Le retour au château se fit dans le silence le plus total. Il n'y avait pas d'Akumas, et Allen en semblait soulagé. Harry se dit qu'il fallait une grande concentration pour contrer les visions qu'il recevait plus tôt, parce sinon comment l'Exorciste avait fait pour se battre en même temps ?
Hermione et Ron étaient trop perdus dans leurs pensées pour faire la conversation. Ils n'avaient pas vus la cause réelle de la mort de Snape, mais ils l'avaient vu mourir, et c'était suffisant. Cet homme, malgré la haine qu'ils pouvaient avoir contre lui, avait été leur professeur pendant de longues années. Malfoy était peut-être celui qui était le plus sous le choc. Il était encore plus pâle après avoir reçu la confirmation à sa question comme quoi c'était bien Voldemort qui avait tué Snape, il s'était emmuré dans le silence et n'avait pas parlé depuis. Lavi semblait comprendre que trop bien que ce n'était pas le moment pour parler, et donc continuait de surveiller les alentours, juste au cas où.
Les géants et les centaures avaient disparu et le sol qui entourait le château était jonché de morts. Un Tempus lui annonça que le soleil se lèvera dans un peu moins d'une heure, mais le ciel restait aussi noir qu'il l'avait été à minuit. Après les heures de cris et d'explosions Harry avait l'impression d'être devenu sourd maintenant que le silence régnait. C'était comme si le monde était devenu silencieux le sol n'était plus terrain de hurlement, de cris ou de pleurs, et toutes les explosions et les lumières avaient stoppées. Les dégâts sur le château était désastreux : des murs entiers avaient disparus, une tour manquait tandis qu'une autre avait été à moitié détruite, et l'intérieur était en aussi piteux état. Les sabliers qui contenaient les pierres précieuses, témoins des Points de Maison étaient fissurés et semblaient attendre le moindre coup pour se briser. Toutes sauf une celui de Serpentard était déjà détruit, des émeraudes jonchant le sol et faisant glisser ceux qui ne faisaient pas attention. La rampe avait disparue, le bois et le marbre réduits en morceaux éparpillés sur le sol.
Ils savaient que les survivants avaient probablement été emmenés dans la Grande Salle puisqu'ils n'avaient croisés aucun blessé et que c'était le seul endroit possible, mais Harry hésita. Il ne voulait pas voir qui était mort pour lui. Il pouvait encore entendre les mots de Voldemort dans sa tête et il ne pouvait pas s'empêcher d'avoir peur de ce qu'il allait trouver.
Lavi sembla se fatiguer de les attendre car il les dépassa et entra dans la Grande Salle, son œil grand ouvert. Il sembla remarquer quelque chose car il se dépêcha d'entrer, ce qui ne fit que rendre Harry encore plus nerveux. Ron fut le second à entrer, Hermione agrippant le bras de Harry pour qu'elle la suive, ce qui, évidemment, voulait dire que Malfoy était obligé de suivre car il l'aidait toujours pour marcher.
Toutes les Tables de Maison avaient été enlevées il n'y avait pas la place pour elles. La salle était bondée par les survivants. Les morts avaient été mis en ligne au centre de la pièce et les blessés se trouvaient sur une grande plateforme, Madame Pomfresh, la Matrone et un large groupe d'aides s'occupant d'eux.
Les Exorcistes n'étaient pas loin et étaient une vue impressionnante. Aucune blessure apparente ne les marquait rien mis à part l'état parfois déplorable de leurs uniformes. C'était presque irréel de voir Lenalee dans son uniforme rouge et noir presque en lambeaux en train de discuter calmement avec son frère dont la blouse de labo était immaculée. Krory était peut-être celui qui avait le plus besoin d'un change. Harry pouvait entendre d'autres survivants qui n'étaient pas suffisamment blessés pour se trouver sur la plateforme murmurer à propos de ces Exorcistes qui semblaient avoir guéries beaucoup trop rapidement. Le seul Exorciste qui n'avait pas été touché par la violence et les blessures était Miranda, et Marie était en train de s'occuper d'elle. Elle tremblait et était visiblement à être au bout de ses forces parmi les blessés et les morts.
Après un moment Harry amena Draco à la plateforme et l'y fit monter avec l'aide d'Allen. La Matrone se dirigea vers eux, leur dit où allonger Malfoy avant de leur lancer un regard dur tout en hochant la tête avant de repartir.
Ensuite il approcha le groupe des Weasley qui étaient regroupés autour du lit de Percy. Il avait été traité du mieux qu'ils pouvaient à ce moment, mais il semblait tout de même avoir de la fièvre. Mme Weasley sanglotait, même si elle essayait de se calmer, et Mr Weasley pleurait silencieusement alors qu'il tentait de calmer sa femme. Hermione avait déjà commencé à réconforter Ginny qui se retenait admirablement, et Ron serrait les poings, agenouillé près de son grand frère. Harry vit que, à côté de Percy, George avait un énorme bandage autour de sa tête.
- C'est marrant, murmurait Percy alors qu'Harry se rapprochait. – Que juste quand je commençais à voir, je perds la vue. Percy laissa échapper un rire étouffé et douloureux. – Que j'étais aveugle et que maintenant je le suis vraiment-
- Ne parle pas, supplia Mme Weasley entre deux pleurs. – Ça ira, tu verras ! Tu vas retrouver la vue ! Ils découvrent des remèdes miraculeux de nos jours, tu sais-
- Chérie. Interrompit doucement Mr Weasley, ce qui ne fit que la faire pleurer encore plus. Harry lui-même ne savait pas à quel point la magie pouvait soigner, mais il ne pouvait s'empêcher de penser que ce n'était pas possible. Maintenant que la blessure avait été nettoyée et que les saignements avaient stoppés, il pouvait voir qu'il manquait vraiment un œil. L'autre était dans un tel état que ce n'était qu'un amas de tissus et de veine qui n'étaient plus connectées à rien du tout. Ce fut Fred qui plaça un tissu par-dessus l'œil quasi-inexistant pour que les dégâts ne soient pas aussi visibles, mais ça ne donna que l'impression que la personne était morte, et non seulement blessée.
- Allen ! Appela Lenalee. – Harry !
Harry se retourna et vit la jeune femme leur faire signe, son visage grave. Il apperçu Lavi juste derrière elle en train de parler avec Bookman, son expression sérieuse. Il ne lui fallut qu'un moment pour décider de la rejoindre il ne pouvait plus supporter de voir les Weasley ou entendre les gémissements de toutes les personnes blessées autour de lui. A chaque secondes qui passait il espérait ne pas tomber sur quelqu'un qu'il connaissait, mais c'était l'opposé.
Alors qu'il avançait il vit d'autre personne allongée, la plupart des élèves avec qui il était allé à l'école avec ces sept dernières années. Il avait été en classe avec eux et dans certains cas avait même partagé un dortoir avec eux. Des personnes qu'il avait vues tous les jours pendant les trois quart de chaque année ces six dernières années. Il se souvenait de l'air innocent qu'ils avaient portés en première année, et pouvait voir maintenant leurs regards tournés vers lui, plein d'admiration ou de tristesse.
Il remarqua que tout le monde s'écartait du groupe d'Exorcistes. Personne ne savait comment les traiter ou quoi penser d'eux, et, bien que les Exorcistes soient pour la plupart sympathiques, eux-mêmes ne savaient pas quoi penser d'eux. Qu'il les approche et soit accepté dans ce groupe à l'apparence distant et inapprochable fut observé par surprise. Il fut presque tiré dans le groupe, et il fut assaillit de questions sur sa santé et de sourire sombres.
- Comment tu te sens ? S'enquit Lenalee avec un regard tellement inquiet qu'Harry se sentit mal à l'aise, même s'il était trop fatigué pour vraiment le remarquer.
- Je ne veux pas en parler, répliqua-t-il fermement en passant une main sur son visage.
- D'accord, dit-elle, comprenant ce qu'il ressentait alors qu'elle essuyait de la main une trainée de sang qui avait coulée sur sa joue. – Et si tu t'asseyais pour te reposer un peu ?
Il appréciait vraiment qu'elle accepte sans difficulté son malaise sur le sujet et ne s'arrête pas dessus, et qu'elle n'était pas la seule. Il pouvait voir les visages autour de lui, curieux et inquiet, se transformer pour montrer de la compréhension et de la patience.
- Toi aussi Allen, ajouta-t-elle avec un froncement de sourcil. – On dirait que tu vas tomber à la seconde.
- C'est faux, dit Allen en faisant la moue. – Je vais bien, vraiment-
Son regard noir le coupa et il rit honteusement. – D'accord, peut-être une minute.
Malgré ses dires il apparut soulagé quand il s'asseya sur la chaise que Tiedoll lui mit derrière lui. Harry aurait souri si ses épaules n'avaient pas semblées être si lourdes et qu'il n'avait pas l'impression que son visage allait se craqueler si il essayait. Il était si fatigué. Une fatigue que l'on ressentait dans ses os, le type qui vous prenait le corps et s'appuyait sur votre esprit pour ne plus repartir. Il se laissa tomber sur sa chaise, se penchant sur le côté de la chaise d'Allen et soupira.
C'était agréable de juste s'assoir pendant un moment, mais quand il ouvrit les yeux il vit que beaucoup de personnes le regardaient. Ce n'était pas agréable comme sensation, et la plupart se détournèrent rapidement quand ils réalisèrent qu'il les avait vus. Il croisa le regard de Ginny un peu plus loin et remarquer son regard triste qui le regardait et le connaissait de fond en comble. Il l'avait toujours appréciée avant, sa personnalité et son apparence, tout. Et il l'avait toujours comprit aussi, mais cette fois il ne comprit pas son regard. Il était, accusateur en quelque sorte, mais pas dans le sens où elle l'accusait pour tout ça il la connaissait suffisamment pour le savoir. Elle ne lui en voudrait jamais pour ça. C'était comme si il y avait un mur invisible entre eux. Il se demanda quand est-ce que la cause ce mur avait changé de Voldemort à cette chose qu'il ne reconnaissait pas.
- Miranda ?
Il détourna son regard et cilla quand il vit Miranda, éreintée, se tenant devant lui et Allen. Alors qu'Allen se leva rapidement et lui tendit une main pour la soutenir, Harry lui mit un peu plus de temps pour se relever. Maintenant qu'il avait eu une chance de se reposer et de se calmer, ses muscles commençaient à le brûler et rendait la tache de bouger difficile.
- Je suis désolée, dit Miranda, son sourire ainsi que sa main tremblant alors qu'elle la tendait. Surprit, Harry prit la main dans la sienne et avança avec une expression surprise. Puis soudain toute la douleur qu'il ressentait s'évapora, comme si il venait de se réveiller d'une sieste qui avait fait des merveilles. La vague douleur dans sa tête, les élancements dans son corps et la brûlure derrière ses yeux disparurent alors que Miranda tombait en arrière avec un soupir satisfait.
Surprit, il aurait tendu la main pour essayer de la retenir mais Marie le fit immédiatement. Harry se dit que l'autre s'y était attendu et était donc prêt à agir. Elle tremblait toujours, et elle semblait encore plus faible qu'avant. Elle essaya de rester debout par elle-même mais il était clair qu'elle n'y arriverait pas Marie la souleva comme une mariée sans efforts.
- Miranda, dit doucement Allen en posant une main sur le front de la jeune femme. – Tu n'avais pas besoin de faire ça. Un peu de repos aurait suffi. Est-ce que tu peux tenir le coup ?
Elle hocha difficilement de la tête, ses yeux brillants de larmes alors qu'elle répliquait - Mais, Allen, je ne veux pas voir mes amis souffrir. Elle regarda par-dessus son épaule vers Harry. – Si je peux la prendre, même pour un moment …
- Tu as bien fait, assura-t-il, son sourire radieux, et Harry réalisa qu'elle le regardait toujours, peut-être inquiète pour lui aussi. Il avança et pencha la tête en avant, toujours incapable de sourire mais il était au moins capable de la rassurer.
- Merci, dit-il presque solennellement. Elle les observa pendant un moment avant de hocher de la tête et permettre à Marie de la ramener vers le mur où il la déposa pour s'occuper d'elle.
Il remarqua que plusieurs sorcières et sorciers avaient notés l'échange. Ils semblaient pour la plupart impressionnés et curieux de la relation qu'il entretenait avec les Exorcistes.
- Qu'est-ce qu'elle a fait ? Demanda-t-il à Allen, ayant l'idée de base sur le fonctionnement de son Innocence mais sans plus.
- Elle a pris notre 'temps', répondit Lenalee. – Elle se l'est approprié, nous laissant dans notre meilleur état. Le problème, c'est qu'elle ne peut le retenir qu'un certain temps – au final elle devra le rendre, et ça veut dire que toutes les blessures et la fatigue et tout le reste nous reviendra en plus des blessures qu'on aura plus tard, alors soit très prudent.
- C'est plutôt pratique, commenta-t-il pour lui-même.
- Ça l'est, agréa-t-elle.
Avec cette énergie retrouvée il décida de regarder un peu mieux autour de lui. Il dû prendre son courage à deux main rien qu'à penser à ce qu'il pourrait trouver, mais un seul regard lui dit que c'était peine perdue.
Il vit Remus Lupin et Tonks, côte à côte et avec une expression si calme sur leur visage qu'on aurait dit qu'ils dormaient et qu'ils pourraient se réveiller d'un instant à l'autre. Un peu plus loin se trouvait Cho Chang, plusieurs Serdaigle autour d'elle la pleurant. En plus des morts se trouvaient beaucoup de blessés, et plusieurs devait forcément manquer, victimes du poison des Akumas.
Le coup avait été violent, et il sentit le poids s'alourdir sur ses épaules – Lupin, Tonks et même Cho étaient maintenant partis, et il ne les reverrait plus jamais. Ils ne seront pas là pour discuter ou se disputer avec lui, ils ne seraient plus là pour rien du tout.
Il se fichait complètement de savoir si quelqu'un le regardait. Il se glissa hors de la Salle pour prendre un peu l'air et être seul un moment, quelque part où il n'aurait pas une multitude d'yeux rivés sur lui. Mais c'était comme si le poids de leurs regards passaient à travers les portes, brûlant le bois et la pierre et le suivant alors même qu'il traversait le hall dans l'espoir de s'en dégager.
Il ne pensait pas que ceux qui étaient important pour lui avaient remarqués son départ. Allen était en train de discuter calmement avec Lenalee et Lavi n'avait pas quitté Bookman depuis qu'il avait pénétré dans la Grande Salle. Il n'avait plus vu Kanda depuis qu'ils s'étaient séparés la première fois, et il devait bien admettre qu'il commençait à s'inquiéter un peu pour lui.
Son intention d'origine qui avait été de juste s'éloigner des regards se transforma en besoin de partir complètement. Il se rendit dans le bureau de Dumbledore, sachant très bien qu'il y avait une pensine dedans et espérant voir ce que Snape tenait absolument à ce qu'il voit. Il ne connaissait pas le mot de passe quand la gargouille le lui demanda, et il énuméra à la place tout ce qui lui traversait l'esprit jusqu'à avoir trouvé le bon. Ce fut plus facile qu'il ne l'aurait pensé – son second essai, Dumbledore, était correct.
Chaque portrait dans le bureau était vide, leurs habitants ayant très certainement changés de tableau pour mieux voir ce qu'il se passait dans le château. La pensine se trouvait là où elle avait toujours été, placée sur l'étagère. Il la souleva jusqu'au bureau puis versa les souvenirs de Snape dedans, se préparant autant que possible avant de plonger.
Il regarda les souvenirs avec une horreur et une tristesse grandissantes. Ce n'était presque rien au début – seulement un petit garçon portant des vêtements beaucoup trop grands pour lui en train de regarder Lily Evans et sa sœur derrière des buissons. Harry observa sa mère, plus jeune que lui dans ce souvenir avec attention. Il la regarda rire de joie alors qu'elle lâchait la balançoire et s'envola, atterrissant bien plus loin et bien plus doucement que la normale, Petunia la grondant pour avoir fait ça. Il vit comment Snape se révéla par accident et essaya de réparer cela en s'exclamant qu'il était clair que Lily était une sorcière et que sa mère en était une aussi, et que lui était un sorcier. Pétunia ne le crû pas un instant, contrairement à Lily. Mais elle suivit sa sœur avec un regard noir quand Snape l'insulta.
Le souvenir suivant montrait Snape en train de parler du Monde Magique et du Ministère à Lily alors qu'ils étaient assis au pied d'un arbre. Lily semblait fascinée par cette discussion et Harry pouvait comprendre. Il pouvait voir les sentiments de Snape, visible pour tous puisqu'il n'était pas très subtil et ne savait visiblement pas comment l'être. Il apprit qu'apparemment les parents de Snape se disputaient souvent. Puis Pétunia apparut dans leur petit coin en trébuchant, son visage rouge à être vue en train d'espionner et, dû à la colère de Snape aux insultes de l'autre visant sa personne, la branche au-dessus d'elle craqua et tomba sur son épaule, la faisant fuir en pleurant.
Il vit leur première visite sur le quai neuf trois quart, ainsi que la première fois où Pétunia leur 'espèce' des abérations. Il apprit que, tout ce temps, elle n'avait été que jalouse, qu'elle avait envoyée une lettre à Dumbledore pour le supplier de changer d'avis, demande qui fut poliment refusée.
Puis vint le voyage par le train, Snape parlant avec Lily et espérant qu'elle serait chez les Serpentard, suivit des mots dur de James Potter. Harry vit aussi Sirius, et le début de l'amitié presque légendaire, ainsi que la première fois où ils l'appelèrent 'Snivellus'.
Il vit la répartition de tout le monde – Lily, Snape, Pettigrew, Lupin, et bien évidemment, James.
Il vit le début de longue dispute. Elle n'aimait pas les personnes qu'il fréquentait, et elle détestait James et son groupe. Harry fut surprit de voir ce qui ne pouvait être qu'une profonde amitié, une qu'il n'avait jamais sût existait. Surtout pas entre sa mère et l'homme qui avait toujours semblé le détester. Snape réussi de justesse à éviter de détruire cette amitié, mais ses sentiments pour elle était toujours bien présents.
Il regarda un autre souvenir qu'il connaissait bien, celui où son père et Sirius humiliaient Snape devant plusieurs élèves et lorsque Snape appelait sa mère 'Sang-de-bourbe' en criant. Le souvenir suivant le montrait en train d'essayer de s'excuser, menaçant d'aller jusqu'à dormir en face de l'entrée de la tour des Griffondor. Ce fut le coup final – Lily ne voulait plus rien à voir avec Snape Snape, désespéré, triste et pitoyable et visiblement brisé par la décision de la jeune femme.
Mais c'est à partir de là que les souvenirs commencèrent à horrifier Harry ils lui montraient un aspect de Dumbledore qu'il n'avait jamais vu. Il vit Snape supplier pour la vie de Lily après qu'il ait révélé la prophétie à Voldemort, supplier Dumbledore de la sauver, presque à genoux avec ses supplications. Harry n'avait jamais vu l'homme aussi émotif et désespéré, ni Dumbledore être aussi froid et impardonnable. Il vit du dégoût et admit même que Snape le répugnait. Harry devait admettre que, même si le fait que Snape se moquait totalement de la vie d'Harry et de celle de James n'était pas en sa faveur, il ne pouvait pas en vouloir à l'homme non plus.
Puis arriva le moment où Snape apprit la mort de Lily. Elle avait quittée ce monde, mais Harry avait survécu. Il était désemparé. Il pleura, ses larmes réelles et lourdes d'émotions. Peut-être qu'il ne l'avait pas vu dans son état de détresse, mais Harry pouvait clairement voir le Directeur manipuler l'autre homme et lui tirer la promesse de protéger l'enfant de la femme qu'il aimait, utilisant son amour contre lui.
La suite montra le rapport sur ce qu'il pensait d'Harry en première année, et, évidemment, rien de bon ne fut dit. Puis le rapport sur la Marque Noir de Igor Karkaroff après le Bal d'Hivers, et le commentaire coupant de Dumbledore sur la répartition qu'il pensait des fois se faisait trop tôt. Puis Snape réprimandait le vieil homme pour avoir mis l'anneau de Marvolo Gaunt, et le sort qui raccourcissait sa vie à une année au mieux. Dumbledore fit ensuite promettre à Snape de le tuer de ses propres mains au lieu de laisser Draco Malfoy le faire. Promesse qui fut suivit par Snape s'exclamant que l'autre ne lui faisait pas confiance, demandant les mêmes informations que Harry avait reçues.
Puis il vit enfin la vérité, la vérité qu'il avait recherché depuis si longtemps il devait mourir, qu'il était vraiment un Horcrux de Voldemort et qu'il devait mourir de sa main, que c'était ce qui était prévu depuis le moment même où la prophétie avait été faite. Que Dumbledore avait sût depuis la première année de Harry qu'il l'enverrait trouver les Horcrux et que Dumbledore mourrait en essayant.
Snape était aussi choqué que lui, outré d'apprendre que tout ce qu'il avait fait était pour rien et que l'enfant de Lily allait tout de même mourir. Dumbledore l'accusa de tenir à lui, mais Snape révéla un secret – tout ce qu'il avait fait, c'était pour Lily. C'était évident, mais il avait aussi des preuves. Avec un cri d'Expecto Patronum, une biche argentée s'élança de sa baguette avant de s'envoler par la fenêtre. C'était sa mère, et c'était la même biche qui avait menée Harry jusqu'à l'épée de Griffondor.
Il vit Snape dans l'ancienne chambre de Sirius, la deuxième moitié de la lettre qu'Harry avait trouvée dans ses mains. Il regarda l'homme alors qu'il pleurait en lisant la lettre de Lily et sa signature, et il prit la deuxième page en plus du morceau de photo qui était venu avec, déchirant le visage souriant de Lily et emportant les deux avec lui.
Puis il vit, sans doute en désordre, les autres souvenirs la toute première visite de Dumbledore et de Snape à la Congrégation de l'Ombre. C'était assez étrange de voir les Exorcistes et l'Ordre par leurs yeux, et c'était aussi étrange de voir leurs regards légèrement méfiants dirigés vers lui ça faisait tellement longtemps qu'il ne les avait plus vus. Il se sentait trop bien avec eux et le reste de l'Ordre, et il en était de même dans l'autre sens.
Puis Harry se redressa enfin, et il était de retour dans le bureau du Directeur, ahurie et pourtant indifférent. Il avait le sentiment que quelque chose d'important avait changé. Il avait crût, et il en avait été presque certain, qu'il pourrait mourir dans cet affrontement mais ce n'était pas pareil quand vous appreniez qu'une des personnes dans lesquelles vous aviez le plus confiance l'avait planifié depuis le début. Mais c'était logique, non ? Pourquoi ne pas utiliser l'enfant qui était destiné à mourir pour chercher les Horcrux ? Et bizarrement, il n'arrivait pas à être en colère, ou même blessé. Il se sentait juste calme et indifférent.
Il pouvait sentir son esprit partir dans tous les sens alors qu'il essayait de se concentrer sur ce que ce qu'il venait de voir voulait vraiment dire, sur ce qu'il devait faire. Dumbledore l'avait sous-estimé sur un point et c'était qu'il n'avait pas tué le serpent. Il se dit qu'il devait le faire, au moins avant qu'il ne meurt.
Il se souvint de ce qu'il avait découvert quand il était encore à la Congrégation de l'Ombre. Il l'avait découvert subitement et la dépression qui avait suivi l'avait rendu silencieux, inquiétant les autres, surtout Lenalee. Il s'était dit qu'ils pensaient que c'était parce que Ron et Hermione l'avaient abandonnés, mais ce n'était pas ça. C'était parce qu'il avait revu ses parents.
Il avait trouvé la pierre de résurrection dans le Vif d'or que Dumbledore lui avait laissé, chose qu'il n'avait dit à personne. Il ne l'avait pas touché depuis, presque effrayé qu'il abuse un jour de son pouvoir. Il savait qu'il était appelé à retrouver les Reliques de la Mort, mais il ne les avait pas cherché. On aurait plutôt dit qu'elles faisaient en sorte qu'il les trouve.
Une autre demi-heure venait d'être passée à visionner les souvenirs de Snape, et maintenant il n'avait qu'environ un quart d'heure du temps que Voldemort lui avait laissé. Il se leva sans trembler avant de sortir du bureau, les couloirs déserts mis à part pour les habitants des portraits. C'était comme une ville fantôme, et ça lui donnait des frissons. Il y avait des gravats partout, la destruction touchait chaque parcelle du château qu'il passait, et il sentit sa détermination s'affirmer lorsqu'il approcha de la Grande Salle. Cette détermination était assez étrange, à la fois tremblante et pourtant aussi ferme qu'elle ne pourrait jamais l'être. Alors qu'il avançait, il essaya de formuler un plan, son esprit formant plusieurs plans parmi lesquels il pourrait choisir.
Sa première idée fut de se rendre. Il serait forcément tué comme prévu, mais ce n'était pas assez bien. Il avait détruit tous les Horcrux jusque-là par ses propres moyens et il avait le sentiment que, autre que Voldemort, il devait au moins détruire tous les autres.
Alors au lieu de devenir invisible et de se glisser hors du château pour se rendre, il entra directement dans le Hall. Neville et Oliver Wood étaient occupés à porter des corps jusque dans la Grande Salle, passant un autre étudiant qu'Harry ne reconnut pas cause de la saleté, le tout en faisant très attention. Il les approcha.
- Besoin d'aide ? Demanda-t-il faiblement. Il ressentit un étrange attachement envers le corps froid que son propre corps allait bientôt imiter. Neville et Oliver échangèrent un regard avant qu'Oliver ne change de position
- 'Sure, Harry, prend ce côté-là. Je pense avoir vu quelqu'un qui aurait besoin d'aide.
Harry s'avança et prit l'autre côté du corps.
- Prêt ? S'enquit l'autre, changeant légèrement de position avant de hocher de la tête. – Okay, par-là, voilà, juste comme ça-
Leur entrée dans la Grande Salle fut remarquée. Dès qu'ils le virent, les yeux de Lenalee s'éclairèrent et Lavi l'appela, rapidement suivit par Ron qui avait été alerté par le cri de Lavi. Les deux rouquins s'empressèrent de le rejoindre, tous deux apparemment soulagés.
- Où étais-tu passé ? Demanda Ron. – On se tourne une seconde et la suivante tu es partis ! On pensait – on pensait –
Il ne fallait pas être devin pour savoir ce qu'il avait pensés, mais Harry n'était pas pour autant désolé pour avoir disparu sans prévenir. – Je vais bien, répliqua-t-il. Il aurait haussé des épaules s'il avait pu, mais le poids sur ses bras était trop grand pour le faire. – J'avais juste besoin de prendre l'air.
- Ne fais plus ça, d'accord, cingla Ron, et Lavi hocha la tête pour montrer qu'il était du même avis, son inquiétude ne s'évaporant pas aussi rapidement que celle de Ron.
- Pardon, mentit-il.
- Tout le monde est … à la recherche des corps, et essayent de calmer leurs nerfs, continua Ron après un moment de silence, suivant Harry et Neville alors qu'il allait déposer le corps près d'autres. Harry aperçu la plateforme des blessés. Tandis que Ron parlait, il observa du coin de l'œil Komui, ses manches retroussées, en train d'aider la Matrone et Krory qui portait à lui seul un corps dans le Hall. Il remarqua Ginny en train de discuter calmement avec Timothy qui avait les sourcils froncés.
- -tout le monde est à bout, évidemment, et on ne peut pas vraiment leur en vouloir, et les Exorcistes aident aussi, et toute cette histoire est vraiment-
- Harry, interrompit Lavi, coupant le radotage nerveux de Ron. – Qu'est-ce qui ne va pas ? Mis à part l'évident ?
Ron cligna des yeux, puis sembla réalisa que Lavi avait apparemment vu que quelque chose n'allait pas chez son meilleur ami avant lui. Il se tourna vers Harry avec des yeux plissés, cherchant des signes qui montreraient que quelque chose n'allait pas, mais il ne trouva rien.
- Qu'est-ce que tu entends par ce qui ne va pas ? Demanda-t-il, surprit. – Regarde autour de toi ! Qu'est-ce qui te fait croire qu'il y a autre chose qui ne va pas ?
- J'aime à penser que je connais bien les gens, dit Lavi en regardant attentivement Harry, sans pour autant ajouter autre chose. Ron était outré que Lavi puisse insinuer qu'il connaissait Harry mieux que lui, mais Harry devait se ranger de son côté cette fois. Qui le connaissait le mieux, il ne pouvait pas vraiment dire. Bien que d'habitude il dirait Ron, il pouvait voir que Lavi savait. Il savait que Harry se serait rendu et était peut-être plus surprit qu'il ne l'ai pas fait. Il savait qu'il ne l'avait pas fait par sens du devoir. Il voulait en terminer avec le serpent. Il avait ressenti l'envie de remettre ce devoir à quelqu'un d'autre, peut-être même Neville, mais il ne l'avait pas fait. Ça devait être lui. Il voulait s'en occuper aussi longtemps qu'il le pouvait. Mais Lavi savait et Ron non et il était peut-être plus correct de penser que la véritable question avait été 'pourquoi es-tu revenu ?'
- Juste ce qui est évident. Le mensonge sortit de sa bouche naturellement, et il savait que Lavi savait qu'il mentait mais ne s'en préoccupait pas. – Je suis juste … je ne sais pas. Tout ira mieux une fois que toute cette histoire sera terminée.
- C'est vrai, dit Ron en acquiesçant de la tête, peut-être rassuré par la promesse d'un 'après'. Mais Lavi, lui, entendit l'omission – les choses iront mieux, mais est-ce que tu seras là 'après', demanda l'expression de Lavi. Harry ne répondit pas.
- C'est presque l'heure, une voix annonça derrière lui, le faisant sursauter. Il se retourna pour voir que c'était Kanda, le jeune homme le regardant avec attention. – Tu es prêt, gamin ?
- Tu n'as que deux ans de plus que moi, insista Harry en grommelant.
- Il reste combien de temps ? S'enquit Lavi.
- Cinq minutes, répondit Kanda. Ron lança un regard nerveux vers Harry avant de se retourner vers là où se trouvait sa famille.
- On dirait bien que c'est le dernier match, hein, dit-il faiblement.
- Je l'espère, agréa Harry tout aussi doucement. Il pouvait voir les gens autour de lui se préparer pour le dernier combat. Une étrange sorte de mélancolie le prit. Ron le regarda, et son expression lui dit tout ce que l'autre ne pouvait pas. Il sourit simplement en réponse. Il ne pouvait donner d'autres promesses qu'il n'avait déjà données.
- Tu devrais aller les voir, ajouta-t-il en faisant signe vers les Weasley. – Ça ira.
Ron partit donc après un dernier regard qu'Harry ne pût interpréter. Il le regarda partir et Allen vint prendre sa place, son expression étant celle d'un soldat prêt à se battre même si pour cela il devait perdre un membre ou deux.
- Est-ce que tu es prêt ? Demanda Allen.
- Je ne pense pas être un jour 'prêt', confia Harry. Les quatre observèrent les autres sorcières et sorciers terminer leurs préparatifs et se rassembler. Il leur restait une minute ou deux.
- Est-ce que vous me faîtes confiance ? La question était inattendue, tout comme l'idée qui vint avec. Il ne les regarda pas directement, mais il vit Allen et Lavi échanger un regard surprit.
- Bien sûr, dit lentement Lavi, une main passant dans ses cheveux. – Evidemment qu'on te fait confiance, Harry, pourquoi demander ?
Alors Harry leur dit, et espéra silencieusement que tout irait bien pour une fois.
- Vous avez décidés de vous battre jusqu'à la fin, annonça calmement la voix glaciale et aiguë, une once de colère filtrant. – Vous avez décidés de protéger le garçon contre moi, le Seigneur Voldemort, et pour cette raison vous allez souffrir. Je suis certain qu'il appréciera autant que moi de vous voir mourir, ce qui est évidemment son souhait puisqu'il ne vous à pas sauvés en se rendant. Je vais maintenant prendre aussi part au combat. Que tous ceux qui me verront sachent qu'ils ont fait le mauvais choix ! Je suis le Seigneur Voldemort vous mourrerez tous aujourd'hui par ma main ou par mes ordres.
