Harry mentirait s'il disait qu'il n'était pas horrifié. Il mentirait aussi s'il disait qu'il n'était pas confus. Toute cette situation était étrange, et très certainement nouvelle pour tous – combien de gens peuvent dire qu'une fillette les ont piégés dans leur propre cœur, les mettant face à face avec leur subconscient et leurs peurs ? Parce que c'était la seule explication qu'il avait sur ce qu'il arrivait l'apparition de ses amis avait été horrible et effrayante, mais il sentait que peut-être ils n'avaient pas vraiment été fait par Road, comme il avait pensé au début.
Mais, qu'est-ce que ça pouvait bien être ? Son double le regardait à travers ses cheveux mouillés, et il ne fit jamais aucun geste. C'était irréel, c'était certain, mais il n'était pas certain de devoir croire que ça avait un impact sur ses pensées et ses peurs. A une époque, il avait craint que les autres avaient raisons, et qu'il était le prochain seigneur noir, mais ça avait seulement été lorsqu'il était déprimé. C'était une peur qu'il n'avait pas ressentit depuis longtemps, et de toute manière ça n'avait jamais été une pensée sérieuse. Alors, qu'est-ce qu'était la chose se tenant devant lui ? Est-ce que c'était possible qu'une autre personne se trouve dans sa tête sans qu'il le sache ? Mais dans ce cas, ce n'était pas dans sa tête, non ?
L'autre pencha sa tête, juste un peu, et il n'entendit rien, pas le moindre murmure. Un frisson parcourra son dos il était vraiment effrayé, mais c'était un niveau qu'il pouvait supporter, pour le moment. Du moment qu'il n'était pas forcé de ressentir cette poignante panique et terreur d'avant, il pensait qu'il pouvait au moins penser relativement clairement.
- Comment ? Demanda-t-il faiblement, sachant que Road était toujours là, mais sans regarder dans sa direction. – Si c'est censé être mon … 'cœur' … pourquoi est-ce qu'il y a un autre 'moi' ? Où est-ce que c'est juste une autre illusion ?
- Souhaiterais-tu que je te prouve que ce n'est pas une illusion, Harry ? S'enquit Road, et il osa lui lancer un regard. Elle avait un léger sourire placé sur le visage qui semblait trop confortable et normal qu'il pensait.
- Et comment ferais-tu ça ? Il était suspicieux, évidemment qu'il l'était. Mais il n'était pas stupide, ni naïf, pour ne pas réaliser que la fillette n'était pas innocente ni même gentille. Il devrait peut-être la décrire comme sadique, ou du moins un peu folle.
Son sourire s'élargit juste un peu plus, et de petites formes commencèrent à se former du sol rocailleux sous ses pieds. Il ne pouvait pas vraiment dire au début ce qu'elles étaient, et il était presque certain qu'il n'aurait jamais imaginé qu'elles soient des bougies si les mèches ne s'étaient pas allumées dès qu'elles furent au niveau de son torse. Il décida rapidement que, peut importe ce qu'elle comptait faire avec ces bougies, qu'elles étaient trop aiguisées pour être utilisées en sa faveur.
Il manqua presque la suite. Il les vit commencer à bouger, vraiment, mais il n'imprima pas vraiment jusqu'à qu'il entende le sifflement qui accompagnait les objets aiguisés se déplaçant très rapidement dans l'air. Il l'avait entendu tellement de fois à travers sa propre respiration saccadée et le silence des salles d'entrainement, ponctué seulement par son corps et celui de son adversaire sur le sol. C'était en général Mugen, puisque les fils de Marie étaient loin de faire autant de bruit, mais peu importait qui c'était, ça lui avait apris assez de choses pour qu'il réagisse instinctivement, que ce soit par la vue, ou le son.
Et une de ces choses était le son de quelque chose d'aiguisé visant ses points vitaux.
Il se jeta sur le côté avant qu'il ne sache ce qu'il faisait. Son cœur battait la chamade, et l'adrénaline explosa de nouveau dans son corps. Il n'y avait qu'une poignée de bougies, et il espéra qu'elles n'allaient pas le suivre. Mais, il aurait dût s'en douter avec sa chance, elles le suivirent.
Au moment où son corps se rapprochait du sol, il tendit les bras, les laissant prendre le plus gros du choc, et roula presque immédiatement sur le côté. Une douleur brûlante se propagea dans sa cuisse, et alors qu'il roulait, la douleur devint pulsante et extrêmement douloureuse. Il l'ignora tandis qu'il se mettait debout, frappant le sol de ses jambe, et réussi par un moyen ou par un autre à éviter la seule qui semblait toujours dirigée vers lui. Elle se fracassa contre le sol, s'écrasant comme de l'argile, et resta ainsi.
Il n'y en avait pas d'autres en vu, mais il voulu tout de même agripper sa baguette. Evidemment, elle n'était pas là, et il serra les dents de frustration. La douleur dans sa cuisse augmenta, et il dût mettre son poids sur l'autre jambe. Il ne regarda pas pour voir ce qu'il c'était passé – il garda ses yeux rivés sur Road.
Elle ricana, et dût deviner pourquoi il était si agacé.
- Tu peux toujours essayer de trouver ta baguette, tu ne la trouveras jamais. Dit-elle en tapotant vaguement sa jambe. – Tu te trouve dans ton cœur, tu te souviens ? Tu ne peux pas utiliser la magie ici. Enfin, tu le peux peut-être, sans baguette. Tom a dit que certain pouvaient le faire, tu sais, mais je ne pense pas que tu puisses, n'est-ce pas ?
Il ne voulait pas répondre. C'était comme si ce serait une corvée à cet instant. Tout paraissait si irréel. La douleur dans sa jambe était très persistante, et il n'avait aucun doute maintenant que peu importe ce que toute cette histoire était, un mot pour la décrire était réaliste.
Malheureusement, il découvrit qu'il était loin d'être considéré comme un combattant. Il n'avait jamais été fier de lui durant ses entraînements, à part les rares compliments qu'il avait reçu quand il faisait quelque chose vraiment bien, mais il y avait des 'règles basiques' qui lui avait été forcées dans la tête, encore et encore, et encore.
Une des premières, était de ne jamais, jamais, oublier la présence de quelqu'un, et de ne jamais les laisser derrière soi.
En vérité, il ne pouvait pas vraiment dire que lorsqu'il s'était éloigné de Road il s'était jeté vers son image conforme, mais il supposa que les détails n'étaient pas importants sur le moment. Parce qu'il pouvait sentir ces mains humides l'attraper par les épaules et le tirer en arrière. Il trébucha maladroitement, ses yeux s'écarquillant tandis que son cœur s'accéléra encore plus sous la surprise et la peur.
L'autre fit des mouvements secs qu'Harry ressentit dans son dos, et quelques secondes plus tard une de ces larges chaines était croisée contre son torse et le maintenait fermement, alors même que le bras qu'elle retenait passait autour de cou par derrière.
- Ce ... n'était pas très intelligent de ta part. Réprimanda sa sombre réflexion avec une voix remarquablement douce. – J'aurais pensé que tu voudrais vivre, du moins un peu plus longtemps ?
Il serra simplement la mâchoire il n'avait rien à dire à l'autre, excepter pour dire quelque chose qu'il avait déjà répété plusieurs fois. Dans tout les cas, l'autre ne sembla pas apprécier son silence, ou peut-être était-il tout simplement sadique.
- On doit s'occuper de ça. Fredonna-t-il doucement, et Harry ressentit l'étrange sensation de quelque chose s'attaquant à une substance étrangère sur lui. C'était, alors qu'il baissait les yeux, la sensation de la main de l'autre sur la bougie perçant sa cuisse. A vue d'œil, elle semblait assez profonde, et les autres première rayures de ladite bougie étaient complètement enfoncées. Il essaya de se débattre – on aurait dit que ça ne faisait qu'agiter encore plus l'autre, même si il ne savait pas vraiment comment, au juste, il pouvait savoir qu'il était énervé alors même qu'il ne pouvait pas voir son visage, et que sa voix était neutre. Avec un mouvement sec et un sifflement de sa part, la bougie était libérée, et du sang commença à s'écouler librement de nouveau. – Là, n'es-tu pas content qu'on s'en soit occupé ?
- Je m'en serais occupé moi-même. Siffla-t-il entre ses dents. – Ce n'était pas vraiment une 'aide' de toute façon.
- C'est ingrat de ta part. Murmura-t-il, et il était presque content de ne pas pouvoir voir son visage. – Mais je suppose que, d'après ce que j'ai pût voir, ce n'est ni une surprise, ni au-dessus ne mes attentes de ta part.
- Qu'est-ce que tu en sais ?! Cracha Harry, se débattant peut-être un peu plus faiblement que d'habitude dût à la sensation soudaine de faiblesse. – Peu importe ce que a dit Road, tu n'es pas moi, alors qui que tu sois, tu ne me connais pas aussi bien que tu prétends le faire !
- Mais je te connais très bien. Mieux que tu ne te connaisses toi-même, mais ton intellect limité, ça aussi, n'est guère une surprise. Si tu ne peux même pas te connaître toi-même, comment peux-tu espérer connaître tes amis ? Ou, du moins, ce que tu crois être tes amis.
Harry fut poussé en avant, et ça vint si subitement qu'il eut à peine le temps de se couvrir le visage. Ses jambes se levèrent automatiquement dans le but de se protéger, mais tout ce qu'il réussi à faire fut de frapper sa blessure contre la pierre. Il resta dans cette position et se concentra sur sa respiration pendant plusieurs longs moments, ses mains tremblantes sous la douleur. Il était vaguement conscient que son double se déplaçait lentement autour de lui en un cercle prédateur, le laissant se demander comment il pouvait le faire avec ces chaines qui claquaient et cliquetaient ensemble.
- N'était-ce pas magnifique, quand tu es revenu pour voir qu'ils étaient partit ? Ce n'était si difficile pour eux de t'abandonner, et pourtant tu n'aurais jamais fait de même, n'est-ce pas ? Des pieds entrèrent dans son champ de vision, et il s'obligea à lever les yeux. – Pauvre, pauvre Harry Potter, le Garçon-Qui-A-Survécu. Un tel titre est un gaspillage sur toi. Tu ne l'as pas mérité, tu n'as fait que rester dans ton berceau pendant que tes parents mouraient pour toi. Et tu ne l'as jamais voulu ! Tu ne voulais pas la responsabilité, ce travail, cette 'destiné' que Dumbledore à fabriqué pour toi.
Le visage de l'autre était déformé par ce qui aurait pût être du plaisir malsain, et ça le rendit malade de voir cette expression sur ce qui était au final son propre visage. Il se releva en poussant avec ses mains, mais un pied solide atterrit sur son dos, et la force était tellement plus grande que celle d'un pied, ou d'un corps. C'était plus comme si une immense montagne avait été livrée et lâchée juste là, sur son dos et ses épaules, et cette pensée était presque si ironique qu'il aurait pût rire.
- Admet-le. Continua-t-il. – Tu n'aimerais rien de plus qu'être 'normal', dorloté chez toi ou à ton écœurante école. Une telle mission est trop pour toi – tu n'as pas été fait pour ce genre de choses. Tu n'es pas un héro, Potter, et tu ne le seras jamais. Alors pourquoi continuer à te débattre, alors que tu ne voulais pas ce plaisir, cette malédiction, en premier lieu ?
Et cette fois, il rit. Il n'était pas sûr s'il y avait une magie quelconque jouant là dedans, parce qu'avec chaque seconde il pouvait sentir ses forces l'abandonner. Il avait été blessé, mais ce n'était ni grave ni ne mettait sa vie en danger. Et malgré tout, il ne pouvait pas trouver de raison logique sur pourquoi bouger ne serait-ce qu'un doigt semblait une véritable corvée. Chaque moment qui passait ne semblait que le traîner encore plus dans ce trou dont il ne pensait pas pouvoir en ressortir.
- Oui, rit de l'inutilité de tes efforts. Il fut tiré en arrière et tourné sur son dos, et il se demanda vaguement à quoi ressemblait sa situation alors qu'il avait une presque identique copie de lui-même assis sur son estomac et presque complètement nu. – Mais je dois tout de même te le demander : Que trouve-tu si drôle ?
- Je ne suis pas un héro. Répliqua-t-il simplement, et c'était suffisant pour qu'il comprenne, lui, ce qu'il voulait dire, même si son autre ne semblait pas partager cette connaissance.
- En effet, mais pourquoi serait-ce une source d'amusement pour toi. Demanda-t-il, paraissant vraiment curieux. – Ou es-tu en train de perdre le peu qui te restait dans cette tête.
- Ce n'est pas quelque chose que n'importe qui pourrait comprendre. Dit Harry en essayant de hausser des épaules, échouant, et se contentant de détendre son expression jusqu'à qu'elle soit presque moqueuse. – Tu as énormément de questions pour moi, alors j'en aie une pour toit : si tu es censé être moi, puisque tu clames me connaître mieux que je me connais, alors pourquoi ne connais-tu pas ces choses déjà ? Plus tu parle, moins je suis impressionné.
Il chercha Road des yeux, juste pour voir son expression, mais elle sembla avoir disparue. Ce n'était pas très surprenant, mais ça ne le rassurait pas du tout que juste parce qu'il ne pouvait pas la voir, ne voulait pas dire qu'elle n'était pas là. Il plaça de nouveau son regard sur l'autre présent, qui apparaissait vraiment agacé, mais d'un seul coup son expression s'adoucie pour n'être plus qu'un vague agacement.
- Là, là, Potter, la bravoure ne te mènera nulle part. Tu n'as personne à impressionner maintenant, alors pourquoi ne sortirais-tu pas de ta coquille ? Tu es juste un petit garçon effrayé qui a le monde tourné contre lui pourquoi ne commencerais-tu pas à agir comme tel ?
- Parce que je comprends que je ne peux pas. Il se demanda si ça pouvait être considéré comme parler à soi-même, mais aussi il était presque certain que ce n'était pas aussi simple que l'on pourrait penser. – J'ai quelque chose que je dois faire, et plus j'avance, plus je comprends que n'est pas important si je suis le seul à pouvoir le daire – ça a besoin d'être fait, et donc je le ferais, parce qu'il semblerait que personne d'autre ne le fera.
- Mais ça reste des mots vides. Sa réflexion était complètement calme et composée, le regardant froidement, ses doigts froids glissant légèrement sur son cou. – Ce sont les choses qui t'on été forcées, et tu as ajouté ta propre charge, mais le fait reste que tu n'a pas le moindre indice. L'idée qu'un garçon tel que toi puisse défaire quelqu'un comme le Seigneur Voldemort est risible – tu n'as ni l'expérience, ni ce qu'il faut pour le battre.
Harry ne répondit pas, parce que sincèrement, il n'avait rien à dire. Ses mots n'étaient pas vide, il le savait, mais ils n'étaient pas sincères non plus. Il n'avait aucune idée de ce qu'il était censé faire, où il devait chercher, ou qui il devait croire. Dumbledore lui avait caché des choses, et même si ça semblait plus personnel, c'était tout de même un manque de respect, une sorte de trahison. Il ne savait toujours pas quoi penser de ses amis, même si ils lui manquaient plus qu'il pouvait le dire. Maintenant qu'il y pensait, il ne savait presque rien, et il savait que toute cette situation était ridicule. Plus il y pensait, plus ça semblait stupide.
- Et si c'était le cas ? Chuchota-t-il doucement. – Le tuerais-tu ? Tuerais-tu une autre personne ? Le pourrais-tu, Potter ?
- Il était humain. Murmura-t-il en retour. – Mais Vodemort ne l'est plus. Si je m'y retrouve obligé ... alors je ferais ce que je dois faire.
Il pouvait le dire avec certitude, parce qu'il croyait en chaque mot, mais il était un peu douteux. Pourquoi se battait-il ? C'était facile de dire pour ses amis, ou les autres, mais sa volonté ... lui manquait vraiment ces derniers temps. Qu'est-ce qu'il faisait depuis tout ce temps exactement ? Il prenait son temps, restant assis en espérant pour le mieux. C'était comme si il n'avait même pas voulu faire autre chose ces dernières semaines.
- Mensonges. Siffla l'autre, sonnant tellement comme l'être défiguré qui avait ressemblé à Hermione, qu'il tressauta automatiquement, et ce même si on aurait toujours dit qu'il avait une montagne posée sur lui. – Tu es trop faible pour accomplir ce qui doit être fait !
Il pensait que peut-être c'était sa confiance qui énervait tellement son reflet, parce qu'il ne pouvait pas voir ce que ça pouvait être d' fut soulevé et balancé, et il percuta le piédestal qui ressemblait exactement à celui qui avait contenu le loquet, puis plus tard, le faux. L'impact fut douloureux, et son dos protesta contre le coup alors qu'il glissait jusqu'au sol. En revanche, sans l'autre assis ou debout juste à côté de lui, il avait l'impression de pouvoir bouger un peu plus librement, et donc il se positionna sur ses genoux avant de se relever doucement, une main tenant le piédestal derrière lui pour l'aider. Alors qu'il se mettait debout, ses doigts agrippèrent le rebord de la pierre, et il jeta un regard légèrement effrayé de peur de voir de nouveau le poison, et à la place trouva du sang. Il débordait presque, frôlant le bout de ses doigts et laissant une légère marque rouge.
Pendant un moment, tout ce qu'il pût faire fut regarder. Le sang était d'un rouge vibrant, profond, et en quelque sorte il apparaissait presque vivant. Il bougea, comme si dérangé, et pourtant il n'y avait rien à part ses doigts pour le faire bouger. Alors qu'il l'observait, c'était comme si il pouvait tomber dedans, presque comme si c'était une pensine essayant de l'attirer. Il était épais, comme du sirop, et dans un sens moins dégouttant que ce qu'il aurait pensé.
- Si fasciné, Potter, alors même que tu es un 'combattant de la Lumière' ? Il ne sursauta même pas alors que l'autre apparût devant lui, sa voix presque directement à son oreille.
- Qu'est-ce que c'est ? Il avait l'impression que ça ne pouvait pas vraiment être du sang, pas vraiment, parce que ça paraissait trop … étrange, trop pulsant.
- C'est exactement ce que ça semble être. Répliqua-t-il, presque amusé. – C'est le Sang du Sacrifié.
- Sang du Sacrifié ? Alors le sang de qui, se demanda-t-il. Celui de Dumbledore ? Automatiquement il avait pensé à celui de sa mère, ou peut-être celui de son père. Ses parents avaient donnés leur vie pour le protéger, et c'était en effet un sacrifice. Ça serait logique, après tout c'était le sacrifice de sa mère qui l'avait gardé sain et sauf.
- Sais-tu à qui il appartient ? Demanda-t-il faiblement, comme si il parlait à un enfant. Comme si en transe, il répondit :
- Celui de ma mère.
- Evidemment tu penses cela, n'est-ce pas ? C'est la réponse la plus probable. Bien sûr, c'est probablement métaphorique, mais il est là, maintenant, avec toi et moi, et c'est ce qui le rend réel en cet instant, tu ne penses pas ?
- Je m'en moque. Décida Harry en se forçant à regarder autre part et trouvant que l'autre se trouvait très près de lui. – Ce n'est pas important. Ce qui est important c'est que je suis là … et que je ne devrais pas. Je veux … je dois y aller, alors dit-moi simplement ce que tu veux me dire, ou fait ce que tu veux faire, puis je m'en irais.
Ça sonnait odieux de sa part, mais il n'allait pas changer d'avis. Il avait peur, mais il n'avait pas tout le temps. En fait, son temps était peut-être même plus limité qu'il ne le pensait, et donc il commença à s'éloigner du bol, mais trouva rapidement une main pressant contre sa poitrine. Elle le poussa jusqu'à qu'il soit de nouveau pressé douloureusement contre le bol, puis l'autre main entoura légèrement son cou.
- Ce que je veux ? Tu ne comprendra jamais vraiment ce que je veux, mais en cet instant je veux que tu meures. C'est très facile, je pense, et c'était très gentil de ta part d'en venir aux faits. Maintenant, je veux que tu abandonne, et que tu me donne ton corps.
Il ne semblait pas qu'il allait lui donner une chance de répondre, puisque la poigne autour de son cou se resserra jusqu'à qu'il ne puisse plus du tout respirer. Il voulu l'agripper, mais la poigne était encore plus dure que de l'acier, ou tout autre métal qu'il connaissait. Elle semblait immuable, comme si aucun mortel pouvait espérer pouvoir s'en défaire. Il se débattit pour respirer, se demandant si peut-être il avait été trop stupide.
Des yeux rouges regardaient dans ses verts, et ils brillaient d'une haine profonde. Rien que cela était suffocant, et il commença à paniquer. Il commençait à avoir mal, et c'était comme si ses yeux étaient serrés. Rapidement, l'obscurité sembla obscurcir sa vision, et il réalisa avec un sursaut qu'il était en train de mourir.
C'était son travail, son devoir, de faire cette mission que personne d'autre ne devrait prendre, et encore moins quelqu'un de son âge. Il ne voulait pas la faire, ça il le savait et le comprenait, mais c'était trop tard. Il l'avait déjà fait, après tout, et s'en débarrasser signifiait quelque chose de bien pire qu'une mauvaise note ou d'échouer dans une classe. Ça signifiait mort et destruction, chaos et peur. Ca signifiait qu'il allait mourir, et qu'il ne serait pas le seul. Il ne voulait pas mourir. Il ne voulait pas que ses amis meurent. Il ne voulait pas que les familles de ses amis, ou leurs animaux, ou leur amis, meurt. Il ne voulait rien de ça. Il voulait juste que Voldemort disparaisse. Mais des 'Sacrifices' devaient être fait, et il semblerait qu'il était un d'entre eux.
Ce qui l'emplissait était plus qu'une sensation de paix intérieure. C'était comme si depuis qu'il était arrivé là il avait petit à petit perdu son envie de vivre, et que soudainement il la reprenait et même plus. Il était noyé dans cette envie de vivre, de survivre, tellement qu'il ressentait une puissante force qu'il n'avait pas ressentit depuis ce qui semblait être une éternité. Il repoussa son double, qui fut suffisamment surprit pour qu'il puisse prendre une profonde inspiration. Il l'avala comme si c'était de la nourriture et qu'il n'avait pas mangé depuis des semaines. Ça lui donna suffisamment de clarté pour qu'il puisse lever sa jambe et presser son pied avec autant de force qu'il pouvait contre le torse de l'autre, et alors qu'il le faisait, il tendit aveuglément le bras jusqu'à qu'il sente sa main glisser dans quelque chose d'humide et de tiède.
Il savait ce que c'était, et il grogna lorsque la main retourna à son cou avec autant de force que précédemment. Sa main était complètement immergée, et il espéra contre tout les espoirs les plus fous qu'il y avait quelque chose là, quelque chose de caché qui pourrait l'aider.
Puis l'eau autour d'eau jaillie. La vision de ses amis, morts et défigurés, envoya un autre pic de terreur en lui, et il fut soudainement terrifié que, par un moyen ou par un autre, ils savaient ce qu'il était en train de faire et venait l'en empêcher. Par contre, son double semblait tout aussi surprit que lui, ainsi que dégoutté, et il concentra ses forces et poussa.
Ce n'était pas suffisant, il pouvait facilement le voir, et malgré le fait qu'il veuille désespérément s'éloigner de ces choses, elles continuèrent d'avancer, d'avancer vers lui. Ses doigts cherchèrent désespérément, et il sentit quelque chose les frôler, comme une vent tiède dans une atmosphère glacée. Il tenta de l'attraper encore et encore, mais peut importe ce que c'était, elle ne voulait pas se laisser prendre.
Hermione et Ron l'atteignirent en premier, mais à sa grande surprise, ce n'est pas lui qu'ils agrippèrent, mais son double, qui essaya violemment de les faire reculer. Ginny apparut, s'était rapprocher discrètement, et attrapa les épaules de son reflet et commença à le tirer avec force.
Harry n'avait aucune idée de ce qu'il se passait, mais il avait le sentiment que ce que c'était, était en sa faveur pour le moment. Ces choses n'essayait pas forcément de l'aider, du moins elles ne le feraient pas dès qu'elles pourraient l'atteindre et l'emmener avec elles. Il commença lui aussi à essayer de se défaire de sa prise, malgré la douleur lorsque ses ongles s'enfoncèrent profondément dans sa peau, traçant de fines mais nettes traînées de sang.
Dès l'instant où il se sentit libéré, il se retourna et s'élança vers le bol de Sang, plongeant sa main encore plus profondément, se demandant à quel point il était profond. En tout cas, il était plus profond que l'original.
Ses doigts se refermèrent autour de quelque chose de long et fins, et il le sentit pulser dans sa main. Le sang bougea doucement, et il entendit un puissant cri derrière lui qui hérissa les cheveux à l'arrière de son cou. C'était un puissant, long et horrible cri de douleur et, plus que tout, de colère. Il pouvait sentir que quelque chose arrivait sans même y réfléchir, il se retourna une nouvelle fois, prenant avec lui ce qui se trouvait dans sa main et le tenant devant lui comme si ça allait lui permettre de se protéger.
Son double était furieux, ses yeux dilatés jusqu'à qu'on ait du mal à les voir. Il saignait beaucoup, de ses yeux, son nez, ses oreilles, et les autres s'agrippaient à tout ce qu'ils pouvaient atteindre. Le moment où son reflet vit ce qu'Harry tenait devant lui, il cria de nouveau de colère, balançant son bras en arrière avant de l'amener en avant avec un cri familier :
- Avada Kedavra !
Harry ne pensait pas que ça fonctionnerait, puisque la magie ne semblait pas fonctionner ici, mais une lumière d'un vert éclatant émergea des doigts de son double qui força les images de ses amis à s'échapper dans l'eau une nouvelle fois avec des cris de douleur. Il éclaira toute la scène avec l'horrible lumière, recouvrant la lumière des torches avec du vert à la place. Il voulait presque paniquer – il tenait seulement un bâton qui n'était pas une baguette, juste une fine branche tordue. Mais il rassembla tout de même ses forces, et il se sentit en emmagasiner de plus en plus. Ses genoux arrêtèrent de trembler, et son bras était tendu comme une tige alors qu'il se préparait à lancer un sort.
Le coup de lumière qui émergea de sa brindille se retourna à moitié contre lui, et alors que la lumière l'enveloppait, le bâton se transforma en une longue baguette qui était légèrement différente de celle qu'il avait toujours eue. Elle était plus légère et plus clair, et le manche était aussi un peu différent. Il ne pouvait pas l'expliquer, et donc l'ignora simplement.
La puissance le recouvrit alors même que sa propre lumière rouge s'élançait à la rencontre de son double. Il y eut une petite explosion, mais les deux lumières continuèrent de pousser l'une contre l'autre, cherchant à prendre le contrôle. Il serra les dents alors qu'il s'efforçait à la maintenir et battre l'autre le vent fouettait autour de lui, ses cheveux battant l'air et frappant ses joues. Ses lunettes étaient enfoncées contre son visage, les rebords un peu douloureux, tandis que l'eau entourant l'île était repoussée en vagues, révélant le fond du lac sur plusieurs mètres. Le sang sur sa main devint insupportablement chaud.
- Abandonne ! Cria l'autre par-dessus le rugissement des sorts.
Harry ne répondit pas, forçant son corps en avant, sa cicatrice le lançant et son corps épuisé. Une nouvelle vague le frappa, et l'île trembla sous ses pieds.
- Abandonne, gamin !
- Non ! Cria-t-il, sa cicatrice le brûlant et le sang encore plus chaud. Il pensa que sa peau devait rougir depuis le temps, et il fit un pas en avant, seulement pour qu'une autre vague le frappe et le force à faire un pas en arrière. Il ne voulait pas abandonner – même si il avait le choix. Il y avait beaucoup de choses qui l'attendait chez lui, même si il ne pouvait pas rentrer maintenant, ou même quand il se réveillerait. Il devait parler à Ginny, il devait remercier Mr et Mme Weasley. Lupin était tout ce qui lui restait des Maraudeurs. Il y avait tellement de personnes qui comptaient sur lui et il ne voulait même pas imaginer ce qui se passerait s'il les abandonnait.
Mais il savait.
Et donc, perdre face à son double était quelque chose qu'il ne pouvait vraiment pas faire. Il ne pouvait pas, n'allait pas perdre. Et plus que tout, il refusait de perdre dans son propre esprit, corps, ou cœur. Il ne pouvait pas. N'allait pas. Il refusait, déniait. Il se le répéta encore et encore alors qu'il faisait un autre pas en avant qui le rapprochait de là où il voulait aller.
Il vit les yeux de l'autre s'élargir alors qu'il était forcé de faire un pas en arrière alors qu'il jetait un regard vers le lac, on aurait dit qu'il y avait une lueur de peur, amplifiée par la lumière des sorts. Les yeux d'Harry se plissèrent alors qu'il sentait ses réserves s'amenuisèrent.
Puis son double bougea, probablement sans le faire exprès, et la balance entre les sorts fut brisée. Ils explosèrent douloureusement, et il se sentit envoyé en arrière. Le vent siffla dans ses oreilles, et il ferma les yeux en se préparant à rencontrer les pierres. Étrangement, il vola beaucoup plus loin qu'il avait pensé, et à peine quelques secondes plus tard, il percuta l'eau.
Il émergea, crachotant, se débattant contre les mains qui s'attaquèrent soudainement à ses chevilles. L'eau était étonnamment tiède, et alors qu'il regardait autour de lui, il vit que les flammes nouvellement rallumées avaient une teinte rouge, comme si c'était du sang. Les mains agrippèrent ses mollets, et il frappa frénétiquement avec ses jambes.
- Tu ne gagneras jamais. Il leva rapidement les yeux pour trouver son reflet, furieux, lui lançant un regard meurtrier et se tenant sur le bord de l'île. – Tu n'as juste pas ce qu'il faut. Tu es un lâche, tu sais, tellement effrayé par les images de tes amis que tu t'es faîtes.
Harry s'arrêta à ça, et il fut presque attiré sous l'eau. Il réussi à se sauver, mais il avait à peine la tête hors de l'eau. Il y avait quelque chose de bizarre avec ce que l'autre avait dit, mais il n'arrivait pas à voir quoi.
- Abandonne. Ce serait tellement plus facile ainsi. Tu as fait de ton mieux, est-ce que ce n'est pas suffisant ?
L'esprit d'Harry tournait, et il regarda frénétiquement autour de lui. Cette baguette qu'il avait tenue dans sa main avait maintenant disparut, éjectée de sa main, et il ne la retrouvera probablement jamais. Il leva le regard pour voir que l'autre avait de nouveau la main levée, sa peau brillant presque légèrement, ses yeux rouges glacés et brillant.
- Je n'ai encore rien fait, et je n'ai pas non plus donné le meilleur de moi-même. Répliqua-t-il faiblement, conscient que ce qu'il disait était vrai. Il sentit le calme l'envelopper alors même qu'il continuait de se débattre. Il lança rapidement un dernier regard en direction de son double, et sa détermination s'éleva plus haut qu'elle ne l'avait jamais.
- Je ne vais pas abandonner.
Et alors que la lumière verte jaillie, il arrêta de se débattre, se laissant être entraîné vers le fond. Il vit le sort frapper la surface de l'eau et rebondir quelque part dans la caverne. Il pouvait voir des mèches rousses flotter autour de lui comme ceux d'une sirène, même si il savait qu'elles étaient attachées à quelque chose qui était loin d'être beau à ce moment. Il regarda vers la surface alors qu'il était entraîné de plus en plus profondément, et vit que, elle aussi, avait une teinte rouge. Il réalisa que c'était parce que c'était du sang.
Il ferma les yeux, sentant encore plus de main le recouvrir, et des chuchotements dans ses oreilles. Il ne pouvait pas du tout comprendre ce qu'ils disaient, mais le ton était presque calmant. Il sentit sa respiration se dissoudre de plus en plus, jusqu'à que ses poumons lui fassent mal et qu'il pense que ses yeux allaient éclater.
Puis il était propulsé vers le haut. De plus en plus haut, jusqu'à qu'une bouffé d'air frais frappe son visage.
