Harry se trouvait dans une pièce faiblement éclairée, un demi-cercle constitué de sorciers lui faisant face. Devant lui se trouvait une petite forme, tremblante, agenouillée à ses genoux là où elle appartenait.
- Que viens-tu de me dire ? Il s'entendit siffler, froidement et sans état d'âme, dissimulant la peur et la rage qui se battaient à l'intérieur de lui. La seule contre qu'il craignait – mais ça ne pouvait être vrai, il ne pouvait pas voir comment …
Le goblin tremblait toujours, incapable de relever la tête et regarder autre chose que le sol.
- Redit-le ! Harry-Voldemort demanda calmement. – Redit-le !
- M-mon Seigneur, bégaya le goblin, terrifié. – M-mon Seigneur … on a es-essayés d-de les ar-arrêter … des im-imposteurs, mon Seigneur … se sont – se sont infiltrés dans – dans le coffre des Lestranges …
- Des imposteurs ? Quels imposteurs ? Je croyais que Gringotts avait des moyens pour révéler des imposteurs ? Qui était-ce ?
- C'était … c'était … P-Potter, et six autres, u-un était déguisé co-comme le j-jeune mo-monsieur Malfoy …
Il ignora le rire à côté de lui de toutes ses forces.
- Et ils ont pris ? Sa voix s'élevait en même temps que sa peur, et elle l'agrippait et le serrait fermement de l'intérieur. – Dit-moi ! Qu'ont-ils prit ?
- Une … une p-petite coupe en or, m-mon Seigneur …
Il ne reconnut pas le cri qui s'échappa de sa gorge à ce moment ce n'était pas lui, c'était trop de refus indéniable et fous. Personne n'avait jamais percé son secret, il l'avait gardé plus précieusement que n'importe quoi d'autre, le garçon ne pouvait pas savoir, ne pouvait pas avoir deviné. Comment était-ce possible ?
La Baguette de Sureau dans sa main trancha l'air et la pièce fut remplie de lumières vertes, reflétées sur chaque surface métallique et donnant une impression de cauchemar sordide aux Mangemorts encore en vie qui tenaient de s'enfuir par la porte. Ceux qui étaient restés derrière, massacrés, morts pour avoir entendu parler de la coupe, pour avoir été présents.
Il avança parmi les morts une fois que la pièce fut vide, les autres ayant fui ou ayant été tués, le bras tenant sa baguette tremblant alors qu'il faisait les cents pas. Il entendit ce rire de nouveau, amusé, ironique, osé, et ça ne fit qu'accroitre sa colère. Il tourna sur ses talons, sa robe suivant le mouvement, et n'y pensa même pas.
Le Sort de Mort perça de nouveau l'air, filant droit vers la seule personne qui avait l'audace de rire de lui, même à cet instant où il ressentait une rage comme jamais avant.
Et l'homme ne fit que rire plus fort lorsque la lumière verte passa à travers lui, comme si il était un fantôme. Il aurait d'ailleurs pût en être un, tous les Noahs semblaient être des fantômes. Les yeux dorés de Tyki brillèrent dans les siens, et il savait, il savait, que cet homme était plus près de l'immortalité qu'il ne l'était, et il détestait, détestait, détestait ça.
Sa propre immortalité lui échappait – le journal détruit, et la coupe volée. Est-ce que le gamin était au courant pour les autres ? Est-ce que Dumbledore avait trouvé ses ancêtres, est-ce qu'il aurait pût trouver les autres Horcrux ? Est-ce qu'il l'aurait dit au garçon, avant qu'il ne soit tué ?
Il devrait savoir, ragea-t-il, il devrait savoir si un des autres avait été détruit. Il était vrai qu'il n'avait rien sentit quand le journal avait été détruit, mais il pensait que c'était parce qu'il n'avait à ce moment aucun corps pour le ressentir. Il devrait savoir si d'autres fragments de son âme avaient été attaqués, détruit. Il était le Seigneur Voldemort ! Il était le plus grand des Mages Noir jamais connus, et ne mourrait jamais !
Mais il doit savoir, il doit en être certain. Il écarta le corps du goblin avec le pied quand il passa, concentré sur ses pensées et sa rage. Le lac, la maison, et Poudlard-
Un brin de calme atténua sa rage : Comment le gamin pourrait-il savoir qu'il avait dissimulé l'anneau dans la maison des Gaunt ? Personne ne le savait, et il ne l'a jamais mentionné, les meurtres ne pouvaient pas remonter jusqu'à lui. Non, l'anneau était sûrement en sécurité.
Et même si le gamin avait su pour la cave et le loquet, il devrait d'abord passer les protections. C'était une pensée absurde.
Le garçon avait peut-être deviné qu'il y en avait un à Poudlard, mais il était le seul à savoir où il se trouvait. Il était le seul à connaître les plus grands secrets de cet endroit, donc personne ne pourra le trouver.
Puis il y avait Nagini, qui devait absolument rester près de lui maintenant, il ne pouvait lus l'envoyer en mission, rester sous sa protection …
Mais il devait en être absolument certain. Il se rendrait à chaque emplacement, et il renforcerait les protections de chacun. C'était quelque chose qu'il ferait seul, exactement comme il avait fait pour la Baguette de Sureau.
Où irait-il en premier ? Lequel encourait le plus de risques ? Après un moment indécis, il se décida pour l'anneau. Dumbledore avait été au courant pour son second prénom, et il aurait pût remonter aux Gaunt. C'était celui qui avait le moins de protections, et donc c'était là qu'il irait en premier. Il irait ensuite à la grotte, même s'il était impossible que le loquet ait été pris. Puis Poudlard – il n'y avait aucun doute sur le fait que l'Horcrux était en sécurité, mais il préviendrait tout de même Snape.
Il se retourna, quitta la pièce, descendit, et s'arrêta seulement une fois qu'il fut arrivé dans les jardins. Il ne fallut que quelques sifflements en Fourchelangue pour que Nagini sorte des ombres et le rejoigne comme une longue ombre …
Harry retrouva ses esprit et s'asseya d'un coup, sa respiration légèrement laborieuse. Sa cicatrice le lançait horriblement, et il était clair que son petit voyage n'était pas passé inaperçu. Ron et Hermione étaient penchés au-dessus de lui, leurs expressions inquiètes, et Allen se trouvait juste derrière eux, une main couvrant son œil activé et saignant.
- Il sait, annonça Harry alors qu'il se forçait debout, ignorant l'envie de trembler ainsi que le regard surprit et troublé de Draco. – Il sait, et il va vérifier les autres, et le dernier est à Poudlard. Je le savais !
- Quoi ? Ron le regardait presque avec la bouche béante, son expression inquiète et apeurée.
- Mais qu'est-ce que tu as vu ? Comment-
- De quoi est-ce que vous parlez ? Interrompit Malfoy, coupant Hermione. – Comment est-ce que tu sais ces choses ?
- Je – ma cicatrice – des fois je vois – Harry prit une profonde inspiration, se calma, puis continua. – Ma cicatrice est comme un lien vers lui, alors des fois, quand il est vraiment en colère par exemple, je suis attiré dans sa tête. Je le vois. Il est vraiment en colère, et a très peur, il ne comprend pas comment on peut savoir. Il va vérifier les autres Horcruxs, l'anneau en premier. Il pense que celui à Poudlard est le plus en sécurité parce que Snape est là-bas, et je pense qu'il ira en dernier, mais il peut très bien y être en à peine quelques heures-
- Est-ce que tu as vu où il était à Poudlard ? Demanda Ron en se mettant sur ses pieds.
- Non, il pensait plus à prévenir Snape et inquiet pour les autres Horcrux, il n'a pas pensé à où il était.
Puis Harry se releva, son regard passant partout en essayant de se calmer et de se concentrer sur des idées claires. Il prit de profondes inspirations, se calmant juste un peu, et était si concentré à ne pas perdre sa tête que la voix de Lavi le fit sursauter.
- Alors, qu'est-ce qu'on doit faire à ton avis, Mr le Sauveur ?
- Attendez une seconde, cria Hermione, son regard éberlué passant entre eux. – Vous ne pouvez pas penser à y aller comme ça ?! On a besoin d'un plan, on doit-
- On ne peut pas attendre, Hermione, interrompit Harry d'un ton sans équivoque. – Est-ce que tu peux imaginer ce qu'il va faire quand il réalisera que l'anneau et le loquet ont disparu ? Il pourrait aller directement à Poudlard, et on ne le retrouvera jamais.
Il commença à ramasser ses affaires, sortant sa Cape d'Invisibilité et la mettant mieux sous sa veste. Kanda paraissait déjà impatient, et Allen était penché au-dessus du lac, nettoyant le sang de son visage. Il ne pût s'empêcher de froncer les sourcils au souvenir de ce fait étrange – il ne savait toujours pas comment il se faisait qu'Allen puisse voir ses visions.
- Comment est-ce qu'on va faire pour entrer ? Demanda Lavi alors qu'il enfilait la veste de son uniforme.
- On va aller à Pré-au-lard, expliqua Harry, et essayer de trouver quelque chose une fois qu'on saura quelles sont les protections autour de l'école. Cette fois, on doit rester ensemble.
- Mais ce n'est vraiment pas-
- Attendez, attendez, attendez ! S'exclama Malfoy. – Vous ne pouvez pas être sérieux. Vous voulez vous infiltrer dans Poudlard le même jour alors qu'on vient à peine de survivre Gringotts, le tout pour une course contre Vous-Savez-Qui ?! Vous êtes fous !
- Est-ce que ce n'est pas ce que tu dis depuis des années de toute façon ? Rétorqua Harry avec une légère irritation
- Eh bien, oui, mais je n'ai jamais pensé que tu étais à ce point fou !
- Ecoute, on n'a vraiment pas le temps pour ça, dit-il en secouant la tête. – J'apprécie ton aide, Malfoy, et si tu veux rester derrière cette fois, je ne t'en voudrais pas. C'est comme tu veux. Dans tous les cas, on doit y aller maintenant.
- Mais-
Il ignora le blond et fit signe aux autres d'approcher.
- Je vais nous rendre invisible, commença-t-il. – Restez près. Prêt ?
Plusieurs hochements de tête, et il ouvrit la bouche, près à partir, mais Draco l'arrêta
- Attend !
Quelques secondes de silence, puis la tête du blond se joignit au groupa
- Je v-viens. Draco déglutit, son visage se colorant. – Ce n'est pas comme si j'avais autre part où aller.
- Tient juste ta langue si tu décides de t'enfuir, Malfoy, prévint Ron, les yeux plissés.
- La ferme, Weasley ! Grogna Draco.
- Ça suffit vous deux ! Lança Harry. - … Très bien, Malfoy, mais si tu pars, ce que tu peux faire si ça devient trop pour toi, retourne à la Maison aux coquillages, ou n'importe où, mais ne dit rien à personne.
Les deux autres ne purent qu'acquiescer. Quelques instants plus tard, après que tout le monde se soient préparer pour un Transplannage accompagné, l'invisibilité les recouvrit. Puis Harry tourna sur lui-même, et l'obscurité les engouffra.
Les pieds de Harry touchèrent le sol l'instant d'après, et il reconnut la rue principale de Pré-au-lard immédiatement. La rue était sombre, éclairée seulement par les lumières provenant des Trois Balais. Il se souvint, brièvement, comment il était apparu presque un an auparavant, supportant un Dumbledore désespérément affaiblit.
Puis l'air se mit à crier. On aurait dit Voldemort après qu'il ait apprit que la Coupe avait été volée, et un frisson remonta son échine. Il savait que c'était leurs présences qui l'avaient déclenché, et il se serait maudit pour ne pas avoir pensé à ça avant si il en avait le temps. Et évidemment, la porte des Trois Balais s'ouvrit à la volée, et une bonne douzaine de Mangemorts émergèrent, leur baguette prête à être utilisées.
Il espérait que personne ne tenterait quelque chose contre les Mangemorts. Ils étaient trop nombreux il entendit un froissement de tissu près de lui, suivit d'un faible sifflement. Son cœur battant la chamade, il attendit, mais rien ne se passa. Sa prise sur le bras d'Allen et la manche de Lavi se resserra, et il fut soulagé lorsque les cris perçant l'air cessèrent avec un mouvement de baguette d'un des Mangemorts.
- Accio Cape ! Cria l'un d'entre eux.
Malgré le sursaut d'Harry, sa Cape ne répondit pas. C'était une surprise, mais aussi un soulagement.
- T'es pas en dessous ta Cape, Potter ? S'écria celui qui avait lancé le sort, avant d'ajouter vers ses compagnons. – Dispersez-vous. Il est ici.
Six des Mangemorts coururent dans leur direction, et la panique les prit pendant un moment durant lequel Allen et Lavi essayèrent de reculer dans deux directions différentes, et celui que tenait Lavi le tira sèchement dans une autre direction. Harry émit un son alarmé et tira jusqu'à qu'ils soient tous en sécurité sur le côté, juste à temps pour les Mangemorts de passer. Ils attendirent dans l'obscurité, écoutant et regardant alors que des jets de lumières passaient dans la rue.
- On devrait partir ! Chuchota rapidement Hermione. – Transplanner maintenant !
- Ouais, probablement, agréa Ron. Avant qu'Harry puisse répondre, un autre Mangemort appela
- On sait que tu es là, Potter, tu ne peux pas t'enfuir ! On te trouvera !
- Ils nous attendaient, siffla Harry, déçu et agacé. – Ils ont dût placer un sort pour savoir quand on arriverait, et ils ont sûrement fait en sorte qu'on ne puisse plus repartir.
Quelques secondes plus tard, une nouvelle voix parla
- Et les Détraqueurs ? Si on les libérait, ils le trouveraient rapidement !
- Le Seigneur Noir veut être celui qui le tuera-
- Et les Détraqueurs n'le tueront pas ! Le Seigneur Noir veut la vie de Potter, pas son âme. Il sera plus facile à tuer s'il a été d'abord Embrassé !
Les réponses du même avis furent en partie couvertes par le reniflement amusé de Lavi.
- 'Embrassé' ? Murmura-t-il. – C'est quoi cette punition ? Ou est-ce-
- Ce n'est pas le moment pour plaisanter ! Lança Hermione. – Ce n'est même pas proche de ce que tu penses !
- Eh bien, peut-être que si vous les sorciers aviez un peu de bon sens avec les noms, marmonna Lavi. – Vous devez bien l'avouer. Nommer une punition 'Embrasser', que vont penser les enfants ?
Un bruit sec et apeurée dont Harry était presque certain venait de Malfoy les fit se taire. Il avait sans doute lui aussi réaliser – pour repousser les Détraqueurs, Harry devra utiliser son Patronus, et alors les autres sauront où ils sont. Ils étaient pris au piège. Il repoussa sa peur.
- On doit essayer de Transplanner, 'arry, chuchota Ron.
Harry savait que ça ne fonctionnerait pas – la confiance qu'avaient les Mangemorts était suffisante pour savoir que ce ne serait pas facile. Et en effet, quelques secondes plus tard, l'air se solidifia autour d'eux pour les empêcher de Transplanner. Ils ne pouvaient pas fuir.
Un froid perçant commença à descendre, la lumière commença à disparaitre, celle des étoiles comprise. Tout ce qui resta fut un noir absolu qui emprisonna le froid, et la sueur d'Harry se transforma en glace.
Ils reculèrent jusqu'à une ruelle adjacente aussi silencieusement qu'ils le pouvait. Tout ce qui importait à cet instant était de se dépêcher et de trouver un moyen de partir. Il se concentra plus sur ses 'autres' sens qui lui disaient où étaient les autres invisibles. Tout le monde maintenait l'allure malgré la difficulté, faisant attention de ne pas trébucher et d'emporter les autres avec eux.
C'est là que les Détraqueurs apparurent à l'autre bout de la ruelle, au moins dix d'entre eux et seulement visibles parce qu'ils formaient une masse plus sombre que ce qui les entourait. Ils glissèrent silencieusement sur le sol, et il ne pouvait que se dire qu'ils sentaient de la peur, parce que l'instant d'après, ils se dirigeaient vers lui, droit vers leur destination.
Il pouvait presque goûter le malheur qui les accompagnait, et il craignait tellement ce qu'ils pouvaient leur faire, ce qu'ils pouvaient faire si ils restaient là. Puis Allen, à sa droite, tomba à genoux avec un cri étranglé, et il vit que Lavi tremblait violemment et oscillait sur ses pieds. Il se souvint des réactions extrêmes qu'avaient eues les Exorcistes au Ministère, et jura.
Il releva sa baguette, et le sort échappa de ses lèvres silencieusement. Le cerf argenté apparut et s'élança les Détraqueurs s'enfuirent. Un des Mangemorts dissimulé poussa un cri de triomphe.
- C'est lui, là-bas, là-bas, j'ai vu son Patronus, c'était un cerf !
Avec les Détraqueurs éparpillés, les étoiles commencèrent à réapparaitre et le bruit des pas précipités devinrent plus bruyant. Avant qu'il ne soit submergé par la panique, avant qu'il ne soit forcé à se battre, il entendit le grincement d'une porte qu'on ouvre, et la lumière intérieure tomba sur eux de la gauche de la ruelle.
- Potter, ici, vite ! La voix était râpeuse et étrangement familière, mais il n'avait pas le temps de s'épiloguer là-dessus. Sans hésitation il siffla
- Aller ! En direction des autres, les sentant passer la porte, puis tira presque Allen vers la porte tout en supportant Lavi.
- Montez, n'enlevez pas la Cape et taisez-vous ! Marmonna leur sauveur, un homme grand qui passa devant eux pour s'engouffrer dans la ruelle et refermer la porte derrière eux.
Harry passa son regard autour de lui et réalisa qu'ils se trouvaient dans la taverne de la Tête de Sanglier. Une simple bougie éclairait la pièce alors qu'ils passèrent derrière le comptoir et une autre porte. Puis ils montèrent un escalier de bois aussi vite que possible pour émerger dans un salon avec un tapis et une petite cheminée qui était surmontée d'une grande peinture qui représentait une jeune fille blonde qui regardait la pièce avec un doux air absent.
Il y avait des cris en provenance d'en bas mais Harry ne s'en inquiéta pas. Avec l'aide tremblante de Lavi il amena Allen à une chaise, le faisant asseoir doucement.
- Kanda, Lavi ? Appela-t-il faiblement. – Ça va ?
- Je survivrais, répliqua Lavi, aucun tremblement présent dans sa voix. – Mais c'est bien une des pires créatures que j'ai jamais rencontrées.
Kanda renifla faiblement mais ne vint avec aucune insulte. Sans doute, pensa Harry, qu'il avait été lui aussi affecté.
- Allen ? Essaya-t-il à la place. – Est-ce que tu m'entends ?
- 'vais bien, soupira doucement le blandinet. - … Pardon.
- Ce n'est rien, il réassura. – Je ne suis pas surprit, considérant, mais tu es certain que ça va ?
- Oui. Cette fois la voix d'Allen était plus forte, mais Harry ne serait pas surpris d'apprendre que c'était fait exprès. – J'irais mieux dans une minute. Promit.
Harry fronça des sourcils. Il était inquiet. Il ne pouvait pas imaginer ce qui pourrait rendre la réaction des Exorcistes plus horrible que la sienne, mais ce n'était pas pour autant qu'il voulait le savoir. Il entendit un halètement près de la fenêtre.
- Harry ! Chuchota Hermione. – Il essaye de nous couvrir avec son propre Patronus. Une chèvre !
Ça ne l'inquiéta pas vraiment, en comparaison du reste, mais il se força tout de même à se lever. Il sentit une main serrer son épaule, et savait que c'était Lavi. Il hocha la tête en remerciement, même si l'autre ne pouvait pas le voir, et approcha de la fenêtre.
- C'est toi qui a déclenché le charme du Cridurut ? S'exclamait l'un des Mangemorts.
- Et alors ? Vous allez m'envoyer à Azkaban ? Ou me tuer pour avoir ouvert la porte de ma propre maison ? Le vieil homme était, Harry finit par réaliser, le gérant de la Tête de Sanglier, et le seul à ne pas porter de capuche. – Allez-y, faites-le si vous en avez envie ! Mais j'espère pour vos p'tites têtes que vous n'avez pas pressées vos jolies marques pour l'appeler. Il ne va pas aimer être appelé pour moi et mon vieux chat ?
Draco et Kanda reniflèrent au même moment et un rictus apparut immédiatement après sur le visage d'Harry puisque personne ne pouvait le voir. Il pouvait très bien imaginer Voldemort être appelé, pensant que 'le garçon' était venu pour le dernier Horcrux (ce qui était vraiment le cas), seulement pour découvrir que c'était juste un vieil homme et son chat. Cette idée était presque assez amusante pour qu'il retienne l'idée, jusqu'au moment où il se souvint que le Seigneur Noir les tuerait probablement tous les deux.
- Ne t'en fait pas pour nous, cracha un des Mangemorts. – Tu ferais mieux de t'inquiéter pour toi pour avoir dépassé le couvre-feu !
- Et où vous croyez que vous allez faire votre petit trafic de potions et de poisons quand mon auberge aura fermé ? Qu'adviendra-t-il de vos petites manigances, hein ?
- Est-ce une menace-
- Je tiens ma langue, c'est pourquoi vous venez chez moi, non ?
- Je continu de dire que c'était un cerf !
- Un cerf ? Gronda le barman. – C'est une chèvre, idiot !
- D'accord, on a fait une erreur, celui qui d'après lui était le meneur du groupe finit par dire. – Sort encore une fois après le couvre-feu et on ne sera pas aussi cléments !
Harry regarda les Mangemorts repartir dans la rue, et quand ils furent hors de vue, il tira les rideaux. Hermione gémit de soulagement, et il alla se placer devant la cheminée. Il remarqua un miroir rectangulaire placé sous le portrait, et il le reconnu immédiatement. Il écouta d'une oreille le barman monter les escaliers puis entrer dans la pièce.
- Bandes d'imbéciles, dit-il avec mécontentement, son regard parcourant la pièce. Il n'avait probablement pas remarqué Kanda qui s'était glissé derrière lui. – A quoi est-ce que vous pensiez en venant ici ? Et retire donc ta Cape, veux-tu ?
- Merci, dit Harry après avoir retiré l'invisibilité, faisant violemment sursauter le barman qui fit quelques pas pour s'éloigner de Kanda. – On apprécie vraiment votre aide.
Il observa l'autre homme poser son regard sur eux, un à un avant de l'approcher pour mieux voir derrière les longs cheveux et la barbe non taillés, derrière les lunettes et ses verres sales. Il regarda dans les yeux bleu perçant qu'il trouva.
- Je vous ait vu dans le miroir, annonça-t-il alors que le souvenir d'avoir fouillé dans sa valise à la recherche des fragments du miroir de Sirius lui revint, à peine une journée ou deux avant qu'il ne rencontre les Exorcistes et l'attaque des Akumas. – Juste une fois. Je ne m'en serais même pas souvenu si vous n'aviez pas l'autre miroir.
Un silence dura pendant quelques secondes, durant lesquelles ils se jaugèrent du regard. Puis le vieil homme hocha la tête et dit
- Pour rien, en revanche, puisque tu ne l'a jamais ressortit de ton sac.
- Est-ce vous qui avez envoyé Dobby aussi ? Comment vous pouviez savoir ?
- J'avais demandé à l'Elfe de vous surveiller de temps en temps. Il est venu me voir quand vous aviez été capturés. Où est-il d'ailleurs ?
- Aucune idée, répliqua facilement Harry, on l'a laissé à la Chaumière aux Coquillages.
Le barman hocha légèrement la tête puis alla allumer les lampes avec sa baguette. Il fallut quelques moments à Harry pour remarquer
- Vous êtes Aberforth.
Il ne reçut aucune réponse, donc ça devait être exact.
- Comment l'avez-vous eu ? Demanda-t-il en s'approchant du miroir de Sirius, jumeaux de celui qu'il avait brisé presque deux ans auparavant. Il résista à l'envie de le toucher et à la place vérifia que tout le monde allait bien.
- J'l'ai acheté de Dun' il y a un an, répondit Aberforth. – Albus m'avait dit ce que c'était. J'ai essayé de garder un œil sur toi.
- La biche argentée ! Coupa soudain Ron en se tournant vers le vieil homme. – Est-ce que c'était vous aussi ?
- De quoi est-ce que tu parles ?
- Quelqu'un nous a envoyé un Patronus !
- Avec un esprit pareil, tu pourrais être un Mangemort, gamin. Est-ce que je ne viens pas juste de prouver que mon Patronus était une chèvre ?
- Oh. Ron fronça des sourcils, s'adossant au mur avant de soupirer. – Ouais … eh bien … j'ai juste faim.
- J'ai à manger. Aberforth disparut de la pièce puis revint avec un plateau contenant du pain, un peu de fromage, et une carafe d'hydromel. Il le plaça sur la petite table en face de la cheminée, et Harry laissa Hermione et Ron manger en premier avec de les rejoindre. Il força Kanda à prendre une bouchée ou deux, alors qu'Allen et Lavi n'eurent pas besoin de se le faire redire.
- Très bien, dit Aberforth quand ils eurent terminés de manger et qu'ils furent installés. – On doit réfléchir au meilleur moyen de vous faire partir d'ici. On ne peut pas le faire la nuit, vous avez entendu ce qui se passera si-
- Merci pour votre aide, vraiment, s'excusa Harry, mais on reste. On doit aller à Poudlard.
- Ne soit pas stupide mon garçon.
- On doit y aller, il insista.
- Ce que vous devez faire, répliqua le barman sur le même ton, c'est de partir aussi loin que possible d'ici.
- Ecoutez, on n'a pas beaucoup de temps, continua Harry en secouant la tête. – On doit se rendre au château. C'est important.
- J'en suis certain, mais est-ce que c'est un job qu'un sorcier mineur peut faire sans conséquences ?
Hermione semblait tendue, et Ron couvrit un rire amer en toussant. Malfoy semblait à deux doigts de rire ouvertement.
- Ce n'est pas vraiment quelque chose de simple, admit Harry. Mais je dois-
- 'Doit' ? Pourquoi 'doit' ? Aberforth se pencha en avant, les yeux plissés et le feu se réfléchissant sur ses lunettes. – C'est mon frère qui t'a demandé de faire ça, n'est-ce pas ? Oubli ! Tu devrais partir loin de cette école, Potter, quitter le pays. Il est mort, et tu ne lui doit rien.
- C'est vrai, Dumblerdore m'a demandé de le faire, confirma Harry en se raidissant, agacé, mais je ne le fait pas juste pour lui. Il n'a pas gagné tant que quelqu'un se battra. Qu'en est-il de vous ? Vous êtes dans l'Ordre du Phoenix, n'est-ce pas ? Vous vous battez aussi.
- De grands mots, mais complètement inutiles. L'Ordre est mort, détruit, mon garçon. Tout ce que tu vas accomplir c'est rejoindre mon frère dans la tombe. Dit-moi, est-ce qu'il t'a dit quoi faire ? Etait-il honnête avec toi ?
Il cilla, et manqua presque de grimacer. Il se souvenait vivement du livre de Skeeter. Il y avait beaucoup de chose qu'il n'avait pas sût, tellement de choses qu'il avait cru savoir qu'il avait arrêté d'essayer de révéler les mystères de Dumbledore.
- J'apprécie votre aide, dit-il, vraiment. Mais j'ai décidé, et vous ne pouvez rien y changer. Ce serait génial si vous pouviez nous aider, mais si non, on ne vous embêtera pas et partirons à l'aube. C'est la guerre. Si on est les seul à se battre alors on le fera jusqu'à gagner, ou mourir. Je ne suis pas stupide, je sais très bien que ça pourrait arriver.
- Tu as seulement dix-sept ans !
- Et je suis donc majeur, merci bien, acquiesça-t-il. – Je … Je ne sais plus quoi penser, à propos de Dumbledore. Un jour, si possible, j'aimerais discuter de lui avec vous. J'ai le sentiment qu'il y a beaucoup de choses que j'ignore et que vous pouvez me dire.
- Harry, commença Hermione, inquiète et semblant presque horrifiée à son manque de confiance envers leur directeur. Ron semblait mal à l'aise, et Malfoy ne voulait juste pas se trouver là. Seul les Exorcistes observaient le développement calmement, imperturbable.
- Ce n'est pas correct, rétorqua Aberforth. – Vous devriez tout oublier. Et vous- Il lança un regard noir vers les Exorcistes. – J'ai entendu parler de vous trois. C'est mon frère qui vous a aussi mêlé à tout ça ?
- Oui, répondit calmement Allen.
- Vous êtes juste des enfants, jura presque le barman. – Je ne peux pas croire qu'il ferait ça.
- Avec tout mon respect, sourit Allen avec son je-pourrais-mourir-mais-le-ferait-avec-joie sourire. C'est notre travail. Il a juste fait appel à nous pour surveiller Harry pendant qu'on fait notre job, alors ça ne change rien pour nous.
Le vieil homme secoua la tête, sa bouche se mouvant comme s'il se parlait à lui-même. Puis, soudainement, il se retourna et avança jusqu'au portrait.
- Tu sais quoi faire, dit-il.
Le sourire qu'elle leur donna lui rappela celui de Luna, puis elle se tourna et commença à marcher. En revanche, contrairement à la plupart de tableaux, elle ne disparue pas par le cadre mais marcha sur un chemin qui menait loin derrière elle, sa forme devenant de plus en plus petite jusqu'à qu'elle soit engouffrée par l'obscurité.
- C'est … Lavi siffla, son œil brillant de curiosité. – C'est intéressant. Est-ce que tous les portraits font ça ?
- Ils bougent, si c'est ce que tu veux dire, répondit Hermione avec son ton de miss je-sais-tout. – Même si en général ils ne disparaissent pas comme ça. D'habitude ils quittent leur peinture par les côtés.
Draco regarda Lavi avec un regard étrange, et le rouquin cilla avant de demander
- Quoi ?
- … Je n'arrête pas d'oublier que vous êtes des Moldus.
Aberforth haussa des sourcils et Harry se dépêcha d'attirer son attention avant qu'il ne puisse poser plus de questions.
- Qu'est-ce qu'elle fait ?
- Il n'y a plus qu'un moyen pour entrer dans le château maintenant, expliqua lentement l'homme. – Les passages ont été tous rebouchés, et l'endroit n'a jamais été aussi bien garder qu'aujourd'hui. Comment espérez-vous faire quoique ce soit une fois entré avec Snape en directeur et les Carrows ses députés … c'est bien vos observations, non ? Et vous avez dit que vous êtes prêt à mourir.
Harry haussa à son tour un sourcil et eu un bref moment d'amusement sordide. Si seulement il savait, pensa-t-il.
Puis un petit point blanc apparut au bout du tunnel, et la fille revenait vers eux, devenant plus grande à mesure qu'elle avançait. En revanche, cette fois, il y avait quelqu'un d'autre avec elle, quelqu'un qui était plus grand qu'elle, boitant et paraissant excité pour une raison.
Ses cheveux étaient plus longs que dans ses souvenirs, et il y avait plusieurs cicatrices qui couvraient son visage, ses vêtement déchirés. Quand ils furent assez près pour que leur tête et leurs épaules remplissent le portrait, celui-ci s'ouvrit vers eux comme une porte, révélant un tunnel. Et à l'intérieur, ses cheveux plus longs, son visage plein de cicatrices, sa robes déchirée, se trouvait Neville Longbottom, qui rugit presque de joie en les voyant, sautant du tunnel et s'écriant
- Je savais que tu viendrais ! Je le savais, Harry !
