Bonjour everybody !
Rhum, soleil, plage, piscine... bon, j'arrête de vous emmerder avec mes vacances ! (réponse de Sygui à la vacancière : à Québec, ben fait -30° ! nah !)
Un grand merci à Sygui pour poster les chapitres ! Tiens bon, plus qu'une semaine et je reviens ! (bronzée, oui, on sait !)
Bonne lecture !
Chapitre 12 : Un cours de magie
Hermione courait dans les couloirs du château, son épée à la main. C'était la débandade. Les plus féroces guerriers de la Source s'approchaient dangereusement des portes de la citée et les troupes de la Dame du Lac subissaient des lourdes pertes.
Un tremblement violent secoua le château et la brune vacilla avant de se rattraper à un mur.
- Ils attaquent les murs extérieurs. Merde ! siffla-t-elle en reprenant sa course.
"Minerva, il faut mettre en place le plan B. Où êtes-vous ?" demanda-t-elle par télépathie.
"Je cherche Morgane. Elle m'a faussé compagnie pendant que je récupérais les rapports de vos officiers. J'ai envoyé Gellert, Albus et Tom faire le tour du château mais sans succès jusqu'à présent."
"Mes officiers ont autre chose à foutre ! Je les veux sur le champ de bataille, pas dans vos jupons ! Ils n'ont pas à réparer vos conneries, Minerva !" pesta Hermione.
" Je ne peux pas faire mon boulot et le vôtre !" répondit froidement la stratège.
"Magnez-vous le cul et envoyez-la sur terre !" tempêta la guerrière. "Si il lui arrive quoi que ce soit, je vous couperai en morceaux pour les faire bouffer par les rats des cachots !"
La communication fut coupée et la brune prit le chemin des portes de la salle du Conseil. Ses meilleurs soldats l'y attendaient avec Rose.
- En espérant que la gamine est aussi douée que ses mères... grommela Hermione.
Elle allait mettre en place le guet-apens pour les leaders de la Source et bientôt, la guerre sur Avalon ne serait plus qu'un mauvais souvenir.
Hermione était dans la cuisine, occupée à faire la vaisselle. Elle avait relevé les manches de son sweat dont la capuche était rabattue sur son visage et frottait à en désagréger l'éponge. Pamela était partie depuis quelques minutes et la brune n'avait qu'une envie : aller se coucher. Mais elle sentait dans son dos le regard inquisiteur de McGonagall et elle savait que la soirée ne faisait que commencer.
- Aliénor m'a confié des potions pour toi, fit l'Ecossaise.
- Merci. Vous pouvez les laisser sur la table de la cuisine, répondit la brune en frottant de plus belle une assiette.
Cette femme avait la faculté de lui faire perdre tous ses moyens. Elle soupira en essuyant un peu de mousse qui avait volé jusqu'à son nez. Ce n'était vraiment pas le moment de se déconcentrer.
- Il y a aussi une lettre, poursuivit la Directrice de Poudlard.
La légiste rinça quelques couverts, essuya sa main valide sur un torchon et claudiqua jusqu'à la table. Elle prit le courrier et le déplia pour le parcourir rapidement.
- Elle veut que je vous aide à trouver votre source de magie et que je vous enseigne à la masquer... dit-elle sans animosité en posant la lettre sur la surface boisée. C'est comme vous le sentez.
- Je vais faire du thé. Tu en veux ? proposa Minerva.
- Faites comme chez vous... Je vous abandonne cinq minutes pour vérifier ma messagerie, ça vous laissera le temps de vous décider pour le cours de magie.
Lorsque la brune sortit de sa chambre, quelques minutes plus tard, sa tasse de thé fumait sur la table basse du coin salon, à côté d'une assiette de tritons au gingembre. Minerva était installée sur une chaise, son breuvage à la main.
- Je suppose que c'est oui pour la leçon, dit Hermione en s'asseyant en face de l'Ecossaise. Pour pouvoir dissimuler vos pouvoirs, vous avez besoin de comprendre comment fonctionne la magie. C'est la faculté de tordre à sa convenance les ondes magnétiques qui nous entourent pour produire des phénomènes extranaturels. La métamorphose, art que vous pratiquez avec expertise, ou encore les sortilèges sont un excellent exemple de cette explication. En influant sur les ondes magnétiques, nous pouvons agir sur la matière, pour faire simple, les petites particules qui composent chaque chose sur cette terre. Votre pouvoir, que vous l'utilisiez ou non, provoque d'infimes distorsions autour de vous qui sont facilement repérable pour qui est rompu à l'exercice. Plus le pouvoir du sorcier est important, plus les distorsions le sont, plus il est repérable. Jusque là, tout va bien ?
- Pour le moment, oui, répondit posément l'animagus.
- Je vais vous aider à trouver la source de votre pouvoir et vous allez tenter de la verrouiller pour qu'il ne sorte pas de votre corps.
- Parfait. Comment procède-t-on ? s'enquit Minerva, conciliante.
- Habituellement, on entre en méditation pendant plusieurs jours, mais je doute que vous en ayez la patience, expliqua Hermione. En plus, je tombe de fatigue. Vous allez profiter d'avoir l'Origine de toutes magies à disposition pour prendre un... itinéraire bis. Fermez les yeux et donnez-moi vos mains.
L'animagus se cala confortablement dans sa chaise et, ressentant une légère appréhension, tendit ses mains vers son ancienne élève qui posa les siennes dessus. La peau de la brune était aussi douce et chaude que dans ses souvenirs, contrastant avec le froid et la rugosité du plâtre. Leur regard se croisèrent un instant avant que McGonagall ferme les yeux, respirant doucement.
- Détendez-vous et laissez-vous guider, chuchota Hermione. Et... euh... ça risque de chatouiller un peu.
L'Ecossaise haussa un sourcil, perplexe, avant de ressentir un léger fourmillement dans ses doigts.
- Que se passe-t-il ? demanda-t-elle.
"J'agis sur votre flux magique pour l'inverser temporairement. Concentrez-vous sur le pouvoir que vous sentez dans vos mains et remontez la piste jusqu'à son origine." répondit la brune dans son esprit.
- Tu sais où est ma source...
"Je sais où se trouve le pouvoir de chaque sorcier qui peuple cette terre."
Minerva commençait à avoir chaud. Très chaud. Elle sentait sa magie qui parcourait ses veines et se demandait si Hermione amplifiait le phénomène. Elle sondait chaque parcelle de son être et, plus ses investigations se poursuivaient, plus son corps se tendait. Elle avait l'impression que la brune était en elle, lui tenant la main pour l'emmener à la recherche de son pouvoir, à la découverte de la compréhension parfaite de ce qu'elle était depuis toujours : une sorcière. C'était enivrant, excitant, intime aussi. Elle se sentait enveloppée par la magie de la rouge et or et l'Ecossaise frissonnait de plaisir. Le pouvoir de son ancienne élève était comme une brise d'été. Légère, chaude mais rafraichissante.
"Nous y sommes... Regardez autour de vous..." murmura la voix d'Hermione.
McGonagall sentit son bas ventre se contracter alors que le chuchotement de la brune résonnait en elle. Elle déglutit et se concentra sur sa magie qui s'était entremêlée au pouvoir de la légiste. Une petite lueur bleue brillait au fond de son être et elle s'en approcha.
- Je crois que c'est là...
"Effectivement. Dans votre hypothalamus. Votre magie est d'un type cérébral, intellectuel mais instinctif, étroitement lié à votre faculté de survie."
- Et ta source ? Où se situe-t-elle ? demanda l'Ecossaise d'une voix légèrement rauque.
"Nous verrons cela tout à l'heure. Déjà, nous allons cacher votre magie. Construisez une pièce autour de la petite boule, avec une porte et une serrure." la conseilla Hermione. "Maintenant, fermez la porte."
Un sourire naquit sur les lèvres de l'animagus qui faisait exactement ce que la brune lui disait.
- J'y suis, dit-elle, fière d'elle. Mais j'ai une question. Comment faire pour se cacher de certains et se laisser trouver par d'autres, dans le même temps ?
" Pour se connecter à quelqu'un, il faut être proche de lui la première fois. Proche physiquement ou affectivement. Après, vous pouvez interdire l'accès à votre source mais en laissant des "autorisations" d'entrer à certains flux magiques que vous aurez préalablement identifiés."
- Si je veux que tu puisses me trouver, que dois-je faire ?
"Rien, je suis l'Origine de toutes magies, je peux communiquer avec tous les sorciers. Mais je vais vous donner la méthode pour pouvoir vous exercer avec d'autres. Vous êtes devant votre source et la porte est fermée. Maintenant, visualisez une clé que vous me donnez. Pour ça, je vais vous aider à trouver ma source. Je vais parler à la votre et vous n'aurez qu'à remonter le fil..."
Minerva acquiesça et se concentra sur l'aura de la brune.
"Maintenant, écoutez ma voix, ressentez ma présence en vous et cherchez l'endroit d'où je vous parle. Dès que vous l'aurez trouvé, répondez-moi par votre esprit et donnez moi la clé."
La Directrice de Poudlard se laissait flotter au gré des intonations d'Hermione qui résonnaient dans sa tête. Elle eut l'impression de quitter son corps tremblant de désir pour trouver refuge dans celui de son ancienne élève et elle s'y sentait bien, en sécurité. Elle naviguait dans le flux de pouvoir qui la faisait frissonner et remarqua une lueur rouge orangé qui brillait fortement.
"Ton coeur... Ta source est dans ton coeur... " chuchota-t-elle, mentalement. "Qu'est-ce que ça signifie ?"
"Que je serai cardiaque à cinquante ans..." soupira la brune, résignée. "Heureusement que Vivianne a prévu de me tuer avant, ça m'évitera un triple pontage."
Le rouge devint plus sombre pour virer à l'ocre. Une ombre sembla se déployer et Minerva sentit que quelque chose d'ancien et de puissant fondait sur elle. Une seconde plus tard, la Directrice de Poudlard fut expulsée du corps d'Hermione.
- Que s'est-il passé ? demanda l'animagus, tendue, regrettant la douce chaleur qu'elle venait de quitter.
- Fin de la leçon, fit la légiste en attrapant son paquet de cigarette.
Minerva rouvrit les yeux et posa sa main sur la joue de la rouge et or. Elle contempla le visage abimé, légèrement obscurci par l'ombre de la capuche. D'un geste délicat, elle abaissa le vêtement, caressant la peau chaude du bout de ses doigts. Elle sourit en sentant la jeune femme frissonner à la douce caresse.
- Vivianne… Je ne la laisserai pas faire… murmura McGonagall.
Puis, après une courte hésitation, elle se pencha lentement en direction des lèvres de la brune.
Salazar Serpentard paressait sous l'épais feuillage des arbres, le mettant à l'abri du soleil du mois d'août. Les fondations de Poudlard étaient presque achevées et le cofondateur de la future école de Magie et de Sorcellerie d'Ecosse profitait de la pause déjeuner pour feuilleter un grimoire sur les potions anesthésiantes.
Il leva les yeux en sentant une présence à ses côtés et sursauta en découvrant un homme d'une taille gigantesque à la peau ébène. Comment ce géant avait-il pu s'approcher sans qu'il ne l'entende ?
- Bonjour Salazar… Auriez-vous quelques minutes à m'accorder ? demanda l'inconnu d'une voix grave.
- On se connaît ? demanda Serpentard en fronçant les sourcils, sa main glissant doucement vers sa baguette.
- Je vous connais, c'est ce qui importe. Je viens vous trouver car j'aurais besoin que vous protégiez un objet d'une grande importance sous les fondations du collège.
- Qui vous envoie ? marmonna le sorcier, masquant son inquiétude.
Héphaïstos claqua des doigts et des visions s'emparèrent de l'esprit de Salazar qui en eut le souffle coupé. Quand il rouvrit les yeux, on pouvait lire un profond respect mêlé de crainte dans ses pupilles.
- L'Origine de toutes magies… souffla Serpentard. Comment puis-je l'aider ?
- Il y a un cristal sous le château, dans une cavité. Mais la Source trouve qu'il manque de protection. Nous allons donc créer une anti-chambre avec un piège pour protéger le cristal.
Salazar réfléchit quelques instants, puis un fin sourire malicieux étira ses lèvres.
- On peut déjà mettre une sorte de mot de passe aux portes, une condition d'entrée… L'usage du fourchelang ? Peu de sorciers parlent cette langue.
- Excellente idée, admit le géant.
- Et je mettrai un basilic, pour garder l'accès à la salle du cristal. Un animal puissant et assurément mortel pour quiconque l'affronte.
- Je vous laisse régler les détails. Rendez-vous ce soir, quand la lune sera au-dessus des nuages.
- A minuit, donc, fit Serpentard en haussant les épaules.
- Ah oui, c'est vrai, j'oubliais que vous aviez des montres… A minuit, ici même…
Héphaïstos disparut dans un craquement sonore, laissant Salazar plongé dans ses pensées. Il lissa sans y penser son bouc, imaginant la future salle qu'il devait créer. Il voulait quelque chose de grandiose.
- Une statue me représentant… Histoire de semer la confusion. La chambre du secret… Non, la chambre des secrets… Oui, ça sonne bien. Ce sera la chambre des secrets.
Rose avait attendu le couvre-feu pour s'éclipser hors de la salle commune. Elle avait pris la direction des toilettes du deuxième étage et avait soigneusement fermé la porte derrière elle, usant d'un sort que lui avait enseigné sa mère.
Elle avança dans la salle et observa un à un tous les lavabos jusqu'à trouver celui qui permettait d'accéder à la Chambre des Secrets. Ses doigts tapotèrent un moment la faïence blanche, se demandant comment ouvrir l'entrée sans parler fourchelangue. Son index effleura le serpent gravé et elle fronça les sourcils. Tout bousiller serait la manière la plus rapide d'accéder à la salle de Serpentard, mais ce serait aussi le moyen d'ameuter tout le château, et elle voulait faire dans la discrétion.
Elle posa sa paume sur le reptile incrusté dans le lavabo et envoya sa magie dans un sort de déverrouillage bien plus perfectionné que le alohomora enseigné en classe de sortilèges. Au bout de quelques secondes, un déclic se fit entendre et la Gryffondor se recula quand le lavabo disparut, révélant un trou qui semblait sans fond.
- Quand faut y aller, faut y aller... marmonna la fillette en se laissant tomber dans l'ouverture béante.
Quelques secondes plus tard, elle roula sur le sol couvert de poussière et de boue avant de se redresser. La chute avait été rapide et l'atterrissage plutôt brutal. Elle s'essuya les mains sur sa cape d'uniforme, remit en place les satanées lunettes qu'Aliénor lui avait données en attendant d'aller en acheter une paire qui lui plaisait, claqua des doigts pour faire apparaître une petite boule de lumière et commença à avancer dans les tréfonds du collège.
De relents rances de charogne flottaient dans l'air et la prit à la gorge. La fillette tira le plus possible sur le col de sa robe qu'elle coinça sur son nez, pour ne pas être trop incommodée par l'odeur.
- Ils auraient pu évacuer le cadavre du basilic, non mais franchement, pesta-t-elle alors qu'elle franchissait une immense porte métallique qui était restée ouverte depuis la dernière visite, il y avait près de 15 ans.
Elle pénétra dans une vaste salle. D'un large mouvement de poignet, elle alluma toutes les torches accrochées au mur. Une fois la lumière faite, elle grimaça en découvrant le cadavre du grand reptile à quelques pas d'elle. Elle leva les yeux et balaya du regard la Chambre des secrets. Au fond, se trouvait la statue de Salazar Serpentard. Et une minuscule forme semblait assise au pied du fondateur. Rose déglutit et s'approcha doucement. Une jeune fille portant l'uniforme des verts et argent lui souriait narquoisement.
- Salut Sage. Je t'attendais... fit Yuki Yamashi en sautant au sol. On va pouvoir discuter de ce que tu cherches ici.
Le Maître des Chimères resta interdite alors que la Haute avançait tranquillement vers elle.
- Que fait une Gryffondor dans la chambre de Salazar Serpentard ? Chercherais-tu quelque chose pour aider la Source à survivre ?
La rouge et or agita le poignet et la vert et argent en fit autant. Les deux sorts s'entrechoquèrent et une explosion retentit, propulsant les deux Conseillères quelques mètres en arrière. Rose fit plusieurs tonneaux sur le sol boueux avant de s'immobiliser, stoppée par le cadavre du basilic. La Sage avait le nez à quelques centimètres d'asticots blancs qui se repaissaient du cadavre et, au bord de la nausée, elle se remit debout rapidement pour s'éloigner à grand pas. Yuki, quant à elle, était affalée contre le socle de la statue et, sonnée, elle secouait la tête pour reprendre ses esprits.
Rose profita de ce répit pour examiner rapidement la salle. Elle ne savait pas exactement ce qu'elle cherchait. Quel était l'indice qui l'amènerait à trouver l'objet de sa venue à Poudlard ? Et surtout, où était ce putain d'indice ?
- Alors Sage... Tu peux me dire ce que tu vois ? marmonna Yuki en se remettant sur pied. J'ai fouillé la Chambre de fond en comble, et j'ai fait chou blanc. Maintenant, tu vas parler. Où puis-je trouver le dernier cristal ?
Minerva pouvait sentir le souffle d'Hermione sur son visage et luttait contre l'envie qu'elle ressentait au plus profond d'elle d'embrasser la légiste. La lueur de peur dans l'oeil noisette l'empêchait de finir son geste.
La brune recula brusquement, livide, et quitta le canapé pour s'éloigner de l'animagus.
- Je peux savoir ce qui vous arrive ? demanda-t-elle furieusement.
- Hermione, je...
- Vous pensiez quoi ? Que j'allais me laisser embrasser sans broncher ? Et plus si affinité ? s'emporta vertement la brune. C'est quoi ? Votre vengeance pour ce qui s'est passé sur Avalon il y a 12 ans ?
- Tu n'y es pas... Laisse-moi t'expliquer, tenta Minerva en se levant pour s'approcher de son ancienne élève.
- Au contraire, je pense avoir vu juste ! Qui voudrait de moi dans cet état ? A part me rendre la monnaie de ma pièce, je ne vois pas ce qui vous pousserez à vous étendre avec moi.
- S'il te plait, écoute-moi...
- Juste pour votre information, au cas où vous l'auriez oublié, vous avez une bague à votre main gauche, coupa Hermione, glaciale. Que ce soit clair entre nous : je ne suis pas intéressée. Je ne l'ai jamais été ! Ce qui s'est passé entre nous était l'histoire d'une nuit ! Désolée de ne pas avoir été plus limpide quant à mes intentions il y a douze ans. Maintenant que la situation est clarifiée, foutez-moi le camp et ne revenez jamais !
Minerva se sentit envahie par la colère qu'elle tentait de refluer depuis des jours. Elle franchit les quelques centimètres qui la séparaient de la légiste et abattit violemment sa main sur la joue de la brune qui vacilla sous le choc.
- Je savais que vous y viendriez... grogna Hermione. Vous avez eu ce que vous vouliez, alors tirez-vous !
McGonagall se retint de justesse de lui asséner une deuxième gifle et transplana sans un mot. La légiste gagna sa chambre et s'allongea sur son lit, amère et furieuse.
- Ca lui évitera de porter mon deuil une troisième fois... murmura-t-elle la gorge nouée.
Rose et Yuki se dévisageaient et marchaient lentement en traçant un arc de cercle. Aucune des deux Conseillères ne se quittaient du regard, se demandant qui allait attaquer en premier.
- Le dernier cristal ? Je ne vois pas de quoi tu parles... murmura Rose.
- Ne fais pas l'imbécile, Maître des Chimères. Vivianne sait qu'il y a 16 créatures, 16 cristaux de magie. Tu penses vraiment que la Source pouvait lui cacher une telle information ?
- Une histoire qu'elle devait te raconter pour t'endormir, se moqua la rouge et or.
- Dans ce cas, que fais-tu ici ? ironisa la vert et argent. Nous savons que le dernier cristal est le plus important. Le cristal majeur. Et que la chimère qui le garde a des pouvoirs gigantesques. La Dame du Lac la veut à son service.
- Oui, et moi, j'voudrai un million de gallions. Mais on n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie. Maintenant, tu vas te tirer car j'ai des chimères prêtes à intervenir. Et ça fait longtemps que je n'ai pas nourri Hirfitt... murmura froidement la Gryffondor.
Yuki allait répliquer mais se ravisa. Elle réfléchit quelques instants puis se dirigea vers la sortie, sans tourner le dos à Rose.
- Ok... Je te laisse pour cette fois-ci. Mais ne crois pas que j'abandonne la partie. Je serai toujours sur ta route, Sage. Je mettrai la main sur le cristal avant toi. Et ce jour-là sera celui de ta mort.
La Haute quitta la Chambre des secrets et Rose attendit plusieurs minutes avant de soupirer, relâchant la tension. Elle s'approcha de la statue qu'elle examina sous toutes les coutures. Elle remarqua alors un petit symbole qu'elle avait vu il y avait très longtemps dans les carnets de sa mère. Un symbole rond avec un "G" entouré de traits ondulés.
- Gurgor... murmura la fillette. La Source chez les acromentulas.
Elle toucha le symbole qui se mit à briller avant de disparaître, emportant avec lui la statue et une partie du mur du fond, créant un couloir. Rose inspira profondément et, après avoir jeté un dernier coup d'œil derrière elle, s'engagea dans l'obscurité.
Pansy avait besoin d'air. Marylin lui avait tenu la jambe toute la soirée sur l'importance des leçons qu'elle allait lui donner. Et, dès qu'elle avait pu, elle s'était éclipsée pour échapper à l'ambiance pesante qui régnait chez elle.
Vêtue d'un jean et d'une chemise noire, elle avait juste pris le temps de se maquiller légèrement avant de sortir prendre un verre, bravant le couvre-feu instauré. Se fondant dans la nuit, elle avait observé un moment les militaires faire leur ronde, dispersant des émeutiers qui jetaient des cocktails Molotov dans des vitrines.
Elle avait repéré à son retour à Londres un petit bar clandestin à quelques rues de chez elle, ouvert toute la nuit. Elle communiqua un mot de passe et un videur lui ouvrit. Elle le remercia d'un hochement de tête et s'accouda au comptoir.
Quelques minutes plus tard, elle faisait tourner son whisky dans son verre, se laissant happer par les reflets ambrés qui dansaient dans la lumière. Elle avait le sentiment que ces dernières années avaient consumé ce qui restait d'humain en elle. Elle s'était investie à fond dans sa carrière et allait devoir tout abandonner pour se jeter à corps perdu dans un conflit qui n'aurait jamais dû la concerner.
Parkinson serra les dents en pensant à Granger. Seule, elle n'avait plus à afficher un semblant de compassion pour l'ancienne Gryffondor, ou à prendre son parti. Hermione avait réussi à foutre toute sa vie en l'air. Elle n'aurait jamais dû s'en approcher et la ramasser. Une seule bonne action dans toute sa vie et elle s'était retournée contre elle.
Elle but une longue gorgée d'alcool. Elle était seule depuis trop d'années, aucune femme n'arrivant à la contenter. Elle avait réussi à faire son deuil de Minerva, là n'était pas le problème, mais aucune de ses conquêtes n'arrivait à la cheville de l'Ecossaise. Si Granger n'avait pas été dans le paysage, elle serait déjà mariée, Pansy en était intimement persuadée.
Et maintenant, avec le retour de la rouge et or, le monde sombrait une nouvelle fois dans le chaos. Et tout ce qu'elle avait construit volait une fois de plus en éclats.
- Putain, tu fais vraiment chier, Granger... marmonna-t-elle.
La Serpentard ne se rendait pas compte de la pression qu'elle exerçait sur le verre qui explosa littéralement dans sa main. La serveuse sursauta. La barmaid se saisit d'un torchon sous le comptoir et attrapa l'avant-bras de la médicomage, retira un bout de verre fiché dans les chairs et enveloppa la main blessée.
- Mauvaise journée ? demanda-t-elle en serrant le tissu.
- Mauvais karma plutôt, soupira la vert et argent qui regardait la femme s'occuper d'elle.
Leurs regards se croisèrent.
- Ca arrive aussi, lui sourit la jeune femme. Venez derrière, je vais m'occuper un peu mieux de tout ça.
- Et de mon cœur brisé ? interrogea Parkinson en quittant son tabouret.
La barmaid eut un temps d'arrêt dans ses gestes puis embrassa la salle d'un coup d'œil.
- Il n'y a pas trop de monde à cette heure, ça se pourrait, lui répliqua la jeune femme avec un petit sourire mutin.
Rose regardait autour d'elle. Elle se trouvait dans une immense salle et l'imposant cristal de magie projetait une lumière bleue qui semblait irréelle. A sa base, un gigantesque dragon dormait profondément. Sa respiration sifflante rompait sporadiquement le silence pesant de la caverne.
- Bon... Comment je vais faire pour le sortir de là ? se demanda la Gryffondor en se grattant la nuque.
Elle leva les yeux et observa le plafond.
- Au-dessus, la grande salle... murmura-t-elle. Le sigle de la Source se trouve sous le siège de mamaidh... Et normalement, en appuyant dessus, j'aurais une large ouverture pour sortir ma chimère... Bon sang, ça va être un bazar !
Elle fourra ses mains dans ses poches et grimaça.
- Si je détruis le dallage de la grande salle, je sens que je vais en entendre parler... grommela-t-elle en tournant les talons.
Elle regagna la Chambre des secrets et ferma le passage menant au cristal.
- Reste à attendre le feu vert de m'man... Et bizarrement, j'suis pas pressée de l'avoir.
En espérant que ça vous a plu !
Bon week-end,
Bises,
Link9 et Sygui
