Et en avant pour un deuxième chapitre ! Vous devez me haïr, n'est-ce pas ? ;-;
Bonne lecture !
CHAPITRE II
Un sms et un Lestrade
- Sherlock !
- Quoi !?
Penché sur le corps, Sherlock Holmes ne tenait plus en place. Où diantre était passé John ? Cette affaire était l'une des plus excitantes, des plus fascinantes qu'il n'aie jamais eu le bonheur de résolver. Ça ne pouvait pas attendre, il faudrait qu'il se dépêche, de plus un rassemblement civil autour de la scène commençait a se former, et ça, ça l'énervait au plus haut point, toujours et encore des esprits curieux mais avec une mauvaise curiosité, une curiosité est limitée et stupide, qui attire les gens uniquement pour qu'ils aient quelque chose de pimentant et d'extraordinaire qui se passerai pour une fois dans leur vie.
Donc intéressante et inutile.
Il avait l'impression d'avoir une vingtaine de mini-Anderson qui le surveillaient.
Mais pour l'heure il avait besoin de John pour savoir exactement ce qu'il pourrait penser de la situation ; après tout un trou dans le poignet gauche n'est pas tout a fait normal et le cadavre semblait avoir de gros hématomes sur les tempes et tout le long de sa jambe et son bras droit. Il était vraiment impatient de résoudre cette affaire
- Laissez donc le cadavre de ce pauvre homme en paix, pour l'amour du ciel, Sherlock ! s'indigna Greg Lestrade.
- Ne vous inquiétez pas, Garry, je ne risque plus de le gêner !
Le lieutenant de police soupira et massa l'entre deux sourcils pour se détendre.
Ça faisait combien d'années déjà qu'il l'appelait pour ses enquêtes ? Pourquoi ne s'était-il toujours pas habitué ? Et combien de fois allait-il devoir lui répéter qu'il ne s'appelait pas comme ça ?
- Sherlock, vous êtes sur une enquête policière, je vous demande de bien vouloir vous écarter du cadavre et de ne pas plus le déshabiller !
Sherlock lui jeta un coup d'œil similaire à celui qu'un enfant aurait lorsque ses parents l'interdisent d'aller toucher quelque chose d'attirant et de fragile, comme pour voir si réellement ils étaient sérieux ou bien proféraient juste des menaces en l'air en tentant juste de garder un minimum d'autorité. Et Lestrade ne plaisantait pas.
Lui aussi était à cran ces derniers temps. Tout comme John, il ne comprenait absolument pas comment cela se faisait-il qu'autant de meurtres aient été commis ces deux derniers mois. Comme si c'était le Noël des meurtriers.
Et que Sherlock déballait chaque « présent » petit à petit avec une vitalité et une passion qui faisait presque peur. Tellement qu'il n'arrivait même plus a défendre un minimum les capacités de Sherlock tandis que Sally Donovan continuait encore et toujours à soutenir que cet homme était un psychopathe malade et qu'il faudrait s'en méfier.
En fait, on aurait dit que tout le monde était fatigué, dépassé, tout le monde sauf Sherlock. Et c'était presque encore plus épuisant.
- Ce n'est pas la peine d'envoyer un message a John, Lestrade, je lui ai déjà demandé de nous rejoindre, annonça Sherlock en voyant le lieutenant sortir son téléphone.
Levant les yeux au ciel dans une grimace, Lestrade ne l'écouta pas et envoya son message :
John, venez a St James Park le plus vite possible.
Sherlock devient intenable.
G.L.
Il savait que John était l'une des seules personnes au monde à pouvoir stopper Sherlock dans son délire. Très rarement Mycroft. Ah, non, peut-être Mrs. Hudson aussi, réfléchit-il.
Le lieutenant Lestrade fut tiré de ses pensées par un appel.
Il s'empressa de dégainer son portable. Il espérait vraiment que John l'appelait pour lui dire qu'il arrivait, et non pas pour s'excuser et le laisser se débrouiller avec Sherlock.
Le détective consultant leva la tête, le visage inexpressif. Il apperçu alors les expressions du visage de Lestrade varier.
Tout d'abord, c'était très subtil, petit à petit, puis, au fur et à mesure de ce qu'il semblait entendre au bout du fil, ses traits se marquèrent plus rapidement et ses pupilles se dilatèrent.
Sherlock plissa des yeux.
Mauvaise nouvelle. Il espéra que quoique Lestrade aie pu apprendre, cela ne retarderait pas l'enquête qu'il avait la ferme intention de mener.
Il ne pensa pas une seconde que ce qu'appris Lestrade puisse le toucher aussi.
Directement.
Mais il comprit que quelque chose n'allait vraiment pas quand les yeux de Greg Lestrade se déplacèrent lentement pour se fixer sur lui, pâle.
Et là, Sherlock eu une douleur, partie d'on ne sait où, brusque, rapide, immédiate, sans qu'il sache pourquoi, comment, quand. Ça ne lui était jamais arrivé auparavant.
Il ouvrit la bouche pour poser la question qu'il devait poser, mais dont il pressentait ne pas vouloir de la réponse. Mais rien ne sortit. A part un faible :
- Qu...
Lestrade laissa son bras retomber mollement le long de son corps, le téléphone en équilibre entre ses doigts, évitant le regard de Sherlock.
Anderson arriva derrière le lieutenant, en sueur.
- Il y a trop de monde, il va falloir appeler des renforts, il faut absolument évacuer. Ils risquent de détruire des indices, insista-t-il.
Devant ce silence où personne ne répondit – enfin, il avait l'habitude de Sherlock, mais Lestrade, ce n'était pas habituel – il dévisagea les deux hommes, ne comprenant pas.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
Lestrade se tourna un peu vers lui, mais pas totalement, restant encore face au détective.
- Un accident, bredouilla-t-il.
Puis, se reprenant, il compléta d'une voix plus forte :
- Un accident dans la rue droite du carrefour de Elisabeth Street. Une voiture fauchée par un camion. L'ambulance est arrivée mais ils ont besoin d'aide pour sécuriser le quartier.
Enfin, s'adressant directement à Sherlock, il ajouta :
- Ils ont identifiés les victimes, lâcha-t-il d'une voix grave.
Tout le monde retint sa respiration.
- John Watson et Mrs. Hudson ont été pris dans l'accident.
Tout d'abord, il n'avait pas réagit.
Ses oreilles commencèrent à bourdonner aux noms de John et Mrs. Hudson.
Il fut enfermé dans un monde de silence. Tout disparaissait autour de lui. Il n'était pas maître de la situation, il ne comprenait pas ce qu'il venait de dire, il n'arrivait pas à saisir le sens de ses paroles et il n'en avait pas envie.
Il voulait tout mettre en pause. Relativiser. Ne pas entendre. Retourner dans le passé.
Se réveiller.
Ça aurait été un rêve étrange. Habituellement, il ne rêvait pas de ça. Ça le changerait un peu, pour une fois. Mais il n'en voulait pas. Il fixa l'herbe, au sol, près du cadavre, immobile.
Autour de lui, le monde s'agitait.
Il avait l'impression de n'être plus qu'une ombre.
Combien de minutes s'étaient écoulées depuis que Lestrade avait lancé cette phrase terrible que jamais il n'aurait pensé entendre ?
Sherlock se secoua la tête comme pour reprendre le contrôle de son esprit et se concentrer.
John. Mrs. Hudson.
Il couru en dehors du parc et rattrapa Anderson et Lestrade tandis que Donovan bouclait le lieu du meurtre.
Mais il s'en fichait. Ce meurtre n'avait finalement pas grand interêt pour lui.
Il s'incrusta dans la voiture de Lestrade lui ordonnant d'aller se rendre à l'hopital où ses amis allaient être placés.
- Sherlock, je suis désolé, nous devons d'abord nous rendre sur les lieux de l'accident. Le Samu s'occupe déjà de tout.
- Laissez Anderson s'en charger et allez à l'hôpital, répéta Sherlock.
- Je dois...
- L'hôpital, Lestrade, le coupa-t-il d'une voix sèche et sans opposition.
- Sherlock, je...
- C'est votre ami aussi, non ? s'emporta-t-il, perdant son sang froid. Vous ne croyez pas que vous pourriez prendre deux minutes pour aller voir ce qu'il en est et laisser Anderson s'occuper de votre fichue circulation ?! Vous le croyez si stupide que ça ?
Anderson ne releva pas et choisi de prendre ça comme un compliment de la part du détective. Après tout il avait dit indirectement qu'il était débrouillard et assez autonome.
Déjà, il gonflait le buste inconsciemment et avait l'air de se pavaner comme un paon.
- Je peux m'en charger, lieutenant, appuya Anderson, reprenant son sérieux.
Allons bon, si Anderson si mettait, il n'avait plus aucun moyen de refuser...
-Bon, dépêchons, obtempéra-t-il.
Les rues de Londres étaient vides. Normal, soit les habitants étaient rentrés chez eux pour manger, soit ils étaient entrain de travailler. A cette heure-ci, même les restaurants ne sont pas encore remplis. Il n'est que 11h30.
Sherlock n'avait jamais vu Lestrade conduire, mais il se débrouillait plutôt bien si on ferme les yeux sur les feux rouges grillés et les piétons a moitié traumatisés par cette chose noire qui était passée si proche d'eux.
Nul ne dit mot pendant le trajet.
L'officier de police restait concentré sur sa conduite tandis que Sherlock espérait de toute son âme que John et Mrs. Hudson n'avaient pas de graves problèmes, qu'ils s'en étaient sortis indemnes.
Il l'espérait de toute son âme.
Lestrade s'arrêta brutalement devant la porte principale de l'hopital sans se soucier de bloquer le passage ou quoique se soit. De toute façon l'entrée était tellement immense que même avec la voiture devant, on pouvait encore faire passer un camion a côté.
Sherlock défonça presque la portière, suivi par Lestrade comme s'ils jouaient le rôle du policier coursant le voleur.
Une fois arrivés devant le comptoir, Sherlock s'imposa devant la grand-mère qui était entrain de demander le couloir où se trouvaient les toilettes. La petite vieille agita faiblement sa canne en émettant de petits cris indignés.
- Les victimes de l'accidents d'Elisabeth Street, demanda-t-il d'une voix pressante.
Surprise, la secrétaire brune eut un mouvement de recul. La quarantaine, elle représentait typiquement le genre de personne qui avait eut une vie paisible et qui ne connaissait toujours rien du monde. Pauvre innocente.
- Leur chambre ! hurla presque le grand brun.
- C-c'est que...
- J'aimerai savoir où sont les toilettes, madame, reprit la vieille dame agacée de tout ce remu-ménage.
Sherlock ne lui accorda même pas un regard.
Lestrade s'excusa platement et lui indiqua rapidement la direction avant de jeter un regard sévère au détective consultant. Il pouvait comprendre son empressement mais maltraiter des personnes âgées, ça, ça il ne l'acceptait pas.
- On voudrait savoir où ils ont été placés, demanda Greg Lestrade.
La femme sembla soulagée de voir le lieutenant.
- Heu, alors... commença-t-elle en cherchant dans ses papiers.
Sherlock perdait patience. Les ordinateurs n'étaient pas faits pour rien, bon sang !
Il leva la tête et apperçu derrière elle un plan de l'hopital où étaient numérotées toutes les salles. Dont les chambres.
- Madame, excusez-moi, sont ils au premier étage ? Interrogea-t-il.
Elle se retourna en suivant son regard, allant du premier poster représentant le premier étage, puis le deuxième, le troisième et le quatrième :
- N-non, troisiè...
Elle n'avait pas fini qu'il n'était déjà plus là.
