Hey hey ! what's up dearies ?

Alors alors, je sens que la fin du chapitre précédent vous a "légèrementé frustré non ?! ^^

Rassurez-vous, ce chapitre-ci va étancher votre soif je pense et quelque chose me dit que vous allez aimer !

Beaucoup de choses dans ce chapitre !

ENJOY


Aux grands maux, les grands remèdes

Comme à chaque fois que quelque chose d'important se passait dans la vie de Clarke, cette dernière s'enfermait dans sa bulle, son monde. Elle claquait la porte de son atelier, enfilait un large T-shirt tâché, posait une toile vierge sur son chevalet, et commençait à dessiner, peindre… Tout ce qui lui passait par la tête, écouteurs sur les oreilles, coupée du monde.

Elle ne savait pas depuis combien de temps elle y était… Mais certainement un bon lapse de temps car lorsque la porte de son atelier s'ouvrit pour y voir apparaitre Raven, Clarke fut presque surprise.

« Ray ? Mais… »

« La porte était ouverte. Tu réponds jamais à tes messages ? »

Pour toute réponse, Clarke défit ses écouteurs et prit son téléphone, posé sur un petit tabouret dans un coin de la pièce. L'écran s'alluma et laissa apparaitre 7 messages.

« Oh, désolée… »

« Allez, raconte à tata Raven ce qu'il ne va pas. »

Clarke fronça les sourcils « Pourquoi ça n'irait pas ? »

« Ca fait combien de temps qu'on se connait hmmm ? Je dirais presque une vingtaine d'années, on était en maternelles. Je crois que je commence à te connaitre hein, mais vraiment un tout petit peu. » ironisa-t-elle, ce qui fit lever les yeux de Clarke au ciel « A chaque fois qu'un dilemme se pose à toi, que tu es dans une impasse ou alors tiraillée entre deux choses… Tu dessines, ou tu peins… Ou les deux. Et puis tu n'as pas répondu à mes messages, ce qui signifie, dans la langue Raven-ta-meilleure-amie, que tu es dans le rouge. Et, en tant que meilleure amie fidèle, je me devais de venir à ta rescousse ! »

Clarke sourit alors et posa ses pinceaux « Ok… »

La jeune fille s'assit par terre, à même les draps posés au sol pour protéger le parquet, imitée par Raven qui prit garde aux gouttelettes de peinture parsemant le sol « Alors ? C'est quoi le problème ? »

Clarke soupira, tirant sur les poils de son pinceau « Elle m'a demandé en mariage. »

Raven s'attendait à tout, même à une sérieuse dispute après avoir croisé Lexa sortir du vernissage, mais alors ça…

« Non, sérieux ? »

« … »

« Et… Ca n'a pas l'air de te plaire… »

« Si. Enfin, j'en sais rien, on en avait jamais parlé avant. »

« Et pour cause, vous êtes ensemble depuis un peu plus d'un an… »

« Y'a eu aucun signe je veux dire. Parfois on teste la température en lançant des idées, comme ça… Mais elle a jamais mis le sujet sur le tapis… J'ai été tellement surprise. »

« Tu lui as répondu quoi ? »

« J'ai bredouillé un truc débile dont je ne me souviens même plus avant de lui demander un délai de réflexion. » Raven la fixa alors « Quoi ? »

« T'as pas pensé qu'elle avait fait cette demande à cause de … Lexa ? »

« Lexa ? »

« Comme par hasard, tu revois Lexa dans les parages, tu expliques tout à Niylah et quelques jours plus tard, elle te demande en mariage. Sacrée coïncidence… »

Clarke fronça les sourcils et y repensa à deux fois : se pourrait-il que sa demande précipitée soit à mettre en relation avec le retour de Lexa dans sa vie ? Et si c'était vraiment le cas, comment aborder le sujet avec Niylah sans la vexer ? Et si elle se trompait, la jeune femme finirait-elle par rompre ?

« Clarkie ? Ca va ? »

« J'en sais rien… C'est si soudain. »

« Tu l'aimes non ? »

« Evidemment ! »

« Alors… Quoi ? »

« J'en sais rien… Je ne m'imaginais pas mariée si vite, c'est une grosse étape. »

« Mais si vous vous aimez alors pourquoi attendre ? »

Clarke soupira lourdement en se laissant tomber en arrière, fixant le plafond « Je suis la pire petite amie de tous les temps. »

« Tu dis ça à une nana qui a loupé l'anniversaire de son mec parce qu'elle était trop occupée à faire des calculs algébriques sur un système de firewall de la Nasa… »

Clarke se redressa alors et haussa un sourcil, interloquée « T'as oublié l'anniversaire de ton mec ? »

« Oh ça va, à ma décharge, on était ensemble depuis moins d'un mois ! Bref, c'est pas moi le sujet ici… Alors, tu vas dire oui ou non ? Parce que je suppose qu'elle va pas attendre 10 ans. »

« Tu penses que je devrais dire quoi ? »

« Hey, c'est pas à moi qu'elle a demandé… Mais… Si j'étais à ta place, j'y réfléchirais à deux fois. Se marier c'est pas rien, ça engage une vie… »

« Je sais. »

« Sauf si t'es pas certaine des sentiments que tu as pour elle… »

« Je suis certaine ! Je l'aime, je veux vivre avec elle ! »

« Alors quoi ? »

« Bah j'en sais rien… Je veux dire… Le mariage c'est… sacré, c'est définitif. »

« Y'a le divorce tu sais. »

Clarke grimaça « Pour moi le mariage c'est définitif… C'est sensé unir à vie deux âmes sœurs. »

« La vache, je te savais pas si romantiquement cucul… »

« La ferme Ray ! » grinça la jolie blonde « Je pense juste que le mariage doit pas être pris à la légère. »

« Et tu as peur que ça soit le cas pour Niylah ? Moi je pense qu'elle veut surtout s'assurer que tu ne la quittes pas. Quoique tu en penses et dises, je suis sûre que cette demande inopinée est à mettre en relation avec Lexa. »

« Et ça serait si mal ? Je veux dire, elle m'aime, elle tient à moi… Elle veut s'assurer que… »

« Si elle te faisait confiance, ainsi qu'à tes sentiments envers elle, elle ne douterait pas au point de s'engager. D'un coté je comprends, mais d'un autre… »

Clarke regarda alors sa toile, bariolée de couleurs sans aucune logique artistique « Ma vie est comme cette toile finalement… »

« Quoi ? Le bordel ? »

Clarke lui lança un regard qui en disait long avant de tourner de nouveau son attention vers la toile « Ma vie n'est guidée que par des traces ça et là… »

« A toi de voir si tu veux qu'elles soient indélébiles ou pas. »

Elle soupira doucement en fermant les yeux et c'est le visage de Lexa qui apparut : un visage serein et souriant lui disant adieu pour la dernière fois. Oui, même si elles se savaient dans la même ville, leur route ne se recroiserait que si l'une des deux le voudrait bien. Oui, il n'y avait plus de raisons qu'elle recroise la jeune femme…


Niylah était patiente, elle l'avait démontré depuis le premier jour de leur relation. Clarke le savait. Alors lorsque Niylah rentra ce soir-là, la jeune femme ne lui fit aucune réflexion, elle ne lui posa aucune question, elle se déshabilla, et s'installa dans le canapé aux cotés de Clarke.

« Ta journée ? »

Niylah soupira « Merdique. J'ai un stagiaire sous mon aile. »

« Ouh le pauvre, on a toujours pas retrouvé le corps du dernier que tu as… pris sous ton aile huh ? »

Sa compagne gloussa alors « Et la tienne ? »

« Oh rien de bien folichon… Je suis restée ici à bosser… Sur une peinture. »

« Oh… Elle évoque quoi ? »

« Aucune idée… Pour l'instant. »

« Hm, intéressant. Tu me laisseras la voir quand elle sera finie ? »

« Bien sur. » sourit Clarke « Tu as faim ? »

« Non. »

« Tant mieux. »

Devant l'air perplexe de Niylah, Clarke se leva alors et lui tendit la main afin qu'elle la saisisse, ce que fit la jeune femme après un quart de seconde d'hésitation. Elles se dirigèrent vers la chambre où Clarke ne lui laissa même pas le loisir de répliquer : en quelques secondes, elle était plaquée sur le lit, soumise à la moindre attaque charnelle de la belle blonde.

« Hm… D'humeur badine miss Griffin ? » murmura entre deux baisers Niylah. Pour toute réponse, Clarke sourit contre ses lèvres avant de glisser sa main plus au sud et de faire naitre les premiers soupirs d'une longue série de la part de sa compagne.


« Hm… Rappelle-moi de revenir toujours aussi tard du bureau… » gloussa doucement Niylah, blottie dans les bras de Clarke. Cette dernière la tenait dans ses bras, sa poitrine contre le dos nu de sa compagne. Elle se sentait bien, très bien, sereine « Avec tout ça, j'ai même pas eu le temps de te… »

« Oui. »

« Oui, je te disais, je n'ais pas eu le temps de te dire la nouvelle que j'ai eu au… »

« Oui Niylah. » La jeune femme se figea alors, n'osant pas bouger « Je le veux. »

Niylah se tourna doucement dans les bras de Clarke pour lui faire face « Qu… répète ? »

« Je le veux Niylah… »

Cette dernière se redressa alors, ne la lâchant pas du regard une seule seconde « Tu le veux ? Vraiment ? »

Clarke sourit alors et opina doucement avant de ramener Niylah sur elle et de l'enlacer plus encore « Clarke … Je t'aime. » souffla doucement la jeune femme contre son cou.

Clarke sourit de plus belle : était-ce la meilleure solution ? En tout cas, c'était la seule qui s'offrait à elle à présent.

« Quelle nouvelle ? »

« Hm ? »

« Ce dont tu voulais me parler… »

Niylah sourit de plus belle avant de se redresser et de prendre entre ses doigts une mèche de cheveux de sa compagne « J'ai une opportunité de travail qui pourrait nous mettre à l'abri du besoin pour des années. Un chantier qui durerait au moins trois ans, un gros chantier que je rêve de faire depuis des années. »

« Génial ! Et ça serait quoi ? »

Niylah se redressa alors « Le château de Chantilly fait peau neuve, ils m'ont demandé d'être à la rénovation des statues et autres fontaines de tout le parc. »

Clarke fronça les sourcils alors « Chantilly ? En… France ? »

Niylah opina alors « Ils me donnent un délai de réflexion, mais ça serait parfait non ? On peut se marier et partir en lune de miel en Europe avant de finir en France, là où tout a commencé pour nous. La boucle serait bouclée. »

Clarke aurait voulu être aussi jubile que Niylah mais tout arrivait si vite : elle venait à peine d'accepter son prochain mariage, et à présent, elle devait s'imaginer de nouveau loin de sa famille, de ses amis… Elle ferma brièvement les yeux : après tout, une nouvelle vie s'offrait à elle à présent, elle avait tout ce dont pouvait rêver une personne pour être heureuse : un avenir radieux professionnellement et sentimentalement… Quoi de mieux ? Elle s'était reconstruite au fil des années et il semblait que cette ultime étape était l'achèvement d'années de travail sur elle-même.

« Clarke, ça va ? »

Pour la première fois depuis des mois, elle réfléchie intensément à la question : allait-elle bien ? Et une seule réponse lui vint, une réponse simple mais honnête « Oui, tout va bien. »


L'annoncer à Raven était une chose… Mais le dire à sa mère était une toute autre histoire. Clarke et Niylah étaient l'une à coté de l'autre, assises main dans la main dans le canapé en face d'Abby.

« Bien, vous allez me dire pourquoi vous vouliez me voir ? Non pas que je ne sois pas ravie mais… »

Les deux jeunes femmes échangèrent un regard et un sourire avant que Clarke ne se lance « On va se marier. »

La nouvelle tomba comme une chape de plomb sur Abby. La seule chose qu'elle put faire fut de bredouiller quelques mots qui disparurent à la frontière de ses lèvres « Pa… Pardon ? Mais … C'est si soudain. »

« A vrai dire, j'y pensais depuis un moment et… Je me suis lancée, je lui ais fais ma demande. » sourit Niylah en serrant un peu plus fort la main de sa compagne, à présent fiancée.

« C'est… inattendue. »

« Tu n'es pas heureuse pour moi ? » lança Clarke

« Oh si bien sur ! C'est juste que … Je ne m'y attendais pas si… Vite. Vous êtes revenues au pays depuis si peu de temps, c'est vrai que j'ai du mal à me dire que votre relation a commencé bien avant votre retour. »

Clarke sourit alors « Je le veux, vraiment. »

Abby aurait aimé être heureuse pour sa fille, après tout ce qu'elle avait traversé, elle méritait amplement, et plus que quiconque, d'être heureuse. Et si cela supposait de la laisser s'envoler avec une femme… Alors soit.

« Avez-vous une date ? »

« Oh ça devrait se faire dans les deux mois à venir. » sourit Niylah

« Deux mois ? Mais pourquoi si vite ? » s'affola Abby

« Nous ne voulons pas de grande cérémonie maman. Juste quelque chose d'intimiste avec seulement quelques amis et la famille. Pas de réception, de cotillons, juste… nous. »

« Et puis, j'ai une opportunité de travail en France qui est a saisir dans trois mois. »

« En… France ? Vous… Vous allez retourner là-bas définitivement ? »

« Dans l'absolu oui. »

« Mais et ton travail ici Clarke, tu me disais avoir signé pour un an ? »

« Par chance, ma galerie ou je travaille est en partenariat avec celle de Paris. J'aurais la possibilité de travailler avec les deux en parallèle depuis Paris. »

« Bien… Je vois que tu as pensé à tout. » souffla Abby, qui se sentait totalement désemparée

« Maman… »

Sentant l'atmosphère se tendre entre la mère et la fille, Niylah s'excusa pour s'échapper aux toilettes. Une fois seules, les langues se délièrent :

« Ca ne te plait pas hein, avoue-le. »

« Clarke… »

« C'est ma vie tu sais. »

« Je le sais, et je te sais assez mature pour faire les bons choix. »

« Alors quoi ? »

« … »

« Maman ? »

« Est-ce vraiment la bonne décision ? Je veux dire… Ne fais-tu pas cela à cause d'autre chose… » Devant l'air dubitatif de sa fille, Abby s'expliqua « Raven m'a dit… Pour Lexa. »

Clarke leva les yeux au ciel « Oh pitié… »

« Clarke, écoute… Cette fille a… »

« Cette fille a ruiné ma vie… Mais c'était avant, j'ai changé, elle a changé, on a tourné la page et chacune a sa vie à présent, et c'est bien comme ça. On s'est revu, et on a mis carte sur table. Nous ne serons plus jamais amenées à nous revoir. »

« Il est certain que si tu pars en Europe définitivement, tu ne la reverras plus. »

« Arrête. J'aime Niylah et me marier avec elle n'a rien à voir avec une quelconque fuite de mon ex. J'ai tourné la page. Je veux… Je veux faire ma vie avec elle, fonder une famille pourquoi pas. Je ne suis plus cette ado paumée à Polis… J'ai changé. »

« Je sais Clarke, je le sais mieux que quiconque. »

Clarke et elle avaient rarement évoqué ce douloureux moment du passé de Clarke, lorsque celle-ci s'était retrouvée si perdue qu'elle en avait perdu toute raison de vivre. Elle avait vu sa mère la veiller des jours et des nuits, des semaines et des mois. Elle avait vu sa mère être impuissante lors de ses crises, son regard perdu lorsque sa fille disparut derrière les portes d'une chambre quasi capitonnée…

Oui Abby avait vu sa fille au plus mal, et elle se sentait, plus que jamais, un devoir d'obligation de veiller sur sa fille, même à des milliers de kilomètres.

« Je t'aime Clarke, si tu es heureuse alors… Je ne serais aussi. »

Devant cette acceptation, Clarke se leva et prit sa mère dans ses bras, tendre contact qui était assez exceptionnel en soi. Abby en profita, Clarke le lui offrit comme un ultime cadeau.

Lorsque Niylah revint, elle sut que quelque chose avait changé entre sa fiancée et sa future belle-mère, pour son plus grand bonheur.


Quand Clarke lui avait appris la nouvelle de son prochain départ après leur mariage, Raven avait d'abord était dévastée : après avoir enfin retrouvée son amie d'enfance, sa sœur de sang, sa meilleure amie, elle allait la perdre de nouveau et cette fois-ci, peut-être définitivement.

Savoir que Clarke allait se marier était déjà une surprise pour elle, mais lorsqu'elle lui annonça qu'elle et Niylah, après leur mariage, allaient repartir en Europe, là ce fut la goutte de trop.

Elle ne savait que trop bien que Niylah essayait de mettre un maximum de distance entre Clarke et Lexa. Sentait-elle que quelque chose se passait du coté de sa fiancée ? Savait-elle quelque chose qu'elle ignorait à propos d'elles ?

Et pourtant, malgré toute l'animosité qu'elle portait à Lexa, elle se devait de faire quelque chose : si sa meilleure amie pensait pouvoir s'échapper de la sorte, elle se trompait.

Alors, elle fit la seule chose qu'elle imaginait logique à ce moment-là…

« Raven ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? » s'étonna Lexa qui n'avait pas revenue la jeune femme depuis au moins deux semaines, juste après le vernissage de la galerie de Clarke.

« Il faut qu'on parle. »

« J'ai déjà réglé les choses avec Clarke. Pas la peine de me faire un speech. » lança-t-elle alors qu'elle nettoyait son plan de travail après un long et difficile service.

« Je sais, Clarke m'a dit que tu lui avais fais tes adieux en respectant son choix, c'est tout à ton honneur. »

« Alors de quoi voulais-tu me parler ? »

Raven s'assit au comptoir et se rendit compte que Lexa était la dernière dans son resto « Tu fais des heures sup ? »

« Comme toujours… Qu'est ce que tu veux Raven ? » s'impatienta la jolie brune

« Clarke… » A ce prénom, l'attention de Lexa se focalisa sur son interlocutrice « Clarke va se marier. »

Soudain, le cœur de Lexa sembla se figer quelques secondes, de l'air coincée dans sa gorge avant de l'expulser en un souffle douloureux « Oh… C'est… Bien… »

« Elles vont repartir en France, définitivement. »

Là encore Lexa essaya vainement de cacher ses émotions mais en trembla presque avant de reprendre contenance « Si elle est heureuse, ça me v… »

« Oh arrête s'il te plait avec ta complaisance, on sait très bien toutes les deux que tu l'aimes encore ! Elle-même le sait ! »

« Et que veux-tu que je fasse ? Je l'ais repoussé, j'ai perdu ma chance. Aujourd'hui, j'accepte mes erreurs, quitte à en payer le prix… »

« Alors tu ne comptes rien faire ? »

« J'ai perdu ce droit il y a des années déjà. »

« Mais tu pourrais le reconquérir ! »

Lexa gloussa ironiquement « Tu plaisantes ? C'est toi qui me dis ça alors qu'il y a encore 2 mois tu m'avertissais gentiment de ne pas l'approcher ? Quelle triste ironie… »

« Ce n'est pas ironique. Je ne ferais pas ça si… » elle se stoppa alors avant de prononcer des mots qu'elle regretterait, mais trop tard : Lexa se tourna vers elle, la fusillant du regard :

« Si quoi ? »

« … »

« Raven. Si quoi ? »

Raven soupira alors : après tout, elle était venue pour ça « Je ne serais pas là, si je n'avais pas vu ce truc dans les yeux de Clarke. »

« Quel truc ? De quoi tu parles ? »

« Elle… Elle t'aime encore. »Lexa fit un pas en arrière, comme choquée par une telle révélation « En tout cas, si ce n'est de l'amour c'est un sentiment bien plus fort que de la simple amitié. Elle tient à toi, elle a toujours tenu à toi. »

« Tenir à quelqu'un ne suffit pas toujours. Je tenais encore à elle lorsque je l'ais quitté. Je pensais qu'à ce moment précis, j'agissais tant pour son bien que pour le mien. »

« Elle pense que se marier et repartir au bout du monde effacera ton souvenir et que c'est la meilleure chose pour elle. »

« Et toi non ? »

« Je crois surtout qu'elle a pris cette décision pour de mauvaises raisons et que si vraiment elle veut avancer que ce soit dans un mariage ou autre, il va falloir qu'elle passe par la case « ouverture de cœur » devant toi. »

Lexa lui sourit ironiquement « Tu es simplement triste qu'elle reparte, et tu ferais n'importe quoi pour la retenir, quitte à repousser son ex dans ses bras, c'est égoïste ça. Tu n'agis pas pour elle, mais simplement pour toi."

"Peut-être oui. Mais je tiens assez à elle pour savoir qu'elle fait une erreur. Son premier départ était salvateur pour elle, mais celui-ci...est mensonger. Elle va se marier et fonder une vie une nouvelle fois sur un leurre. Alors oui, je peux paraitre égoïste... Mais je pense aussi à Clarke."

" Tu es tellement sûre de toi… De toute manière, je lui ais promis de ne plus apparaitre dans sa vie, et je n'ais pas l'intention de la décevoir, plus maintenant, en rompant cette promesse. »

« La revoir certes, mais y'a d'autres moyens. » Lexa fronça les sourcils alors « Si tu l'aimes encore, tu dois te laisser une dernière chance, juste une dernière… Parce que je pensais sincèrement qu'elle ne ressentait plus rien pour toi, mais maintenant … Je n'en suis plus si sûre… Je pense même qu'elle a juste appris à vivre avec son silence. »

Lexa ferma brièvement les yeux : avait-elle le droit ? Devait-elle le prendre ? Ruiner la vie de Clarke encore une fois simplement à cause d'un sentiment ? Ou devait-elle sortir de sa vie définitivement et laisser cette dernière vivre ?


Clarke ne savait plus ou donner de la tête : entre les préparatifs du mariage, les requêtes de ses patrons et ses problèmes personnels… Elle avait à peine le temps de se poser tranquillement chez elle. Niylah lui avait promis de la décharger d'un maximum de tâches pour la mariage : ainsi la jeune femme avait pris en charge le buffet, la liste des invités ou encore le thème … Clarke semblait totalement hors des choses, se laissant guider par Niylah.

Et c'est un soir comme beaucoup depuis quelques jours où Clarke revint assez tard de la galerie. Niylah n'était pas là, préférant s'accorder du temps pour la mise en carton de ses effets personnels. Lorsqu'elle enclencha la clé dans sa serrure, Clarke fut attirée par une enveloppe glissée sous sa porte. Elle se pencha et reconnut presque instantanément l'écriture sur l'enveloppe : personne ne faisait les « C » comme…

Elle entra dans son appart, posa nonchalamment ses affaires et se laissa tomber sur son canapé, sans détacher une seule fois son regard de l'enveloppe. A peine fut-elle assise qu'elle la déchira précautionneusement pour en sortir une lettre curieusement courte, une seule page, simple, sans fioritures…

Sans vraiment sans rendre compte elle commença la lecture, les mots s'enchainant les uns après les autres, le regard de Clarke s'écarquillant parfois… En quelques minutes, elle finit la lettre et, inconsciemment, elle la relit une deuxième fois, puis une troisième…


« Dis donc Clarke, tu ne serais pas du genre à accumuler pleins de merdes ? » gloussa Niylah alors qu'elle tentait de faire le tri dans les affaires de sa compagne, affairée en cuisine.

« Je vois pas de quoi tu parles… »

Niylah ouvrit un tiroir d'une commode pour en sortir des dizaines de porte-clés qu'elle brandit en les faisant tinter.

« Oui non je vois ce que tu veux dire… Mais je comptais les offrir ! » s'expliqua Clarke en minaudant. Niylah gloussa alors avant de repartir à l'ascension des tiroirs afin de faire le tri avant le grand départ « C'est juste que j'arrive pas à me séparer de trucs que je juge important… »

Niylah ouvrit alors le tiroir de la table de chevet de la jeune femme et y trouva 3 paquets de chewing gum, des bracelets brésiliens ou encore d'anciennes cartes postales, ce qui fit sourire Niylah sur la conception que Clarke avait des choses « importantes ». Puis son regard fut attiré par une enveloppe, dissimulée sous les cartes postales. L'écriture était féminine mais n'avait rien à voir avec la sienne ou celle de Clarke. Poussée par la curiosité, elle jeta un rapide coup d'œil en arrière avant de s'asseoir au sol, adossée au lit et de l'ouvrir.

Clarke,

Je ne sais pas si tu liras au-delà des premières lignes de cette lettre, mais je tente ma chance.

Je sais que j'ai manqué énormément de choses avec toi, je t'ais manqué toi. J'aurais aimé être celle qui te ferait sourire, qui t'aurait fait des promesses d'avenir, qui aurait tué pour toi et retourner le monde juste pour un regard, un geste.

Mais j'ai provoqué ma perte alors que je n'imaginais même pas l'impact que tu aurais sur moi toutes ces années. Je te mentirais en disant que cela a été facile, qu'en quittant Polis, mes mois de relation avec toi s'étaient envolées aussi… Mais la vérité est que je n'ais jamais surmonté cela. Je me suis persuadée que c'était le mieux à faire pour toi, pour moi : que tu ne subisses pas les affres et douleurs d'une handicapée à vie, que je devienne un poids, un fardeau sur tes épaules. Car je n'aurais supporté de voir se détériorer notre relation à cause de ma jambe.

Que j'ai été stupide. J'ai eu peur… Si peur, que je me suis éloignée pour ne plus ressentir cela. Peut-être que si je nous avais laissé une chance de gouter au bonheur, même infime, il aurait été parfait.

Aujourd'hui, une autre a pris ma place. Je ne suis pas jalouse, pas en colère, juste… Déçue de moi-même de ne pas avoir su saisir la chance qui s'offrait à moi. Je te vois heureuse aujourd'hui, et cela devrait me contenter… Mais tu n'es pas mienne et je ne suis pas celle qui fait naitre de tendres sourires sur tes lèvres, je ne suis pas celle qui s'endort à tes cotés et qui se réveille en t'enlaçant.

Je suis heureuse de la femme que tu es devenue, accomplie, belle, forte… Tandis que moi je s suis restée coincée avec mes regrets. Te revoir il y a deux mois a été une bénédiction comme une malédiction, et je te mentirai si je te disais que je n'ais rien ressenti. Car là est mon véritable malheur Clarke : je n'ais cessé de t'aimer. Malgré les années, malgré les souffrances, je n'ais jamais cessé de penser à toi : qu'étais-tu devenue ? Avais-tu réalisé tes rêves ? En avais-tu trouvé d'autres ?

Je t'ais fais souffrir et j'accepte la haine, la colère ou le dégout que je peux t'inspirer, car c'est ma punition, et je vivrais avec jusqu'à la fin de ma vie. Tant que tu es pleinement heureuse, alors j'accepterais ma solitude, car il est certain, Clarke, que je n'aimerais plus personne comme je t'aime aujourd'hui. Mes sentiments ont changé avec les années, mes idéaux de futur avec toi aussi… Mais une constante a toujours été là : je veux ton bonheur.

Quoiqu'il m'en a couté, et que tu le crois ou non, j'ai toujours fais passer tes intérêts avant les miens, même si je l'ais fais maladroitement et douloureusement. Aujourd'hui encore rien n'a changé.

Clarke, je ne sais absolument pas comment finir cette lettre, je n'ais même aucune idée du fait que tu l'ais fini ou non… Je t'aime Clarke, et l'écrire rend encore plus difficile la chose quand je sais que tu appartiens à présent à une autre et que tu es heureuse.

C'était pour moi l'unique chance de te dire tout ce que je ressentais pour toi.

Puissions-nous nous revoir un jour Clarke.

L.

Niylah avait le souffle coupé, les larmes aux yeux. Elle se leva, lettre en main et rejoignit Clarke dans la cuisine.

« Hey, avec ou sans champignons ? Nia ? Ca v… » Clarke se stoppa en voyant dans la main de sa compagne la lettre. Elle se figea alors « Ou as-tu trouvé ça ? »

« Là où tu l'as mise Clarke. »

La jolie blonde n'osait plus bouger un muscle, son regard vissé sur l'enveloppe « Je… Je vais t'expliquer. »

« Combien de temps ? »

« Pardon ? »

« Ca fait combien de temps que tu l'as cette lettre ? »

« Ca n'a aucune importance Nia. »

« Ca en a pour moi. Je ne sais pas ce qui me déçois le plus : que tu l'ais gardé ou que tu ne m'en ais pas parlé. »

« Je l'ais mise là, mais je n'y pensais plus. » se justifia Clarke

« Une lettre dont on se fiche on la déchire, on la met en boule, on la jette… Mais en aucun cas on la conserve dans son enveloppe dans sa table de chevet. »

Comme une petite fille prise en faute, Clarke baissa le regard, Niylah s'approcha alors et lui tendit la lettre « Tu l'aimes encore ? »

« Non ! Bien sur que non ! » argua Clarke

« Alors pourquoi ? Pourquoi l'avoir gardé ? Qu'est-ce que ca t'apporte ? »

« … »

Il semblait que le cœur de Niylah se déchirait en deux « C'est injuste. » soupira-t-elle « J'ai tout fait pour toi, pour te sortir de ton mutisme, de ta peur d'aimer, de partager, de donner. J'ai été patiente avec toi, bien plus que n'importe qui l'aurait supporté. Je t'ais vu t'épanouir, j'étais heureuse que ce soit grâce à moi. »

« Et c'est toujours le cas. »

« Mais tu ne l'as jamais vraiment oublié. Même si elle t'a fait vivre les pires horreurs, même si votre rupture t'a plongé dans un état proche du chaos, tu tiens encore à elle. Masochisme ou stupidité, je ne saurais le dire mais… Je suis tellement déçue. »

« Niylah, c'est toi que j'aime à présent, tu m'as redonné confiance en moi, en mes capacités à aimer… »

« Mais ça n'est pas suffisant visiblement… Je pensais que je t'aurais suffit Clarke. »

« Nia arrête, qu'est-ce que tu cherches à la fin ? On a tous un passé, qui nous forge, et ce qui s'est passé avec elle a forgé la femme que tu aimes aujourd'hui. Je ne peux occulter cela. »

« Pourtant tu étais partie en France pour fuir cela n'est-ce pas ? »

« Tout comme tu aimerais qu'on y retourne non ? » Niylah se figea « Je ne suis pas idiote, tu crois que je n'ais pas remarqué : cette demande en mariage précipitée, ce désir soudain de t'éloigner d'ici… »

« Je le fais pour nous deux Clarke. »

« Tu le fais parce que tu as peur de Lexa. »

« Et à juste titre. » lança la jeune femme en brandissant la lettre « M'as-tu vraiment aimé un jour Clarke ? »

« Comment peux-tu en douter… Je t'aime Niylah… »

« … Mais pas comme tu l'aimes elle. » souffla la jeune femme

« Je ne l'aime pas ! » argua-t-elle

« Crie autant que tu veux, essaies de t'en convaincre, mais j'ai bien vu que son retour dans ta vie avait changé quelque chose en toi. Tu essaies de te prouver le contraire, tu as accepté ma demande et… » Niylah soupira alors « Et je suis restée dans l'illusion que tu avais dis oui parce que c'est ce que tu voulais vraiment. »

« C'est ce que je veux vra… »

« … Non Clarke. Si tu tiens un tant soit peu à moi, soit honnête envers moi, envers toi-même. Je t'en prie, respecte au moins ça. »

Clarke tremblait de tout son corps, ses larmes ne cessèrent de couler : commet pouvait-elle faire cela à la seule personne qu'elle pensait être faite pour elle ? Elle ne valait pas mieux que Lexa…

« Niylah… »

« Je t'aime Clarke, et je sais qu'en un sens, toi aussi tu m'aimes… Mais pas comme je le désirerais. J'ai possédé ton corps mainte fois… Mais ton esprit a toujours été dans les méandres de tes souvenirs avec elle. Je pourrais te dire à quel point tu es égoïste, à quel point tu es idiote car elle t'a fait souffrir… Mais voilà, je te connais et ça te ressemble : tu as toujours de l'espoir. Peu importe la situation ou les gens, tu as toujours gardé espoir : espoir qu'elle te revienne, espoir que cela marche entre nous, espoir que ce mariage efface les dernières brides d'un passé révolu. Tu ne veux blesser personne car tu es toi-même un animal blessé… Mais tu ne peux contenter tout le monde. Et il n'y a rien de pire que de t'imaginer prononcer des vœux que tu ne penserais qu'à moitié. »

« Je suis la pire des garces… »

« Certainement. Une garce maladroite et totalement novice en la matière. Mais il faut croire que ce qui vous lie est bien plus fort et va bien au-delà de la souffrance et de l'absence. 6 ans Clarke… Et tu penses encore à elle, malgré ton désir de changer, malgré tout ce qu'on a traversé… 6 ans et cette lettre prouvent que tu n'as pas oublié, même si tu l'as souhaité. »

« Niylah, tu es une femme exceptionnelle… J'ai la chance d'avoir croisé ton chemin, j'ai la chance de t'aimer et… »

« Mais je ne suis pas elle. » Le cœur de Clarke explosa alors « Je ne l'ais jamais été. Malgré la douleur et la colère qu'elle t'a inspiré toutes ces années. C'est une bien étrange relation … Mais il est clair que je ne peux pas lutter, et pourtant j'ai essayé. »

« Après tout ce que tu as fais pour moi… »

« Et je ne regrette rien. Cette lettre, ce qu'elle contient… Cette femme t'aime comme rarement j'ai vu quelqu'un aimé. »

« … »

« Finalement, il vaut mieux que cela s'arrête avant qu'on dépasse un point de non retour. Je préfère encore partir avec mes sentiments plutôt que de vivre dans l'illusion… Et il faut que tu fasses pareil. »

« Je ne te mérite pas. » soupira Clarke « Tu es trop bien pour moi. »

Niylah hoqueta, amusée « Peut-être oui. »

Elles restèrent de longues minutes l'une en face de l'autre, sans un mot avant que Niylah ne s'approche « Je ne regrette rien Clarke, tout ce qu'il s'est passé, ce que tu es aujourd'hui, si tu le dois à moi, alors j'en suis satisfaite. J'aurais juste aimé être la seule pour toi. Mais je luttais depuis des mois contre un fantôme passé… Je ne considère pas ces mois à tes cotés comme du temps perdu. Je suis heureuse si, aujourd'hui grâce à moi, tu vois la lumière dans les ténèbres. J'aurais simplement souhaité être celle qui allait en profiter. »

Niylah sourit péniblement avant de s'approcher et d'embrasser doucement Clarke, cette dernière répondant fébrilement au baiser avant de tomber dans ses bras.

« Tu vas partir ? » murmura-t-elle contre son épaule

« Oui. Je crois que c'est mieux pour tout le monde. Qui sait, j'aurais peut-être de la chance une deuxième fois… »

Clarke lui sourit alors et laissa une larme s'écraser sur sa clavicule « Je suis tellement désolée… J'ai toujours dis que je ne te ferais jamais souffrir comme j'ai pu souffert… Au final, je ne suis pas mieux… »

« Je ne souffre pas. Je suis seulement déçue de ne pas être cette chanceuse qui aura l'opportunité de se racheter auprès de toi, et je sais quelle le fera. Cette lettre le prouve, et le fait que tu l'ais gardé prouve aussi que tu y penses. »

« Je ne t'ais jamais menti, tu le sais ça ? Quand je te disais que je t'aimais… »

« Je sais, et à ta manière tu m'aimais c'est certain. Mais tu aimais avec seulement les capacités que tu t'autorisais. J'aurais aimé briser un peu plus ce mur, cette carapace que tu t'es forgée avec le temps. J'ai réussi à la fendiller, et même par endroit à voir au travers… Mais ca n'était jamais assez. »

« Tu as perdu ton temps avec moi… »

« Jamais. » lui assura Niylah « J'ai appris beaucoup de choses. Je t'aime Clarke, et c'est parce que je t'aime, toi la personne que tu es, cette femme talentueuse, passionnée et passionnelle, que je vais partir. »

Clarke s'effondra alors dans ses bras et Niylah déposa un tendre baiser sur le haut de son crâne avant que la jolie blonde ne relève le visage et ne capture dans un baiser maladroit et précipité les lèvres de sa compagne… Son ex compagne.

Mais au bout de quelques secondes de baisers fiévreux, Niylah la stoppa « Clarke, je t'en prie… »

« S'il te plait… J'ai envie de toi. »

« Non, tu as envie de te faire pardonner… Et il est hors de question de ça. Je veux garder de toi autre chose qu'un geste désespéré. »

« … »

Niylah lui sourit et caressa son visage « Clarke… »

« Je suis pitoyable. »

« Tu es perdue. » Elle plaqua la lettre sur sa poitrine « Fais-le Clarke, tu en as besoin. »

« Je n'arrive même pas à être dans la même pièce qu'elle … »

« Je ne la connais pas assez mais je sais une chose : vous êtes liées. Par quoi ? Je n'en sais rien… Mais parfois le hasard est bienheureux : combien y avait-il de chance qu'elle soit ici, près de toi ? Que tu choisisses cette ville parmi toutes celles aux Etats-Unis ? Il y a une raison… »

Clarke lui sourit « Est-ce qu'on vient juste de rompre là ? »

Niylah opina alors et prit son visage dans ses mains « Tout va bien, pour moi, tout va bien ok ? Occupe-toi de toi. »

« Tu es tellement plus mature… Je suis stupide. »

« Tu es perdue, je le répète. Il ne tient qu'à toi d'avancer, et cette fois-ci dans le bon sens… »

« Comment puis-je faire face à cette femme qui m'a tant fait souffrir ? Ne faut-il pas être stupide ? »

« Il faut être amoureuse. » lui sourit Niylah « J'aurais tellement aimé être celle qui… »

« Tu l'étais Niylah, tu l'étais. »

« Tu y as cru autant que tu as pu. J'aurais pu l'être, mais je ne sais pas comment. » Elle recula alors « Je vais rentrer. Je reviendrais demain pour mes affaires. »

« Nia… »

« Aucun soucis Clarke… Vraiment. »

« Alors, ça se finit comme ça ? »

« Il vaut mieux oui. Ca va aller ? »

Clarke lui sourit péniblement elle venait de rompre et lui demandait encore comment elle allait. Et c'est sans un mot de plus que Niylah disparut, laissant la jolie blonde seule, s'écroulant sur le canapé, essayant de comprendre ce qu'il venait de se passer…


« Ok, ça c'est … Tu peux répéter ? » lança Raven, arrivée en trombe lorsque Clarke l'appela à plus de onze du soir.

« Niylah et moi avons rompu parce qu'elle pense que je suis toujours amoureuse de Lexa, cette fille qui a ruiné ma vie. » lança Clarke d'un trait, comme si elle récitait mécaniquement un fait

« Okayyy… Mais, vous vous êtes quittées… En bons termes ? »

« Assez oui, enfin je crois… Elle semblait énervée au début et ensuite… »

« Comment c'est arrivé ? »

« Elle a trouvé une lettre que Lexa m'a écrite, dans ma table de chevet. »

« Une lettre de Lexa ? »

« Je l'ais trouvé y'a trois jours sous ma porte… »

« Et tu l'as gardé ? »

« … »

« Hm ok… je vois. Il va falloir qu'on ait une soirée filles au plus vite. »

« Une soirée fille ? »

« T'as oublié : pizzas, chamallow, Harry Potter et bière. »

« Oh ce genre de soirée… » sourit Clarke

« Il te faut au moins ça là. Alors raconte … Cette lettre, elle disait quoi ? »

Pour toute réponse, Clarke lui sortit la lettre d'une boite à chaussures et lui tendit. Sans un mot, Raven la lut puis la posa sur la table basse et resta silencieuse.

« Alors ? T'en penses quoi ? »

« Et toi ? »

« J'en sais rien. »

« Tu aimerais croire ce qu'il y a écrit là-dedans ? »

« Non… Enfin, j'en sais rien… Je veux dire, j'ai cru tellement de choses avec elle… Comment croire qu'elle ne me blessera plus comme avant ? »

« Tu sais, le passé nous forge… Mais au bout d'un moment, il faut se détacher des actes passés. Il est arrivé ce qu'il est arrivé entre toi et elle, maintenant… »

« Ray, t'es pas en train de me pousser vers elle huh ? »

« Non. Je t'aime Clarke, tu le sais ça ? Même si tu es une foutue handicapée des sentiments, mais mon devoir en tant que sœur-meilleure-amie-partenaire, c'est de te guider aussi. »

« Ray, tu la hais. »

« Je la déteste, nuance. Disons qu'à cause d'elle, tu as vécu des trucs pas cools… Mais vous avez grandi et évolué et… »

« Tu n'aimais pas Niylah non plus. »

« Non, c'est pas ça… Je trouvais que les choses allaient vite entre vous. »

« … Tu ne serais juste pas contre n'importe laquelle de mes relations ?! »

« hm nope. J'aimais bien Crystal Carson. »

« Crys… Attends, c'était en primaire ça, j'avais 8 ans ! »

« Oui et souviens-toi, ton premier crush pour une fille… Et j'étais là. » minauda Raven

« T'es nulle. Tu compares un vulgaire crush à mon histoire avec Lexa ? »

« Non, je compare juste l'importance que chacune de ces relations à eu sur toi, sans que tu ne t'en rendes compte. »

« … »

« Clarke, je sais O combien, elle t'a fais du mal, je te rappelle que j'étais là, j'ai vu… Alors je serais la pire des meilleures amies si je te poussais vers cette fille… Sauf que, je l'ais vu, je l'ais senti. »

« Quoi donc ? »

« Cette petite étincelle. J'avais pas besoin de savoir que tu l'avais croisé, y'avait qu'à te regarder… C'était évident. »

« … »

« Clarke ? »

« T'es en train de me dire que j'ai lutté 6 ans pour rien ? »

« Non, je dis que tu as mis 6 ans pour finalement comprendre qu'il ne servait à rien de lutter. »

Clarke sourit alors et regarda la lettre posée sur la table « Je sais même pas comment faire… »

« Tu pourrais commencer par aller la voir. Lui dire que finalement tu restes ici, que tu ne te maries plus ! » Clarke fronça les sourcils avant de fusiller Raven du regard « Quoi ? »

« Comment saurait-elle que je devais me marier et repartir en Europe ? »

Ray se figea et soudain se mordit la lèvre inférieure « Ah euh … Peut-être que… Je sais pas, je dis ça comme ça mais… peut-être qu'une petite souris lui aurait glissé dans l'oreille… »

« Raven ! »

« Je ne suis pas une souris ! » dit-elle en levant les mains en signe de retraite.

« Comment t'as pu me faire ça ? Je comprends mieux comment cette lettre a débarqué chez moi ! Tu l'as prévenu, et elle l'a écrite et… C'est toi la responsable de ma rupture avec Niylah ! »

« Ecoute, je sais que dit comme ça, ça craint… »

« Pourquoi tu as fais ça ? » pesta Clarke

« Je vais te répéter la même chose qu'à Lexa : je m'en serais fichue comme de ma première chaussette… Si je n'avais pas senti quelque chose de ton coté. Je pouvais pas te laisser épouser une femme que tu n'aimais que par défaut ! »

Clarke voulut répondre, mais une migraine pointait le bout de son nez, se logeant non loin de sa tempe gauche.

« Ok, je suis fatiguée là… » Elle se leva et fut surprise d'être suivie par Raven « Qu'est-ce que tu fais ? »

« Tu crois tout de même pas que je vais te laisser seule ?! »

« Et Sinclair ? »

« Il est déjà au courant. » la rassura Raven.

Et si les choses étaient encore confuses pour Clarke, elle s'endormit les larmes aux yeux, Raven la tenant dans ses bras. Plusieurs fois dans la nuit, la jolie hispanique la sentit trembloter et l'entendit sangloter. Et à chaque fois elle était là : la rassurant, la cajolant. Elle avait déjà fait cela auparavant, elle avait l'habitude, et d'un coté purement égoïste, elle aimait prendre soin de Clarke, se sentir de nouveau utile pour elle.

Finalement, Clarke s'endormit de fatigue dans les bras de son amie, de multiples questions tourbillonnant dans son petit crâne.


« Patronne, on vous demande au comptoir. »

Lexa venait à peine de terminer sa nouvelle carte, comme elle le faisait tous les mois, ce qui signifiait une nouvelle organisation en cuisine, mais aussi reformer les cuistots et serveurs sur les nouveaux produits proposés. Elle n'avait guère le temps de vivre à coté, mais c'était mieux ainsi.

« J'ai pas le temps. » argua-t-elle

« Elle insiste. Elle m'a dit de vous dire que vous aviez gagné. »

Lexa fronça les sourcils et défit son tablier, passablement énervée, avant de rejoindre la grande salle. Et lorsqu'elle découvrit son interlocutrice, elle se figea « Niylah ? »

La belle blonde était là, devant elle, affichant un sourire poli, ni plus ni moins.

« Bonjour Lexa. »

« Que… »

« Je pars. »

Lexa se stoppa, son cœur s'emballant en imaginant la suite de sa phrase : elle lui annoncerait certainement son mariage avec Clarke et leur prochain départ pour la France. Après tout, elle avait déposé la lettre il y avait plus d'une semaine et elle n'avait plus eu de nouvelles. Avait-elle échoué ?

« Oh… »

« Seule. »

Lexa la fixa alors, incrédule « Pardon ? »

« Clarke et moi avons rompu. »

« … »

« Je ne sais pas si tu te rends compte de la chance que tu as d'avoir une seconde opportunité avec elle. C'est une femme spéciale, hors du commun. »

« Je sais. »

« Mais ça ne t'a pas empêché de la faire souffrir par le passé. » Lexa baissa le regard alors « Je sais que ce que tu aimes aussi, c'est que qui m'a fait l'aimer. Je peux aussi comprendre ce qui lui plait en toi… Finalement, le concept des âmes sœurs pourraient s'appliquer à vous. On ne se bat pas contre le destin, on fait avec. »

« … »

« Si tu la fais de nouveau souffrir, il n'y aura pas assez de lieux sur cette planète, et tu n'auras pas assez de temps pour que je te traque et te fasse souffrir au centuple… Et je ne plaisante pas. »

Et Lexa ne pensait absolument pas que Niylah plaisantait : de l'intonation de sa voix à l'intensité de son regard, Lexa savait pertinemment que Niylah était sérieuse.

« Je n'ais absolument pas l'intention de lui faire du mal. »

« J'espère. »

« Mais je crois qu'elle et moi nous ne pourrons plus jam… »

« … Ca sera long, je ne te le cache pas, mais elle en vaut la peine. Cette lettre que tu as écrite, si tu en penses chaque mot, alors… Tu y arriveras. »

« Tu n'as pas l'air en colère. »

Niylah sourit « Je crois que je le savais depuis longtemps : nous étions ensemble mais malgré tous mes efforts, quelque chose la retenait. Elle n'en était pas consciente … Pas jusqu'à ce qu'elle te revoit il y a quelques semaines. »

« … »

« Bon, je venais juste pour… m'assurer que tu la traiteras bien, respectueusement et avec toute l'attention qu'elle mérite. »

« J'essaierais. »

« Non, tu le feras. Il n'est plus question d'amour d'adolescents ici. Nous sommes adultes, ce n'est plus un jeu. » Lexa comprit et opina alors « Bien. » Niylah lui tourna alors le dos et s'éloigna avant de se raviser et de lui lancer « Rends-la heureuse, c'est tout ce que je demande. » puis elle disparut. Lexa ne la reverrait plus jamais.

Et à présent, Lexa avait toutes les cartes en main : que devait-elle faire ? Que devait-elle dire ? Par quoi commencer… Clarke ne l'avait pas contacté depuis une semaine, depuis la lettre. A entendre Niylah, elle avait du la garder…

« Lexa, c'est parti ! »

La jolie brune sortit de ses pensées alors. Elle devrait certainement faire le premier pas… Certainement.


Les premiers pas étaient toujours les plus compliqués, c'était un fait. Lexa n'avait pas osé une seule fois se rendre chez Clarke ou passer devant sa galerie, et pourtant ses pensées étaient entièrement tournées vers elle. Elle imaginait la façon d'aborder la chose : après tout, Clarke avait rompu avec Niylah deux semaines auparavant et cette dernière avait avancé son départ pour Paris. Sauter sur l'occasion pour reprendre contact avec Clarke aurait apparu désespéré et peu respectueux pour la relation qu'avait entretenu les deux jeunes femmes.

« Hey Lex… Y'a une table de 4 qui vient d'arriver. Tapas en entrée, une pizza pepperonis, des lasagnes aux légumes, un fish and chips et un gaspacho. »

« Entendu. »

« Ah et ils veulent voir le chef. »

Lexa fronça les sourcils mai ne se posa pas plus de questions : il n'était pas rare que des clients veuillent voir le patron ou le chef, mais lorsque ces deux personnes étaient la même, Lexa devait souvent honorer ses engagements de patronne envers son restaurant.

« Ok, j'irais. Quelle table ? »

« La trois. »

Lexa nota mentalement le chiffre avant de commencer la pizza. Et au bout de 5 minutes, elle déposa elle-même les lasagnes et la pizza à la table 3.

« Voilà ! Vous désiriez voir le che… »

Lexa se figea alors : à la table 3, quatre personnes dont Clarke. Lexa bredouilla la fin de sa phrase avant de déposer les plats.

« Ahh c'est vous le cordon bleu de ces lieux ! Félicitations ! Avec mes collègues, ce resto est devenu un lieu de rendez-vous incontournable ! » s'enjoua un jeune homme à lunettes « Et en plus de ça, la patronne est aussi talentueuse que jolie ! »

Lexa sourit poliment « Me… Merci. » Mais si elle essayait de paraitre totalement à l'aise, son regard ne cessait de vaquer discrètement vers une Clarke qui semblait à l'aise, voire même souriante avec ses collègues.

« Je… J'apporte la suite. » lança la belle brune avant de disparaitre.

« Hey, pas mal la patronne huh… » grinça un des collègues de Clarke, qui n'apprécia que partiellement la remarque. Et lorsque Lexa revint avec le gaspacho et le fish and chips, Clarke leva le doigt lorsque Lexa demanda à qui était ce dernier plat.

« Tenez… »

« Merci. » lança Clarke en lui souriant, ce qui gonfla le cœur de Lexa

Quand la table fut servie, Lexa s'éloigna

« Oh je vais chercher du ketchup je reviens ! »lança Clarke avant de bondir de sa chaise et de rejoindre Lexa avant que cette dernière ne repasse derrière le comptoir « Lexa ! »

La belle brune se retourna alors « Oui ? »

« Je… On pourrait se parler… Enfin pas maintenant mais… »

Lexa lui sourit alors « Bien sur. Je finis a 15h. »

« Je pourrais me libérer pour 16h. »

« Je t'attendrais devant ta galerie ? »

« Ok. » Elles échangèrent un léger sourire avant que Lexa ne s'éloigne « Oh euh, tu as du ketchup ? »

La belle brune opina avant de lui donner une bouteille, leurs doigts se frôlant alors. Elles se figèrent et si Lexa s'excusa dans un murmure avant de s'éloigner, Clarke, elle, crispa sa main sur le ketchup en regardant Lexa s'éloigner. Les choses seraient compliquées… A n'en pas douter.

TBC