Éclat de miroir

Auteur : Angelscythe

Genre : Romance, mystère, aventure, shonen-ai

Couple : Vanven et surprise )

Disclaimers : Tous les personnages appartiennent à Square Enix et/ou Disney.

Note : Fic pour ma CrimsonRealm, pour toutes réclamations veuillez vous plaindre auprès d'elle !


Chapitre 13 : Courte pause

Ventus soupira en passant le seuil de sa chambre. Il avait encore le rose aux joues, sans doute à cause de l'alcool qu'on lui avait servi. Mais aussi parce qu'il était ravi. La liesse n'avait cessé à l'idée que Morgana était hors d'état de nuire comme Ursula avant elle. Maintenant, tout danger était écarté. Ils pouvaient vivre joyeusement et ne plus se soucier de tout cela.

Le jeune garçon ouvrit les portes-fenêtres et laissa l'air marin s'engouffrer et fouetté son visage. Il s'étira en souriant, profitant un instant des embruns parfumés de l'Océan scintillant sous la lune puis tira les rideaux. Le vent continuait de s'engouffrer mais il pouvait à présent se déshabiller sans risque. Il alluma toutefois les bougies, grâce à un peu de magie, puis entreprit de retirer ses chaussures, chaussettes puis la pléiade de couche qui le couvrait.

Il venait de retirer son t-shirt que des ténèbres se matérialisèrent autour de lui, prirent forme humaine et, bien sûr, épousèrent les traits de Vanitas. Il lui décocha un sourire.

- C'est ce moment que tu choisis pour venir ?

- En effet. Merci de m'avoir accepté en toi. Lança-t-il railleur.

- Ils auraient voulu te remercier aussi. Dit Ventus. D'ailleurs… C'est grâce à toi et Roxas que Morgana n'est plus.

- J'ai pris une vie. Tu approuves ça, toi ?

- Non. Mais eux bien…

Vanitas se laissa tomber sur le lit de sa Lumière.

- Tu nous félicites. Nous, être de ténèbres… Tu t'en rends compte, j'espère ?

- Que les ténèbres nous ont aidés ?

Il acquiesça et s'avança vers lui.

- Bien sûr que je le sais, je ne suis pas stupide !

Il croisa les bras, peut-être un peu pour se dissimuler au regard de Vanitas qui semblait le sonder intégralement mais aussi lentement. Ses yeux dorés sur sa peau… quelle étrange impression ? Il détourna la tête en songeant que lui-même l'avait regardé avec stupeur mais aussi intérêt.

- C'est pour ça que nous ne pouvons pas parler de toi à Maître Yen Sid… Pour Roxas, il pourrait peut-être comprendre…

- Tu es en train de songer à mentir ? Adorable. Que feras-tu quand il aura compris que c'est moi qui suis là ? Il n'est pas stupide et il sait que tu es dénué de ténèbres… Il ne mettra pas longtemps à comprendre que pour que tu sois parasité à ce point par les ténèbres c'est que je suis là.

Ventus se détourna complétement cette fois.

- Que veux-tu que je fasse ?

- Te presser contre moi avec inquiétude ?

Le garçon lui lança un regard craintif par-dessus l'épaule et il le vit lui tendre les bras. Il se mordit la lèvre inférieure et se tourna pour le rejoindre. Il ne résista à l'envie, au besoin, de se blottir contre son torse. Son corps frissonna lorsque les bras s'enroulèrent autour de sa taille.

- Tu essaies de me repousser, tu me dis que tu veux que je disparaisse mais lorsque cette éventualité est proche, tu ne veux pas en entendre parler.

Ventus ne répondit pas, pressant seulement sa tête contre la sienne et resserrant le corps musclé contre son torse nu.

Désespérément nu.

- Pourquoi agis-tu comme ça, Ventus ?

- Tu sais… Tu peux m'appeler Ven'… Se débina-t-il.

- Comme tout le monde ?

- Oui.

- Ça ne m'intéresse pas. Répondit Vanitas.

Le blond vénitien s'éloigna légèrement et lui lança un regard désemparé. L'Être des Ténèbres lui passa les doigts sur les lèvres, maudissant sa tenue qui l'empêchait de toucher la douceur.

- Pourquoi voudrais-je t'appeler de la même façon que des milliers d'autres personnes ? Je serai unique pour toi.

Ventus eut un frisson. Plus effrayé que séduit. Ces mots, pourtant doux, avaient été soufflés avec une telle hargne…

- Tout le monde m'a dit que tu étais mauvais. Qu'il ne fallait pas s'approcher de toi.

- Alors tu les écoutes ? Tu t'en fiches de tes sentiments ?

- Tu ne sais rien de mes sentiments… Avança-t-il d'une petite voix.

Ses ténèbres éclata de rire. Bien sûr, le garçon savait qu'il se voilait la face et qu'il n'en était rien.

- Ventus…

- Et puis… Tu sais que je ne suis pas sûr de ce que je ressens. Tu es une part de moi. Je suis irrémédiablement attiré par toi… Comme si je n'avais pas le choix. Je veux être avec toi, mais je ne sais pas pourquoi… C'est une sensation… saisissante, angoissante…

- Il y a peut-être une raison au fait que tu ne puisses pas m'échapper. Chuchota Vanitas.

Il posa ses lèvres sur le torse de sa lumière qui frissonna en se resserrant contre lui.

- Si tu ne peux faire autrement que venir à moi…

Nouveau baiser qui fit fermer les paupières de Ventus.

- Et que tu n'as aucune idée de la raison…

Les doigts du garçon s'enfoncèrent dans son épaule au troisième baiser. Il sentait sa respiration s'accélerer.

- C'est probablement…

Ventus pinça les lèvres pour retenir un soupir de bien-être. Ses joues rosissaient. Plaisir ou honte ?

- … Que tu es à moi.

Il ne pouvait même pas démentir, profitant de cette pléiade d'attention qui mettait son corps en transe. Il le sentait descendre doucement, la main soutenant son dos d'une délicatesse qui semblait absente. Et pourtant, il la savourait avec… oui, vergogne.

Il ne fallut qu'une poignée de minutes enchanteresses pour qu'il se sente partir en arrière. Il n'eut pas la conscience de rouvrir les yeux car le matelas moelleux se présenta à son dos. Il sentit la matière rugueuse des gants de Vanitas contre son aine, sentit les doigts se glisser sous son pantalon.

Il sursauta.

- Non !

Ses ténèbres fronça les sourcils et leva les yeux vers lui. Il croisa le regard bleu qui était légèrement humide, emplit de peur.

- Je t'en prie… Non. Gémit-il.

L'Être des Ténèbres serra les dents et éloigna ses mains. Ventus se redressa sur un coude et lui tendit le bras. Le brun le dévisagea puis s'approcha. Il se sentit étreint puis amener à s'allonger à son côté. Le deuxième bras s'enroula autour de lui, la main se posa sur sa nuque avec douceur et les yeux se plantèrent dans les siens tendrement.

Ce genre d'attention lui était inconnu. Y éprouvait-on vraiment un plaisir ?

- Ferme les yeux…

Vanitas haussa un sourcil mais s'exécuta. Il sentit le matelas bouger, un bruissement dans l'air. L'odeur de Ventus se rapprocha et quelque chose de doux se pressa contre ses lèvres. Il resserra immédiatement son bras autour du corps du blond vénitien. Il répondit à ce baiser chaste et innocent.

Un vrai baiser.

Il sentait ses émotions vibrer. Ses Nescients…

Coquille vide… Coquille vide qui n'éprouvait rien.

Ah oui ? Comment pouvait-on avoir des Nescients si on n'éprouvait rien ? Comment pouvait-on avoir la conviction qu'on n'aurait plus de raison de vivre si on nous arrachait cette personne si on n'éprouvait rien ?

Lumière appelait Ténèbres. Ténèbres appelaient Lumière…

Comment accepter cette réalité ? Il avait désespérément besoin de Ventus. Sinon pourquoi le suivrait-il dans cette aventure stupide ? Pourquoi n'avait-il jamais été si heureux depuis maintenant quinze ans ?

µµµ

Roxas traversa la foule, évitant un serviteur qui portait un plat surchargé de petit four s'abaissa pour passer sous un noble enrobé qui voulait étreindre quelqu'un, n'importe qui.

- Sora.

Le garçon s'éloigna d'Ariel qui l'avait entraîné sur la piste pour une danse et s'empressa de rejoindre son Simili.

- Eyh ! Dingo et Donald s'amusent beaucoup !

- Ils ont le droit à l'alcool.

- J'ai cru voir que Ven' en avait pris aussi.

- Il a vingt-sept ans, tu sais ?

Sora manqua de s'étouffer.

- Quouah ?! T'es pas sérieux ?!

- Si, si. Il me l'a a affirmé. De toute façon, soit il a vingt-sept ans, soit il avait cinq ans lorsqu'il avait affronté Xehanort. Je ne sais pas ce que tu préfères croire. Sourit Roxas.

- C'est sûr que si on en croit ce qu'il nous a dit… Et moi je pars du principe qu'il ne nous a pas menti !

- Tu as raison. Lui sourit le blond vénitien. Je suis venu te chercher pour qu'on retourne dans nos chambres.

- Oh ?

- Avec toute cette effervescence, je pense que c'est mieux qu'on s'éloigne.

Roxas conservait ses bras croisés. Il était réfractaire à toute personne voulant lui proposer à manger, à boire ou, simplement, à offrir un peu de compagnie. D'ailleurs, son regard intransigeant en refroidissait plus d'un.

Mais pas Sora qui lui prit une main et, de son plus beau sourire, l'emmena à sa suite. Pas vers la porte, mais vers un serveur. Il se permit de prendre un petit four qu'il enfonça entre les lèvres de son Simili. Lequel manqua de s'étouffer et toussa. Paniqué, le jeune brun lui tapa dans le dos. Le domestique, lui, donna un verre d'eau et une serviette. Le premier fut bien plus efficace.

- Pardon… Je voulais juste que tu t'amuses.

- Je n'ai pas besoin de m'amuser ! Et je trouve encore moins que me faire étouffer est une merveilleuse chose !

- Ce n'était pas mon but…

Roxas toussa et soupira. Il attrapa un des amuse-gueule qu'il enfourna dans la bouche de Sora. Ce dernier l'avala, un large sourire aux lèvres.

- Ah !

- Merci !

- Tu me cherches !

- Bien sûr que non ! Viens… C'est l'occasion pour toi d'oublier tous juste pendant un moment. C'est pour ça qu'on a autant d'ami. Sourit-il en lui tendant la main.

- Pourquoi ?

- Pour nous rappeler qu'une fois les problèmes passés, il y a autre chose. Qu'il y a toujours quelqu'un pour nous faire sourire. C'est la chose la plus importante pour n'importe quel aventurier ! Sourit-il.

- Et si on n'a pas d'ami ?

- Pourquoi tu me poses cette question ? Questionna Sora.

- À ton avis ?

Roxas secoua la tête à l'adresse d'un serviteur qui lui présentait des étranges assortiments de nourriture. Son vis-à-vis, par contre, en prit trois en le remerciant. Il revint ensuite au Simili la bouche pleine.

- Toi… Tu as des amis ! Nous, on est tes amis !

- Avoir un ami n'est pas vraiment la chose que j'espère le plus au monde. Avoua Roxas. J'ai déjà eu des amis… Un ami. Tu le connais peut-être… Axel.

- Axel ? Il s'appelle Lea maintenant !

Les yeux du blond vénitien s'écarquillèrent.

- Quoi ?

- Il m'a sauvé la vie ! Yen Sid a dit…

Sora leva les yeux vers le ciel, réfléchissant.

- « Ce n'est pas pour toi qu'il l'a fait mais pour ce qui sommeille en toi ».

Roxas battit des paupières.

- Je croyais qu'il m'avait trahi. Il devait me tuer… Je ne voulais plus me faire d'ami. Expliqua-t-il dans un marmonnement.

À son plus grand damne, Sora l'entendit et le prit dans ses bras en souriant.

- En tout cas, tu es mon ami et tu ne pourras pas y échapper ! J'adore mes amis et je ne veux pas les perdre !

- Merci, Sora…

- À propos de tout à l'heure. Lorsque tu as utilisé tes ténèbres sur les Spasménas…

- Hm ?

- Ça va ? Tu n'as plus mal ?

Roxas fut surpris de cette question. Il secoua lentement la tête.

- Je suis rassuré alors !

Il voulut lui demander pourquoi il se souciait de lui de la sorte mais il n'avait pas besoin de le faire. Il le savait. Axel le lui avait déjà expliqué… Il savait pertinemment que c'était le signe que Sora tenait beaucoup à lui. Mais il ne comprenait tout de même pas comment le garçon pouvait s'inquiéter à ce point à son sujet alors qu'ils se connaissaient depuis si peu de temps.

- Tu me préviendras si ça ne va pas ?

- Oui.

- Génial ! Je vais rejoindre Ariel !

Sora lui posa un baiser sur la joue puis partit rejoindre la sirène qui venait de finir une dance avec son époux.

Roxas observa le jeune brun.

Axel lui avait expliqué beaucoup de chose mais jamais, auparavant, il ne lui avait parlé de l'étrange sensation de douleur qu'on pouvait sentir dans sa poitrine. Là où il avait… un cœur ?