Harry se sentit reprendre conscience, et c'était à la fois un processus lent et quelque chose qui se fit en un claquement de doigt. Pendant un moment il se trouvait prit dans l'obscurité qui était entre le brouillard et la réalité, puis il se sentit revivre, ne prenant qu'une légère inspiration au lieu d'un bol d'air.
Il se rendit compte que ses pieds ne touchaient pas le sol et qu'il était levé par son cou, de longs et fins doigts enroulés autour de lui, et il fallut toute sa concentration pour ne pas avaler sa salive ou bouger le moindre muscle. Le faire le trahirait immédiatement. En plus de ça, il pouvait entendre un puissant rugissement tout autour de lui et il lui fallut un moment pour réaliser que c'était la rage et le désespoir mêlé de beaucoup de voix qui se mélangeaient les unes aux autres.
Mais au lieu de tout entendre en même temps, il pouvait discerner chaque voix, identifier les cris de rage absolue, les cris de colère, ceux d'incrédulité. Il pouvait entendre les pleurs, les cris, et les personnes se laisser prendre au désespoir. Il crût même reconnaître quelqu'un qui priait.
Mais surtout, il pouvait entendre son nom, encore et encore.
Il était dit sous tous les tons, avec tout type d'émotions. Ceux de colère le firent louper un battement de cœur et ceux d'extrême tristesse firent monter les larmes derrière ses yeux clos. Ceux qui exprimaient de l'incrédulité resserrait sa poitrine et ceux prit de peur resserrèrent sa gorge. Ceux remplis d'amour provoquèrent des fourmillements sur sa peau et ceux déçus restèrent autour de sa tête, se répétant. Il était sûr que, s'il écoutait suffisamment, il pourrait distinguer toutes les émotions qu'il y avait à entendre, toutes exprimées via son nom.
Il pouvait entendre l'amour et l'agonie de ceux qui le pleurait autour de lui, tout comme la peur et la tristesse, tous si intense qu'il pouvait les ressentir jusque dans ses os, comme si il était une autre personne.
- Voilà ! Une voix froide s'exclama, mêlée d'excitation, de victoire et de satisfaction, résonnant par-dessus toutes les autres voix. – Voilà ce sur quoi vous avez comptés pour défaire le Seigneur Voldemort ! Vous vouliez qu'un simple enfant puisse me battre, mettant toute votre confiance en lui. Et maintenant il est mort, et ne reviendra jamais, et vous n'avez que la mort et le désespoir pour le montrer !
La voix était juste en face de lui, à peine à un pas ou deux de son visage. Il pouvait presque voir le visage de Voldemort, ses yeux rouges toisant les autres d'une cruelle victoire. Mais Harry savait que ce n'était pas terminé, la situation … l'amusait calmement. Enfin, c'était plus parce qu'il savait déjà ce qui allait arriver.
- Et maintenant vous allez tous vous agenouiller devant moi et vous rendre, ou tous les hommes, femmes et enfants seront tués, ainsi que leurs familles. Agenouillez-vous et vous serez épargnés. Tout comme vos familles, vos parents et vos enfants, et nous vivrons dans un nouveau monde que nous créerons ensemble.
Harry crût entendre Hermione et Ron par-dessus les cris et les appels des autres, ainsi que ceux de McGonagall. Il n'entendait personne de la Congrégation – est-ce qu'ils pleuraient eux-aussi ? Mais il ne pouvait pas les distinguer des autres. Il était pourtant certain que c'était le cas. Il imaginait qu'ils observaient la scène avec des regards solennels, observant et pleurant en silence, respectueux. C'était leur façon de faire.
- SILENCE ! Cria Voldemort avec un bruit retentissant, la foule se taisant immédiatement. – Voyez-le comme il est, comme il était ! Il n'était rien qu'un enfant qui se cachait derrière le sacrifice des autres ! Il n'aurait jamais pût gagner, c'était votre erreur à tous ! Obéissez maintenant et vivez, ou rebellez-vous et mourrez !
Un autre bruit sourd résonna et Ron cria :
- Il t'a battu !
D'autres cris, d'autres hurlements et d'appels. Un autre cri du Seigneur Noir et le silence retomba. Il y en avait qui était hystériques – ils avaient tout vu après tout. Chaque personne avait vue le Sort de la Mort filer dans les airs et venir frapper Harry en pleine poitrine – il n'y avait eu aucun jeu de lumière, aucune illusion, aucune explication qui pourrait faire que le sort ne l'avait pas touché.
- Si vous continuez à vous entêter vous apprendrez de vos erreurs de la manière la plus intime que vous n'aurez jamais souhaitez-
Harry se dit que c'était parce qu'il détestait entendre les autres êtres menacés encore et encore. Il se dit que c'était parce qu'il ne voulait plus rester là à jouer les morts. Alors un moment son corps était inerte, et le suivant ses muscles se tendaient, ses yeux s'ouvrirent et il se tourna en utilisant toute la force qu'il pouvait.
Son poing alla frapper le visage de Voldemort.
Ce fut suivit par un moment durant lequel le temps ralentit, durant lequel Harry pût voir la peau s'indenter sous son poing, entendre un craquement sec, avant de tomber au sol tandis que l'autre titubait en arrière, manquant presque de tomber.
C'était satisfaisant dans le sens où un sort ne pouvait pas le faire. Les sorciers n'étaient pas élevés pour voir l'intérêt des combats physiques – c'était même une autre qui était dénigrée. Mais Harry sentit son sang pulser dans ses veines alors que ses pieds touchaient le sol, tombant à genoux sous la surprise. L'autre était immobile, à moitié penché en arrière, ses bras levés dans ce qui avait été une tentative de se rattraper avant de tomber.
Des yeux rouges tournèrent lentement dans leurs orbites, allant à le rencontre de deux prunelles vertes tandis qu'Harry se relevait lentement. Ses doigts lui faisaient horriblement mal, une sourde douleur le brûlant lorsqu'il essaya de les bouger. Des os se fracassant les uns contre les autres avaient de grandes chances de se briser, et même s'il espérait que ce n'était pas le cas, les os de ses doigts semblaient bel et bien au moins fêlés. Il laissa cette main pendre mollement, ignorant la douleur et gardant une expression neutre. Il ressentait la pression tout autour de lui, mais pour lui, cette pression était agréable. Tout ce qui l'intéressait, c'était la personne en face de lui.
Le silence qui régnait dans la pièce était de pure incrédulité. C'était voir un mort revenir à la vie, lourd, assourdissant et oppressant. Et juste lorsque l'atmosphère semblait ne plus pouvoir tenir, elle éclata.
Tout se transforma en sons, en plus de cris et de hurlements, mais maintenant il pouvait entendre la joie, la surprise, l'amour, la détermination et tellement, tellement de soulagement. Il y avait des applaudissements et les gens poussaient les autres pour mieux voir. Puis Voldemort se redressa et leva sa baguette non pas pour lancer un sort à Harry, mais pour faire taire la foule.
- SILENCE !
Et le silence tomba de nouveau.
L'air devint tendu alors qu'ils se regardaient, attendant que ce soit l'autre qui face le premier geste, qui agisse le premier. Harry ne ressentait toujours qu'un calme limpide bien qu'il puisse sentir son sang pulser rapidement dans ses veines et son excitation grimper comme de la braise étant titillée par le feu.
- Encore une fois, commença Voldemort dans un murmure que même Harry avait du mal à entendre, tu te tiens devant moi.
- Je me mettrais toujours sur ta route, répondit Harry, sa voix puissante et s'élevant pour que tout les autres puissent l'entendre même s'ils n'avaient pas entendus ce à quoi il répondait. – Tu ne peux pas gagner. Et même si je venais à mourir pour de bon, il y aura toujours quelqu'un pour venir me remplacer.
- Qui ? S'enquit l'autre, ses yeux rouge brûlant. – Personne ne peut me battre.
Harry laissa sa bouche s'étirer lentement et délibérément en un fin rictus. Puis il se tourna, une insulte envers l'autre, et cria aussi fort qu'il le pouvait
- L'Armée de Dumbledore !
Le sort se brisa de nouveau, et un rugissement s'éleva une nouvelle fois, tout ceux qui avaient fait partie de l'Armée de Dumbledore criant en réponse, et il crût même apercevoir des larmes sur certains visages alors que ses yeux passaient sur chacun d'entre eux. Il se sentit emplit de fierté à ce moment-là, grandissante et se montrant avec son sourire. Les membres sourirent à leur tour, tous aussi fiers que lui, tous excités, et tous prêt. Il vit Ginny qui le regardait avec un regard brillant. Ron et Hermione se tenaient l'un et l'autre et l'observait avec fierté, joie et inquiétude. Il vit Malfoy, boitant, son regard déterminé et encourageant. Il y avait ses professeurs et ses camarades de classes – il remarqua qu'il y avait beaucoup de blessés, et il pouvait dire que Tiedoll avait au moins abaissé partiellement son Innocence, laissant largement assez de place pour ceux qui voulaient partir ou regarder ce qui allait se passer.
Puis il tourna sur ses talons, une main dégainant son épée et envoyant un rayon rouge dans le ciel. Son épée restant en l'air pendant un moment, le soleil se leva à l'horizon et la lumière soudaine fit étinceler l'épée.
Il l'abaissa lentement, l'épée dans une main, sa baguette dans l'autre. Il observa Voldemort pendant un moment, la poitrine de l'autre se soulevant et s'abaissant, ses yeux plissés, avant de reprendre la parole
- Tu n'as jamais vraiment comprit quelle était notre force, n'est-ce pas ? S'enquit-il. – Tu l'as toujours sût, mais tu ne l'as jamais compris.
- Est-ce que tu veux parler de 'l'amour', comme disait l'autre fou ? Renifla l'autre. – Est-ce que tu crois vraiment que c'est que ce qui t'as permis de rester en vie, que c'est ça qui t'as sauvé encore et encore ? Ça n'a pas suffi pour sauver tes parents quand je les aie tués, ou pour sauver Dumbledore quand il est tombé, se brisant comme une pendule. Et personne ne semble t'aimer au point d'avancer et de se battre avec toi, n'est-ce pas ?
- Oh mais c'est exactement ce qui m'a permis de rester en vie, contra Harry. – C'est pourquoi je suis ici maintenant, pourquoi je suis revenu, pourquoi ton sort continu d'échouer. Tu les as réduits au silence et pourtant à chaque fois ils s'en sont libérés en quelques instants. Mais ce n'est pas la raison pour laquelle je vais gagner aujourd'hui.
Le soleil était si brillant – il brûlait dans son dos, sa lumière enveloppant Voldemort, mais au lieu de le rendre plus majestueux ou beau, ça le rendait maladif et peut-être même un peu plus faible que d'habitude. Il aurait été intimidant dans la pénombre, mais dans la lumière, il était montré comme il était vraiment.
- Tu crois pouvoir gagner ? Rit l'autre, même si ses pupilles semblèrent se rétrécir encore plus dans leur forme serpentine. – Et qui vas-tu utiliser cette fois ? Qui vas-tu sacrifier aujourd'hui ?
- Personne, répliqua fermement Harry. – C'est juste toi et moi maintenant. Personne pour se mettre entre nous deux. Tu n'as plus aucun Horcrux, et plus de Mangemorts pour se battre pour toi et me barrer le passage. Juste nous.
- Juste nous, répéta l'autre. – Alors tu dois te croire plus intelligent et plus puissant que moi. Croire que tu vas pouvoir me battre à la loyal. Lequel ?
- Je sais en effet des choses que tu ignores, accorda Harry. – Et j'ai en effet un pouvoir que tu ne connais pas.
Voldemort écarquilla légèrement des yeux avant de les plisser de colère et d'incrédulité. L'enfant était loin d'être aussi puissant ou intelligent que lui, ce n'était pas possible. Ce n'était pas vrai, et il n'allait pas se permettre d'être dupé.
- Mensonges, siffla-t-il. – Tu penses en connaître plus sur la magie que moi, le Seigneur Voldemort ? Tu penses pouvoir me surpasser alors que même Dumbledore me craignait ?
- Il n'avait pas peur de toi, dit calmement Harry. – Tu utilises toujours la peur pour régner sur les autres, mais ce n'est pas aussi efficace que tu le crois – après tout, c'est l'amour, et non la peur, qui t'as dupé pendant toutes ces années. C'est l'amour qui a guidé les actions de ceux en qui tu croyais le plus.
- Quelle est cette idiotie ?
- Est-ce que tu savais ? Je ne crois pas – tu as toujours crût que Severus Snape était tient, n'est-ce pas ? Tu n'as jamais douté de lui, tu n'as jamais pensé que son allégeance pourrait être à quelqu'un d'autre. Mais pendant tout ce temps, depuis le moment où tu es allé tuer quelqu'un qu'il aimait, il était un ennemi, pas un allié. Depuis que tu as tué ma mère, la personne qu'il aimait le plus au monde, il faisait tout pour te voir un jour tomber.
Un moment de silence et d'incompréhension avant que l'autre ne réponde
- Ce n'est pas important – j'ai tué Snape il n'y a pas longtemps. Il est mort, et avec sa mort, la Baguette de Sureau est mienne.
- Et voilà autre chose que tu ne sais pas. Il sourit presque comme un prédateur, et il imagina que ça devait être au moins un peu intimidant puisque l'autre inspira grandement. – Snape n'a jamais été le maître de la Baguette de Sureau. Le tuer n'a servi à rien – il n'a jamais possédé cette baguette, elle ne lui a jamais été loyale, et elle ne t'est pas loyale non plus.
- Mensonges ! Snape a tué Dumbledore – il a gagné son allégeance quand il l'a assassiné !
- Non. Parce qu'ils ont planifiés sa mort. Dumbledore a demandé à Snape de le tuer quand le moment viendrait. Sa mort était prévue, et donc Dumbledore n'a jamais été vaincu.
- Alors elle est mienne car je l'ai prise, même si c'est par un vol ! Je l'ai prise dans sa tombe, Potter, alors elle est belle et bien mienne.
- Ça serait le cas, normalement … si seulement Dumbledore n'avait pas été désarmé juste avant sa mort par quelqu'un d'autre.
Il tourna la tête sur le côté et croisa le regard de Malfoy qui semblait à la fois surprit et confus. Puis la conversation sembla rentrer car ses yeux s'écarquillèrent lentement. Harry reporta son attention sur le Seigneur Noir tout en disant
- Draco Malfoy était le véritable maître de la Baguette.
Des murmures s'élevèrent de la foule et beaucoup de regards se tournèrent vers le blond. Harry les ignora et ajouta
- Et je me demande si la baguette sait que Draco a été désarmé il y a plusieurs mois ? Je me demande si la baguette sait que j'ai battu à ce moment-là. Si c'est le cas, alors je suis le véritable maître de la Baguette de Sureau.
Harry n'avait jamais entendu Voldemort crier avec tellement de rage alors qu'il levait sa baguette, aucun mot ne sortant de sa bouche alors qu'il lui lançait de la magie pure. Il le regarda, et bien qu'il ne reconnaisse pas le sort, il était certain que ce n'était pas le Sort de la Mort. Il leva l'épée en un arc qui envoya le sort vers le ciel, et son autre main utilisa cet instant pour lancer son propre sort qui alla frapper un large bouclier qui se trouvait entre eux deux, bouclier qui se fissura immédiatement et éclata en morceaux de lumière. Le sort, en revanche, fut bien dévié de sa trajectoire.
Puis ils commencèrent à avancer en cercle, ne quittant jamais l'autre des yeux, lançant sorts après sorts, évitant et esquivant. Harry admettait sans problème qu'il n'avait jamais affronté quelqu'un d'aussi puissant que le Mage Noir. Il transformait l'herbe en lames, envoyait des rochers voler dans les airs, lançait des sorts et des malédictions qui pouvaient le tuer ou le blesser gravement si ils le touchaient correctement. Et en plus de ça, ils étaient tous lancés les uns après les autres sans arrêts, sans pause entre deux, sa baguette dessinant des arabesques compliquées.
Il s'enveloppa dans sa cape au moment même où il vit une déferlante de sorts qui se dirigeaient vers lui et, bien que ses jambes lui hurlaient d'esquiver, il ne voulait pas briser le cercle lent qu'ils avaient créés alors qu'ils restaient face à face. Donc au lieu d'esquiver il utilisa sa cape pour bloquer ceux qu'il avait manqué, son bouclier repoussant une bonne partie d'entre eux, puis lança sa propre vague.
Il bougeait son bras en dessinant des cercles, des arabesques et des traits à une vitesse qu'il n'avait jamais atteint auparavant, le tout sans s'arrêter. Sa vitesse n'égalait pas celle de son adversaire, mais il n'était pas lent non plus. Son pouvoir n'était pas aussi grand que celui de l'autre, mais ça aussi ce n'était pas grave. Il ne connaissait pas autant de sorts que l'autre, mais ce n'était pas grave non plus. Il se concentrait juste sur ce qu'il devait faire, sur ce qu'il était en train de faire, et oublia tout le reste. Il oublia qu'il y avait des centaines de personnes autour d'eux qui les regardaient dans un silence presque palpable. Il y avait juste lui et le Mage Noir, face à face, et la lumière de l'aube qui tombait sur eux.
Il se souvint de leur présence en revanche lorsqu'il y eu un mouvement général dans la foule. Il aperçut, du coin de l'œil, des figures familières se frayer un chemin entre les autres, jusqu'à qu'ils se tiennent entre la foule et la bataille. Ils formaient un cercle, habillés d'uniformes noirs et rouges, tenant ou possédant des armes de grand pouvoir. Il vit brièvement de regard brillant et attentif de Lavi, tenant son maillet de façon à ce que la base repose sur le sol, la tête de l'arme plus grande encore que la sienne. Le manteau argenté d'Allen remuait légèrement sous le vent, son expression neutre mais en même temps encourageante. Lenalee gardait ses mains derrière elle, son visage calme, ses yeux brillants et ses bottes illuminant les proches alentours. Kanda se tenait droit et les toisait de son regard, son épée pointée vers le bas et la pointe frôlant le sol. Harry aperçu aussi Marie, Bookman, et même Timothy.
Ils étaient tous différents, c'était étrange de le remarquer à ce moment précis. Anglais, Chinois, Japonais, Américain, Allemand, grand, petit, vieux, jeune, tous. Ils étaient là et observaient le combat avec un calme qui était en quelque sorte encourageant, bien qu'ils restent silencieux. Pour Harry, leur présence l'encourageait suffisamment.
Et si le fait que sa cape renvoi les sort ressemble un peu à de la triche, il s'en moquait. Il utiliserait tous les avantages à sa disposition. Ces sorts et maléfices qui rebondissaient sur sa cape étaient de nouveau parés par les Exorcistes, peut-être la raison pour laquelle ils étaient là, où peut-être pour prendre l'Innocence s'il venait à mourir, ou peut-être simplement parce qu'ils voulaient être présent. Il ne savait pas.
Il était certain en revanche que c'était leur présence qui énervait encore plus Voldemort – il poussa un cri aigu, terrible, et presque inhumain. Ses pouvoirs semblèrent se concentrer et Harry essaya de ne pas se laisser déconcentrer. S'il devait se concentrer – ce qu'il faisait depuis le début de ce duel, c'était pour arriver à ses fins.
Alors qu'il tombait dans une sorte d'état de méditation, il le sentit. Il le vit aussi – brièvement, il aurait juré qu'il venait de voir le soleil taper sur un fil qui s'étirait entre eux deux. Il ne savait pas exactement ce que c'était, mais il se concentra encore plus et mit sa main devant lui.
Il entendit plusieurs personnes émettre des sons surpris alors qu'il levait sa main comme pour dire 'stop'. Il le sentit devenir plus fort, et comme s'ils ne faisaient qu'un les sorts qui étaient lancés sur lui continuèrent leur route en l'entourant, comme si ils touchaient un bouclier invisible. Il savait que ce n'était pas le cas, mais ce sentiment était difficile à expliquer. C'était comme si tout à cet instant était devenu pur.
La baguette dans la main de Voldemort s'illumina de vie, mais d'une couleur vert de la vie au lieu de celle de la mort, le bout brillant légèrement. Son porteur siffla de surprise et d'incrédulité. Voldemort n'avait aucune idée de ce qu'il se passait avec elle. Il savait juste qu'il pouvait sentir quelque chose à l'intérieur, quelque chose de vivant, quelque chose de conscient et qui bougeait à l'intérieur de la baguette. Il resserra sa prise quand il la sentit se réchauffer et bouger, presque imperceptiblement, dans sa main. Ses yeux se portèrent sur le garçon en face de lui, son visage dur, les yeux du garçon de la même couleur que les étincelles qui émanaient de sa baguette.
Et il sût.
Harry sût le moment même où Voldemort réalisa que la baguette n'était pas qu'un puissant outil. Il sût à quel moment l'autre essaya d'en prendre le contrôle. Il ne savait pas si l'autre savait que c'était une Innocence qui se trouvait à l'intérieur de la Baguette de Sureau, mais il essayait tout de même de lui prendre les rênes, tirant autant qu'il le pouvait. Il sentit le fil entre eux se tendre à son maximum, puis quelque chose se mettre en place. C'était comme si quelque chose qui manquait venait de revenir en lui, quelque chose qui n'était pas à sa place et qui venait de retrouver la place où elle devait être.
Il crût un moment entendre un chant, doux, magnifique, et puissant. Il lâcha sa baguette, confiant. Il savait, même sans mots, ce que c'était. Il le sentait, entièrement sous son contrôle, tout comme il sentait Voldemort tirer dessus avec acharnement. Si les Innocences n'avaient pas une conscience aussi forte, il aurait pût être capable de la retenir.
Il sentit sa puissance augmenter, sentit le pouvoir propre de la baguette grimper. Il l'a reconnaissait. Il savait ce qui allait se passer si le combat intérieur persistait comme ça.
L'instant où Voldemort sentit une minuscule portion de la baguette tomber sous son contrôle il mit tout son pouvoir derrière les mots et maléfice qu'il cria à l'autre, à tout le monde, au monde entier ;
- AVADA KEDAVRA !
On aurait dit un boulet de canon partant de la baguette qu'il tenait, vert brillant et beaucoup plus puissant maintenant que la chose à l'intérieur de la baguette était réveillée. Le sort trancha l'air, le vent se faisant sec et puissant alors qu'il essayait de se frayer un chemin parmi les spectateurs, la lumière verte rendant leurs visages presque maladifs. Leurs regards étaient tournés vers l'énorme boule de lumière qui sembla se concentrer pendant quelques secondes sur le bout de la baguette avant qu'elle ne soit propulsée en avant.
Harry pouvait le voir, et personne d'autre à part les Exorcistes ne pouvait sentir à quel point c'était puissant. L'Innocence était réveillée, activée, et montrait le véritable pouvoir qu'elle pouvait donner, si seulement la personne qui la tenait était la bonne. Il n'avait pas peur, il ne se permettait de ressentir que de la mélancolie.
L'énergie percuta l'air en face de lui, une fois encore comme si une barrière invisible se trouvait là, mais cette fois-ci elle s'enroula autour de lui jusqu'à qu'il soit dans une bulle verte. La lumière était éblouissante, le vent qu'elle créait ébouriffant violemment ses cheveux. Mais ce n'était pas la mort qu'il voyait au plus profond de cette magie, c'était la vie. Il pouvait sentir une sorte de conscience à l'intérieur d'elle, une conscience qui le cherchait. Un étrange sentiment l'envahi, et il savait que ça ne venait pas de lui. Il observa avec des yeux plus âgés que le temps, avec plus de connaissances que n'importe quel être vivant, et décida.
Puis la lumière disparut, et il la regarda filer en direction de là d'où elle venait avec la même force qu'avant.
Sauf que maintenant elle était chargée de la colère de l'Innocence, et de sa propre vengeance.
Harry savait que si Voldemort avait essayé de continuer à se battre pour se synchroniser avec l'Innocence, celle-ci l'aurait détruit. C'est ce qui aurait pu arriver, mais elle se contenta d'utiliser le pouvoir et la forme qu'elle avait maintenant pour se retourner contre son propriétaire actuel.
Voldemort se retrouva engouffré dans la lumière et, durant les quelques secondes que ça dura, les cris du Seigneur Noir s'arrêtèrent en plein milieu. La lumière explosa vers l'extérieur au lieu de s'évaporer comme Harry l'aurait pensé, des étincelles allant frapper l'herbe, la végétation mourant là où elles atterrissaient.
Le Mage Noir était allongé sur le sol, ses yeux carmin écarquillés et horrifiés, sa bouche partiellement ouverte comme s'il avait voulu crier mais n'avait pas eu le temps de le faire. Sa baguette ne se trouvait pas dans ses mains, mais à une bonne distance, maintenant endormie et désactivée. Le corps ne se releva pas.
Puis l'instant fut rompu lorsque tout le monde se mit à courir, passant entre et à côté des Exorcistes. Tout ce qu'Harry vit fut la soudaine masse de personnes qui l'entourait, le corps de Voldemort disparaissant de sa vue, des personnes l'attrapant, le félicitant, le remerciant, criant, hurlant, pleurant et sanglotant, poussant et tirant. Les autres voulaient juste le toucher, et il ne comprenait pas un traitre mot de ce qu'ils disaient. Tous les mots se mélangeaient entre eux et tout ce qu'il réussissait à déchiffrer était l'émotion derrière. Il vit des visages qu'il connaissait, et d'autres qu'il ne connaissait pas. Il sentit des mains sur lui, vit Ron, Hermione, Malfoy, Ginny, Neville, Luna, Hagrid, tous les Weasley, McGonagall. Ils passèrent tous devant lui au moins une fois, et c'était à peine s'il arrivait à respirer.
Tout ce qu'il ressentait était une paix absolue.
La guerre dont il avait pris part toute sa vie, celle qu'il n'avait jamais voulue et qu'il avait tant détestée était enfin terminée. Des personnes étaient mortes, mais d'autres étaient maintenant en sécurité. Le règne du Seigneur Noir était maintenant terminé, et il avait sauvé de nombreuses vies. Il ressentait de la joie en voyant toutes ces personnes, autant pour celles qu'il connaissait que pour les autres.
Puis ils se mirent lentement à reculer et lui donner suffisamment d'espace pour respirer. Une partie de lui était étonné, il s'était attendu à ce que même la plus puissante des magies ne soit pas suffisante pour les faire reculer, et c'est là qu'il vit ceux qui s'étaient approchés. Il sentit le sourire qui s'était formé s'étirer encore plus.
Allen les menait, suivit de Lavi et Kanda. Derrière eux se trouvait le reste des Exorcistes, les vignes étincelantes qui avaient recouverte le trou béant dans le mur de la Grand Salle ne recouvrant maintenant plus que les bords détruits. Quand ils l'atteignirent, Harry prit la baguette qui lui était proposée avec solennité.
- Merci, dit-il, mais elle vous appartient. L'Innocence doit être avec vous.
- Et si tu la donnais toi-même à Hevlaska quand tu en auras envie ? Proposa Lavi avec un clin d'œil. – Histoire d'avoir une raison pour venir nous voir.
- Je n'ai pas besoin d'une raison, répliqua Harry avec son propre sourire. – J'irais vous voir aussi longtemps que je serais le bienvenu.
L'autre rit et ébouriffa ses cheveux déjà en bataille. Il glissa sa propre baguette à sa place et prit l'autre dans sa main gauche. Son regard passa sur eux
- Même si on a eu des moments difficiles, dit doucement Allen, je suis tout de même heureux d'avoir fait ta connaissance. J'espère que tu vivras le temps de paix comme il se doit.
- Je vais essayer, répondit tout aussi faiblement Harry. – Et même si je ne m'y attendais pas, vous êtes devenus de très bons amis. Alors je suis aussi content de vous avoir rencontré.
Les trois partagèrent un sourire, et même Kanda semblait légèrement moins froid que d'habitude. Mais Harry n'était pas dupe. Il connaissait suffisamment bien l'autre pour savoir qu'il ressentait la même chose que les autres. C'était juste qu'il ne le montrait pas. Ce fut d'ailleurs Kanda, qui regardait alors sur le côté, qui les aperçut en premier, rapidement suivit des autres.
Loin de là où ils étaient tous rassemblés, se tenant dans l'ombre de la forêt interdite se trouvait le Comte, Tyki Mikk et Road Kamelot. Harry les observa alors que Road les saluait de manière presque enthousiaste alors que Tyki penchait son haut de forme dans leur direction. Le Comte ne montra aucun signe, et ils se détournèrent rapidement pour disparaître dans les ombres de la forêt.
Harry ne savait pas pourquoi ils avaient décidés de partir, ou pourquoi ils ne s'étaient pas battus avec les Akumas. Il avait la désagréable impression qu'il y avait autre chose.
- Ne t'occupe pas d'eux, dit Allen en se détournant de la forêt, une main se posant sur l'épaule d'Harry. – On s'en occupera plus tard. Et de plus ce n'est plus ton problème maintenant. Tu devrais profiter de ta victoire.
Une main vint frapper son dos et Harry fut conduit dans la Grande Salle, des rires résonnant tout autour de lui.
A l'intérieur se trouvaient les morts ainsi que ceux qui avaient été trop blessé pour pouvoir partir. Beaucoup applaudirent et crièrent de joie en les voyant entrer. Harry était conscient que tous les autres entraient les uns après les autres, mais lui-même ne savait pas quoi faire. D'autres voulaient lui parler de leurs pertes et de ce qu'ils avaient gagné, voulaient le remercier, s'excuser, ou encore voulaient sa bénédiction. Il ne fallut pas longtemps pour qu'il remarquer que les Exorcistes s'étaient rassemblés devant le trou béant, impressionnant face à la lumière du soleil qui semblait les enlacer.
Il se dirigea vers eux en se demandant ce qu'il pouvait bien se passer, et vit qu'au centre se trouvait Miranda, à la limite de ses forces. Elle l'aperçu immédiatement, et des larmes coulèrent de ses yeux alors qu'elle titubait vers lui.
Il la maintint par ses avant-bras, surprit alors qu'elle pleurait son nom.
- Miranda, tu dois te reposer, murmura-t-il doucement. – Tout va bien, vraiment.
- Non, dit-elle. – Ton temps … ton temps a disparu …
Il comprit alors qu'elle était à la fois déprimée et soulagée non pas parce qu'elle était à sa limite ou parce que beaucoup de personnes étaient mortes, mais parce qu'elle a crût qu'il était mort. Il sourit, sa poitrine se réchauffant
- Je vais bien, tu vois bien ? Son sourire s'étira quand elle leva les yeux vers lui. – Je vais bien. Je te le promets. Je suis désolé de t'avoir fait peur.
Elle secoua la tête et se frotta les yeux. Marie approcha derrière elle et posa doucement une main sur son épaule. Il lui demanda tout aussi doucement de leur rendre leur temps pour qu'elle puisse se reposer. Reniflant, elle hocha de la tête.
C'était évident l'instant même où elle le fit. Les autres étaient aussi en train de regarder ce qu'il se passait et le virent aussi. Une brève lueur entoura Miranda avant qu'un vent fort n'éclate dans la salle.
La surprise fut générale lorsque des blessures commencèrent à apparaître sur leurs corps. Ce qui avait été de simples égratignures ou des bleus devinrent de larges plaies, des os cassés, et d'autres blessures importantes.
Les jambes presque sans dégâts de Lenalee devinrent criblées de coupures et d'autres plaies, et elle tituba sur ses jambes pendant plusieurs secondes avant que Komui ne l'aide à rester debout.
Le torse d'Allen était en lambeaux, et de larges équimoses sur ses flans indiquaient que plusieurs côtes étaient cassées. Une trainée de sang coulait le long de la joue de Lavi à partir de ses cheveux, et une assez profonde entaille se trouvait sur sa hanche. Les bras de Kanda étaient blessés, un de ses doigts penché du mauvais côté. Chaoji semblait avoir une clavicule brisée ainsi qu'une vilaine plaie à son oreille.
Ce fut tout ce que Harry pût entrevoir. Il savait que parmi eux, Lavi, Allen, Chaoji et Marie s'écroulèrent immédiatement au sol. Lenalee et Kanda durent s'asseoir rapidement, et Timothy tituba légèrement avec une expression de douleur. A part ça Harry était trop préoccupé avec ses propres blessures pour remarquer autre chose.
Sa tête lui faisait horriblement mal, et il sentit quelque chose de visqueux glisser le long de sa gorge. Sa vision se brouilla pendant un moment, des douleurs se faisant ressentir partout dans son corps. La douleur à ses doigts sembla s'éteindre en comparaison – un de ses tibia semblait avoir pris plusieurs rochers dessus, et une entaille barrait son coude gauche. Il vit que ses mains, en particulier ses paumes, étaient irritées et brûlaient légèrement. Ses côtes le faisaient atrocement souffrir, et il commençait à se sentir mal.
Il ne sait pas qui l'avait mené à l'écart pour s'allonger, mais il était conscient de l'activité tout autour de lui. Le temps des personnes pour lesquels Miranda l'avait arrêté avait repris son court, et ceux qui avaient reçus des blessures mortelles qui n'avaient pas été immédiatement soignées s'étaient remisent à saigner ou a empirer. Tous ceux qui avaient des connaissances dans le domaine médical furent forcés d'aider, et il savait que la Matrone s'occupait maintenant principalement des Exorcistes.
Il avait perdu connaissance pendant un moment, et quand il se réveilla, une heure était peut-être passée. Il s'asseya, ses côtes l'élançant légèrement, et vit que les tables de la Grande Salle avaient été remisent en place, bien que personne ne soit assis selon leur maison. Une partie était toujours dédiée aux blessés, mais cette fois il vit que d'autres sorciers et sorcières infirmiers avaient été appelés et que presque tout le monde avait été soigné.
Il pouvait voir que des familles s'étaient regroupées. Il reconnut sans difficulté les Weasley, chacun à portée de main de l'autre. Même Percy était avec eux, ses yeux lourdement bandés. Tous portaient le regard de quelqu'un qui avait perdu quelque chose durant la guerre. Il aperçut d'autres gens qu'il connaissait, mais partout où son regard passait il ne trouvait aucune trace des membres de la Congrégation de l'Ombre. Personne à part la Matrone, qui discutait à faible voix avec Madame Pomfrey. Et il surprit de trouver, d'entre tous, que c'était Malfoy qui se trouvait à ses côtés.
- Il était temps, dit Malfoy, mais il ne semblait pas particulièrement agacé. – Je commençais à me demander si tu allais dormir toute la journée.
- C'est tentant, répliqua Harry en se rallongeant, ses yeux levés vers le plafond et espérant que personne n'avait remarqué qu'il était réveillé. – Où sont partit les autres ? Les Exorcistes et Komui ?
- Ils ont laissés un message pour toi, répondit l'autre.
Harry attendit en silence, se demandant ce qu'ils avaient pût dire. Finalement, Malfoy reprit la parole
- Ils m'ont dit de te dire d'aller leur rendre visite, qu'ils comptaient bien à que tu fasse ce que tu as dit que tu ferais, et qu'apparemment ils ont adorés les moments passés avec toi.
- C'est tout ? Questionna Harry, bien qu'il ne soit pas vraiment surprit.
- Qui sait, il se pourrait qu'ils aient mentionnés une ou deux choses en plus que je n'ai pas prit la peine de retenir, annonça Malfoy en détournant le regard, un léger rictus hautain sur son visage.
- Certaines choses ne changeront jamais, marmonna Harry en levant les yeux au ciel. Le silence retomba avant que l'autre n'ose demander
- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?
- … Je ne sais pas, musa Harry, se le demandant lui aussi alors qu'il regardait le plafond. – Me reposer. Vivre. Profiter de la paix … et toi ?
Le silence qui lui répondit n'était pas très encourageant, mais juste alors qu'il pensait que l'autre n'allait pas lui répondre, il entendit
- J'ai discuté avec leur chef, Komu-quelque chose-
- Komu-ee, corrigea Harry, ignorant le haussement d'épaules de l'autre.
- Oui. J'ai discuté avec lui. Le regard de Malfoy se fit lointain avant qu'il ne devienne soudainement sérieux. – Je crois que je vais rejoindre la Congrégation. On a discuté du type de bénéfice que l'ajout d'un sorcier pourrait offrir, et j'ai quelques idées en tête.
- C'est bien. Harry en vint presque à sourire. – Je ne t'aurais jamais pris pour quelqu'un qui ferait quelque chose comme ça.
- Je n'aurais jamais imaginé que je serais assis là à discuter avec toi sans t'insulter non plus, et pourtant nous voilà.
Harry éclata de rire. Il s'asseya de nouveau et regarda en direction du soleil, un sentiment de paix l'envahissant. C'était comme si partout où il regardait il pouvait voir de nouvelles possibilités. Il pouvait voir ses amis et savoir qu'il avait tout le temps pour parler avec eux. Il pouvait voir Ginny, et savoir qu'ils avaient des jours, des semaines et même des années devant eux si ils choisissaient de passer ce temps ensemble. Il pouvait penser à toutes les choses qu'il était libre de faire, de penser, de ressentir, et il sourit non seulement parce qu'il était heureux, mais aussi parce qu'il pouvait, et que c'était réel.
La guerre était terminée. Ainsi qu'un gros chapitre de sa vie. Et il ne pouvait pas dire qu'il regrettait grand-chose. Mais bien qu'il ait beaucoup de chose à faire et d'autres à dire, tout ce qu'il voulait faire pour le moment était de s'asseoir et de savourer l'instant le temps qu'il durera. Avant cet instant, il n'avait jamais réalisé à quel point le Temps était important.
- Il est réveillé ! Il entendit quelqu'un chuchoter, et il vit du coin de l'œil la foule s'agiter et se pencher vers lui. L'instant même où quelqu'un se mit à approcher, Malfoy glissa hors de son siège et s'éloigna telle une ombre.
Harry accepta chaque remerciement qu'il entendit, béni ceux qui voulaient l'être bien qu'il trouve ça inutile, et il sourit en retour. Il se sentait en vie. Il se sentait en paix. Pour lui aucun moment dans le futur ne pourrait surpasser ce qu'il ressentait à cet instant.
Son regard passa sur sa cape, pliée à côté de sa tête, et sur la Baguette de Sureau qui reposait au-dessus. Il pouvait sentir la connexion qu'il y avait entre eux, et donc avec l'autre guerre, bien qu'elle ne soit pas sienne. Il ne savait pas où il serait dix ans après cet instant, mais il espérait qu'il pourrait profiter de la paix aussi longtemps que cela lui sera permit.
La paix était toujours temporaire, toujours éphémère, mais cette paix était la sienne, et il ferait en sorte de la garder.
