Harry vit la chance lui sourire lorsqu'il pénétra dans la Grande Salle et vit que c'était bel et bien là que les blessés se trouvaient. Ils étaient alignés, et c'était seulement ceux qui avaient été assez chanceux pour pouvoir se hisser jusque-là, ou ceux qui avaient été amenés là par quelqu'un d'autre. C'est pour cette raison qu'il n'y avait pas tant de blessés ou de morts que ça, mais il savait aussi que la plupart des morts ou des blessés se trouvaient encore sur le champ de bataille.

Madame Pomfrey était là, et elle s'approcha d'eux, le visage pâle, et dû relever la tête de Percy pour voir le pire des dégâts. Ses traits étaient tirés alors qu'elle regardait, et après quelques instants hocha la tête et se détourna

- Amenez-le ici les garçons, ordonna-t-elle alors qu'elle les menait dans un coin vide. Dès qu'ils s'arrêtèrent elle appela un lit à elle où ils déposèrent Percy. Les épaules d'Harry le lancèrent dès que le poids y fut retiré, et en voyant Ron se masser les épaules avec une grimace il sût qu'il en était de même pour lui. L'infirmière amena immédiatement des potions et des baumes à elle, mais tout ce qu'elle pouvait faire était stabiliser Percy et faire en sorte qu'il survive. Une fois cela fait, elle fut obligée de le quitter pour aller aider d'autres patients beaucoup plus gravement blessés.

Fred baissa les yeux sur son frère, son expression solennelle tandis que Ron serrait les poings. Harry, quant à lui, se sentait horrible et doutait de la marche à suivre pour la suite. Une main se posa sur son épaule et il sursauta violemment. Tournant la tête, il vit Komui.

- Vous êtes encore là … monsieur ? Ajouta-t-il après un blanc, sachant très bien que l'homme se moquait éperdument du titre mais lui-même se sentait mieux en l'utilisant.

- Evidemment, répondit Komui, ses lunettes brillantes étrangement. – Et je ne suis pas le seul.

D'un mouvement de la main Harry remarqua la Matrone venir dans leur direction. Elle lui lança un regard sévère et son regard passa sur le corps de Lavi avant de se pencher sur Percy.

- Malheureusement, soupira Komui, on n'est pas d'une grande aide par rapport à Madame puisqu'on ne connait pas de magie ni leur alchimie, mais la Matrone peut au moins stabiliser certains patients qui ne peuvent pas attendre alors que la Madame est occupée autre part.

- Mais vous semblez tout de même en sous-effectifs, commenta Lavi alors qu'il regardait autour d'eux. En effet, malgré les rares étudiants qui s'y connaissaient un peu aidaient, en plus de la Matrone et de ses assistants, il restait beaucoup plus de patients qu'il n'y avait de mains.

- Est-ce que c'est Miranda ? S'enquit Harry, surprit de la voir après avoir lui aussi fait un tour de la situation. L'Exorciste se trouvait à l'écart, un petit groupe de blessés inconscients à ses côtés. On aurait dit qu'ils étaient à moitié mort, un cercle de lumière les surplombant.

- Elle n'a pas pu résister, expliqua Komui avec une ombre de sourire, suivit par un froncement de sourcils. – C'est très dur pour elle de voir autant de personnes sur le point de mourir et être incapable d'aider. Ceux qui étaient les plus blesser ou mourant ont été séparés des autres pour qu'elle puisse utiliser son Innocence. Pour eux, leur temps s'est arrêté jusqu'à que la Matrone ou la Madame puisse s'occuper d'eux.

- Elle a l'air à bout de force, observa Harry, les sourcils froncés alors qu'il regardait le visage pâle et les mains tremblantes de la femme, même si ça pouvait être aussi à cause de ce qui l'entourait ou de ses sentiments.

- Je ne sais pas combien de temps elle pourra tenir avec son Innocence agissant sur autant de personnes, sachant qu'elle est aussi sur les Exorcistes, mais je pense qu'elle va tenir le coup jusqu'à la fin.

- Je l'espère, dit Lavi, une main massant l'arrière de sa nuque. – Ce ne serait pas génial si notre 'temps' nous revenait en plein milieu du combat.

Draco et Hermione apparaissaient confus, mais Harry n'avait pas le temps d'expliquer. Elle avait toujours été fascinée par l'Innocence de Miranda, mais il ne pouvait non plus trop en dire.

- Miranda tiendra le coup, rassura Komui avec un petit sourire confiant. – Maintenant, est-ce que tu as eu de la chance pour les Horcrux, Harry ?

- Oui, confirma rapidement Harry. – On en a déjà trouvé et détruit un. Il en reste deux, dont un qui est le serpent de Voldemort, et le dernier est Voldemort lui-même.

- Tu as un plan ?

- … Pas vraiment, répondit-il avec une légère hésitation, sentant sa cicatrice le tirer légèrement. – Le serpent doit partir en premier, mais il le garde près de lui.

- Est-ce que tu sais où il se trouve ?

- Je … il fronça des sourcils. – Non, mais …

C'était plus facile que ça ne l'avait jamais été. Un moment il se tenait dans la Grande Salle parmi les morts et les blessés, et l'instant d'après il était assis dans une vieille cabane qu'il reconnut. Le passage dans l'esprit du Mage Noir s'était fait en douceur, et il sût qu'il ne s'était pas fait remarqué.

Il était assis dans une grande chaise de bois, et Nagini flottait derrière lui dans un cercle magique. Il savait que c'était pour qu'elle soit en sécurité, et reste en vie. Son regard était baissé sur un Mangemort qu'il reconnaissait vaguement – Walden Macnair.

- Allez me chercher Snape, dit-il.

- Si c'est ce que vous désirez, M'Seigneur, répliqua le Mangemort avec dévotion. – Que dois-je faire s'il contrôle encore une de ces créatures ?

- Ça n'a pas d'importance. Il fit tourner sa baguette presque paresseusement entre ses doigts. – Je me moque de ce que tu feras du moment que tu me l'amène en un seul morceau et rapidement.

- Bien, M'Seigneur. L'autre s'inclina bas, ses yeux brillant de réalisation. Il pouvait le voir, mais n'en avait cure. Que l'homme croit ce qu'il veut, c'était loin d'être son problème.

Alors que la présence de l'autre homme disparaissait de la pièce une nouvelle fois, il tourna la tête vers son serpent géant qui flottait toujours dans les airs. C'était le seul moyen pour la garder en sécurité, non seulement du Garçon et des autres, mais aussi des Akumas. Le seul, le seul, qui pouvait passer cette protection était ce foutu Noah et il n'était pas là. Il n'avait pas à s'inquiéter.

Puis Harry était de nouveau lui-même, la respiration haletante comme s'il avait couru un cent mètres. Il avait l'impression d'avoir été sourd et aveugle jusqu'à cet instant alors que les cris, les pleurs, les explosions et les éboulements retentissaient autour de lui.

- Il est dans la Cabane Hurlante, annonça-t-il aux autres. – Il vient juste d'envoyer Mcnair chercher Snape. Je ne sais pas pourquoi, mais je pense que Voldemorts va soit le tuer soit le torturer. Il a commis une erreur, je ne sais pas laquelle, et le serpent est là-bas, entouré par une sorte de protection magique.

- Il ne se bat même pas ?! S'exclama Hermione avec colère. – Il reste juste assis ?!

- Il sait que c'est inutile, expliqua froidement Harry. – Il sait que s'est nous qui iront à lui. Il sait ce qu'on cherche, et il garde le dernier Horcrux juste à ses côtés pour être certain que j'y aille.

- Ce n'est pas une bonne idée, contra Ron, la mine soucieuse. – Et si quelque chose t'arrivais avant que tu ne puisses atteindre le serpent ? C'est plutôt moi qui devrais y aller-

- Quoi ? Harry, Hermione et Draco lancèrent en même temps, même si c'était pour des raisons différentes.

- Non, tu mourras avant même de t'être approché de la bête-, lança Draco.

- Je suis tout aussi capable de le faire, c'est moi qui devrais y aller-, argua Hermione.

- Vous avez tous perdu la tête. Harry passa son regard sur chacun d'entre eux avec incrédulité. – Je suis celui qui a le plus de chances, il est hors de questions que je vous laisse y aller, ce serait du suicide !

- Je crois que vous vous y prenez de la mauvaise façon, annonça Lavi par-dessus leurs voix. – Où est cette Cabane Hurlante ?

Hermione le lui dit alors que Fred s'élançait dans un combat qui avait éclaté juste derrière les portes de la Grande Salle alors que des Mangemorts essayaient d'entrer.

- C'est pas si loin, commença Lavi quand elle eut terminée. – Et je ne crois pas que le problème soit quelle personne ira. Je pensais qu'Hermione était l'intelligence du groupe, alors pourquoi est-ce que vous n'utilisez pas vos cerveaux ?

Hermione rougit, mais Harry ne savait pas si c'était d'embarra ou de frustration. Draco semblait un peu aigrit que l'intelligence de la Née-de-Moldus ait été placée au-dessus de la sienne, mais même lui avait réalisé que ce n'était pas le moment de se disputer sur la suprématie des Sangs Purs. Ron semblait quant à lui déchiré entre être agacé par le compliment sur la femme qu'il aimait, fier à cause de ce même compliment, ou encore offensé par l'insulte. Et Harry essayait de penser à un plan, mais toutes ses idées tombaient à l'eau dès qu'elles émergeaient.

- Lavi ! Une voix appela soudain. – Harry !

- C'était Allen, le jeune homme sautant bien au-dessus de la foule agglutinée derrière les portes avant de courir vers eux. Son œil était rouge et irrité, mais aussi activé. Harry réalisa que l'autre avait dû voir sa vision forcée et était venu voir ce qu'ils faisaient.

- Allen ! Le regard de Lavi s'éclaira, et la première chose qu'il fit quand l'autre Exorciste s'arrêta près d'eux fut de demander - Comment ça se passe ? Il en reste combien ?

- C'est gérable pour le moment, répliqua le blandinet. – Ca fait une grande différence d'avoir trois Maréchaux avec nous. Je serais resté mais j'ai vu – tu vas aller LE rejoindre, n'est-ce pas ?

La question fut dirigée vers Harry, et il hocha de la tête.

- Je n'ai pas le choix. Il ne reste que lui et son serpent comme Horcrux et je dois les détruire.

- J'irais avec toi.

- Allen-, interrompit Komui, avant d'être lui-même interrompu

- Je sens la présence d'Akumas plus loin, surtout à deux endroits. On peut s'en occuper avec Lavi.

Komui hésita avant d'acquiescer avec un soupir

- Très bien. Soyez prudent.

- Bien sûr. L'autre sourit presque joyeusement, le même sourire qu'Harry pouvait maintenant reconnaître. Sourire qui le mettait mal à l'aise à chaque fois qu'il le voyait, même si ce n'était pas de la même façon que 'Black Allen'.

- Alors c'est par là. Il commença à avancer, saluant Miranda de la main quand ils la passèrent. Elle leur lança un petit sourire fatigué quand elle les vit, ses lèvres tremblantes. Lui et les autres se frayèrent rapidement un chemin jusqu'aux portes, jusqu'à qu'ils soient à quelques pas de la sortie.

L'herbe était déracinée et la scène qui se présenta devant eux était digne d'un vieux film de guerre – le sol était brûlé et de larges cratères d'explosions le parsemait. Des pierres de toutes tailles jonchaient toute la zone et il pouvait voir qu'il y avait même des tours entières qui avaient disparu, ainsi que plusieurs murs. C'était horrible à voir.

Des gens se battaient à droite et à gauche. Il y avait même des géants qui se battaient contre eux, et il réalisa que Gwarp était vraiment petit pour un géant. Il fut surprit de voir qu'il y avait des centaurs qui se battaient à leurs côtés.

Ils ne purent pas avancer longtemps après peut-être dix pas de l'entrée, une explosion retentie juste en face d'eux. Harry se sentit soulevé dans les airs et propulsé en arrière. Il se dit qu'il devrait s'y être habitué depuis le temps, mais à sa surprise, la panique qu'il ressentit, ainsi que le picotement des brûlures étaient toujours aussi terrifiant qu'avant. Il garda les yeux fermés et ses bras devant lui, couvrant son visage et transférant plusieurs brûlures sur ses avant-bras plutôt que sa figure.

Il sût quand il atterrit quand sa tête rencontra la dureté de la pierre et que sa respiration fut coupée par le sol en dessous de lui. Il lui fallut plusieurs longs moments avant que sa vision ne s'éclaircisse et qu'il reprenne sa respiration. Quand il y arriva il remarqua qu'il avait été projeté assez loin.

Allen était déjà debout et regardait le ciel avec une expression inquiète. Un regard lui dit qu'il n'avait aucune idée de ce que l'autre voyait, et il se releva pour chercher les autres.

Ils avaient tous été projetés dans des directions différentes, et Hermione était inconsciente. Alors que Ron était avec elle et s'inquiétait et que Malfoy était penché sur l'angle étrange que faisait une de ses jambes, Lavi vérifiait leur état. Soulagé que ses amis aillent bien, même s'il s'en voulait un peu pour la jambe cassée de Malfoy, il reporta son attention sur Allen qui n'avait pas bougé. En revanche, son visage était maintenant extrêmement pâle et ses yeux étaient écarquillés. Il semblait nauséeux et faible sur ses jambes.

- Allen ? Appela-t-il doucement. – Allen, qu'est-ce qu'il y a ?

La tête blanche trembla légèrement, et c'est là qu'il le sentit. Au début ce n'était qu'un vent froid banal, puis il vit les capes noirs qui se dirigeaient vers eux, et rapidement. Ce fut comme si sa vision se rétrécissait, comme s'il était dans un tunnel et pourtant il ne s'était pas cogné la tête si fortement. Il avait même l'impression de voir son espoir et sa détermination lui échapper par ce tunnel.

Les Détraqueurs continuaient de s'approcher et Harry essaya encore et encore de lancer un Patronus. Il n'avait même pas réalisé qu'il était tombé à genoux, son esprit continuant d'essayer de lancer le seul sortilège qui pouvait repousser ces créatures. Ils approchaient de plus en plus, de plus en plus près, jusqu'à que leurs manteaux ne glissent sur le sol quelques mètres plus loin.

Allen hurla, soudainement et de manière terrifiante. Pendant un instant il se revit lors du combat où Allen s'était empalé sur sa propre épée, ce qui n'aurait dût avoir aucun effet. Mais ça en avait eu. Le cri qu'il avait poussé alors était digne d'un cauchemar, et celui de maintenant était encore pire.

Il se retourna, ses yeux écarquillés, sa vision revenant à la normal même si elle était encore un peu noir sur les bords. Allen était sur le sol, à genoux, ses mains enserrant sa tête. C'était comme s'il avait une crise avec quelqu'un dans sa tête, ou qu'il était dans le corps de quelqu'un d'autre, mais Harry n'avait aucune idée de ce qu'il se passait vraiment. Et alors qu'il le regardait, il sentit toutes ses émotions positives lui être arrachées violemment.

Sa confiance et son espoir envers les Exorcistes s'effaçait pourquoi devrait-il croire en une organisation qui était aussi étrange ? Sa détermination, le fait qu'il ferait ce qui devrait être fait quand le moment sera venu Et si il allait se cacher dans un endroit reculé ? Peut-être même avoir une vie normale ? Sa joie à voir tout le monde c'est à cause de lui qu'ils étaient en train de se battre, et mourir. Le fait qu'il appréciait secrètement qu'il y a autant de personnes qui croyaient en lui remplacé par sa peur de les décevoir.

Il se sentait faible. La peur et la tristesse irrationnelle qui le consumait n'était pas naturelle, elle n'était pas censée être là. Il essaya de se souvenir de toutes ses raisons et de tous ses amis, mais tout ce qui lui revint était négatif. Son manque de famille, la mort de toutes les personnes autour de lui, la perte de son parrain, et de Moody, et de tous les autres. Tous les mensonges et le désespoir qui l'avait un jour entouré se retrouva amplifié, augmentant sa propre colère ainsi que sa peur et da dépression. Des larmes s'accrochaient à ses cils et il pouvait voir le chemin – il ne faudrait pas longtemps maintenant, non, pas longtemps avant qu'il ne perde connaissance.

Allen criait toujours, criait jusqu'à que sa gorge se déchire. C'était un son horrible qu'Harry n'avait jamais entendu, n'avait jamais voulu entendre, et il pria pour ne jamais avoir à l'entendre de nouveau. Une pensée lui traversa l'esprit – sa vie avait été plutôt horrible, mais qu'en était-il d'Allen ? C'était un signe de résistance le fait qu'il puisse s'inquiéter pour quelqu'un d'autre.

Lavi cria quelque part derrière lui, et il ne pouvait qu'espérer que lui et Ron aillent bien. Puisqu'il n'y avait aucun Patronus autour d'eux, il était lui aussi tombé sous la coupe des Détraqueurs.

Puis Allen s'arrêta. Il ne bougeait plus, ne semblait même plus respirer. L'instant d'après il releva la tête, son expression plutôt calme et étrange sur son visage.

Et ses yeux étaient dorés.

Ce n'était pas sa couleur naturelle. Et la couleur des yeux d'une personne ne change pas d'un seul coup, pas sans une très bonne raison, et Allen n'avait aucune de ces raisons. Le seul autre moyen, couleur incluse, était quelque chose qu'il ne reconnaissait que les Noahs. Mais un Noah ne pouvait pas être un Exorciste c'était physiquement impossible.

N'est-ce pas ?

Les Détraqueurs s'arrêtèrent. Leurs formes mouvantes semblaient presque hésitantes. Harry n'avait jamais vu les Détraqueurs hésiter. Ses yeux ne se détachèrent pas de la scène alors qu'Allen tournait ses yeux dorés vers ceux du Détraqueur le plus proche. L'Exorciste pencha lentement la tête sur le côté.

Puis une forme argentée passa devant lui. Le patronus d'Hermione, accompagné quelques secondes après par celui de Ron. Il coula un regard en arrière et vit un Ron et une Hermione pâle et tremblants et dont les yeux étaient rivés sur Allen.

Il reporta son attention devant et sursauta presque quand il vit le regard d'Allen sur lui. C'était étrange, et il ne pouvait vraiment pas reconnaitre l'autre dans ces yeux. Allen était une personne unique et pure, et ces yeux ne collaient pas à cette personnalité. Puis le garçon pencha sa tête sur le côté, ses mains la serrant de nouveau et poussa un petit cri.

- Je … ne suis … pas ! Murmura-t-il avec force. – Je suis … Allen Walker !

Qu'il ait besoin de se rappeler qui il était inquiéta Harry. Il ne voulait pas l'admettre, mais ce bref aperçu d'une autre personne, parce que ça ne pouvait être que ça, l'avait effrayé. Ça lui avait envoyé des frissons et des sueurs froides parcourir ses os jusqu'à qu'il en ait la chair de poule et que son corps soit plus froid qu'il ne l'avait jamais été.

Il était assez près pour toucher l'autre et malgré le sentiment qu'il devrait, qu'il devrait faire quelque chose, il n'arrivait pas à tendre le bras. Son esprit n'était pas encore revenu à la normale et ses émotions étaient encore mélangées à l'intérieur de lui, s'organisant trop lentement à son goût. Il se sentait mal et ne savait plus vraiment comment opérer.

Puis il entendit des cris et vit les balles d'Akumas juste à temps. En revanche il n'avait pas le temps de réaction nécessaire pour pouvoir faire autre chose que tressauter. Heureusement pour lui il y avait ceux qui en étaient capable, et il se retrouva dans les airs lorsqu'Allen l'agrippa pour sauter dans un endroit sûr. Incapable de dissimuler son inquiétude, il appela doucement

- Allen ?

- Je … L'autre baissa son regard vers lui, ses yeux et son expression revenue à la normale, même si son sourire semblait fatigué. – Ca va aller.

Ce n'était pas quelque chose dont quelqu'un pouvait se remettre comme ça. Il voulait râler et exiger la vérité, mais quelque chose en lui l'en empêchait. Bien qu'il n'ait jamais vraiment été au cœur du monde de la Congrégation de l'Ombre et des Noah, il n'aimait pas ceux-ci. L'idée qu'Allen puisse en être un n'était pas réconfortant en fait, c'était carrément horripilant. Il ne savait pas quoi penser. Il voulait prétendre que rien n'était arrivé, mais il savait, et il savait qu'Hermione avait vue quelque chose, même si ce qu'elle avait vu exactement restait un mystère.

Ils touchèrent le sol juste au moment où l'Akuma explosait et qu'un homme de descendance Mexicaine à la carrure imposante et portant une espèce d'énorme arme édentée atterrissait non loin d'eux.

- Pathétique ! Cria l'homme par-dessus son épaule. – Surveillez vos arrières ou dégagez ! Ça en fera plus pour moi !

Il rit bruyamment et d'une façon qui ne collait pas avec quelqu'un qu'on voudrait rencontrer en plein milieu de la nuit. L'instant d'après il retournait dans les combats.

Harry tourna la tête vers Allen. Le jeune homme était encore pâle, mais à part ça semblait être revenu à la normale. Il regarda derrière pour voir que Lavi avait couvert les autres lors de l'attaque, et avait manqué le plus gros de l'échange. Le plus gros. Harry reconnu le regard chez l'autre qui montrait l'instant où il était plus Bookman que Exorciste, et c'était un de ces moments.

- Tu en es sûr ? Il demanda un moment plus tard. – Tu n'as pas arrêté de te battre depuis un moment déjà, tu devrais peut-être faire une pause.

- Je n'ais pas le temps de m'arrêter, sourit une nouvelle fois Allen. – Ca va aller. Je le promets. Concentre-toi sur ce que tu dois faire.

Alors c'est ce qu'il fit. Il rassembla rapidement les autres pour voir les dégâts, mais pas avant qu'ils ne se soient écartés des combats et dissimulés des autres. Le pire était la jambe de Malfoy, qui était au moins cassé au niveau du tibia. Ils ne pouvaient pas faire grand-chose mis à part le remettre en place, et Hermione fit en sorte de lancer la guérison ainsi que diminuer la douleur. Elle avait étudiée des sorts de guérison pendant son absence, mais tout ce qu'elle pouvait faire était de déclencher la guérison. Ses connaissances étaient moindre pour les os brisés, n'ayant jamais pensées qu'elle ait besoin de s'occuper de graves blessures, si ce n'est de blessures du tout.

Ils pensèrent à ramener l'autre dans la Grande Salle, mais ils n'avaient pas le temps. A un moment dans la discussion Harry commença à plonger sporadiquement dans des visions, des visions qui ne duraient souvent qu'un instant. Il faisait de son mieux pour s'en échapper, mais il ne pouvait pas faire grand-chose. Allen était tout aussi désorienté que lui par les changements continuels d'environnements. Au final il dût être porté par Lavi tandis que Malfoy était supporté par Ron, tout en détestant chaque instant.

Harry avançait entre les deux, surtout pour pouvoir avoir un minimum conscience de ce qu'il se passait autour de lui.

Il vit l'échange entre Snape et Voldemort avec une résignation lasse. En revanche ça lui permit de se concentrer, parce qu'il apprit que Voldemort croyait que Snape était le maître de la Baguette de sureau parce qu'il avait tué Dumbledore. Pour le Seigneur Noir, le seul moyen de rectifier cela était de tuer Snape.

Il s'échappa de la vision un instant pour voir Allen détruire les Akumas qui protégeaient l'entrée du Saule Cogneur. Puis il était de nouveau aspiré, écoutant l'échange et redoutant à quoi il aboutirait. Et il avait raison, Snape mourra, mais pas de la manière dont Harry avait imaginé.

Non, ce fut par Nagini qui enfonça ses crochets dans le cou du maître des potions, son sang projeté partout lorsque le serpent relâcha l'homme qui tomba au sol. Il revint à lui-même et vit qu'ils étaient dans un tunnel, rampant à travers sur les encouragements de Lavi qui se trouvait derrière lui.

Il observa le visage mourant de Snape pendant un ou deux instants avant de se détourner et de partir, Nagini derrière lui, une sorte de soulagement le prenant à l'idée que c'était enfin sien.

Puis quelqu'un tirait sur son pied et il réalisa qu'ils avaient atteint le bout du tunnel, et qu'il y avait un énorme container qui bloquait la sortie. Il attendit un moment avant de donner le signal de le bouger.

La pièce était exactement la même que dans sa vision. Elle était sombre et toutes les issus étaient condamnées, toutes sauf une fenêtre, et Snape était allongé sur le sol, mourant alors qu'il tenait son cou d'une main pour essayer d'empêcher le sang de couler. Harry se tenait devant lui avec une sorte de curiosité morbide. Il avait eu des suspicions à propos de l'autre homme, même s'il ne l'avait jamais apprécié, il l'avait même détesté à un moment donné. Il regarda les yeux de l'autre s'écarquiller alors qu'il le reconnaissait.

- Prend … le, essaya de dire l'homme alors qu'une substance argentée commençait à couler en même temps que son sang. – Prend … le …

Hermione lui tendit une flasque et il utilisa sa baguette pour mettre le liquide dedans. Il savait ce que c'était, mais il n'aurait pas pensé à conjurer un flacon, et devra se rappeler de remercier Hermione plus tard. Il se devait de mettre la substance à l'intérieur, tout, jusqu'à que le flacon soit remplit au maximum. Il regarda le sang s'écouler des plaies et se demanda quelle quantité il en restait quand Snape agrippa faiblement ses robes et tira :

- Regarde … moi, murmura-t-il. Leurs regards se rencontrèrent, et les yeux noirs se perdirent dans ceux verts de Harry. Il ne savait pas ce que l'autre cherchait, et il ne pouvait qu'espérer qu'il l'avait trouvé car quelques instants plus tard ces yeux noirs perdirent quelque chose et s'éteignirent jusqu'à se vider de tout. La main qui tenait ses robes lâcha sa prise et tomba au sol dans un bruit mat. Snape était mort.

Il resta agenouillé pendant de longues minutes sans vraiment savoir ce qu'il ressentait. Tout ce qu'il savait était qu'il avait l'impression d'être une grande pelote de laine, sauf qu'à la place de la laine se trouvait ses émotions, toutes emmêlées et emberlificotés. Puis une froid froide résonna dans la pièce, les faisant tous sursauter, les Exorcistes se mettant immédiatement sur leurs gardes.

- Vous avez bien combattus. Le Seigneur Voldemort sait reconnaître la bravoure, dit la voix, aiguë et glaciale et intense. – Et pourtant nombreuses ont été vos pertes. Si vous continuez de me résister, vous mourrez tous, un par un. Ce n'est pas mon souhait. Chaque goutte de sang magique est une perte et un gaspillage.

Harry ravala sa colère et sa haine.

- Le Seigneur Voldemort est miséricordieux. J'ordonne à mes troupes de se replier. Vous avez une heure. Disposez de vos morts avec dignité. Soignez vos blessés.

- Je m'adresse maintenant à toi, Harry Potter. Tu as permis à tes amis de mourir pour toi au lieu de me faire face toi-même, te cachant derrière tes nouveaux gardes. J'attendrais une heure dans la Forêt interdite. Si, à la fin de cette heure, tu ne viens pas à moi, alors la bataille reprendra. Cette fois, je participerais, Harry Potter, et je te retrouverais, et je punirais chaque homme, femme, et enfant qui voudra te cacher à moi. Une heure.