La sécurité, c'est un bon début, mais parfois, c'est aussi là qu'on a le temps de réfléchir et de réaliser ce qu'il se passe. Et quand on a pas été élevé comme un Winchester, ce n'est pas toujours facile...
Merci Ollicity Throy pour les encouragements, c'est très agréable de se savoir non seulement suivie, mais attendue :)
Warning : ce chapitre mérite son rating M, y'a un peu de coquin, enjoy ;)
...
Laureen, qui avait observé la scène sans rien dire, adressa un haussement de sourcil interrogateur à Sam quand il se tourna vers elle, l'air inquiet.
- "Qu'est-ce qu'elle a ?" demanda-t-elle.
- "Je ne sais pas, c'est comme si… elle avait été drainée de toutes ses forces en guérissant Bobby. Elle a visiblement perdu du poids et semble totalement épuisée." Lui répondit-il en venant se rasseoir.
Laureen, elle aussi inquiète, lui prit la main et la serra doucement. Ça au moins, elle pouvait le faire.
Bobby vint les réveiller au petit matin. Il semblait parfaitement en forme et Sam grogna d'un air dégoûté en le voyant ainsi, alors que lui-même se sentait crasseux, épuisé et découragés.
Sam lui raconta le réveil nocturne d'Emily et l'inquiétude, ainsi que la culpabilité, traversèrent le visage de son parrain.
- "On verra à son prochain réveil, en attendant, allez-vous coucher tous les deux, vous en avez besoin, je prends le relais."
Sam hésita, sachant qu'il était le seul à pouvoir communiquer avec Dean, mais celui-ci semblait dormir et il avait vraiment besoin de sommeil. Et de fait, il sombra dès que sa tête toucha l'oreiller.
Quelques heures plus tard, lui et Laureen repassèrent la porte de l'infirmerie, un peu plus reposés.
- "Quoi de neuf Bobby ?"
Le vieux chasseur était en train de lire une histoire à Kate, qui l'écoutait, pelotonnée sur ses genoux. Elle ne supportait apparemment pas de rester seule, et semblait étonnamment calme pour une enfant de son âge.
- "On en est au huitième Monsieur et Madame, sinon, rien du côté de nos dormeurs."
Sam ferma les yeux un court instant.
- "Sauf que Dean est réveillé.
- Ah, c'est vrai qu'on ne voit pas tellement la différence ficelé comme il l'est." Dit Bobby, mi-figue mi-raisin.
- "On ne peut pas le garder comme ça, il faut qu'on trouve rapidement un moyen de le libérer de ce sort de contrainte.
- Sauf que c'est Emily la spécialiste des contraintes, et qu'elle ne semble pas tellement en état de l'aider." Dit Laureen.
- "Est-ce que tu peux appeler la famille à Londres, quelqu'un saura peut-être comment faire." Lui demanda Sam.
- "Bonne idée," dit Bobby. "Et moi, je crois que je vais aller faire un tour au bunker, on a déjà passé au peigne fin la plupart des ouvrages qu'on a ici, mais il reste peut-être des choses à trouver là-bas. Et puis, j'aimerais m'assurer que personne n'y a mis les pieds, les connaissances des ravisseurs en matière de magie m'inquiètent, je n'aimerais pas découvrir qu'ils sont au courant des planques des hommes de lettres.
- Heureusement qu'ils s'y connaissent mieux en magie qu'en stratégie, sinon, notre petit raid d'hier aurait pu se solder par un échec cuisant. Ils n'étaient ni très organisés, ni très doués en combat." Dit Sam.
- "Tu veux dire, à part le type qui m'a transpercé le poumon ?" ironisa Bobby.
- "A part celui-là, et même, si j'ai bien compris, après son tir, il aurait pu achever Emily, mais il n'a pas réagi assez vite.
- C'est vrai qu'ils n'avaient visiblement pas l'habitude de se battre, mais on ne peut pas compter sur cette lacune à l'avenir, et quelque chose me dit qu'on n'en a pas fini avec eux. Je doute que nous ayons coupé la tête du serpent." Conclut Bobby.
- "Je vais aller appeler Londres." Dit Laureen d'une voix morne avant de quitter la pièce.
Bobby la regarda sortir, puis lança un coup d'œil à Sam, qui haussa les épaules, l'air triste.
- "Je crois qu'elle n'est pas faite pour cette vie, et hier, ça a été dur pour elle, alors se relancer dans une énième quête…" Dit Sam.
- "Ouais, ce n'est simple pour personne, mais je comprends."
Sentant quelque chose dans le lien qu'il avait avec son frère, Sam proposa à Bobby d'emmener Kate à la cuisine, pendant qu'il s'occupait de Dean. Le nouveau moment gênant passé, il pensa que vraiment, il fallait trouver rapidement une solution à cette situation, ils ne tiendraient pas longtemps avec un niveau pareil d'intimité.
Bobby partit un peu après pour le bunker, en leur promettant de les tenir au courant. Sam lui téléphona à Sandy, qui se rongeait sûrement les sangs pour eux tous et qui ne savait pas encore qu'ils étaient revenus, avec les deux otages saufs, même s'ils n'étaient pas tous en bon état. Elle débarqua dans la demi-heure, et pleura de joie quand Kate se jeta dans ses bras.
La petite accrochée à elle, elle écouta Sam et Laureen lui raconter ce qu'il s'était passé et pourquoi Dean et Emily partageaient l'infirmerie.
- "Voilà, tu sais tout." Conclut Sam à la fin de son récit.
- "Nom de dieu, vous avez vraiment une vie de dingue !" dit-elle, abasourdie.
Laureen se recroquevilla un peu en entendant ça, mais Sam la prit immédiatement dans ses bras pour la rassurer.
- "Malheureusement oui. Maintenant, il faut qu'on gère les conséquences de cette folie. La famille anglaise planche en ce moment sur le cas de Dean, mais je crois qu'on va avoir besoin d'un coup de main plus pragmatique pour nos deux malades." Dit Sam
- "Ah ça, c'est dans mes cordes. Cristal avait amené pas mal de poches de nutrition pour toi quand tu étais dans le coma, je peux les donner à Dean et Emily, en attendant mieux." Répondit Sandy.
- "Merci, ça nous aiderait bien oui.
- Est-ce que ça vous dérange si je m'installe ici quelques jours ? Cristal est repartie en tournée hier, et je pourrais vous aider pour les malades, et garder ma petit puce qui semble avoir bien besoin de présence elle aussi.
- Tu ferais ça ?
- Évidemment, si je le propose.
- Je ne sais pas comment te remercier Sandy.
- C'est normal, vous affrontez les monstres, le moins que je puisse faire, c'est vous remettre sur pied pour le prochain round." Dit-elle avec un sourire, essayant de détendre l'atmosphère.
Sam eut un petit rire, et même Laureen réussit à sourire un peu, reprenant quelques couleurs.
- "Bon, au boulot alors. Kate, tu restes un moment avec oncle Amy ? Et promis, après, on ira jouer un peu dans le jardin, tu veux bien ?" Dit Sandy.
La petite approuva d'un air grave et tendit les bras à Sam, qui la serra contre lui. Puis Sandy partit installer le matériel pour soulager les deux malades.
L'après-midi passa, entre les jeux avec Kate, la veille dans l'infirmerie et les recherches, encore, dans la bibliothèque disponible.
Laureen ne quittait pas Sam d'une semelle, et agissait par certains côtés presque comme Kate, cherchant en permanence à être rassurée. Mais elle travaillait néanmoins sur le problème de Dean, passant en revue les piles de livres qui auraient pu contenir un sort adéquat.
Puis ils prirent un vrai repas, préparé par Laureen qui avait besoin d'une pause et de faire quelque chose de normal comme elle l'avait dit à Sam, qui l'aida volontiers.
Après avoir mangé, Sandy alla coucher Kate, et Laureen, peu désireuse de se remettre aux recherches, prit la main de Sam et l'entraina dans la chambre, fermant la porte à clef derrière elle.
- "Laureen que… ?" demanda Sam, pas très sûr de comprendre ce qu'il se passait.
- "J'ai besoin de toi Sam, j'ai besoin de me sentir en vie, besoin de me souvenir que la vie vaut la peine d'être vécue…"
Elle se colla contre lui, puis, se haussant sur la pointe des pieds, chercha sa bouche. Surprit, il lui rendit son baiser, d'abord avec douceur, mais très vite, il répondit avec ardeur à l'impatience qu'il sentait en elle.
Elle glissa ses bras autour de lui, le serrant contre elle assez fort pour que ça en soit presque douloureux. Puis, elle s'écarta d'un coup, le laissant pantelant, et se débarrassa en un minimum de geste de ses vêtements, pendant que, galvanisé, il faisait de même.
Il voulut alors l'emmener sur le lit, mais elle lui intima un "non" définitif, et le plaqua contre le mur. Il avait l'impression d'une liane s'enroulant autour de lui. Ses mains étaient partout, sa bouche déclenchait des frissons délicieux dès qu'elle se posait sur une parcelle de peau. Impatient, chauffé à blanc, il lâcha prise, et lui répondit enfin, caresse pour caresse, baiser pour baiser. Et, reprenant l'initiative, il la fit pivoter, la plaquant à son tour contre le mur, avant de la soulever comme si elle ne pesait rien pour entrer en elle d'un coup de rein. Elle feula de plaisir, et il grogna en sentant ses dents s'accrocher à son cou. L'impatience et l'urgence le firent jouir rapidement, et elle accueillit son spasme d'un grognement satisfait.
La décollant du mur, il la porta jusqu'au lit cette fois sans qu'elle proteste. Elle eut un petit cri de dépit quand il sortit d'elle, mais il le noya sous ses baisers. Trouvant les bons gestes, alternant frôlement et caresses plus appuyées, il l'amena, lentement mais sûrement, jusqu'à la jouissance, l'écoutant gémir puis crier sous ses mains, avant de la pénétrer à nouveau pour la rejoindre dans le plaisir.
Dean, étendu dans son lit, regardait le plafond. S'il avait trouvé le temps interminable lorsqu'il était prisonnier, il devait admettre que sa situation ne s'était pas franchement améliorée depuis sa "libération". Bien sûr, il était conscient que l'ordre non annulé le liait encore, et que si on le détachait, il s'en prendrait sûrement à Emily surtout et aux autres également. Il ne niait donc pas la nécessité de le garder ainsi, mais l'épreuve n'en était pas moins difficile, et morne surtout. Il y avait certes le lien avec Sam, et les conversations qui se tenaient dans l'infirmerie lui permettaient de rester au courant ce qu'il se passait, sans compter le soulagement de voir sa famille saine et sauve, mais la frustration gagnait du terrain à chaque minute. Et devoir demander à son frère de l'aider à pisser était un truc les plus humiliants qu'il ait vécu.
Il ruminait ainsi, tout en tentant de maîtriser au moins un mouvement, ne serait-ce qu'un doigt, en essayant de se souvenir de comment il avait réussi à dévier, d'un rien, le canon de son arme avant de tirer sur Emily, quand il sentit quelque chose dans son lien avec Sam.
Une sensation familière envahi son bassin, et il eut soudain très chaud. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre ce qu'il se passait. Alors d'accord, il avait partagé beaucoup de choses avec Sam ces dernières années, mais là… ça allait décidément un peu loin.
Cramoisi de gêne, mais privé de toute excitation sexuelle depuis qu'il était ensorcelé, il ne put s'empêcher, malgré le côté malsain, d'espionner les émotions de Sam. Et très vite, son esprit dériva, emporté par la sensation. Sentant le plaisir, mais aussi l'amour de son frère pour Laureen, il revécu l'excitation et la douceur de la nuit qu'il avait passé avec Emily, il y avait des années de ça. Il entendait d'ailleurs le souffle régulier de celle-ci dans le lit à côté de lui, et il regretta de ne pas écouter à nouveau ses soupirs et ses ronronnements répondant à son propre plaisir.
Enfin, les sentiments par procuration s'apaisèrent, mais les pensées de Dean revinrent, encore et encore, à la nostalgie de cette fameuse nuit. Il l'avait pourtant repoussée après, en allant s'installer chez Lisa d'abord, puis en la traitant comme une sœur. Il avait même fait semblant d'ignorer ses avances, pour ne pas… ne pas quoi ? S'attacher trop à elle ? La laisser tomber amoureuse de lui ? Il comprit alors qu'il était bien trop tard pour ça, dans un cas comme dans l'autre. Elle était la mère de sa fille adorée, certes, mais elle était bien plus que ça. Et même s'il avait longtemps refusé de l'admettre, la repoussant de toutes ses forces pour ne pas souffrir comme il avait souffert après Lisa, il l'aimait. Sans doute depuis ce baiser volé un soir, où il avait senti une frustration immense de ne pas avoir pu aller plus loin. Et il se jura de le lui dire dès qu'il serait libre et qu'elle serait guérie, se traitant longuement d'idiot de ne pas l'avoir fait plus tôt.
