AVERTISSEMENT : ce chapitre est celui de la nuit de noce. Je me suis demandé s'il était légitime d'introduire une scène de sexe dans cette histoire et j'ai décidé que oui. Ce chapitre n'est pas essentiel pour l'histoire, vous pouvez donc vous dispenser de le lire. Il n'y a pas de pornographie, mais seulement de l'érotisme et de la sensualité, pour public averti et majeur donc. Je suppose que de nombreuses personnes ne seront pas d'accord avec ce choix d'écriture, rien ne sert de laisser des commentaires désobligeants, ne lisez pas tout simplement. Merci.

Chapitre 37

La pendule posée sagement au dessus de la cheminée indiquait à présent quatre heures trente du matin. Elizabeth étouffa un baillement. Le moelleux du lit l'attirait inexorablement et elle ne savait pas combien de temps elle pourrait encore résister au sommeil. Un coup léger le fit bondir au pied de son lit. Elle défroissa sa chemise de nuit et repoussa ses cheveux en arrière. M Darcy se tenait devant la porte, les mains dans le dos. Elizabeth ouvrit et s'effaça pour le laisser entrer. Il s'éclaircit la voix.

" Je venez pour m'assurer que vous étiez bien installée et que vous ne manquiez de rien."

Il regardait partout dans la chambre, sans oser poser les yeux sur Elizabeth dont la chemise peinait à cacher le moindre détail de son corps.

" Oh je vois."

La déception se peignait dans sa voix.

" Je vous remercie Fitzwilliam, tout est parfait."

M Darcy dansait d'un pied sur l'autre, ne sachant pas quelle posture adopter. Une gêne palpaple commençait à s'installer entre eux, et Elizabeth ne savait pas comment débloquer la situation.

" Eh bien dans ce cas, il ne me reste qu'à vous souhaiter une bonne nuit, vous devez être fatiguée après cette longue journée."

Il s'inclina raidement et s'enfuit presque de la chambre. Elizabeth n'eut même pas le temps d'ouvrir la bouche, la porte de communication s'était déjà refermée. La jeune femme attendit quelques instants mais M Darcy ne revenait pas. Lasse, elle ouvrit le lit et se glissa entre les draps. Les yeux grands ouverts, elle fixait le dais du baldaquin.

Dans sa chambre, M Darcy faisait les cent pas, se traitant intérieurement de tous les noms d'oiseaux possibles. A quoi s'était-il attendu ? Que sa jeune épouse lui ouvre tranquillement son lit et l'invite à l'y rejoindre ? Quel imbécile ! Il aurait dû prendre les choses en main. Que devait penser Elizabeth de lui ? Cela faisait deux longues années qu'il attendait son mariage avec elle, deux années à l'aimer, à la désirer et le moment venu il se dégonflait comme un lâche. Il retourna dans son cabinet de toilette et s'aspergea vigoureusement le visage d'eau froide. Il ne se laissa pas le temps de réfléchir, et repartit en direction de la chambre d'Elizabeth. Il frappa plus fort qu'il ne l'aurait voulu et sans attendre de réponse, il entra. A moitié endormie, la jeune femme se redressa.

" Pardonnez-moi, je ne pensais pas que vous seriez couchée."

" Vous m'avez souhaité bonne nuit, je vous rappelle."

Le ton moqueur de la jeune femme piqua M Darcy. Les cheveux défaits, allongée dans le lit, à peine vêtue, Elizabeth était provoquante à souhait. La gorge nouée, M Darcy observait ce spectacle. Ah ! s'il avait suffisamment d'audace !

" N'êtes vous pas fatigué Fitzwilliam ? Je vous fais une place si vous le souhaitez."

Joignant le geste à la parole, elle se décala vers le milieu du lit et ouvrit les draps en guise d'invitation. M Darcy referma la porte et lâcha la poignée. Il défit le noeud de la robe de chambre et la posa délicatement sur le fauteuil de la coiffeuse. Elizabeth n'en revenait pas de sa propre audace et pensait que M Darcy aurait été outré de son attitude provocante. Cependant en le voyant se déshabiller, elle comprit que lui non plus ne savait pas comment aborder la situation. Il s'approcha doucement du lit et ouvrit plus grand les draps pour pouvoir s'y glisser. Le lit était déjà tiédi par la chaleur d'Elizabeth. C'était une sensation nouvelle pour lui qu'il trouva fort agréable. La jeune femme s'était rallongée gardant une distance raisonnable entre leurs deux corps. M Darcy se releva légèrement pour souffler sur la chandelle et la pièce ne fut plus éclairée que par le rougeoiement des flammes et des braises. M Darcy écoutait le souffle régulier d'Elizabeth. Elle avait fait le premier pas, c'était à lui de faire le second. Il tourna la tête vers elle pour voir si elle s'était endormie. La jeune femme avait les yeux ouverts et le regardait avec insistance. Cela était étrange de se retrouver si près de lui, d'avoir enfin le droit d'être seule avec lui sans contrevenir aux convenances.

" Quelque chose ne va pas ?"

M Darcy se sentait presque gêné devant le regard fixé sur lui de son épouse.

" J'admirais votre profil."

Il se tourna complètement vers elle et lui fit face, la dévisageant de la même manière. Cette fois-ci, ce fut au tour d'Elizabeth de se sentir gênée. M Darcy souriait.

" J'espère que vous ne vous moquez pas de moi !"

" Non j'admirais votre visage, il est très harmonieux. Votre front, vos pommettes, vos yeux en amande, votre petit nez pointu et vos lèvres si douces ..."

A chaque mention d'une partie de son visage, M Darcy caressait Elizabeth avec son index, cheminant ainsi jusqu'à ses lèvres. Il s'avança doucement et l'embrassa légèrement. Ce simple baiser avait électrisé la jeune femme. M Darcy se recula et reprit sa position initiale, la tête posée sur son oreiller. C'était maintenant Elizabeth qui souriait.

" Ce que je préfère chez vous, ce sont vos cheveux, vos favoris et votre nez aquilin."

M Darcy apprécia de sentir la main de la jeune femme passer allègrement dans sa chevelure noire et lui caresser la joue. Elle s'avança pour déposer un léger baiser sur son nez et voulut se reculer mais M Darcy posa sa main sur sa taille.

" Restez près de moi je vous prie."

Il détendit son bras pour qu'Elizabeth puisse poser sa tête dessus. Le bout de leurs nez se touchaient presque et leurs corps se frolaient au moindre mouvement. Les yeux dans les yeux, M Darcy embrassa doucement chaque centimètre du visage de la jeune femme. Grisée par ces baisers, elle se laissait faire. M Darcy préférait y aller en douceur, de peur d'effrayer sa jeune épouse. Lorsqu'enfin ses lèvres atteignirent les siennes, leur étreinte s'enflamma. Elizabeth prit entre ses mains le visage de son époux et M Darcy enserra le corps de sa bien aimée entre ses bras puissants. Leurs corps étaient maintenant collés et la jeune femme pouvait sentir le désir de M Darcy pour elle. Il avait abandonné sa bouche pour embrasser son cou et la naissance de ses épaules. Elizabeth avait basculé sur le dos et ses mains fourrageaient la chevelure de M Darcy et caressaient son dos jusqu'à la limite de ses fesses. De sa main libre, M Darcy parcourait le corps parfait de la jeune femme, son dos, ses hanches, ses cuisses, ses mollets, jamais il ne pourrait s'en lasser. D'une main tremblante, il voulut défaire les boutons qui fermaient l'avant de la chemise de nuit d'Elizabeth. Mais l'émoi et le désir qu'il ressentait pour elle, rendaient ses gestes maladroits. Lorsqu'il sentit la main d'Elizabeth sur la sienne, il s'arrêta. La jeune femme le regardait avec intensité. Se méprenant sur le sens de son geste, M Darcy s'excusa.

" Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous brusquer ou vous faire du mal ..."

Sans le quitter des yeux, Elizabeth défit tranquillement les boutons de sa chemise.

" Je vous aime, et sachez que j'ai entière confiance en vous."

Elle se releva pour l'embrasser tendrement sur les lèvres et se rallongea. M Darcy regardait sa femme, partagé entre l'étonnement et la fierté. La chemise entrouverte révélait la naissance de ses seins, rendant son désir encore plus aigü. M Darcy reprit l'exploration de son cou et de ses épaules à coup de baisers et s'aventura jusqu'à l'espace laissé libre par l'ouverture des boutons. Elizabeth avait les yeux fermés. Son esprit était entièrement tourné vers le cheminement des lèvres de M Darcy sur sa peau. Elle s'étonnait du plaisir qu'elle ressentait aux caresses de son époux, et n'éprouvait ni gêne ni honte à s'offrir de cette manière. M Darcy explorait avec délices les seins fermes de sa femme. Lorsqu'il prit entre ses lèvres ses mamelons durcis, Elizabeth laissa échapper un gémissement. Son corps se cambra pour aller à la rencontre de celui de son époux. Heureux et excité par la réaction de son épouse, M Darcy continua ses caresses appuyées. Il lui était de plus en plus difficile de résister à son désir. La chemise ouverte révélait à présent la poitrine laiteuse et les mamelons bruns d'Elizabeth, un spectacle dont il ne pourrait plus jamais se passer. Sa main libre s'attardait sur ses jambes et chaque caresse contribuait à remonter davantage la longue chemise de nuit. Bientôt il ne la caressa plus à travers le tissu mais put savourer la rondeur de ses mollets, la douceur de ses cuisses et la courbe exquise de ses fesses. C'était plus que M Darcy pouvait en supporter. Il bascula de tout son poids sur Elizabeth qui poussa un petit cri, bientôt étouffé par les baisers ardents dont il couvrait sa bouche. Instantanément la jeune femme s'était raidie et malgré les caresses de M Darcy, elle ne parvenait pas à se détendre à nouveau. Il arrêta de l'embrasser et la regarda.

" Si vous n'êtes pas prête, sachez que je saurais attendre. Je ne veux vous obliger à rien et je ne vous en tiendrais pas rigueur."

Si elle s'était refusée à lui à cet instant, jamais M Darcy n'aurait connu plus grande frustration. Elle était là, à sa portée, à moitié nue, haletante et essoufflée, jamais elle n'avait été plus désirable. Elizabeth respira profondément et sourit. Se relevant sur ses coudes, elle embrassa M Darcy.

" Vous allez me rendre fou Elizabeth ..."

La jeune femme se mit à rire ce qui obligea M Darcy à l'embrasser pour la faire taire. Elizabeth s'agrippait à son cou, répondant avec fougue aux baisers de son mari. Avec douceur, il dégagea le pan de chemise de nuit qui recouvrait encore son bassin. La peau de son ventre était encore plus douce qu'il ne se l'était imaginé. Il devait se contenir pour ne pas céder à son désir. Avec une infinie douceur, il commença à caresser l'intérieur des cuisses d'Elizabeth. La jeune femme ne s'attendait pas à cela et elle se surprit à gémir encore plus fort. A chaque caresse, elle se cambrait davantage, cherchant sans en être consciente, le contact avec l'objet de son désir. M Darcy était sur le point d'exploser, les mouvements d'Elizabeth sous ses doigts le rendait fou. Il abandonna ses caresses et se positionna entre les cuisses de la jeune femme. Dans un lent mouvement, il prit possession de sa femme. Sans s'en rendre compte, Elizabeth accompagnait le lent va et vient de son mari. Elle ne ressentait aucune douleur, juste le plaisir de le sentir en elle. A chaque fois qu'elle se cambrait sous son délicat assaut, M Darcy devait se retenir, partagé entre le plaisir et le supplice de cette lente étreinte. Les gémissement d'Elizabeth et sa façon de s'accrocher à lui à chaque mouvement eurent raison de lui. Ses va et vients s'accelérèrent et les cris de la jeune femme devinrent plus aigüs. C'est ensemble qu'ils atteignirent le point d'orgue de leur première étreinte. Haletant et couvert de sueur, M Darcy posa sa tête sur la poitrine de sa femme, écoutant les battements désordonnés de son coeur. Elizabeth caressait doucement sa chevelure en bataille. Bientôt sa respiration se calma et devint plus lente. Elizabeth souriait d'un air attendri devant son époux endormi, savourant les restes de cette première étreinte. C'est en écoutant les gazouillis des petits oiseaux annonçant la naissance du jour, qu'elle s'endormit.

" Elizabeth ? Elizabeth ?"

La jeune femme se frotta les yeux. Les rideaux ouverts déversaient les larges rayons du soleil dans toute la pièce. Sous cette lumière éclatante, Elizabeth avait du mal à garder les yeux ouverts. Elle mit quelques instants à se souvenir de l'endroit où elle se trouvait. Sa chemise de nuit défaite révélait largement son épaule, les draps chiffonnés trahissaient les ébats de la nuit passée. M Darcy était assis sur le lit, vêtu de sa robe de chambre, caressant doucement ses cheveux. Gênée par sa tenue et la manière dont elle avait répondu aux avances de son époux, Elizabeth rabattit la couverture sur ses épaules dénudées et tenta de trouver une certaine convenance.

" Je suis désolé de vous réveiller mais nous avons des invités. Préparez-vous, je vous attends dans le petit salon."

Il l'embrassa tendrement avant de disparaître dans sa chambre. Elizabeth regarda la pendule, il était juste huit heures et demie. Elle étouffa un baillement, prête à se recoucher. Pourtant, elle se leva, s'approcha de la fenêtre ouverte et admira les jardins de Pemberley. Cette vue lui mit du baume au coeur et c'est avec un certain entrain qu'elle sonna. Après cette nuit, elle avait besoin d'un bon bain. Jenny arriva presque aussitôt, armée de seaux d'eau chaude. En voyant la mine étonnée d'Elizabeth, la femme de chambre eut un sourire amusé.

" Il n'est pas rare que les dames après leur nuit de noces, ait besoin d'un bon bain chaud. Toutes mes félicitations Mrs Darcy."

Elizabeth regardait la jeune femme sans comprendre. Jenny lui désigna sa chemise de nuit et s'approcha du lit. Elle repoussa les couvertures et fit apparaître une tâche de sang. Elizabeth se regarda alors dans le miroir et vit que sa chemise était pareillement tâchée. Jenny avait reprit ses seaux et les versaient en sifflotant dans la baignoire. Elizabeth était horriblement gênée et se sentait honteuse. Sa femme de chambre n'ignorait rien de ce qui s'était passé dans son lit cette nuit et elle allait certainement diffuser cette nouvelle parmi tout le personnel. Jenny revint dans la chambre avec ses seaux vides.

" Autrefois dans certains comtés, au lendemain de la nuit de noces, la tradition voulait que l'on pende les draps du lit nuptial à la fenêtre pour montrer que le mariage avait bien été consommé."

La femme de chambre racontait sa petite histoire tout en défaisant les draps tâchés. Devant la mine défaite d'Elizabeth, elle rajouta :

" Rassurez-vous, je vais simplement les porter à la lingerie. Votre bain est prêt Mrs Darcy."

Elle s'inclina rapidement et sortit de la chambre. Elizabeth se dirigea vers son cabinet de toilette et ôta sa chemise souillée. C'est avec plaisir qu'elle plongea dans l'eau chaude. Lorsqu'elle fut lavée et revêtue de ses vêtements de corps, Jenny lui proposa différentes tenues et l'aida à s'habiller. Elizabeth n'avait pas l'habitude de disposer d'une femme de chambre mais le naturel et la bonne humeur de cette dernière étaient fort agréables. Jetant un coup d'oeil à la pendule, elle s'inquiéta de faire attendre M Darcy.

C'est d'excellente humeur que Peter vit apparaître son maître. Le bain était déjà chaud et ses vêtements choisis avec soin, reposaient déjà sur le lit qui n'avait vraisemblablement pas servi la nuit dernière. Peter se réjouit intérieurement de cet état de chose. M Darcy avait passé la nuit auprès de sa jeune épouse et son humeur s'en ressentait grandement.

" Bonjour Peter !"

" Bonjour Monsieur, avez-vous passé une bonne nuit ?"

" Excellente Peter !"

Sans en dire davantage, M Darcy se plongea dans sa baignoire et repensa à sa nuit passée auprès d'Elizabeth. Il espérait qu'il ne s'était pas montré trop brusque avec elle ou trop insistant. Son attitude gênée au réveil l'avait légèrement inquiété. Après tout, ils n'étaient qu'au début de leur vie maritale.

C'est rasé de près et vêtu de son costume bleu marine que M Darcy attendit Elizabeth assis sur un fauteuil du salon. Cette dernière ne tarda pas à faire son apparition. Le hasard avait voulu qu'elle choisisse elle aussi une robe bleue, en mousseline légère, qui rappelait le ciel d'été. A son entrée, M Darcy se leva et lui baisa galamment la main.

" Vous êtes resplendissante ce matin."

Elizabeth rosit devant le compliment et baissa les yeux. Elle évitait le regard de M Darcy. Durant son bain, tous les évènements de la nuit passée lui étaient revenus en mémoire : sa quasi nudité, leurs baisers enflammés, son plaisir et ses gémissements. Que devait penser M Darcy de tout cela ? Elle se sentait honteuse de son attitude si peu convenable.

" Quelque chose ne va pas ?"

M Darcy la regardait avec sollicitude.

" C'est difficile à dire."

Elizabeth baissa la tête.

" C'est au sujet de la nuit dernière."

M Darcy soupira et s'écarta d'elle, visiblement inquiet.

" Pardonnez-moi Elizabeth, je savais que vous n'étiez pas prête, je n'aurais pas dû insister. Vous sentez-vous mal ? Voulez-vous que je fasse venir le docteur Ford ?"

Elizabeth regarda pour la première fois de la matinée son époux. Son visage trahissait son angoisse et sa culpabilité.

" C'est plutôt à moi de m'excuser auprès de vous. Mon attitude de la veille était complètement inappropriée, je crains de vous avoir déçu. Cela ne se reproduira plus, je vous le promets."

En deux pas, il fut près d'elle, à la serrer dans ses bras. Il lui chuchota à l'oreille.

" Comment pouvez dire une chose pareille ? Vous m'avez surpris, étonné, je vous l'accorde mais votre ardeur et votre amour à mon égard n'ont rien de répréhensible. Vous faites mon bonheur, Elizabeth ..."