Hello !
Voilà, voilà... Nous entrons dans la dernière partie de cette fic !
Retour du clexa... Ou du moins des brides de clexa car, comme vous l'imaginez, la frustration sera le maitre-mot des chapitres à venir !
Lexa va devoir avoir recours à des trésors de patience et malice pour reconquérir Clarke... Pour autant que la jolie blonde en ait envie !
Allez, trêve de blabla et place à la suite !
ENJOY
Premiers pas
Le service de Lexa passa à une vitesse qu'elle aurait qualifiée d'éternellement longue. Elle ne cessait de penser à sa future discussion avec Clarke, une discussion cruciale et qui changerait la donne : Clarke était libre à présent, et elle connaissait les intentions de Lexa, et ses sentiments aussi. Là où était le mystère pour Lexa, c'était de savoir si, de son coté, Clarke éprouvait encore quelque chose, autre que de la colère et de la rancœur.
C'est donc avec espoir, mais fébrilement tout de même, que Lexa quitta son restaurant après son service pour se rendre à la galerie où travaillait la jeune femme. En avance, elle resta pourtant près de l'entrée avant de se décider à entrer.
Elle n'en menait pas large, ayant une connaissance très limitée en matière d'art. Mais lorsque son regard fut attirée par une toile particulière, son cœur se serra : au milieu de la pièce, une toile de Clarke, cette peinture noire et morose qui avait été, selon Clarke, la personnification de Lexa. Elle grimaça alors en se disant que le chemin serait long et la reconquête difficile, si reconquête il pouvait y avoir.
« Intrigante n'est-ce pas. »
Lexa sursauta alors et fit volteface pour tomber nez à nez avec un homme d'une quarantaine d'années au costume impeccable.
« Ou… Oui c'est… assez… »
« Noir oui. On sent que l'artiste a souffert dans cette peinture. C'est une jeune femme très talentueuse qui met beaucoup d'elle-même dans ce qu'elle fait. Je ne doute pas que cet œuvre est un passage marquant de sa vie… Passage douloureux. »
Lexa était de plus en plus mal à l'aise tout en sachant que cette toile la représentait. Elle sourit poliment alors avant de se tourner vers la toile de nouveau.
« Une visite ? »
« Quoi ? Oh non, désolée je… J'attends quelqu'un. »
« Oh… »
A ce moment précis, Clarke apparut en compagnie d'une jeune femme rousse tenant un calepin et semblant écrire le moindre mot prononcé par la jeune femme.
« Ok Kate à demain. » La jolie rousse opina avant de prendre congé. Clarke se tourna alors vers Lexa et esquissa un léger sourire « Lexa. »
« Clarke. »
« Oh, vous vous connaissez. Très bien, je vais y aller, j'étais ravie de faire votre connaissance. » lança l'homme en prenant sa main par surprise et en y déposant un léger baiser.
Clarke leva les yeux au ciel, amusée, avant d'inviter Lexa à la suivre « James est un grand dragueur… »
« J'ai cru comprendre. » sourit Lexa « Pas vraiment mon type, mais je n'ais pas voulu le contrarier. »
« Certes. Il a essayé avec moi aussi. » sourit Clarke
Elles échangèrent un sourire et pendant quelques secondes, les choses ne semblaient pas avoir bougé depuis des années : une complicité retrouvée, des sourires et des regards légers… Mais soudain la réalité rattrapa Clarke et elle reprit une certaine constance.
« Merci d'être venue. »
« Tout ce que tu veux. »
« Je suppose que tu sais pour Niylah et moi. »
« … »
« On a rompu… Il est probable qu'elle soit déjà à Paris maintenant. »
« Je suis sincèrement désolée. »
Clarke sourit « C'est ironique : c'est à cause de ta lettre qu'elle est partie. »
« Je n'avais aucune intention de vous faire rompre, ce n'était pas mon but. »
« C'est intéressant ça, parce que, vois-tu, j'aimerais bien savoir quel était ton but réellement avec cette lettre ? »
Lexa se figea alors « Je… Je voulais juste… »
« Oui ? »
« Je voulais juste que tout soit clair… Avant que tu ne partes. »
« Clair pour qui ? Pour moi… Ou pour toi ? »
« Clarke je suis désolée, vraiment. Il faut croire qu'en ce qui te concerne, je foire toujours tout. »
Clarke soupira alors et marcha droit devant elle, invitant implicitement Lexa à la suivre dans les rues « Est-ce que tout ce que tu as marqué est vrai ? »
« Oui, tout. » répondit presque instantanément Lexa
« Tu sais que ça ne sera pas facile… Tu m'as fais énormément souffrir, je n'ais plus confiance Lexa. Niylah m'a quitté parce qu'elle pense que nous sommes faites l'une pour l'autre… Moi je pense que si c'était vraiment le cas, jamais je n'aurais souffert ainsi. »
« … »
Toujours sur un ton calme et serein, Clarke continua sur sa lancée « J'aurais tellement peur de tout te donner une nouvelle fois, et que tu reprennes tout sans un regard en arrière. Comment commencer une relation si la confiance n'est plus là ? »
« Laisse-moi te le prouver. »
Clarke hoqueta alors « Tu es tellement sûre de toi… »
« Si je ne l'étais pas, je ne serais pas là… Et toi non plus. » Clarke se stoppa « Tu aurais pu te marier et partir avec Niylah, tu étais heureuse visiblement. Alors pourquoi tu es là dans cette rue avec moi ? »
Clarke se pinça la lèvre inférieure avant de légèrement détourner le regard « Ne crois pas que je sois toute entière acquise à ta cause… Tu vas ramer. »
« Et j'espère bien. » sourit Lexa « Je veux te reconquérir dans les règles de l'art : je veux t'inviter à sortir, je veux des rencards, je veux un premier baiser, je veux tout cela. »
« Tu sembles si sûre que je vais dire oui… » ironisa Clarke
« En être sûre non, mais j'espère sincèrement que si je suis là aujourd'hui ce n'est pas pour m'entendre dire que tout sera vain, que quoique j'entreprenne, je me prendrais des murs. Car si c'est le cas, alors dis-le moi tout de suite, et j'arrête. »
Clarke la fixa alors et attendit quelques secondes avant de soupirer « Sortir en tant qu'amies ça ne serait déjà pas mal non ? »
Lexa sourit, soulagée « Absolument. »
« Six ans sont passés… »
« On a pleins de choses à se raconter. Il nous faudra au moins …. 3 ou 4 rencards pour ça, non ? »
Clarke ne put s'empêcher de sourire « Peut-être oui… »
« Alors… Accepterais-tu qu'on aille boire un verre un soir ? »
Clarke frissonna alors : cela faisait si longtemps « Pourquoi pas. »
« Ce soir ? »
Clarke réfléchit quelques secondes : si elle devait être fixée sur Lexa, autant le faire au plus tôt « Entendu. 18h ? »
« Rendez-vous devant mon resto ? »
« D'accord. » mais devant le sourire presque béat de satisfaction de Lexa, Clarke se crut obliger de rajouter « Juste un verre… Entre futures amies. »
« Evidemment. A ce soir alors. »
Et Lexa s'éloigna, un sourire aux lèvres tandis que Clarke la regarda partir, ne détachant son regard que lorsque la silhouette longiligne de la jeune femme disparut à l'horizon.
« T'es sérieuse là ? »
« Quoi ? Tu crois que c'est trop tôt ? »
« Bah… » Raven s'étira dans le canapé, proposant ses pieds à son compagnon pour un massage improvisé, ce qu'il comprit très bien « J'en sais rien… Ca fait quoi… Plus de deux semaines que Niylah et toi c'est fini… Elle est repartie… »
« Mais ce n'est qu'un simple verre. »
« Ouais, on sait très bien toutes les deux que c'est bien plus que ça. »
« Ca n'est rien de plus. Juste un verre entre deux jeunes femmes qui ne se sont pas vues depuis 6 ans et qui ont pleins de choses à se dire. »
« Ouais, et accessoirement, deux femmes qui sont sorties ensemble et ont rompu violemment avant que cette rupture ne casse psychologiquement ma meilleure amie. »
« Ray… Y'a aucun sous-entendu dans ce verre. »
« Pour toi peut-être… »
« Lexa sait très bien à quoi s'en tenir : la tâche ne sera pas aisée, et elle le sait. »
« Tant que tu sais ce que tu fais… J'ai simplement pas envie de te retrouver dans un état dépressif… Pas après tous tes efforts pour retrouver un semblant de vie normale. »
« Je sais Ray, je sais tout ça. Je sais ce par quoi je suis passée, ce que j'ai traversé, combien j'ai souffert. Et il est évident que je ne compte absolument pas retomber là dedans. Je vais me préserver. »
« Et comment ? »
« Il est hors de question que je me laisse faire cette fois-ci. »
« Tu veux dire qu'elle va ramer ? » s'amusa Raven « J'aimerais bien voir ça ! »
« Tu verras ! »
« Fais gaffe qu'elle ne se lasse pas… »
« Non, au vue de sa lettre, elle en pince encore pour moi… » sourit Clarke
« Hey… T'as pas dans l'idée de la faire souffrir si ? »
« … »
« Clarke… » lança sur un ton de reproche Raven « C'est pas une solution… »
« Elle le mériterait pourtant. »
« Mais tu n'es pas comme ça. »
« Je sais… Je veux juste qu'elle comprenne qu'elle ne peut pas me lourder comme elle l'a fait, attendre des années, et croire que tout pourrait repartir à zéro entre nous. »
« Je ne crois pas qu'elle pense ça… Je crois au contraire qu'elle sait que l'entreprise sera difficile. »
« Tu la défends ? »
« Non. Mais je peux comprendre… »
« Tu crois que j'aurais pas du accepter ce verre ? »
« Je crois que tu pars avec tellement d'à priori que tu vas foirer la chose sans même le vouloir. »
« … »
« Ecoute Clarkie… Prends les choses comme elles viennent ok ? N'essaies pas de bousculer quoique ce soit, en bien ou en mal. Peut-être que Niylah avait raison : que le destin vous veut ensemble. »
Clarke soupira alors : oui son idée première était de faire souffrir Lexa, comme elle-même avait souffert toutes ces années. Elle voulait lui faire comprendre ce qu'elle avait vécu, elle voulait lui montrer qu'elle ne se laisserait pas faire aussi facilement.
Mais Raven avait raison : cela ne lui ressemblait pas. Au mieux elle pourrait faire languir Lexa, au pire, elle ne se laisserait aucune chance avec elle. Mais avant d'en juger, elle devrait laisser ce fameux verre se passer.
Elle aurait aimé arriver en retard, la faire languir, lui faire peur même en imaginant lui poser un lapin, mais c'était plus fort qu'elle, Clarke était ponctuelle, comme toujours.
C'est donc à 18h pétante que la jolie blonde se pointa devant le restaurant de Lexa. Cette dernière était déjà là, Clarke l'avait vu au loin. A mesure que ses pas la rapprochaient d'elle, la respiration de Clarke se saccada : pourquoi être aussi nerveuse pour un simple verre ?
Et lorsque Lexa se tourna et la vit, son visage s'illumina d'un large sourire… Clarke pensa alors que ce sourire lui avait manqué. Elle secoua sa tête pour chasser ces pensées : non, elle ne devait pas se laisser aller, ce n'était qu'un verre, un simple verre.
« Hey, salut, pile à l'heure. » sourit Lexa
« Tu t'es changée ? »
« Oh bah tu sais, j'avais pas très envie de sentir la frite et le gras… » Clarke opina, pinçant ses lèvres « Prête ? Je t'emmène dans un pub sur HillStreet. Peut-être que tu connais… »
« Je suis peu sortie depuis mon retour… »
« Tu es revenue il y a trois mois maintenant. » s'étonna Lexa
« Je suis pas du genre à sortir en temps normal… Et puis j'ai été pas mal occupée avec mon vernissage et mes tableaux. »
« Hâte que tu me racontes tout ça ! » s'enjoua Lexa qui la conduisit à quelques blocs de là. Lors de la marche, Clarke ne put s'empêcher de jeter quelques regards curieux vers la démarche de Lexa : elle avait déjà noté un léger boitement et quelques grimaces tirées selon le mouvement initié. Poussée par la curiosité, elle aurait voulu lui demander mais… Elle se disait que, peut-être, Lexa aborderait le sujet toute seule.
« Un bar irlandais, ça te dit ? »
Clarke opina : c'était parfait : assez convivial mais pas assez romantique pour qu'aucune ambiguïté ne se fasse.
Et après quelques détours de rues que ne connaissait pas Clarke, elles arrivèrent devant une devanture qui faisait furieusement penser aux décors extravagants que l'on pouvait trouver dans Harry Potter. Avec une enseigne en bois montrant un chaudron rempli d'or et une musique enjoué y émanant, Clarke sentait qu'elle allait aimer ce lieu.
Quand Lexa poussa la porte, la musique irlandaise envahit ses oreilles tandis que la déco intérieure obnubilait son regard : des drapeaux, des trèfles, des dragons…. Toute une mythologie et un pays en un bar dans un décor tout en bois et sculptures, bougies et fer forgé.
« Génial ! » lança Clarke alors que Lexa l'invita à la suivre jusqu'au bar.
« Hey Gus ! »
« Hey patronne ! Une table je suppose ? Suivez-moi. »
Lexa lui sourit avant de se tourner vers Clarke et de lui signifier de la suivre d'un mouvement de tête, ce que fit la belle blonde qui se retrouva soudain à l'écart en compagnie de Lexa, autour d'une petite table ronde et deux hauts tabourets.
« La carte ? »
« Une bière… blonde pour moi. Clarke ? »
« Pareil. » L'homme s'éloigna alors et Clarke fixa Lexa « Cet homme… C'est celui qui t'a accompagné à mon vernissage non ? »
« Gustus oui. Il bossait pour l'ancien patron de mon restaurant. Quand j'ai ouvert, il est resté. »
« Et il bosse ici aussi ? Tu les paies pas assez tes employés… » sourit Clarke
« Ce bar appartient à son frère, Nyko. Il vient lui prêter main forte parfois. »
« Hm je vois… »
« Tenez mesdames ! » lança Gustus en posant chacune des bières devant elles avant d'envoyer un discret clin d'œil vers Lexa qui leva les yeux au ciel.
Et alors quelques gorgées silencieuses, Lexa se lança « Alors… Il s'en est passé des choses en 6 ans… »
« Tu es devenue chef et propriétaire d'un resto. »
« Tu es devenue artiste et quasiment mariée… Effectivement, beaucoup de choses sont passées. » sourit Lexa nostalgiquement mais avec une pointe de tristesse tout de même
« Vas-y commence, je t'en prie. » s'amusa Clarke ne voulant pas trop en donner d'abord.
Lexa lui sourit s'attendant à cette réaction « Quand j'ai quitté Polis… » elle inspira, ce qui surprit Clarke « …J'ai intégré une clinique à Seattle. »
« Seattle ? » s'étonna Clarke « A l'autre bout du pays. »
« Elle était réputée pour les rééducations de sportifs. J'y ais passé 6 mois non-stop mais… En vain. » Elle soupira doucement « J'avais toujours l'espoir de pouvoir rejouer… Un mince espoir certes, mais… il était là. Mais au bout de 6 mois, les médecins ont été catégoriques : je ne pourrais plus jamais rejouer en professionnel. J'étais dévastée. Je n'avais plus rien : plus le basket et plus toi… »
« … »
« J'ai alors essayé de limiter les dégâts et de retrouver une marche quasi normale. Tu en vois aujourd'hui le résultat. » dit-elle en tapant sur son genou « Je boite légèrement… Je ne peux faire de longue distance à pieds si ce n'est au prix de douleurs lancinantes. Certains mouvements répétitifs deviennent impossible à la longue comme monter des marches. »
Clarke comprit alors que malgré les années, l'accident avait laissé une trace indélébile sur son corps, à l'image de sa cicatrice en étoile près de l'œil.
« Et maintenant ? »
« J'ai encore du travail, je suis toujours suivie. Et bientôt… » elle suspendit sa phrase avant de prendre une gorgée de bière
« Et bientôt ? »
Lexa sourit et fixa Clarke « Et… J'ai du trouver autre chose pour remplir ma vie morne. » sourit-elle
Clarke savait pertinemment que ce n'était pas ce que Lexa voulait dire, mais elle laissa couler « La cuisine donc. Et comment c'est venu ? »
Lexa sourit de plus belle, faisant courir son index sur le bord de sa chope « Grâce à toi. »
« Ah oui ? »
« Quand j'ai déménagé pour Seattle, comme je te l'ais dis, j'ai trouvé un tube à dessins au fond de mes cartons « Pour Lexa ». Quand je l'ais ouvert, j'y ais vu des dessins de moi en train de cuisiner. J'ai pris cela pour un signe. »
Clarke ferma brièvement les yeux pour se souvenir du jour où elle avait dessiné ces dessins, dans la chambre de Lexa. Elle se souvint soudain de la facilité des traits, de la rapidité de son inspiration, du modèle choisi… Oui, elle se souvenait à quel point ces dessins avaient été simples à imaginer.
« Un signe… »
« Oui. J'ai alors cherché de bonnes écoles de cuisine à Seattle et après avoir passé un concours d'entrée, j'en ai intégré une durant 1 an. »
« Comment tu es passée de Seattle à New-York ? »
« Grâce à Anya. »
« Anya ? » Clarke n'avait pas revu la jeune femme depuis 6 ans…
« Gustus et elle se connaissaient depuis quelques années. Gustus a fait une partie de ses études à Polis dans la section professionnelle. »
« Oh ok. Et donc ? »
« J'étais commis dans un grand restaurant quand Anya m'a informé que son ami Gustus venait de perdre son travail, que son restaurant allait fermer. C'était une occasion pour moi d'utiliser mes années d'économies accumulées par mes sponsors à Polis… J'ai décidé de retraverser le pays et venir m'établir ici. J'ai racheté l'établissement, je l'ais redécoré… Et à présent, c'est mon bébé, j'en suis fière. »
« Tu peux, il est vraiment chouette. »
« Merci. » sourit Lexa « Voilà, tu sais à peu près tout. »
Clarke se pinça la lèvre inférieure, sachant pertinemment qu'il y avait encore des blancs dans son histoire. Tout ne pouvait être résumé en si peu de temps… 6 ans étaient passés.
« Et toi alors … »
« Que dire que tu ne saches pas déjà… Tu m'as quitté, je l'ais mal vécu. J'ai lentement et difficilement remonté la pente mais j'ai finalement eu mon diplôme. J'ai ensuite enchainé avec un court stage avant de postuler en Europe. Une galerie milanaise m'a répondu, je suis partie quelques mois après la fin de Polis. Une fois là-bas, j'ai été contacté par Paris, et j'y ais travaillé près de deux ans. »
« Comment es-tu revenue au pays ? »
« Par un concours de circonstance. La galerie parisienne avait un partenariat avec New-York. Ils ont demandé si New-York pouvait utiliser quelques unes de mes œuvres… Au final, ils ont voulu que je bosse pour eux. Ils m'offraient un contrat d'un an renouvelable… »
« Pourquoi avoir dis oui si tu étais heureuse à Paris avec Niylah ? »
« Parce qu'en même temps, elle aussi à eu une opportunité ici, c'est ce qui m'a décidé à revenir. »
« Je vois… » Lexa savait qu'elle ne devait le retour de Clarke que grâce à Niylah « Et une fois ton contrat fini ? »
« J'en sais rien… L'avenir m'est ouvert. Je peux aller n'importe où tant qu'il y aura des gens à qui mes peintures plairont. »
« J'étais là tu sais… A ta remise de diplôme. »
Clarke se figea alors et écarquilla les yeux « Comment ça tu étais là ? »
« Je suis venue. Anya y était et je me suis dis que… ca aurait été une raison pour te revoir, peut-être même discuter… »
« Mais je ne t'ais pas vu. »
« Parce que j'ai eu peur. Finalement, je suis restée cachée… Je n'ais pas osé. Tu étais tellement radieuse, heureuse de ce moment. Je n'avais pas envie de tout gâcher avec ma présence. J'avais déjà agis égoïstement la première fois, je ne voulais pas ruiner ce moment non plus… »
« Je vois… »
Lexa ne savait pas si elle avait bien fait ou non, si sa peur lui avait fait manquer quelque chose. Le visage de Clarke n'affichait aucun indice pour savoir si elle aurait aimé l'y trouver ou pas, ou si cette idée lui aurait plu ou le contraire. Non rien, la jolie blonde resta impassible.
« Et donc… je suis repartie, en sachant que tu étais heureuse et diplômée… Quelques mois plus tard, il y eut la réunion des anciens. Là encore, j'aurais voulu y aller mais l'idée même de t'y voir et de provoquer peut-être un clash m'effleura et j'ai fais machine arrière. Anya y a été pour moi, quand elle est revenue, elle m'a dit qu'elle ne t'y avait pas vu non plus mais qu'elle avait croisé Raven qui lui avait dis que tu étais partie à l'étranger pour un temps indéterminé. » Elle se posa alors, buvant une autre gorgé du liquide doré « J'ai su alors que ma chance était partie… Je m'en suis voulu… Je m'en veux encore. »
Clarke aurait voulu lui dire que c'était bien fait pour elle, que c'était de sa faute, que c'était elle qui avait précipité sa chute. Mais au lieu de ça, elle baissa le regard et garda le silence et préféra enchainer deux longues gorgées de bière.
« Enfin… C'est la vie. » sourit Lexa tristement
« Oui, j'imagine que c'est ça grandir… » lança amèrement la jolie blonde
« Tes toiles sont magnifiques. » souffla Lexa, comme pour changer de sujet « Ais-je au moins le droit d'exposer tes œuvres dans mon resto ? Je veux dire, y'a pas une sorte de label sur la propriété intellectuelle ? »
« Je t'ais fais ces toiles, elles sont à toi. »
« A ton avis, j'en tirerais combien si je les vendais ? »
Clarke haussa un sourcil, entre amusement et surprise « Tu oserais ? »
« A vrai dire… J'en serais totalement incapable, j'y tiens trop. Ce sont elles qui m'ont guidé vers la vie que j'ai à présent. J'ai entendu dire que tu te débrouillais pas mal en déco d'intérieur aussi ? »
« J'avais dans l'idée de faire ma petite entreprise dessus. Mais j'ai peu de temps en ce moment… J'ai seulement refait quelques apparts, et ça marchait plutôt bien. C'était une alternative si jamais ça marchait pas avec mes dessins… »
« Tu es pleine de ressources. » sourit Lexa
« J'essaie. Et toi alors… On est loin de ton bar à sucres. »
Lexa gloussa alors « Tu t'en souviens… » Clarke opina « C'est ce que j'ai voulu au départ… Mais les investisseurs étaient plus frileux. J'ai opté pour mon second choix : un diner's. Il marche bien, j'en suis contente. Peut-être qu'un jour je l'ouvrirais ce fameux bar. » lança-t-elle dans un sourire nostalgique.
Clarke se souvenait de leurs discussions le soir, dans la chambre de Lexa. Elles aimaient à refaire le monde, imaginer leur futur, leur vie. A l'époque, Clarke voulait ouvrir sa propre galerie et donner un coup de pouce aux jeunes débutants qui, comme elle, un jour commenceraient. Lexa, elle, s'imaginait déjà reine de la NBA… Les choses avaient bien changé depuis. Et si Clarke n'avait pas abandonné ce rêve, il était certain que Lexa avait du revoir ses idéaux. Elle n'imaginait pas ce qu'il serait advenu d'elle si, à la suite de l'accident, on l'avait amputé d'une main ou d'un bras l'empêchant de réaliser son rêve, ce pour quoi elle croyait être faite.
Elle avait essayé de s'imaginer à la place de Lexa, imaginer son rêve brisé : qu'aurait-elle fait ? En y repensant, elle aurait certainement repris des études de médecines et suivis les traces de sa mère, peut-être même travaillé avec elle dans son service… Oui, elle aurait toujours eu un plan de secours… Mais aurait-elle eu la même mentalité ? Aurait-elle été pleinement satisfaite ?
Et elle ne pouvait s'empêcher de se poser la même question pour Lexa : elle qui avait toujours rêvé de faire du basket, aujourd'hui elle en était privée… Mais pourtant, elle semblait heureuse et épanouie avec son restaurant et ses nouvelles responsabilités. Et pourtant, elle sentait que quelque chose retenait encore la jeune femme… Et c'est en déviant son regard vers le cou de Lexa qu'elle découvrit une partie de la réponse : autour de son cou, une chaine et un pendentif que Clarke ne connaissait que trop bien : un petit raton laveur en argent… Elle lui avait offert pour leur seul et unique Noel ensemble, et elle l'avait gardé tout ce temps, même après leur rupture, ce qui en disait long sur le remord de la jolie brune.
Clarke aurait pu être touchée, mais, au contraire, elle trouvait que c'était un juste retour de bâton. Lexa l'avait voulu… Et Clarke n'avait rien eu à dire, elle n'avait rien pu faire… Et pendant des mois elle avait joué avec sa vie, jusqu'à presque la perdre au passage. Elle avait trouvé son chemin et aujourd'hui, devant Lexa, elle n'avait pas l'impression de revenir 6 ans en arrière, mais d'avoir vécu 6 ans… 6 années qui allaient l'aider à surmonter cette nouvelle épreuve sans qu'elle ne faiblisse. Car il était hors de question qu'elle laisse Lexa investir de nouveau sa vie sans craindre un nouveau revirement de situation qui la plongerait encore dans l'enfer. Car il était surtout question de cela : avait-elle assez confiance en Lexa ? Et surtout en elle ?
« Je l'ai gardé oui… » lança Lexa lorsqu'elle se rendit compte que Clarke venait de voir son pendentif. Machinalement, elle le caressa de son index et sourit « C'est idiot mais… Je l'ais toujours considéré comme un signe, un porte-bonheur. »
Clarke opina alors, ne sachant pas vraiment si elle aurait aimé savoir la signification de ce pendentif pour Lexa, lorsque, pour elle, il ne signifiait plus rien.
Lexa sentit Clarke sur la défensive, peu encline à laisser quiconque entrer dans la forteresse qu'elle avait érigé toutes ces années. Elle fut soudainement envahie par la jalousie : Niylah avait réussi à y entrer, peut-être même avait-elle réussi à baisser ses défenses… En serait-elle capable à son tour ? Il lui faudrait des trésors de patience et d'ingéniosité pour y parvenir. Clarke la laisserait-elle faire au moins ? Rien n'était moins sûr. Elle devrait certainement la reconquérir dans les règles de l'art, peut-être même se heurterait-elle à quelques refus et désillusions, mais elle devait y croire. Leurs retrouvailles étaient providentielles, cela voulait forcément dire quelque chose… Elle devait y croire, elle le devait.
Soudain, une musique résonna et Clarke vit Lexa blêmir « Oh non… » souffla-t-elle de manière à peine audible en se tenant la tête
« Un problème ? » lança Clarke
« Hey Lex, c'est la tienne celle-là ! » lança Gustus tout sourire
Lexa grogna alors, certainement maudissant en 10 langues son ami tandis que Clarke se demandait ce qu'il se passait. Mais amusée de voir Lexa si contrariée et gênée elle resta là, à regarder Lexa se décomposer.
« Gus… »
Ce dernier se pointa à la table des jeunes femmes et s'accouda à l'épaule de Lexa « Tu te souviens de ce titre hein Lex… »
Evidemment, Lexa s'en souvenait… Il avait suffit d'une seule soirée avec un verre de trop pour que ce morceau devienne l'incarnation de la débauche de la jeune femme. Voyant Clarke totalement perdue, Gustus se tourna vers elle « On avait fêté dignement notre première année au restaurant. Et disons que… Lexa a légèrement abusé niveau boisson… Et lorsque cette chanson est passée, la demoiselle en question s'est retrouvée, on-ne-sait-comment, à demi nue sur une table à chanter à tue-tête. »
« Ah vraiment ? » s'étonna Clarke qui avait bien du mal à imaginer Lexa si à l'aise en public. D'ailleurs, au vue de la tête que faisait la jeune femme à cet instant précis, elle devait certainement regretter son geste.
« La ferme Gustus… » grommela Lexa, sa tête s'enfonçant un peu plus dans ses épaules, ce qui amusa de plus belle Clarke qui ne cachait plus son plaisir de voir Lexa en si mauvaise posture.
« Intéressant… Je ne savais pas que tu chantais … »
« Oh et elle chante très bien ! Enfin quand elle n'est pas trop saoule pour articuler ! »Lexa envoya un virulent coup de coude dans les cotés de Gustus qui éclata de rire avant de repartir.
Lexa sourit à Clarke tout en évitant son regard, occupée à contempler sa chope de bière dont le niveau ne descendait pas assez vite au gout de la jolie brune.
« Alors, tu comptes t'enfermer dans un mutisme gênant jusqu'à la fin de la soirée ? »
« Sincèrement ? Oui. » grogna Lexa, les joues empourprées
Clarke lâcha un petit rire, ce qui gonfla le cœur de Lexa :
« Il faudra que tu me montres un de ces jours cette prouesse. »
« Il n'y a aucune preuve… Seul le témoignage de Gustus… Que je vais étrangler de mes mains sous peu. »
Clarke sourit de plus belle alors « J'ai du mal à t'imaginer te lâcher de la sorte… »
« C'était exceptionnel. Je ne bois pas d'habitude… » Mais en voyant Clarke lorgner sur sa chope de bière à moitié vide, les joues de Lexa rougirent de plus belle « Oui enfin… Tu veux qu'on aille ailleurs ? »
« Je suis bien là… » sourit Clarke
Lexa lui sourit en retour « Alors c'est ce qui compte. » assura-t-elle avant de boire une énième gorgée de bière sous le regard bienveillant de Gustus. Elles restèrent quelques minutes dans le silence le plus complet, se contentant d'écouter la musique ou même regarder un match de rugby sur l'écran géant au fond de la pièce.
« Tu as lâché le basket ? » s'amusa Clarke en donnant un léger coup de tête vers l'écran. Lexa se tourna et sourit
« Nope. Disons que mes perspectives sont … plus diversifiées. »
« Tu fais un autre sport ? »
« Natation, par défaut. Il parait que c'est bon pour ma jambe. » sourit-elle tristement
Clarke sentait que le sujet de l'accident et de la jambe de Lexa était assez tendu et compliqué, et pourtant, elle voulait en apprendre plus, elle voulait savoir comment tout cela s'était passé, cette chose qui les avait séparé finalement.
« Ou en es-tu avec ta rééducation ? »
Lexa se tendit : elle savait que ce sujet viendrait sur la table mais elle n'était pas encore prête à le partager avec Clarke, pas lorsqu'elle savait celui-ci responsable, en partie, de leur rupture.
« Je… C'est… quasiment finie. » répondit-elle assez vite avant de se lever de la table « On va faire un tour ? »
Clarke haussa un sourcil mais acquiesça et suivit la jeune femme hors du pub après que cette dernière ait payé avec galanterie.
C'est dans le silence le plus complet que les deux jeunes femmes s'éloignèrent du pub et de son ambiance festive. De nouveau sur Time Square, c'est entourées du bruit de la circulation et des halos lumineux des enseignes qu'elles continuèrent leur marche.
« C'était cool… Ce premier verre. » lâcha finalement Lexa
« Oui assez. »
Clarke sentait la marche de Lexa ralentir un peu, elle s'ajusta alors et finit par demander, trop curieuse « Tu as mal ? »
Lexa sourit avant de baisser le regard « Ca m'arrive parfois… Après un long service… »
« Ca te fait quoi ? »
« Une éternelle crampe. Et au toucher, comme si j'avais un immense bleu. »
Clarke imaginait difficilement pouvoir ressentir une telle douleur tous les jours que Dieu faisait « Et tu ne prends rien contre la douleur ? »
« J'ai pris… Au début. Mais je suis devenue accro et j'ai du me sevrer, Anya m'a aidé. Et depuis j'essaie de m'en passer. Oh je n'ais pas toujours mal… Il ne faut pas que je présage de mes forces… Mai au fil des années, j'ai appris à jauger. »
« Je vois… »
« Bon, nous y voilà ! » lança gaiment Lexa, comme pour changer de sujet
Clarke se rendit compte qu'elles étaient arrivées juste devant le Sixties. Et devant le regard interrogateur de la jolie blonde, Lexa expliqua « J'habite ici. »
« Tu habites dans ton restaurant ? » s'étonna Clarke
Lexa gloussa alors « Non, j'habite au dessus. » dit-elle en pointant l'étage au dessus du Diner's « C'est un appart sur 2 étages. C'était celui de Gustus, mais il a emménagé avec son frère près du pub. Alors il m'a demandé si je voulais je reprendre. »
« C'est pratique en effet. »
Elles échangèrent un timide sourire avant que Lexa ne soupire « Il n'est pas question de boire un dernier verre chez moi ce soir alors… » elle sourit « C'était très sympa, merci. »
« Oui ca l'était. » lança Clarke, essayant de rester détachée le plus possible
Lexa sourit de plus belle avant de sortir un bout de papier et de griffonner quelque chose dessus, puis de le tendre à Clarke « C'est mon numéro. Clarke… » la jolie blonde ancra alors son regard dans le sien « Je ne veux t'obliger à rien, y compris ma présence. Tu as mon numéro, je ne veux pas le tien. Si tu souhaites me revoir, je veux que ce soit ta décision. Il ne tient donc qu'à toi de… continuer ce qu'on a entamé. Je ne mettrais aucune pression sur toi, je ne ferai rien pour initier la chose. Je veux que ce soit toi. Peu importe quand et ou, tant que tu es prête à le faire, je préfère que se soit de ton propre chef. »
Clarke tomba des nues alors. Elle prit alors le bout de papier et fixa le numéro avant de fixer Lexa « Mais… »
« Bonne nuit Clarke. A bientôt… J'espère. »
Puis elle disparut laissant Clarke complètement prise au dépourvu : elle lui laissait l'initiative d'une nouvelle rencontre ? Elle qui pensait que Lexa ferait tout et n'importe quoi pour la reconquérir, la voilà à présent maitresse de la situation. Mais bien au-delà de ça, c'était à elle de choisir si elle voulait laisser Lexa entrer de nouveau dans sa vie.
Dans sa bulle. C'était encore le meilleur endroit pour elle. Ecouteurs sur les oreilles, pinceau en main, Clarke était assise sur un tabouret, faisant face à une toile quasi vierge. Et lorsque son téléphone vibra, elle sut de qui il s'agissait sans même regarder son écran. Quelques secondes plus tard, la porte de son atelier s'ouvrit pour laisser apparaitre Raven.
« Hey… »
« Hey. »
Raven le savait : si Clarke était ici c'était pour une bonne raison. Elle n'avait pas revu ni parlé à son amie depuis le verre que cette dernière avait partagé avec Lexa, une semaine plus tôt. Il était fort à parier que cela avait à voir avec la jolie brune.
« Alors, quel est le problème cette fois-ci ? La dernière fois que je t'ais trouvé ici c'était après la demande en mariage de Niylah… J'imagine bien que Lexa n'a pas encore fait une telle demande. »
Pour toute réponse, Clarke enleva ses écouteurs avant de lever les yeux au ciel « Non. »
« Ouf, tu m'as fais peur. Alors ? »
« On a bu un verre… »
« Oui, ça j'avais compris… D'ailleurs j'attends toujours ton compte rendu… »
« Désolée, j'ai été occupée… »
« Oh oui c'est flagrant. » ironisa Raven
« La ferme… »
La belle latino se posta à coté de son amie et scruta la toile. Puis elle s'approcha alors et décrocha ce qui était épinglé au centre de la toile « Qu'est-ce que c'est ? »
« Le numéro de Lexa. »
« Oh… Et ? »
« Elle me l'a donné pour que je la recontacte si j'avais envie de la revoir… »
« Tu lui as pas donné le tien ? »
« Elle le voulait pas. Elle m'a dis que si contact il devait y avoir de nouveau, elle préférait que ce soit de mon initiative, parce qu'elle ne veut pas s'imposer ou me mettre la pression. »
« Malin. Et donc… Tu l'as rappelé ? »
« Non. »
« Ca fait plus d'une semaine Clarke. Tu attends quoi ? Qu'elle se lasse ? »
« J'en sais rien. Elle m'a dit de prendre mon temps… D'être sûre de ce que je voulais. »
« Hm je vois… Et tu n'es pas prête donc ? »
« J'en sais rien… Si je la rappelle, qu'est-ce que ça voudra dire ? »
« Bah, visiblement, que tu es prête à retenter quelque chose, ou du moins d'y penser fortement. »
« C'est le problème. J'ai pas envie qu'elle pense que c'est gagné… Je veux qu'elle rame, je veux qu'elle sache que ça ne sera pas si simple. »
« T'es pas obligée de lui tomber dans les bras de suite. Tu peux la rappeler juste pour lui signifier que tu n'es pas contre mais que ça sera sous tes conditions. »
« … »
« Clarke, elle a été assez maline pour ne pas te mettre la pression et te laisser de l'espace. Mais avec tout l'amour et la patience qu'elle a, je doute qu'elle attende encore longtemps. Tu pourrais au moins juste lui faire un signe… »
« Je sais mais… Et si ça dérape ? »
« Tu penses que ça peut déraper ? »
« C'était bien tu sais, ce verre qu'on a partagé. Même si on était distantes et sur la défensive, se retrouver ensemble et discuter… Ca m'avait manqué. »
« De quoi vous avez parlé ? »
« De tout et de rien : de ce qu'on a fait durant ces six années… »
« Tu lui as parlé de… »
« Non. Je ne suis pas prête pour l'évoquer avec elle. On est pas encore assez… proche. Je veux dire, c'est pas une super accroche pour entamer une relation que de parler de sa tentative de suicide… Sauf si tu veux qu'elle te plaigne. »
Evidemment, Raven n'évoquerait jamais le fait que Lexa était déjà au courant, et encore moins que c'était elle qui avait lâché le morceau. Elle espérait que Lexa comprenne et ne suive le mouvement. Car il était hors de question qu'elle mette son amitié en péril avec Clarke à cause d'elle. Elle avait pris un risque, mais c'était avant tout pour le bien de Clarke.
« Alors, tu vas l'appeler un jour ou pas ? »
« J'en sais rien… Peut-être qu'elle va craquer avant moi et qu'elle viendra à la galerie… »
« Ou… Elle pourrait respecter ses vœux et ne plus t'importuner si elle croit que tu préfères en rester là. »
« … »
« Clarke… »
« J'ai peur… J'ai peur que ça aille trop loin. »
« Loin comment ? »
« J'ai peur de ressentir ce que j'ai pu ressentir pour elle il y a des années déjà. »
« Bah, en un sens, ça pourra jamais être pareil : vous êtes plus mûres, vous avez vécu des choses… Vous n'êtes plus ces ados la tête dans leurs études, et le cœur dans le lit de l'autre. Ca ne sera plus jamais pareil Clarke… Et en même temps, je suis certaine que ce doux sentiment qu'être amoureux n'est jamais bien différent. »
Clarke fixa alors le bout de papier et le caressa de l'index « Lexa… » murmura-t-elle à peine
S'il y avait bien une chose que Lexa détestait c'était de cuisiner chez elle. Elle avait juste l'impression de ramener du travail chez elle. Elle qui était sans cesse derrière les fourneaux dans son restaurant. Et pourtant, elle s'était faite une tradition de cuisiner un plat assez conséquent tous les dimanches soir afin de se nourrir avec toute la semaine.
Elle n'avait jamais le temps : ni de cuisiner, ni de manger le midi. Et lorsqu'elle revenait le soir, parfois tard, elle n'avait même pas la force de manger. Et après un premier malaise, 2 ans auparavant, les médecins lui avaient ordonné de mieux s'occuper d'elle, sous peine de devoir prendre un congé.
Pour elle, il était hors de question de prendre un arrêt de travail… Alors, elle prit le parti de se faire un repas complet qu'elle divisait en plusieurs barquettes qu'elle mangeait au gré de la semaine. Ce soir, elle avait décidé de faire un bœuf bourguignon, un des plats qu'elle préférait cuisiner et dont l'odeur embaumait tout son appartement.
Elle aimait son métier, vraiment, mais il n'y avait pas pire chose que de cuisiner pour elle seule. Et alors qu'elle préparait déjà les barquettes pour sa semaine, on toqua à sa porte. Elle enleva son tablier avant d'aller ouvrir nonchalamment. Lorsqu'elle découvrit l'identité de la personne se trouvant derrière la porte, elle perdit contenance.
« Clarke ? »
TBC
