Bonjour, bonsoir.
Après une très courte attente, voici le premier chapitre de la fic qui en comptera quatre.
Merci à la personne qui m'a laissé une review, ça fait plaisir.
Bonne lecture.
« Alexandre ! Pitié, réponds-moi. Pitié… »
La voix suppliante de Julien me parvient de mieux en mieux, mais cela reste encore difficile de percevoir tout ce qu'il dit. Je reconnais vaguement mon prénom, mais le reste est un mélange de lettres, de mots que je peine à comprendre. Je tente de me redresser, mais mon corps est encore trop faible pour y arriver et il me donne l'impression de peser une tonne. Mes paupières s'ouvrent après plusieurs secondes, avant de se refermer en voyant que je suis plongé dans le noir.
Ma mémoire ne me fait pas défaut quand je tente de me rappeler ce qu'il s'est passé. L'immeuble s'est effondré sur lui-même après avoir lancé un avertissement que je n'ai pas su correctement interpréter. C'est idiot de ma part. Je pourrais mourir juste parce que je ne suis pas doué. Arrêtant de me rabaisser mentalement, je me demande qu'elles sont les raisons de cet effondrement avant de me rappeler que je ne m'y connait pas assez bien, voir pas du tout, pour le savoir.
En tout cas, je n'ai aucun mal à comprendre que je suis entouré de poussière et que celle-ci envahit mon nez alors que je tente de prendre une grande bouffée d'air. Malgré moi, je commence à tousser faiblement et cela semble faire réagir Julien parce que je l'entends parler.
« C'est toi Alex ? Faites que je ne rêve pas… »
Comme il y a quelques minutes, j'ai du mal à comprendre ce qu'il dit en dehors de quelques mots dont la fin de la seconde phrase. Je devine donc, plus qu'autre chose, où il veut en venir. Il croit sûrement que je suis mort et je me demande vaguement par quelle chance j'ai survécu à ça. Enfin, peut-être que je suis mort, mais que je n'en sais rien. Mais vu que je ne crois pas à l'existence des fantômes et autres revenants, je me convaincs finalement que je suis encore bien vivant. Et cela même si je risque de mourir à n'importe quel moment. C'est pour cette raison que je me décide à attendre la mort qui ne va sûrement pas tarder.
Pendant que la mort se fait attendre, je finis par entendre clairement. Je remarque enfin les bruits environnants et les sanglots qui sont proches de moi. Que quelqu'un soit en train de pleurer n'a rien d'étonnant, mais le fait d'entendre mon prénom est dit entre deux sanglots m'étonne beaucoup. La personne que j'entends doit me connaître. Une seule possibilité me vient en tête : Julien. Je me décide rapidement à lui répondre, n'aimant pas du tout l'inquiéter alors qu'il est aussi coincé sous des gravats, mais je n'y arrive pas de suite. Ma bouche est trop irritée pour me le permettre. Donc je peux uniquement continuer d'écouter ce qui m'entoure.
Autour de moi, je perçois surtout les sanglots et la respiration hachée de Julien qui ne doit pas être très loin. En arrière-plan, je remarque des cris, des pleurs et des bruits provenant de l'immeuble qui n'ont rien de rassurant. Je suis très loin de me sentir en sécurité. Cela ne s'arrange pas quand j'ouvre à nouveau les yeux pour qu'ils finissent par s'habituer à l'obscurité ambiante.
Le chaos. C'est comme cela que je perçois ce qui m'entoure. Je n'avais pas pu m'en rendre compte avant, mais maintenant, j'aurais préféré ne rien voir. J'ai à présent la désagréable impression d'être enterré vivant. Heureusement que j'arrive à ne pas paniquer, ce ne serait pas une bonne chose ici. Mes yeux sont un peu agressés par la poussière qui n'arrête pas de tomber en mince filet, mais je fais un effort pour les garder ouvert tout en évitant de trop les frotter. Il ne manquerait plus qu'ils soient irrités.
De toute manière, quelque chose me préoccupe plus que mes yeux agressés. Depuis que je me suis réveillé, je sens une douleur au niveau de la tête. C'était quelque chose de lointain, mais plus je reprends conscience plus elle semble présente. Levant la main, je la dirige dans mes cheveux à l'endroit où j'ai mal avant d'y passer légèrement mes doigts, ce qui m'arrache une grimace et un petit bruit de douleur.
Mes doigts sont rapidement souillés par un liquide et je ne fus pas étonné de voir que c'est du sang. Mes cheveux en sont recouverts, aussi bien sous forme encore liquide que séché, et je continue de saigner. De toute manière, je sais que les blessures au niveau de la tête saignent beaucoup sans que ce que j'ai puisse mettre ma vie en danger. Je suis à moitié inquiet en gardant bien ce fait à l'esprit. Cela doit être sûrement à cet endroit que je me suis cogné en chutant à travers les gravats. C'est cela ou je me suis blessé durant la chute, je ne peux pas vraiment le savoir.
En me répétant que cela aurait pu être pire, je ne cesse de relativiser concernant ma blessure pas si grave qu'elle peut en avoir l'air. J'ai la tête dure de toute manière. Je préfère alors de m'occuper de quelque chose de plus important. C'est pour cela que je tente une nouvelle fois de répondre à Julien qui pleure faiblement, mais ma voix ne suit pas le mouvement de mes lèvres. Merveilleux. Ce serait le comble que je sois devenu muet alors que savoir parler est un des piliers de mon travail. En évitant d'aller directement à cette conclusion, je décide d'encore attendre avant de réessayer de parler. Cela m'arrangerait que Julien sache que je ne suis pas mort.
Cette dernière pensée me fait changer d'avis pour ce qui est d'attendre encore. M'obligeant à y arriver, je m'entends appeler mon ami d'une voix encore faible. Mais étrangement, je n'ai pas besoin de me répéter pour qu'il s'arrête de pleurer et me réponde.
« Alexandre ? Tu es vivant ?
- Oui.
- J'ai eu si peur. J'ai vraiment cru que… Que…
- Je ne suis pas mort, pas encore.
- Tu ne répondais pas, je… J'ai vraiment cru que c'était le cas. »
Sa voix fait naitre une douleur sourde dans mon cœur. Douleur que je tente d'oublier alors que je ferme les yeux une nouvelle fois. Ma voix semble retourner dans le néant pendant que je pense à lui répondre. Tant pis. De toute manière, on s'est peu parlé, mais c'est assez pour se rassurer mutuellement dans cet endroit qui a tout pour être terrifiant.
Les minutes passent lentement, trop lentement à mon goût. Le silence n'est pas pesant, mais je crois que j'ai besoin de me changer les idées.
Alors que je m'apprêtais à parler à mon compagnon de malheur, il commence à tousser de manière un peu inquiétante, mais je conclus rapidement que c'est à cause de la poussière. Moi-même, je me retiens de l'imiter pour évacuer la poussière de mes poumons. Une fois qu'il a fini de tousser, je l'entends pousser un soupir avant qu'il pose sa tête contre le faux plafond qui nous sépare, silencieusement. J'ai l'impression que le fait de ne pas pouvoir être vraiment à ses côtés arrive à me faire souffrir plus qu'autre chose.
Ma main se pose contre la plaque qui nous sépare l'un de l'autre pendant que je tente de me convaincre qu'il n'est pas si loin de moi et que je ne suis pas tout seul. Je retire ma main peu de temps après en retenant un bruit de désespoir. J'aurais préféré, au fond, être seul si c'était pour ce qu'il puisse être en sécurité, loin d'ici. Mais je m'empêche de trop y penser, pour l'instant.
Décidant de me changer un peu les idées, afin de ne pas avoir l'esprit perturbé, j'entreprends d'observer avec plus attention l'endroit où je suis. Même si cela ne va pas réussir à m'apaiser. Malgré l'obscurité, je regarde avec plus d'attention une partie de l'endroit qui m'a sauvé la vie, c'est-à-dire le plafond improvisé qui arrive à me protéger des gravats qui se trouvent au-dessus. Celui-ci est composé d'un morceau de plafond, de ferrailles qui devaient être dans les murs et aussi un morceau de bois qui doit appartenir à un meuble. C'est grâce à tout ça que mon corps n'est pas entravé, mais je peux à peine me mettre à genoux avant que ma tête touche le plafond. J'ai assez d'air pour respirer, mais ce n'est pas pour autant facile à cause de la poussière.
Au bout d'un moment, je finis par me redresser un peu pour changer de position avant qu'un cri de douleur me soit arraché. Je retombe d'un coup, me cognant l'arrière de la tête, mais cela n'a pas d'importance. Une douleur sourde se propage au niveau de mon avant-bras gauche comme si quelqu'un s'amusait à frapper dessus avec un marteau. J'ai du mal à retenir des larmes de douleur alors que je serre très fort la mâchoire. Finalement, je n'aurai pas dû bouger. C'était une très mauvaise idée. La douleur ne fait que confirmer cette pensée.
Si j'avais eu qu'une simple blessure à la tête à cause de la chute, j'aurais été un chanceux. Mais ce n'est pas totalement le cas. En regardant de plus prêt mon bras, je me rends compte qu'il est un peu déformé même si ce n'est pas énormément flagrant. Une seule possibilité prend place dans mon esprit, une fracture. Je prends quelques longues secondes pour réussir à dompter un minimum la douleur avant d'à nouveau entreprendre de m'installer de façon plus confortable en ramenant mon bras blessé contre moi.
Sans avoir entendu Julien parler, je peux que deviner qu'il est inquiet après avoir entendu mon cri de douleur.
« Désolé de t'inquiéter, je … Je viens juste de me rendre compte que j'ai un bras cassé…
- Ce n'est pas ta faute et je m'inquiète un peu trop quand… Non, rien.
- Tu allais dire quoi ?
- Rien !
- Si tu le dis… Tu es blessé toi ?
- Je crois fortement que j'ai une jambe fracturée, surtout. Et aussi migraine, mais c'est sûrement parce que je me suis cogné en chutant. Sans parler des coupures que j'ai un peu partout. Et toi ? Tu as autre chose en dehors de ton bras cassé ?
- J'ai aussi une blessure au niveau de la tête et j'ai mal à peu près partout aussi. Puis pareil pour les coupures.
- Tu saignes beaucoup à la tête ?
- Je ne sais pas trop, sûrement.
- Il n'y a rien pour essuyer le sang près de toi ?
Mon regard se pose sur le sol à mes côtés et je ne vois rien qui puisse m'aider à travers des débris et la poussière.
- Non, rien.
- Okay, attends.
Je ne dis plus rien, attendant finalement qu'il recommence à parler. À la place, j'entends quelque chose bouger près de moi. En me retournant, difficilement, je remarque que Julien est en train de dégager plusieurs gravats afin de pouvoir passer sa main. Une fois fait, je le vois me passer un paquet de mouchoirs. Je le prends sans hésitation en frôlant quelques secondes ses doigts avant qu'il retire sa main comme si je lui avais fait mal. Je préfère ne faire aucun commentaire sur ce fait.
- Merci.
- Ce n'est rien. Je n'en ai pas vraiment besoin, donc autant que tu l'ailles.
- Vraiment, merci. »
Je sors un des mouchoirs du paquet avant de l'appliquer sur mes cheveux, à l'aide de mon bras non blessé, en lâchant un autre bruit de douleur. J'essuie le sang avant de remarquer que la coupure est assez petite. Je m'en suis douté vu que je n'avais pas particulièrement mal sauf quand j'y touche. J'ai au moins la certitude que je ne vais pas mourir de ça. Je dois me méfier de beaucoup de choses pour sortir vivant d'ici, mais pas de ça. Une petite voix me dit qu'au fond, je n'en sais rien parce que je ne suis pas médecin et cela me fait retourner les pieds sur terre, si possible. Je verrais tôt ou tard si je me trompe, je ne suis pas pressé d'un coup.
Sans pouvoir me retenir, je commence à faire une liste des choses qui peuvent me tuer. Sans hésitation, le fait que je finisse écraser est à la première place, mais ce n'est pas tout. Le manque d'oxygène peut être la fin que je convoite, au moins j'aurai perdu connaissance avant de mourir. Au bout d'une dizaine de minute, j'ai fait une liste comprenant un peu moins de 40 choses qui pourraient me tuer. Et étrangement, je ne panique pas tant que ça. Peut-être parce que je ne peux rien faire pour les éviter. Si je dois mourir aujourd'hui, cela arrivera.
Mes pensées dérivent par la suite sur mon habitat improvisé, et même si je sais que je lui dois ma vie, je ne peux m'empêcher de me dire que l'effondrement de mon abri pourrait arriver assez tôt parce que je ne sais pas si c'est assez solide pour me garder longtemps en vie. Je me demande vaguement quel poids mon plafond improvisé pourra supporter avant que tout s'écroule avant d'à nouveau me dire que je ne pourrais pas trouver la réponse par moi-même. Cela doit être un miracle, ou grâce à une loi scientifique, je ne sais pas trop. En tout cas, je remercie le destin de m'avoir fait arriver ici alors que cela aurait pu être pire, vraiment. Tant pis si j'ai l'impression d'être enterré vivant, au moins j'ai de la chance d'être encore en vie.
Mon regard se pose sur l'endroit où Julien m'a passé le paquet de mouchoirs et je me dis qu'on a tous les deux de la chance. Si on sort ici vivant, on devra jouer au loto. Cette pensée me fait sourire brièvement alors que je sais qu'on ne peut pas nous voir comme chanceux, au fond. Dire qu'on aurait pu être ailleurs qu'ici si je l'avais voulu…
Grâce à ma dernière pensée, je me souviens que je ne sais pas depuis combien de temps on est ici et je me décide de poser la question à Julien.
« Cela va faire combien de temps qu'on est ici ?
- Un peu plus de 20 minutes.
- Tu crois que les secours sont prévenus ?
- J'en suis pratiquement certain. Mais… Je ne pense pas qu'ils nous retrouveront rapidement. À la base, nous étions, Julien se mit à tousser avant de continuer, au septième étage sur vingt. Donc ils vont avoir du travail avant de nous retrouver.
- J'espère que cela ira vite.
- Moi aussi. »
Dix minutes passent sans que rien ne change. Et c'est pareil durant encore une heure. Julien me parle de temps en temps, mais mon corps est trop fatigué pour lui répondre au bout d'un moment. Je me suis même endormi au bout du moment, sans pouvoir me retenir. De toute manière, que je sois en train de dormir ou réveiller cela ne changerait rien au fait que je suis bloqué sous plusieurs tonnes de matériaux et que je risque ma vie à chaque seconde. Autant que je récupère des forces pour la suite.
J'espère que cela vous a plu. N'hésitez pas à laisser des reviews, cela fait toujours du bien tout en ne vous demandant pas énormément d'efforts.
Liliael.
