Il savait qu'il existait toujours il avait toujours une impression de soi, si ce n'est de vivre car il pouvait sentir la surface sur laquelle il était allongé, et ses pensées, bien qu'un peu plus lentes que d'habitude, étaient toujours présentes. Il ne se sentait pas mort, mais ce n'est pas comme si il savait à quoi la mort ressemblait. Il savait juste qu'il était quelque part, dans un endroit solide et qu'il … était nu ?

Cette réalisation vint avec un de ces chocs qu'on reçoit lorsqu'on est surprit. Il était seul – ou du moins il pensait être la seule personne ici. Une idée qui paraissait presque irrationnelle parce qu'il n'avait aucune preuve pour prouver qu'il était seul – peu importe où il se trouvait. Il ne pût s'empêcher de penser à toutes ces fois où il avait pensé qu'il était seul seulement pour qu'on lui prouve le contraire. C'est pourquoi il ouvrit les yeux.

Heureusement pour lui, ses yeux existaient aussi, et il cligna lentement des yeux en voyant ce qui ressemblait à du brouillard. Ce n'était pas quelque chose qui obscurcissait sa vision, ou qui rendait difficile de voir, c'était comme si ce qui l'entourait était le brouillard, et qu'une partie flottait autour de lui parce qu'il ne s'était pas encore formé en quelque chose d'autre.

Il ne portait pas ses lunettes, mais il pouvait voir comme si il les portait Ses vêtements étaient toujours mystérieusement absents, ce qui lui permit de voir que son corps n'avait aucune marque. Il n'y avait rien qui prouvait qu'il avait été touché par le Sort de la Mort. Encore une fois. Même les cicatrices et les petites marques qu'il avait avaient disparues.

C'est là qu'il entendit un bruit qui l'alarma immédiatement. Ce n'était pas à cause du bruit en lui-même, mais que quelque chose était là pour faire ce bruit. Il était fatigué, résigné, même si à ce moment donné il n'était conscient que du calme et du vide qui l'enveloppait. Il ne craignait pas que quelque chose soit là pour lui faire du mal, il n'avait pas peur qu'il puisse y avoir quelque chose d'autre à combattre. C'était un son pitoyable, mais aussi indécent. C'était quelque chose qui remuait, se débattait, se battait, et il eut l'impression que c'était un intrus dans ce monde.

Il remonta ses genoux contre lui, souhaitant qu'il ait des vêtements sur le dos, se sentant exposé comme il était. Juste à cette pensée, une pile de robes apparue non loin de lui, et il cilla de surprise. Quand il les prit, il trouva qu'elles étaient chaudes, réelles, solides. Elles étaient propres et douces, et il les mit sans hésiter.

Il se releva, son regard passant sur ses alentours. Ce qui l'entourait était énorme, encore plus grand que la Grande Salle, et probablement plus grand que le réfectoire à la Congrégation de l'Ombre. Tout était blanc, et le plafond était un dôme de verre qui laissait passer la lumière. Il semblait être la seule personne présente, mais il pouvait toujours entendre ce bruit. Ce fut à ce moment-là qu'il en vit la source.

Il failli reculer. C'était un petit enfant, nu, sa peau irrité et rêche, comme si on l'avait fouetté. Il tremblait continuellement de sa place en-dessous un siège, abandonné, non voulu.

Ce simple être vivant lui procurait une peur irrationnelle. Elle s'insinuait en lui et le fit s'arrêter et ne plus bouger. Il voulait le réconforter, l'aider, il savait que c'était ce qu'il devait faire. Mais il ne pouvait pas se décider à le faire, aussi pathétique et triste que la scène soit. Il se força à s'approcher, plus près, encore plus près, jusqu'à qu'il lui suffise de tendre les bras pour le prendre, cette peur incompréhensible toujours présente. Il le repoussait, mais il ne savait pas pourquoi. Juste alors qu'il tendait une main vers lui, une voix le coupa dans son geste

- Tu ne pourras pas l'aider.

Il avait crût être le seul ici. La présence de l'enfant lui avait prouvé le contraire, mais il s'y était attendu. Il n'avait pas pensé qu'une autre personne pouvait être là puisque l'endroit avait eu l'air désert. Cette erreur l'énerva, mais sa colère redescendit bien vite quand il vit qui, exactement, était en train de s'approcher de lui.

Albus Dumbledore, dans une robe bleue nuit et se tenant droit, presque fier.

- Harry. L'homme ouvrit grand ses bras, révélant que ses deux mains étaient intactes, normales, et blanches. – Mon merveilleux garçon. Courageux et brave homme. Marchons un peu.

Complètement abasourdit par la chose, Harry suivit silencieusement le vieil homme. Il les conduisit vers deux chaises qu'il n'avait pas vues avant, trop concentré sur la forme déformée de l'enfant. Il s'empêcha de justesse de s'affaler dessus, même s'il aurait très bien pût se laisser aller. Ce n'était pas comme si il avait quelqu'un à impressionner ici.

Le visage de son ancien Directeur était toujours le même, exactement comme dans ses souvenirs : vieux, gentils, et sage. Il pouvait se souvenir de tous les chemins qu'il avait empruntés, remplit d'incertitude, d'incrédulité et de méfiance envers cette même personne. Mais surtout, il essayait d'ignorer tous les détails qui disaient que Dumbledore n'était pas l'homme qu'il avait crût qu'il était. Harry prétendit que ce n'était pas important, qu'il avait des choses plus importantes à penser et à faire, mais la vérité était qu'il y pensait souvent. Il ne savait pas quoi penser, maintenant. Il ne savait pas comment réagir non plus, et donc il se contenta de ce qui était évident.

- Vous êtes mort, dit-il, et ce n'était pas une question.

- C'est exact, répondit immédiatement Dumbledore comme si c'était normal d'en parler.

- Alors moi aussi, en conclu Harry en regardant attentivement l'autre, pensant que peut-être tout ceci se passait dans sa tête, que si il pouvait trouver le moindre petit indice qui ne devrait pas se trouver là alors il en aurait la preuve.

- Si rapide à décider de ce qui est vrai ou non, sourit l'autre. – Mais la conclusion ne dépend que de toi. Pour ma part, en revanche, je ne crois pas.

- Je ne comprends pas, dit Harry en secouant la tête. – Je ne suis pas mort ?

- Non.

- Mais … il toucha sa cicatrice, mais ses doigts ne rencontrèrent que la peau lisse. – Je voulais mourir. Ce sort qui m'a touché – je devrais être mort.

- Que tu ne te sois pas défendu, répliqua doucement Dumbledore, fera toute la différence.

C'était la première fois qu'Harry voyait le Directeur aussi heureux. De son côté, ça ne faisait que renforcer sa frustration et sa confusion. Il avait été dans tellement de situations de vie ou de mort avant, et maintenant, alors qu'il avait littéralement bondi devant un Sort de la Mort dans le but de mourir, il ne pouvait toujours pas ?

- Expliquez-moi, dit-il.

- Mais tu sais déjà, répondit l'autre en se tournant les pouces, sa bonne humeur rayonnant autour de lui.

- Je l'ai laissé me tuer.

- Bien, continu !

- Alors … Harry réfléchit, son esprit tournant dans tous les sens pour trouver la réponse, puis il leva lentement les yeux vers le vieil homme. – Alors, la part de lui qui était en moi … a été tuée à ma place ?

- Oui ! Dumbledore hocha de la tête, son sourire encourageant. – Oui, il l'a détruit à ta place, Harry. Son âme est entière et complètement à toi maintenant.

- Est-ce que c'était vraiment important ? C'était agréable de savoir qu'il était enfin libre de Voldemort, mais est-ce qu'il pourrait un jour profiter de cette liberté ?

Les bruits provenant de l'étrange créature attirèrent son attention, et il regarda vers elle. Curieux et ayant pitié pour elle, il demanda

- Qu'est-ce que c'est, Professeur ?

- Quelque chose que tu ne peux pas aider.

- Mais … Si Voldemort a utilisé le Sort de la Mort, dit Harry en revenant à leur conversation, un froncement de sourcil marquant son visage. – Comment se fait-il que je sois encore en vie ? Personne n'est mort pour moi cette fois.

- Je crois que tu connais déjà la réponse. Réfléchit. Souviens-toi de ce qu'il a fait, dans son ignorance, dans sa cupidité et sa cruauté.

Il ne comprit pas immédiatement, et il devait l'admettre, il n'aimait pas vraiment être guidé de cette façon. Il voulait juste des réponses, et même s'il se sentait coupable de ne pas avoir cru en Dumbledore, surtout maintenant qu'il était là, il restait le fait que beaucoup de choses lui avaient été cachées. Il voulait entendre les réponses de la bouche de l'homme, et non être guidé pour trouver lui-même les réponses qui pourraient ou non être correctes. En revanche, après un moment, la culpabilité qu'il ressentait à ses pensées augmenta et, alors qu'il regardait autour de lui, la réponse vint d'elle-même.

- Mon sang. Il a pris mon sang.

- Précisément ! S'exclama l'autre. – Il a pris ton sang pour se refaire un corps ! Ton sang coule dans ses veines, Harry, et la protection de Lily se trouve dans chacun de vous ! Il t'a condamné à vivre tant qu'il vivra !

- Je vivrais tant qu'il vivra ? Harry secoua lentement de la tête. – Mais … ce n'est pas comme dans la prophétie … ou est-ce que c'est la même chose, moi vivant alors qu'il vit et nous deux mourant ?

Les bruits venant de la créature le distraya de nouveau, mais cette fois il réussit à les ignorer et à se concentrer sur les choses plus importantes. Il leva la tête vers l'autre en espérant avoir plus de réponses. Et il en reçu.

- Tu étais le septième Horcrux, Harry, l'Horcrux qu'il n'avait jamais prévu de faire. Il avait rendu son âme tellement instable qu'il s'est déchiré à chaque fois qu'il commettait ces actes horribles, le meurtre de tes parents, la tentative de meurtre evers un enfant. Mais ce qui s'est échappé de cette chambre était encore moins qu'il le pensait. Il a laissé plus que son corps là-bas. Il a laissé une part de lui s'attacher à toi, la victime qui avait survécu.

Il hocha de la tête, ayant déjà en partie deviné, même si le fait d'avoir raison n'apporta aucune satisfaction. Ce n'était pas une vérité qu'il voulait connaître, pas si ce n'était pas nécessaire.

Il écouta la description et l'explication sur Voldemort, écouta alors qu'il apprenait que c'était encore une fois le sacrifice de Lily qui venait de le sauver et, pendant tout ce temps, il ne pût s'empêcher d'observer l'autre. Quand il s'arrêta de parler, Harry demanda

- Et … vous saviez ? Vous étiez au courant de tout ça, depuis toujours ?

- J'ai supposé, sourit Dumbledore. – Mais en général mes idées sont justes.

Le silence s'installa, un silence presque agréable pour Harry. Il attendit, et réfléchit, et essaya de comprendre sans que les mots furent dit. Finalement, il demanda

- Où sommes-nous ?

- C'était justement la question que j'allais te poser, répliqua Dumbledore. – Où sommes-nous d'après toi ?

Harry regarda autour d'eux, et même si avant il ne pouvait pas reconnaitre l'endroit, il pouvait maintenant remarquer quelques petites choses qui lui semblaient familières.

- On dirait … la gare de King Cross. Sauf que, c'est différent puisqu'il n'y a personne et que c'est plus propre. Il n'y a pas de train non plus.

- La gare de King Cross ! S'exclama l'autre en riant. – Bon Dieu, vraiment ?

- Vous pensez à quoi sinon ?

- Mon cher enfant, je n'en ai aucune idée. C'est, comme les autres disent, ta cérémonie.

Et encore une fois Harry aperçu l'ancien Dumbledore dont il se souvenait, et une part qu'il n'avait jamais appréciée. C'était comme si l'autre adorait être frustrant.

- Les Reliques de la Mort, finit-il par dire, et il regarda le sourire de l'autre disparaitre rapidement de son visage.

- Ah, oui. Le vieil homme sembla presque inquiet.

- Alors ? S'enquit-il avec plus de force qu'il n'aurait aimée, mais il ne voulait pas que l'autre retourne à ses habitudes de passer les détails et d'être, encore une fois, vague. Il se sentit un peu coupable quand il vit le visage de l'autre se renfermer, comme un enfant qui aurait été pris à faire quelque chose qu'il n'aurait pas dût.

- Pourras-tu un jour me pardonner ? Demanda Dumbledore. – Pourras-tu me pardonner de ne pas t'avoir fait confiance ? De ne rien t'avoir dit ? Harry, j'avais juste peur que tu échoues comme j'ai échoué. J'avais juste peur que tu fasses les mêmes erreurs que moi. J'aimerais tellement que tu me pardonne, Harry. Je savais, depuis quelques temps maintenant, que tu étais mieux que ça.

Harry était confus, évidemment, et il ne comprenait pas vraiment où l'autre voulait en venir. Il s'accrocha au mot 'erreurs' et dit

- Mais vous ne m'avez rien dit. J'étais tellement prêt d'aller à la chasse aux Horcrux, et vous ne m'aviez jamais dit de ne pas y aller alors comment j'aurais sût ce que j'étais censé faire ? En plus on aurait dit que vous laissiez des indices alors c'était comme si vos mots contredisaient vos gestes.

- Je sais, accorda Dumbledore en secouant la tête de dépit. - Je peux juste te dire que je suis désolé. Les Reliques – elles sont le rêve de tout homme désespéré.

- Le rêve ? Mais elles sont réelles ! Je ne comprends pas.

- Oui, réelles, et très dangereuses. Elles sont l'appât des idiots. L'autre homme détourna son regard. – Et j'ai été un tel idiot. Mais tu le sais, n'est-ce pas ?

Il ne savait pas vraiment ce qu'il était censé en penser, mais ce qu'il savait c'est que toute cette histoire le rendait confus.

- Sais quoi ?

- Le maître de la Mort, Harry, le maître de la Mort ! Les cils de Dumbledore brillaient de larmes. – Étais-je, au final, pire que Voldemort ?

Harry cligna des yeux, parce que même si l'autre l'énervait et l'agaçait, il n'était en rien pire que Voldemort. Personne n'était pire que Voldemort.

- Bien sûr que vous ne l'êtes pas, répliqua-t-il fermement. – Vous êtes loin d'être comme lui. Vous n'avez jamais tué, pas dès que vous pouviez l'éviter.

- Vrai, vrai, dit l'autre homme, et on aurait dit un enfant qui cherchait à être réconforté. En revanche, se dit Harry, même s'il se sentait mal pour l'autre surtout après ce qu'il avait appris, ce n'était pas le moment pour chercher du réconfort. Pas de sa part, pas de la part de celui à qui il avait caché tellement de choses et à qui il avait rendu la vie si difficile. – Et pourtant, Harry, j'ai moi aussi cherché un moyen de vaincre la mort.

- Et alors ? Harry fronça des sourcils. – Juste parce que vous avez essayé ne veut pas dire que vous êtes comme lui. Vous n'avez pas fait comme lui. Les Reliques, et non les Horcruxs.

- Reliques. Pas les Horcruxs. Précisément.

La créature gémit derrière eux, mais Harry n'avait plus le besoin de la regarder maintenant. Sa présence ne le dérangeait même plus alors qu'il demandait

- Grindelwald les cherchaient aussi ?

- C'était le cas. Il écouta Dumbledore confirmer son hypothèse et admettre que c'était même ça qui les avaient le plus rapprochés. Il y avait même le fait que Grindelwald voulait visiter Godric Hollow pour voir la tombe de Ignotus Peverell, voir l'endroit où le troisième frère était mort. Il apprit que oui, toute cette histoire était elle aussi vraie, bien que Dumbledore ajouta

- Je ne peux pas dire s'ils ont véritablement rencontrés la Mort sur un chemin isolé ou non. A une époque j'avais simplement crût que les frères Peverell étaient juste d'excellents sorciers qui avaient créés de puissants objets. Puis j'ai appris qu'elles contenaient des Innocences …

- Alors les trois ont une Innocence ? S'enquit-il, surprit mais aussi un peu soulagé. Il savait que trois Innocences pouvaient être d'une grande aide pour la Congrégation de l'Ombre. – Mais alors, pourquoi est-ce que je peux les utiliser ? La cape et la pierre ? Et comment vous avez appris leur existence ?

- Je ne l'aurais jamais sût, expliqua solennellement Dumbledore, si ce n'était pas pour l'homme aux cheveux rouges qui est venu me voir un jour. Un homme aussi mystérieux qu'intelligent. Il avait une magie dont je n'avais pas entendu parler depuis de longues, longues années, tout simplement parce qu'il n'était pas un sorcier, mais un magicien. Il m'a rendu visite en secret, un court entretient qui s'est passé pas longtemps avant que les Mangemorts ne viennent dans le château l'année dernière. Il m'a appris l'existence de l'Innocence dans la baguette, et je dois bien avouer que j'avais crût, après le peu qu'il m'ait dit sur lui et son travail, qu'il essayerait de la prendre. Imagine ma surprise quand il n'en fit rien, et à la place partit avec la promesse que je remettrais la baguette à son Ordre dans pas longtemps, me donnant même des informations sur cet Ordre. J'imagine qu'il leur a dit où j'étais et dans quoi se trouvait l'Innocence, au cas où je ne la délivrerais pas comme promit.

- Ça … Harry cligna plusieurs fois des yeux, surprit. – Ça … ressemble beaucoup au maître d'Allen … je crois que son nom était Cross ?

- Oui, c'était son nom, confirma l'autre. – J'ai entendu ce qui lui est arrivé. Offre mes condoléances au jeune Walker quand tu le verras, veux-tu ?

- Um, bien sûr. Il fronça des sourcils et se demanda comment l'autre pouvait être si confiant en parlant d'une prochaine fois. – Et à propos du fait que je puisse utiliser les Innocences alors que je ne devrais pas être capable ? Ou du moins pas deux à la fois ?

- Je ne sais pas si, peut-être, les frères étaient des Exorcistes ou juste des scientifiques, mais je crois que c'est eux-mêmes qui ont placés les Innocences. Quant au pourquoi elles ont réagies ainsi, je ne peux pas dire. Après tout, quand même les scientifiques qui sont experts en Innocences ne savent pas vraiment comme elles fonctionnent, je ne crois pas qu'il existe quelqu'un qui sache comment elles fonctionnent avec la magie. La meilleure hypothèse que je puisse avancer est que les propriétés magiques de, disons ta cape, a amoindrit celles de l'Innocence à un tel point qu'elle ne fonctionne plus correctement, tout en continuant de lui prêter son pouvoir.

- Tu le sais déjà, mais ta cape a traversé les générations, de père en fils, de mère en fille, jusqu'au dernier descendant d'Ignotus vivant, qui est né, tout comme Ignotus, dans le village de Godric Hollow. Mon hypothèse est que l'Innocence, bien qu'elle ne puisse pas correctement se synchroniser avec une personne, ne reconnaîtrait comme son possesseur qu'un descendant d'Ignotus, parce qu'elle a été passée dans la famille. Et cette personne …

- C'est moi ? Demanda Harry quand il vit le sourire qu'il lui donnait.

- C'est toi, confirma l'autre. – Elle ne fonctionnerait pas correctement avec moi, pas plus que le pouvoir supérieur de la cape d'invisibilité possède à l'origine. En revanche, j'ai pût trouver la même anomalie que j'ai trouvé dans la baguette. Tout comme la pierre. C'est compréhensible quand on pense que l'Innocence n'a qu'un maître à la fois. Je ne sais pas quel est l'élément déclencheur pour les deux autres – je suppose que l'Innocence de la baguette ne reconnaîtra que le plus fort, et donc que son allégeance changera à chaque fois que quelqu'un gagnera un duel. Ca expliquerait comment la baguette à pût changer complètement de possesseur depuis sa création. Quant à la pierre, je ne sais pas.

- Tu as probablement comprit maintenant pourquoi la cape était en ma possession la nuit où tes parents sont morts.

Harry le regarda quand il entendit ça, et il écouta le ressentiment dans la voix de Dumbledore alors qu'il ajoutait qu'il avait enfin obtenu deux des Reliques, au prix de la mort de ses parents.

Il voulut presque consoler l'autre, clamer que la cape ne les aurait pas rendus intouchable, mais il réalisa que ça aurait été justement ça. Ils auraient été intouchables, contre tous les sorts sauf celui de la Mort, et même là il y avait une bonne chance qu'il soit aussi repoussé. Le silence s'installa de nouveau, aucun des deux ne sachant vraiment quoi dire.

- Vous avez donc abandonné la recherche des Reliques quand vous avez vu la cape ? Demanda-t-il, juste pour briser le silence.

Il écouta Dumbledore raconter ce qu'il s'était passé. Il écouta l'autre admettre que tout ce qui était écrit dans le livre de Skeeter était, pour une fois, la stricte vérité. Depuis son pauvre père à sa mère, en passant par sa sœur malade. Sur à quel point il avait détesté tout ça, comment il s'était crût bien meilleur, bien plus intelligent, bien plus puissant que tout ça. Sur le fait qu'il n'avait jamais voulu mener sa famille, sur comment il croyait qu'il était destiné à faire de meilleurs choses et les rêves que lui et Grindelwald avaient entrevus. Jeunes leaders de la révolution, de leur victoire sur les Moldus, de les forcer à se soumettre aux sorciers.

C'était toutes les choses qu'Harry n'aurait jamais crût viendrait un jour de la bouche de l'autre homme. Toutes ces années durant, s'il en avait entendu parler alors il aurait été furieux et choqué de voir d'autres personnes avoir l'audace de dire de tels mensonges, car il aurait été certains que c'était faux. Maintenant en revanche, il l'entendait de la bouche même de l'autre.

Il écouta Dumbledore expliquer comment il avait étouffé toute la culpabilité qu'il ressentait en se disant que c'était pour le mieux. Sur comment lui et Grindelwald avait travaillés ensemble, avaient fait des plans et avaient presque désespérément cherchés les Reliques de la Mort. Sur comment le duel qui avait pris la vie d'Arianna avait débuté et s'était terminé, et comment il craignait, plus que tout, d'apprendre qui avait lancé le sort qui en était responsable. Tellement effrayé que même après des années durant lesquelles Grindelwald devint de plus en plus dangereux il continuait de repousser le combat de peur d'apprendre cette vérité. Il écouta comment il avait crût qu'il avait suffisamment prouvé qu'on ne pouvait pas lui faire confiance avec une position de pouvoir, et que c'était la raison pour laquelle il avait plusieurs fois refusé la position de Ministre de la Magie.

Mais Dumbledore a bel et bien finit par gagner ce duel, et l'histoire s'arrêta là, le silence retombant entre eux. Ca expliquait ce qu'il avait vu dans le miroir de Rised, et pourquoi il comprenait tellement la fascination qu'Harry avait pour l'objet. Harry baissa les yeux sur ses mains, plusieurs sentiments se bousculant à l'intérieur de lui, incapable de les décrire sauf pour la colère qui en prenait une grande partie, la frustration et l'irritation ayant disparu durant la discussion. Mais il savait qu'elles n'étaient pas complètement partit, qu'il y avait toujours une lueur quelque part en lui, attendant une étincelle pour se raviver. Après un long moment Harry reprit la parole, ses épaules s'affaissant alors qu'il demandait quelque chose sans y avoir pensé

- Pourquoi est-ce que vous avez tout rendu difficile ?

Une main se posa sur son épaule, et il leva les yeux pour voir le sourire tremblant de Dumbledore.

- Je dois t'avouer, Harry, qu'il y a peu de choses qui se sont passées comme je l'avais prévu, avoua Dumbledore en secouant la tête, son sourire toujours présent. – Je n'ai rendu visite à la Congrégation de l'Ombre ou apprit l'existence des Akumas et sur les Exorcistes et les Innocences que peu de temps avant ma mort. J'avais espéré que les Exorcistes te protégeraient de forces extérieures et qu'ils pourraient, si tu le souhaitais, prendre les Innocences en guise de payement. Je n'avais jamais imaginé qu'il y aurait autant d'interférence de la part des Akumas ou ce qu'ils appellent les 'Noah'. Je te dois des excuses – je commence à me dire que si j'avais pris un autre chemin et les avait, peut-être, amenés aux Innocences après seulement que tu ais fait ce que tu devais faire, alors tu n'aurais pas eu les Akumas ou les Noah sur ta route.

Harry baissa les yeux, incapable de dire ce qu'il ressentait. Une part de lui aurait aimé que ça se passe comme ça, qu'il n'y ait pas eu d'Akumas ou les Noahs, mais si ça avait été le cas, alors il n'aurait jamais rencontré les Exorcistes. Il ne savait pas comment, mais ils étaient devenus important pour lui. C'était peut-être à cause des péripéties qu'ils avaient vécues ensemble, ou du fait qu'ils avaient leur propre ennemi juré à vaincre, ou des situations de vie ou de morts qu'ils avaient endurées, ou peut-être tout simplement les temps de paix qu'ils avaient passés ensemble. Ça pourrait être tant de choses différentes, ou toutes celles-ci, mais il avait trouvé une seconde maison chez l'Ordre Noir, et des gens qui le comprenait mieux que Ron et Hermione ne pourraient jamais. Il ne regrettait pas de les avoir rencontrés, et pour lui, tout ce qu'il avait enduré en valait le coup.

- Dans tous les cas, le passé ne pouvait pas être changé. Le passé était le passé, une chose que Lavi lui avait appris.

- J'avais prévu, au début, que Miss Granger te ralentirait, Harry, ajouta alors Dumbledore. – Je craignais que ton tempérament de feu ne vienne dominer ton cœur. J'avais peur que, si tu venais en contact avec de tels objets, tu prendrais les Reliques comme je l'avais fait, au mauvais moment, et pour les mauvaises raisons. Mais les choses ont tournées différemment. Tu as dû endurés tellement de choses, Harry, des choses qui sont entièrement de ma faute, et je ne pourrais jamais être pardonné.

- Mais – malgré que tout ce soit passé différemment, tu les as tout de même surmontées. Il regarda le jeune sorcier avec fierté. – Tu as dépassé tout ce que j'avais pût espérer, Harry. Mais face à ce qui s'est présenté à toi, tous les mensonges et la guerre qui n'était pas la tienne, tu as magnifiquement agit. Je suis tellement fier de toi.

Harry devait admettre qu'il avait rougit. Bien qu'il soit encore un peu frustré, c'était comme une sensation froide, distante, une sensation du passé. Il ne pouvait pas nier que ça lui faisait plaisir, qu'il était content, mais après un moment, une penser le frappa, quelque chose qu'il voulait demander et qu'il avait l'impression d'avoir oublié jusque-là. Soulagé de s'en être souvenu à temps, il demanda doucement

- Est-ce que vous savez pour Allen ? Son œil, et pourquoi il pouvait voir mes visions ?

- Ah. Dumbledore adopta un air songeur. – Oui, ce jeune homme était en effet très intéressant. Fascinant même, et je suis un peu plus confiant quant à mon idée pour lui. Je ne sais pas exactement comment le jeune Walker a obtenu cette malédiction, mais c'est le sort le plus puissant de ce type que j'ai vu de ma vie et de ma mort. Cependant, il semblerait que ça lui permette de voir les âmes à l'intérieur des Akumas et, sachant que les Akumas sont les seules créatures à contenir une âme qui ne leur appartiennent pas, j'imagine que Walker peut voir n'importe quelle âme qui se trouve dans un corps qui n'est pas le sien d'origine. Je pourrais me tromper, mais je suis sûr que c'est la raison pour laquelle il pouvait partager tes visions. Même s'il ne pouvait pas voir le fragment d'âme de Voldemort à l'intérieur de toi, son œil s'activait dès qu'il sentait que cette âme se reconnectait à Voldemort, d'où les visions. Son œil ne montrait pas l'âme, mais plutôt la connexion, et la connexion engendrait la vision.

Harry n'était pas certain de comprendre. Il se dit que l'autre voulait dire qu'Allen voyait les visions parce qu'il voyait le bout d'âme en lui, ou du moins quelque chose qui se rapprochait. Ça expliquait plutôt bien, si ce n'est-

- Mais pourquoi son œil ne s'est pas activé quand il était près d'un Horcrux ? C'est la même chose, à part que c'était un objet au lieu de quelqu'un. A part Nagini en tout cas.

- Je ne peux pas, répondit l'autre avec un mouvement d'épaules. – Peut-être s'était-il activé et que tu ne l'as jamais remarqué. Peut-être que c'est différent quand c'est dans un objet et non une personne. Ou peut-être parce que c'était dans un objet, et que cet objet ne faisait rien. Son œil ne s'activait pas dès que tu étais dans les alentours après tout, seulement quand tu avais des visions. Alors peut-être qu'il ne ressentait rien parce que les Horcrux ne faisaient rien. Je ne peux voir que ça.

Il y eu une pause avant que Dumbledore n'ajoute, pensif

- J'aurais apprécié le rencontrer face à face dans d'autres circonstances. C'est un jeune homme vraiment intéressant. Après tout, lui-même semble avoir deux âmes.

- Quoi ? Harry regarda l'autre avec surprise. – De quoi voulez parler ?

- Eh bien, 'deux âmes' n'est peut-être pas le terme juste. Le jeune Walker a autre chose en lui, quelque chose qui ne fait pas vraiment partit de lui.

- Est-ce que c'est … est-ce qu'il est vraiment … un Noah ? Demanda-t-il, ses yeux s'écarquillant alors qu'il repensait à ce qu'il s'était passé.

- Ça semble être le cas, n'est-ce pas ? S'enquit Dumbledore comme si ce n'était pas vraiment important. – Mais je ne connais pas les détails, et je suis même presque certain que lui aussi n'en sait rien. Mais c'est un bon garçon … Il me rappelle beaucoup toi.

Harry leva les yeux cette fois. Si Allen était un Noah … alors quoi ? Est-ce qu'il serait rejeté ? Est-ce qu'il se retrouverait à être chassé ? Un ennemi ? Harry ne savait pas, mais ce qu'il savait c'était que l'autre n'avait été que gentil et serviable et qu'il ne méritait pas d'être jugé si tôt.

Mais outre le sujet d'Allen, il fronça des sourcils quand le problème d'origine lui revint.

- Que va-t-il se passer … si je ne reviens pas ?

- Eh bien, on est à la gare King Cross d'après toi ? Je dirais que si tu décides de ne pas revenir, tu pourrais toujours … disons … prendre le train.

- Et où est-ce qu'il m'emmènerait ?

- Au commencement d'un nouveau voyage.

Il y eu un bref moment de silence avant qu'Harry ne souffle. Il avait le choix, mais ce n'en était pas vraiment un. Sa destination était claire. Il se leva, se sentant plus en paix avec lui-même qu'il ne l'était avant. Il était calme, et il savait qu'il allait quitter la lumière et la chaleur de cet endroit pour retrouver la mort, la destruction et la douleur. Il le savait, mais il ne pouvait pas se dire que c'était une mauvaise décision.

Il regarda de nouveau dans les yeux de Dumbledore

- J'ai une autre question Est-ce que tout ça est réel ? Où est-ce que ça se passe dans ma tête ?

Le brouillard recommença à descendre, dissimulant l'autre personne. Même quand le vieux Directeur parla, on aurait dit qu'il était juste à côté de lui.

- Evidemment que ça se passe dans ta tête, Harry, mais pourquoi est-ce que ça ne serait pas réel ?