Harry soupira presque d'envie alors qu'il regardait le ciel dénué de nuages, presque comme un bon présage pour le futur, et qui éclairait son visage. Mais il savait, même si ça restait une bonne journée, et ça le calmait. Un lourd bruit sourd capta son attention, et il baissa la tête pour voir Allen immobiliser Ron après une prise exécutée à la perfection. Le rouquin était pantelant, et Allen lui tapa le dos plusieurs fois pour qu'il puisse calmer sa respiration.

Hermione était assise au pied d'un des arbres dénudés, arguant faiblement avec Lavi sur l'existence des Ronflak Cornus. C'était une scène intéressante, avec la façon qu'ils avaient d'être assis l'un à côté de l'autre et chacun penché sur un livre, leurs yeux brillant de détermination à prouver qu'ils étaient dans le vrai. Harry se demanda si Lavi aurait été un Serdaigle ou un Griffondor.

Il vit Ron remarquer à quel point ils étaient près et grimaça, mettant plus d'effort dans sa tentative de frapper Allen.

Kanda était assis de l'autre côté de la clairière, méditant silencieusement. C'était même un peu surprenant de le voir là, puisqu'il semblait prendre toutes les chances possibles pour être seul. Même si ce n'était pas comme si il pouvait aller quelque part. La dernière fois que Luna avait été vue elle était avec Fleur, et Dean explorait, aidant des fois Bill, puis Fleur, puis Harry. Mr Ollivander se reposait toujours, et ce depuis qu'ils étaient revenus deux jours auparavant, comme faisait Griphook. Harry se disait que c'était normal qu'ils puissent se reposer après tout ce qu'ils avaient subits.

Ollivander avait été assez aimable pour lui dire que oui, le Seigneur Sombre était à la recherche de la Baguette de sureau, à la grande incompréhension d'Hermione. Harry avait déjà demandé l'aide du goblin pour son nouveau plan – s'introduire dans Gringotts, puis s'infiltrer dans le coffre de Bellatrix pour rechercher l'Horcrux qui était sûrement là. Il devait encore recevoir sa réponse, mais il n'était pas pressé. Ils avaient vraiment été occupés ces derniers temps, avec Hermione étudiant tout ce qu'elle pouvait, et Ron qui avait demandé à recevoir le même type d'entraînement qu'Harry. Le Weasley avait changé, subtilement, après la torture qu'il avait subi, mais il était presque sûr que c'était pour le mieux.

En revanche, ce qui attirait plus son attention était la tête blonde-presque-blanche qui était assise un peu plus loin, emmitouflée dans une couverture alors même que le temps n'était plus aussi froid.

Draco Malfoy. Qui l'aurait crût.

Après la vision qu'Harry avait eu, il avait rendu tout le monde mort d'inquiétude quand il avait soudainement disparut. Allen, qui avait encore une fois réussi à voir sa vision, avait réagi assez vite pour l'attraper par l'épaule, et les deux avaient transplannés, non à l'intérieur du manoir Malfoy, mais un peu plus loin. Draco, blessé et saignant largement, avait paniqué et s'était enfuit de chez lui aussi loin qu'il avait pu, portant le corps de sa mère sur son dos avant de s'écrouler sous le poids et la fatigue.

Il avait été encore plus surprit quand il se retrouva debout au côté de Draco et avec un certain golem doré voletant au-dessus de la tête de l'autre.

Timcampy avait été heureux de les voir, se frottant contre la joue d'Harry et mordillant l'oreille d'Allen avant de se frotter contre ses cheveux affectueusement. Harry ne savait pas que le golem pouvait se reconstruire, et il se sentit coupable de l'avoir laissé derrière avant. Mais il était pardonné, et il s'empressa de prendre les deux corps, un mort, l'autre en vie, et de rejoindre la 'Chaumière aux Coquillages' de Bill. Il eut droit à une belle remontrance pour avoir disparu comme il l'avait fait sans prévenir quiconque.

Depuis, Draco avait refusé de parler.

Quelque fois il leur offre des rictus moqueur ou dédaigneux, mais le son le plus proche qu'il ait émit et qui ressemblait à un mot fut le cri alarmé quand Harry avait proposé d'enterrer Narcissa. L'autre ne l'avait pas bien prit, et avait probablement pensé quelque chose du genre que sa mère ne sera pas enterrée autre part que dans le cimetière familiale, ou du moins quelque part qui n'était pas la maison d'un traitre à son sang.

Ron avait été offensé, mais il avait réagi moins violemment qu'Harry l'aurait pensé. Bill et Fleur étaient compatissants, même lorsqu'il refusait de manger, et Hermione avait été vexée mais compréhensive. Allen s'était attribué le devoir de surveiller Malfoy – on penserait que Draco saurait qu'il ne servait à rien de transformer quelqu'un en Akuma, puisqu'il savait probablement comment ça fonctionnait, mais les personnes désespérées font des choses désespérées, et Allen ne voulait pas s'y risquer.

- Mais il n'y a aucune preuve ! S'éleva la voix d'Hermione alors qu'elle leva les bras au ciel. – C'est ridicule !

- Il n'y avait pas vraiment de preuves que la Baguette de sureau existait non plus, non ? Contra Lavi sans colère et sans hausser le ton, juste confiant dans ses arguments. – Mais maintenant on sait qu'elle existe. Qu'est-ce qui te fait croire que les Ronflak ne sont pas réel juste parce que tu n'en a jamais vu un ?

- Parce que c'est stupide ! S'exclama Hermione, le visage un peu rouge, sûrement car elle se souvint à quel point elle avait arguée que la baguette n'existait pas. – Ce n'est pas parce qu'on n'a pas de preuves que c'est réel ! C'est comme si on disait que parce qu'on n'a pas de preuves que la magie existe, comme les moldus, qu'elle existe vraiment !

- Mais c'est le cas. Pointa le rouquin en clignant des yeux.

- Eh bien, oui, on le sait bien, mais ce n'est pas ! Continua-t-elle, exaspérée.

- Mais des fois c'est en rapport avec la religion. Répliqua-t-il. – Et qui sais, ces gens l'ont peut-être vu, et votre Ministère ont oublié d'effacer la mémoire de quelqu'un.

- Mais tu ne peux pas en être certain, pas pour chaque personne qui y croit-

Ron reçu un coup au solar plexus, et il eut le souffle coupé. En revanche, sa frustration lui permit de continuer à frapper, surprenant Allen qui s'était préparé à attendre que l'autre reprenne son souffle, contrairement à ce qu'aurait fait Kanda. Ron ne le toucha jamais, et ça ne fit qu'augmenter sa frustration.

Harry couvrit un petit sourire, glissant un regard vers Draco. Il n'avait vraiment jamais aimé l'autre – il y avait trop d'animosité entre eux, et il ne pouvait pas trouver une seule chose positive. En fait, il avait carrément détesté et presque haït Malfoy ces deux dernières années. Il se souvint de la petite obsession qu'il avait eue quand il pensait que l'autre était le prince de sang mêlé, mais son opinion avait légèrement changée depuis. La seule façon qu'Harry aurait imaginé voir le Malfoy changer aurait été à cause d'un changement brutal, et le retour de Voldemort en avait fait partit. Maintenant l'autre n'était plus aussi sarcastique, ou aussi dominant, et il venait juste de perdre ses parents.

Si il y avait une chose qui pouvait alléger l'opinion d'Harry sur Malfoy, c'était ça.

Puis il y avait le fait que toute cette rancune semblait si loin dorénavant … ça semblait si stupide de détester Malfoy maintenant, maintenant qu'il avait le monde sur ses épaules, littéralement. Non pas que tout soit partit, mais il était prêt à tout oublier si Malfoy y était prêt.

Dit-le simplement et pense-le, pensa-t-il.

Ron tomba de nouveau au sol, le souffle erratique, et il toussa quelques fois. Il resta allongé pendant plusieurs longs moments, calmant sa respiration et massant sa clavicule, puis tourna la tête.

- Bon sang, Harry, ça fait combien de temps que tu fais ça ? On dirait que c'est impossible. Harry ne se fit pas avoir par le ton plaidant parce qu'il pouvait voir la détermination de fer dans ses yeux.

- Depuis un moment maintenant. Admit-il à la place, répondant surtout parcequ'il avait vu les yeux de Malfoy se tourner dans sa direction, curieux. – Presque tous les jours, vraiment, depuis que je suis arrivé au Quartier Général, du moins quand je n'étais pas à l'infirmerie.

- Et il s'est entraîné avec Kanda, et c'est quelque chose que je pensais être impossible. Ajouta Allen avec un léger sourire.

- Quelle partie ? Coupa Lavi. – Que Kanda puisse être patient, ou qu'Harry ait survécu plus ou moins sans séquelles ?

- -Les deux. Répliqua Allen nonchalamment. – Puisque, tu sais, Kanda peut être si inconsidéré.

- Est-ce que tu veux un combat, pousse de soja ? Dit Kanda sans bouger, ni même ouvrir un œil.

- Plus ou moins ? Demanda Hermione, inquiète mais sans la condamnation qu'elle avait à chaque fois que l'instruction d'Harry par les Exorciste était discutée. Elle semblait avoir acceptée que c'était nécessaire. – Comment se fait-il que vous arriviez toujours à rendre tout inquiétant ?

- C'est le talent, se vanta Lavi en bombant le torse. – Seuls les meilleurs peuvent rendre quelque chose d'aussi insignifiant si noir.

- On dirait un des jumeaux, grommela Ron. – Et le monde n'a pas besoin d'un autre Fred ou George.

- Je ne pense pas qu'il pourrait le supporter, acquiesça Harry avec un sourire. – Imagine, un monde où les jumeaux Weasley sont en fait les triplés Weasley.

- Je ne sais pas. Hermione pencha la tête sur le côté alors qu'elle observait l'Exorciste à côté d'elle. – Il a les cheveux … il pourrait facilement se faire passer pour quelqu'un de la famille.

Un faible rire émana de Malfoy. Harry coula un regard plein d'espoir dans sa direction – c'était presque un miracle que l'expression qu'avait l'autre sur son visage n'était pas un grimace hautaine, mais juste un roulement des yeux fatigué. Il semblerait qu'il a été le seul à le remarquer.

- Et il l'a fait une fois, vous vous souvenez ? Ajouta-t-elle. – Au mariage.

- C'est vrai. Repensa Ron alors qu'il s'asseyait finalement. – J'ai dû écouter tante Muriel me dire qu'elle pensait enfin avoir trouvé un Weasley décent au moins une fois dans sa vie.

Les yeux de Malfoy s'illuminèrent d'un amusement mauvais pensant probablement qu'il n'existait de Weasley au comportement décent. Entre temps, Hermione, Ron, et Harry rirent tandis que Lavi se demandait s'il devait prendre cela pour un compliment ou non.

- Hey Harry, finit par dire Ron. – Pourquoi tu ne t'y mettrais pas ? Tu ne t'es pas entraîné depuis un moment, non ? Je veux voir à quel point t'es fort.

- Tu m'a déjà vu le faire avant, rappela Harry en balayant son idée de la main, n'ayant pas envie de s'entraîner alors que sa vie n'était pas en danger imminent ou que quelqu'un regardait.

- Ouais, mais pas en entier. Je n'ai vu que la fin, et l'autre fois j'étais un peu occupé, tu ne crois pas ?

Evidemment qu'il le pensait. L'autre avait juste été torturé après tout.

- Allez mon vieux, ça ne pourra pas faire de mal …

- Parle pour toi, grommela-t-il. Il fut distrait lorsque Kanda quitta sa position de méditation et lança un regard à Allen.

- Tu aurais pu simplement demander, brute. Marmonna Allen avec un léger agacement. Puis il se mit sur le côté, près de Malfoy et en face de Lavi. – Et il n'a pas à le faire s'il n'en a pas envie.

- C'est ce que tu dis, répliqua facilement Kanda en faisant un geste pour que Ron s'écarte. Le rouquin le fit rapidement, trottinant pour rejoindre le côté libre d'Hermione.

- Oui, c'est ce que je dis, acquiesça Allen.

- Dépêche, dit Kanda, ignorant complètement son collègue et faisant un geste impatient à Harry.

Harry avait bien envi de demander ce qui arriverait s'il refusait – mais il avait déjà eu cette envie avant, et juste comme avant, il l'ignora. Il se leva à la place, secouant la tête avec amusement et exaspération.

Ils s'échauffèrent rapidement ensemble pour éviter de se blesser. Evidemment, Kanda pouvait se guérir de tout en une fraction du temps que ça prendrait à Harry, mais c'était probablement l'habitude. Ensuite ils se mirent face à face, séparés de quelques pas. Leur arène était un peu plus petite que d'habitude, mais ce n'était pas comme s'ils prenaient beaucoup de place quand ils échangeaient des coups.

Il ravala son anxiété. Il n'aimait pas s'entraîner en présence d'autres personnes. Il s'y était habitué au Quartier Général parce que les seuls présents étaient d'autres Exorcites qui venaient voir comment il se débrouillait, ou Komui, ce qui était probablement la seule raison du fait qu'il était encore en vie.

Ou c'était peut-être à cause de Dumbledore, puisque c'était lui qui était allé à la Congrégation de l'Ombre en premier lieu. Lui et … Snape …

Il l'avait oublié, et il manqua presque l'annonce du début du combat. Le poing s'emmêla presque avec ses cheveux lorsqu'il l'esquiva. Il fit un pas sur le côté pour éviter un revers de la main, visant le milieu avec son propre poing et exécutant déjà un coup de pied visant à casser le genou avant même que son poing ne soit dévié. Il mit son poids sur son pied mis en avant – Kanda avait essayé d'utiliser sa position contre lui après que son coup de pied ait manqué son but et frappa le sol en plaçant son pied derrière celui d'Harry dans l'espoir de le faire tomber lorsque son poids redescendrait. Il manqua presque de recevoir une paume sur le côté de son visage, son oreille, probablement, ce qui aurait plutôt bien endommagé son ouïe si il avait réussi.

Il visa les yeux avec ses doigts, un peu hésitant. Il l'était toujours lorsqu'il visait quelque chose qui pourrait causer de sérieux dégâts s'il réussissait. Ce qui n'était jamais le cas, et cette fois non plus, alors il se détendit.

Il était complètement prit par le combat. Il n'avait pas réalisé qu'il pouvait mettre en sourdine ce qui l'entourait, à moins que ce soit le Quidditch. Ce n'était certainement pas un match de Quidditch, mais c'était presque, presque la même chose. Ou, du moins, il avait cette même anticipation et concentration étouffante.

Ron observait le combat comme s'il regardait un match entre ses deux équipes préférées, penché en avant. Il ne pouvait pas s'empêcher d'être impressionné, et peut-être même déterminé. Hermione le regardait avec une concentration similaire, horrifiée et impressionnée en même temps. Lavi souriait paresseusement, et Allen regardait avec curiosité. Malfoy le regardait avec une fascination mal contenue. Il ne pouvait pas, même si sa vie en dépendait, comparer le garçon avec qui il avait été à l'école avec celui devant lui, qui dansait avec un combattant doué et expérimenté.

Les deux étaient trop différents. Il y avait le Potter qui était le Garçon-Qui-A-Suvécu, confiant et possédant tout ce qu'il avait toujours voulu renommée, fortune, amis, et une famille aimante même s'ils n'étaient pas du même sang et que c'était les Weasley, ces traitres à leur sang. Puis il y avait celui-ci – plus dure, plus robuste, plus sérieux, qui lui avait sauvé la vie.

Draco les avait observés. Sa tristesse ne l'incapacitait pas autant que ce que les autres semblaient penser. Il était un Malfoy, et les Malfoy savaient voir la vérité des choses. Ils avaient vu que Voldemort était le bon choix pendant la Première Guerre, battu par une prophétie dont Lucius ne connaissait pas l'existence et donc qu'il n'avait pas pu analyser pour décider de son choix ensuite. Ils avaient vu lorsqu'ils avaient commencés à perdre les faveurs du Seigneur Noir, et ils avaient sût lorsqu'ils les avaient perdues complètement. Ils avaient sût lorsque ça s'était transformé en une mauvaise décision, quand ils furent rendus à l'état de prisonniers dans leur propre maison à vivre dans la terreur.

Draco savait deux choses. La première était qu'il avait maintenant une Dette de Vie à payer – il n'avait pas vraiment à la prendre aussi sérieusement que la plupart, il pouvait l'ignorer tant qu'une rétribution ne lui était pas demandée. La seconde était que ce Potter était vraiment différent, beaucoup plus forts, et surtout, que ses alliés l'étaient tout autant. Contrairement aux Noahs que de le Seigneur Noir avait choisi, les Exorcistes ne dissimulaient pas des informations ou faisaient les difficiles.

De bons alliés étaient le premier pas vers la victoire.

Harry inspira profondément lorsqu'un coup de pied frola ses côtes, sautant pour s'éloigner et essayant de frapper la seule jambe qui maintenait l'autre debout. Ce n'était pas si simple, ce qui était normal, ce n'était jamais facile. Puis son poing érafla l'épaule de l'autre, rappant contre ses jointures douloureusement, et il réalisa que c'était une ruse.

Puis il se retrouva piégé, debout cette fois, et aucune technique qu'il connaissait ne pût l'en sortir. Il soupira et souffla un abandon étouffé. Il fut relâché, et ce qui l'entourait revint dans sa vision.

- C'était géant, soupira presque Ron, sa voix plus qu'impressionnée.

- C'était … impressionnant, admit Hermione avec réticence.

- C'était mieux, acquiesça Lavi. – Pire, continu comme ça, et je ne sais pas si l'Ordre voudra te laisser partir après tout ça. Je suis sûr que quelqu'un pourra trouver un moyen de faire fonctionner la cape.

Son rire fut interrompu par le pied d'Allen s'enfonçant dans le sien, et il siffla faiblement.

- Bon sang, pousse de soja, je ne faisais que plaisanter.

- Mon nom est Allen.

Harry sourit doucement et fit rouler son cou pour enlever les nœuds. Il entendit un 'pop' qui fit grimacer Hermione. Elle lui proposa de lancer un sort qui aiderait avec les douleurs musculaires plus tard, et il accepta. Ce fut à ce moment qu'il remarqua une figure familière se frayant un chemin parmi les arbres. Quelques instants plus tard, Luna apparut près d'eux, souriant d'un air songeur.

- Tu as besoin de quelque chose, Luna ? Demanda-t-il.

- Non, pas vraiment, répondit-elle en se tournant vers lui. – En revanche, Fleur m'a envoyée pour te dire que Mr Griphook souhaite te parler il est dans la plus petite chambre. En privé.

- Evidemment, marmonna-t-il, remerciant silencieusement Hermione. – Merci Luna.

- Aucun problème, répliqua-t-il en regardant autour d'elle. – Vous savez, vous devriez porter des caches-oreilles. Les Joncheruines adorent cette période de l'année, et il est difficile de s'en débarrasser une fois qu'ils sont dans vos oreilles.

Lavi couvrit immédiatement ses oreilles, les yeux alarmés, et Hermione lui lança un regard agacé. Il cilla, réalisant que c'était une de 'ces choses' dont Luna parlait, et abaissa ses mains avec un sourire honteux. Luna alla vers Malfoy, parlant de choses et d'autres. Pourtant, il devait être vraiment décidé à rester silencieux si même les étranges discutions de Luna qui d'habitude l'énerve fortement ne le font pas parler. Il décida qu'il pouvait rentrer. Il n'avait pas peur que l'autre s'enfuit. Quelqu'un le remarquerait, il y avait des sorts anti-transplannage placés sur la maison et la clairière, et il n'avait nulle part où aller m'y à part se condamner à une mort certaine. A moins, bien sûr, qu'il soit près à risque la colère du meurtrier de ses parents dans l'espoir que la nouvelle de la cachette de Potter serait suffisante pour pardonner sa famille. Ce qui ne serait pas le cas, Harry le savait, et il ne pouvait qu'espérer que Malfoy le sache aussi.

Il hocha la tête en direction de Fleur lorsqu'il la croisa sur le chemin menant à la plus petite chambre, emmenant Ron, Hermione, et les Exorcistes avec lui.

Le goblin se trouvait là où Luna avait dit il serait – dans la plus petite des trois chambres de la maison, celle qu'Hermione et Luna utilisaient la nuit. Les rideaux étaient tirés, plongeant la pièce dans une sorte de sombre atmosphère qui contrastait avec le reste de la maison.

- J'ai pris ma décision, Harry Potter, dit Griphook, assis et tapant ses doigts crochus contre le bord de la chaise. – Les goblins de Gringotts considèreront cet acte comme basse tricherie, mais j'accepte de vous apporter mon aide.

Harry retint un soupir de soulagement, sentant que maintenant qu'il avait quelqu'un qui connaissait la banque pour l'aider, ses chances de réussir avaient augmentées.

- Mais seulement à condition que … vous payez le prix.

- Quel genre de prix ? Demanda-t-il en plissant les yeux. L'idée de proposer de l'or lui vint, mais il n'en fit rien.

- Je veux l'épée. Répondit le goblin, ses yeux noirs brillant. – L'épée de Godric Griffondor.

- Je ne peux pas vous la donner. Je suis désolé. Répondit-il immédiatement. Il n'y avait aucun doute dans son esprit qu'il ne pouvait pas se séparer de l'épée. Ron émit un son irrité qui était sûrement fait pour couvrir sa nervosité.

- Alors, nous avons un problème.

- Et si on vous donnait autre chose ? Proposa Ron. – L'épée est vraiment importante.

- Et que pourriez-vous me donner qui serait équivalente à ma traitrise ? Vous n'avez pas d'autres objets faits par les goblins, n'est-ce pas ?

- Non, mais-

- Je le ferais pour l'épée. Rien d'autre.

Un silence régna alors qu'Harry s'évertuait à trouver quelque chose. Il avait besoin de l'aide de Griphook. C'était simple à avoir. Mais si c'était pour se débarrasser de quelque chose de plus important, l'épée était plus importante que le goblin, c'était certain. Il vit le regard qu'Hermione lui donnait remplit d'inquiétude et concerné.

- Griphook. Soupira-t-il en plantant son regard dans celui de l'autre. – Ecoute. L'épée fait quelque chose que la plupart ne font pas – elle détruit les objets que l'on recherche. On ne pas la donner, ou on ne battra jamais Voldemort. Je ne peux pas te la donner. Je ne changerais pas d'avis.

Les yeux du goblin brillaient toujours, mais cette fois de colère. Harry s'en moquait.

- Tout ce que je peux vous offrir c'est de vous la remettre une fois que je n'en aurais plus besoin. Continua-t-il. – Je peux vous promettre sur tout ce que vous voulez que je ferais de mon mieux pour vous la remettre ensuite.

- Et quand cela sera-t-il ? S'enquit l'autre.

- Je ne sais pas. Il admit. – Ca pourrait être dans quelques jours, quelques mois, ou même quelque année.

- Si ça prend autant de temps, je ne peux pas croire en la parole d'un sorcier. Annonça Griphook, ses yeux toujours plissés. – Il n'y a rien qui pourrait vous empêcher de revenir sur votre parole après que tout soit finit – si cela se terminait en votre faveur.

- Alors vous n'aurez pas l'épée. Déclara Harry en touchant le manche de l'épée qui pendait à sa hanche. Il la prenait partout avec lui maintenant, parce qu'il ne voulait pas la perdre de vue. Il paniquait facilement quand il ne savait pas où elle était. Il ne faisait pas confiance au goblin pour la laisser sans surveillance, surtout avec les regards qu'il lui lançait. – Je préférerais faire un marché avec vous, mais je peux vous promettre, aussi, que si vous ne prenez pas ce que je peux vous offrir de mieux, alors vous n'aurez rien du tout. Vous pouvez soit me croire quand je vous dis que je vous la donnerais quand je pourrais et nous aider, ou vous pouvez refuser, et vous n'aurez pas cette épée tant que je vivrais.

- Tant que vous vivrez ? Est-ce que c'est une menace ? Siffla l'autre.

- Je me suis attaché à cette épée, dénia-t-il. – Et je ne l'échangerais que pour peu de choses. Ceci équivaut, et je peux donc vous promettre que je vous la donnerais, mais si non, je ne l'abandonnerais pas.

Il n'aimait pas négocier de cette façon. Il avait l'impression qu'il le faisait chanter, et ça n'a jamais été quelque chose qu'il avait aimé faire. Mais tout ce qu'il avait dit était vrai. Il le pensait quand il disait qu'il donnerait l'épée contre l'aide qu'il demandait, après la guerre. Il y avait pourtant cette petite vérité qui ne cessait de revenir dans son esprit si il était lui-même un Horcrux, comme il le pensait, alors le seul moyen qu'il connaissait pour le détruire était la mort. Et si il mourrait, il aurait du mal à remettre l'épée, non ?

- J'ai votre parole, Harry Potter, que vous remettrez l'épée de Griffondor si je vous aide ?

- Après en avoir terminé avec elle, oui. Confirma-t-il en dissimulant ses espoirs.

- Alors serrons-nous la main, dit Griphook en tendant la sienne. Ils échangèrent une poignée de main pour sceller le marché, et Harry chercha n'importe quel signe de tromperie chez l'autre. Il ne pouvait pas en voir, mais ce n'était pas comme si il était doué à lire les autres, encore moins des goblins.

- Alors, commençons.

Ils commencèrent à échafauder des plans, discutant à voix basses, pensifs. Dès le début, Harry réalisa que ça prendrait du temps. Gringotts avait de nombreux pièges et était remplie de systèmes de sécurité qui rendait l'infiltration extrêmement compliquée. La seule façon qui leur permettrait d'en sortir sans problèmes serait que leur plan pour entrer se passe à la perfection. Il espérait intérieurement que ce serait le cas, mais il en doutait. Il devait réfléchir à des plans de secours, juste au cas où il devrait recourir à la force. Evidemment, ce serait probablement quasiment impossible.

Le premier problème qu'ils rencontrèrent fut le nombre de personnes qui allait venir. Les Exorcistes refusaient d'être laissés derrière, ce qui voulait dire qu'en plus des trois sorciers, il y aurait au total six personnes et un goblin. Cacher simplement deux personnes aurait été difficile, et en considérant le fait que les Exorcistes ne connaissaient presque rien à la magie, malgré toutes ces sessions où il leur avait appris ce qu'il savait sur la magie, ils ne pourraient être utiles que si les choses tournaient mal.

Leur planning commença à s'étendre sur plusieurs jours, puis plusieurs semaines. Harry avait rapidement apprit qu'il n'aimait pas le goblin. Il n'appréciait pas que Griphook puisse être existé à l'idée de blesser d'autres sorciers quand ils abordèrent le sujet.

Leur plus gros problème était que Bellatrix était un peu beaucoup morte. Il avait dû rassurer Ron et Hermione de ce fait déjà plusieurs fois, jusqu'à que Timcampy ouvre sa gueule et montre une sorte d'hologramme montrant la sorcière recevoir plusieurs projectiles avant de tomber en poussière. Hermione et Ron avaient été choqués, puis surtout extrêmement inquiet, comme si ils devinaient ce par quoi était passé Harry. Le fait est que le coffre des Lestrange n'était donc pas accessible via leur plan principal – laisser Hermione utiliser du polynectar pour prendre son apparence. Même si les goblins ne savaient pas qu'elle était morte, le risque de croiser quelqu'un qui le savait était trop grand.

Alors que le temps passait, il était clair pour les autres présents dans la maisonnée qu'ils planifiaient quelque chose. Personne n'approchait les Exorcistes pour leur demander. Après tout, ils étaient souvent absent lors de ces sessions parce qu'ils n'avaient rien à ajouter. Kanda disparut plusieurs fois, tandis que Lavi venait le plus souvent. En revanche il était souvent absorbé par un livre. Allen était souvent vu avec Malfoy – Harry avait été surprit lorsqu'il les avait lui-même vu, et qu'il avait vu Malfoy parler doucement, un rictus méprisant quelque fois présent, mais il n'empêche qu'il parlait. Il ne parlait toujours pas aux autres.

Puis, un jour, Harry était assis à l'extérieur et regardait le ciel. Il avait juste terminé un entraînement dur avec Lavi, et il s'était juste installé après avoir fait quelques exercices de relaxation. Il était seul, et l'heure du déjeuner n'était pas loin, quand il fut sorti de ses pensées lorsqu'il entendit son nom

- Potter.

C'était Malfoy, le garçon se tenant droit comme un pic à côté de lui, à quelques pas à peine de sa position, son expression neutre et indifférente. Sa blessure avait bien cicatrisée et maintenant semblait normale.

- Oui, Malfoy ? S'enquit-il, résistant à l'envie de dire quelque chose d'inapproprié.

- Tu prévois de faire quelque chose. Annonça Draco, aucune question dans sa voix. – Qu'est-ce que c'est ?

- Je ne peux pas te le dire. Répondit calmement Harry. L'autre eu un rictus familier

- Pourquoi, parce que je suis moi ?

- Même si d'habitude ce serait une bonne raison, parce que tu es toi, ce n'est pas ça. Il leva de nouveau les yeux vers le ciel. Il avait appris à apprécier ce genre de chose ces derniers temps. – Je ne peux pas le dire à Bill et à Fleur non plus, quand ou si ils le demande. Ou quiconque.

Le silence tomba pendant un moment, et il fut surprit de voir que l'autre n'était toujours pas partit.

- Pourquoi … voulais-tu savoir ?

Il regarda l'autre avec méfiance. Il n'avait pas oublié que l'autre pouvait toujours faire de sérieux dégâts. Un message envoyé au bon moment pouvait être désastreux, même si Malfoy ne savait pas vraiment où ils étaient. En revanche, à ce moment, le jeune homme apparaissait incertain, et pendant un court instant il vit de la colère passer dans son regard.

- … On était traités comme des esclaves dans notre propre maison. Dit finalement Draco, et Harry fut tellement surprit d'entendre l'autre avouer quoique ce soit de personnel qu'il s'assit correctement et écouta avec attention. – Non pas que ça te regarde. Mais ce gars aux cheveux blancs … Walker … me disais des choses sur les Akumas. Je … les déteste. Et je … le déteste Lui

Pendant un instant, Harry crût que l'autre disait qu'il détestait Allen, puis il réalisa qu'il parlait de Voldemort. Et c'était plausible. Le Seigneur Noir était responsable pour la mort de ses parents, et personnellement dans le cas de sa mère.

- -Content que tu l'ais enfin remarqué. Dit-il à la place de toutes les choses qu'il voulait dire en premier.

- Et je ne t'apprécie toujours pas, Potter, continua Draco, mais je veux bien faire une trêve pour le moment.

- Qu'est-ce qui a changé ?

- Tu le détruiras ou mourra en essayant. Son regard se fit intense. – Je t'aiderais à le détruire pour ce qu'il m'a fait. Je suis le dernier Malfoy pour pouvoir le faire.

Harry ne bougea pas alors qu'il réfléchissait, puis se leva, regardant l'autre, pensif. Il pouvait voir que l'autre avait toujours peur de Voldemort, mais il y avait aussi une haine brûlante chez lui. Le jeune homme avait toujours été fier, mais maintenant sa fière famille n'était plus là. Il pouvait voir que le garçon avait qui il avait été à l'école était toujours là, mais plus sombre et changé.

Un peu comme lui.

- Très bien, finit-il par acquiescer en tendant sa main. Mais Malfoy, si je viens à croire un seul instant que tu vas nous trahir …

- Je peux dire de même pour toi. Au lieu de reculer en grimaçant ou le toucher le moins possible, il prit sa main fermement. – De toute manière je ne pourrais pas même si je le voulais.

Harry pensa à ce qu'il venait de dire alors qu'il laissait sa main retomber, ses yeux ne lâchant pas l'autre. Draco semblait complètement sérieux, et il devait admettre qu'il était soulagé.

- Tu comptes t'introduire dans le coffre de Bellatrix, reprit Draco, coupant Harry à ses pensées.

- Est-ce que tu nous écoutais ? S'énerva-t-il.

- Non, Potter, bien sûr que non, répondit l'autre en levant les yeux au ciel. – Vous placez toujours des sorts autour de la pièce de toute façon. Mais elle était hors d'elle quand elle a pensé que vous y étiez entrés, et j'ai bien vu ton expression à sa réaction. J'imagine qu'il y a quelque chose que vous cherchez à l'intérieur, et que vous comptez le prendre.

- Félicitation, tu as raison. Harry fronça légèrement des sourcils. – Et alors ?

- Et vous ne pouvez pas entrer parce qu'elle est morte, assuma Draco.

- Où veux-tu en venir ? S'enquit Harry en secouant la tête, agacé. C'était exactement lui, faire en sorte qu'on ait du mal à avoir les informations qu'il veut pourtant donner si difficile.

- Le coffre des Malfoy est près du sien, déclara le blond. – Je ne sais pas si ça peut aider, mais je pensais te le dire.

- Est-ce que tu peux au moins y entrer ? Demanda-t-il, légèrement surprit.

- Evidemment, Potter. Je peux prélever une petite partie chaque mois. J'imagine que la mort de mon père sera connue d'ici là. Mais … il … n'aura rien dit de la mort de ma mère, car tout ce qu'elle possèderait, comme le manoir, disparaitrait. Et encore, elle n'avait que peu d'influence parce qu'elle n'était pas une Malfoy. Tout passe à l'héritier. Le coffre est mien dorénavant.

Harry y réfléchit pendant un moment, tournant différentes idées dans sa tête en espérant trouver une solution à son problème.

- Je ne sais pas. Je vais devoir en parler aux autres plus tard, quand on se verra … Il regarda l'autre avant d'ajouter. – Tu viendras avec moi. Tu connais plus de chose là-dessus que moi, et de toute façon tu sais ce qu'il se passe.

- Tiens juste la bouche de Weasley fermée.

- Du moment que tu fais pareil, Malfoy.

Ils reprirent le chemin de la maison, l'espoir de voir les choses fonctionner s'insinuant en lui.