La porte n'avait pas de poignée, ni de serrure. Elle était faite de bois ancien et la seule décoration était un heurtoir en forme d'aigle, ce qui n'était pas surprenant puisque c'était la porte qui menait à la Salle Commune des Serdaigles.

Harry ne vit pas Luna prendre le heurtoir parce qu'elle était invisible, mais il le vit bouger quelques secondes avant qu'elle ne l'utilise. Le bruit que ça fit était comme une explosion dans le silence, et il ne pût s'empêcher de regarder autour d'eux au cas où. Ils n'avaient pas mis longtemps à venir ici, mais ça avait été un des moments les plus stressant de sa vie. Il s'attendait à voir quelque chose apparaitre et les trouver à n'importe quelle seconde, et son cœur n'avait pas arrêté de battre à cent à l'heure depuis le début.

Puis la porte elle-même se mit à parler, sa voix presque musicale

- Qui vient en premier, le Phoenix, ou la flamme ?

- Hmm … qu'est-ce que tu en penses, Harry ? Lui demanda-t-elle, pensive.

- On doit répondre à une énigme ? Répliqua-t-il, incrédule. – C'est tellement … Serdaigle …

- Evidemment que ça l'est, dit-elle avec un brin de confusion.

- Qu'est-ce qui arrive si on se trompe ? Demanda Allen.

- Eh bien, on doit attendre que quelqu'un trouve la bonne réponse.

- D'accord. Harry fronça des sourcils. – Le problème, c'est qu'on n'a pas le temps, Luna.

- Oui, je vois ce que tu veux dire, assura-t-elle, soudain sérieuse. – Alors que dirais qu'un cercle n'a pas de commencement.

- Bien raisonné, dit la voix, et la porte s'ouvrit.

La Salle Commune des Serdaigles était large, circulaire et, heureusement, vide. Les fenêtres formaient des arches de soie bleu et de bronze. Le plafond formait un dôme, et il y avait des tables, des chaises, et des étagères tout autour de la pièce. Et à l'opposé de la porte se tenait une grande statue de marbre.

Harry reconnu facilement Rowena Serdaigle. Il approcha la statue avec une curiosité non contenue et on aurait presque dit qu'elle lui rendait son regard avec un demi-sourire. Il y avait en effet un diadème sur sa tête, semblable à celui qu'avait portée Fleur lors de son mariage. Des mots étaient gravés dessus, et il s'approcha pour mieux les distinguer.

- Tout homme s'enrichit quand abonde l'esprit.

- Mais quand on perd l'esprit, on finit sans le sou, lança derrière lui une voix caquetante.

Il se retourna en mettant son poids sur son autre pied juste au cas où un sort était lancé dans sa direction, ce qui ne fut pas le cas. Devant lui se trouvait Alecto Carrow, et avant même qu'il ne puisse cligner des yeux, elle pressa un doigt boudiné sur la marque présent sur son avant-bras.

Une douleur vrilla instantanément sa cicatrice, effaçant tout ce qui se trouvait devant lui et les replaçant par la vision d'un rocher surplombant une falaise, la mer frappant les rochers autour de lui et Voldemort sût – Ils avaient le garçon.

Il repoussa cette vision aussi vite qu'il pût, mais réalisa avec panique que l'invisibilité s'était dissipée la soudaineté de la douleur avait réduit sa concentration à néant et elle s'était désactivée. Mais c'est ensuite qu'il entendit un bruit sourd et un mouvement argenté. Il releva les yeux pour voir que Allen avait réagi, forçant Allecto au sol et l'immobilisant. Luna n'avait pas tardée à pétrifier la femme, permettant ainsi à Allen de la relâcher.

- Tu es très rapide, commenta Luna avec un hochement de la tête vers Allen. – Encore plus rapide que je ne le pensais.

Allen lui lança un petit sourire et inclina légèrement la tête pour la remercier. Harry ignora la douleur pulsante dans sa cicatrice qui le plongea presque de nouveau dans une vision, et pût donc entendre les martellements contre la porte de la Salle Commune. On aurait presque dit que quelqu'un essayait de la défoncer, et il tourna la tête quand il entendit une voix dire

- Où vont les objets disparus ?

- Je n'en sais rien, gronda une autre voix. – Alecto ? Alecto ? Répond-moi !

Du bruit en provenance de l'étage les alertèrent que les Serdaigles commençaient à se réveiller. Le bruit sourd de quelque chose de lourd frappant contre la porte fit cesser tout bruit, puis l'instant d'après ils redoublèrent.

- Est-ce que tu as Potter ? Demanda l'autre, et Harry se dit que ça devait vraiment être Amycus, le frère d'Alecto.

Puis des explosions retentirent contre la porte et il sût que c'était des vraies cette fois. Un mouvement du poignet et Luna et Allen disparaissaient de nouveau. Il entendit des étudiants descendre, et quand ils entrèrent lentement, il y eu plusieurs sons de surprises et d'incrédulité à la vue du corps inerte d'Alecto. Une autre explosion fit trembler le sol, et Harry vit des flammes par le dessous de la porte.

Ce fut à ce moment-là que l'œil d'Allen s'activa. Harry ne le vit pas, mais il reconnut à la fois le son et la sensation dans l'air. Pendant un moment il crut apercevoir une ombre derrière la porte, mais elle disparut l'instant d'après et il secoua la tête. Il se demanda vaguement pourquoi l'œil avait mis si longtemps à s'activer si Amycus était bel et bien un Akuma, mais décida par la suite que ce n'était pas important quand il entendit une autre voix.

- Mais qu'est-ce que- ?!

Harry reconnu immédiatement la voix du Professeur McGonagall, et ses yeux s'écarquillèrent de surprise et de peur pour elle. Il entendit le grognement d'un Akuma se déplaçant dans les airs, et s'élança sans attendre vers la porte. Il ne dût pas être le seul à avoir la même idée, car il percuta Allen au même instant, un coude s'enfonçant dans ses côtes sous le choc. Il trébucha avec un grondement surprit, entendit Allen s'excuser rapidement, puis la porte s'ouvrit.


McGonagall avait eue une mauvaise journée. En fait, toute l'année avait été horrible, et elle était vraiment fatiguée de voir ses élèves vivre dans la peur, et Merlin sait qu'ils avaient une raison. Son école avait été transformée en terrain de jeu pour les Mangemorts, et elle avait même vu quelque fois des Akumas voleter autour du château. Elle s'était dit qu'ils étaient maintenus à l'extérieur et que c'était pourquoi les étudiants ne s'aventuraient plus dehors. Il y avait un couvre-feu, et elle les avait prévenus elle-même de ne pas aller dehors. Le Quidditch avait été annulé à cause de ces choses.

Elle ne s'était pas attendue à en trouver un à l'intérieur de son école. Elle avait senti les barrières la percuter de plein fouet quand la porte des Serdaigle avait commencée à être attaquée, alors elle s'était évidemment empressée d'aller voir ce qu'il se passait. Elle n'avait pas été surprise de trouver Amycus en train de tambouriner sur la porte, mais à peine quelques secondes plus tard elle regardait la transformation d'un humain en Akuma, vision horrifiante.

- Mais qu'est-ce que- ?!

Elle s'arrêta avant d'aller plus loin puis réalisa après un moment que ça ne changeait rien quand les explosions contre la porte, créées par les canons attachés sur l'Akuma, stoppèrent et qu'il se tourna lentement vers elle. Elle se souvint, dans son esprit brumeux, l'homme simplet, bruyant et souvent stupide qu'avait été Amycus quand il était arrivé pour la première fois à l'école, et c'est là qu'elle réalisa que le 'changement' qui s'était opéré chez lui et qui l'avait rendu plus calme et stupide n'était pas dût à une malédiction comme l'Imperio.

Les canons se positionnèrent avec un clic droit vers elle, et elle sortit sa baguette. Elle savait que les sorts offensifs ne feraient rien, mais elle ne pouvait s'empêcher une inquiétude extrême la tarauder alors qu'elle se demandait comme elle allait faire pour attirer cette chose hors de l'école sans blesser qui que ce soit, elle inclut.

Elle lança un puissant sort de protection lorsque les balles déferlèrent sur elle, en lançant les uns sur les autres pour le maintenir entier. La porte des Serdaigles s'ouvrit à la volée à côté de l'Akuma, et elle jura intérieurement en pensant qu'un des étudiants viendrait voir ce qui faisait tout ce bruit. Elle se prépara à mettre un écran protecteur devant la porte, mais ce ne fut pas un de ses étudiants qui en sortit, ou plutôt, ce n'était pas quelqu'un qu'elle connaissait.

Elle n'eue pas le temps de bien voir leur visage – en fait, elle n'aurait probablement même pas réalisée que c'était un humain si elle n'avait pas vu la main humaine projetée devant eux. Mis à part ça, tout ce qu'elle vit fut une forme argentée et blanche émerger de l'entrée comme un ombre. Elle envahie le couloir, ne s'arrêtant que lorsqu'elle fut devant elle et elle cilla de confusion quand elle vit la moitié d'un masque la regarder à l'envers, accroché à la capuche rejetée en arrière qui laissait voir des cheveux blancs.

Elle ne sût pas quoi penser quand l'œil du masque bougea et se releva aux bords comme si il souriait.

Les explosions percutaient l'étranger et non sur ses boucliers, mais elle les maintint même s'il ne restait presque plus rien d'eux. La chaleur était suffocante, et elle se tenait là, son esprit confus. Puis la pluie de balle cessa et elle regarda l'étranger s'élancer en avant et l'empaler avec quelque chose d'étrange. On aurait dit des lances aiguisées attachées à leur main, et l'instant d'après l'Akuma explosa.

L'explosion par elle-même fit trembler ses boucliers, même s'ils tinrent le coup, et elle les maintint alors même s'ils ne servaient plus à rien. L'étranger se tourna vers elle, et elle ne pût contenir son ahurissement en voyant un jeune garçon la regarder avec un air compatissant. Elle vit aussi que son arme était sa main, et elle était vraiment perdue.

Puis quelqu'un qu'elle reconnue sortit rapidement de la Salle Commune des Serdaigles, et elle ne pût décrocher son regard alors que Harry Potter, plus vieux, plus mince, et plus sérieux, l'approchait avec inquiétude.

- Est-ce que vous allez bien ? Demanda-t-il. – Professeur ?

- Potter … ? Murmura-t-elle sous le choc, quelque chose qu'elle n'avait pas ressenti depuis très longtemps. – Quoi- ? Comment- ?

- C'est une longue histoire, répondit-il avec un petit sourire qui ressemblait tellement à ceux de sa mère que son cœur se serra.

- Vous ne réalisez pas ? Demanda-t-elle alors qu'elle sentait la panique monter. – Vous ne pouvez pas être ici. Vous devez fuir !

- Je réalise, affirma Harry, son regard plus décidé qu'elle n'avait jamais vue chez lui. – Professeur McGonagall, Voldemort arrive.

- Oh, on peut dire son nom maintenant ? Ce fut Luna, d'entre tous, qui apparut ensuite, et McGonagall posa la main sur son cœur, faisait apparaître une chaise avec un mouvement de la main pour qu'elle puisse tomber dessus et non sur le sol.

- Je doute que ça change quelque chose maintenant, répliqua Harry. – Il sait déjà que je suis là.

Son calme était encore plus choquant que son apparence, et elle posa une main sur son visage, surprise et incrédulité lui murmurant dans les oreilles.

- Vous devez fuir, répéta-t-elle, sa voix à peine un murmure dorénavant. – Maintenant, Potter, aussi vit que vous pouvez !

- Je ne peux pas. Il paraissait au moins désolé alors qu'il se tournait vers elle, et l'étranger se posta à ses côtés. De là, elle réalisa que l'œil de l'étranger n'était pas humain, et elle pouvait sentir la malédiction la plus puissante qu'elle n'avait jamais senti émaner de lui. – Je dois trouver quelque chose qui se trouve dans le château, Professeur, et c'est extrêmement important. Ça pourrait très bien être le diadème de Serdaigle. Est-ce que vous savez où il est ?

- Le d-diadème de Serdaigle ? Bien sûr que non – il est perdu depuis des siècles, n'est-il pas ? Elle se força à se redresser. – Potter, c'est de la folie, entièrement de la folie, entrer dans le château-

- On n'avait pas le choix, contra-t-il toujours aussi fermement en secouant la tête. – Il est au courant de ce que je fais, et s'il déplace ce qu'on recherche, on risque de ne plus jamais le retrouver, et on ne pourra jamais le vaincre-

Elle secoua la tête et cilla de surprise quand elle vit quelqu'un essayer de sortir en douce de la pièce. Ce fut l'étranger qui attrapa Alecto dans un flash d'argent, puis Luna qui la pétrifia. Puis l'étranger amena la femme vers leur petit groupe et McGonagall fit apparaitre des cordes d'argent qui s'enroulèrent autour d'elle et la ligotèrent.

- Et qui êtes-vous ? Demanda-t-elle en plissant les yeux et en essayant de ne pas fixer l'œil maudit avec émerveillement.

- Professeur, voici Allen Walker, répondit Harry. – Il est une des rares, très rares personnes capables de détruire les Akumas, et il y en a deux autres qui sont-

Elle vit le garçon perdre son équilibre et tanguer légèrement, pâle alors que son visage se crispa de douleur pendant un bref moment. Ce fut Allen qui l'attrapa et le garda debout, une prise ferme autour de lui. Puis Harry sembla se reprendre.

- Est-ce que tout va bien ? S'enquit-elle avec inquiétude.

- On n'a plus le temps, dit-il rapidement en se redressant. – Voldemort approche. Professeur, c'est Dumbledore qui m'a demandé de faire ça, et j'ai besoin de trouver quelque chose. On doit évacuer les étudiants pendant ce temps-là ou alors Voldemort les tuera tous pour m'avoir, surtout maintenant-

- Dumbledore vous a demandé de faire ça ? Son étonnement augmenta, et elle se leva. – Alors on va sécuriser l'école pendant que vous cherchez cet – cet objet.

- Est-ce que c'est possible ?


- Je le pense, répondit gravement McGonagall. – Nous les enseignants sommes plutôt doué en matière de magie, vous savez. Je suis certaine qu'on pourra le retenir pendant un moment si on y met les formes. Evidemment, on va devoir faire quelque chose à propos de Professeur Snape-

Harry ouvrit la bouche pour répliquer, mais elle le coupa.

- -et si Poudlard va être assiégée avec le Seigneur Noir à ses portes, il serait en effet plus prudent de mettre autant d'innocents que possible à l'abri. Avec le réseau de cheminées sous surveillance, et l'impossibilité de Transplanner dans l'école-

- Il y a un moyen, dit-il rapidement, et il lui parla du passage qui menait à la Tête de Sanglier. – Personne ne remarquera si tout le monde est concentré sur les frontières de l'école.

- C'est une bonne idée, confirma-t-elle. Ses yeux se posèrent de nouveau sur Allen, et après un moment, Harry réalisa qu'elle ne lui faisait pas confiance. Il se décida alors à ajouter

- Professeur, Allen est ce qu'on appelle un Exorciste. Son regard ne bougea pas. Il y en a deux autres … c'est Dumbledore qui les avaient contactés et qui avait passé un marché avec eux.

- Dumbledore ? S'étonna-t-elle, mais quelques instants plus tard sa méfiance avait en partie disparut. En revanche son regard était toujours dur quand le garçon se joignit à la discussion

- Professeur, commença Allen, et le manteau argenté ainsi que la longue main disparurent pour révéler un uniforme et main qui cette fois était normale, même si elle était noire et avait une étrange croix verte sur le dos de celle-ci. Il pointa le symbole qui se trouvait au niveau de son cœur. – Dumbledore nous a demandé de le faire, et on le fera. Tous ceux qui portent ce même symbole, cette croix, fait partie de la Congrégation, et je vous assure que vous pouvez leur faire confiance.

- Quel âge as-tu, Allen Walker ? Demanda-t-elle avec suspicion. Il fronça des sourcils, mais répondit néanmoins

- J'ai seize ans, ma'am. Mais vous ne devriez pas vous inquiéter de mon âge. Ca fait déjà un moment que je suis un Exorciste, et ça faisait des années avant ça que j'étais entraîné.

Ce n'était probablement pas que son âge l'inquiétait, mais plutôt qui l'attristait. Mais elle fit un mouvement sec de la tête et avec un mouvement de la main, Alecto était pendue au plafond.

- Venez. On doit prévenir les autres Directeurs de Maison. Vous feriez mieux de remettre cette cape.

- A vrai dire, on n'a pas vraiment besoin de la mettre. Harry sourit à son expression confuse, et il activa l'invisibilité avec une simple pensée. Elle haleta quand ils disparurent tous les trois.

- Qu'est-ce que c'est que ça ?

- 'Ça', dit-il avec un mouvement de la tête qu'elle ne pouvait pas voir. – C'est un peu compliqué.

- Tout est toujours compliqué avec vous, Potter, contra-t-elle avec une pointe de tendresse qui ne manqua pas de lui faire ressentir la même chose pour elle. Puis elle se retourna et avança avec une allure rapide qui le surprit. Elle lança trois Patronus qui s'élancèrent aisément dans les airs, et les trois chats argentés disparurent rapidement dans d'autres couloirs.

Il était habitué à garder un rythme soutenu et rapide, alors Harry n'avait pas vraiment de mal à la suivre. Il pouvait entendre Luna trottiner juste derrière lui, et Allen un peu en retrait. Il savait que ce n'était pas parce qu'Allen avait du mal à suivre ou quelque chose du même style. Il ne savait pas vraiment pourquoi Allen traînait, mais deux étages plus bas il fut tiré de ses pensées par l'avertissement d'Allen.

L'instant d'après un Akuma surgissait de derrière une armure, flottant dans les airs et la pointe de ses bottes touchant à peine le sol. Harry reconnu immédiatement un niveau trois, l'Akuma portant une espèce d'armure gothique sur son corps. Il n'avait pas d'yeux, ce qui était assez effrayant, et il vit comment McGonagall se crispa et trembla légèrement.

Et elle n'avait probablement aucune idée de la différence de pouvoir entre le niveau un qu'ils venaient de voir et le niveau trois qui se trouvait devant eux.

- Bonsoir, salua l'Akuma, et malgré l'écho et le pouvoir dans sa voix, elle ressemblait toujours à celle de Snape. Harry calma sa confusion et son appréhension après s'être souvenu de l'Akuma qui l'avait attaqué si longtemps auparavant quand il avait rencontré les Exorcistes pour la première fois. Ça avait aussi été Snape, et il ne savait toujours pas comment le professeur de potions faisait pour contrôler les Akumas puisqu'il était clair que l'Akuma n'était pas Snape.

- Snape ? Demanda McGonagall.

- Minerva, salua-t-il froidement, sa voix dénuée d'émotions et son visage impassible.

- Tu es vraiment tombé bien bas, railla-t-elle. Que tu ailles jusqu'à devenir un de ces monstres.

- Oh non, pas encore. Son regard passa sur les alentours, passant deux fois sur Allen et Harry. – Je sais qu'il est là, Minerva.

- Evidemment que tu le penses, répliqua-t-elle en penchant sa tête sur le côté, comme le ferait sa forme animagus. – J'avais oubliée que vous les Mangemorts aviez votre propre petit moyen de communication.

- Je peux le sentir. La voix devint plus claire et plus tendue. – L'odeur putride d'une Innocence. Je n'ai jamais réussi à analyser l'esprit ou les sens des Akumas, du moins pas complètement, mais d'entre tous c'est le plus simple. Oui, il est ici, et je dois-

La vitesse de la femme était impressionnante Harry ne pût voir ce qu'il se passa que grâce à son entraînement. Un instant la torche était gentiment accrochée au mur, et l'instant d'après sa flamme s'embrasait en de longs filaments de feu qui entourèrent l'Akuma-devenu-Snape, d'autres cercles de feu se formant autour de lui. En revanche, il ne fallut qu'un peu de force de sa part pour que ces anneaux se brisent en une multitude d'éteincelles qui rebondirent sur l'armure derrière laquelle il se cachait avant.

Puis l'air se fit plus dense et Harry pouvait presque le voir former de minuscules épées qui tranchèrent l'armure. Ce n'était pas plus que des coupures qu'on se ferait avec du papier, et encore. Puis l'espèce de sixième sens d'Harry lui dit que les autres qui étaient invisibles bougèrent, et il sût que Allen se déplaçait rapidement.

- Minerva ! Une autre voix, une nouvelle cette fois, aiguë, fit écho dans le couloir d'une manière plus naturelle qu'avait fait celle de Snape, et les professeurs Flitwick et Sprout accoururent vers eux dans leurs vêtements de nuit. Professeur Slughorn fermait la marche en traînant difficilement derrière eux …

Mais aucun d'entre eux ne semblaient savoir quoi faire alors même que Flitwick rejoignait Minerva en donnant vie à l'armure, puisque qu'aucuns de leurs sorts ne semblaient fonctionner. Snape semblait content de les laisser essayer, peut-être certain que tout ça était inutile. En revanche, il sût le moment exact où Allen attaqua, et après un bref moment d'hésitation Harry désactiva l'invisibilité qui le recouvrait pour que personne ne le touche par accident. Ou du moins sans le vouloir.

Les expressions de surprises qui suivirent quand une forme argentée et lumineuse apparut valait tout son or. Intérieurement Harry pensait que c'était impressionnant – ce qui en disait long puisqu'il était depuis longtemps habitué à voir la forme pure d'Allen surgir de nulle part, en général pour tous les sauver. Avec les flammes se reflétant par moment sur lui on aurait plus dit qu'il était fait de flammes plutôt que de neige.

Snape fut pris par surprise, mais pas détruit. Harry était quasiment certain que l'homme avait reconnu l'Exorciste, et il apprécia la panique qui se lut sur son visage pendant un court instant – même si ce n'était pas très visible pour commencer, et ça ne dura vraiment pas longtemps. Après tout il était rare que les Akumas le soient.

Snape essaya de fuir, mais un niveau trois ne tenait pas contre Allen dorénavant. Couplé avec l'épée de l'Exorciste, il était probablement le pire cauchemar de tous les Akumas. La dance qui suivit et qui dura un court moment fut intéressante, avec les coups mortels de l'épée et Snape qui essayait de les éviter. Ce qui était pour ainsi dire impossible, et la première chose qu'il perdit fut son bras droit, suivit par sa main gauche.

Puis, avec un tourbillon de manteau blanc, Allen trancha Snape de son épaule à sa hanche, et Snape rit d'une façon dérangée avant d'exploser. Harry savait que le maître des potions n'était pas mort, et n'avait probablement rien, mais qu'il allait aussi fuir Poudlard si ça n'était pas déjà fait.

Allen atterrit non loin d'eux dans la lumière de la lune qui passait à travers les grandes arches qu'étaient les fenêtres. Etrangement la réflexion des flammes disparut au même moment, ne laissant derrière elles, à part les bottes noires qui se fondaient avec les ombres, qu'un blanc pur et l'argent, donnant l'impression qu'il flottait.

- Est-ce qu'il est mort ? S'enquit, ou plutôt demanda McGonagall.

- Je ne pense pas, répondit Harry en faisant disparaître l'invisibilité qui les recouvrait lui et Luna, ignorant les petits cris de surprise des trois autres professeurs. – Je ne sais pas ce qu'il est en train de faire, mais il avait fait la même chose la dernière fois, quand ils avaient attaqués la maison des Dursley. Je suis presque sûr qu'il va bien. Il reviendra. Probablement.

- Alors c'est décidé, annonça-t-elle avec un mouvement sec de la tête en direction de l'endroit où Snape avait explosé. – Le Direction a décidé de prendre des vacances qui pourraient bien être permanentes.

Harry inspira sèchement quand il fut aspiré dans une autre vision, cette fois regardant les eaux infestées d'Inferis qu'il ne connaissait que trop bien, et quelques secondes après il montait dans un bateau qui avança, seul, rageant et promettant la mort à tous ceux qui le croiseraient-

- Professeur, il se retint difficilement de crier. – On n'a pas le temps, on doit barricader l'école, il est déjà en route.

- Très bien. Elle se tourna vers les autres Directeurs de Maison, elle aussi ignorant les expressions apeurées. – Potter a des choses à faire dans le château sur ordre de Dumbledore. On doit protéger cet endroit du mieux qu'on peut pendant que Potter fait ce qu'il doit faire.

- Mais tu réalises sûrement, couina Flitwick, que rien qu'on puisse faire ne retiendra Vous-Savez-Qui indéfiniment ?

- Mais on peut le retarder, assura Sprout, son regard déterminé.

- Merci Pomona, dit McGonagall, échangeant un regard avec un l'autre femme. – Je propose qu'on sécurise l'endroit, puis qu'on rassemble les étudiants dans la Grande Salle. La plupart devront être évacués, mais si ils sont majeurs et qu'ils souhaitent rester, je pense qu'on peut leur donner une chance.

- Je suis d'accord, agréa Sprout alors qu'elle s'éloignait déjà. – Je vous rejoindrais dans la Grande Salle dans vingt minutes avec mes étudiants.

Elle disparut rapidement de vue en murmurant les noms de différentes plantes dangereuses et mortelles. Allen attendait patiemment de son côté, son œil toujours activés, ce qui voulait dire qu'il y avait toujours des Akumas présents.

- Je peux agir d'ici, dit Flitwick.

- Professeur, pardon d'interrompre, commença Harry tout en approchant l'homme avec hésitation, mais c'est important. Est-ce que vous avez une idée d'où pourrait être le diadème de Serdaigle ?

- Le diadème de Serdaigle ? D'autres connaissances pourraient bien être utiles, Potter, mais je ne pense vraiment pas que ça nous serait utile dans cette situation !

- Ce n'est pas du tout pour ça que je le veux, contra-t-il avec un froncement de sourcils. – Je dois savoir si vous savez. Est-ce que vous l'avez déjà vu ?

- Vu ? Aucune personne vivante ne l'a jamais vu ! Il est perdu depuis trop longtemps, mon garçon !

Il serra les poings, son esprit tournant à cent à l'heure. Ca ne l'étonnerait pas que Voldemort ait trouvé quelque chose qui avait été perdu pendant des siècles pour le cacher de nouveau, mais si c'était le cas, il ne savait toujours pas où il était. Si le diadème de Serdaigle n'était pas l'Horcrux, alors c'était quoi ?!

- On vous retrouvera toi et tes Serdaigles dans la Grande Salle, Filius ! S'exclama McGonagall en faisant signe aux trois autres de la suivre. Ils ne firent que quelques mètres avant que Slughorn ouvre la bouche

- Ma parole, quelle affaire ! Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, Minerva. Il va certainement trouver un moyen d'entrer, vous le savez très bien, et tous ceux qui essayeront de le retenir seront mis en péril-

Harry vit l'expression dégoûtée d'Allen, rapidement dissimulée. Lui n'était pas doué pour cacher ce qu'il pensait alors il ne s'embêta même pas à le faire.

- Je vous attendrais avec vos Serpentards dans la Grande Salle dans vingt minutes. De plus, ajouta McGonagall, si vous souhaitez partir avec vos étudiants personne ne vous arrêtera. Mais si l'un d'entre vous tente de saboter la résistance ou se met contre nous, alors, Horace, ce sera un duel à mort.

- Minerva ! S'exclama Slughorn, le teint blafard. Allen cligna des yeux et dissimula un regard de respect pour la femme, Harry faisant de même.

- Le temps est venu pour la Maison Serpentard de choisir où va sa loyauté. Allez réveiller vos élèves, Horace.

Puis Harry, Allen et Luna s'élançaient de nouveau après McGonagall et aucun ne prit la peine de regarder derrière eux. Cependant, juste au moment où la Directrice de Griffondor allait lancer un sort, elle fut interrompue par Filch.

- Elèves dans les couloirs ! Elève dans les couloirs !

- C'est exactement où ils doivent être, bougre d'imbécile ! Maintenant allez faire quelque chose d'utile et aller me chercher Peeves !

- P-Peeves ? Bégaya Filch, et au regard interrogateur d'Allen Harry lui fit signe qu'il lui expliquerait plus tard.

- Oui idiot, Peeves ! N'est-ce pas vous qui vous plaigniez de lui depuis plus d'un quart de siècle ? Allez me le chercher, allez !

Filch la regarda comme si elle avait perdue la raison mais fit comme elle lui demanda, marmonnant sur le chemin. Puis elle lança le sort, 'Piertotum Locomotor'.

Les armures longeant les murs s'éveillèrent, écrasant le sol lorsqu'elles bougèrent, et Harry savait que la même chose arrivait à toutes les armures qui se trouvaient dans le château. Allen haussa un sourcil surprit et impressionné, tandis que Luna regardait la scène avec une fascinateur rêveuse.

Poudlard est menacée ! Cria McGonagall. – Protégez les entrées, protégez nous, faîtes votre devoir envers notre école !

Puis les armures se mirent en marches, des armures de toutes tailles, certaines petites, d'autres gigantesques, et Harry eut l'impression de partir en guerre. Ce qui, il supposa, était vrai, et il espérait vivement qu'il était prêt et que tout se passerait bien. Il savait qu'il en demandait sûrement trop, pour que tout se passe bien, mais il se dit qu'il pouvait toujours espérer. Il espérait aussi qu'il ne poussait pas sa chance parce qu'à chaque fois elle semblait s'éloigner dans ces situations.