Bonjour à toutes et à tous !

Voilà enfin le moment tant attendu, le nouveau chapitre ! ^^

Merci pour toutes vos reviews, ça nous fait toujours extrêmement plaisir de vous lire !

Bonne lecture !


Chapitre 7 : Un message sur un cadavre

Rose était installée dans un fauteuil face à la cheminée de sa salle commune et son regard se perdait dans la contemplation des flammes qui dansaient dans l'âtre. Elle serrait contre elle une peluche, un petit lion usé qui avait ressemblé autrefois à Hirfitt. Au moment de se mettre au lit, elle avait senti une puissance terrifiante, maléfique, sombre et elle en avait eu le souffle coupé. Vivianne... Yuki avait dû l'avertir que la dixième sage était à Poudlard et la Dame du Lac avait fait parler sa magie. Comme la Source l'avait prévu, la Première Conseillère commençait à s'activer, mettant au point le plan qui avait mûri ces douze dernières années. Une partie d'échecs dont les premières pièces étaient déjà en place. Les prochains coups allaient être violents.

Rose serra plus fortement sa peluche dans ses bras et retint les larmes qui menaçaient de couler. Elle ne voulait pas être à Poudlard alors que sa mère était la cible de Vivianne. Elle devait l'aider à affronter cette folle. Mais l'Origine de toutes magies avait été très claire. Il fallait attendre. Il fallait que Vivianne soit en confiance, qu'elle pense que la Source n'était pas une menace. Juste un moucheron qui serait facile à écraser. Que la Dame du Lac croit que son plan était une mécanique bien huilée. Rose et Hermione seraient les deux grains de sable qui gripperaient tout le mécanisme. Elles n'auraient qu'une seule chance et elles n'avaient pas le droit à l'erreur.

- Pourquoi tout est si compliqué ? soupira-t-elle en posant sa tête entre les oreilles de la peluche.

Le tableau de la Grosse Dame pivota et le Maître des chimères sursauta. Elle lâcha son mini Hirfitt qui tomba sur le sol et leva ses mains en position d'attaque. Minerva fronça les sourcils en voyant la fillette debout à cette heure avant de les hausser devant l'attitude agressive de Rose.

- Que se passe-t-il ? interrogea-t-elle en s'avançant dans la salle commune, intriguée.

La dixième sage se détendit et ramassa son lion qu'elle serra contre elle.

- Rien… Je n'arrive pas à dormir… marmonna la Gryffondor en se rasseyant sur le canapé.

- Et tu n'arrives pas à dormir parce que ? insista la Directrice en prenant place à côté de sa fille.

Rose fronça les sourcils et se demanda comment répondre à cette question sans trahir sa mère.

« Joue à petite ingénue de onze ans… » se rappela la dixième sage.

- C'est la première nuit que je passe sans maman H, c'est dur…

« En plus, c'est un bout de la vérité… » soupira intérieurement le Maître des chimères.

- Viens ici, proposa Minerva en ouvrant ses bras pour accueillir la gamine qui s'y réfugia, trouvant là le prétexte à ne pas affronter le regard perçant de l'animagus.

Elle se sentait bien dans cette étreinte et se laissa aller à sourire de contentement. Elle songea à cette femme courageuse, loyale selon la Source. L'Origine de toutes magies voulait mêler le moins d'innocents possibles à la guerre qui se profilait. Elle avait demandé à Rose de se taire. Mais se pouvait-il que l'Ecossaise aide sa mère ? Après tout, la Source lui avait dit que la Directrice de Poudlard était connue pour être un fin stratège et une combattante hors pair. Pourquoi alors sa mère n'envisageait pas l'animagus comme un soutien dans cette partie mortelle contre la Dame du Lac ?

- Qu'est-ce qui te tracasse ? demanda l'animagus en caressant les cheveux rebelles de l'enfant sur ses genoux.

- Je n'ai théoriquement pas le droit de t'en parler… murmura la dixième sage en serrant sa peluche contre elle. Et je ne sais pas quelle sera ta réaction si je te confie certaines choses…

- Et si je te promets de ne pas me fâcher avec toi, ça change quelque chose ?

- C'est avec Maman H qu'il faut me promettre de ne pas te fâcher, répondit doucement le Maître des chimères.

Minerva se contracta légèrement. Elle ne voulait pas commencer à mentir à sa fille en lui faisant des promesses qu'elle savait par avance ne pas pouvoir tenir. Encore fallait-il qu'elle puisse mettre la main sur Hermione.

- Je peux te promettre d'essayer. Il y a un problème avec ta mère ?

Rose secoua la tête, abattue. Elle avait sentit l'hésitation de sa mère.

- Non, tout va bien. Je vais me coucher, fit Rose en se dégageant de l'étreinte.

Minerva s'en voulut un instant de ne pas avoir menti.

- D'accord. Mais je veux que toi aussi tu me fasses une promesse, dit-elle en prenant la main de la Gryffondor et en plongeant son regard dans ces yeux verts qu'elle avait hérités des McGonagall. Je veux que tu me dises si quelque chose de grave arrive à ta mère, d'accord ? Je veux que tu saches qu'elle peut compter sur moi si ça ne va pas.

- J'aimerais te croire. Mais j'ai peur de ta réaction quand tu la verras. J'ai très bien senti le choc que ça a été pour toi, ce soir, de découvrir que tu as une fille et que ma mère est vivante.

- Je vois qu'on ne peut rien te cacher, jeune fille, sourit la Directrice. Mais même si je suis en colère contre ta mère pour ce qu'elle a fait, je suis sincère lorsque je te dis que je suis là pour vous, pour toi comme pour elle, si ça ne va pas.

Rose s'approcha de sa mère et lui embrassa la joue.

- Si la situation devient critique, je t'en parlerai, promis… Bonne nuit, mamaidh.

- D'accord, bonne nuit ma chérie, dors bien, répondit Minerva après avoir posé un baiser sur le front de sa fille.

La dixième sage se dirigea vers les escaliers qu'elle grimpa rapidement pour gagner son dortoir.

- A demain, murmura McGonagall en regardant la petite silhouette se fondre dans la nuit. Quand je mettrai la main sur toi, Hermione, tu vas entendre parler de ta surprise, continua-t-elle en quittant la tour de Gryffondor.


Hermione passa au point mort et se perdit quelques instants dans la contemplation de la pluie qui giflait son pare-brise. Elle finit par se tirer de sa rêverie lorsqu'un éclair zébra le ciel et elle coupa le moteur. Elle sortit de sa voiture et rabattit la capuche de sa parka. Le parking où elle se trouvait était très mal éclairé et le bitume était recouvert d'eau sale. Elle attrapa sur la banquette arrière sa canne et sa trousse médicale avant de claquer la portière et de se diriger vers le cordon de police. Une jeune femme en uniforme, la casquette ruisselante de pluie, examina à l'aide d'une lampe torche la plaque que lui tendait la brune avant de l'autoriser à passer.

- C'est au fond, près du local poubelle du supermarché, lui expliqua la policière.

Hermione hocha la tête et avança le plus vite possible. Sa canne martelait le sol trempé, arrosant le bas de son pantalon. Un inspecteur la reconnut, sûrement à sa démarche claudicante, et lui fit signe de s'approcher.

- Docteur Granger, je suis soulagé de vous voir, fit le flic, sincère. Désolé de vous avoir appelée à une heure aussi tardive, mais c'était une urgence.

- Pas de problème, inspecteur Roberts, j'étais réveillée, répondit la brune. Qu'avons-nous là ?

- Homme, une quarantaine d'années, homicide à n'en point douter. C'est un sans abri qui l'a trouvé, il y a une heure de ça. Les prélèvements ont été faits par nos gars du labo, le corps n'a pas été touché. Toutes les photographies ont été faites, vous pouvez œuvrer.

La médecin légiste s'accroupit dans une grimace, sa jambe raide se faisant plus douloureuse. Elle enfila une paire de gants et attrapa sa propre lampe-torche. Le visage du macchabé était d'un blanc laiteux, les yeux vitreux et le corps comportait une plaie béante du torse à l'abdomen. Un papier était coincé entre les côtes de la victime et l'ancienne Gryffondor s'en saisit pour le lire.

JE T'AI RETROUVEE, JE NE VAIS PLUS TE LACHER. NOTRE JEU M'A MANQUE. QUI VA GAGNER ? LA PARTIE PEUT DURER LONGTEMPS, NOUS AVONS TOUT NOTRE TEMPS.

Hermione sentit ses mâchoires se contracter et elle rangea précautionneusement le parchemin dans un sac plastique pour le donner à l'inspecteur.

- Je doute que vous trouviez des empreintes, mais sait-on jamais, marmonna-t-elle en fouillant les poches du cadavre.

- Vous avez une idée de qui a fait ça ? demanda le flic.

- Ouais. Un psychopathe...


- Tu sais que tu es belle quand tu es en colère ? lança Parkinson avec un sourire goguenard.

Minerva arrêta de faire les cents pas dans son salon et regarda furieusement la médicomage.

- Tu crois que c'est vraiment le moment de me dire ça ? tempêta l'animagus.

- Ca fait maintenant dix bonnes minutes que tu insultes Granger. Alors, même si c'est divertissant et que tu es créative dans tes injures, il est temps de passer à la partie où tu réfléchis. Que veux-tu faire ? Et la réponse « Je vais l'étriper » n'est pas acceptée par le jury, tiens-le toi pour dit.

L'Ecossaise ne répondit pas et recommença ses aller et venues. Pansy se redressa dans le canapé et tapota sa cigarette sur le bord du cendrier.

- Aliénor a parfaitement résumé la situation, reprit la vert et argent. Imagine que tu es dans un parc d'attractions et qu'on te propose deux manèges. Un tout calme, prévisible, une petite promenade de santé, agréable et confortable. L'autre, c'est l'aventure, le grand frisson, l'adrénaline, les sensations fortes, l'imprévisible. Tu choisis quoi ?

McGonagall ferma les yeux et grimaça.

- Au fond de toi, tu le sais, et ta décision est déjà prise, poursuivit Parkinson. Tu es une Gryffondor, tu choisis le grand frisson. Tu vas participer au conflit car ce n'est pas dans ta nature de te planquer.

- Effectivement… murmura la Directrice de Poudlard.

Elle soupira douloureusement et passa une main sur son visage las.

- Rolanda ne peut pas participer à cette guerre, elle se fera tuer. Je vais devoir…

La phrase mourut sur ses lèvres et elle déglutit pour chasser la boule qui s'était formée dans sa gorge.

- Je comptais la demander en mariage ce soir… J'ai la bague dans mon tiroir, je devais passer au manoir. Comment vais-je faire pour lui dire que…

Pansy eut un rictus ironique et Minerva la foudroya du regard.

- Quoi ? aboya-t-elle.

- Tu envisages de rompre avec elle à cause de la dangerosité de la situation, si je ne m'abuse. Donc, de l'écarter sans lui demander son avis pour lui sauver la vie. C'est bizarre, ça me rappelle quelqu'un… ironisa la médicomage avant de tirer longuement sur sa cigarette.

L'animagus ravala la réplique acerbe qui menaçait de sortir et dut se rendre à l'évidence. Elle agissait comme une Gryffondor. Comme Hermione.

- Ce n'est qu'une supposition. Rien ne nous dit qu'elle a disparu toutes ces années pour nous protéger, rétorqua-t-elle sèchement.

- C'est ça, prends moi pour une abrutie de ta maison… se moqua Pansy.

Elle se leva gracieusement et écrasa son mégot dans le cendrier.

- En tout cas, quelle que soit ta décision, il y en a une qui souffrira.

- Je ne vois pas comment Hermione pourrait en pâtir, maugréa l'Ecossaise, les bras croisés sous sa poitrine.

Le rictus de Pansy s'élargit alors qu'elle attrapait son manteau.

- Je pensais à Rose et Bibine. Mais c'est amusant que tu penses à Granger en premier… C'est un signe.

- Tais-toi, gronda McGonagall.

- De toute façon, ça fait douze ans que vous ne vous êtes pas vues. Granger peut être fiancée, mariée ou, que Merlin nous en préserve, grosse !

- Pansy ! Ce n'est vraiment pas le moment de plaisanter ! aboya l'animagus.

- Moi, c'que j'en dis… Bref, bonne soirée Min', et appelle-moi quand tu veux.

La Serpentard déposa un court baiser sur la joue de la Gryffondor et quitta les appartements de cette dernière en sifflotant une chanson paillarde. La Directrice de Poudlard regarda sa montre et se mordit l'intérieur de la joue. Il était trop tard pour passer voir Rolanda. Et de toute façon, elle ne savait toujours pas quoi lui dire.

Elle se rendit dans sa chambre, se changea rapidement et se glissa sous les draps. Mille pensées tournoyaient dans son esprit et elle sut que le sommeil ne viendrait pas avant longtemps.


Rose tentait de se réveiller pour son premier cours de métamorphose après avoir somnolé deux heures en histoire de la magie. Elle allait enfin rencontrer son cousin William et voir s'il était aussi bon en métamorphose que les élèves le prétendaient.

Le professeur pénétra dans la salle de classe de son pas vif et ferma la porte d'un coup de pied. Il balança son manuel sur le bureau et s'assit sur un coin du meuble, parcourant d'un regard bienveillant la salle.

- Bonjour bonjour ! lança-t-il chaleureusement. Je me présente : William McGonagall, neveu de la Directrice et autant vous le dire, j'ai eu le job par piston !

Rose se mordit la lèvre pour éviter de rire. Ca commençait bien. William agita promptement sa baguette et la poubelle qui se trouvait dans un coin de la salle se métamorphosa en un chat qui s'étira paresseusement avant de commencer sa toilette.

- Facile… marmonna Rose alors que les autres élèves poussaient des cris de surprise mêlée d'émerveillement.

- Vous disiez, Miss Granger ? s'enquit le professeur avec un léger haussement de sourcil.

- Rien… C'est très impressionnant, marmonna Rose entre ses dents, appuyant sa tête sur sa paume, le coude posé sur son bureau.

- Voici donc Miss Granger qui semble être, si je ne me trompe pas, la digne fille de sa mère, autrement appelée Miss-je-sais-tout. Je sens qu'on va bien s'entendre tous les deux, fit-il en transformant le bureau sur lequel la fillette prenait mollement appui en un lavabo sur pied rempli d'eau.

Perdant son support rigide, la tête de Rose se retrouva dans le récipient. Furieuse d'être ainsi ridiculisée elle se redressa, trempée, les mains dirigées vers le professeur.

- Tsss, votre baguette si vous voulez vous amusez avec moi, sourit le professeur. Allez, sans rancune, finit-il en lançant un sort pour sécher la fillette.

- Saleté de bout de bois… grommela la Sage en prenant sa baguette pour l'agiter rapidement.

Son bureau reprit son apparence normale tandis que le siège sur lequel le professeur allait s'asseoir se métamorphosa en toilettes, lunette relevée. William se retrouva coincé dans les WC et, avec un dernier mouvement de poignet, Rose tira la chasse d'eau.

- Vous êtes rafraichi, professeur ? s'enquit la rouge et or, ingénue.

William s'extirpa tant bien que mal du siège et se sécha, tout en admirant le travail de métamorphose.

- Excellente transformation, sourit-il, j'accorde 50 points à Gryffondor. Par contre, je remarque que vous n'avez pas prévu l'écoulement des eaux, continua-t-il en levant ses chaussures trempées. Aussi je pense que vous pourrez transformer cette liasse de papier sur mon bureau en serpillère à la fin du cours pour remettre la salle en état.

Le sourire de Rose se changea en grimace. La dixième sage agita une nouvelle fois sa baguette et une serpillère apparut et se mit à frotter le sol automatiquement.

- Un coup de cirage sur vos chaussures, tant que j'y suis, professeur ? proposa le Maître des chimères, la baguette toujours levée.

- Une excellente idée, Miss. J'ai toujours rêvé d'avoir une jeune fille aux petits soins pour moi. Mais nous ferons cette partie de l'activité après le cours, dans le bureau de la Directrice. Bien, où en étions-nous avant que Cendrillon ne fasse des siennes ?

Rose soupira et posa la fine tige de bois devant elle. Elle prit un parchemin vierge et commença à dessiner sans écouter William qui semblait expliquer comment métamorphoser une allumette en aiguille avec, le comble, une formule à prononcer. Elle traça quelques traits pour dessiner Lyfa qui se battait contre Tanaris.

- Très joli, murmura le professeur de métamorphose en se penchant au-dessus de l'enfant, mais même si l'art de la métamorphose n'est pas à votre goût, je vous suggère de faire semblant… sinon vous allez briser mon petit cœur sensible.

Rose rougit jusqu'à la racine des cheveux et tenta de cacher son dessin, bien qu'il fut trop tard.

- Désolée, Professeur… marmonna-t-elle en prenant un nouveau parchemin.

- Faites donc la métamorphose, Miss Granger.

La dixième sage se força à prendre sa baguette et l'agita, réussissant l'exercice.

- Toujours sans formule ? J'aime quand les femmes se taisent, c'est tellement rare. Ca vaut bien dix points pour Gryffondor…

Il s'éloigna en direction d'une autre table et Rose regarda la pendule. Il restait encore une heure et demie de cours. La journée allait être longue…


Les Conseillers de Vivianne avaient pris place autour de la table ronde. Pansy et Minerva discutaient tranquillement, tandis que Ginny, la chef de l'armée de l'air, plaisantait avec William. Hermione, quant à elle, parcourait les derniers rapports de ses éclaireurs, l'air inquiet, alors que Rose l'observait en fronçant les sourcils.

- Quelles sont les nouvelles ? s'enquit Minerva.

- Rien que vous ne comprendriez, répliqua sèchement Hermione. Et puis, je ne vous ferais pas la lecture, j'ai autre chose à foutre.

Pansy se leva brusquement et tapa du plat de la main sur la surface boisée.

- Ca commence à bien faire ! s'exclama vertement la Conseillère à la santé. Tu vas lui parler sur un autre ton ! C'est la Conseillère stratégique de Vivianne !

- Marraine, te laisse pas faire ! encouragea Rose, furieuse.

- Ouais, et bien, avec un stratège pareil, m'étonne pas qu'on soit dans une telle merde, ironisa Hermione sans lever les yeux de ses parchemins. Et tout le monde tient quelque chose de son parrain et de sa marraine, ajouta-t-elle cyniquement en direction de Rose.

- Calme-toi... murmura Ginny en posant sa main sur celle de la guerrière dans un geste apaisant.

Hermione se dégagea vivement, sortit de sa besace une carte de la région et commença à tracer au crayon de bois les positions ennemies.

Les conversations moururent alors que la porte du fond s'ouvrit. Vivianne et Morgane pénétrèrent dans la pièce, un sourire chaleureux étirant les lèvres de la Dame du Lac. Morgane posa un baiser rapide sur les cheveux de Rose et prit place à côté de cette dernière.

- Bonjour à tous, dit doucement Vivianne. Je vous ai réunis car la situation est grave. La révolte a gagné tout le pays et les régions d'Avalon tombent les unes après les autres. Nos troupes se sont repliées dans la cité mais la Source a réuni ses combattants dans la forêt.

- Ouais, ils sont juste à côté, grommela Hermione.

- Minerva ? Une idée ?

- Et bien, il faudrait les déloger de la forêt en... commença la stratège.

- Mais comment voulez-vous tailler droit dans une forêt où il y a un arbre tous les trois pieds ! Ça fait dix ans que je vous dis de la raser, cette saloperie de forêt ! Au moins, on verrait clair ! coupa Hermione.

Vivianne posa sa main sur l'épaule de la guerrière et lui serra doucement.

- Calme-toi. La situation n'est pas encore désespérée, la rassura la Dame du Lac.

Hermione hocha la tête, les joues légèrement rougissantes, sous le regard haineux de Rose.

- Mais y'en a combien d'ces cons-là ? demanda Ginny.

- Des milliers, répondit Vivianne. Nos forces sont à peu près équivalentes, mais il y a des blessés. Pansy ?

- Tous les médicomages disponibles se relaient pour soigner nuit et jour, répondit la Conseillère à la santé.

Vivianne fronça le nez et se tourna vers la fenêtre ouverte.

- Quelle est cette odeur ? On dirait de la viande grillée.

- C'est mon bûcher d'espions de la Source, répondit Hermione, l'air de rien, en se servant un verre d'eau.

- Un bûcher ? répéta Minerva, outrée.

- Ouais. La dernière fois, je leur ai fait couper la langue, et on m'avait trouvé trop coulante. Là, j'en ai choppé des nouveaux, récupéré les anciens, et je fais cramer le tout. 43 ! annonça-t-elle fièrement. D'ailleurs, si on avait maté le premier soulèvement comme ça, on ne serait pas en guerre.

- Barbare ! s'exclama la stratège, les yeux écarquillés d'horreur.

- Chochotte ! répondit Hermione, narquoise.

- Il faut agir de manière politique, commença Pansy.

- La politique j'en connais qu'une : trente soldats pour un péquenot et le premier qui bronche on l'embroche, coupa Hermione.

Vivianne et Ginny échangèrent un sourire amusé avant que la Dame du Lac lève les mains pour que ses Conseillers se taisent.

- Bien. On va réfléchir posément. Minerva, donne-nous ton opinion.

- Je propose qu'on leur tende un piège. On va affaiblir le plus possible leurs troupes mais faire en sorte que les leaders puissent pénétrer dans le château. Hermione et ses meilleurs soldats s'en occuperont à ce moment-là. Pendant ce temps, je dirigerai une autre unité pour les prendre à revers et bloquer toutes les sorties du château. Ginny n'aura qu'à faire des dégâts avec les troupes aériennes.

- Parfait. Hermione, Minerva, je vous laisse organiser notre armée. Pansy, briefe tes médicomages. Qu'ils se tiennent prêt à soigner à vue. Aujourd'hui, la Source va connaître une terrible défaite.

Hermione se réveilla brusquement et se redressa. Elle regarda autour d'elle, hagarde, avant de reconnaître son bureau. Elle soupira, rassurée, et passa une main sur son visage. Elle s'était assoupie, une fois de plus. Elle quitta le mode veille de son écran et grimaça en constatant qu'elle n'avait écrit que la moitié de son rapport.

- Bon sang... J'ai besoin d'un café... maugréa-t-elle.

Elle attrapa son mug, sa canne, puis quitta la pièce. Elle ferma la porte derrière elle et se dirigea vers la cuisine de l'étage. En chemin, elle croisa un employé qu'elle salua d'un hochement de tête.

- Bonjour Docteur Granger. L'inspecteur Roberts souhaite savoir si vous avez fini le rapport d'autopsie de la victime de cette nuit.

- Pas encore, répondit Hermione. Mais il sera prêt d'ici une heure.

- Je lui dirais. Et n'oubliez pas que vous donnez un cours à la faculté à 11 heures.

- J'y serai... Même si je ne sais pas encore ce que je vais bien pouvoir leur raconter.


Minerva revenait du Ministère de la Magie, songeuse. Les nouvelles qu'elle venait d'apprendre étaient inquiétantes, mais corroboraient ce qu'avait raconté Aliénor. Elle s'appuya contre la cheminée et son regard se perdit dans les flammes.

Elle hésita un instant puis plongea sa main dans le pot à poudre. Elle en jeta une poignée dans l'âtre et attendit quelques instants avant de parler.

- Hôpital de Sainte Mangouste, bureau de la Doyenne, annonça-t-elle d'une voix claire.

Le feu changea de couleur pour se teinter de vert et l'animagus fronça les sourcils alors qu'aucun visage ne se dessinait dans les braises. Des gémissements se faisaient entendre et l'inquiétude la gagna.

- Pansy ? appela-t-elle. Tu es là ?

- Oui, oui... répondit la médicomage. Min' chérie, tu me déranges en plein entretien d'évaluation professionnelle avec la responsable du service gynécologie... Oui ma toute belle, tu y es, ne bouge pas...

D'autres gémissements se firent entendre et l'Ecossaise roula des yeux.

- Désolée de te déranger, mais j'ai à te parler, gronda McGonagall, agacée.

- Docteur Parkinson, vous avez un périnée bien musclé... fit une voix étouffée.

- Docteur Alyanis, permettez-moi de vous dire que... Oh oui, poursuivez, c'est parfait... que vous avez un excellent doigté avec… vos patients... Minerva, tu disais ?

- La situation est grave. Aussi, quand tu auras fini de vacciner la totalité de ton personnel, tu sauras où me trouver !

L'Ecossaise éteignit le feu d'un geste de la main et alla s'asseoir à son bureau, furieuse. Elle attrapa vivement un parchemin vierge et trempa sa plume dans l'encrier. Le Ministre de la Magie attendait ses conseils pour gérer la bombe qui n'allait pas tarder à exploser. Elle soupira douloureusement en noircissant la feuille avec application. Jamais elle ne l'avouerait mais, à cet instant précis, Hermione lui manquait. L'Origine de toutes magies aurait sûrement eu une idée pour les tirer de ce pétrin.

- Où te caches-tu ? soupira-t-elle, morose.


Et voilà le travail ! Quelles sont vos impressions ? Pansy est-elle à la hauteur de vos attentes ? ^^

En vous souhaitant un excellent week-end,

Bises,

Sygui et Link9