Chapitre 4. Merci de continuer à suivre cette fic', le nombre de vues a explosé et je peux vous assurer que ça m'a vraiment fait plaisir.

Une review est comme toujours la bienvenue. Surtout que ça me tient assez à coeur.

Bonne lecture !


CHAPITRE IV

L'hôpital

Sherlock courrait.

Dans l'enceinte de l'hôpital, il enjambait les escaliers menant au troisième étage.

Des infirmières, des visiteurs et des malades s'entêtaient à rester en plein milieu du passage. Plusieurs lui lancèrent des regards noirs quand il les frôla ou les bouscula. Une infirmière tenta même de l'arrêter en lui criant qu'il dérangeait la tranquillité et le calme de l'hôpital. Si elle s'arrêtait de hurler, il sera déjà bien plus calme oui.

Sherlock arriva enfin au troisième étage. Si il n'y avait pas beaucoup d'étages, il y avait de grands escaliers.

Il jeta un coup d'œil rapide aux numéros des chambres, et s'engagea dans l'aile gauche. Il parcourut une petite distance avant d'arriver devant la chambre au numéro 275.

Il entra sans se poser de questions.

La chambre était grise, et non blanche comme on pouvait s'y attendre. Mais d'un gris très clair. Sur le côté se trouvaient une mini-cabine toilettes. Il s'avança d'un pas. Deux lits cachés par des rideaux blancs de séparation se posaient contre le mur sur la gauche. A droite, en face de Sherlock, une télévision éteinte avaient été posée sur une petite étagère fabriquée spécialement à cette fonction. Un courant d'air frais passait dans la chambre par le balcon dont la fenêtre était presque totalement ouverte. Il alla la fermer tout de suite. Qu'importe qui occupait cette chambre, le froid n'était jamais très bon.

Le détective consultant se retourna enfin vers les lits, le cœur battant.

Il tira le rideau du lit le plus proche de la fenêtre.

Vide.

Des plis prouvaient que ce lit avait été occupé il n'y a pas si longtemps que ça.

Il contourna le lit. Et tendit une main tremblante vers le lit d'à côté. Il tira.

Partout, des tuyaux sortaient ou entraient dans le corps d'une femme. Il s'approcha. Oui, c'était bien une femme. Sa poitrine ressortait légèrement du drap.

Il se pencha plus attentivement sur son visage, les pupilles dilatées, et souleva délicatement la petite touffe de cheveux qui tombait en désordre sur le front de la femme.

Il reconnu une minuscule cicatrice et ses doigts commencèrent à trembler.

Mrs. Hudson.

Il s'écarta.

Elle avait été complètement défigurée.

Sherlock l'examina de loin. Elle avait été complètement défigurée cependant il semblait que les médecins et chirurgiens c'étaient bien occupés de son cas. Il pouvait déjà apercevoir quelques cicatrices aux niveaux des bras qui avaient été très bien opérées puisque l'accident qui ne datait pas d'une heure semblait plutôt avoir eut lieu quelques semaines auparavant.

Physiquement, la concierge de Baker Street avait été très touchée mais bien reprise. Elle paraissait méconnaissable mais bien entretenue.

Il s'affala sur une chaise.

Mrs. Hudson allait bien. Pour le moment. Elle allait bien.

Elle allait bien...

Lestrade entra en courant dans la chambre, suivit d'une infirmière paniquée.

- Sherlock, enfin, vous ne pouvez pas courir comme ça..., s'obligea-t-il a lui reprochait même s'il s'en fichait totalement.

Il s'arrêta en voyant la vieille femme.

- Oh mon Dieu...

Le lieutenant se tourna vers Sherlock :

- Comment avez-vous su que c'était ici ?

Le grand brun répondit machinalement :

- La secrétaire. Un mouvement des yeux et paupières quand elle a balayé du regard le troisième étage. Et un léger rapprochement de son bras ou plus précisément de son index vers l'aile nord du troisième.

Comme d'habitude, le policier se montra très impressionné.

- Et le numéro de chambre ?

- J'ai demandé à une femme de chambre de l'étage.

- Ah.

Les mains jointes, le détective n'osait plus bouger, face au lit de cette dame pour laquelle il avait eut si peur quelques minutes avant.

Il n'osait plus bouger aussi parce qu'il avait eut une idée qui l'avait traversé l'esprit et à laquelle il ne voulait pas penser. John. Et John ? Où était-il ?

Pourquoi n'était-il pas là ?

Il s'angoissait. John n'était pas là.

Et s'il n'était pas là, ça signifiait beaucoup de choses. Et jamais rien de bon.

John pas là, c'était l'accident mortel. Il était toujours coincé là-bas. On essayait de le ranimer ou de le sortir de ce qu'il restait de la voiture.

Il s'en voulu pendant une fraction de secondes. Il aurait peut-être dû y aller finalement. Ne pas obliger Lestrade à venir à l'hôpital. John était certainement toujours là-bas.

L'autre hypothèse, la pire, mais aussi plausible, serait qu'il soit déjà sur une table d'opération. Et que c'était donc quelque chose de très très mauvais.

Ou qu'il était... déjà mort. Chez Molly.

Chez Molly...

Un médecin barbu entra en trombe dans la chambre :

- Mais qu'est ce que c'est que tout ce monde, s'écria-t-il, agacé. Vous n'avez rien à faire là ! Cette femme vient d'être opérée en vitesse, nous devons la laisser ici seule pour qu'elle se repose, son état est encore très instable et c'est une chance que nous ayons pu la prendre tout de suite, alors, messieurs, lança-t-il d'un air menaçant, je vous somme de quitter cet endroit dans la minute qui suit.

Lestrade en sorti rapidement, suivit de l'infirmière qui n'avait absolument pas pipé mot mais devait être bien sûr la personne qui avait alerté le docteur de l'intrusion de ces hommes dans l'étage. Sherlock hésita, perdu.

- Monsieur, insista l'homme.

- Et l'autre homme ?

Le médecin remonta ses lunettes à l'arrête du nez.

- De quoi est-ce que vous parlez ? s'irrita-t-il.

- L'homme qui accompagnait cette pauvre femme ! s'impatienta Sherlock en haussant le ton mais en faisant bien attention à ce que ce ne soit pas suffisant pour déranger Mrs. Hudson.

- Je ne sais pas de quoi vous parlez, répéta l'imbécile. Sortez d'ici.

Sherlock n'en attendit pas plus. Il couru dehors.

Lestrade, encore une fois, fut surpris. Et pourtant, il ne devrait pas. Même dans de telles circonstances. Il le poursuivit en essayant de le rattraper avant qu'il ne fasse une bêtise. Décidément, il aura eut sa dose de footing aujourd'hui.

Le détective sociopathe s'arrêta devant le bureau du secrétariat du troisième étage et toqua vite fait à la porte pour ne pas se faire éjecter tout de suite avant d'entre. De là où il était, Lestrade put voir Sherlock s'approcher d'un homme assit devant son bureau assez surpris de l'intrusion de cet individu à l'allure assez inquiétante il faut le dire. Il eut peur pendant quelques secondes que Sherlock ne se penche sur le secrétaire et ne se mette à le frapper pour avoir des informations qu'il n'aurait peut-être – par malchance – pas.

A son grand soulagement, Sherlock se pencha sur lui et paru discuter sans problème.

Il sorti de la salle quelques minutes plus tard.

- John est arrivé pendant qu'on était au troisième. Il sort de salle d'opération dans quelques minutes, mais il ne sera pas placé dans la même chambre que Mrs. Hudson. Par contre, ils ne seront pas très loin placés.

Lestrade soupira soulagé. Il senti enfin ses muscles se décontracter.

Sherlock aussi semblait décrispé. Il remarqua que les traits du colocataire de John avaient été très marqués pendant ces instants de stress intense. Son visage semblait à présent plus apaisé. Mais pas totalement.

Il y aurait peut-être des conséquences de cet accident.

Une infirmière se rapprocha d'eux et les pria de la suivre dans la salle d'attente pour patienter jusqu'à ce que l'opération soit finie.

Très vite, une atmosphère très tendue s'installa dans la pièce. Sherlock en était la principale source. Parfois, il tapait juste du bout du pied ou se triturait les doigts avant de se tourner vers la fenêtre puis d'un coup vers la porte à chaque fois que quelqu'un passait. Lestrade tenta de piocher dans la panière à magazines afin de lire quelques nouvelles ou quelque chose dans le genre mais la plupart étaient des peoples fémnins pas très intéressants – voire carrément inutiles.

Sherlock jeta un coup d'œil a Lestrade qui fouillait encore dans le panier. Il soupira.

Cet attente le tendait vraiment.

Il pensa à la réaction qu'aurait John en se réveillant, une fois que l'opération serait terminée. Il le traiterait certainement d'idiot en voyant sa mine – parce qu'il savait qu'il n'avait pas l'air très en forme, après tout toutes ces enquêtes l'empêchaient presque de manger et de dormir et sans John il aurait tenté le record de Jésus d'après la Bible qui ne mangea ni ne bu durant 40 jours...

Il pensa à Mrs. Hudson quand elle se réveillera, elle aussi. Il veillerait à ce qu'elle ne voie pas un miroir pendant quelques temps. Elle ne méritait pas ça. Mais il savait qu'avec le temps, ça irait mieux. Il en avait rapidement discuté avec le secrétaire qui est le neveux du docteur de la concierge.

John se trouvait dans un état critique. Pas dans un état grave, mais critique. Ce qui veut dire que tout peut aller mieux, comme tout peut s'aggraver...

Une jeune femme habillée en rose très clair arriva dans la salle. Lestrade se leva, Sherlock sauta de son siège.

- L'opération est finie..., commença-t-elle d'une petite voix.

Sherlock l'impressionnait. Elle s'interrompit pendant quelques secondes en voyant ce homme la regarder intensément comme ça, ses yeux d'un bleu magnifique grands ouverts lui donnant l'air d'un psychopathe mal-nourri et en manque de drogue depuis quelques semaines. Elle se dépêcha de finir :

- Le patient John Watson a été mis à la chambre 375.

Les deux hommes furent coupé dans leur mouvement qui était de se frayer un passage aux côté de la jeune infirmière rose pour se précipiter dans la chambre. Elle les arrêta de justesse et regretta à ce moment-là de leur avoir donné le numéro.

- Mais... vous ne pouvez pas y aller pour l'instant... Comme pour Mrs. Hudson, Mr. Watson a besoin de repos... et n'est pas encore conscient. Si vous voulez, vous pouvez retourner travailler ou... faire ce que vous faisiez sans soucis... Il suffit que vous laissiez vos numéros de téléphone portable à l'accueil de l'hôpital et nous vous appellerons dès qu'ils seront réveillés.

Greg Lestrade remercia chaleureusement la jeune femme en la congédiant tandis que Sherlock restait encore planté sur place, là, à la regarder comme si elle avait dit une aberration, ou pire, comme si elle n'avait rien dit et qu'elle venait encore d'entrer. Elle ne se fit pas prier et dégagea sans demander son reste.

Le lieutenant de la police se retourna devant Sherlock :

- Sherlock ! Ne restez pas planté comme ça, enfin !

Il se lamentait presque.

- Et, s'il-vous-plait, vraiment, évitez ce genre de choses, à l'avenir.

L'intéressé sembla sortir d'un rêve.

- Hmm ? Quoi ?

Parfois, l'officier avait envie de se frapper la tête contre un mur.

-Ne fixez plus jamais les gens comme ça ! reprit-il d'un ton sévère.

Après tout, il était agent de police et il devait donc bien se faire voir... s'il laissait faire Sherlock... Parfois il avait l'impression de gérer un gamin. Comme il comprenait John ! Il se demanda comment l'ancien médecin militaire arrivait à le supporter, parfois.

- Hmm, répondit-il distraitement. Oui oui.

Ils restèrent un petit moment sur place, entre la salle d'attente et le couloir, comme ça, à ne pas bouger. Ils semblaient désemparés, perdus, ne sachant pas trop quoi faire.

Le téléphone de Lestrade sonna. Les deux hommes parurent se réveiller.

- Je dois répondre, dit-il comme pour lui-même.

Il décrocha et sorti de la salle en se dirigeant vers l'ascenseur d'un pas de plus en plus certain. Puis il raccrocha.

- Anderson. Il a besoin d'un peu d'aide, se justifia-t-il.

Sherlock admit qu'il s'était trompé. Anderson n'était peut-être qu'un bon à rien, finalement. Juste une diversion. Une excuse. Il avait peut-être surestimé la personne. Il s'en fichait. Tant pis pour lui.

- Sérieusement, Sherlock, je veux pas d'ennuis. Rentrez chez vous dès que possible.

Et il quitta le troisième étage sur ces mots, sans attendre de réponse.

Sherlock ne su pas trop quoi penser. Il avait l'habitude des meurtres. Il avait l'habitude des accidents. Mais il n'avait pas l'habitude des accidents qui le touchaient directement. Il avait l'habitude du malheur des autres, pas du sien. Il savait à peine ce que malheur voulait dire. Ce mot, parmi tant d'autres, ne signifiait pas grand-chose pour lui.

Il se tourna vers la fenêtre de la salle d'attente. Il avait patienté dans cette salle... combien de temps ? Vingt minutes ? Tout ça pour se faire éjecter juste après ?

Ça n'avait donc servi à rien ?

Il aperçu un homme, au loin, qui l'observait. Il faisait partie du service de l'hôpital. Apparemment, on le surveillait. Étant considéré comme un psychopathe irrespectueux, l'établissement avait pris deux trois précautions. Il devait donc se débarrasser de cet enquiquineur. Rien de plus simple et de plus déstabilisant que d'aller à sa rencontre et de lui parler de lui : il trouverait bien quelque chose qui l'obligerait à ne plus s'occuper de lui.

Il allait se diriger vers « l'espion gêneur et inutile » quand son propre téléphone se mit à sonner. Il ne reconnu d'abord pas la sonnerie.

En fait, il ne s'attendait pas à ce que quelqu'un l'appelle.

Surpris, il fouilla ses poches et en sorti un portable. Son portable.

Comme s'il le découvrait.

Il regarda d'où venait l'appel.

Mycroft.

- Comment vas-tu, cher frère ?

- Comment veux-tu que j'aille ?

Son frère ignora sa réponse.

- Comment vont John et Mrs. Hudson ?

Sherlock regarda le téléphone, étonné.

-Tu es déjà au courant ? Ça ne fait même pas deux heures.

- Hé, le Gouvernement Britannique, tu te rappelles ?

- Je ne pensais pas que le Gouvernement Britannique avait le temps de faire attention à ce genre de choses.

- Il le prend.

Silence.

- Alors ?

- Mrs. Hudson a déjà été opérée. Idem pour John. Mais pas de droit de visites.

- Oh. Et c'est ça qui t'arrête ?

… Non. Pas vraiment. C'est plutôt son appel qui l'avait arrêté.

-Bon, reprit Mycroft. Je me demandai juste si tu savais quels étaient les autres accidentés et les causes de l'accident, demanda-t-il.

- Je n'ai pas encore effectué les recherches.

- Oh. Mon petit frère se ramollirait-il ?

- Je voulais vérifier que John et Mrs. Hudson allaient bien d'abord, se justifia le détective.

- A ta place, j'enquêterai au plus vite au sujet de cette histoire. Tu sais comment se comportent les victimes... finit-il avant de raccrocher.

Sherlock Holmes jeta un coup d'oeil aux chambres où résidaient Mrs. Hudson et John Watson.

Mycroft avait raison.

Il était grand temps qu'il se charge de cette enquête.