Bonjour, bonsoir.

Voici le second chapitre.

J'espère qu'il vous plaira. Et bonne lecture.


Le ciel est beau et je sens le soleil réchauffer mon visage alors que j'ai les yeux fermés. Un rire d'enfant me parvient au loin et cela m'arrache un petit sourire. Je pourrais rester ici encore des heures si je ne sentais pas une présence au-dessus de moi. Quand mes paupières s'ouvrent, je tombe sur un regard bleu rieur. Ses yeux me rappellent le bleu du ciel et cela me fait à nouveau sourire. La personne à qui appartiennent les yeux que j'aime tant glisse sa main dans mes cheveux avant de se coucher à mes côtés. Nos regards se croisent à nouveau quand je tourne la tête afin de l'observer. Lentement, j'approche mon visage afin de capturer les lèvres de la personne que j'aime. Quand je l'entends crier. J'ai juste le temps de voir son regard paniqué avant qu'il est avalé dans un gouffre sans fin.

..•°¯°•..•°¯°•..

Quand j'ouvre les yeux, je retiens avec difficulté un cri de panique alors que la fin de mon rêve repasse sans cesse dans mon esprit. Mon cœur est déchiré alors que je reprends avec peine mon souffle. Je l'aime… Je suis au courant pour l'avoir comprit il y a un moment. Mais depuis quand c'est devenu si imposant, si important ? Je ne sais pas. Mais il faut que j'arrête de me mentir. Je suis amoureux de Julien, mon cœur lui appartient tout entier.

Après avoir retenu un cri de panique, ce sont des larmes que je tente de retenir. Être enterré vivant ne semble pas assez difficile, il faut maintenant que mes sentiments décident de rappeler leur présence malgré moi. Bien que l'envie de retenir mes larmes soit bien présente, je les sens finalement glisser sur mes joues en créant des sillons à travers la poussière. Tant pis. À croire que j'ai besoin d'évacuer un surplus d'émotion pour supporter ce que je suis en train de vivre. Je ne prends même pas la peine d'essuyer mes larmes jusqu'à ce que mes larmes se tarissent. Au moins, j'ai réussi à pleurer en silence. Aussi silencieusement que mon cœur bat pour lui.

Je suis pathétique. Totalement.

Jamais Julien pourrait m'aimer, il est trop heureux avec Clem et on a été en froid durant un moment, ce qui est en partie ma faute. Même si ça va mieux maintenant, notre relation n'est pas aussi positive que je le voudrais. Je fais partie des fantômes de son passé et des connaissances du présent. L'idée même d'avouer mes sentiments à son égard suffirait à l'éloigner de moi une bonne fois pour toute. Donc je dois me taire et jusqu'à la fin. Fin qui ne devrait pas trop tarder vu où nous sommes.

En attendant encore que la mort arrive, je me dis que je peux profiter un peu de la seule chose qui arrive à me rassurer ici.

« Julien ?

- Hum ?

- Tu t'es endormi ?

- Non… J'ai trop mal à la tête pour y arriver.

- Comment tu t'es fait mal exactement ?

- Une poutre m'est tombée sur la tête durant la chute. Je n'ai pas perdu connaissance, j'en suis certain. Enfin, ça va passer. Sinon bien dormi ?

- Je… Cela a été.

- Tant mieux. »

Je grimace à cette réponse, sans pouvoir me retenir. Le souvenir de mon rêve ne part pas de mon esprit et je ne peux pas m'empêcher de me sentir coupable en lui mentant sur la qualité de mon sommeil, même s'il doit un peu s'en foutre. Il ne pourrait pas comprendre que sa présence a tendance à me troubler un peu trop pour mon bien. C'est pour cela que j'avais déjà essayé de l'oublier en sortant avec des filles, mais sans résultat. Je n'ai pas vraiment essayé de sortir avec des gars parce que le seul qui me plaît, c'est lui. Vraiment, la chance n'était pas avec moi quand il a commencé à me plaire.

En plus de mes sentiments qui s'amusent à me rendre fou, je sens une culpabilité s'insinuer dans mes veines. Jusqu'à maintenant, j'avais plus ou mois oublié le fait que c'était ma faute si Julien se trouvait dans l'hôtel avec moi. C'est ma faute s'il est en danger… Je lui avais donné rendez-vous pour pouvoir m'expliquer avec lui, en gros tenté de mettre au clair ses sentiments que j'ai du mal à accepter. Et cela même si je risquais de le perdre pour toujours. Je savais qu'il n'avait rien de prévu pour le reste de l'après-midi, donc j'en avais profité. À présent, je ne préfère pas savoir s'il m'en veut et je préfère ne pas lui demander, j'ai trop peur d'avoir sa réponse. Donc je fais profil bas pour le coup en laissant mon courage de côté.

Malgré mon bras cassé, je recommence à gigoter pour m'installer plus confortablement avant de mettre ma main valide sur ma bouche et mon nez. En bougeant, j'ai fait bouger la poussière qui se trouve sur le sol et je préfère ne pas recommencer à tousser à cause de ça. Et j'ai aussi le réflexe de fermer les yeux. De toute manière que mes yeux soient ouverts ou fermés, c'est pareil par rapport à l'endroit où je suis.

C'est uniquement en sentant des gouttes de sang glisser le long de ma tempe que je me décide de bouger ma main. J'aurai dû me douter qu'essuyer juste le sang n'allait pas suffire pour que la blessure au niveau de la tête ne se manifeste plus. Je prends un autre mouchoir avant de le poser à l'endroit où le sang s'échappe. Encore une fois, je grimace sans pouvoir me retenir parce que cette fois-ci, je touche plus franchement la blessure. Me vider de mon sang n'est pas une chose positive ici, même si encore une fois cela ne risquait pas de me tuer.

Sans pouvoir me retenir, je me demande à quoi je peux ressembler dans cet état. Une chose est claire, je ne dois pas être beau à voir. Loin de là. Après tout, je suis recouvert de poussière avec des traces de sang sur la tempe et un peu sur le visage, sans oublier que je dois avoir plein de bleus comme d'égratignures. Mon haut est un peu déchiré ainsi que mon pantalon. Je suis certain d'avoir des blessures sans même avoir besoin de regarder. L'adrénaline fait encore bien son boulot

Je suis arraché de mes pensées par les mêmes bruits terrifiants qu'il y a eut juste avant l'effondrement de l'hôtel. Cela me permit de ne pas être étonné par ce qui arriva quelques secondes après.

Un nouvel effondrement se fait entendre un peu plus haut et le bruit se répand de plus en plus à fonction que les matériaux tombent. Rapidement, voire un peu trop vite, le bruit est trop proche de moi à mon goût. Sans pouvoir me retenir, je me sens encore plus en danger de mort. J'ai alors le réflexe de me coucher en position fœtale quand c'est juste au-dessus de ma tête. Le plafond s'abaisse un peu plus, mais s'arrête à une dizaine de centimètres de moi. Sur les bords, ça reste assez grand pour que j'étende mes jambes. Je ne suis pas encore mort, c'est un vrai miracle. Ma deuxième réflexion se tourne vers Julien.

« Julien ? Tu es encore là ?

- Oui ou… Oui. Mais, une poutre m'empêche de… Respirer correctement.

- Tu peux tenter de la pousser ?

- J'ai peur que si je la bouge trop, cela risque de… de faire tout tomber.

- Okay. Ne fais surtout rien alors !

- Pas comme si j'allais essayer…

- Oui, c'est vrai… »

Je me sens encore un peu coupable en regardant l'espace que j'ai et qui est encore supportable, si on oublie ce qui se trouve juste au-dessus de ma tête. Depuis que je suis ici, j'ai eu plus de chance que l'autre être vivant à mes côtés. Je n'ai pas de mal à respirer, je peux encore bouger et je supporte assez bien mes blessures, si on oublie ma fracture. Ce n'est pas pareil de son côté, de plus je sais qu'il évite de se plaindre.

Alors que je me dis que Julien peut être mort en quelques secondes, sa respiration qui parvient à me rassurer au début. Puis je réalise qu'elle est saccadée et que cela empire un peu plus à chaque seconde qui passe. Cette poutre l'empêche vraiment de respirer. Je ne peux pas accepter que ce soit le cas, alors je me redresse légèrement pour me rapprocher de la séparation entre lui et moi. Ce n'est pas grave si cela signe mon arrêt de mort, je suis prêt à donner ma vie pour lui.

« Alex, je … Tu as aussi des fourmillements parce que… tu ne bouges pas beaucoup ?

- Non. Tu en as depuis combien de temps ?

- Dix minutes, à peu près. Je croyais que cela allait passer, mais ce n'est pas le cas.

- Ce n'est pas normal. Tu ne manques pas d'oxygène ?

- Je … Je ne crois pas. Avant, j'en avais plein. Maintenant, c'est… Plus compliqué.

- Je me doute. Tu as des fourmillements où ?

- Surtout dans les jambes. Pourtant, j'arrive encore à les bouger même si ce n'est pas facile. Puis… Un peu dans les doigts.

- Continues de bouger les endroits où tu sens les fourmillements. J'espère que cela passera. »

Après avoir entendu mon conseil, Julien cesse de parler et j'entends qu'il bouge juste à côté de moi. Il continue pendant encore un long moment avant qu'il arrête avec un soupir. Je ne peux pas savoir si c'est du soulagement ou de l'exaspération et je décide de ne pas lui demander. S'il veut m'en parler, il sait que je suis prêt à l'écouter même si cela doit durer des heures. Donc qu'il préfère garder le silence me fait comprendre qu'il ne veut pas le faire. Préférant éviter de le forcer, je me mordille la lèvre inférieure avec anxiété. J'ai l'impression que le sentiment de culpabilité que je ressens ne partira pas de sitôt.

Sans prévenir, mon corps crie grâce et je ne peux m'empêcher de sombrer petit à petit malgré tous mes efforts. Alors que je suis à deux doigts de tomber dans les méandres du sommeil, je crois entendre Julien me dire quelque chose que je ne comprends pas. Tant pis. Enfin, je le croyais jusqu'à ce que je l'entende crier.

« RÉVEILLE-TOI ! Vite !

- Il se passe quoi ?

- Tu entends ? Dehors ?

- Je dois entendre quoi ?

- Des bruits de sirène, écoutes bien.

- Je n'entends… Ah si ! Mais cela paraît si lointain…

- Je sais, mais avant on ne les entendait pas.

- Il ne faut pas perdre espoir.

- J'essaye en tout cas. »

Ne laissant pas le sommeil gagner à nouveau, je fais tout pour rester réveiller en portant mon regard partout. Faire travailler son cerveau est un bon moyen de ne pas sombrer. C'est grâce à ça que je remarque enfin qu'il y a moins d'obstacles entre Julien et moi. La plaque qui nous sépare était fissurée et tenait avec peine, il ne faudrait pas beaucoup d'efforts pour réussir à la dégager.

Même si cela peut paraître tellement inconscient, je décide de retirer les bouts de plâtres et ce qui reste de la plaque avant de les mettre derrière moi. Je dégage assez vite la séparation avant de me rendre compte que des poutres trop lourdes me séparent encore de mon … ami. Ce dernier m'observe sûrement depuis le début, une lueur d'espoir brille dans son regard alors qu'il affiche un petit sourire. Je rends son sourire avant de regarder les poutres et aussi l'endroit où Julien est. Malgré que je sois concentré sur ce que je fais, je peux quand même sentir son regard sur mon visage, fixer plus longuement le sang qui a coulé sur ma tempe pour atterrir sur mon t-shirt. Je le sais parce que je le vois lever la main comme pour pouvoir d'essuyer mon visage avant qu'il ne change d'avis.

« Dis… Tu as encore mal ? Vu que tu as saigné, et pas qu'un peu.

- Ça va, tant que je ne touche pas.

- Ça peut être grave ?

- Je ne pense pas. Je saigne juste. Et je comprends mieux pourquoi tu as du mal à respirer…

- Ouai. J'ai peur de bouger et de tout faire tomber.

- Si je te guide pour pouvoir t'en éloigner, tu me fais confiance ?

- Pour toujours.

- Quoi ?

- Je veux dire : Oui. »

Ne relevant pas ce qu'il a dit, je continue d'observer les alentours. Il est coincé dans un endroit plus petit que moi et je vois des morceaux de verres éparpillés sur le sol. Même s'il y a un risque que je me blesse, je me glisse tant bien que mal par un trou sous une des poutres afin de me trouver au côté de Julien. Sa présence me trouble, mais je tente de ne pas laisser ce fait changer mes priorités. Avec mon bras valide, je tire Julien vers moi en lui disant de tenir la poutre qui l'empêche de respirer correctement. On avance lentement, mais sûrement.

Après un effort final, Julien se retrouve contre moi et il n'a plus de difficultés de respirer en dehors de la poussière qui ne nous laisse pas tranquille. Je sens sa tête se poser sur mon épaule après avoir eu une grimace de douleur. Je comprends que son mal de tête ne doit pas être très loin et par réflexe, je pose ma main sur son front pour voir s'il y a de la fièvre. Mon geste le surprend dans un premier temps avant qu'il se laisse faire. Je peux que remarquer qu'il n'a pas de température. Je ne sais pas si je dois en être content ou pas. Malgré toute ma bonne volonté, je ne sais pas ce qu'il a.

« J'aimerais tellement avoir de quoi atténuer ton mal de tête.

- C'est gentil…

- Je me sens un peu inutile.

- Tu ne l'es pas, du tout. Je… Je crois que j'aurais déjà craqué sans toi.

- C'est pareil pour moi. »

Je vois Julien esquisser un sourire avant de soupirer et de passer sa main sur le front. Même si cela ne va pas être agréable, je décide qu'on sera plus à l'aise à l'endroit où j'étais après l'éboulement. Je le convaincs d'aller se mettre dans mon abri improvisé en utilisant l'argument qu'on y aura plus de place qu'en restant ici. Une fois de l'autre côté, on peut profiter tous les deux de l'espace alors qu'il me devient difficile de faire taire mes sentiments.

Après quelques minutes, je ferme les yeux en soupirant et je dois me retenir de les ouvrir en sentant Julien poser à nouveau sa tête sur mon épaule avant qu'elle glisse sur mon torse. Ne résistant pas longtemps à cette tentation, je craque en ouvrant les yeux. Julien s'est endormi. Son visage est paisible, malgré les éraflures qui s'y trouvent, et il respire calmement. C'est vrai qu'il doit être épuisé, il n'a pas dû dormir depuis que tout s'est écroulé et sa migraine ne doit pas l'aider. Sans pouvoir me retenir, je glisse ma main valide sur sa tête et sur sa joue, et mon cœur rate un battement en le voyant sourire.

Je suis totalement fichu.

À force d'observer son visage, je finis par sombrer à mon tour. J'ai le temps de serrer sa main dans la mienne avant que Morphée fasse son travail.


J'espère que cela vous a plu et que vous n'hésiterez pas à laisser des reviews.

Liliael.