de la foule. Et finalement, un brancard sortit, une femme allongée dessus, visiblement inconsciente.

« Lexa … » soupira Clarke en voyant la jeune femme allongée, les yeux clos.

« Tu la connais ? » s'interrogea Niylah

« C'est … Une connaissance. »

Clarke regarda le brancard s'engouffrer dans l'ambulance, puis deux cuistots suivirent, à pieds, l'un se tenant le bras et l'autre la tête.

Sans vraiment réfléchir, Clarke poussa les gens pour arriver à leur hauteur « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Un des commis se tourna vers elle, visiblement sonné, et balbutia « Un… Le four a explosé … On a rien compris… »

« Et Lexa ? »

« Lexa… Elle était devant le four, elle … » il souffla alors avant qu'un ambulancier ne le conduise dans le véhicule.

Niylah sentit sa compagne fébrile. Elle n'avait pas souvenir que Clarke lui ait déjà parlé un jour d'une certaine Lexa, et encore moins du fait qu'elle travaillait sur Time Square.

« Hey, tu veux qu'on suive l'ambulance ? »

« Quoi ? Oh non, non c'est juste que… »

« Clarke, allons-y, ça ne nous coute rien. »

« Mais notre sortie… »

« On pourra en faire une autre plus tard. Si tu t'inquiète pour ton amie, on peut… »

« … Ce n'est pas mon amie ! » argua de suite Clarke, surprenant Niylah

« Pardon je… »

« Non, c'est moi, je suis… tendue. » souffla Clarke, presque énervée de ressentir cela. Car oui, ce qu'elle ressentait à ce moment précis était complètement indépendant de sa volonté : de voir Lexa allongée sur ce brancard la ramena 6 ans plus tôt.

Elle ne devrait pas autant s'inquiéter, après tout Lexa n'était plus qu'un pan de son passé… Et pourtant la revoir sur ce brancard, comme elle avait pu la voir dans ce lit d'hôpital… Cela la chamboula bien plus.

« Allez, viens on y va. » insista Niylah en tirant Clarke par la main.

La jeune femme ne pipa mot durant le trajet, complètement hors du temps, comme si sa vie se passait devant elle sans qu'elle ne puisse rien y faire. Et quand elle reprit connaissance, ce ne fut que pour se rendre compte que Niylah venait de se garer devant l'hôpital.

« Niylah ? »

« Au moins pour s'assurer qu'elle va bien, ok ? »

Clarke aurait voulu lui crier dessus, lui dire de démarrer la voiture, de faire demi-tour mais au lieu de cela, elle opina, sortit de la voiture et suivit Niylah jusqu'au comptoir d'accueil. C'est d'ailleurs elle qui parla en premier, Clarke se contentant de rester en retrait, la panique l'envahissant petit à petit : et si Lexa était consciente et la voyait à son chevet ? Se ferait-elle des idées ? Que pourraient-elles se dire ?

« Clarke ? Elle est à l'étage. »

« O… Ok. »

Main dans la main, elles s'engouffrèrent dans l'ascenseur, et Niylah sentit une certaine tension de la part de sa compagne. Pourtant, Clarke ne lui avait jamais parlé d'une amie tenant un restaurant sur Time Square… Etait-ce vraiment des amies ? Simples connaissances ?

« Hey, je suis sûre qu'elle va bien. »

« Oui j'en suis sûre aussi… » lui sourit-elle

Et quand les portes s'ouvrirent, l'air manqua presque à Clarke. Elle suivit Niylah comme un geste automatique et finalement, lorsqu'elle arriva devant une porte de chambre, elle se stoppa.

« Clarke ? »

« Je … Elle n'est peut-être pas … »

Mais à ce moment-là, le téléphone de sa compagne sonna « Excuse-moi… Oui ? » Niylah s'éloigna de quelques mètres puis revint après avoir raccroché « Clarke, je dois y aller, y'a un problème avec une des statue que je restaure. »

« Oh ? ok on... »

« Non, reste ici. Si je finis à temps, je reviendrais te chercher. »

« Mais… »

« Ou tu peux appeler Ray non ? C'est pas son jour de repos ? »

Clarke resta muette, totalement dépassée par les événements : comment lui expliquer qu'après la tête qu'elle avait fait en voyant l'ambulance, elle veuille parti d'ici sans avoir pris des nouvelles de son « amie ».

« O… Ok… »

« Je t'aime, tiens-moi au courant ! »

Niylah l'embrassa tendrement alors avant de partir et disparaitre dans un ascenseur, laissant Clarke totalement dépourvue.

Une fois seule, Clarke vaqua son regard dans le couloir avant qu'une infirmière ne pose sa main sur son bras « Mademoiselle, ça va ? »

« Je euh… Je suis là pour … Lexa Wood. »

« Lexa Wood ? »

« Elle vient d'être amenée ici… »

« Oh oui, l'explosion du four. Elle est à la chambre 13. »

Mais avant que l'infirmière ne reparte, Clarke l'agrippa doucement « Comment va-t-elle ? »

« Elle a de légères coupures sur le visage dû aux débris de l'explosion, et des brûlures aux mains et bras, mais rien de bien méchant, elle devrait sortir sous peu. » lui sourit-elle avant de s'éloigner.

Téléphone en main, Clarke était prête à appeler Raven pour qu'elle vienne la sortir de cet enfer… Mais quelque chose, peut-être une curiosité malsaine, la poussa à attendre, à rester… à se diriger vers la chambre 13.

Elle passa la tête par la vitre donnant à l'intérieur de la chambre et se figea en voyant Lexa, assise au bord du lit, se faisant poser des bandages sur son bras droit. Elle portait, sur son visage, les stigmates de l'explosion : des coupures sur les joues, le front, de petites plaies dans son cou… Mais rien, semblait-il, qui ne puisse mettre sa vie en danger.

Elle prit alors son téléphone et composa un message à Raven pour que cette dernière vienne la chercher. Après une cette réponse qui appelait déjà des centaines de questions de la part de son amie, Clarke décida de s'éloigner de la chambre, par peur de croiser Lexa.

Elle descendit alors dans le hall de l'entrée et se posa sur un des fauteuils avant de surfer sur Internet sur son téléphone. Au bout de 10 minutes, une voix retentit et la fit frissonner :

« Clarke ? »

La jolie blonde releva le nez et son regard atterrit directement dans le vert émeraude des yeux de Lexa. Elle blêmit alors et serra son téléphone dans sa main. Elle ne prononça aucun mot, de toute manière aucun ne voulait sortir, et elle resta là, immobile, les yeux écarquillés de surprise.

« Pourquoi tu es là ? Quelque chose ne va pas ? » Clarke nota une petite pointe d'inquiétude dans sa voix. Elle lui fit 'non' de la tête « Alors, c'est Raven ? »

« No… Non, non. » balbutia-t-elle « Je… »

Elle aurait voulu mentir, lui dire qu'elle était là pour n'importe qui, pour de simples examens, peu importe, mais la seule chose qui sortit d'entre ses lèvres fut la vérité « Je … J'ai vu l'ambulance devant ton restaurant… Et des gens parler d'une explosion. »

« Oh… » Lexa comprit soudain que la jeune femme s'était inquiétée pour elle. Elle réprima un petit sourire de satisfaction avant de baisser les yeux en toute humilité « Merci beaucoup. »

« T'as rien de grave, c'est déjà ça… »

« Oui, seulement des brulures légères, quelques bleus et coupures. J'ai eu beaucoup de chance… Enfin c'est ce qu'on dit les médecins. »

« Que s'est-il passé ? »

« Un de mes fours encrassés… Il a explosé mais sans grands dégâts. Mes cuisines sont prêtes à fonctionner de nouveau. » sourit-elle

Clarke sourit à son tour, ne sachant pas vraiment pourquoi. Puis un petit moment de silence s'installa, les deux jeunes femmes restant immobiles l'une en face de l'autre.

« Raven vient me chercher. » lança soudain Clarke

« Oh bien… Moi je retourne au resto. » sourit Lexa « Bon… Je…Merci d'être passée, vraiment. »

Lexa lui sourit une dernière fois avant de s'éloigner, mais, comme si une force invisible la poussait, Clarke se leva et l'alpagua « Lexa je… »

La jolie brune se retourna alors « Oui ? »

« Je… J'ai quelqu'un. »

Mais pourquoi avait-elle lâché cela comme ça à cet instant précis ? Quand elle vit la déception dans les yeux de Lexa, ce n'était guère de la satisfaction qu'elle ressentit.

« Oh… C'est… C'est bien. Tu mérites d'être heureuse. » Elle fit une petite pause avant de la fixer droit dans les yeux « J'aurais aimé être cette personne, mais j'ai tout foiré à l'époque. » elle sourit tristement avant de soupirer « J'ai loupé le coche et je m'en suis très longtemps voulu… Encore maintenant. Si tu es heureuse à présent, alors… C'est que tu le mérites bien plus que moi. » Elle s'approcha alors de Clarke et lui prit la main « Je sais que tu te fous de mes excuses, et tu aurais raison, mais… Je suis désolée. Plus d'une fois j'ai failli revenir mais, par fierté ou par peur, j'en sais rien, je n'ais pas pu. Alors, si aujourd'hui, tu souris grâce à une autre personne que moi, j'en suis sincèrement contente pour toi… »

« Tu parles comme si tu allais rester seule toute ta vie. »

« Et ça ne serait que justice, tu ne trouves pas ? » ironisa-t-elle « Peut-être rencontrerais-je un jour quelqu'un… Mais il ne sera pas toi, c'est certain. » Elle lui lâcha la main alors et s'éloigna

« T'as pas le droit ! » lança avec véhémence Clarke, ce qui figea Lexa « T'as pas droit de dire un truc pareil ! T'as perdu ce droit y'a 6 ans déjà ! » Lexa se raidit alors, fixant Clarke tandis que cette dernière s'avança presque menaçante « Tu peux pas me dire que tu tiens encore à moi, pas après tout ce que tu m'as fais, tout ce que j'ai subi. Alors oui j'ai quelqu'un aujourd'hui et je suis heureuse et surtout bien décidé à ne jamais la faire souffrir comme toi tu as pu le faire. »

Cette phrase brisa le cœur de Lexa, mais ce n'était que justice, elle méritait bien pire à vrai dire. Elle baissa le regard et sourit tristement « Je comprends… »

Clarke inspira et expira bruyamment comme si elle venait de faire un marathon : tant de colère, de rancœur, d'amertume et de frustration en elle qu'elle devait expulser.

« Je t'aimais tu sais… Comme jamais je n'avais aimé quelqu'un… Et certainement comme jamais je n'aimerais plus personne. Tu m'as tant donné et tant repris à la fois, et ma malédiction restera de ne plus avoir confiance, plus jamais. Et à cause de ça, je ne pourrais plus me donner entièrement à quelqu'un… Tout ça à cause de toi. »

Toutes ces accusations tombèrent sur les épaules de Lexa comme une pluie battante et cinglante. Elle ne broncha pas, accumulant ces reproches comme elle pouvait. Les larmes de Clarke envahirent les yeux de cette dernière.

« Je te déteste Lexa, pour ce que tu m'as fais et ce que tu me fais encore sans même t'en rendre compte. »

Soudain Lexa se redressa et fit un pas en avant, réduisant l'espace entre elle et Clarke d'un mètre « Alors, si c'est vraiment le cas… Sois franche Clarke, et dis-moi ce que tu fais réellement là. »

Prise au dépourvu, Clarke vacilla quelques secondes avant de reprendre constance « Je te l'ais dis, ce n'était que de la curiosité et… »

« … Tu mens. Et c'est la raison principale à cause de laquelle tu n'avances pas : parce que tu tiens encore à moi. »

Clarke était assommée « Comment tu peux croire ça… Je ne t'aime plus. »

« Je n'ais jamais dis le contraire… Mais tu tiens encore à moi. Et c'est pourquoi tu n'arrives pas à tourner la page, pourquoi tu ne peux aimer quelqu'un d'autre comme tu m'as aimé, pourquoi tu es là dans cet hôpital. »

« … »

« Je n'attends rien, je ne prends pas cela comme une petite victoire personnelle. Je t'ais gâché la vie, et je continue encore sans même le vouloir. Et j'en suis désolée. Mais je ne peux plus rien faire à présent pour toi, si toi-même tu n'es pas franche envers toi-même. »

« Lexa… »

« Tu ne m'aimes plus, je l'accepte. Tu as quelqu'un d'autre dans ta vie, je l'accepte, mais moi j'ai au moins l'honnêteté de te dire que je t'aime encore. Mais je ne ferais rien, parce que, quoique tu en penses, je te respecte assez pour disparaitre et te laisser. »

« … » Clarke ne savait plus quoi dire ou faire, totalement déstabilisée par Lexa.

« Tu sais où me trouver si tu veux me voir ou me parler. Comme je te l'ais dis, j'ai bien trop de respect pour toi pour briser quoique ce soit dans ta vie maintenant… »

Sur ce, elle recula puis se tourna avant de sortir sans un regard en arrière. Ce n'est qu'après quelques secondes de flottement que Clarke se rendit compte que Raven était devant elle « Hey, ça va ? »

« Ray… Je suis paumée… »

« Mouais j'imagine que cela à avoir avec Lexa qui vient de sortir huh… » et devant l'air surpris de Clarke, Raven sourit « On va avoir une belle conversation toi et moi, allez on rentre. »


Clarke tournait encore et encore sa cuillère dans son café, remuant le nuage de lait… Raven attendait patiemment que son amie se livre, mais son mutisme la poussa alors à la secouer un peu « Bon… Tu te décides où on commence l'interrogatoire ? »

Clarke soupira alors et laissa la cuillère dans la tasse « On était sur Time Square et… »

« On ? »

« Niylah et moi. On se promenait et on a croisé une ambulance qui s'est arrêtée juste devant le restaurant de Lexa. En s'approchant, on a entendu que le four avait explosé, qu'il y avait des blessés… Puis un brancard est passé avec Lexa dessus et… »

« … Tu as décidé d'y aller… »

« Pas moi, Niylah. Elle a vu mon air inquiet. Quand elle m'a demandé si je la connaissais, je lui ais dis que c'était une connaissance … Elle a voulu aller à l'hôpital… Mais on l'a appelé pour ton travail, alors elle m'a laissé là-bas… »

« C'est là que tu m'as envoyé ce message. J'ai flippé tu sais, j'ai cru que… »

« Ne t'inquiète pas, j'ai pas l'intention de refaire les mêmes conneries. » lui assura-t-elle d'un sourire qui se voulait rassurant mais que Raven avait su dépasser plus d'une fois tant les talents de Clarke pour la dissimilation étaient étendus.

« Mouais… »

« J'ai failli foutre ma vie en l'air pour elle une fois, pas deux. »

« Qu'est-ce que tu foutais dans cet hosto… » soupira Raven, tentant de comprendre les agissements de son amie

« J'en sais rien… J'ai… Je sais pas. »

« Tu as eu peur pour elle hein ? »

« … »

« Hey, tu as le droit. Tu as le droit de ressentir encore ce genre de choses pour elle. C'est pas interdit. »

« Ca devrait pourtant. Après tout ce qu'elle m'a fait, tout ce que j'ai traversé par sa faute. Je devrais même avoir oublié son prénom ! »

« Mais c'est pas le cas… »

« J'aime Niylah… »

« J'ai jamais dis le contraire. »

« Ca veut dire quoi alors ? Que je me mens à moi-même ? Encore ? J'ai pas envie de faire souffrir Niylah, pas après ce que moi j'ai vécu… Elle mérite pas ça. »

« T'as envie de la quitter ? »

« Non, bien sur que non. »

« Alors la question est réglée. Mai je crois sincèrement que tu devrais avoir une discussion avec elle concernant Lexa. Ca t'enlèvera un poids, et ensuite, elle pourra enfin se sentir concernée sans se sentir mise de coté sur une partie de ta vie. Car mis à part ta mère et moi, personne ne sait… Et je pense que, si c'est du sérieux avec Niylah, elle mérite de savoir pour que tu puisses avancer, que vous puissiez avancer toutes les deux. »

Les paroles pleines de sagesse de Raven redonnèrent du baume au cœur de Clarke qui l'enlaça un long moment avant de s'allonger, à ses cotés, sur son lit, toutes les deux yeux rivés sur le plafond.

« Tu parles quand même d'un coup du sort, sérieux… Y'avait une chance sur combien… » souffla Raven

« J'en sais rien. Si c'est le destin, il se fout vraiment de moi… »

« Peut-être que… Ca bouclerait la boucle, tu vois. Finir ce que vous avez commencé. Terminer cette histoire proprement pour repartir sur des bases saines, tu penses pas ? »

« J'en sais rien. Je vais appeler Niylah pour qu'elle vienne ce soir… »

« Tu veux en finir ? »

« Je veux juste qu'elle me fasse confiance, qu'elle puisse m'aimer en toute connaissance de cause. »

« Même si ton ex vit dans ta ville et bosse à quelques kilomètres de toi ? » irona Ray

« Ca n'a aucune importance, plus maintenant. Je veux juste qu'elle soit plus proche de moi, quitte à ce qu'elle ait peur… Ca sera mon rôle de la rassurer. »

« Ca ne pourra vous faire que du bien. » sourit Raven


Niylah sentait sa compagne tendue… Bien sur, c'était souvent le cas, elle pouvait le constater, mais là quelque chose semblait peser sur les épaules de Clarke. Comment aborder le sujet sans la vexer ou paraitre trop pressante et curieuse ? Elle n'eut pas à répondre à cette question, Clarke se lança la première.

« Il faut que je te parle… »

« Oh oh, j'aime pas ce genre d'amorce … »

« Quoi ? Oh non, ça n'a rien à voir avec… ce que tu crois que c'est ! »

« Oh ok… Alors, je t'écoute, qu'est-ce qu'il se passe ? »

Clarke tremblait presque : par ou et par quoi commencer ?! Elle inspira profondément et se lança :

« Tu… Tu sais que j'ai un passé compliqué… Très compliqué. »

« Oui je sais. »

« En fait, je ne t'ais jamais vraiment dis l'entière vérité. » Elle fit une courte pause, et remercia silencieusement Niylah de respecter son temps « Je… Quand j'étais à Polis, j'ai vécu une courte mais intense relation… Avec une fille. On s'aimait… Je l'aimais comme jamais je n'avais aimé avant. Mais elle m'a quitté assez… rudement. J'en ais souffert, énormément souffert. »

« Je sais, tu m'as dis tout ça. »

« Ce que je ne t'ais jamais dis, ce dont je n'ais parlé à personne et seulement ma mère et Raven sont au courant c'est que… J'étais vraiment mal, je m'autodétruisais… J'enchainais connerie sur connerie… Et au final, un soir, j'ai franchi un point de non-retour. »

N'osant pas demander de quoi il s'agissait, Niylah resta pourtant pendue aux lèvres de Clarke, attendant fébrilement mais avec angoisse, la suite du récit.

« J'ai fais une tentative de suicide… » lâcha enfin Clarke, comme une libération, un cri du cœur qui ne demandait qu'à sortir depuis tant d'années. Elle n'avait jamais évoqué le suicide avec d'autres que sa meilleure amie ou sa mère, c'était donc assez étrange de prononcer ces mots devant sa compagne. Elle avait tellement peur d'un jugement, d'un regard entre pitié et peur. Elle eut peur de relever le visage et de lire une chose qu'elle ne souhaitait pas voir sur le visage de sa compagne. Alors elle hésita avant de sentir la main de Niylah se glisser dans la sienne. Clarke se redressa et fut presque surprise de voir sa petite amie avec un léger sourire aux lèvres, exerçant quelques pressions, l'incitant à continuer son récit.

« Raven et ma mère m'ont sauvé, littéralement… Elles m'ont soutenu, elles ont même mis leur propre vie entre parenthèses pour s'occuper de moi. J'ai… J'ai été internée quelques mois pour être soignée, et quand je suis sortie… Je me devais d'avancer, pour elles, pour tout ce qu'elles m'avaient apporté. Et j'ai réussi. J'ai réussi à rattraper mon retard, à me dépasser… »

« Et tu t'es enfuie en Europe. » sourit Niylah qui commençait enfin à comprendre.

« Polis me rappelait trop de choses, bonnes et mauvaises, et je sentais que, pour avancer, je devais partir loin. J'ai eu cette opportunité à Milan, que j'ai saisi, puis à Paris… Et puis toi. »

Leurs doigts s'entrelacèrent alors et elles se sourirent

« Je t'aime Clarke, pourquoi as-tu attendu si longtemps ? Tu n'avais pas assez confiance en moi ? »

Ce n'était ni une accusation, ni un reproche, juste l'envie de comprendre et Clarke le comprit. La suite du récit serait plus compliquée, elle le sentait.

« Cette partie de ma vie a longtemps été douloureuse, trop douloureuse… Même y repenser… J'avais peur de retomber dans mes travers et que mes vieux démons me submergent. Mais tu es apparue… J'ai eu peur, j'avoue, de me laisser tenter pour être encore une fois déçue… Mais… Tu as été parfaite : patiente, douce, attentive, même sur des points que tu ne connaissais pas, tu n'as jamais essayé de me bousculer en étant trop curieuse. Tu es une des rares qui a su lire en moi avec tant de facilité… »

Niylah s'approcha alors et caressa sa joue « Je crois que j'ai eu le coup de foudre pour toi le jour où tu es sortie de cette galerie, tes tableaux sous le bras, une trace de peinture bleue sur la joue. Tu semblais exténuée, désespérée… Et pourtant, tu étais la plus belle chose que j'ai eu l'occasion de voir… J'ai prié le lendemain pour te voir revenir. Et quand j'ai compris que tu travaillais juste en face de moi… J'ai bénis le ciel. Jusqu'à ce que j'ose t'aborder. » sourit-elle mutinement

« Et tu as bien fais. Tu m'as aidé à reprendre confiance en moi, en l'amour. A me dire que je pouvais partager de nouveau quelque chose… Que tout n'était pas que déception et peine. »

« Mais il me manquait une partie du puzzle. Je comprends enfin, et je t'en remercie. »

Clarke perdit son sourire alors et baissa le regard « En fait… Il y a une raison pour laquelle je te confie cela aujourd'hui. »

« Laquelle ? »

« Je… Je ne t'ais pas tout dis… »

« A propos de quoi ? »

« De ce matin… Tu sais, l'accident au restau… »

« Oh oui, au fait, comment va ton amie ? J'ai été débordée, et je n'ais même pas eu le temps de te le demander ! »

Clarke se crispa alors « Je te t'ais jamais parlé de cette fille qui m'a tant fait souffrir par le passé. » Niylah fronça les sourcils, se demandant où voulait en venir Clarke, mais s'abstint de tout commentaire, préférant laisser à Clarke le loisir de s'expliquer « Elle … Elle jouait au basket, c'était une, non LA meilleure joueuse de Polis. On… On a eu un accident de voiture. Je m'en suis sortie avec quelques contusions et cette cicatrice. » lança-t-elle en pointant de son index sa cicatrice en étoile près de l'œil. Elle se disait que le jour où Clarke voudrait en parler, elle le ferait. Il fallait croire que ce jour était arrivé.

« Elle… Elle a eu le genou, la jambe abîmée… Avec de lourdes séquelles qui la condamnèrent à s'éloigner des terrains à vie. Elle l'a mal vécu, elle a tout rejeté en bloc, moi y compris. Notre relation était devenue un poids pour elle, trop douloureuse pour elle. Alors elle m'a quitté… »

« Clarke… »

« Cette fille, je l'aimais plus que tout et elle venait d'envoyer des mois de relation à la poubelle, en un claquement de doigts. Elle a quitté Polis sans me laisser le temps de comprendre… Je l'ais mal vécu… »

« Clarke ? »

« Elle… Cette fille, elle s'appelait… Lexa. »

Niylah s'apprêtait une nouvelle fois à appeler sa compagne, lorsqu'elle s'abstint, se figea à l'entente de ce nom « Lexa ? » Pourquoi ce nom lui était si familier… Elle réfléchit deux secondes avant d'écarquiller les yeux « Lexa… » souffla-t-elle en ce rendant enfin compte

« Je… Je ne t'ais pas dis toute la vérité. Y'a un mois, j'ai mangé avec des collègues qui m'ont emmené dans un resto. C'est là que je l'ais revu après toutes ces années. »

« Qu'as-tu fais ? » Clarke sentait le ton de Niylah quelque peu fébrile, à la limite de l'inquisition et de l'impatience

« Je me suis enfuie, mais elle m'a vu… »

« Et ensuite ? »

« Quelques jours plus tard, je suis revenue et… J'ai mis cartes sur table. Je lui ais dis que c'était fini, que je l'avais sortie de ma vie… Et je suis partie dans l'objectif de ne jamais la revoir… Jusqu'à ce matin. »

Niylah était étonnée, mais aussi en colère, mais surtout tellement blasée « C'est en partie ma faute si tu l'as revue en fait. Je t'ais poussé à la suivre à l'hôpital… »

« Tu ne pouvais pas savoir, et j'ai été prise tellement au dépourvu que je n'ais pas su te dire de quoi il en retournait. »

Niylah pensa alors à ce que venait de lui avouer Clarke : sa haine envers cette femme qui lui avait brisé le cœur à l'université, qui l'avait plongé dans les abîmes d'une noirceur qui lui était jusqu'alors inconnue. Puis elle se souvint de son regard ce matin, ce regard inquiet… Qui pouvait tenir ce genre de discours envers quelqu'un et être dans un tel état ?

« Clarke… »

« Je lui ais parlé à l'hôpital… Je lui ais dis que j'avais trouvé quelqu'un, que je t'aimais… »

« Qu'a-t-elle dis ? »

Devait-elle le lui dire ? Devait-elle lui avouer cette semi-déclaration de la part de Lexa ? Qu'est-ce que cela leur apporterait si ce n'était une tension inutile dans leur couple

« Que je méritais d'être heureuse. » furent ses seules mots avant de se lever et de se tourner vers une Niylah qui ne la lâchait pas du regard « Et je le suis Niylah, vraiment. Je suis heureuse avec toi, je n'ais aucun doute. Au contraire, la revoir m'a confirmé que mon passé était définitivement derrière moi. »

« Vraiment ? »

« Vraiment. »

« Mais ce regard quand tu l'as vu sortir sur un brancard… Ce regard me prouve que malgré tout le ressentiment que tu as pour elle et ce qu'elle t'a fait, tu sembles encore affectée de sa santé. »

Là encore, aucun reproche ni accusation… Niylah était calme, simplement prête à faire la lumière sur ce pan de son passé que Clarke lui avait caché depuis si longtemps.

« Je… Je n'en sais rien… »

Et cette réponse faisait écho à ce qu'elle avait déjà répondu à Lexa et Raven à cette même question.

« Elle a fait partie de ton passé, même avec les années, il est difficile de se défaire d'un ancien amour. Je veux dire, moi aussi je pourrais m'inquiéter pour une ex en difficulté… Ca ne veut pas pour autant dire que je l'aime encore. Ca veut juste dire que j'ai pris assez de recul pour mettre les choses au clair et faire la part des choses. Je suppose que c'est pareil pour toi, non ? »

Clarke lui sourit alors avant de la forcer à se lever à son tour, et la serra dans ses bras, soufflant contre sa nuque « Je t'aime… »

Niylah aurait voulu répondre, mais elle préféra poser ses lèvres sur son front, tout en ayant une petite inquiétude au fond d'elle. Lexa était de retour… Dans la vie de Clarke, et malgré tout ce que pourrait dire la jolie blonde, Niylah n'était pas dupe : il était certain que ce ne serait pas la dernière fois qu'elle entendrait parler d'elle.


Lexa s'affairait en cuisine comme jamais. Handicapée par sa main brûlée, elle déléguait beaucoup à Gustus, son fidèle bras droit depuis l'ouverture du restaurant. Elle détestait se sentir diminuée et cela faisait des années… Elle avait tant lutté durant des mois, tant souffert… Et aujourd'hui, la voilà de nouveau affaiblie sur son propre terrain.

« Hey Lexa, relax… Les médecins ont dit que tu avais eu de la chance… Au pire, tu vas en avoir pour 2 semaines, c'est rien. »

Lexa sourit péniblement : deux semaines s'étaient déjà le bout du monde pour elle, mais elle s'abstiendrait de tout commentaire. Elle préféra continuer à peiner sur la découpe de ses concombres, ce qui amusa Gustus qui lui donna un coup d'épaule avant de s'éloigner, ce qui fit sourire légèrement Lexa.

« Hey patronne, j'ai besoin d'aide au comptoir : 3 clients et 2 en barista. »

« J'y vais. »

Au moins, elle servait à quelque chose, pensa-t-elle en remettant son tablier correctement avant de relever le visage et sourire au premier client « Bonjour, que souhaitez-vous ? »

« Un latte s'il vous plait, sans supplément. »

« Votre nom ? »

« Daniel. »

Lexa écrivit sur le gobelet en carton avant de s'exécuter et de passer au client suivant, une jeune femme assez grande au visage semblant sévère.

« Bonjour. » sourit Lexa

« Bonjour. »

« Que puis-je vous servir ? »

« Un grand chocolat, supplément chantilly. »

« Parfait, votre prénom ? »

« … »

« Madame ? »

« Niylah. »

TBC