Hi friends ! What's up ?
Alors alors ... Un petit Lexa vs Niylah... Qui va gagner ? Que va faire Niylah ?
Niylah vous apparait symapthique depuis quelques chapitres, est-ce que cela sera la même chose à la fin de ce chapitre, ça, ça reste à voir ... :p
Beaucoup de choses dans ce chapitre : du clexa, du Niylarke, le retour d'un perso et ses conseils avisés...
Tout cela et plus encore dans ce chapitre..
ENJOY
Echec et mat
« Niylah » répondit la jeune femme solennellement
« Houlà, une orthographe précise ? »
« Mettez simplement Nia. »
Lexa s'exécuta alors avant de lui sourire « C'est de quelle origine ? C'est étrange. »
« Suédoise. »
« Oh tout s'explique. »
« Et vous, vous êtes ? »
Lexa haussa un sourcil, étonnée : se ferait-elle draguée par une cliente ? Cela lui arrivait si souvent depuis qu'elle s'était implantée à New-York.
Elle sourit « Lexa. »
« Un diminutif ? »
« Non, juste Lexa. »
« Vous bossez ici depuis longtemps ? »
« Ce restaurant m'appartient. »
Niylah fut presque surprise : à entendre Clarke, Lexa après son accident était au 36ième dessous et avait peine à revenir à flot. Il fallait croire qu'elle avait su bien rebondir.
« Bravo, belle réussite. »
Elles échangèrent un sourire avant que le regard de Niylah soit attiré par les peintures aux murs. Elle fronça les sourcils « C'est vous ? » lança-t-elle en pointant la peinture d'une silhouette jouant au basket
« Oui. Il y a une éternité maintenant. »
« Elles sont magnifiques… Elles sont de vous ? »
« Oh non, je n'ais aucun talent pour le dessin… C'est… Une connaissance qui les a faites. »
Niylah scruta la moindre réaction sur le visage de Lexa et ce qu'il vit ne lui plu absolument pas : un léger sourire se dessinait sur ses lèvres en évoquant indirectement Clarke, car Niylah le savait, c'était d'elle dont elle parlait. Elle ne connaissait que trop bien ce tracé, ce trait fin et précis… Elle en avait regardé et admiré des peintures de Clarke, elle aurait pu les reconnaitre entre mille.
« C'est… Une connaissance bien charitable. Vous jouez au basket ? »
« Jouais. Je jouais oui. A l'université, mais j'ai arrêté. »
Son sourire s'effaça alors et Niylah aurait presque pu ressentir de la satisfaction à la voir changer d'attitude. Mais elle devait bien reconnaitre que la jeune femme avait un charme indéniable : une longue crinière brune, de grands yeux émeraude, une mâchoire dessinée au fusain, une prestance qui devait vraisemblablement être impressionnante sur les terrains.
Elle aurait pu se sentir fautive de lui rappeler tant de souvenirs douloureux, mais elle voulait se venger… Clarke était distraite par ce retour inopiné et elle avait peur que, tel le sable entre les doigts, Clarke finisse par lui échapper. Le seul fait qu'elle s'inquiète pour Lexa était un indice, car même si elle avait elle-même avoué qu'elle pourrait s'inquiéter pour une ex, rien n'était moins sûr.
Lexa avait énormément compté pour Clarke, Niylah avait été témoin de son parcours du combattant pour lui faire regagner un tant soi peu d'estime d'elle-même, usant de patience et de délicatesse. Elle s'était toujours demandé qui était cette fille qui l'avait tant marqué au fer rouge, mettant sa peau à vif et dont elle avait eu peine à soigner.
A présent, elle pouvait enfin mettre non seulement un nom mais aussi un visage. Etait-elle déçue ? Satisfaite ? Sereine ? Elle n'en avait aucune idée, elle ne se rendait pas compte. Elle ne pensait qu'à Clarke et au fait que si cette Lexa savait qui elle avait vraiment en face d'elle, elle lui avouerait peut-être qu'elle aimait encore Clarke. Et il n'était pas question pour elle de la laisser de nouveau entre les griffes de cette femme qui l'avait fait tant souffrir. Elle avait travaillé trop dur pour quérir le cœur de sa compagne pour la voir s'envoler avec une autre, qui était non seulement une ex, mais aussi la cause de tout.
Elle ne voulait pas voir, pas croire, que ce sourire au coin de ses lèvres lorsqu'elle évoqua Clarke la dessinant, n'était pas autre chose que des réminiscences d'émotions, de sentiments… Et pas n'importe lesquels : de l'amour, de l'affection, de la tendresse, et plus encore… Du regret. Du regret d'avoir laissé Clarke partir, de l'avoir chassé de sa vie, de l'avoir fait tant souffrir. Mais c'était trop tard, elle avait eu sa chance, elle avait tenu dans ses mains ce diamant brut, et elle l'avait perdu.
Aujourd'hui Niylah n'avait aucune intention de laisser la moindre brèche où Lexa pourrait s'infiltrer.
« Vous êtes blessée ? »
« Oh… Juste un petit accident il y a quelques jours. Plus de peur que de mal. » sourit-elle en essayant de cacher son bandage à la main.
« Hm… »
« Tenez, votre chocolat. »
« Merci. »
« A bientôt. »
« Certainement. » lui sourit Niylah, bien décidée à ne pas en rester là.
Se reverraient-elles ? Niylah finirait-elle par avouer son identité ? Peu importait, car bientôt, elle en aurait fini avec cette histoire.
« Miss Griffin, votre travail nous comble tout à fait. »
C'était ainsi que sa journée commença. Il n'y avait pas de plus belle récompense qu'un patron couvrant d'éloges un de ses salariés. Clarke était fière : depuis son arrivée, il y avait plus de deux mois maintenant, elle avait enchainé quelques œuvres qui semblaient plaire au directeur de la galerie, qui avait décidé de les mettre dans le vernissage de sa nouvelle section.
« Vraiment ? C'est un honneur monsieur. »
« C'est mérité. Je me demande… Cet œuvre m'intrigue pourtant. Elle est plus noire que les autres, les traits sont plus gros… On dirait… »
« … Un cauchemar. » répondit Clarke « Cette peinture est… le symbole de l'impact d'un cauchemar. »
Le directeur s'approcha un peu plus et se gratta le menton, jugeant des traits complexes, tel un arbre mort dont les branches couraient comme des veines sombres, des tourbillons voguant entre elles. Rien à voir avec ces figures longilignes qu'elle traçait d'habitude.
« Intéressant. J'aimerais qu'elle soit au centre de la nouvelle salle. » conclut-il avant de quitter la pièce, laissant Clarke seule. Elle jeta un œil vers sa peinture et fronça les sourcils tristement : s'il savait vraiment à quoi correspondait cette peinture, peut-être y aurait-il pensé à deux fois avant de l'afficher…
« J'ai décroché mon premier vernissage new-yorkais. » lança Clarke fièrement en sortant de la cuisine pour servir Niylah et Raven.
« Wow ! Mais c'est génial ! » lança toute guillerette Raven « Une ovation pour l'artiste ! »
Niylah et elle tapèrent alors dans leurs mains, acclamant une Clarke dont les joues commençaient à rosirent.
« Stop, stop les filles… »
« Et ça sera quand ? »
« Dans une semaine si tout va bien. Vous aurez, bien évidemment, des invitations. Il est hors de question que je me retrouve seule. »
« Il est hors de question que tu y ailles seule, c'est clair ! » s'accorda Raven en jetant un coup d'œil entendu à Niylah, qui opina
Clarke sourit alors, rassurée que, pour cette grande première, elle puisse compter sur les deux personnes les plus importantes de sa vie actuelle, hormis, évidemment, sa mère. Elle était stressée mais aussi excitée : une nouvelle étape dans sa vie new-yorkaise allait être franchie, une nouvelle page allait se tourner.
Mais elle ne savait pas encore que tout cela prendrait un tour inattendu.
Elle n'aurait jamais pensé que son ami soit de ce genre là. Quand il lui avait proposé de venir avec lui parce qu'il avait une invitation supplémentaire, elle aurait pensé à tout, sauf à ça. Un concert de rock, un match de foot US, tout et n'importe quoi mais ça …
« T'es sérieux ? »
« Bah quoi ? J'ai une barbe alors obligatoirement, j'adore les tatouages en faisant des signes sataniques et en secouant la tête sur de la musique assourdissante ? » ironisa Gustus
« Bah ouais… »
« Bah… Désolé. Si t'as pas envie… »
« Si, si… Ca me changera de mes longues soirées devant la télé. » sourit Lexa
« Je comprends toujours pas comment une nana comme toi est célibataire… »
Lexa ne répondit qu'en haussant les épaules avant de suivre Gustus qui entra dans la galerie.
« Rappelle-moi comment tu as eu ces places ? »
« Un ami d'un ami… officiellement. »
Lexa ne put que sourire avant d'être attirée par quelques peintures dont les traits lui étaient étrangement familiers. Elle fronça les sourcils avant de s'approcher un peu plus : son cœur rata alors un battement : elle aurait pu reconnaitre ce coup de crayon entre mille.
Sa respiration s'accéléra alors et son regard vaqua un peu partout, presque apeurée de croiser Clarke. Que penserait-elle ? Qu'elle la suivait ? Pire, qu'elle la harcelait !
Puis son regard se porta sur une peinture atypique : plus noire, plus franche que les autres… Une sorte d'arbre morbide dont les branches s'entrelaçaient telles des doigts cadavériques. Il la fit frissonner.
« Wow, celui-là est plus dans mon style. » sourit Gustus.
« Lexa ? »
Elle aurait reconnu cette voix n'importe où. Et lorsqu'elle se retourna, elle vit une Clarke magnifique en longue robe noire, les cheveux en un chignon déstructuré, elle était sublime « Qu'est-ce que tu fais là ? »
« Oh euh, c'est pas ce que tu crois. Je… Voici Gustus. Il a eu des invitations et… »
« … Je l'ais invité. » sourit le grand gaillard qui tendit sa main vers Clarke « Gustus. »
« Clarke….Griffin. »
« Griffin ? Ces peintures sont de vous alors ?! Félicitations ! »
« Merci. »
« Clarke, je te cherchais part… » Niylah s'arrêta soudain et fixa Lexa, qui la fixa à son tour « Qui… Qui est-ce ? » feint-elle
« Oh euh… Niylah, je te présente… Lexa. » bredouilla la belle blonde qui n'imaginait pas une entrevue entre elles trois aussi vite et dans ces ciconstances.
Elles se fusillèrent du regard avant que Niylah ne tende sa main « On se connait non ? » s'interrogea Lexa
« Hm non, je n'en ais pas souvenir. » sourit difficilement Niylah
« Bon, je vais chercher des boissons, je reviens. » lança Gustus, sentant l'atmosphère s'électrisée
« Miss Griffin… Venez, j'aimerais vous présenter quelqu'un. » lança au loin le directeur de la galerie.
Clarke rechigna à laisser Lexa et Niylah ensemble, surtout maintenant que Niylah était au courant pour la jolie brune, mais elle n'eut pas le choix. Avant de s'éclipser, Niylah posa sa main sur son avant bras et l'embrassa tendrement sur les lèvres en lui glissant un mot doux que seule Clarke entendit, et qui la fit sourire, marquant ainsi explicitement son territoire aux yeux de la jolie brunette. Lexa se sentit soudain mal à l'aise :
« Niylah… Ce n'est pas commun comme nom. Je ne suis peut-être pas physionomiste, mais… Je me souviens de vous. »
« Effectivement. Très bon chocolat en passant. »
« Vous étiez venue pour juger la marchandise ? » ironisa Lexa
« En quelque sorte. Je ne sais pas ce que vous cherchez en venant ici, mais vous pouvez oublier. »
Lexa fut surprise de tant de véhémence de la part de la jeune femme « On dirait un chien protégeant son os… » gloussa-t-elle
« Clarke n'a rien d'un os. Mais s'il le faut, je sortirais les crocs. » Lexa se figea alors « Elle m'a tout dit. Tout ce qu'il s'était passé entre vous, ainsi que la manière dont ça s'était terminé. O combien elle a été dévastée… Il n'est pas question que cela recommence, je ferais en sorte que non en tout cas. »
« Et c'est tout à votre honneur. J'ai bien trop de considération pour Clarke pour la faire souffrir de nouveau et quoique vous pensiez, je suis heureuse qu'elle nage dans le bonheur en ce moment : regardez-la, elle est radieuse… Alors tant pis si ce n'est pas grâce à moi, l'important c'est qu'elle le soit. »
Puis Clarke revint alors que le téléphone de Niylah sonna « Je suis de retour ! »
« Désolée, je… je reviens. »
Niylah partit alors, laissant Clarke et Lexa, un lourd silence planant au dessus d'elle. Ce n'est qu'au bout de quelques secondes que Lexa le brisa « Cette peinture est différente des autres. »
« Oh oui c'est… spécial. »
« C'est flippant… Avec toute la considération artistique que je peux avoir. » sourit Lexa
« Ca représente un cauchemar… »
« Oh… Je vois. C'est moi c'est ça ? »
Clarke baissa le regard alors « Désolée… »
« Tu n'as pas à l'être. C'est assez… imagé. Malgré tout, il subsiste une pointe de couleur ça et là. » lança-t-elle en pointant de l'index quelques tâches rouges et jaunes de part et d'autres des branches
« Oui… Peut-être les réminiscences d'un passé révolu… Ou alors l'espoir d'une amitié future… Aucune idée. »
« Tu le penses vraiment ? »
« Quoi donc ? »
« Que toi et moi pourrions être amies plus tard ? »
« Je n'en sais rien. C'est compliqué. Niylah… »
« … Semble être une femme géniale. Elle t'aime, il n'y a aucun doute. » sourit tristement Lexa « Tu as l'opportunité d'avoir une seconde chance, et tu l'a saisis, et c'est tant mieux… Tu mérites d'être heureuse. »
« Je n'ais pas attendu ton approbation. »
« Je sais. » sourit Lexa « J'ai loupé ma chance… Tant pis pour moi. En tout cas, ces peintures sont une réussite, elles ont leur petit succès. Félicitations. »
« Merci. »
« Clarke… Je ne suis pas venue ici pour te harceler. Tu m'as bien fait comprendre que tu avais quelqu'un et que tu étais heureuse. C'est seulement un concours de circonstances et … »
« … Si dans un avenir proche ou lointain on envisage une quelconque amitié, t'excuser à chaque fois qu'on se croisera quelque part, n'est pas vraiment une bonne avancée. » lâcha d'un soupir Clarke, qui se détendit légèrement
Mais Lexa ne sourit pas en retour. Quelque chose la tourmentait, les paroles de Niylah résonnant en elle comme un sordide écho : elle était néfaste pour Clarke et sa reconstruction. Elle avait enfin trouvé une juste balance dans sa vie, et il n'était pas question qu'elle soit encore la cause des pleurs de Clarke.
« Je crois… Je crois qu'on ne devrait pas. »
« Pardon ? »
« Se revoir. En tout cas pour l'instant. »
Clarke fronça le regard « Oh … »
« Je ne t'ais apporté que malheur Clarke, et à présent que tu es heureuse, je n'ais pas envie de venir brouiller tout ça. »
« Tu ne m'as pas apporté que des malheurs… »
« Mais c'était dans une autre vie, un autre temps… Nous avons changé, nous avons évolué. »
« … »
« Je crois… Je crois que je suis incapable pour l'instant de t'imaginer heureuse avec une autre. » Clarke perdit son sourire alors et baissa le regard « Je n'ai pas envie de gâcher ton bonheur, car ça finira par arriver Clarke : tu es heureuse avec une autre. J'ai eu ma chance, et je l'ai loupé. Je m'en voudrais toute ma vie de ne pas avoir été celle qui te fais sourire, celle qui t'accompagne à tes vernissages, celle qui s'endormira et se réveillera à tes cotés. Une autre à cette chance. Et je dois dire que je mérite amplement les regrets qui m'assaillent aujourd'hui, c'est de ma faute, tout est de ma faute. »
« Alors… »
« Je crois qu'on devrait éviter de se voir pour un moment… Faire notre vie chacune de notre coté. Et quand nous serons vraiment prêtes… Nous nous reverrons. »
Clarke la fixa avant d'opiner « Tu as surement raison. »
Lexa sourit alors et leva sa main pour la poser sur la joue de la jeune femme, glissant ses doigts jusqu'à son oreille. Ce simple contact fit frissonner Clarke : elle n'avait pas senti la peau de Lexa contre la sienne depuis 6 ans, la sensation était étrange comme lorsqu'un souvenir nous revenait en mémoire après avoir senti une odeur particulière, cette sensation de « déjà vu ».
Elle ne put s'empêcher de fermer brièvement les yeux avant de sentir Lexa s'approcher. En quelques secondes, elle sentit ses lèvres sur sa joue, l'effleurer à peine, mais c'était bien suffisant à Clarke pour que son cœur s'emballe.
Et à quelques centimètres de son oreille, Lexa lui murmura « Sois heureuse Clarke… Adieu. » avant de s'éloigner.
Clarke fut surprise de sentir la froideur l'entourant lorsque la main de Lexa quitta sa peau. La jolie brune recula de quelques pas, un léger sourire dessiné sur les lèvres avant de se retourner et de retrouver Gustus. Après lui avoir glissé quelques mots, ils disparurent, laissant Clarke les bras ballants… Le tout sous le regard suspicieux de Niylah, qui serra la mâchoire.
Lexa pleurait, du moins, elle venait de pleurer, Gustus en était sûr. L'avantage d'avoir de grands yeux émeraude était que dès que Lexa pleurait, cela se voyait de suite. Et cela durait depuis plusieurs heures, plusieurs jours même… A vrai dire, depuis ce jour du vernissage, celui où son chemin croisa celui de cette belle blonde et avec qui, il le sentait, elle avait une connexion assez forte.
Il ne connaissait pas le passé de Lexa. Elle s'était pointée un beau matin, dans cet ancien resto délabré, tout sourire, en annonçant son intention de le racheter pour ouvrir le sien. Il avait été d'abord surpris, puis dubitatif devant ce petit bout de femme à la démarche étrange mais au regard fier et sûr de lui.
Il avait travaillé 5 ans auparavant avec l'ancien propriétaire, mais les choses avaient mal tourné et après quelques embrouilles et vols dans la caisse, le restaurant ferma. Gustus, qui avait son appartement au dessus, n'avait jamais quitté les lieux, espérant qu'un fou puisse reprendre cette place stratégique sur Time Square. Et quelques mois plus tard, Lexa se pointa avec ses projets qu'elle exposa à Gustus. Il la soutint alors et l'aida à reconstruire, décorer et ouvrir le restaurant. Il se proposa en chef et Lexa accepta. Ils s'étaient alors rapprochés, Gustus prodiguant ses conseils comme un grand-frère, car c'est ainsi, et uniquement ainsi qu'ils se voyaient.
Lexa avait mis carte sur table : elle était lesbienne et ne cherchait personne, préférant se pencher sur son restaurant pour qui elle vivait jour et nuit. Il l'avait vu passer des nuits blanches à plancher sur la déco ou encore le menu… Elle avait tout donné pour ce commerce, et, il en était certain, cette débauche d'énergie ne pouvait être du qu'à quelqu'un.
Il ne lui avait jamais demandé, il n'avait jamais été aussi inquisiteur, mais la curiosité l'avait souvent poussé à se demander… Jusqu'à ce vernissage. Lexa était forte mais pour la première fois, il trouva une faille dans sa carapace, en la personne de cette jolie blonde dont les peintures ressemblaient étrangement à celles accrochées dans son restaurant.
« Lex ? Ca va ? »
La jeune femme renifla et essuya ses yeux rapidement avant de se tourner vers Gustus et lui sourire « Hm oui, un peu fatiguée. »
« T'es pas obligée tu sais. »
« Obligée de quoi ? »
« De paraitre toujours aussi forte. » Lexa soupira alors « J'ai bien vu qu'elle t'avait chamboulé cette nana, cette artiste peintre… »
« … »
« Me dis rien : une ex ? »
Lexa sourit et lâcha un hoquet « Pas n'importe quelle ex… C'était… Mon amour de jeunesse. Et j'ai tout gâché. Aujourd'hui je l'ais perdu au profit d'une autre, et je m'en mords les doigts. »
« Tu as essayé de la récupérer ? »
« Tu comprends pas… Je l'ais fais souffrir. J'ai rompu comme jamais tu n'oserais rompre avec quelqu'un. Elle… Elle m'a détesté. »
« Et toi ? »
« A l'époque, je pensais que c'était ce qu'il y avait de mieux pour moi, pour nous… Non, juste pour moi. Tu vois… J'ai eu un accident de voiture il y a six ans, d'où le fait que je boite aujourd'hui. Cet accident m'a ruiné et a ruiné ma relation avec elle… J'étais en colère et perdue, je lui ais reproché des choses qu'à présent je regrette. Et je l'ais repoussé comme jamais quelqu'un ne devrait être repoussé. Et je suis partie. »
« Vous ne vous êtes jamais revues ? »
« Pas avant quelques mois, ici même. »
« Ca a du te faire un choc. »
Lexa sourit « Plutôt oui. Je ne l'ais jamais oublié. A la minute où je suis partie, j'ai regretté. Mais c'était trop tard… A l'époque, je pensais que c'était la meilleure chose à faire, j'étais trop fière pour faire marche arrière. Alors j'ai laissé courir, les mois ont passé, les années… Je me suis tournée vers d'autres objectifs uniquement en me souvenant de ses paroles… »
« Lesquelles ? »
« Comme quoi j'étais capable de bien des choses, que tout était ouvert, que l'avenir s'offrait à moi. Et j'y ais cru finalement et je me suis rattachée à cette conviction. Et finalement, j'ai trouvé une autre voie, une autre qui me convenait : la cuisine. Si je suis devenue ce que je suis aujourd'hui, si j'en suis là à présent… C'est grâce à elle, et en la foi qu'elle mettait en moi. »
« C'est une belle histoire… Mais je suppose que si tu pleures aujourd'hui c'est que le conte de fées se termine mal non ? »
« Ce qui devait arriver arriva : elle a fait sa vie de son coté, comme moi la mienne, mais à la différence de moi… Elle, elle a trouvé quelqu'un. »
« … oh… »
« Elle est heureuse aujourd'hui, elles ont des projets d'avenir, elle… elle a continué à vivre alors que moi, je me suis enfermée dans ma nostalgie. »
« Tu l'aimes encore ? »
« Je crois que je n'ais jamais cessé. Même lorsque je l'ais quitté, j'ai cru bien faire… Pour son bien. Mais finalement … Je n'ais cessé de penser à elle… Je crois n'avoir jamais aimé quelqu'un comme ça, et ne serais jamais capable d'aimer ainsi dans le futur. »
« C'est dingue ça… Tu sais qu'elle en pince encore pour toi ? Tu le sais ça ? »
Lexa gloussa « Mais oui certainement… Avec toutes les saloperies que je lui ais faites… Elle me déteste, à la limite, elle me tolère dans une même pièce. »
« T'as rien compris. Pour le peu que je vous ais vu ensemble, j'te le dis : elle craque encore pour toi. »
Lexa le fixa alors et pendant une fraction de seconde, elle le crut, avant de revoir Clarke et Niylah enlacées et tout sourire : Clarke avait tiré un trait sur son passé.
« Non Gus… Je crois que c'est fini. »
« C'est jamais fini. Tu sais ce qu'on dit : tant qu'il y a de la vie, y'a de l'espoir. »
Il lui caressa le menton de son pouce, geste affectif que Lexa avait appris à reconnaitre et apprécié. Se pouvait-il qu'il ait raison ? Que Clarke nourrisse pour elle encore quelque chose ? Autre que de la colère, de la haine et du dégout ? Elle n'osait y croire, elle ne pouvait y croire. Et quand bien même … Elle avait encore en mémoire l'avertissement de Niylah : cette femme aimait sincèrement Clarke et la défendrait bec et ongles. Menaçante, elle lui avait fait bien comprendre qu'elle ne lâcherait pas Clarke. Comment lui en vouloir ? Clarke était une belle femme, intelligente, talentueuse et aimante, elle était parfaite. Qui voudrait vraiment la quitter ? Elle avait été assez folle de le faire, et à présent, elle s'en mordrait les doigts jusqu'à la fin de ses jours.
Si elle avait pu remonter le temps, elle aurait évidemment fait différemment : elles auraient peut-être traversé quelques orages, mais elles l'auraient fait ensemble. Peut-être même que Clarke l'aurait encouragé dans sa démarche professionnelle, elle l'aurait aidé à trouvé un local, à monter la carte avec elle… Et elle, elle l'aurait inspiré pour ses peintures, l'aurait soutenu dans les lourdes démarches afin de trouver des galeries… Oui, leur avenir aurait été prospère et serein… Mais les choses ne seraient jamais ainsi, plus maintenant, plus ensemble.
Chacune avait fait sa vie, avec plus ou moins de réussite, l'une ayant tourné la page que l'autre ne cessait de la relire, encore et encore.
Pathétique… Elle avait quitté Clarke pour la libérer et finalement, la jolie blonde avait pris son envol tandis que Lexa était restée accrochée au passé. Oui, elle aimait Clarke, elle n'avait jamais cessé…
Elle avait tout préparé : du diner à la table, des bougies à la musique. Elle n'avait rien laissé au hasard, il fallait que cette soirée soit parfaite.
Elle avait passé sa journée à cuisiner, elle qui n'était pas vraiment un cordon bleu. Elle avait fait le ménage alors qu'elle détestait cela, elle avait acheté des dizaines de bougies, une cinquantaine de roses dont un kilo de pétales qu'elle éparpilla partout, y compris dans leur chambre, car oui, depuis quelques semaines, c'était devenu leur chambre.
Et lorsqu'elle alluma la dernière bougie sur la table, la porte d'entrée s'ouvrit.
« Hey salut, si tu savais comme j'ai fai… Wow… Il se passe quoi là ? » lança Clarke en voyant toute les bougies et la table romantiquement dressée pour deux.
« J'ai voulu te faire une surprise. Satisfaite ? »
« Ca sent drôlement bon…Attends, tu as cuisiné ?! »
« Je pourrais me vexer tu sais… »
Clarke lui sourit avant de la prendre par la taille et de l'embrasser doucement « C'est parfait, tu es parfaite. »
« N'oublies pas ça lorsque tu gouteras ce que j'ai fais. »
Clarke gloussa alors avant de s'éloigner et de ramener ses affaires dans sa chambre… Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle trouva un parterre de pétale de roses rouge tout autour de son lit, ainsi que des bougies.
« Chérie… Combien tu as dépensé en bougies dis-moi ? »
Niylah ne répondit pas, servant les plats à la place « C'est prêt. »
Elles s'installèrent alors et Clarke fut surprise de découvrir du foie gras et des toasts chauds dans son assiette « Ok, c'est définitif… Je t'aime ! »
Niylah ne répondit que par un sourire avant d'entamer le repas. Elles s'échangèrent les courtoisies et les banalités quotidiennes, même si Clarke mourait d'envie de savoir pourquoi tant de préparations, mais elle s'abstint, préférant profiter de l'instant présent.
« Me feriez-vous l'honneur de cette danse ? » demanda Niylah en lui tendant la main, un sourire aux lèvres
Clarke, amusée, se laissa entrainer dans ce petit jeu et se leva avant de prendre la main de sa compagne et de se laisser conduire dans le salon où elles entamèrent une voluptueuse danse entre les meubles.
« Ca va ? » murmura Niylah
« C'est parfait… » soupira Clarke contre sa nuque « Je suis bien. »
« Alors tant mieux. »
Elles restèrent dans les bras l'une de l'autre un long moment avant que Niylah ne lui accorde le droit de s'asseoir de nouveau, mais lorsqu'elle revint à sa table, Clarke nota un écrin bordeaux entouré d'un ruban rose pâle.
« Mais… »
Niylah mit un genou à terre alors et prit l'écrin dans ses mains « Clarke… Je ne sais pas ce que demain sera fait… Mais tout ce que je sais, et ce que je veux faire : c'est être avec toi, pour le meilleur et pour le pire. Je t'aime Clarke, je n'en ais jamais douté. Je veux finir le reste de mes jours avec toi. »
Il lui semblait que son cœur venait de s'arrêter soudain, sauf que ses battements tambourinaient si forts dans ses tempes qu'elle n'entendait presque plus la voix de sa compagne.
« Clarke ? »
« Hm ? Quoi ? »
« Je disais : veux-tu m'épouser ? »
TBC
