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Bonne année, bonne santé, plein de bonne chose pour 2014 !
Chapitre 15 : Au chevet du Docteur Granger
Pour la deuxième fois en moins de vingt-quatre heures, Aliénor se trouvait dans la caverne aux mille et un objets d'Avalon. Elle avait pris toutes les précautions pour se rendre sur Avalon, masquant sa magie, et avait mis un temps infini pour gagner sa destination. Elle récupérait maintenant à la hâte plusieurs livres, jetant de temps à autre des regards sur l'entrée. Et ce qu'elle craignait finit par arriver. Une ombre se détacha de l'obscurité et la Française récupéra son arme de Sage logée dans sa manche.
- Qui a envie de mourir ce soir ? lança bravement l'enchanteresse.
- Personne... murmura une voix grave.
- Severus ?
- Je me doutais que tu reviendrais. Evite de le faire trop souvent, Vivianne finira par t'attraper. Tu es venue prendre des ouvrages ?
- Tu veux m'en empêcher ?
- J'en serais incapable, je connais mes forces et mes faiblesses. Juste un conseil, ma reine. Prends des ouvrages sur la magie temporelle, tu en auras certainement besoin.
- Je sais encore identifier le potentiel des sorciers, répliqua-t-elle, cinglante.
- Je n'en doutais point. Je voulais également te confier ceci, cela te sera utile pour soigner la Source. Vivianne a encore réussi à la mettre hors service.
Une fiole apparut devant Aliénor, inquiète, qui s'en saisit pour la fourrer dans sa poche.
- La Dame du Lac s'est mis en tête de récupérer Rose. Elle pense que la dixième sage est sa fille, poursuivit l'ancien maître des potions. Ne la quittez pas des yeux.
- Merci pour l'information, Severus. Prends soin de toi.
- Rassure-toi, j'ai toujours été extrêmement doué pour me rendre indispensable auprès des mégalomanes.
Sur ces mots, l'ombre s'effaça progressivement. Aliénor attrapa quelques livres supplémentaires, puis quitta rapidement la caverne.
Une bonne partie de l'après-midi s'était écoulée, ponctuée par les allées et venues du personnel médical qui venait contrôler les constantes de la légiste toujours dans un état semi-comateux. Ginny était restée un moment au chevet de sa meilleure amie avant de regagner le collège avec William. Et depuis, chaque heure avait été l'occasion de nouveaux prélèvements, contrôles et graffitis sur le graphique qui pendait au pied du lit.
La brune avait été emmenée à plusieurs reprises faire des examens complémentaires hors de la chambre sous le regard inquiet de Rose qui s'attendait toujours à ce qu'on ne lui ramène pas sa mère.
Les périodes de calme résonnaient du claquement du respirateur ponctué du bip cardiaque. Minerva avait l'impression qu'elle allait devenir folle à entendre ses sons rythmer la vie d'Hermione mais faisait attention de ne pas montrer son inquiétude à sa fille. La jeune Gryffondor était déjà suffisamment paniquée.
Le Maître des Chimères était à présent assise sur les genoux de Minerva, les bras de l'animagus refermés sur elle dans une étreinte maternelle réconfortante.
- A quoi penses-tu, ma chérie ? demanda doucement l'animagus en caressant les cheveux de la Sage.
- Si maman survit...
- Et elle le fera, assura la Directrice de Poudlard.
- Vous allez vous remettre ensemble ? murmura la fillette. On va être une famille ?
McGonagall posa un baiser sur la tête de sa fille.
- Tu sais Rose, tu es la preuve vivante que j'ai aimé ta mère avant qu'elle ne décide de disparaître. Aujourd'hui…
Minerva soupira douloureusement.
- Je ne sais pas ce qu'elle veut, je ne peux pas m'engager pour elle.
Rose se dégagea de l'étreinte et se dirigea vers la sortie tout en fouillant dans ses poches.
- Je vais me chercher à boire… grogna-t-elle.
Elle s'arrêta sur le seuil et s'essuya les yeux.
- Tu veux quelque chose ? lâcha-t-elle.
- Que tu me dises ce qui ne va pas.
- Elle ne fera jamais le premier pas, et tu ne quitteras jamais ta copine. Ce qui me fait dire que si on veut pas de gamin, on utilise un moyen de contraception !
Elle quitta rapidement la chambre à la recherche d'un distributeur.
- On ne pouvait rêver réponse plus claire, murmura McGonagall en approchant le fauteuil du lit afin de prendre la main d'Hermione dans la sienne. Et pour information, Rolanda et moi, c'est du passé.
Elle caressa du bout des doigts la paume abandonnée sur le drap immaculé. Elle songea à leur première et dernière nuit ensemble. La seule. Mais celle qui avait vu naître Rose d'un amour qui s'était consumé en une seule fois, si elle devait accorder foi à la disparition d'Hermione durant douze années.
Aujourd'hui encore, la Source était au bord du gouffre et son existence ne tenait qu'à des fils et des tubes qui semblaient vivre à sa place.
- Tu ne peux pas partir comme ça. Sans me dire pourquoi, marmonna l'animagus en fronçant les sourcils, sa main glissant sur le velours de la joue de la Gryffondor.
Rose avait poussé la porte de la chambre sans bruit et se tenait sur le seuil, une canette à la main. Elle fit demi-tour et alla trouver le Docteur Carter qui finissait de remplir un dossier.
- Excusez-moi, vous savez où je peux trouver un endroit où acheter une peluche pour ma mère ? Elle aime bien les chats tigrés…
La jeune femme posa la pochette dans une bannette et eut un large sourire.
- Tu as demandé à la bonne personne ! Je connais par cœur le magasin de souvenirs qui se trouve dans le hall et je pense qu'on va pouvoir trouver ça.
Rose fouilla dans sa poche et sortit une poignée de pièces. Elle compta le tout et grimaça.
- Mouais, j'ai été optimiste, lâcha-t-elle.
- On va faire une collecte auprès des internes et des externes. Ils ont eu ta mère comme prof… On va leur faire cracher les billets ! plaisanta la médecin en tendant sa main à la fillette.
- Vous, j'vous aime bien, répondit la Sage avec un sourire avant de prendre la main tendue.
Aliénor poussa les portes du service des urgences et se dirigea d'un pas décidé vers l'accueil. Une infirmière leva le nez d'un dossier et fronça les sourcils en voyant s'approcher la Sage. Cette dernière lui colla une plaque sous le nez et la moldue se dit qu'il valait mieux ne pas la contrarier.
- Je suis le Docteur Aliénor De Guyenne, le médecin d'Hermione Granger. J'ai été avertie qu'elle se trouvait dans ce service. Donnez-moi son dossier médical, je la prends en charge dès maintenant.
- Euh... oui... bien sûr... balbutia l'infirmière, impressionnée par la détermination de la rousse. Chambre 215. Je préviens le médecin en charge du Docteur Granger.
- Pas la peine, répliqua sèchement l'ancienne reine avant de s'éloigner prestement.
Elle remonta le couloir avant de pénétrer dans la chambre susnommée. A sa vue, Minerva se leva d'un bond et la foudroya du regard.
- Enfin vous daignez venir ! murmura froidement l'animagus.
Aliénor la regarda comme si elle était une chiure sur ses escarpins et s'approcha du lit. Elle sortit une fiole de sa poche, la décapsula d'un geste expert, avant d'attraper une seringue pour aspirer le liquide translucide.
- Que faites-vous ? demanda Minerva.
- Je la sauve, ce que vous êtes incapable de faire, rétorqua l'enchanteresse, cinglante, avant de piquer une veine sur le pli du coude de la légiste.
Elle encapuchonna la seringue et la glissa dans sa poche avec le tube. Elle jeta un rapide coup d'œil au moniteur relié à la brune et afficha un air satisfait. Puis, elle se retourna vers Minerva et la toisa avec animosité.
- Où est Rose ?
- Partie se chercher à boire, répondit la Directrice, tendue. Allez-vous enfin me dire ce qui se passe ?
- Cette situation est un piège tendu par Vivianne pour mettre la main sur la dixième sage.
- Dans quel but ?
L'ancienne reine fut dispensée de répondre par le retour de Rose qui serrait dans ses mains une petite peluche. Son regard s'élargit à la vue de l'enchanteresse et l'espoir se lisait dans ses yeux verts.
- Aliénor ! Où étais-tu ? On t'attendait !
- Je cherchais un médicament pour ta mère et je l'ai trouvé, dit-elle avec un sourire confiant qui rassura la rouge et or.
La porte s'ouvrit une nouvelle fois et le Docteur Carter apparut, un plateau contenant deux gobelets à la main.
- C'est l'heure du thé ! lança-t-elle gaiment en direction de Rose et de Minerva qui la débarrassa du plateau. Vous devez être le Docteur De Guyenne. Enchantée de vous rencontrer. Que diriez-vous de venir discuter avec moi dans le couloir ?
Les bruits jusqu'alors syncopés des machines se mêlaient aléatoirement et l'enchanteresse de soin fronça les sourcils.
- Maman… s'étouffa la dixième sage en trouvant refuge dans les bras de l'animagus.
La médecin se dirigea rapidement vers les machines et appuya sur plusieurs boutons.
- Ca va aller, dit-elle autant à sa patiente qu'aux visiteuses, l'air tout de même sérieux. Docteur Granger, vous êtes entrain de vous réveiller. Vous allez sentir quelque chose dans votre gorge et ce n'est pas agréable du tout.
Tout en parlant d'une voix calme, Jane avait pris place à côté de la légiste qui commençait à s'agiter.
- Je suis obligée de vous laisser vous réveiller un peu plus avant de tout enlever. Ne paniquez pas Hermione, ajouta-t-elle tandis que la brune, apeurée, ouvrait son oeil valide et s'accrochait aux draps, cherchant à respirer sans y parvenir.
Rose était complètement terrifiée et Minerva devait prendre sur elle pour rassurer l'enfant.
- C'est bien Hermione, je vais pouvoir vous enlever ça mais vous aller m'aider, continuait à expliquer Carter tout en posant une main sur la joue de la Source pour l'amener à la regarder. Quand je vais vous le dire, vous allez tousser, d'accord ?
Et le temps de le dire, l'embout qui avait fait respirer l'Origine de toutes magies était retiré. Hermione prit une immense inspiration, comme si elle était restée au fonds du lac de Poudlard trop longtemps.
- Putain de bordel de m… fit la légiste d'une voix grave et rauque, cherchant son souffle.
- Si elle dit des gros mots, c'est qu'elle va bien, chuchota Rose à Minerva, un sourire soulagé étirant ses lèvres.
- Ce n'est pas une raison pour l'imiter, gronda gentiment l'animagus.
- Bonsoir Docteur Granger. Comment vous sentez-vous ?
Hermione eut l'air désorienté et dévisagea un instant la jeune femme en blouse blanche.
- Très bien, Docteur Carter. Assez bien pour rentrer chez moi, marmonna la Source en reprenant ses esprits.
- Hilarant, Hermione, répliqua sèchement Aliénor. Docteur Carter, je vous laisse votre patiente. Minerva, Rose, suivez-moi.
- Je reste ! protesta la Sage.
- Tu pourras revenir d'ici une dizaine de minutes, quand j'aurai fini d'examiner ta mère, d'accord ? dit Jane avec un sourire.
Rose hésita mais finit par hocher la tête. Elle s'approcha du lit et posa la peluche sur le ventre de sa mère.
- Je t'aime, m'man, chuchota-t-elle en embrassant la joue fraîche d'Hermione.
- Moi aussi, ma chérie...
Aliénor ouvrit la porte et la referma derrière elle, après que Minerva et Rose soient sorties. Elle s'accroupit pour se mettre à la hauteur de la fillette et plongea son regard dans les yeux verts.
- Rose, il faut que tu m'écoutes et que tu m'obéisses, c'est très important, commença l'enchanteresse de soin d'une voix inhabituellement douce.
Minerva se tendit, se demandant ce que l'ancienne reine allait bien pouvoir dire.
- Il faut que tu retournes à Poudlard. Vivianne a piégé ta mère pour mettre la main sur toi, afin de faire pression sur la Source.
- Mais je veux rester avec elle, coupa la fillette, butée. Il faut quelqu'un pour veiller sur elle.
- Je sais, mais elle n'est pas en état de te protéger si ça tourne mal, poursuivit calmement l'ancienne reine.
Elle leva les yeux pour observer McGonagall. Elle devait faire un choix : rester avec Hermione ou accomplir sa mission. Elle reporta son attention sur le Maître des chimères et lui sourit.
- Ta mamaidh va rester avec ta mère, comme ça, elle pourra intervenir s'il y a un problème. Tu vas rentrer avec moi au collège et je t'y protégerai. Tu sais que Vivianne ne peut rien contre moi...
L'animagus eut un reniflement dédaigneux et Aliénor la foudroya du regard.
- A moins que tu ne préfères rentrer à Poudlard avec Miss McGonagall... conclut la Sage déchue.
Rose entremêla nerveusement ses doigts entre eux. Elle hésitait. Elle faisait plus confiance à la Présidente des Conseils pour assurer la sécurité de sa maman, mais si elle voulait avoir une chance d'avoir un jour une famille, ses deux mères devaient passer du temps ensemble.
- Mamaidh, tu prendras soin d'elle ? finit-elle par demander.
- Je te le promets ma chérie, assura l'animagus.
La fillette hocha la tête tandis qu'Aliénor se relevait.
- Je peux lui dire bonne nuit avant qu'on parte ? murmura Rose.
- Bien sûr. Et on reviendra la voir demain, ça te va ? proposa l'ancienne reine.
- Je suppose que j'ai pas le choix...
Minerva regarda la Sage et sa fille s'éloigner. Rose avait sa main dans celle de l'enchanteresse de soin et marchait en regardant ses souliers. Elle tourna un instant la tête vers l'Ecossaise et celle-ci vit toute l'angoisse qui habitait l'enfant. Elle lui fit un petit sourire d'encouragement et les perdit de vue lorsque les portes de l'ascenseur au bout du couloir se refermèrent.
La Directrice soupira avant de revenir vers la chambre de la Source. Elle la poussa délicatement et remarqua que le Docteur Carter était partie. Hermione avait les yeux fermés et semblait dormir. Cependant, l'animagus remarqua le front légèrement crispé de la légiste.
- Je peux ? demanda-t-elle en restant sur le pas de la porte.
- De toute façon, je serai bien incapable de vous mettre dehors, alors faites comme bon vous semble, marmonna Hermione sans ouvrir l'oeil.
Minerva pénétra dans la pièce et vint se tenir au pied du lit de la brune. L'animosité dont faisait preuve la légiste à son endroit ne l'incitait pas pour l'instant à pénétrer dans sa bulle.
- Je voulais te remercier pour la leçon hier, et aussi m'excuser pour ma conduite.
- Excuses acceptées. Maintenant que vous vous êtes acquittée de votre corvée, vous pouvez rentrer à Poudlard, grommela la Source en réajustant comme elle le pouvait la couverture de sa main plâtrée.
Elle tourna la tête pour jeter un regard dégoûté au plateau repas que le Docteur Carter avait déposé à côté d'elle et le repoussa d'un geste brusque. L'effet fut dévastateur, une partie des ingrédients se retrouvant sur la couverture tandis qu'assiette et couverts créaient un tintamarre en rebondissant sur le sol.
- Merde, merde et merde ! s'exclama vertement la brune.
Minerva se pencha pour rassembler les morceaux, ce qui fit redoubler l'énervement de la légiste.
- Je n'ai pas besoin que vous vous abaissiez à faire le ménage après moi, aboya l'ancienne Gryffondor à bout de patience.
Elle souffla son exaspération et tenta de calmer la tension qui l'habitait.
- Pourquoi êtes-vous là ? lâcha-t-elle abruptement.
- Parce que je m'inquiète pour toi, fit calmement l'Ecossaise en s'asseyant sur une chaise au côté du lit.
- Je m'en sors très bien toute seule.
- Ca saute aux yeux, ironisa McGonagall. Que feras-tu dans ton état si Vivianne vient te rendre visite ?
- Et vous ? Que ferez-vous si Vivianne me rend visite ? répliqua sèchement la brune. Vous n'êtes qu'une sorcière et elle a des pouvoirs qui dépassent votre entendement.
Elle attrapa du bout des doigts les restes de nourriture sur sa couverture et les balança sur le plateau.
- Je n'ai pas besoin d'une baby-sitter. Retournez donc auprès de Bibine qui doit se demander où vous êtes passée. Et Vivianne ne me trouvera pas ici car je vais prendre mon congé.
La légiste essuya sa main sur le drap avant de la passer sous sa blouse et retira d'un geste sec les électrodes qui la reliaient au moniteur. Elle enleva le scotch qui maintenait la perfusion et en ôta l'aiguille délicatement.
Elle éteignit le moniteur pour couper la sonnerie stridente et prit une grande inspiration avant de s'asseoir dans son lit. Le paysage tanguait et elle se demanda un court instant si elle réussirait à se lever.
- Comme disait Aliénor, c'est hilarant, Hermione, fit sèchement McGonagall. Tu ne feras pas deux pas sans t'écrouler. Tu tiens à ce que le Docteur Carter t'attache à ton lit ?
- Comment avez-vous deviné que c'est mon fantasme ? rétorqua froidement la légiste.
- Et bien, invite-la à jouer aux cartes, ta partenaire n'attend qu'un troisième larron pour montrer l'étendu de ses talents, gronda l'Ecossaise.
La porte s'ouvrit brusquement et le Docteur Carter pénétra dans la chambre, visiblement mécontente.
- On m'a toujours dit que les médecins faisaient les pires patients et vous illustrez parfaitement cette maxime, Docteur Granger. Puis-je savoir pourquoi vous avez débranché le moniteur ?
- Parce que je ne vais pas abuser plus longtemps de votre hospitalité, grinça la légiste.
- Nous reparlerons de votre sortie demain matin. Vous passez la nuit ici et c'est non négociable, insista la moldue. Dussè-je ne pas quitter cette pièce !
- Tant d'attention pour mon humble personne ? Vous me flattez, Jane, susurra Hermione, ironique.
- Offrez-lui donc de l'attacher à son lit, elle n'attend que ça, ajouta l'animagus, perfide.
- Je comptais la menacer de gifles bien sentie, fit le médecin.
- On ne vous a jamais appris à ne pas frapper les handicapés ? se moqua Hermione. Mais puisque je vais être sous surveillance constante, vous pouvez partir, Professeur McGonagall.
Le regard de Carter allait de l'Ecossaise à l'Anglaise qui étaient visiblement prêtes à se sauter à la gorge.
- Miss McGonagall, je peux vous vous voir une minute ? demanda le médecin en désignant le couloir.
L'animagus acquiesça et les deux femmes quittèrent la chambre.
- Il y a un problème ? demanda prudemment Carter.
- Un problème, non, des problèmes, oui. Et son caractère borné en fait partie.
- Ecoutez, je sais que vous vous inquiétez pour elle, j'ai eu l'occasion de le remarquer aujourd'hui mais... votre présence ne l'aide pas en ce moment. Elle doit se reposer et apparemment, si vous restez ici ce soir, ce ne sera pas le cas.
- J'ai promis à sa fille de veiller sur elle cette nuit, et c'est une promesse sur laquelle je ne peux pas revenir.
- S'il vous plait, soyez raisonnable... Je vous trouve sympathique, ne me forcez pas à appeler la sécurité, supplia le médecin.
- Et si je reste dans le couloir … au moins jusqu'à ce qu'elle s'endorme ?
- Allez lui souhaiter une bonne nuit. Vous avez dix minutes, fit doucement Carter.
Minerva soupira, réfléchissant déjà à la façon de rester dans les parages.
- Très bien, répondit-elle en hochant la tête.
Elle poussa la porte et affronta à nouveau le visage renfrogné de la brune. Elle inspira profondément, s'approcha de son ancienne élève et la dévisagea furieusement.
- Tu ne veux pas discuter avec moi, fort bien, j'en prends bonne note. Mais j'ai promis à notre fille de rester avec toi cette nuit, murmura-t-elle sèchement. Et tu ne me feras pas revenir sur cette promesse. Donc, quand ton étudiante en pamoison reviendra dans cette chambre, tu vas lui annoncer que c'est avec un immense plaisir que tu acceptes ma compagnie. Est-ce bien clair, Miss Granger ?
- Oui, professeur, siffla Hermione entre ses dents, résignée.
Elle se rallongea et remit rageusement la couverture sur elle. Elle enfonça sa tête dans l'oreiller et ferma son oeil, se demandant si elle arriverait à dormir avec la colère vive qui la consumait de l'intérieur.
Minerva s'installa dans le fauteuil qu'elle avait discrètement rapproché du lit. Elle savait pourquoi Rose avait voulu qu'elle reste. Pour se rapprocher de son autre mère.
"Ca ne coûte rien d'essayer..."
- Ce qui te gêne le plus, c'est ma présence ou d'être à l'hôpital ? demanda-t-elle doucement.
- Je suis ici pour me reposer, et je ne pourrais pas le faire si vous parlez.
L'animagus soupira mais ne répondit pas. Elle se cala confortablement dans son fauteuil et jeta un coup d'oeil à la pendule de la pièce. La nuit allait être longue.
Aliénor eut un regard attendri pour Rose profondément endormie dans son lit et quitta sa chambre en fermant doucement la porte. Elle s'installa à son bureau, attrapa les grimoires qu'elle avait ramenés d'Avalon et en ouvrit un au hasard. Tout en parcourant l'index de l'ouvrage, elle alluma sa radio et ajusta le volume pour ne pas réveiller la Sage.
- Ici, en direct de Londres, les forces militaires se déploient dans les rues afin d'aider les policiers à traquer les sorciers en activité. Après des heures de tractation entre les dirigeants de la communauté sorcière et le gouvernement, l'accord prévoyant un contrôle des activités magiques n'a pas pu être conclu. Pour assurer la sécurité des sujets de la Couronne, le parlement a fait voter cette nuit l'état d'urgence. Tous les sorciers vivant en Grande Bretagne doivent aller se déclarer au nouveau service de régulation magique et y déposer leur baguette, objet en bois qui permet d'utiliser leur pouvoir. Nul doute que de telles mesures inspireront d'autres états dans le monde...
Le visage de l'ancienne reine s'assombrit. Les nouvelles étaient de pire en pire. Vivianne plongeait le pays dans une guerre civile qui se propagerait bientôt à toute l'Europe, puis au reste du monde.
- Et ce n'est pas près de se terminer...
Et voilà, c'était le premier chapitre de l'année !
Bisous et encore bonne année 2014,
Sygui et Link9
