Voici la suite du chapitre 5, donc.

Je l'ai écrit d'un coup. Parce que c'est assez dur. Ne croyez pas que les auteurs sont sans-coeur. En écoutant en boucle "Greensleeves", un musique jouée uniquement au piano.

Je vous souhaite une bonne lecture néanmoins !

N'hésitez pas à laisser une review pour me faire part de votre avis.


Chapitre VI

Une vie

Mrs. Hudson est morte.

Sherlock courait dans les couloirs. Encore.

Mrs. Hudson est morte.

Il avait été sur les lieux de l'accident. Il avait vu ce qu'il en restait.

Pas grand chose. Les forces de l'ordre avaient déjà débarassé plus de la moitié.

Mais c'était bien suffisant pour Sherlock.

Mrs. Hudson est morte.

Il secouait la tête sans s'arrêter. Comme pour se réveiller d'un mauvais rêve.

D'un cauchemar. Il courait sans s'arrêtait et bousculait tout le monde. Il virait tout ce qu'il y avait sur son passage sans aucun remord.

Sur les lieux de l'accident... Il avait vu...

Eh bien, il avait vu des éclats de verre. Des restes de fuites de liquides.

Du sang.

Mrs. Hudson est morte.

Sherlock n'avait jamais été choqué par le sang. Ça n'avait jamais affecté sa vue, ni son odorat ou autre. Il n'avait jamais eut de nausées. Il n'avait jamais éprouvé quoique se soit. Il n'avait jamais réagit. Parce que c'était compris dans son travail de croiser des cadavres presque tous les jours pour en retrouver le meurtrier, et qu'il était passionné par son travail. Parce qu'il était habitué. Parce que c'était son quotidien.

Mais ce sang-là, il le connaissait.

Il savait à qui il appartenait. Et cela lui pinçait le cœur jusqu'à en ressentir d'atroces douleurs.

Mrs. Hudson est morte.

Le détective consultant avait des hauts-le-coeur. Pourquoi, il ne savait pas.

Enfin, si, sans doute. Si il prenait la peine de réfléchir. Il y avait sûrement un tonne d'hypothèses pour ça. Mais il n'avait pas envie d'y penser. Il voulait plutôt se concentrer sur le moment présent.

Trouver quelque chose. Pouvoir défendre Mrs. Hudson et John Watson au tribunal pour l'accident. S'ils sont en tort. Ce qu'il n'espérait pas.

Puis, en regardant rapidement les panneaux et les règles de circulations et encore tout un tas de petits machins, il se fit un petit topos de ce qui s'était passé.

Mrs. Hudson est morte.

John était au volant. Il y avait eut un problème. Peut-être qu'il s'était déconcentré lors de sa conversation avec Mrs. Hudson. Ou à cause du téléphone. Non, c'était plus profond. La voiture. Elle n'avait pas servie depuis longtemps. Ils avaient été trop confiants.

Et c'est là que tout a dégénéré. Mais les autres sont en tort. Ils sont en tort, parce qu'ils allaient trop vite. Ils étaient presque bourrés. Ils n'ont pas frené. Au contraire, il semblerait même qu'ils se soient amusés à accélerer. Et ils leur sont rentré dedans. Dans un énorme fracas.

Mrs. Hudson est morte.

Quelque chose brouillait la vue de Sherlock. Il se frotta les yeux de la manche. Il percuta quelqu'un qui transportait une pile de vêtements ou de draps.

Greg Lestrade avait enquêté de son côté. Il y avait deux passagers à bord du camion. Et, drôle de concidence mais, ce fût le passager qui mouru. Le conducteur était sain et sauf. Enfin, sauf, oui. Sain, personne ne le savait.

Le conducteur avait disparu. Personne ne savait où il était passé.

Il avait demandé le nom du passager.

Ils avaient répondu qu'ils ne savaient pas. Parce que le corps était en trop mauvais état. Et que sa figure était... il n'en avait plus. Ce n'était qu'un morceau de chaire.

Sherlock tremblait de rage. Des caisses entières d'alcool avaient été brisées à l'arrière du camion. Que des alcolos. Des abrutis. Qui lui coutaît cher.

Mrs. Hudson est morte.

Il ne savait plus qui avait été appelé. Lestrade ou lui ?

Un téléphone avait sonné. Encore.

Ça devait être Lestrade. C'est toujours Lestrade qu'on appelait.

Evidemment, il avait répondu. Et il avait reprit cette tête blanchâtre que Sherlock lui détestait. Parce que sa dernière tête blanchâtre était une mauvaise nouvelle.

Sherlock ne savait plus ce qu'il lui avait dit.

Problème. Hôpital. Rechute. Hudson. Tension. Urgence.

Mrs. Hudson est morte.

Il n'avait pas écouté Lestrade. Pourquoi l'aurait-il fait ? Il ne l'écoutait jamais d'ordinaire. Il ne voyait pas vraiment en quoi il allait changer ses habitudes. Ou alors il n'avait juste pas réfléchi. Et il avait pris le volant. D'une scène accidentée, il avait atterit à l'hôpital.

Enfin, garée... Lâchée. Pas de frein ni rien. Quoique, ça, il ne s'en souvenait pas. De toute façon, ça n'avait pas d'importance. Lestrade la récupérerait.

Il avait sauté les marches, couru, volé dans l'espace. Ses pieds ne touchaient plus le sol. Tout autour de lui n'était que blanc et silence. Il était seul au monde et pourtant il étouffait. Il courait à la recherche d'air pur. Il courait sans s'arrêtait. Parce que c'était comme ça.

Mrs. Hudson est morte.

Il s'était retrouvé, il ne savait comment, aux côtés un chirurgien. Il courait lui aussi. Il semblait pressé et enfilait des gants blancs en plastique, un bonnet sur la tête.

Pris d'une soudaine inspiration, il l'avait suivi. Comme un stalker suit son idole. Non, plutôt comme un homme s'accrochant à la vie.

L'homme s'était retourné. Il devait se dépêcher. Urgence. Une femme.

Et il parti. Et Sherlock le laissa partir. Mais il resta planté, là, au milieu du couloir.

Combien de temps ? Il ne savait pas. A quoi bon le temps ? Quelle nécessité ? En quel honneur ? Qu'est-ce que ça importait ?

Un sentiment se répendait en lui comme un poison. Il prit appui contre un mur et se laissa glisser, dos contre celui-ci. Le menton pointé vers le plafond, son regard semblait vide.

Il avait peur.

Mrs. Hudson est morte.

Des gens. Du bruit. Des infirmiers sortirent d'une salle.

Sherlock s'était alors levé pour aller les voir. Mais son corps refusa.

« Resté trop longtemps assit inactif » avait expliqué un médecin.

- Comment va-t-elle ?

Ces mots qui sortirent de sa bouche, n'auraient jamais dû sortir. Et ceux qui s'échappèrent de celle de son interlocuteur n'auraient jamais dû exister.

Il posa une main sur son épaule. Et le regarda droit dans les yeux. Fixement.

Sherlock voyait flou. Qu'est-ce qu'il faisait ? Pourquoi ne répondait-il pas ?

Il attendit la réponse. Elle vint. Malgré eux.

- Je suis désolé.

Et puis, comme pour achever un homme déjà mort, il ajouta :

- Mrs. Hudson est morte.

Mrs. Hudson est morte.

Mrs. Hudson est morte ? Quelque chose coula le long de la joue du détective. C'était mouillé. Une goutte.

Mrs. Hudson est morte ?

Cet assemblage de mots ne voulait rien dire. Absolument pas. Ce n'était pas Français, tout simplement. Ça ne se disait pas. Non. Non, ça ne voulait rien dire.

Il tituba, le regard fixe. Il avança. Tant bien que mal. Il n'allait pas vers la salle d'opération. Il n'allait pas vers le... vers Mrs. Hudson.

Il n'allait pas vers elle.

Il allait dans le couloir. Le couloir.

Il s'arrêta devant une porte. Deux portes. Deux numéros.

375 et 275. Il jeta un regard perdu vers la chambre 375. Puis il se traina à la chambre 275. Il ne poussa pas la porte. Elle était déjà ouverte.

Lorsqu'il entra, tout était vide. On voyait, par les plis qu'il y avait sur le lit, que quelqu'un l'avait occupée recemment, cette chambre.

Mrs. Hudson est morte.

Sherlock sourit faiblement. Entra dans une crise de larme. Se laissa tomber face au lit vide. Se recroquevilla sur lui-même. Enroula ses bras autour de ses jambes.

Fixa le lit.

Et ne bougea pas.


Un hurlement le sorti de l'ombre.

Dans un réflexe inconscient, il se releva.

Puis il sorti de la chambre. Et couru. Un peu. La distance qui séparait les deux chambres.

Il pénétra dans la chambre 375.

Un nom.

John !

Des docteurs partout entouraient le lit. L'ancien médecin militaires semblait totalement dépaysé. Perdu.

Puis Sherlock aperçu les seringues. Il voulu violemment protester quand John se tourna vers lui.

Et Sherlock se figea.

Une voix sembla le réveiller.

- Il ne s'endormira pas, lui dit l'infirmière. Ce sont juste des tranquillisants.

Il ne répondit pas. A quoi cela servait-il ?

Il fit mine de s'avancer, mais l'infirmière se plaça juste devant lui. Entre lui et John.

Comment osait-elle s'interposer comme ça ? Sans aucune manière ?

- Monsieur, dit-elle. Il faut que nous vous parlions.

Non. Non. Non, il n'avait pas envie de parler. Non, pas maintenant. Et surtout pas avec elle. Il ne la connaissait pas. Il n'avait rien à lui dire.

Mrs. Hudson est morte.

Il ne voulait rien apprendre d'autre. Il ne voulait rien savoir.

Il avait besoin de voir John.

Il devait lui parler.

- C'est important... insista la jeune femme d'une voix virant vers l'aigu.

Les employés de l'hôpital quittèrent la chambre.

L'infirmière les suivit, le laissant seul dans la chambre avec John.

Puis, à comme à contrecoeur, son cerveau sembla se remettre en marche. Il devait parler à cette femme. Parce que si elle voulait le voir, ça concernait John. Il ne pouvait pas se permettre de négliger John. Pas maintenant.

Il devait se dépêcher. Mais il voulait encore profiter des quelques secondes qu'il avait encore avec John. Le médecin paraissait avoir beaucoup de mal à garder les yeux ouverts. Sûrement à cause des anesthésiants.

Sherlock s'approcha rapidement du lit, posa sa main sur son front et trembla. Il la retira comme s'il s'était brûlé. Dans un ultime mouvement, le grand brun plongea sa main dans l'une de ses poches. Il se pencha alors sur la commode à sa gauche et y déposa un papier.

Puis il se retira.


Dehors, l'infirmière l'attendait.

Sherlock ne dit rien. Il patienta. Qu'elle prenne la parole.

- Comme je vous le disait, ça sera rapide. Ça concerne l'état du patient John Watson.

S'ils lui annonçaient que John était en sursis ou il ne savait quoi, il les flinguerait sur-le-champs.

- Nous pensons qu'il risque d'avoir des traumatismes suite à cet accident. Il a réellement dû être violent, monsieur.

Sherlock ne bougea toujours pas.

- Il pourrait être sujet à des pertes de mémoire.

Toujours aucune réaction.

La femme souffla un grand coup.

- Il est fort possible qu'il se révèle être amnésique.

Un second coup de poing dans le cœur.

Son cœur.

En avait-il encore un ? Il semblait s'être dissout à jamais. Réduit en cendres.

Puis il se reprit. John était là. En vie. Il y aurait des séquelles. Mais il était là. Et Sherlock serait là aussi. Pour lui.

John Watson était traumatisé.

Mrs. Hudson était morte.