McGonagall était anxieuse. Elle avait le droit de l'être. Son école était sur le point d'être attaquée par un puissant Mage Noir et non seulement ses partisans, mais aussi par des créatures qui étaient, visiblement, immunisée à toutes sortes d'armes sauf celles qui étaient portées par quelques enfants. Leur propre armée n'était pas terrible. La plupart était des élèves qui étaient encore à Poudlard et majeurs.

Savoir qu'ils allaient perdre leur innocence et avoir ces souvenirs horribles toute leur vie la désolait mais, malheureusement, c'était nécessaire.

Elle avait été surprise en voyant la taille de l'armée ennemie. Au début elle avait pensée que c'était un nouveau sort qui avait causé ce nuage noir. Puis elle réalisa que ce n'était pas un nuage noir – c'était un groupe de personnes énorme qui se dirigeaient vers eux, s'arrêtant un peu plus loin le temps que minuit arrive. Alors que les secondes passaient, elle observa la première rangée se transformer en ces créatures, ces Akumas, jusqu'à qu'un plus petit groupe reste derrière. Elle sentait que si c'était juste des Mangemorts qui étaient restés au sol, leurs chances n'étaient pas nulles.

Mais il y avait au moins une centaine d'Akumas qui flottaient dans les airs, en majorité des ronds, mais il y en avait beaucoup qui étaient différents les uns des autres. Il devait bien y avoir un ratio de un Mangemort pour trois Akumas, surtout vu qu'ils bloquaient le ciel.

Ca ne l'aurait pas dérangée qu'elle mène des élèves à la guerre – mais ça tournait de plus en plus au massacre. Et ça la dérangeait. C'était du suicide et complètement fou, et elle savait que plusieurs membres qui avaient l'habitude tremblaient, et que des étudiants pleuraient silencieusement de peur. Mais elle était fière qu'aucun d'entre eux ne fuient.

- On a cinq minutes, dit calmement Komui en se plaçant à ses côtés. Il transpirait et observait l'armée avec un regard déterminé qu'elle admirait. Alors qu'elle lui jetait un regard, puis aux deux Exorcistes qui se tenaient derrière lui avec une expression neutre, même si Allen avec les yeux en quelque sorte brillants, elle se demanda ce qui les avait poussés là-dedans. Elle eut l'impression d'avoir un aperçu de quelque chose de beaucoup plus important qu'elle ne l'avait pensé.

- … Est-ce que vous avez de la famille dans la Congrégation ? Demanda-t-elle, son ton presque doux.

- Ma petite sœur est Exorciste, répondit-il en tournant la tête pour la regarder avec un visage jeune et des yeux qui ont vus, et elle eut l'impression de trouver un ami dans cet homme. – Elle a seize ans.

- Mes élèves sont ma famille, offrit-elle en se demandant combien il y avait d'Exorcistes dans le monde. – J'espère que les choses ne sont pas aussi désespérées qu'elles le semblent, et qu'on survivra pour revoir nos familles.

- Pas tous, malheureusement. L'attention de Komui se redirigea vers le terrain. – C'est la tragédie de la guerre. Tout ce qu'on doit faire c'est essayer d'avoir le moins de pertes possible.

- Bien dit. Elle regarda les Akumas flotter avec un désespoir et un défaitisme croissant. Quelques secondes seulement passèrent avant que l'homme ne reprenne la parole :

- Allen.

- Oui. Allen s'éloigna d'eux avec un air confiant, et McGonagall cligna des yeux. Le garçon avait, quelques minutes auparavant, exterminé l'autre Akuma qui se trouvait dans sa Salle, un jeune premier année de Griffondor, et son cœur se serra à la perte. Pas seulement à la mort du garçon, mais aussi en voyant qu'Allen n'avait même pas été affecté de devoir faire ce qu'il avait à faire. Il avait même semblé soulagé, une douce expression sur son visage.

- Qu'est-ce que vous faîtes ? S'exclama-t-elle quand lui et le jeune japonais se dirigèrent vers la porte. Ils observaient l'extérieur d'une fenêtre non loin, montrant les sorciers et sorcières plus âgés qui devaient protéger la première ligne. Evidemment, il y en avait d'autres à d'autres endroits.

- On fait ce qui est juste. Allen tourna juste la tête pour lui faire un sourire qu'elle n'oubliera jamais, pas avec la lumière de la lune qui les éclairaient de la fenêtre. Kanda renifla en tournant son dos vers eux, ses longs cheveux fouettant l'air autour de lui, son épée serrée dans sa main. En voyant où se trouvait sa main, elle réalisa d'un coup ce qui allait se passer.

- S'ils vont dehors, même avec les soit disant armes spéciales qu'ils ont, siffla-t-elle en se tournant vers Komui, ils vont se faire tuer.

- Ne vous en faîtes pas. Ses lunettes reflétèrent la lumière de telle sorte qu'elle ne puisse pas voir ses yeux. – Ils ne seront pas seuls pour longtemps. Faîtes-nous confiance.

C'était beaucoup lui demander, mais elle n'avait pas le choix. Elle reporta son attention sur les deux jeunes, les regardant passer la porte et s'avancer dans l'herbe sans pouvoir rien faire. Elle entendit Molly Weasley s'exclamer derrière elle

- Minerva, vous n'êtes pas sérieuse-

- Taisez-vous, Molly, répliqua-t-elle avec difficulté, sa voix coincée dans sa gorge. – Ce n'est pas moi qui les aie envoyés.

Elle entendit les murmures s'éteindre alors que la rumeur que les deux garçons avaient mis pied dehors se transmettait, et que personne ne les avaient arrêtés. Elle voulait les traîner à l'intérieur, mais tout ce qu'elle pouvait faire était les regarder s'éloigner de plus en plus avec peur.

Rapidement les cheveux blancs d'Allen étaient la chose qui permettait de les identifier, tous deux postés devant le nuage noir d'Akumas et de Mangemorts. Elle savait qu'elle retenait sa respiration quand Minuit sonna.

Puis elle l'entendit – une douce mélodie qui coula dans l'air et passant les murs de pierres comme s'ils n'étaient pas là. C'était faible, mais calmant, et elle vit la zone derrière les Exorcistes exploser en lumière.

Pendant un moment elle ne pouvait même pas ouvrir les yeux, mais quand elle le fit, ce fut pour voir une immense masse de lumière blanche flottante dans les airs, s'élevant sur plusieurs étages, et pour voir des personnes en émerger. Un sort murmuré et sa vision zooma sur la chose, et elle vit distinctement ce qui se passait.

Ils portaient des uniformes familiers de noir et de rouge, tous s'élançant de la lumière. Ils n'étaient pas nombreux – ils ne pouvaient pas être plus d'une vingtaine, mais ils étaient tous impressionnant. L'un d'entre eux était un homme immense avec des rouages énormes, puis une femme avec un singe géant à l'air féroce. Elle vit un homme avec des fils sortants de ses doigts, et un autre qui avait des dents aiguisées et effrayant. Elle remarqua aussi une fille qui vola en dehors de la lumière par-dessus tous les autres avec une paire de bottes brillantes qu'elle n'avait jamais vue, et elle se demanda si c'était la jeune sœur de Komui.

Elle ne s'était pas attendue à voir d'autres Exorcistes arriver, pas après Allen, Kanda et Lavi. Ils étaient presque des Moldus après tout, alors ils ne devaient pas avoir de moyens de transports assez rapides. Elle pouvait maintenant voir qu'elle s'était trompée, mais elle ne savait pas vraiment quoi ressentir. Il y avait moins de vingt personnes dehors – c'était loin d'être suffisant pour s'occuper d'une armée de cette envergure, même si c'était que les Akumas.

Une pluie de balles commença à s'abattre sur eux. La lumière de la porte combinée à la poussière dissimula entièrement tous les Exorcistes. Elle retenait toujours sa respiration, elle le savait, comme elle savait que tous ceux qui regardaient faisaient de même et elle doutait qu'il y ait une seule âme qui ne regardait pas.

Puis des croix incandescentes semblèrent s'empaler dans une poignée d'Akumas, et ils explosèrent. Les Exorcistes s'élancèrent de la poussière et elle crût entendre un cri même de là où elle se tenait.

- … Ils ne sont même pas une vingtaine, murmura-t-elle. Comment peuvent-ils espérer … ? Vous pouviez certainement en amener plus … ?

- Il n'y en a pas plus, répliqua gravement Komui. – Il y a quatorze Exorcistes dehors, outre Lavi qui est avec Harry. C'est tout ce qu'il y a dans le monde à cet instant.

- Elle avait du mal à y croire, et pourtant la preuve était juste là. Il y avait quatorze personnes dehors, beaucoup moins qu'elle ne l'aurait pensée, et tout ce qu'elle savait était qu'ils avaient intérêt à être meilleur que ce qu'elle pensait, ou ils allaient tous mourir.

Elle se tourna gravement vers le reste des autres qui se trouvaient derrière elle

- C'est le moment. Abattez les Mangemorts. N'ayez aucune pitié. De plus, faîtes de votre mieux pour couvrir les Exorcistes des sorts. Si vous en trouvez un pétrifié ou ne pouvant plus se battre et que vous pouvez faire quelque chose, faîtes-le. Prêt ?

Le cri de guerre fut plus faible qu'elle ne voulait.

- Ce n'est pas assez bien. Vous allez aller dehors et vous battre comme vous ne l'avez jamais fait dans votre vie, comprit ?

Le cri se transforma en rugissement. Elle se retourna et adopta une expression sérieuse. Elle regarda Komui du coin de l'œil.

- Vous venez ? Demanda-t-elle.

- Je crains que non, répondit-il avec un goût amer dans la bouche. – Je ne ferais que gêner. Mais je ne vais pas m'arrêter là. Je compte bien trouver un moyen pour aider.

Elle hocha sèchement de la tête puis ouvrit les portes. C'était la guerre.


Harry fit de son mieux pour ne pas regarder sans arrêt par les fenêtres qu'ils passaient. Après que la lumière vive s'était éteinte, il avait repris sa course et n'avait remarqué que quelques minutes plus tard la bataille qui faisait rage dehors. Tout ce que Lavi lui avait dit sur ce sujet était que le château avait la meilleure défense du monde contre les Akumas. C'était difficile de ne pas regarder – à chaque fois qu'il lançait un regard vers l'extérieur alors qu'il courait il voyait la bataille qui se déroulait au sol avec les sorcières et les sorciers qui lançaient des sorts de toutes les couleurs les uns aux autres, et les Akumas et ce qu'il pensait être les Exorcistes dans les airs, eux-mêmes lançant des rayons de couleurs contre eux. De temps à autres il pouvait sentir le sol trembler sous ses pieds quand une explosion retentissait un peu trop près du château, et malgré qu'il soit à l'intérieur il pouvait entendre vaguement les sons de la guerre.

Il prit le virage et glissa presque quand il entendit du verre se briser et des aboiements. Il entendit ensuite le cri portant de Hagrid et étouffa l'envie d'aller voir le demi-géant. Il avait des choses plus importantes à faire après tout.

Il passa par un autre couloir, puis un autre, et encore un autre, avant d'arriver finalement dans un couloir où se trouvait un petit groupe d'étudiants. Ils se tenaient à côté du socle vide qui portait la statue qui dissimulait un passage secret. Tous avaient leurs baguettes de sortit alors qu'ils écoutaient l'intérieur du trou. Le sol trembla et bougea sous les pieds d'Harry, et il entendit Lavi jurer quand plusieurs fenêtres éclatèrent vers l'intérieur.

- C'est une bonne nuit ! Leur cria Fred alors qu'il les dépassait en courant, et il se débattit contre des chouettes en essayant de ne pas glisser sur le verre. Ça lui rappela vaguement l'attaque chez les Dursley, et quand il avait remarqué la façon qu'avaient les Exorcistes de marcher sur le verre sans faire de bruit. Là, les pas de Lavi faisaient tout aussi peu de bruit, et c'était un silence presque agréable quoique tendu et pressé.

Ce ne fut que lorsqu'il prit le dernier virage qu'il aperçut les personnes qu'il cherchait, et manqua une nouvelle fois de glisser quand il voulut s'arrêter près d'eux.

- Bon sang où est-ce que vous étiez passés ? S'exclama-t-il, son regard fixé sur les objets jaune que Ron, Hermione et Draco tenaient.

- La Chambre des Secrets, répondit Ron.

- La Chambre … quoi ? Harry secoua la tête comme si ce mouvement ferait redémarrer son cerveau.

- C'était l'idée de Ron, entièrement ! Dit Hermione dans un souffle. – N'était-ce pas absolument brillant ? On était là, après que tu sois partis, et j'ai dit à Ron que ça serait mieux si nous aussi pouvions détruire les Horcrux, ainsi on pourrait se séparer pour les chercher ! Et il a pensé à ça ! Le Basilisk !

Ses yeux s'écarquillèrent, et il regarda de nouveau les objets. Il les reconnaissait maintenant, c'était de longs crochets.

- Je – c'est génial. Je sais où est l'Horcrux, mais –

Il vit la façon dont Ron fronça des soucils et il ajouta

- Mais avec ça si tu croises Nagini tu pourrais être capable de la détruire, alors, juste au cas où, ça valait le coup. Mais comment vous avez fait pour entrer ? Vous devez parler Fourchelangue !

- Il l'a fait ! Montre-lui, Ron !

Ron siffla, en effet, mais c'était étranglé et à peine reconnaissable.

- J'ai dû réessayer plusieurs fois parce que je ne me rappelais pas vraiment, mais je me souvenais que tu avais sifflé ça une fois. Mais on a fini par réussir.

- C'était horrible, dit Draco en levant les yeux au ciel. – Et j'aurais été moins surprit de l'entendre parler la fouine. La porte devait avoir des problèmes.

Malgré ce qu'il pouvait en dire Harry pouvait voir les yeux brillant de Malfoy et ses joues rougies – il était, sans aucun doute, extrêmement excité d'avoir vu la Chambre des Secret.

- Je ne t'ai pas vu le faire, contra Ron sans véritable colère. – Et de toute façon tu n'es qu'un furet – pas beaucoup de différences entre les furets et les fouines, tu sais ?

Le visage de Malfoy s'empourpra à être considéré semblable à Ron, mais avant que ça ne puisse partir en dispute, Lavi les coupa

- D'accord, je ne sais pas d'où viennent tous ces jolis noms, mais est-ce qu'on n'est pas un pressés par le temps ?

Intérieurement, Harry se dit que Lavi était assez pressé de retrouver les Exorcistes, et il ne pouvait pas vraiment lui en tenir rigueur, et il hocha la tête et se reconcentra sur la situation présente.

- Je sais où est l'Horcrux. Il croyait être le seul à connaître tous les secrets de Poudlard, mais j'ai caché mon livre de potions là-bas, et d'autres l'ont utilisé pendant des siècles. Venez.

A peine eu-t-il terminé sa phrase que le château trembla, et il prit la tête en direction de la Salle du Demande. Il n'y avait que trois femmes à l'intérieur : Ginny, Tonks et une vieille femme qu'il reconnut comme était la grand-mère de Neville grâce à son chapeau rongé par les mites.

- Ah, Potter, salua-t-elle avec un mouvement de la tête. – Vous pouvez me renseigner sur ce qui se passe.

- Est-ce que tout le monde va bien ? Demandèrent à l'unisson Tonks et Ginny.

- Autant qu'on le sache, répondit-il. – Est-ce qu'il y a encore quelqu'un à la Tête de Sanglier ?

- La Salle ne se retransformera pas tant qu'il y aura du monde à l'intérieur.

- J'étais la dernière à arriver, dit Mme Longbottom. – Je l'ai scellé car je pensais qu'il ne serait pas judicieux de le laisser ouvert maintenant qu'Aberforth à quitter son pub. Avez-vous vu mon petit-fils ?

- Il se bat, dit-il simplement, sachant que l'autre garçon était resté et faisait sans doute pas mal de choses.

- Naturellement. Elle hocha de nouveau la tête avec fierté. – Maintenant excusez-moi mais je me dois de l'assister.

Puis elle était partit à une vitesse remarquable et il reporta son attention sur Tonks.

- Je croyais que tu étais avec Teddy chez ta mère ?

- Je ne supportais pas ne pas savoir- Elle détourna le regard avec une expression peinée. – Elle s'occupera de lui – est-ce que vous avez vu Remus ?

- La dernière fois que je l'ai vu il était avec McGonagall-

Elle partit immédiatement et aussi vite que la grand-mère de Neville l'avait fait.

- Ginny, je suis désolé mais j'ai besoin que tu sortes aussi, juste un moment. Puis tu pourras revenir.

Elle ne semblait pas du tout déçue, et se mit à courir.

- Mais tu devras revenir ! Cria-t-il après elle. – Tu dois revenir !

Mais elle avait déjà disparue, et il savait qu'elle n'avait aucune intention de revenir si elle pouvait faire autrement. Il secoua la tête.

- Les filles seront toujours des filles, commenta Lavi avec un rictus. – Je me demande à quoi ressembleront vos enfants avec toute cette imprudence ?

- Enfants- ?! La tête d'Harry se tourna rapidement pour regarder le rouquin, son visage s'enflammant.

- Hey, commença Lavi en levant les yeux au ciel. – Je n'ai peut-être qu'un œil, mais je ne suis pas aveugle, merci bien.

- Une petite seconde ! S'exclama soudainement Ron, interrompant Harry qui allait lui-même répliquer. – Est-ce qu'on n'oublie pas quelqu'un ?

- Qui ? Demanda Hermione, confuse.

- Les Elfs de Maison, répondit Weasley. – Ils sont toujours dans les cuisines, non ?

- Ouais ? Les sourcils d'Harry se baissèrent. – Et alors ?

- Est-ce qu'on ne devrait pas les faire sortir ? Je veux dire, on ne peut pas vraiment leur demander de mourir pour nous-

Les crochets de Basilisk tombèrent au sol dans un bruit fracassant, et Hermione se jeta à son cou et l'embrassa à pleine bouche. Ron jeta presque ses propres crochets par terre et l'embrassa avec autant d'enthousiasme qu'il l'a souleva du sol. Il y eu un moment de silence avant que Lavi n'explose de rire et que Draco s'exclame bruyamment

- Oh pour l'amour de Merlin ! Il se couvrit rapidement les yeux, faisant tomber quelques crochets. – On est attaqué par le Seigneur Noir et tout ce que vous voulez faire c'est vous bécoter ?!

Les deux ne se séparèrent pas immédiatement, et il se pourrait que ce soit le fait que Lavi ne puisse plus reprendre sa respiration, plié comme il était, qui les fit se lâcher.

- Ce n'est pas le moment pour ça, ajouta lentement Harry. – Je déteste le dire, mais je suis de l'avis de Malfoy cette fois.

- Ce qui est presque pire, claqua Malfoy, puis il s'arrêta, lança un regard vers les deux autres qui étaient toujours enlacés et ajouta - Non, je retire ce que j'ai dit. Rien n'est pire que ce que je viens de voir.

- Rien ? S'étonna Harry. – Même pas ta mort ou le risque d'être torturé ?

Malfoy s'arrêta un moment pour y réfléchir, et Lavi réussi à couper tout en reprenant sa respiration

- Tu dois y réfléchir ?

Draco haussa nonchalamment des épaules, faisant tomber par inadvertance d'autres crochets, acte qui le fit grimacer.

- Il n'y a pas de meilleurs moments que le présent, non ? S'enquit Ron.

- Faux, siffla presque Harry. – On a un Horcrux à détruire !

- Ouais – bien sûr – pardon. Ron et Hermione se décolèrent complètement l'un de l'autre cette fois-ci, rougissant alors qu'ils ramassaient leur crochets.

Il était clair que la bataille faisait toujours rage quand ils sortirent de la Salle. Le sol tremblait violemment et presque constamment, et par la fenêtre la plus proche Harry vit une explosion qui se passa si près d'eux qu'il pouvait presque sentir la chaleur. Les lumières des sorts étaient concentrées au pied du château, et il ne faisait aucun doute que les Mangemorts n'allaient pas tarder à pénétrer dans l'enceinte. Il pouvait voir les Exorcistes sauter dans les airs, encerclés d'un cercle de lumière. Le géant Grawp passa devant eux, et il lança un regard vers Lavi qui observait la scène avec envie.

- Tu sais, commença-t-il, tu peux aller les rejoindre, Lavi. On peut se débrouiller, et tu devrais être avec tes amis.

- Non. L'expression de Lavi se durcie puis se détendit quelques secondes après. – Je les rejoindrais plus tard. Ici et maintenant, vous avez besoin de moi.

Harry voulait lui dire qu'ils avaient aussi besoin de lui là-bas, plus qu'ici, mais il secoua la tête quand il se souvint qu'il n'avait pas le temps pour ça. Quand il se retourna, il vit que Tonks et Ginny étaient devant la fenêtre et lançaient des sorts par une autre. Il ne fit pas attention à elles alors qu'il rouvrait la Salle sur Demande. Il entendit qu'Aberforth était arrivé lors de son deuxième passage, et quelques secondes après il complétait le troisième. La porte se matérialisa, et ils se dépêchèrent d'entrer.

Le bruit et les tremblements à l'extérieur cessèrent instantanément, et Harry eut l'impression d'avoir pénétré dans un tout autre monde. Même en écoutant attentivement, il ne pouvait rien entendre de la guerre qui se déroulait derrière la porte.

L'endroit était battit comme une cathédrale, mais ressemblait plus à une ville avec les énormes piles d'objets amassés les uns sur les autres par des étudiants qui étaient venus depuis des millénaires.

Lavi siffla, impressionné.

- Et il n'a jamais réalisé que n'importe qui pouvait venir ? Demanda Ron, sa voix faisant légèrement écho.

- Il croyait être le seul, répondit Harry. – Dommage pour lui, il n'était pas seul à avoir besoin de cacher quelque chose … par-là, je crois.

Ils avancèrent, et il ne fut pas le seul à fixer du regard l'Armoire à Disparaitre quand ils passèrent devant c'était amusant de voir que celui qui l'avait réparé avec tant de conséquences désastreuses étaient maintenant avec eux. Une brève montée de colère envers Malfoy le prit en repensant à ce passé, mais il était plus ouvert d'esprit maintenant, et il savait que si il avait été normal et que le Seigneur Noir lui avait donné un ordre sous peine de mort, il aurait fait de son mieux pour le mener à bien. Probablement. Quoi qu'il en soit, être raisonnable devenait fatigant.

Il atteignit un endroit où il n'était pas sûr de quel côté tourner. Il regarda dans plusieurs couloirs, incertain, puis décida finalement qu'il était temps de se séparer. Il leur donna la description du diadème, puis s'avança dans l'allée qu'il avait choisie. Il entendait les autres bouger des trucs. Il entendait le tintement du verre et le raclement d'objets lourds qu'on déplaçait.

Il continua jusqu'à ne plus pouvoir entendre les autres. Puis il le vit, et il crût avoir arrêté de respirer pendant un moment. Il était exactement comme dans ses souvenirs, et il aurait pût chanter quand il tendit les mains pour le prendre. Et dans sa joie et son excitation il n'avait pas entendu quelqu'un qui s'approchait de lui, et il se figea quand il entendit

- Pas un geste, Potter.

Il se retourna pour se retrouver face à non trois, mais deux personnes. C'était Crabbe et Goyle, et il devait avouer que c'était étrange de les voir sans Malfoy se tenant entre eux.

- Qu'est-ce que vous voulez ? Demanda-t-il impatiemment. L'Horcrux était littéralement à portée de main. Il était hors de question que ces deux idiots l'empêchent de le prendre.

- On va être récompensé, dit Crabbe avec un ton étonnement doux pour quelqu'un de sa corpulence. – On est resté, Potter. On a décidés de n'pas y aller. Décidés de t'am'ner à lui.

- Je ne m'attendais pas à ce que vous puissiez construire un plan aussi bon. Harry savait qu'il se moquait plus que d'habitude, mais il ne pouvait pas s'empêcher de ne pas être poli. – Comment êtes-vous entrés ?

- On se cachait dans le couloir, dehors, grogna Goyle. – On peut faire des charmes de Dé-lusion maintenant ! Puis, tu es apparu juste devant nous en parlant d'un dia-dum ! C'est quoi un dia-dum ?

- Vous aimeriez le savoir ? Répliqua lentement Harry, et il fut encore une fois surprit en entendant un perçant

- Lâchez vos baguettes !

C'était Malfoy, et quand ses deux anciens idiots se retournèrent, surpris, Malfoy ne réussit pas à dissimuler sa propre surprise. Sa baguette d'abaissa légèrement et sa bouche formèrent des mots qui ne sortirent pas.

- Tu travailles 'vec Potter maintenant, Malfoy ? Demanda Crabbe, ses yeux plissés. – Est-ce que tu l'aides à tr'ver ce dia-dum ?

Malfoy sembla indécis pendant un instant, puis sa résolution revint. Il abaissa sa baguette mais sa voix était calme

- Vous devriez partir.

- On 'devrait' ? L'autre répéta. – Qui s'intéresse à ce que tu penses qu'on devrait faire ? On n'est plus sous tes ordres, Draco, ton père est mort.

Il y eut un moment de silence choqué, et même Harry était surprit à la dureté de l'autre, même s'il se dit que c'était totalement infondé, vraiment. Puis, dans sa rage, Malfoy balança son bras et siffla

- Crucio. Le sort manqua sa cible juste parce que sa cible avait trébuchée quand elle avait essayée de l'éviter.

- Malfoy ! Cria Harry, énervé, et il plongea pour attraper l'Horcrux. Goyle lui envoya un Crucio et il savait qu'il avait totalement disparut de vu, même s'il n'avait activé son Innocence que parce qu'il voulait être rendu intangible. Et ce fut le cas, car le sort le traversa, et il réapparut de l'autre côté de la zone, diadème en main.

- Harry ?! Il reconnut vaguement la voix de Ron, et il ignora le cri alors qu'il sortait sa baguette avec un mouvement du poignet et lançait un sort de désarmement à Crabbe. Il manqua sa cible, mais l'autre perdit son équilibre et Malfoy le paralysa.

Harry lança le diadème dans les airs et dégaina l'épée de Griffondor de sa main droite après avoir mis sa baguette dans la gauche. Le sifflement de l'épée sortant de son fourreau était intéressant alors que le temps semblait ralentir. Puis il s'accéléra, et alors que l'Horcrux retombait, il enfonça la pointe de l'épée dans le devant du diadème, fracassant les deux contre le sol. L'Horcrux émit un cri perçant de douleur, et l'instant d'après il devait rouler sur le côté et abandonner l'épée pour éviter un autre Crucio. Elle resta plantée dans le sol, et il se releva rapidement pour la récupérer.

Il la releva dans un mouvement en diagonal que Kanda lui avait appris, repoussant par la même occasion le bouclier qui lui avait été lancé, puis l'abattit dans un autre mouvement qui envoya un autre sort brillant qui s'élança vers un autre couloir. Il vit Goyle se préparer pour lancer autre chose, mais il n'était ni rapide, ni intelligent, et du coup n'eut pas le temps de réagir quand Lavi apparut du sommet d'une pile de livres et d'autres objets. Il tomba rapidement, utilisant ses mains pour désarmer le sorcier alors qu'il atterrissait dans une position accroupit, seulement pour se redresser et tourner sur un talon, enfonçant son autre pied dans l'estomac du garçon.

Goyle fut soulevé dans les airs et ne se releva pas quand il se fracassa contre le sol. Harry se tourna vers Crabbe, une expression sombre sur le visage du garçon alors qu'il lançait un autre sortilège. La colère de Draco le rendait prévisible et trop violent, tellement que Crabbe était capable de rivaliser avec lui. Puis un autre jet de lumière arriva d'une autre rangée et Crabbe tomba durement au sol, frappé par un stupefix.

Ron et Hermione apparurent, la respiration haletante alors qu'ils s'arrêtaient près d'eux.

- Est-ce que tout le monde va bien ? S'enquit Hermione. Malfoy semblait encore avoir du mal à contenir toute la colère qui avait été relâchée.

- On va bien, répondit rapidement Harry en faisant un geste vers le diadème brisé à ses pieds. – L'Horcrux est détruit. Plus que deux.

- S'il te plaît dis-moi que tu sais où ils sont, dit Lavi en s'époussetant les mains. – Que tu as eu une sorte d'épiphanie pendant que j'étais partit.

- L'un d'entre eux est Voldemort, expliqua Harry avec un léger sourire. – Et je suis presque sûr que l'autre est Nagini.

- 'Presque sûr' ? Répéta Lavi, avant de soupirer puis hausser des épaules. – Enfin, c'est mieux que rien, donc je ne vais rien dire. Mais ça veut dire qu'on a presque finit, non ? Que maintenant on va se battre contre le Grand Méchant lui-même.

- On dirait bien. Harry grimaça à cette pensée. – Même si ce serait mieux si on pouvait éloigner le serpent.

Il ne pouvait pas voir ce qui se trouvait derrière lui ou à sa droite, mais il vit la façon dont Lavi écarquilla des yeux de surprise et quelque chose qu'il ne reconnut pas. Il se retourna avant même que les autres n'aient remarqués l'expression sur le visage de l'Exorciste, mais Lavi fut plus rapide.

Il vit le dos de l'Exorciste à peine quelques secondes avant que tout soit avalé par la lumière. Lavi fut propulsé en arrière, manquant de justesse Harry. Il tomba au sol, son corps continuant de glisser, avant d'utiliser un de ses bras et la vitesse pour faire un saut-périlleux arrière. Il atterrit sur ses pieds, glissant peut-être sur un autre mètre avant de s'arrêter.

- Qu'est-ce qu- ?! Souffla Hermione, sa voix coupant le silence, et Harry regarda derrière lui pour tomber sur un Akuma qui les observait.

Il ne savait pas vraiment les différences entre un niveau deux et un niveau trois, mais il savait que c'était un d'entre eux. Une armure le recouvrait, mais elle était aussi recouverte de tissu rouge sang. Il ne pensait pas que c'était du vrai sang, mais c'était très réaliste.

- Hehe ! Il ricana, et son apparence était presque enfantine même si il ne ressemblait en rien à un niveau quatre. – Un Exorciste !

- Je ne sais pas ce qui t'amuse autant, dit Lavi en roulant des épaules. – Tu devrais prendre tes jambes à ton cou si tu savais ce qui était bon pour toi.

- C'est parce que je vais être récompensé, il insista, comme si il voulait qu'on comprenne. – Le serpent nous a dit qu'il nous donnerait plein d'Humains pour jouer si je lui ramenais Potter. Le serpent donne plus d'humains que le Comte.

- Comment est-ce que tu as pût utiliser la magie ? Demanda Harry puisqu'ils étaient sous l'impression que les Akumas ne pouvaient pas utiliser la magie.

- Magie ? Répéta L'Akuma. – Magie ? Est-ce que c'est ce que sont ces étranges lumières ? Ça avait l'air marrant, alors j'en aie fait qui ressemblaient.

Un jet de lumière partit du bout de ses doigts et frappa une pile d'objets, mais rien ne se passa.

- Donc un illusionniste, résuma Lavi. – Oh joie.

Il se plaça à côté d'Harry qui darda son regard vers lui pour voir le rouquin faire un petit mouvement de la main. Leurs yeux se rencontrèrent pendant un bref instant, et Harry comprit.

- Bien, ça ne sera pas long. Lavi fit un clin d'œil alors que des symboles apparaissaient autour de lui. – Allez !

Harry se tourna immédiatement et cria

- A l'entrée, vite !

Ron ne mit pas longtemps à comprendre, et il attrapa Hermione pour la tirer après lui. Elle, ayant été dans des situations similaires auparavant, comprit et se mit à courir. En revanche, Malfoy n'avait pas joué suffisamment de fois avec la mort pour réagir aussi rapidement. Harry le traîna presque jusqu'à la porte avant que le blond ne recouvre ses esprits

- Goyle ! Cria-t-il. – On ne peut pas le laisser là !

- C'est vraiment le moment idéal pour découvrir ta conscience ! S'écria Ron avec agacement, mais même l'insulte n'arriva pas jusqu'à Draco. Harry gronda alors qu'il poussait l'autre garçon vers l'entrée puis s'arrêta. Il se retourna et se mit à courir vers le garçon que Lavi avait assommé plus tôt.

Quand il atteignit Goyle, il glissa un bras autour de la taille de celui-ci et plaça le bras de l'autre autour de ses épaules. Il reprit sa course, glissant ci et là. Il était presque à l'entrée quand une chaleur démentielle frappa son dos, et il secoua la tête, continuant de courir. Il ne fallut que quelques moments pour que Lavi soit de nouveau à ses côtés, passant l'autre bras de l'inconscient autour de ses épaules pour prendre une partie du poids sur lui. Leur regard se croisa de nouveau, et Lavi sourit de façon rassurante. Harry se demanda pourquoi il n'était pas rassuré – mais, en revanche, ça restait un bon signe.

Il vit la porte devant lui et se concentra sur elle. Il y était presque, il était si près. Plus que deux, et tout serait terminé. Il ignora le murmure dans sa tête qui disait que ce n'était pas deux, mais trois. Il avait d'autres choses plus importantes en tête.