Voilà, une partie de l'histoire s'achève. Mais tout n'est pas fini. C'est juste que je pars (oui, encore) en vacances, et que je n'ai pas encore écrit plus de quelques lignes de la suite. Du coup, je vous laisse sur une sorte de happy end plutôt que sur un cliffanger, parce que j'aime les histoires qui se finissent bien. Enfin... au moins pour un moment. Mais je vais revenir le plus vite possible pour mettre un terme à ce premier cycle, qui est bien assez long je crois ;) (bien plus long que je ne l'aurais jamais cru en écrivant mes premières lignes).
J'ai déjà un début d'une autre fic (beaucoup plus courte normalement, c'est un crossover SPN saison 9 avec... Une autre série que j'aime, na :) ), mais je ne la publierai que quand elle sera achevée, parce que je ne suis pas sûre d'arriver à faire ce que je voudrais. Et aussi parce que je veux arriver à la fin que je me suis fixée pour l'Alliance sans être trop distraite.
Alors à très vite, j'espère que mes fidèles commentatrices (ou commentateurs, qui sait) dont j'adore lire les encouragements seront content de cette fin temporaire. Merci Ollicity, effectivement, Castiel est vraiment le spécialiste pour choisir son moment, mais c'est pour ça qu'on l'aime.
Warning : rating M décidément, scène coquine ;)
...
Deux jours plus tard, Sam parti retrouver Laureen, et Frances l'accompagna pour reprendre un avion vers Londres. Bobby avait hésité, mais tout ce temps passé les uns sur les autres au Fort l'avait rendu nostalgique de son chez lui bien tranquille. Sandy était repartie aussi (Cristal étant dans les parages, ça n'avait surpris personne) si bien que la maison se vida de ses occupants, ne laissant que Kate, Castiel, qui n'avait nulle part où aller, Dean et Emily.
La petite était d'ailleurs ravie. Sa mère était de retour, son papa était là et elle avait un nouveau copain toujours prêt à jouer avec elle, tout allait donc pour le mieux. Et si les absents allaient lui manquer, elle savait qu'ils reviendraient, ils l'avaient tous promis.
Ils s'installèrent rapidement tous les quatre dans une routine agréable, faite de jeux et de tâches domestiques basiques, qui leur permettaient de reprendre des forces, de respirer un peu et mine de rien, de réapprendre à se connaitre.
Bien sûr, Emily continuait à surveiller Castiel, et à explorer avec lui les limites de son amnésie. Il se laissait faire avec confiance, et faisait volontiers tous les tests et les exercices qu'elle lui proposait. Ils développèrent ainsi une complicité qu'ils n'avaient jamais eue du temps de la grâce de l'ange. Il avait gardé ce côté littéral et terre à terre qui amusait Dean depuis longtemps et qu'elle découvrait avec plaisir, et elle avait toujours aimé expliquer les choses, il appréciait donc la patience et l'exhaustivité de ses réponses.
Un jour, alors qu'Emily et Dean revenaient d'une expédition destinée à renouveler les stocks de l'infirmerie, ils trouvèrent Castiel à quatre pattes, transformé en poney pour une Kate extatique qui paradait, juchée sur son dos. Elle allait commencer une phrase du genre "mais enfin Kate, ça ne se fait pas" quand elle entendit un drôle de bruit. Ça ressemblait à… un gloussement ? Elle regarda Dean et le vit lutter contre un fou rire. Il perdit rapidement le contrôle et, incapable de dire quoi que ce soit, se contenta de désigner la tête que faisait Castiel. Qui prenait visiblement son rôle de monture très au sérieux, malgré la lueur de plaisir qui brillait dans ses yeux bleus. Entrainée par son rire communicatif, elle le suivit bientôt et tous les deux se retrouvèrent, larmes aux yeux et abdos douloureux, à se rouler par terre avec Kate qui rayonnait de bonheur et Cass qui souriait de toutes ses dents, parfaitement heureux lui aussi.
Mais comme si le ciel n'admettait pas qu'on se moque des anges, même déchus, un esprit vengeur vint gâcher la soirée. Comme personne n'avait été enterré sur la propriété sans être brûlé au préalable, hormis la tête d'Abaddon, Emily ne comprenait pas d'où pouvait venir ce fantôme. Pas plus que Dean. Jusqu'à ce que le lendemain, à la lumière du jour et après une nuit passée à l'abri de la cave, ils découvrent un crâne, apparemment lancé par-dessus le mur de la propriété. Une fois celui-ci salé et brûlé, tout rentra dans l'ordre. A ceci près qu'ils savaient désormais que quelqu'un cherchait à leur pourrir la vie. Restait à savoir qui, même si la secte des ravisseurs était en bonne place dans la liste.
Ce soir-là, Dean repassa encore et encore dans sa tête les possibles candidats qui pourraient avoir lancé une sorte de vendetta contre eux. Il avait appelé Sam plus tôt, et après lui avoir assuré qu'Emily et lui géraient les choses et qu'il était inutile qu'il se déplace, ils avaient longuement discuté de la conduite à tenir et des précautions à prendre à l'avenir. Si le Fort n'était pas en sécurité, il fallait absolument que Bobby, Laureen, Sam et même la famille en Angleterre redoublent de prudence.
Emily était partie se coucher depuis un moment et, ressassant ces sombres perspectives, Dean veillait comme souvent sur le sommeil de Kate dans la chambre de celle-ci. Il s'était trouvé un fauteuil très confortable et passait de fait la plupart de ses nuits ainsi, incapable de s'éloigner de son bébé, qui appréciait en plus d'avoir son père près d'elle après tout ce qu'elle avait vécu.
Il en était à évaluer la possibilité de déménager à l'étranger pour disparaître et laisser derrière eux les mystérieux agresseurs quand il entendit un cri venant de la chambre d'Emily. Bondissant sur ses pieds sans réfléchir, il se rua vers la porte.
Mais quand il entra en trombe dans la chambre à coucher, Il n'y avait rien. Emily était seule et s'agitait dans son lit, repoussant un ennemi imaginaire. Dean s'approcha d'elle pour la réveiller, mais alors qu'il allait lui prendre les bras pour l'empêcher de se blesser, elle cria à nouveau :
- "Castiel !"
Et ouvrit les yeux, désorientée et folle de terreur.
- "Calme toi Emily, c'était juste un mauvais rêve, c'est fini." Dit-il en la prenant contre lui.
- "Dean ?
- Je t'ai entendue crier, tu as fait un cauchemar, c'est tout."
Elle ne répondit pas, mais devint soudain toute molle entre ses bras. Appuyant sa tête dans le creux de l'épaule du jeune homme, il l'entendit lutter contre les larmes.
- "Tu veux m'en parler ?" Demanda-t-il doucement.
Elle prit une inspiration, mais la boule dans sa gorge était encore trop grosse et elle secoua un peu la tête, se contentant de se serrer contre lui. Il attendit donc qu'elle se clame, luttant contre la peur de ne pas être la personne qu'elle aurait voulu près d'elle, vu le prénom qu'elle avait appelé avant de se réveiller. Il avait bien remarqué le temps qu'elle passait avec Cass, et il avait beau essayer de se persuader qu'elle agissait alors en médecin, il ne pouvait pas s'empêcher d'être jaloux de la facilité de leur relation.
Sauf que, qu'il le veuille ou non, il pensait tout le temps à elle et là, il était de plus en plus conscient de ce corps nu blotti contre lui. Il avait oublié qu'elle ne portait généralement rien pour dormir…
Depuis sa tentative avortée par le réveil de Castiel, il n'en avait plus vraiment trouvé le courage ou l'occasion, mais il savait qu'un jour, il devrait lui dire… lui avouer ce qu'il ressentait pour elle. Sauf qu'il n'était pas très doué pour ça, après toutes ces années passées à enfouir ses sentiments soigneusement. Et il n'arrivait pas à savoir ce qu'elle pensait de lui désormais, d'autant qu'il évitait les moments d'intimité, de peur de l'embarrasser ou de passer pour un idiot en lui posant la question. Après tout, elle avait été méchamment secouée ces derniers temps, et elle avait parfois des sortes d'absences, comme des mini crises d'angoisse qui la rendaient silencieuse et distante. Et même si elle avait retrouvé son côté chaleureux et sensible, elle semblait parfois avoir de la peine à le gérer, comme si elle manquait de pratique.
D'un autre côté, il savait bien que s'il avait parlé de ça à n'importe qui, on lui aurait dit plus ou moins crûment d'arrêter de se chercher des excuses et d'agir, bon sang, ils avaient suffisamment attendu non ? Mais bien sûr, si ce genre de certitude éloignait les doutes, ça se saurait.
Emily sentait la peur refluer, et elle commençait à se détendre. Ce n'était qu'un rêve. Un rêve affreux, où elle avait revécu la mort de Castiel comme au premier jour, mais juste un rêve, un souvenir, elle ne risquait plus rien désormais.
A mesure que l'adrénaline retombait, elle prit de plus en plus conscience de son environnement. Et alors qu'elle aurait pu demander à Dean de la lâcher maintenant qu'elle était calmée, elle se contenta de soupirer et de se blottir un peu plus contre lui. Elle était bien, tout simplement. L'idée l'amusa même un peu, qu'on puisse se sentir si bien juste après une telle frayeur. Mais c'était un fait. La respiration lente et régulière de Dean, la chaleur qu'il dégageait et surtout ses bras autour d'elle, tout contribuait à ce sentiment de sécurité absolue qui lui faisait si souvent défaut depuis la naissance de Kate. En plus, elle avait parfois l'impression qu'il la fuyait depuis son réveil, comme s'il ne savait pas très bien quoi faire d'elle maintenant qu'elle était redevenue elle-même, et cette tension, ce non-dit, occupait beaucoup de ses réflexions. Alors se retrouver serrée contre lui ainsi, c'était presque inespéré.
Ils restèrent comme ça un long moment, silencieux et immobiles. Et puis… il y eu un changement, une altération. L'inconscient d'Emily le perçut bien avant qu'elle ne réalise vraiment. La respiration de Dean changeait, devenant plus rapide. Sans même qu'il bouge, la tension dans ses muscles se modifiait. Sans réfléchir, elle se redressa et levant la tête, le dévisagea. Leurs regards se croisèrent, s'accrochèrent, cherchant la même réponse. Le doute qui les habitait tous les deux s'effaça enfin et c'est dans une évidence absolue qu'elle posa ses lèvres sur les siennes.
La chaleur de sa bouche lui arracha un gémissement. Elle y répondit en approfondissant encore son exploration. Ses mains commencèrent l'ascension lente de son dos, déclenchant des frissons. Impatient de sentir sa peau contre la sienne, il rompit le baiser le temps de se débarrasser de son t-shirt, pour mieux se jeter à nouveau dans ses bras.
Ils s'étaient déjà aimés, longtemps auparavant, pourtant, chaque caresse était comme une découverte. Alors qu'il la rassurait quelque minutes plus tôt, c'est elle qui prenait maintenant l'initiative, tandis qu'il luttait contre un accès de timidité quand il se retrouva nu devant elle, exposé. Voyant son hésitation soudaine, elle tendit la main et effleura du bout des doigts la partie la plus sensible de son anatomie. Chatouillé autant qu'excité par le contact, il se laissa faire, se détendant au fur et à mesure que la caresse devenait plus franche. Quand elle remplaça sa main par sa bouche, il étouffa un cri et fermant les yeux, savoura la sensation. Libéré par l'audace qu'elle montrait, il retrouva son assurance naturelle, et c'est ensemble, à égalité, qu'ils construisirent leur plaisir mutuel. Et quand il l'entendit haleter de désir sous les assauts de sa langue, il se demanda si quelque chose pourrait être plus agréable que ce son. Jusqu'à ce qu'il voie l'extase dans son regard alors qu'il entrait en elle.
Apaisés mais pas rassasiés, ils s'échouèrent dans les draps défaits, reprenant leur souffle, sans toutefois cesser totalement les caresses.
- "Voilà qui était aussi inattendu que délicieux." Murmura-t-elle, le nez dans son cou.
Il ne voyait pas son visage, mais savait qu'elle souriait, détendue.
- "Tu ne m'en veux pas au moins?"
Elle se redressa pour le regarder, surprise de la note de peur dans sa voix.
- "T'en vouloir? Grand ciel, et pourquoi?
- Je ne voudrais pas que tu penses que j'ai profité d'un moment de faiblesse pour….
- Profité? Si c'est ça, crois-moi, j'en ai profité aussi!" Répondit-elle, ponctuant sa phrase par un baiser rapide.
Il sourit, amusé et un peu rassuré par sa véhémence.
- "Dean, je sais que ce n'est pas une évidence pour toi, et je sais que tu as vécu des moments difficiles ces derniers temps, entre ta détention et moi complétement à l'ouest pendant des semaines. Mais crois-moi, même si je sais que l'avenir ne sera pas tous les jours facile, je rêve de ça depuis… la conception de Kate en gros.
- Ça? ça quoi?" Demanda-t-il, craignant un peu la réponse, sans bien savoir celle qu'il attendait.
- "Ça, toi et moi. Pour faire l'amour, certes, mais surtout pour affronter ce qui nous attend, ensemble.
- Tu crois que c'est ce qu'on est?"
Elle le regarda longuement. Dire ce qu'elle venait de dire n'avait pas été facile. Elle connaissait l'importance de la famille pour lui, mais aussi son problème d'engagement. Et surtout, elle avait peur qu'il ne veuille finalement d'elle que son amitié, avec quelques bonus occasionnels. Il n'était pas le seul à craindre le rejet. D'autant qu'il avait déjà repoussé ses avances par le passé, et qu'elle ne savait pas comment elle survivrait s'il recommençait à la tenir à distance comme il l'avait déjà fait. Mais la lueur qu'elle voyait, ou croyait voir, dans les yeux verts qui ne la lâchaient pas l'encourageait.
- "Si tu le veux aussi, alors oui, j'y crois." Dit-elle, avec peut-être plus d'assurance qu'elle n'en ressentait.
Il aurait voulu répondre, mais ne trouvait pas les mots. Décidément, il n'était pas doué pour ce genre de choses. Il sentit une boule se former dans sa gorge, et ses yeux se remplirent de larmes. Avant qu'elle ne pense que c'était parce qu'il avait de la peine pour elle, il la reprit dans ses bras et, avec le seul langage dont il disposait à ce moment-là, l'embrassa doucement.
Le baiser ne resta pas léger longtemps. Très vite, impatients d'une certaine manière de sceller leur accord, leurs corps prirent le relais, rivalisant de caresses et de soupirs. Il retrouva le plaisir de l'entendre ronronner, elle s'enivra de son odeur et de la douceur de sa peau. Mais surtout, ils s'offrirent le luxe de prendre leur temps, et de se surprendre par un geste, une acceptation ou une offrande.
Quand il s'écroula à côté d'elle, épuisé, grisé par le plaisir qu'ils avaient partagé, il s'étonna une fois de plus de la complicité qu'ils pouvaient avoir au lit alors qu'ils peinaient parfois à simplement parler. Il la sentit venir se coller à lui, la tête au creux de son épaule comme elle aimait. Il savait que c'était en partie l'effet de ce qu'ils venaient de faire, mais il se sentait bien, détendu. Il était là où il avait envie d'être. Enfin, le bon moment, au bon endroit, avec la bonne personne.
- "Est-ce que ça répond à ta question?" Dit-il, un rire dans la voix.
- "Oui. Les autres attendront demain, je suis trop heureuse pour réfléchir de toute façon." Répliqua-t-elle, taquine.
Il tourna la tête légèrement, posa un baiser sur ses cheveux si doux et, après un soupir de contentement, se laissa glisser dans le sommeil. Il ne sut jamais s'il avait vraiment entendu ou juste rêvé le "je t'aime" qu'il entendit.
Ils furent réveillés en sursaut le lendemain par une Kate pleine d'énergie qui, toute surprise de les trouver ensemble, sauta sur le lit pour réclamer bruyamment des câlins pour elle aussi, "parce que sinon, c'est pas juste !". Emily fut si soulagée de voir le regard confiant et rieur de Dean quand elle évalua sa réaction qu'elle sentit une boule se former dans sa gorge. Même si elle savait que ça ne serait pas facile, elle avait enfin l'espoir que tout aille bien, au moins entre eux. Et que quel que soit l'ombre qui planait sur eux, ils s'en sortiraient, parce qu'ils étaient ensemble.
Quand Sam et Laureen débarquèrent pour le week-end quelques jours plus tard, ils virent immédiatement la différence. L'atmosphère au Fort était sereine comme rarement, et la maison résonnait enfin d'éclats de rire, et non de murmures d'inquiétude ou du froissement des pages de grimoires. Sam découvrit également une facette de son frère qu'il ne connaissait finalement que très peu. Dean était heureux, simplement. Il avait enfin formé la famille qu'il rêvait d'avoir, sans jamais oser vraiment se l'avouer, même s'il devait admettre que la période passée avec Ben et Lisa avait beaucoup contribué à le faire réfléchir.
Les deux Winchester en causèrent un peu, et s'amusèrent de voir que ni l'un ni l'autre n'avait vraiment changé. Sam avait passé énormément de temps à parler avec Laureen, et ensemble, ils avaient commencé à construire un nouvel équilibre, basé sur le fait de ne rien se cacher, ni peur ni espoir, et surtout pas les doutes. Quand à Dean et Emily, ils n'avaient finalement presque pas discuté, tout se passait à coup d'évidence, de phrases courtes et de beaucoup d'échanges entre les draps. Bref, les deux approches habituelles pour eux. Mais néanmoins, chacun avait fini par trouver ce qu'il cherchait, une famille, qui ne remettrait pas en question l'affection qu'ils avaient l'un pour l'autre.
Quand à Laureen et Emily, elles prirent également un moment pour elles, pour se mettre au courant des derniers développements. Laureen dû d'ailleurs réprimer une réaction de jalousie totalement inutile en voyant à quel point Emily était radieuse. Mais elles retrouvèrent très vite leur ancienne complicité, aidées par l'apaisement de Laureen, moins désireuse désormais de prétendre à une perfection inaccessible, et par Emily, qui apprenait à refaire elle aussi une place aux autres, après toutes ces années de solitude.
Tous savourèrent cette harmonie nouvelle, sachant que l'avenir leur réservait encore bien des épreuves.
