C'était la nuit, et Harry essayait d'apprendre la Bataille Explosive à Allen. Kanda avait depuis longtemps abandonné, qualifiant ce jeu de perte de temps, même si Harry suspectait que l'autre avait eu envie d'apprendre à cause des petites explosions. Draco était à côté de lui, bien qu'il ne soit pas assis très près, et restait propre à lui-même, quoiqu'un peu plus détendu que d'habitude. Ron se trouvait un peu plus loin avec Lavi, les deux jouant une partie d'échec sorcier – c'était là que se trouvait Kanda maintenant, à regarder le cavalier de Lavi se faire détruire par la tour de Ron. Lavi semblait complètement fasciné et ébahie, voir un peu mal à l'aise.
- Ha ! Prend-ça ! S'exclama-t-il avec triomphe.
- T'excites pas trop, tu ne m'as pas encore battu. Répliqua Ron, ses sourcils légèrement froncés en signe de frustration.
- 'pas encore'. Répéta Lavi avec un sourire de chat ayant attrapé la sourie. – Content de voir que tu t'es déjà préparé à perdre. Agenouilles-toi devant moi, car je suis le roi de ce jeu !
- Tu ne pourrais pas être le roi de quoi que ce soit sans le tuer en premier lieu, railla Kanda en roulant des yeux.
- Oh Yu, c'est blessant. Tu vois ? Le rouquin fit comme si il avait un couteau, et fit semblant de se le planter dans le cœur. – C'est ce que je ressens, Yu.
Kanda frappa l'autre sous la table avec suffisamment de force que l'autre se frappa presque la tête sur la table quand il passa automatiquement ses mains sur son mollet.
- Ne m'appelle pas ça !
- Ow, couina Lavi, faisant la moue quand un de ses pions se fit réduire en cendre. – Touché.
Harry dissimula un sourire et se refocalisa sur Allen et Draco, qui avait continué d'expliquer parce qu'apparemment Harry ne savait pas le faire.
- Non, tu fais comme ça, insista Draco. – Tu dois être rapide, ou tu vas te faire brûler …
- Et si on essayait ? Proposa Harry.
- Je suis ni aveugle ni stupide, Potter, tança Malfoy. – Je ne participerais pas à un jeu que je suis certain de perdre.
- Je ne pensais pas voir un jour où tu admettrais que quelqu'un était meilleur que toi, avoua l'autre.
- Ce n'est pas de ma faute si ta compagnie n'est pas très cultivée. Tu ne connais juste personne de mieux que moi, renifla Draco, s'arrêta un moment, puis ajouta : - … évidemment, ce n'est pas comme si je le reconnaissais non plus. Tout le monde peut voir que je n'ai pas les mêmes réflexes … qu'eux.
Harry ne pouvait pas dire si le ton qu'il avait pris pour utiliser 'eux' était une insulte ou non, et il s'arrêta immédiatement pour y réfléchir avant de s'offenser. Il était tellement habitué à entendre ce genre d'insultes venant de la bouche de l'autre, mais il avait fait attention à garder sa part de leur soit disant 'marché', et ça avait été dans les deux sens. Il décida après un moment que ce n'était pas une insulte – Malfoy était juste toujours incertain de la façon avec laquelle il devait agir en présence des Exorcistes.
- Alors c'est juste un jeu de carte ? Demanda Allen avec une étrange lueur dans les yeux. – Avec quelques sorts magiques imbibés dedans ?
- Uh, en gros oui … je croyais que tu aimais les jeux de cartes ? S'enquit lentement Harry. C'était la raison principale pour laquelle il avait pensé lui apprendre le jeu après tout, en plus de leur ennui.
- Oh oui. Le visage d'Allen s'assombri soudainement, sa voix changeant. – Je connais tous les jeux de carte que j'ai besoin de connaître, ou tout ceux Moldus. Je ne perdrais pas. Je ne perds jamais.
Le ricanement qui suivit fut à la fois amusant et effrayant, et il semblerait qu'il l'était aussi pour Draco car il s'éloigna, les sourcils levés.
- J'entends Black Allen, annonça Lavi. – Pourquoi est-ce que j'entends Black Allen?
C'est là qu'Harry se souvint des histoires d'Allen allant parier de l'argent, avant qu'ils ne se rendent au Quartier Général, et de l'amusement de Ron quand il avait vu ce qu'ils avaient surnommés 'Black Allen'.
- 'Black Allen' ? Répéta Bill de sa place près du feu, un livre dans la main et un fin sourire sur le visage. Griphook, assis en face de lui, secoua légèrement la tête.
Mais alors un bruit sourd perturba l'atmosphère, et tout s'arrêta en un instant. Puis Griphook se glissa derrière le canapé, en dehors de la vue des autres. Fleur entra en courant, alarmée et effrayée. Bill pointa sa baguette vers la porte d'entrée et Ron, Hermione, et Harry firent de même. Allen se leva lentement, ses doigts faisant un presque imperceptible mouvement. Lavi et Kanda se déplacèrent silencieusement, comme Harry les avaient vu faire tellement de fois et que lui-même avait commencé à apprendre, pour se placer de chaque côté de la porte. Lorsqu'ils furent prêt, Bill lança
- Qui est-ce ?
- C'est moi, Remus John Lupin ! Une voix cria à moitié par-dessus le vent. Harry sursauta. Il se demanda ce qui se passait, et si l'homme allait bien. – Je suis un loup-garou, marié à Nymphadora Tonks, et toi, le Gardien-Du-Secret de la Maison aux Coquillages, m'a donné l'adresse au cas où une urgence survenait !
Bill murmura le nom, puis s'élança vers la porte et l'ouvrit à la volé. Harry se prépara et fronça les sourcils avec colère. C'était un piège, c'était un geste stupide. N'importe qui sachant chercher pouvait trouver ces informations.
En revanche l'homme ressemblait parfaitement à Lupin lorsqu'il trébucha dans la maison, même s'il était pâle et ébouriffé à cause du vent. Il regarda autour de la pièce, s'arrêtant, atterré, à la vue de Draco qui tremblait juste un peu, sa baguette en main. Les sorts murmurés d'Harry lui assurèrent que c'était bien lui.
- C'est un garçon ! S'exclama finalement Lupin. – On l'a appelé Ted, après le père de Dora !
Hermione cria, et Fleur émit un cri étranglé. Lavi referma la porte avec une légère grimace tandis que Kanda se positionnait à la fenêtre. Il l'ouvrit légèrement, et Timcampy se faufila à l'intérieur.
- Quo- ? Tonks – Tonks a eu le bébé ?
- Oui, oui, elle a eu le bébé ! Cria presque Lupin. Les deux femmes couinèrent et lui offrirent des félicitations excitées. Ron semblait presque confus, comme si l'idée même d'un bébé lui était inconnue, murmurant quelque chose sous sa barbe inexistante.
- Oui- oui- un garçon. Répéta Lupin, abasourdit. Il semblait si heureux qu'Harry sentit sa poitrine se resserrer cette nouvelle était si soudaine, mais tellement précieuse …
Il fut encore plus surprit quand Lupin avança vers lui et le prit sans attendre dans ses bras, le faisant tourner, et il fut obligé de se souvenir que oui, Lupin était beaucoup plus fort que sa personnalité tranquille le montrait en général.
- Tu seras le parrain ? Demanda-t-il quand il le reposa.
- M-Moi ?
- Toi, oui, bien sûr – Dora est tout à fait d'accord, personne n'est mieux-
Harry cilla, surprit et presque abasourdit. C'était comme si ce qui s'était passé à Grimmauld n'était jamais arrivé. Il ne s'attendait pas à ce qu'on lui demande ça … et à vrai dire, c'était un honneur, vraiment, mais il hésita.
- Je- oui - je veux dire-
- Félicitation mon vieux ! Rit Lavi en tapant l'épaule de Lupin. On aurait aussi dit que la méfiance de Lupin envers les Exorcistes s'était dissipée, et il ne pouvait que sourire.
- C'est une merveilleuse nouvelle, ajouta Allen. – Je vous souhaite bonne chance.
Harry se demanda brièvement ce qu'ils devaient penser de la joie de l'homme tout en sachant que leurs chances d'avoir des enfants étaient presque nulles. Mais Allen semblait vraiment heureux pour l'autre, et le sourire de Lavi était sincère. Il n'y avait que Kanda qui semblait se désintéressé de la chose, mais ce n'était pas comme si Harry s'attendait du contraire. Il essaya d'imaginer leurs enfants, mais échoua lamentablement.
- Je ne peux pas rester longtemps, je dois rentrer, disait Lupin, toujours souriant quand Fleur essaya de le convaincre de rester boire un verre et que Bill alla chercher le vin. – Merci, merci, Bill.
Les verres furent remplis, et un toast fut donné à Teddy Remus Lupin. Alors que Fleur demandait de quel côté le bébé tenait le plus, Harry essaya de s'effacer. Il avait vu quand Timcampy était revenu, se glissant dans le petit espace que Kanda avait créé, puis se secouant et allant rejoindre Allen. Ça voulait dire que actuellement, personne ne se trouvait aux alentours, et il se permit de détendre les muscles qu'il n'avait pas remarqué étaient crispés.
Griphook se retira rapidement, ne prenant aucune joie à l'évènement, et il savait qu'il n'avait pas été le seul à le remarquer. En plus des Exorcistes, Bill l'avait aussi vu. Le temps passa rapidement, et bientôt une autre bouteille de vin fut ouverte. C'était comme si l'heureuse nouvelle avait fait tout le monde oublier, même si ce n'était que pour un moment, à quelle point la situation était désespérée. Mais c'était agréable, de pouvoir sourire et rire, et de sembler vraiment content quand quelqu'un se tournait vers lui. Et vraiment, ce n'était pas difficile, parce qu'il était vraiment heureux.
A la fin, Lupin refusa un nouveau verre de vin et prit sa cape.
- Non … non … Je dois vraiment rentrer.
Harry lui sourit quand l'homme se tourna vers lui.
- Au revoir, au revoir- j'essayerais d'amener des photos dans quelques jours- ils seront tellement soulagés de savoir que je vous ait vus-
Le loup-garou enlaça les femmes et serra la main des hommes. Il s'attarda avec Harry, et reçu des encouragements de la part d'Allen et de Lavi. Il tendit même la main vers Kanda, et ce fut encore plus surprenant lorsque le jeune homme la prit, l'autre loup-garou faisant un mouvement sec de la tête. Draco semblait ne pas savoir comment réagir. Ils ne se serrèrent pas la main, mais le Malfoy hocha la tête. L'enfant, après tout, était son cousin, et il ne pouvait pas avoir de préjudices pour le moment.
Puis Lupin partit, et les festivités se calmèrent une fois de plus, même si un picotement restait dans l'air. Harry évita les autres, ou du moins il évita les longues conversations. Il se retira tôt dans la soirée. Il rêva d'un autre enfant avec un autre nom sans parents, dont le parrain était mort avant qu'il ait pût se souvenir de lui, et se réveilla honteux de savoir que ça pouvait très bien lui arriver.
Le temps passa, puis vint le jour de mettre leur plan à exécution. Ils prévinrent Bill et Fleur qu'ils partaient la veille de leur départ. Ils leurs dirent qu'ils ne revenaient pas, et en restèrent là. Bill était inquiet, et Fleur fut à deux doigts d'essayer de les dissuader, mais à la fin il n'y avait rien qu'elle ne puisse dire, ou faire, pour les faire changer d'avis. Ils partirent le lendemain – sans prévenir quiconque, et Harry resta un instant les yeux rivés sur la note qu'il avait écrite.
Elle était courte, un simple merci pour leur aide en espérant que rien ne leur arrive. Ollivander avait été emmené chez Muriel, et donc il ne restait que Dean et Luna. Harry devait avouer que la Maison aux Coquillages allait lui manquer. Ça avait été agréable, mais il était content de partir. Il y avait trop de monde, et il lui avait été impossible d'être seul. Ils avaient dût faire sans cesse attention de ne pas être entendu, et le fait d'avoir un coin à lui lui manquait. Il allait même jusqu'à dire que le Quartier Général lui manquait, et la chambre qu'il partageait avec Kanda, même s'il ne savait pas s'il la reverrait un jour.
C'était l'aube, et ils se glissèrent tous dans le jardin. Leur groupe était plutôt large – quatre sorciers, une sorcière, un goblin, et trois Exorcistes. Et la majorité sera rendue invisible par Harry. Kanda et Lavi resteront à découvert et agiront comme les gardes de Malfoy.
Harry devait l'admettre, ça valait le coup rien que pour voir les deux Exorcistes en robes de sorciers. Personnellement, il pensait que Kanda avait tout l'air d'un noble dans ces habits il ferait sûrement un bon Mangemort. Lavi semblait un peu plus mal à l'aise dans les siens, mais ça allait. Il savait qu'ils portaient leurs uniformes en dessous, en dehors de leurs manteaux.
- Comment vous faîtes pour bouger dans ces choses ? Demanda Lavi avec incrédulité. – C'est comme porter une robe. Dites-moi que vous portez des pantalons ou quelque chose comme ça en dessous …
- C'est juste que tu ne comprends pas notre culture, rétorqua Draco avec agacement. – Ces robes sont bien mieux que ces pantalons serrés que vous portez – c'est indécent et impudique.
- Qu-quoi ? Bafouilla le rouquin. –Impudique ? Je te ferais savoir qu'ils sont très bien. De plus, je préfère de loin avoir l'air étrange que de risquer de me gaméler à chaque pas !
- Tu ne tomberas pas si tu fais attention. Quoique, tu peux être maladroit, dit Kanda en détournant le regard, finissant d'attacher ses cheveux. A la place que la queue de cheval haute, il les attacha vers les pointes avec une cordelette que Draco lui avait donnée en insistant parce qu'il ressemblerait plus à Sang-pur, et leur déguisement était très important.
- Tout le monde ne peut pas être comme toi, répliqua Allen. – Tu devrais peut-être demander à Komui de transformer Mugen en baguette ces 'robes' te vont à ravir.
- Je peux te dire exactement ou te mettre ces idées-, commença Kanda, les yeux plissés, mais Harry le coupa
- Donc ! Tout le monde est prêt ? Oui ? Bien.
L'instant suivant ils devinrent presque tous invisible, et Hermione laissa échapper un couinement surprit.
Ils transplannèrent sur le chemin de King Cross, puis se dirigèrent vers le Chaudron Baveur. Les gens s'éloignaient de Draco même si ils se trouvaient à l'autre bout de la pièce. Kanda toisait les autres de son regard, quelque chose qu'il savait très bien faire, et Lavi maintenait une expression indifférente. Ses cheveux étaient relâchés, et avec son expression et son cache-œil, il ressemblait à une de ces personnes qu'on n'avait pas envie d'approcher, surtout si il était avec Malfoy et une autre personne du même style.
- Mr Malfoy, murmura Tom alors qu'ils passaient le bar. Draco émit un son de gorge mais sinon ignora le propriétaire des lieux.
Ils pénétrèrent dans l'arrière-cour et Draco frappa le mur où il était censé le faire. Le passage s'ouvrit, et Lavi ne pût s'empêcher de hausser un sourcil.
Le Chemin de Traverse était anormalement silencieux, les magasins à peine ouverts. C'était la première fois que Harry la voyait si vide, et il la compara avec la rue fourmillante qu'il avait vu la première fois qu'il était venu. Il y avait plus de boutique de Magie Noir que dans ses souvenirs, et son propre portrait couvrait la plupart des fenêtres, avec pour titre 'Indésirable Numéro Un'.
La plupart des personnes étaient des mendiants placés sur le côté du chemin, demandant pitoyablement un peu d'or. Ils juraient qu'ils étaient des sorciers, et certains étaient même blessés.
Alors qu'ils remontaient la rue, les autres ne tardèrent pas à s'enfuir. Harry s'étonna de la réaction envers Draco. Les Malfoys ne méritaient pas vraiment qu'on les fuit son père, oui, mais son père était mort. Puis il se demanda si c'était peut-être exactement la raison. Puisque Lucius était mort, le Seigneur Noir aurait placé Draco à sa place, moulant le garçon comme il le voulait. Et, évidemment, le garçon ferait comme on lui dirait. En fait, Harry n'avait jamais vu Draco si fier et confiant avant, et c'était peu dire.
- Mes enfants ! Cria soudainement un des hommes sur le côté de la rue, un de ses yeux couvert d'un bandage sanglant. – Où sont mes enfants ? Qu'est-ce qu'il en a fait ? Tu sais, tu sais !
L'homme s'élança vers Draco, son visage enragé et ses mains tendues vers son cou. Il ne réussit même pas à s'approcher – avec un simple geste, Kanda et Lavi l'avait repoussé si rapidement qu'on aurait dit de la magie. L'homme s'effondra en arrière, et l'expression des Exorcistes se fit neutre. Draco ne cilla même pas. Les personnes restantes ne tardèrent pas à déguerpir, et le jeune Malfoy releva le menton.
Harry fronça des sourcils, un peu agacé et inquiet. Ils n'étaient pas censés attirer l'attention sur eux, et on ne pouvait pas dire que leur entrée soit passée inaperçue. Il se carra et se prépara à continuer. Ça ferait hausser des sourcils s'ils rebroussaient soudainement chemin.
- Ça alors, mais c'est le jeune Malfoy, une voix appela soudain.
C'était un sorcier avec une couronne de cheveux gris sur le crâne et un long nez droit. Il s'avançait vers eux – Harry le reconnu comme était un des Mangemorts qui avait quitté la maison des Lovegood vivant. Il réfréna sa panique naissante. Est-ce qu'il allait reconnaitre les Exorcistes ?
- C'est Mr Malfoy maintenant, comme tu le sais, répliqua froidement Draco, Travers.
- Ah, oui. Je suis désolé pour votre perte, rétorqua rapidement Travers. – Un terrible accident, celui-là.
- Oui. Un accident. Le ton de Draco était presque plat.
- Mais je dois avouer que je suis surprit de vous voir là, Mr Malfoy.
- Est-ce étrange ? Il reprit son chemin, apparemment fatigué de rester immobile.
- Eh bien, oui. J'ai entendu que les habitants du Manoir Malfoy était confinés à l'intérieur après … ah … la fuite.
Harry écarquilla les yeux. Soit il y avait maintenant plus de monde au Manoir, ou Travers n'était pas au courant que Draco était le seul survivant du Manoir. Ça leur laissait l'espoir que Voldemort avait vraiment garder le meurtre de Narcissa secret, et peut-être celui de Bellatrix aussi. Pourtant, si c'était ce à quoi il pensait, alors Draco ne devrait pas être là.
- Tu as été mal informé alors, répliqua Draco d'un ton hautain. – Je suis ici sur les ordres directs du Seigneur Noir, et il n'aimerait pas apprendre que tu me suspectes.
Travers cilla, quelque part entre offensé et curieux. Il les suivit de près, et Harry espéra que les autres faisaient bien attention de ne pas se cogner contre les autres. En se concentrant, il apprit qu'il pouvait presque sentir où se trouvaient les autres.
- Et eux ? S'enquit le Mangemort en passant son regard sur les Exorcistes. – Vous voyagez avec une bien intéressante compagnie.
Harry vit le regard de l'autre briller, et il ne savait pas ce que ça voulait dire. Il espérait, au moins, qu'il ne les avait pas reconnus.
- Voici Dragomere Desbard, un sorcier venant du Japon, annonça formellement Draco avec un geste en direction de Kanda. – Il est le chef d'une faction très intéressée par les idéaux du Seigneur Noir, et il est venu pour voir notre nouveau régime.
Kanda ne fit aucun geste pour serrer la main de l'autre, et son regard hautain de Sang-Pur était parfait.
- Et ici, continua Draco en mentionnant Lavi, se trouve Deak Acuzio, un sorcier américain présent pour les mêmes raisons.
Lavi hocha légèrement la tête mais sinon resta silencieux. Travers fronça des sourcils, mais prit une expression agréable.
- Alors vous êtes là pour une commission, vous avez dit ? Demanda-t-il.
- Oui, confirma Draco avec un hochement de la tête. – A Gringotts.
- Hélas, moi aussi. Travers sourit légèrement. – L'or, fichu or ! On ne peut pas vivre sans, et pourtant j'admets déplorer notre besoin de marchander avec nos amis aux long doigts.
Harry grimaça alors qu'il suivait les pas de Draco, espérant que Griphook allait rester silencieux et ne rien faire.
- Si je comprends bien, au final, vous êtes ici pour de l'or ?
- Cela ne te regarde pas, Travers, renifla Draco. – Les souhaits du Seigneur Noir ne sont en aucun cas ton problème s'il ne t'as pas demandé.
- Ah, quel loyal Mangemort vous faites. Vous avez raison. Mes excuses.
Harry fut un peu soulagé. Draco jouait très bien son rôle, sans aucun signe de traitrise en vue. Bien sûr, il avait demandé un Serment Inviolable avant de permettre à Draco de les rejoindre, mais tout de même.
En haut des marches de marbre qui menaient aux imposantes portes de bronze, il n'y avait plus de goblins postés de chaque côté. A la place, il y avait deux sorciers tenant de longs manches dorés. Ils s'y était attendus, et patientèrent donc avec inquiétude.
- Ah, les Sondes de Sincérité, soupira Travers d'un ton théâtrale. – Très rudimentaire – mais tellement efficace !
Il s'avança et salua les gardes de la tête. Les bâtons dorés furent passés plusieurs fois sur son corps avec attention. Harry savait que ces bâtons détectaient des sorts de dissimulations et tout objet caché. Ils n'en avaient pas, autre que sa Cape d'Invisibilité, mais ils ne savaient pas qu'ils étaient là. Travers les regardaient alors que Draco passait facilement, et comme prévu, avançant de sorte de passer entre deux contrôles, ceux qui étaient invisibles purent passer.
Une fois à l'intérieur, Harry vit les portes d'argent où était écrit le poème menaçant de rétribution envers les voleurs. Il étouffa un son moqueur. Il se demanda ce qu'il aurait pensé, sept ans plus tôt, la première fois qu'il s'était tenu devant ces portes, s'il avait sû qu'il serait là pour commettre un vol.
Ils pénétrèrent dans le hall, et Draco fit semblant d'expliquer les lieux à Lavi et Kanda, ce qui était vrai car ils ne connaissaient pas cet endroit. Travers les dépassa et s'avança vers un goblin qui inspectait une pièce en or. Le goblin la mit de côté avec un quelques mots marmonnés puis examina la clé en or que le Mangemort lui présenta. Puis Draco s'avança.
- Mr Malfoy ! Le goblin apparut vaguement surprit. – Comment puis-je vous aider aujourd'hui ?
- J'aimerais accéder à mon coffre, répondit Draco.
Le goblin fronça des sourcils, reculant un peu. Harry nota que Travers les regardait, ainsi que quelques goblins.
- Vous avez … une identification ?
Harry sentit la présence d'un de ceux invisibles se placer rapidement à ses côtés, puis il entendit Griphook siffler faiblement
- Ils sont suspicieux ! On a dût les prévenir d'un imposteur !
- Une identification ? Demanda Draco, les yeux plissés. – Pourquoi est-ce qu'on m'en demanderait une ? Ou est-ce que vos précieuses sondes sont inefficaces ?
- Je ne souhaite pas vous offenser, monsieur. Se précipita de dire le goblin. – Mais on a reçu des nouvelles à propose de votre père, et on a entendu dire que vous aviez disparut.
Le goblin omettait certainement d'autres points, mais il n'en aurait pas plus.
- Voici ma baguette alors. Draco tendit sa baguette avec un autre rictus. – En revanche je le mentionnerais.
Il est vraiment bon pour menacer les autres avec quelqu'un qui a plus de pouvoir que lui, pensa Harry.
Le goblin prit la baguette, et Harry serra les poings. On les suspectait, évidemment, mais il ne pouvait pas se permettre d'être attrapé maintenant. Il sortit sa baguette avec un mouvement fluide du poignet et murmura
- Imperio !
La sensation qui remonta son bras était nouvelle et étrange. Le goblin se déplaça légèrement et soudain il se détendit, comme si tout était normal. Il dit
- Bien entendu, Mr Malfoy. C'était une absurdité de ma part.
L'expression de Draco ne changea pas, et la place il fit un signe de tête au Mangemort en disant
- Oui. Ce fut une rencontre intéressante, Travers, mais c'est ici que nos chemins se séparent.
- Certainement, répondit froidement Travers en hochant la tête. – Je suppose que je vous verrais plus souvent dorénavant ?
- En effet.
Harry admira à quel point l'autre pouvait utiliser le ton de son Père. Kanda surveilla l'homme alors qu'il partait, et Lavi pencha la tête sur le côté comme pour le saluer.
- Je vais avoir besoin de Tintamars, prévint le goblin en direction d'un plus jeune qui les approchait. Un instant plus tard, celui-ci réapparu avec un sac en cuir qui semblait rempli de pièces de métal. – Très bien ! Maintenant, si vous voulez bien me suivre, Mr Malfoy.
Il sauta dans son siège, disparaissant momentanément de vue, avant de passer le comptoir
- Je vais vous y mener.
Il les approcha avec gaieté, ignorant les autres goblins qui l'appelaient avec un mouvement de la main, et les guida. Ils passèrent une des nombreuses portes et entrèrent dans un passage. Aussitôt que la porte se ferma derrière eux, Harry désactiva l'invisibilité.
- On pourrait avoir des problèmes ils nous suspectent.
Le goblin, Bogrod si le nom employé par l'autre goblin était exact, ne montra aucune surprise à leur apparition soudaine.
- Il est sous l'Imperium, expliqua-t-il en voyant les regards confus.
- Est-ce qu'on ne devrait pas partir ? Demanda Ron. – Si on va plus loin, ce n'est pas dit qu'on puisse en sortir.
- Même maintenant, ajouta Hermione.
- Si on part maintenant, ils pourraient réaliser que quelque chose ne va pas. On ne sait pas si on aura droit à un autre essai plus tard, répliqua Harry. – Je propose de continuer.
- Bien ! Dit Griphook. – Alors, on a besoin de Bogrod pour diriger le chariot je n'ai plus l'autorité. Mais il n'y a pas suffisamment de place pour nous tous.
Ils s'étaient doutés que ça poserait problème. Il n'y avait de place que pour trois personnes. Ils ordonnèrent Bogrod d'appeler un autre chariot – les alarmes pourraient s'allumer puisqu'il y avait plus de personne que vues, mais ils avaient longuement discuter sur s'il fallait laisser trois d'entre eux derrière. A la fin, ils avaient décidés contre ça, surtout si à la fin ils devaient se battre.
Ils montèrent dedans. Bodrog, Griphook, Harry, Allen et Draco dans le premier, tandis que Kanda, Lavi, Hermione et Ron prenaient celui de derrière. C'était serré, mais l'instant d'après le chariot commença à avancer et à gagner de la vitesse. Ils passèrent plusieurs virages et loopings, et avant que Harry ne le réalise, ils étaient allés encore plus profondément qu'il n'avait jamais été. D'autres tournants et de descentes, et puis ils passèrent un virage qui leur découvrit une cascade.
- Non ! Cria Griphook. Il n'y avait pas de freins, et donc passèrent sous la cascade. L'eau recouvrit tout le monde, et Harry ne pût même pas respirer. Puis les chariots s'élancèrent en avant, envoyant tout le monde voler à peine quelques secondes avant que le deuxième ne percute le premier.
Harry essaya de se retourner, et il réussit au moins à atterrir sur ses mains et ses pieds. En revanche, grâce à Hermione, l'atterrissage se fit en douceur.
- Sor- Sortillège de Coussinage, balbutina Hermione pour répondre aux expressions surprises de Lavi et d'Allen.
- C'était la Cascade des Voleurs ! S'exclama Griphook alors qu'il essayait de se remettre debout, son regard posé sur la cascade. – Ca supprime tous les enchantements, tous moyens de dissimulation ! Ils savent qu'il y a des voleurs à Gringotts, ils ont levés les défenses contre nous !
Harry se dépêcha de vérifier que sa cape était toujours là, et il vit Hermione faire de même pour son sac. Il relança ensuite son sort sur Bogrod quand il commença à revenir à lui. Il ravala sa panique. Ils savaient que quelque chose n'allait pas. Dorénavant les chances d'en sortir sans problèmes étaient fines.
- Je crois que j'entends quelqu'un venir ! Annonça Hermione, et elle utilisa un Protego pour stopper la cascade.
- Comment est-ce qu'on va faire pour sortir ? Questionna Ron.
Harry retint sa première réponse, et dit ;
- On verra à ce moment-là.
Il prit une profonde inspiration, capta les regards des Exorcistes, et hocha la tête. Ils allaient le faire, et ils s'en sortiraient en un morceau.
