- Neville ?

Mais Neville avait vu Hermione et Ron, et ne tarda pas à les prendre eux aussi dans ses bras. Même s'il apparaissait plus sale et avait plus de blessures qu'Harry n'avait jamais vu sur lui, Neville rayonnait de joie.

- Je savais que vous viendriez ! S'exclama-t-il. – Je n'arrêtais pas de dire à Seamus que ce n'était qu'une question de temps !

- Neville, qu'est-ce qu'il t'ais arrivé ?

- Quoi ? Ça ? Neville fit un mouvement de la main. – Ce n'est rien. Le pire, c'est Seamus. Vous verrez. Alors, vous venez ? Ab, il y en a d'autres qui vont peut-être arriver.

- D'autres ? Répéta Aberforth. – Que veux-tu dire par d'autres, Longbottom ? Il y a un couvre-feu et un charme de Cridurut sur tout le village !

- Je sais, c'est pourquoi ils vont directement Transplanner dans ton bar, annonça Neville en haussant des épaules. – Envois-les par le passage quand ils arriveront, d'accord ? Merci beaucoup.

Il tendit une main vers Hermione et l'aida à monter dans le passage. Ron suivit, et quand Malfoy s'avança avec un air hautain, Neville s'étonna

- Je ne t'avais pas vu, Malfoy. Qu'est-ce que tu fais là ?

- Ça ne te regarde pas, gronda Draco.

- Est-ce que c'est si difficile d'être correct avec les autres ? Se demanda Harry, un peu surpris de voir l'autre reprendre les vieilles habitudes, même si moins violemment qu'avant.

- Es-tu certain que c'est une bonne idée de le laisser venir, Harry ? Demanda Neville avec un regard dur envers le Serpentard. – Il n'a jamais vraiment montré qu'on pouvait lui faire confiance.

- C'est bon, répliqua Harry alors que Malfoy était tiré par les autres Griffondors dans le tunnel. Au regard lourd de reproche de Neville, il ajouta - Il ne peut rien dire à personne. C'est certain. Et il nous a même été utile.

- Tient donc ! S'exclama Neville avec surprise et un peu d'admiration.

Puis Allen et Lavi approchèrent, et le regard de Neville se fit beaucoup plus intéressé et curieux qu'avant.

- Etes-vous certain que c'est sans danger ? S'enquit Lavi. – Complètement … je veux dire.

- On ne le prendrait pas si ce n'était pas le cas, répondit Hermione avec un sourire tendu.

- Ouais, ben excuse-moi pour ne pas avoir l'habitude de marcher dans des tableaux, grommela Lavi en sautant facilement dans le tunnel. Il se retourna et battit ses paupières - Besoin d'aide, Yuu ?

- Je vais te découper, promit calmement Kanda en ignorant les regards de Aberforth et de Neville qui allèrent vers son épée quand il posa sa main dessus. Puis il sauta dans le tunnel à son tour tandis qu'Allen attendit aux côtés de Harry pendant que Neville les attendait près de l'entrée.

- Merci pour ce que vous avez fait, dit-il à Aberforth. – Vous nous avez sauvés deux fois maintenant. J'espère vraiment pouvoir un jour discuter avec vous.

- Veille bien su' eux alors, répliqua le vieil homme d'un ton bourru. – Je n'pourrais peut-être pas les sauver une troisième fois. Et si tu es toujours vivant, viens me voir quand il te plaira.

Harry hocha la tête puis se dirigea vers la cheminée. Il n'avait pas besoin d'aide, mais il laissa Allen le guider avec une main sur son coude. L'attention était agréable.

Le tunnel semblait assez vieux, avec des marches taillées dans la pierre et le sol bien aplatit. Il y avait des lampes accrochées sur les parois, et les ombres semblaient danser de façon morbide alors qu'ils avançaient.

- Depuis combien de temps est-ce que ce tunnel est là ? Demanda Ron alors qu'il l'observait. – Il n'est pas sur la Carte des Maraudeurs, n'est-ce pas Harry ? Je croyais qu'il n'y avait que sept passages au total ?

- Ils les ont tous bouchés avant le début de l'année. On ne peut plus les emprunter avec les malédictions qui protègent les entrées et les Mangemorts et les Détraqueurs qui se trouvent à l'autre côté, expliqua Neville alors qu'il marchait à reculons pour pouvoir les voir, son expression radieuse. – Mais c'est pas important … est-ce que c'est vrai ? Est-ce que vous vous êtes vraiment infiltrés à Gringotts ? Et vous vous êtes échappés sur un dragon ? Tout le monde en parle, ça et vos nouveaux amis. Terry Boot s'est fait lynché par Carrow pour l'avoir crié pendant le dîner dans la Grande Salle !

- Oui, sourit faiblement Harry, content qu'il y en ait au moins un qui ai trouvé cette expérience plus excitante que lui. – C'est vrai.

Neville rit aux éclats.

- Et le dragon ? Demanda-t-il, puis il se tourna vers Allen. – Et est-ce que c'est vrai que vous venez d'une organisation secrète de soldats ?

- On l'a relâché, répondit Ron. – C'était géant – à part, tu sais, qu'il était aveugle et qu'on croyait qu'il allait se retourner en plein vol.

- On est … Allen sembla réfléchir pendant un instant avant de sourire. – Quelque chose comme ça.

- On a lu l'article, continua Neville. – C'était génial, tout le monde en parlait pendant des jours. Tout le monde se demandait ce qui t'était arrivé, Harry, et certain disaient que tu étais en fuite et que ce n'était que des coïncidences, mais pas moi. Je savais que tu préparais quelque chose.

- Oh, ce n'était pas déjà clair ? S'étonna Lavi. – Notre petit Harry a été bien occupé, tu sais.

- Est-ce que vous lui avez enseigné ? S'enquit l'autre. – J'ai entendu dire que vous aviez une sorte de super magie qui vous rendait vraiment puissant.

- Pas vraiment, rit Lavi. – En fait, on n'a pas un brin de magie en nous. On est ce que vous appelez 'Moldu', je suppose.

- Vous voulez rire. Neville cligna plusieurs fois des yeux. – Comment c'est possible ? Vous avez bien protégés Harry, non ? J'ai entendu dire que la magie ne fonctionnait pas vraiment sur ces Akumas, mais les autres sorciers ?

- Secrets, dit le rouquin avec un clin d'œil et un rictus amical, et tout ce que ça réussi à faire fut d'attiser la fascination de Neville.

- Et Poudlard, Neville ? Intervint Harry. – On n'a pas eu de nouvelles depuis longtemps.

- C'est … le sourire de Neville s'effaça. – Ce n'est plus … comme le Poudlard qu'on a connu. Est-ce que vous connaissez les Carrows ?

- Les deux Mangemorts qui enseignent ici ? Demanda Hermione avec un froncement de sourcils.

- Ils ne font pas qu'enseigner. Ils sont en charge de toute la discipline. Ils aiment donner des punitions, les Carrows.

- Comme Ombrage ?

- Nah, elle n'est rien comparée à eux. Les autres professeurs sont censés nous envoyer à eux si on fait quelque chose de mal. Evidemment il évite de le faire dès qu'ils le peuvent. Ils les détestent autant que nous. L'expression de Neville et ses yeux s'assombrirent et il adopta un air pensif. – Amycus, le frère, il enseigne ce qui était La Défence Contre les Forces du Mal, sauf que maintenant c'est juste les Forces du Mal. On est censés s'entraîner à lancer le Cruciatus sur les élèves en détentions-

- Quoi ?

Les voix de Harry, Ron et Hermione résonnèrent dans le passage, et Lavi fit une grimace et murmura

- Dur.

- Ouais, acquiesça Neville. – C'est comme ça que j'ai reçu celle-ci.

Il pointa à l'entaille sur sa joue qui semblait assez profonde.

- J'ai refusé de le faire. Mais d'autre sont à fond dedans comme Crabbe et Goyle. Je pari que c'est la première fois qu'ils sont les meilleurs à quelque chose.

Harry écouta Neville expliquer comment il avait reçu une autre cicatrice sur son autre joue en demandant à Alecto, la sœur d'Amycus, quelle quantité de sang Moldu elle et son frère avaient dans le sang. Ron était surprit, et lui dit qu'il y avait des moments et des endroits pour ce genre de truc, mais Neville contra en expliquant qu'ils ne voulaient pas verser trop de sang pur et qu'ils ne les tueraient pas pour ça.

- Les seuls vraiment en danger, disait-il, sont ceux qui sont amis ou de la famille à ceux qui posent des problèmes. Ils sont pris en otages. Xeno Lovegood devenait trop gênant avec Le Chicaneur alors ils ont pris Luna quand elle rentrait par le train pour Noël.

- On est au courant, répliqua froidement Harry. – Mais c'est bon, Luna est en sécurité maintenant.

- Je sais. Elle a réussi à m'envoyer un message.

Neville sortit une pièce d'or de sa poche, et Harry reconnu immédiatement un des faux Gallions que l'Armée de Dumbledore avait utilisé.

- Ça nous a bien aidé, sourit de nouveau l'autre garçon, puis expliqua comment ils les avaient utilisés pour passer des messages et se faufiler dans les couloirs pour écrire des messages sur les murs, comme 'l'Armée de Dumbledore recrute toujours'.

- 'avait' ? Répéta Harry.

- Eh bien, c'est devenu de plus en plus difficile avec le temps, répondit l'autre. – On a perdu Luna à Noël, et Ginny n'ait jamais revenue après paques, et ont était les chefs en quelque sorte. Les Carrows semblaient savoir que j'étais en grande partie responsable alors ils se sont concentrés sur moi, puis Michael Corner s'est fait attraper alors qu'il libérait un premier année qu'ils avaient enchaîné, et ils l'ont torturé. Les autres ont eu peur.

- C'est écœurant, dit Allen, sa colère tremblant froidement dans sa voix. – Les parents ne sont pas au courant ?

- Peut-être pas sur tout ce qu'il se passe, répliqua le Griffondor. – Je suppose qu'ils ne peuvent pas faire grand-chose, mais-

- Si un enfant que je connaissais se faisait traiter comme ça à l'école, interrompit Lavi comme si ne rien était, je pourchasserais ceux qui l'ont fait et ils ne seraient plus jamais les mêmes. Au moins, je les virerais.

- Les gens ont trop peur, contra Hermione. Ils ont peur d'être pourchassés et tués, ce qui arriverait sûrement.

- Le monde entier ne tourne pas autour du même gouvernement, répliqua Lavi avec le même ton qu'elle. – Allez en Amérique, ou en Allemagne, ou autre part. Ils pourraient peut-être vous traquer, mais vous auriez moins de chances d'être retrouvés, et je préfèrerais ça à voir un membre de ma famille se faire torturer.

- Mais ça ne l'arrêtera pas, appuya faiblement Harry, et les autres se turent. – Il serait toujours là, et il ne ferait que gagner du pouvoir avant d'attaquer les autres pays.

- C'est vrai, acquiesça Lavi, mais pour quelqu'un de normal, je penserais plus à trouver un endroit sauf que de l'affronter. Tout le monde n'est pas le Garçon-Qui-A-Survécu, ils devraient trouver un endroit à l'abri.

- Mais tu ne comprends pas, c'est exactement ce qu'ils font ! S'écria Hermione avec impatience.

- C'est juste triste que ça en arrive à là, intervint Allen qui empêcha Lavi de riposter. – Dans une école, à d'autres enfants. Je suis déjà content d'avoir pût aider Harry là-dedans.

- … Harry coula un regard à l'Exorciste. … Moi aussi je suis content que vous ayez été là.

Allen lui lança un sourire comme lui seul semblait pouvoir faire. Harry n'avait rien contre le fait qu'il puisse sourire aussi facilement, mais il repensa brièvement à l'époque où il suspectait tellement les Exorcistes, comparé à aujourd'hui où ils étaient ses amis.

- Aw, est-ce qu'on devient sentimental ? Minauda Lavi avec un large sourire. – Parce que je ne dirais pas non à un câlin collectif.

- Pas de câlins, tança immédiatement Kanda. – Et on ne touche pas non plus.

- Vous semblez tous très proche … observa Neville. – Je suppose que passer des mois en fuite peu faire ça.

- … Ouais. Harry haussa des épaules, un peu embarrassé, et se demanda si ce n'était pas injuste qu'une certaine partie de ce temps avait été loin d'être horrifiant et douloureux, et qu'il s'était aussi amusé. Ça lui semblait mal, surtout quand Neville et les autres étudiants à Poudlard semblaient avoir vécu des moments si horribles.

- Je suis surprit de te voir encore là, Neville, surtout avec tout ce que tu as fait, commenta par la suite Hermione.

- Oh ils ont essayés de se débarrasser de moi, sourit l'autre avec satisfaction. – Au début ils s'en sont pris à ma Grand-mère, mais elle leur a échappée, et le gars qui était après elle, Dawlish, est toujours à St Mangouste. Elle m'a envoyé une lettre, disant qu'elle était fière de moi, et que j'étais bien le fils de mes parents. Après ça ils se sont concentrés sur moi, et je suis partit.

- Mais on va bien à Poudlard ? Demanda Ron avec confusion, et Harry devait bien avouer qu'il était lui aussi confus.

- 'Sur, confirma Neville. – Vous allez voir. On est arrivé.

Ils avaient déjà pris le tournant et pouvaient apercevoir le portrait qui se trouvait en haut des marches, et Neville le poussa pour passer par le passage. Harry ne fut pas le suivant à passer, mais il entendit Neville appeler

- Regardez qui est là ! Je vous l'avais bien dit !

La salle explosa en cris et appels quand il entra, ainsi que pour Ron et Hermione, et il eu à peine le temps de voir que la pièce semblait être tapissée de différentes banderoles colorées avant qu'il ne soit engouffré par la masse présente. On lui frappait le dos, des mains ébouriffaient ses cheveux, et il était enlacé, secoué, et poussé jusqu'à qu'il ait du mal à voir clair. Il y avait au moins une vingtaine de personnes présentes, et il réussit à en reconnaître plusieurs avant que Neville n'intervienne

- Okay, okay, reculez maintenant !

La foule se calma et Harry réalisa qu'une main était toujours sur son épaule. Il fut surprit de voir que c'était Allen, le maintenant debout et surveillant la foule pour lui, tout comme Lavi et Kanda surveillaient Ron et Hermione, ainsi que Malfoy. Lavi donnait des coups de coudes à un Ron rougissant et qui était probablement extasié par un tel accueil.

Harry ne reconnaissait pas cette pièce. Elle était énorme et ressemblait à l'intérieur d'une immense maison dans les arbres. Des hamacs de toutes les couleurs étaient disposés un peu partout à partir d'un balcon qui faisait le tour des murs vierges. Il vit que les tapisseries représentaient chaque maison sauf Serpentard. Il y avait des étagères pleines de livres et quelques balais posés contre les murs avec une grande armoire non loin.

- Où sommes-nous ? Demanda-t-il malgré la petite idée qu'il avait.

- La Salle sur Demande, bien sûr ! S'exclama Neville. – Elle s'est surpassée, tu ne trouves pas ? J'étais poursuivi par les Carrows et je savais qu'il n'y avait qu'un endroit où me caché j'ai réussi à passer la porte et c'est ce que j'ai trouvé ! Enfin, ce n'était pas vraiment comme ça quand je suis arrivé, elle était beaucoup plus petite et il n'y avait qu'un hamac et seulement le symbole des Griffondors. Mais elle s'est agrandit quand les autres membres de l'AD sont arrivé.

- Et personne ne peut entrer ? Demanda Harry en regardant vers la porte.

- Non, répondit Seamus Finnigan, et Harry devait bien dire qu'il ne l'avait pas reconnu. Son visage était gonflé et montrait plusieurs hématomes. – C'est une véritable cachette, du moment que l'un d'entre nous reste, ils ne peuvent pas nous trouver, la porte ne s'ouvrira pas. C'est grâce à Neville. Il comprend vraiment cette salle-

Harry n'écouta qu'à moitié la suite alors qu'il regardait autour de lui. Maintenant qu'il y voyait mieux, il reconnaissait plusieurs visages. Les jumelles Patil, par exemple, ainsi que Terry Boot, Ernie Macmillan, Anthony Goldstein et Michael Corner. Neville répondit plusieurs fois à Seamus avec modestie, et écouta l'histoire du portrait qui était apparu quand il avait commencé à vraiment avoir faim, et comment Aberforth suppléait la nourriture pour tout le monde. Il remarqua que les Exorcistes étaient vraiment intéressés par la salle, et que Draco semblait mal à l'aise. Il y avait plus que quelques regards noirs lancés dans sa direction, et il semblait très prudent.

- Dis-nous ce que tu as fait, coupa Ernie, ramenant Harry au présent. – Il y a eu tellement de rumeurs, on a essayé d'en savoir le plus possible avec Potterwatch. Tu n'a tout de même pas infiltré Gringotts ?

- Si ! Rit presque Neville. – Et l'histoire du dragon est vraie aussi !

Soudain la pièce explosa en cris d'excitation et de félicitation, et Ron fit même une révérence. Lavi rit, amusé, tandis que Kanda levait les yeux au ciel avec agacement.

- Et après ? demanda Seamus avec entrain.

- Je ne peux pas d-

Harry fut coupé par une rage sans bornes qui le submergea, et soudain il se trouva devant une maison pourrie, les planches de bois recouvrant le sol craquées pour révéler une boîte dorée, ouverte ou vide. Les cris furieux de Voldemort résonnèrent à l'intérieur de sa tête, la faisant tourner alors que qu'il avait l'impression que son front était déchiré en deux. Il lui fallut beaucoup d'efforts pour bloquer la vision, et finalement il se retrouva de nouveau dans la Salle sur Demandes, titubant seulement parce que Allen le maintenait debout.

- Est-ce que ça va ? S'enquit Neville avec inquiétude. – Tu veux t'asseoir Harry ? Je suppose que tu es fatigué, n'est-ce pas ?

- Non, répliqua Harry. Il s'arrêta, puis secoua la tête. Il lança un regard à ses compagnons et essaya de leur faire comprendre l'urgence. – Ou plutôt, si, je suis fatigué, mais on n'a pas le temps de se reposer. On doit se dépêcher.

Le regard de Allen s'assombrit, ainsi que l'expression de Lavi. Kanda le regarda avec attention et Hermione et Ron semblaient aussi avoir compris, tandis qu'il fallut un moment à Malfoy pour comprendre.

- Qu'est-ce qu'on fait alors, Harry ? Demanda Seamus. – Quel est le plan ?

- Le plan ? Répéta Harry, glissant un regard derrière lui pour voir qu'Allen cachait sa cicatrice. Elle ne semblait pas saigner, et à ce moment sa vision se brouilla et dût se concentrer de toutes ses forces pour ne pas replonger dans la vision. – On n'a pas vraiment de plan. On doit faire quelque chose, puis on partira.

Personne ne rit ou ne fit de bruits pendant de longs moments. Nevilla cligna des yeux, confus.

- Qu'est-ce que tu veux dire par 'partir' ?

- On ne peut pas rester, répliqua Harry en massant sa cicatrice et en priant que la douleur cesse rapidement pour qu'il puisse enfin penser clairement. – On a quelque chose à faire, c'est important, mais-

- Qu'est-ce que c'est ?

- Je ne peux pas vraiment vous dire, il essaya de trouver les mots justes, et la main sur son épaule resserra sa prise pour lui dire que ça allait, et pendant un moment il se dit que c'était aussi partiellement dût à sa peur presque irrationnelle d'en parler à qui que ce soit parce que Dumbledore lui avait dit de ne pas le faire, mais combien de fois le directeur s'est-il trompé ces derniers temps ? Il balaya cette pensée négative et se dit que même s'il était confus et blessé par Dumbledore que ce n'était pas une raison pour agir stupidement ou penser que l'homme ne savait pas de quoi il parlait.

- Pourquoi pas ? C'est en rapport avec Tu-Sais-Qui, vrai ?

- Bien sûr-

- Alors on va t'aider.

Les autres membres de l'Armée de Dumbledore hochèrent la tête, allant d'une attitude enthousiasme à solennelle. Certains semblaient prêt à faire n'importe quoi, à se battre là, tout de suite, et il ressentit un peu de pitié pour eux, parce qu'il savait qu'il aurait détesté être dans leurs positions. C'était comme être de nouveau prisonnier au Square Grimmauld, et il n'aidait pas du tout.

Il avait besoin de réfléchir clairement. Il supprima la peur qu'il avait perdre du temps précieux pour chaque respiration grâce à une technique de méditation qu'il utilisait pour se calmer et repousser la douleur, sachant bien que ces longs moments en valaient le coup car affronter Voldemort avec un esprit troublé n'était pas une bonne chose.

Quand il pensa qu'il y voyait plus clair dans sa tête et que la douleur qui pulsait dans sa cicatrice, et qui n'avait pas diminuée, avait été repoussée autant que possible, il regarda la foule devant lui.

- Ecoutez, commença-t-il, et ils semblaient vraiment écouter, penchés en avant et leurs visages déterminés. – Je ne suis pas revenu pour me battre.

- Pourquoi pas ? Demanda Neville. – On veut se battre – on est l'Armée de Dumbledore-

- Je le sais mais-

Il fut coupé lorsque la porte du tunnel s'ouvrit de nouveau, et il fut surprit quand il vit qui était arrivé.

- On a reçu ton message, Neville ! Salut vous trois, je savais que vous seriez là ! Et vous avez amenés des amis !

C'était Luna et Dean, et alors que ce dernier posait pied dans la salle, Seamus rugit de joie et couru prendre son meilleur ami dans ses bras.

- Salut tout le monde ! Salua Luna avec joie. – Oh ça fait du bien d'être de retour !

- Luna ? Harry cilla, puis fronça des sourcils. – Qu'est-ce que vous faîtes là ? Comment est-ce que vous- ?

- Je les aie contactés, expliqua Neville en montrant un faux Gallion. – Je leur avais promis à elle et à Ginny que je leur dirais si tu venais. On savait tous que tu si tu revenais, ce serait la révolution. Qu'on irait contre Snape et les Carrows.

- Et c'est exactement ça, n'est-ce pas, Harry ? S'enquit Luna, toujours éclatante de joie. – On va les jeter hors de Poudlard ?

- Ce n'est pas pour ça que je suis revenu. Harry pouvait sentir la panique le submerger peu à peu et il se força à se calmer. – Je vous l'ai dit, on doit faire quelque chose, mais-

- Tu vas juste nous laisser dans ce foutoir ? Cette fois ce fut Michael Corner qui le coupa.

- Non ! S'exclama Ron. – On essaye de se débarrasser de Vous-Savez-Qui, vous le savez très bien-

- Alors laissez-nous aider ! Dit Neville avec fermeté, le jeune homme commençant à perdre patience et à s'énerver. – On veut vous aider !

Harry ravala ce qu'il voulait dire parce que c'était plus dur que nécessaire et qu'il n'essayait pas de se mettre les autres à dos. Mais c'est à ce moment-là qu'il entendit du bruit, et il vit d'autres personnes sortir du tunnel. Ginny fut la première, suivit de Fred, George, et Lee Jordan. Pendant un moment il ne pouvait que regarder la jeune femme, qui lui sourit avec tellement de joie que ça en était presque douloureux. Il avait oublié ce que ça faisait de la voir de nouveau, mais le problème était le moment.

- Aberforth commence à s'énerver, prévint Fred en saluant les autres. – Il veut être tranquille et son bar s'est transformer en point de rencontre.

Cho Chang apparut de derrière Lee Jordan et Harry se dit que c'était sûrement grâce à un mix entre son entraînement et les récents évènements qui l'empêchèrent de la fixer comme un idiot. Elle lui lança un sourire.

- J'ai reçue le message, dit-elle en montrant son faux Gallion, puis se plaça au côté de Michael Corner.

- Alors, quel est le plan, Harry ? Demanda George.

- Aucun, répondit Harry en fronçant des sourcils et en réfléchissant aussi vite que possible. – Il n'y a pas de plan.

- On va juste foncer dans le tas alors ? Mon plan préféré ! S'exclama Fred avec un sourire, saluant Lavi d'un geste de la main qui lui répondit avec un rictus semblable.

Harry prit de profondes inspirations, réfléchissant toujours, et Dean demanda

- Alors, on va se battre oui ou non ?

- … Ecoutez, finit par dire Harry, et le silence se fit. – Je ne suis pas revenu pour me battre.

Il ignora les froncements de sourcils et les murmures, ainsi que tous ceux qui l'interpelèrent, que ce soit par colère ou par accusation.

- On est à la recherche d'objets, et on sait qu'il y en a un ici, à Poudlard. On doit le trouver. Il regarda autour de lui et vit le regard approbateur d'Allen et les pouces levés de Lavi. Ron et Hermione hochèrent gravement la tête. Les autres ne semblaient pas satisfaits par sa réponse, alors il élabora - Ce qu'on cherche est plus qu'important, c'est nécessaire pour détruire Vous-Savez-Qui. Il ne disparaitra pas sans ça. Il est inutile de se battre, parce que même si venait à gagner, il ne mourrait pas. Est-ce que vous comprenez ?

Les visages allaient de la confusion, au mal-être, à la colère, à la confusion, et enfin à l'incertitude. La plupart était un mélange de tout ça, et il pouvait voir Malfoy le regarder comme si il n'y avait rien d'autre dans la pièce, une expression fascinée sur son visage.

- Ce qu'on recherche est quelque chose qui pourrait avoir appartenu à Serdaigle. On ne sait pas où il est. Si quelqu'un peut nous aider à le trouver, ce serait génial. Il devrait y avoir son aigle dessus. Il regarda une nouvelle fois autour de lui et laissa paraître un peu d'espoir sur son visage. – Je suis désolé de ne pas être là pour ce que vous vouliez, mais on n'a vraiment pas le temps.

Ce fut Luna qui lui répondit

- Il y a le diadème perdu de Serdaigle. Je t'en avais parlé, tu ne te souviens pas, Harry ? Le diadème perdu de Serdaigle ? Papa essayait d'en faire une réplique.

- Oui mais le diadème perdu, dit Michael Corner en roulant des yeux, est perdu, Luna. C'est justement ça le problème.

Lavi ricana, et plusieurs paires d'yeux se tournèrent vers lui.

- Depuis quand est-il perdu ? Demanda Harry au lieu de courir hors de la pièce pour le chercher comme il avait envie de le faire.

- Ils disent que ça fait des siècles, répliqua Cho, et Harry essaya de ne pas se sentir défait. – Professeur Flitwick dit que le diadème s'est volatilisé avec Serdaigle elle-même. Des personnes l'ont cherché, mais personne n'a jamais retrouvé sa trace.

Les autres secouèrent la tête pour confirmer l'histoire.

- Pardon, mais c'est quoi un diadème ? Demanda Ron en rougissant.

- C'est une sorte de couronne. C'était surprenant, mais ce fut Lavi qui expliqua. – Je crois me souvenir avoir lu quelque chose là-dessus. Est-ce qu'il n'était pas sensé enrichir les connaissances de son porteur ?

Luna et Dean semblèrent surprit, à juste titre, puisqu'ils savaient que l'Exorciste n'était pas un sorcier et ne faisait même pas parti de leur société. Ils hochèrent légèrement la tête, et Lavi sourit de satisfaction.

- Hum, excusez mon impolitesse, commença poliment Neville, mais qui êtes-vous ?

- Voici Lavi, présenta rapidement Harry sans payer attention à ce qu'il disait tellement il réfléchissait. – Ainsi que Allen Walker et Kanda Yuu. Ils sont là pour m'aider.

- C'est nôtre travail d'exterminer les Akumas, ajouta Allen. Ce fut à ce moment qu'Harry réalisa que l'autre n'avait plus sa main sur son épaule et que son œil s'était désactivé. Il était légèrement irrité, mais au moins il ne pleurait pas de sang.

- Si tu veux voir à quoi ça ressemble je peux t'amener à notre Salle Commune, Harry ? Proposa Cho. – La statue de Serdaigle le porte.

Harry cilla alors que sa vision était remplacée par le sol sombre filant en dessous de lui, un large serpent enroulé autour de ses épaules. Puis il était de nouveau dans la pièce avec les autres, et la douleur était encore plus difficile à ignorer. Il ne savait pas quel Horcrux Voldemort allait voir ensuite, mais il se tourna vers ses compagnons et leur dit la nouvelle.

- Je vais voir cette statue, ajouta-t-il. – Au moins pour voir à quoi ressemble le diadème. Attendez-moi là au cas où, et assurez-vous que tout se passe bien.

Cho se leva, mais Ginny s'empressa de l'interrompre. – Non, Luna va conduire Harry, n'est-ce pas Luna ?

- Oooh oui, j'adorerais, sourit Luna, et Cho se rassit, déçue. Lavi siffla faiblement, sifflement qui oscilla comiquement quand Kanda lui donna un coup sec dans les côtes.

- Comment est-ce qu'on sort ? Demanda-t-il à Neville.

- Par ici.

- Je vais avec toi, ajouta Allen en le suivant vers un coin où un petit placard donnait sur un escalier.

- La sortie change chaque jour alors ils n'ont jamais réussi à nous trouver, expliqua Neville. – Le seul problème c'est qu'on ne sait pas où on va atterrir quand on sortira. Soit prudent Harry, il y a toujours du monde la nuit.

- Ce n'est pas un problème. Harry hocha la tête. – A plus tard.

Et ils s'engouffrèrent dans l'escalier. Il était long et sombre, tournant à des endroits insolites. Les torches faisaient danser les ombres. Harry prit une profonde inspiration, et avança.