Comme on leur avait demandé, Harry, Luna et Allen retournèrent immédiatement à la Salle sur Demandes. Ils passèrent une foule serrée qui murmurèrent ou crièrent le nom d'Harry avec surprise et incrédulité. Il les ignora.
Ils atteignirent la porte, qui apparut devant eux, et alors qu'il passait devant dans le passage, il manqua de peu de tomber sur les dernières marches quand il vit à quel point la salle était devenue bondée. Il y avait beaucoup plus personnes présentes maintenant, parmi lesquelles il pouvait voir Lupin, Oliver Wood, Katie Bell, Angelina Johnson, Alicia Spinner, Bill, Fleur, ainsi que Mr et Mme Weasley.
- Harry, qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda Lupin quand il les eut rejoints au bas des escaliers.
- Voldemort est- Harry s'arrêta un instant avant de reprendre. –il est en route, et on barricade l'école. Snape a fui. Qu'est-ce que vous faîtes là ? Comment savez-vous ?
- On a envoyé des messages au reste de l'Armée de Dumbledore, sourit Fred. Tu ne croyais tout de même pas qu'on manquerait ça, Harry, et la D.A. et l'Ordre du Phoenix sont au courant alors ce n'était qu'une question de temps.
- On fait quoi, Harry ? S'enquit George. – Qu'est-ce qu'il se passe ?
Le regard d'Harry passa sur tous ces visages familiers, sa vision se rétrécissant avec la réalisation de ce qu'il se passait. Il prit une profonde inspiration et s'arma de tout le courage et l'expérience qu'il avait gagné
- Ils évacues les plus jeunes et tout le monde se rassemble dans la Grande Salle pour s'organiser, annonça-t-il. – On va se battre.
Sa déclaration fut répondue par un tonnerre de cris et de joie, puis tout s'élancèrent vers la porte. Il se plaqua rapidement contre le mur pour ne pas se faire emporter, des groupes de toutes sortes et de tous âges passant devant lui avec des visages déterminés et excités, baguettes sorties.
Il aperçut Dean prendre la main de Luna quand ils passèrent, et il ne resta bientôt plus que quelques personnes. Parmi eux manquaient Ron, Hermione, Malfoy, Lavi et Kanda.
- Tu es mineure ! Criait Mme Weasley alors qu'il s'approchait. – Je te l'interdit ! Les garçons, oui, mais toi, tu vas retourner à la maison !
- Non !
Ginny se détacha de la prise de sa mère avec colère.
- Je fais partie de l'Armée de Dumbledore-
- Un groupe d'adolescents !
L'attention d'Harry fut d'un coup dirigé autre part quand Timcampy émergea de la poche d'Allen et commença à biper. Il suivit Allen vers un coin tranquille, espérant que c'était Lavi avec des nouvelles sur les positions des autres. Et en effet, quelques secondes plus tard, la voix de Lavi se fit entendre
- Allen ?
- Lavi ? Allen fronça des sourcils. – Où es-tu ?
- J'ai quelques nouvelles, s'exclama Lavi. Les châteaux magiques sont de vrai casse-tête. Tu savais que les escaliers bougeaient ici ? Et qu'ils bougeaient quand on était sur eux ?
- Lavi, gronda Allen alors que Harry cachait un sourire. – Où es-tu ?!
- Oh, quelque part- Ils entendirent des voix derrière celle de Lavi, et Harry crut reconnaître Malfoy qui faisait un commentaire coupant, suivit d'Hermione qui le grondait. –Ok, alors je ne sais pas vraiment où, exactement, on est. Quelque part en sous-sol et-
Harry entendit plus de voix à travers le golem, mais il regarda vers les Weasley qui se disputaient quand il sentit des yeux sur lui. C'était Ginny, qui le regardait avec un air suppliant, et il fronça des sourcils en réponse. Ses épaules s'affaissèrent, et elle dit quelque chose, mais fut coupée quand Percy trébucha hors du tunnel.
- -et c'était l'idée de Ron, apparemment. Ils essayent de se dépêcher, et bon sang c'est le plus gros squelette que j'ai jamais vu, vous nourrissiez cette chose avec quoi ?!
Des rires se firent entendre, et Harry fronça des sourcils, distrait de la réunion touchante et l'excuse officielle de Percy qui rendit Mme Weasley en pleurs, se demandant de quoi l'autre parlait. Puis, il entendit la voix de Kanda siffler quelque chose à Lavi, qui soupira
- D'accord, d'accord. Ecoute Allen, on a reçu un message du QG par le golem de Yu et on doit se regrouper disons … maintenant, à vrai dire. On est sur le point de se séparer des autres avec Yu – apparemment c'est vraiment important.
- Se séparer ? Allen croisa le regard d'Harry avec inquiétude. – Si tu es sûr le point de rendez-vous ?
- On va revenir dans un moment, répliqua Lavi, cette fois sombre. – Restez dans le coin.
La connexion se termina, et quand Harry vit l'Exorciste le regarder de nouveau avec inquiétude, il ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel et de dire
- Oh allez, je pense pouvoir survire sans toi pendant un petit moment. De toute façon je connais le château mieux que toi.
- C'est vrai, sourit Allen, un peu honteux. – Tu as raison. Soit prudent.
- Pareil. Harry hocha de la tête avant de s'avancer vers Mme Weasley et, quand il arriva près d'eux, il leur dit
- J'y vais. Soyez prudent.
- Bien entendu, agréa Mme Weasley. – Soit prudent aussi. Tu devrais peut-être venir avec nous-
- Je ne peux pas, interrompit-il. – J'y vais. Je vous verrais plus tard.
Il marcha vers la porte avec l'intention de rejoindre la Grande Salle pour vérifier que tout se passe bien tout en réfléchissant à son plan d'action. Au pas de la porte, il dirigea son regard vers Allen, qui lui fit un grand sourire et un salut avec deux doigts. Harry sourit en retour et lui fit un signe de la main avant de partir.
Il devait l'avouer, se retrouver soudainement seul pour la première fois depuis des mois – encore un mois ou deux et ça aurait fait une année entière – était étrange et libérateur. Depuis l'arrivée des Exorcistes il y avait toujours eu quelqu'un avec lui. Il n'avait pas eu un seul moment à lui, à moins de compter les moments où il était seul quand Kanda n'était pas dans leur chambre, depuis que la situation des Akumas leur avait été présentée. Il y avait toujours eu quelqu'un. Maintenant il était seul, même si ça ne durerait pas, et il prit une profonde inspiration.
Seulement pour qu'une douleur déchirante explose de sa cicatrice et que sa vision soit remplacée par la vue des grandes portes de fer avec les sangliers ailés trônant sur les piliers de part et d'autre, son regard passant sur le terrain vert du château illuminé par une multitude de lumières. Nagini se trouvait autour de ses épaules, et un sentiment de résolution le prit, ce qui précédait toujours un meurtre.
Puis il était de retour dans le couloir, trébuchant et tombant presque sur le sol. Il se demanda si Allen avait lui aussi vu cette vision alors qu'il se forçait à se relever et de continuer.
La Grande Salle était sombre et le plafond était recouvert d'étoiles. Les quatre tables des Maisons étaient remplies d'étudiants passablement réveillés, certains en manteaux, d'autres encore en robes de chambres. Les fantômes de l'école étaient aussi présents, et chaque regard, mort ou vivant, était posé sur McGonagall qui leur adressait la parole d'une plateforme érigées tout au bout de la salle. Le reste des professeurs se tenaient derrière elle, ainsi que le centaure, Firenze, et les membres de l'Ordre du Phoenix qui étaient venus se battre.
- … l'évacuation sera coordonnée par Mr Filch et Mme Pomfrey. Les Préfets, quand je vous le dirais, je veux que vous preniez la tête de votre Maison et les organisiez par ordre d'âge vers le point d'évacuation.
Harry pouvait voir que la plupart des élèves étaient terrifiés, pétrifiés même. Il n'arrêtait pas de penser alors même qu'il écoutait McGonagall s'adresser à chacun d'entre eux. Il garda un œil sur les entrées, espérant que Ron, Hermione et Malfoy ne tarderaient pas à arriver.
- Et si on veut aussi se battre ? S'écria Ernie Macmillan en se levant de la table des Pouffsouffle. D'autres applaudirent.
- Si vous êtes majeurs, vous pouvez rester, répondit McGonagall.
- Et nos affaires ? Une autre fille de Serdaigle appela. – Nos valises, nos chouettes ?
- On n'a pas le temps d'aller chercher les affaires de tout le monde, répliqua le professeur. – Le plus important c'est de vous faire sortir d'ici.
- Où est Professeur Snape ? Cette fois ce fut une fille de Serpentard.
- Il a, comme on dit, prit la clé des champs, répondit McGonagall, résultant en une éruption d'applaudissement des Griffondors, Pouffsouffle et Serdaigle.
Ce fut à ce moment exacte que les portes de la Grande Salle s'ouvrirent plus vite qu'Harry n'avait jamais vu. Il cilla plusieurs fois quand il vit qui se tenait là – il ne pouvait pas se tromper.
Entre les trois figures impressionnantes en uniforme noir se tenait un homme en blanc. Komui Lee, chef du Quartier Général de la Congrégation de l'Ombre, et il se tenait là, fier. Allen se trouvait à sa droite, Lavi à sa gauche, et Kanda avançait derrière lui, tout trois portant des expressions plus sérieuse qu'il n'avait vu depuis longtemps. Il remarqua sombrement que l'œil d'Allen était activé, tournant et virant impatiemment.
Le regard d'Allen trouva facilement le sien, et sa bouche se releva en un sourire. Harry entendit la question surprise de McGonagall, ainsi que les murmures surpris et apeurés qui s'élevèrent dans la pièce. Il savait qu'ils augmentèrent en intensité quand il quitta sa place dans l'ombre près de la table des Griffondors pour aller les rejoindre. Il était aussi certain que la ressemblance entre son manteau et celui des autres, bien que différent mais de même style, fut remarqué alors qu'il se rapprochait d'eux.
Mais avant que Komui ne puisse parler, ou que McGonagall ne puisse demander une explication, une autre voix les coupa. Elle semblait venir de partout à la fois, aiguë, froide, et claire alors qu'elle parlait.
- Je sais que vous vous préparez à vous battre, dit Voldemort, et des cris percèrent le silence de la Salle, les élèves regardant autour d'eux avec terreur. – Vos efforts sont inutiles. Vous ne pouvez pas m'affronter. Je ne souhaite pas vous tuer. J'ai beaucoup de respect pour les professeurs de Poudlard. Ce n'est pas mon souhait de faire couler du sang pur.
Puis le silence, le type qui n'y ressemblait pas du tout – le type qui était lourd et bruyant, le type qu'on pouvait sentir et qui prenait toute la place. Il remarqua Komui hausser un sourcil dans une vague inquiétude, mais surtout la grimace ridicule que faisait Lavi en direction du portail de l'école, où Voldemort se trouvait, ainsi que la façon dont Allen écrasa le pied de l'autre, suivit par un coup sec dans le dos de la part de Kanda.
- Donnez-moi Harry Potter, exigea Voldemort, et personne ne sera blessé. Donnez-moi Harry Potter, et je laisserais l'école en paix. Donnez-moi Harry Potter, et vous serez récompensez.
- Vous avez jusqu'à minuit.
Le silence réapparut, et on aurait dit que tous les regards s'étaient tournés vers Harry, un poids inconfortable se posant sur ses épaules. Il était presque brûlant, et il le supporta avec impatience, résistant à l'envie de se placer lentement au côté de Kanda. A la place, il resta à sa place devant Allen. Puis quelqu'un se leva de la table des Serpentard, et il reconnut Pansy Parkinson lorsqu'elle cria
- Mais il est là ! Potter est là ! Que quelqu'un l'attrape !
Il ne s'était pas vraiment attendu à la réaction qui suivit. Les Griffondors furent les premiers à se lever, rapidement suivit par les Pouffsouffles et les Serdaigles, et tous se tournèrent vers la table des Serpentards qui semblaient minuscules comparés aux trois quarts de l'école contre eux. Mais surtout, c'était les Exorcistes qui donnaient la plus grande impression.
Ils s'étaient avancés pour l'inclure dans leur formation autour de Komui, et avec un flash de lumière Allen avait revêtit son manteau, illuminant la pièce tout autour d'eux. Le marteau de Lavi grandit jusqu'à une taille impressionnante, émettant une légère flamme verte, et il le posa de façon presque moqueuse sur son épaule.
Ce fut le lent et long sifflement d'une épée en train d'être sortie de son fourreau qui donna des sueurs froides aux Serpentards.
Remplit de gratitude envers non seulement les Exorcistes, mais tous les étudiants qui le soutenait, Harry regardait toutes les baguettes qui étaient levées pour lui. Une main se posa sur son épaule. Tournant la tête, Komui lui donna un léger sourire, et il redressa instinctivement à son regard. A ce moment donné, il était plus fier qu'il ne l'avait été depuis longtemps.
- Merci Mlle Parkinson, dit McGonagall d'une voix froide et sèche. – Vous partirez en premier avec Mr Filch. Si le reste de votre Maison pouvait suivre.
Le bruit de bancs et de pas remplirent la Salle, et encore plus de regards furent tournés vers Harry et les quatre qui se trouvaient avec lui. Harry les mena par l'espace entre les tables de Serdaigle et de Pouffsouffle tout en gardant un œil sur ce qui les entourait. Après tout, il n'avait pas un œil maudit qui lui permettait de voir les Akumas, et il était maintenant entouré de monde.
La table des Serpentards se vida complètement, et il se demanda comment Draco se serait sentit s'il avait été là. Une bonne partie des Serdaigles restèrent assis, et encore plus de Pouffsouffles restèrent. Plus de la moitié des Griffondors étaient toujours là alors que les autres sortaient, et McGonagall dut descendre de la plateforme pour faire sortir les mineurs. En revanche, dès qu'ils furent près de sa position à la fin de la table des Griffondors, elle se tourna complètement vers eux et les regarda d'un œil dur.
- On n'a pas beaucoup de temps, dit-elle. – On n'a qu'une demi-heure avant Minuit. Qu'êtes-vous venu faire ici ?
- Je m'appelle Komui Lee, se présenta Komui avec un sourire. – Je suis le Grand Intendant du Quartier Général de la Congrégation de l'Ombre. Notre travail est de détruire les Akumas.
- J'ai entendue dire que c'était presque impossible, répliqua-t-elle avec suspicion.
- Presque, répéta patiemment Komui. – Dans l'Ordre Noir, nous avons des combattants qu'on appelle 'Exorcistes' qui peuvent les détruire – à vrai dire, ce sont les seuls qui peuvent détruire les Akumas. Comme ces trois-là Allen Walker, Lavi et Kanda Yu, tous trois Exorcistes, et tous trois ont suivi, surveillés, et protégés Harry depuis l'attaque sur sa famille il y a quelques mois.
Son regard surprit se tourna vers Harry qui cilla et réalisa qu'elle était surprise d'apprendre qu'ils avaient été avec lui depuis si longtemps.
- Je dois admettre que normalement, continua calmement Komui, nous ne participerions pas à une guerre de manière aussi visible puisqu'on a notre propre guerre. En revanche Voldemort – plusieurs étudiants près d'eux tressaillirent – a commencé à utiliser les Akumas pour atteindre son objectif, alors nous vous offrons notre aide contre les Akumas.
- Votre aide ? McGonagall haussa un sourcil, son front se plissant légèrement. – J'apprécie l'offre, elle est même la bienvenue, mais si il y a un moyen pour que-
Ce fut un étudiant de la table de Serdaigle qui s'était levé qui la fit s'arrêter, son visage vide d'expressions. Il avait à peine quitté son siège que la pointe du marteau de Lavi se retrouvait profondément enfoncé dans sa poitrine. Son visage marqua la surprise et le choc, et McGonagall se retourna avec des yeux écarquillés. Quand elle vit ce qui se tenait derrière elle, son visage fut pris de rage et ses yeux se mirent à la brûler.
Puis le Serdaigle explosa, comme de l'intérieur, et le bruit couplé à la chaleur fit crier d'autres élèves de surprise. Pendant un moment un lourd silence prit place, puis Komui reprit la parole
- Je vois que vous n'étiez pas au courant que les Akumas pouvaient se cacher sous forme humaine, dit-il en faisant un mouvement du bras. – Je suis surprit qu'il n'y ait, d'après Allen, que deux dans cette salle, même avant que ces élèves ne partent. Les Exorcistes ne peuvent normalement pas dire où sont les Akumas, mais Allen le peut.
- Deux ? Murmura-t-elle, ses yeux s'écarquillant encore plus.
- Deux, confirma doucement Allen. Ici, j'entends. Il y en a beaucoup plus dehors, attendant. Si vous vous faites toucher par leurs balles, même une simple égratignure, vous serez rongés par un virus qui vous tuera en quelques secondes. Il n'y a pas d'antidote. Permettez-nous de vous aider.
- … Je suppose que je n'ai pas le choix. Elle secoua la tête. – Où est l'autre … abomination de mon école ? Et Harry, n'étais-tu pas sensé chercher quelque chose ?
Harry ravala sa déception et son agacement. Il devait retrouver cet Horcrux, mais il voulait aussi rester et se battre. Il hocha sèchement de la tête et murmura une affirmation avant de tourner les talons. Une autre main se posa sur son épaule et en tournant la tête il vit que c'était Lavi.
- Je te suis, murmura faiblement le rouquin en faisant un geste de la main vers la porte. Harry cligna des yeux de surprise avant de hocher la tête et d'avancer. Il remarqua que cette fois Lavi était le seul à le suivre, Kanda et Allen restant aux côtés de Komui.
Ils pénétrèrent dans le hall d'entrée bondé, remplit de gens qui évacuaient, et il se permit d'être entraîné avec eux en haut des marches d'escalier avant de se dégager et de se diriger vers un couloir désert. Ce qui n'était pas difficile – beaucoup d'entre eux semblaient s'écarter pour les laisser passer. Il se dit que ça pouvait être à cause du fait que Lavi tenait toujours son marteau surdimensionné sur son épaule avec un air de nonchalance.
Harry s'arrêta un peu plus loin, quand le bruit derrière lui disparut, pour qu'il réfléchisse. On aurait dit que c'était plus difficile pour lui, maintenant que Hermione et Ron n'étaient plus avec lui, mais après un bref moment de confusion son esprit s'éclaira.
Voldemort pensait qu'il irait dans la Tour des Serdaigle, ça il le savait. Donc il y avait quelque chose à propos de Serdaigle qui était important, et qu'est-ce qui était plus important que les Horcrux du Seigneur Noir ? De plus, il ne pouvait pas imaginer l'autre utiliser un objet banal comme réceptacle pour un morceau de son âme. Alors le diadème était le plus logique, mais ça faisait depuis si longtemps que personne ne l'avait vu alors est-ce que l'autre aurait vraiment pu l'utiliser ?
Mais de tous, ça ne l'étonnerait pas que Voldemort ait été capable de le retrouver.
Aucune personne vivante n'avait vu le diadème – alors pourquoi ne pas demander à quelqu'un qui était mort ? Ses yeux s'ouvrirent, et il vit que Lavi l'observait patiemment.
- Par là, claqua Harry, et il rebroussa chemin, ignorant les nombreux bruits de pas qui avançaient vers la Salle sur Demandes. Il lança un regard aux escaliers remplis au maximum de leurs capacités et aux voix qui l'entouraient de partout et décida qu'il n'avait pas le temps de se battre pour descendre.
Alors il sauta sur la rampe, entendant vaguement le cri de surprise de Lavi, et se laissa glisser. Beaucoup d'étudiants le regardèrent, choqués, et il fit semblant de ne pas les remarquer. Mais encore, avec son corps pulsant sous l'adrénaline, il ne les remarqua pas vraiment. Il réussit à s'arrêter au bout, sur un endroit plat, puis plaça ses mains autour de sa bouche et cria
- Nick ! NICK ! J'ai besoin-
Un 'omph' lui échappa quand quelque chose percuta son dos avec force. Il commença à balancer ses bras autour de lui pour éviter de tomber mais un bras entoura sa taille et le maintint sur la rampe.
- Tu ne peux pas partir comme ça, gronda Lavi, l'autre réussissant à sa surprise à reculer pour qu'il ne soit pas pressé contre le dos d'Harry. – Des fois je me demande si tout cet entraînement n'était pas une mauvaise idée, surtout quand tu fais paraître les glissades sur les rampes faciles.
Harry lança un faible regard noir par-dessus son épaule et souffla, vexé. Il résista à l'envie de sourire quand l'autre leva ses mains en une moquerie d'abandon.
- Harry ! Nick Quasi Sans Tête flotta vers eux, souriant. – Mon garçon !
- Nick, commença Harry en ignorant la sensation glacée quand le fantôme voulu prendre ses mains. – J'ai besoin de votre aide. Je dois parler au fantôme de Serdaigle.
- C'est de la Dame Grise dont tu parles, dit Nick d'un ton légèrement surprit et offensé. – Mais si tu as besoin d'un fantôme alors- ?
- Non, désolé, mais ça doit être elle – est-ce que vous savez où elle est ?
- Voyons voir … Nick observa le hall pendant un moment puis pointa vers une femme avec de long cheveux. – C'est elle, Harry, la jeune femme avec-
- Merci !
Et Harry s'élança vers la femme qui avait remarqué Nick pointant vers elle et avait commencé à s'éloigner. Il devait sauter pour quitter sa place sur la rampe, et il atterrit plusieurs mètres plus loin, Lavi faisant de même, et tout deux partirent en courant. Il prit le couloir que la femme avait pris et lui cria d'attendre dès qu'il la vit. Elle s'arrêta, heureusement, et il prit une profonde inspiration quand il la rejoignit.
- Etes-vous la Dame Grise, le fantôme de la Tour des Serdaigle ?
- C'est correct. Son ton n'était pas très encourageant, et il fronça des sourcils.
- S'il vous plaît, j'ai besoin de votre aide. J'ai besoin que vous me disiez tout ce que vous savez sur le diadème perdu.
Son sourire devint froid.
- Je crains n'être d'aucune aide. Elle se tourna pour partir, et Harry jura presque.
- Attendez ! Il se retint difficilement de crier, mais au moins elle s'arrêta. Un regard à sa montre lui annonça qu'il n'y avait plus qu'un quart d'heure avant minuit.
- C'est urgent, s'exclama-t-il. – Si ce diadème peut être trouvé, je dois le trouver, rapidement.
- Vous n'êtes pas le premier élève à rechercher le diadème, répliqua-t-elle en le regardant de haut. – Des générations d'étudiants m'ont demandés-
- Oui, parce que c'est le moment idéal pour s'inquiéter des mauvaises notes, marmonna Lavi en roulant des yeux. – Il y a juste une véritable armée dehors …
Elle rougit autant qu'un fantôme le pouvait et fronça des sourcils, tournant un regard lourd de colère vers l'Exorciste, mais Harry les coupa
- C'est à propos de Voldemort, pour le vaincre, ou est-ce que ça ne vous intéresse pas ?
- Evidemment que je- comment osez-vous suggérer- Bégaya-t-elle, son rougissement devenant plus apparent.
- Alors arrêtez de faire la difficile et aidez-moi !
Il pouvait sentir la frustration monter au fil des secondes et il essaya de reprendre le contrôle en prenant de profondes et lentes inspirations. Lavi tapota son épaule, mais il n'en était pas plus réassuré.
- Ce- ce n'est pas à propos du- diadème de ma mère-
- Votre mère ? Donc vous devriez savoir quelque chose !
- J'étais Helena Serdaigle, répondit sèchement le fantôme, mais je ne pense pas que des connaissances en plus aideraient-
- Combien de fois dois-je répéter que je ne veux pas le porter ? Harry ferma les yeux pendant un long moment, en colère contre lui-même pour crier. - … Pardon. Ecoutez, ce diadème pourrait être la clé pour vaincre Voldemort. Si vous savez quoi que ce soit, j'ai besoin que vous me le disiez, maintenant.
Quand tout ce qu'elle fit fut de le fixer, sa frustration et son désespoir monta, et pouvait presque sentir la même chose arrivant chez Lavi qui attendait dans un silence qui ne lui correspondait pas. Juste alors qu'il allait se retourner en secouant la tête, le fantôme ouvrit la bouche
- J'ai volée le diadème de ma mère.
- Vous … Il se retourna vers elle, les sourcils froncés.
- J'ai volée le diadème, elle répéta. – Je souhaitais devenir plus intelligente, plus importante que ma mère. Je me suis enfuit avec.
Harry ne savait pas ce qui lui avait fait changer d'avis, mais il attendit patiemment alors qu'elle lui racontait l'histoire. Alors qu'il écoutait pourquoi elle avait volée le diadème et le fait que sa mère n'ait rien dir, il remarqua le regard brillant de Lavi qu'il avait toujours quand il enregistrait une conversation ou quelque chose qui arrivait.
Helena leur dit que sa mère tomba très malade et leur expliqua comment sa mère souhaitait juste revoir sa fille une dernière fois, envoyant un homme qui était éprit d'Helena à sa recherche. A la surprise d'Harry, cet homme n'était autre que le Baron Sanglant, le fantôme de Serpentard. Le Baron retrouva Helena, et il essaya de la convaincre de rentrer avec lui, mais elle refusa, et il se perdit dans la colère et la tua. Prit de remords il se donna la mort pour ce qu'il avait fait, et apparemment c'était pour ça qu'il portait ces chaînes, dans un acte de repentance.
- Et … et le diadème ? Demanda Harry.
- Il est resté là où je l'avais caché quand j'avais entendu le Baron qui se rapprochait de moi dans la forêt. Dissimulé dans un trou dans un arbre.
- Quel arbre ? Où ?
- Une forêt en Albanie. Un endroit désolé où j'avais crût ne jamais être retrouvée.
Il réfléchit, et juste au moment où il sentit quelque chose émerger dans sa tête, quelque chose d'important, Lavi demanda
- L'avez-vous dit à quelqu'un avant ?
Et quand elle hocha presque honteusement de la tête, Harry réalisa à qui, exactement, elle l'avait dit. Alors qu'elle ouvrait la bouche, il marmonna
- Vous n'étiez pas la première personne à qui Riddle avait tiré les secrets. Il pouvait être charmant, quand il le voulait …
Sa bouche se referma.
En revanche, cette information confirma son idée. Le diadème était l'Horcrux, et il n'était probablement plus dans l'arbre. Il aura été placé dans un endroit plus sûr, et le seul endroit qui lui vint à l'esprit fut Poudlard. Mais la question était toujours là, et il pencha brièvement la tête en avant
- Merci. Puis il se redirigea rapidement vers le hall d'entrée, ses pensées tournant et se mélangeant dans sa tête. Lavi se mit à côté de lui et se demanda
- Est-ce que tu n'avais pas dit que Moldy-Voldy était revenu pour demander un poste d'enseignant ? Ne penses-tu pas … ?
- … Oui, je le pense. Dans l'esprit d'Harry, les pièces se mettaient en places. – Oui, tu as raison …
Il essaya de penser à tous les endroits où il pouvait être caché, entre le hall d'entrée et le bureau du Directeur, il essaya de penser à tous les endroits secrets qu'il connaissait et qui parsemaient le château. Le seul endroit qui lui vint et où il aurait pu cacher quelque chose était la Salle sur Demande et –
Puis il se souvint, quelques temps auparavant, être dans cette salle, et placer une perruque hideuse et un vieux diadème cabossé sur une horrible tête, et son cœur fit un bond quand il réalisa où, exactement, se trouvait le diadème. Il s'arrêta et fit presque tomber Lavi sous l'arrêt soudain.
- Quoi … ?!
- Je sais où il est, répliqua dans un souffle Harry, et ce n'était pas à force de courir. Les yeux de Lavi s'éclaircirent, tout comme le reste du couloir.
La lumière était brillante, intense, et ses yeux s'écarquillèrent avant de se refermer sous l'intensité. Il se força à ouvrir les yeux dès qu'il le pu, son regard baissé pour lire qu'il était minuit, et il regarda par la fenêtre la plus proche, ses yeux le brûlant et des lumières glissants dans son champ de vision. Il vit une chose d'un blanc éclatant dehors avec de petites choses s'en échappant, mais il ne pouvait pas voir au-delà.
Il était minuit. La bataille avait commencée. Il devait se dépêcher.
