Bonjour tout le monde !
Voici un petit chapitre qui va rendre Hermione un peu plus sympathique... ou pas !
Bonne lecture !
Chapitre 16 : Confession nocturne
Douze ans plus tôt
Elle reprenait lentement conscience de son corps. Un à un, ses sens s'éveillaient. D'abord, l'ouïe. Le bruit des vagues la sortit doucement de sa torpeur. Ensuite vint l'odorat. L'air était chargé d'iode et elle se demanda où elle avait bien pu échouer.
Elle sentait à présent le sable sous ses doigts, sous sa joue, et une eau glacée qui balayait par à-coups son corps meurtri, l'empêchant de sombrer à nouveau dans les ténèbres. Elle tenta d'ouvrir les yeux mais n'y voyait rien. Seulement la lumière du soleil qui l'éblouissait malgré ses paupières closes. Où était-elle ? Toujours sur Avalon ?
- Maman ! Regarde là-bas ! Y'a une femme ! fit une voix grave, lointaine.
- Mais non... Ces adolescents ! Un tronc d'arbre couché devient une sirène aux courbes enchanteresses... répondit en plaisantant un timbre féminin.
- Mais si ! Regarde !
Le silence se fit, incertain, puis un cri horrifié retentit.
- Oh merde ! Appelle les secours !
Le bruit du sable humide qui craquait sous des pas se fit entendre et elle sentit une main sur sa joue.
- Mademoiselle ? Vous m'entendez ?
La main était chaude, douce, réconfortante. Elle gémit, incapable de prononcer un seul mot, mais désirant montrer qu'elle était vaguement consciente.
- Les pompiers vont arriver, ne vous inquiétez pas, on s'occupe de vous...
La jeune femme bougea légèrement la main et l'inconnue la lui prit pour la serrer doucement.
- Ne bougez pas... Tout se passera bien.
La mer montait. L'inconnue lui tenait la tête hors de l'eau mais elle en respirait tout de même des gouttelettes à chaque vague qui s'échouait sur son corps. Le ressac continuait de briser ses os, lui arrachant des plaintes et des larmes. L'inconnue ne voulait la bouger avant l'arrivée des secours.
- M'man, ils arrivent, ils sont là ! hurla la voix grave.
- Mademoiselle, vous entendez ? Ils vont s'occuper de vous, lui murmura la voix chaude de l'inconnue.
Une cavalcade étouffée par le sable parvint à ses oreilles avant que des ombres s'interposent entre elle et le soleil.
- Oh merde ! fit une voix rauque.
- Max, prépare le matelas-coquille au sec, Marie tu soutiens les jambes, Jean au bassin et moi je prends la tête, intima une voix de femme décidée. On commence par la retourner. A trois.
Hermione sentit des mains chercher des prises sur son corps et ne fit rien pour s'empêcher de gémir lorsqu'elle fut fermement empoignée pour être mise sur le dos.
- Putain, mais c'est quoi ce délire ?
- Elle est au moins tombée d'un avion en passant par un hublot ! s'exclama une voix plus jeune.
- Découpez les vêtements, on y verra plus clair, ordonna la voix responsable.
Tirer sur les vêtements découpés rouvrait les plaies qu'ils bouchaient de leurs plis. C'était un supplice pour la brune qui se sentait doucement filer vers l'inconscience. La lumière lui parvenait par éclats, les sons par bribes. A bout de force, elle sombra à nouveau dans les ténèbres.
On parlait autour d'elle. Pour dire quoi ? Hermione fit un effort pour isoler une voix et se concentrer sur cette parole. La voix responsable résonnait dans une salle, comme le bip qui la fatiguait.
- Il y a quarante-cinq minutes maintenant. La plage est vraiment isolée, d'où le délai.
- Vous savez qui c'est ?
- Non, pas d'identité, rien dans ses poches et elle est incapable de nous répondre.
- Oui, la mâchoire est fracturée, comme le crâne et à peu près tout ce qu'elle compte d'os.
- Elle va s'en sortir ?
- On va tout faire pour. Surtout essayer de sauver son bras, mais pour le reste, difficile de dire si elle remarchera un jour.
Les sons recommencèrent à se mêler, les voix à s'éloigner, le silence à s'imposer tandis qu'elle s'enfonçait dans l'inconscience.
Hermione n'avait aucune idée d'où elle était, ni depuis combien de temps elle y était. Ses souvenirs n'étaient que bribes, explosions, douleurs, peurs. Mais aujourd'hui elle tentait d'ouvrir les yeux, reprenant enfin conscience de ce qui l'entourait. Une pièce blanche, des bruits réguliers et lancinants, et une absence de corps. L'esprit de la brune s'agita brusquement en prenant la mesure de ce que cela voulait dire.
Une main fraiche se posa sur sa joue et attira son attention. Une jeune femme était penchée au-dessus d'elle, la regardant avec bienveillance. Son sourire la calma un instant avant que son regard pose des milliers de questions angoissées.
- Tout va bien. Vous savez ce qui s'est passé ?
- Non, articula-t-elle avec difficulté.
- Vous savez votre nom ?
Il ne l'avait donc pas identifiée, une chance en soi. Elle pourrait peut-être se cacher de la Dame du Lac.
- Non, affirma-t-elle, se rendant compte tout à coup qu'elle parlait en français. Où... suis-je ? Qu'est-ce... que j'ai ?
- Vous êtes au centre hospitalier de Rennes, on vous a transférée ici à cause de la gravité de vos blessures. On vous a trouvé sur une des plages de St Malo. Vous ne vous souvenez pas ?
Hermione se rappelait parfaitement des dernières minutes passées avec Viviane, mais rien de plus. Elle secoua la tête, l'air perdu.
- Je... je ne sens rien… dit-elle d'une petite voix tandis que son regard adressait une prière muette à l'infirmière.
- C'est normal pour l'instant. On vous a plongée dans un coma artificiel durant trois semaines pour faire toutes les chirurgies sans trop vous faire souffrir. Vous êtes encore très sédatée. Quand la douleur se réveillera, il ne faudra pas hésiter à me demander quelque chose.
- Ma vision est obstruée...
- C'est... normal. Une de vos paupières est hors service. Je vous expliquerai tout une fois que j'aurai fait vos soins. Et on parlera de ce que vous voulez faire pour le petit être qui grandit en vous.
Hermione se réveilla en sursaut et se redressa dans son lit. Elle regarda autour d'elle, se demandant un instant où elle se trouvait avant que la mémoire lui revienne. Sa chambre était calme et elle entendait la respiration tranquille de Minerva qui s'était endormie. Elle soupira, passa une main sur son visage fatigué puis dégagea une mèche de son front.
Etre à l'hôpital faisait remonter des souvenirs vieux de douze ans, une partie de sa vie qu'elle aimerait pouvoir oublier.
« Je vais devenir dingue si je reste ici… » songea-t-elle, essuyant du bout des doigts des gouttes de sueur qui perlaient sur son front.
Elle tendit l'oreille un instant, retenant son souffle. Les alentours semblaient déserts. C'était le bon moment pour s'éclipser discrètement. Elle se dégagea des draps pour se lever péniblement. Elle fit quelques pas mal assurés dans la chambre en se dirigeant vers la porte et s'arrêta sur le seuil pour jeter un coup d'œil à McGonagall. Cette dernière dormait profondément et ne semblait pas être sur le point de se réveiller.
Hermione ouvrit doucement la porte et gagna silencieusement le couloir. Comme elle le pensait, elle n'y trouva personne. Prenant appui sur le mur, elle longea le couloir en direction des ascenseurs. Cependant, à mi-chemin, elle fit une pause. Elle avait le sentiment de faire une erreur. Rose avait demandé à Minerva de veiller sur elle et elle ne voulait rompre la confiance de sa fille envers l'animagus. Et mettre l'Ecossaise en faute pourrait briser net le lien que la mère et la fille tentait de créer depuis quelques jours.
- Merde… Saleté de conscience… marmonna-t-elle.
Le bip de l'ascenseur résonna dans le couloir et le Docteur Carter émergea de la cabine, une pile de dossiers sous le bras. Le regard de la moldue se posa sur la légiste et une expression surprise apparut sur son visage pour laisser rapidement place à une profonde lassitude.
- Docteur Granger… Je ne peux pas vous laisser cinq minutes sans surveillance… soupira le médecin en déposant les pochettes en carton sur le comptoir de l'accueil. Vous êtes impossible !
- C'est ce qui fait mon charme, bougonna Hermione tandis que la jeune femme l'attrapait par le bras pour la raccompagner dans sa chambre.
Sans bruit, les deux femmes pénétrèrent dans la pièce et la brune se remit au lit, prenant soin de ne pas réveiller Minerva. Jane Carter s'assit à côté de son professeur et croisa les bras sous sa poitrine.
- Alors ? La raison de votre tentative de fugue ? chuchota-t-elle, mi-amusée, mi-furieuse.
- Je n'ai pas fait de crise pendant mon adolescence et je me suis dit que c'était l'occasion de rattraper ça, ironisa Hermione.
- Sérieusement ? insista la moldue.
Hermione se mordit la lèvre inférieure et coula un regard vers McGonagall. Elle l'observa quelques instants, cherchant le moindre signe indiquant qu'elle faisait semblant de dormir. Mais la respiration était régulière, le front détendu, les paupières closes.
- Elle compte beaucoup pour vous ? murmura la médecin qui avait suivi le coup d'oeil.
- Oui, avoua Hermione.
- Que s'est-il passé ?
La brune se replongea dans ses souvenirs et son regard se voila. Inconsciemment, ses doigts resserrèrent leur étreinte sur la couverture.
- Il y a une femme qui cherche à me tuer. Une sorcière… ça a commencé il y a douze ans et elle a bien failli réussir. Voyez ce que ça a donné.
Elle désigna son visage et Carter hocha la tête. Elle préféra ne rien dire, laissant la légiste dire ce qu'elle avait sur le cœur, ce qu'elle devait taire depuis trop longtemps. Les questions viendraient plus tard.
- J'ai consciente d'être absolument invivable, mais je suis restée trois ans au CHU de Rennes, dont près de 18 mois en rééducation. Rose est née là-bas, poursuivit Hermione. Je voulais vraiment faire ma vie, construire une famille avec Minerva mais… je n'avais pas moyen de la contacter. Et quand j'ai pu enfin sortir, j'ai découvert qu'elle avait rencontré quelqu'un d'autre.
Elle ferma son œil et déglutit difficilement, une boule s'étant formée dans sa gorge.
- De toute façon, je ne pouvais l'impliquer dans mes problèmes, c'était trop dangereux. Et je ne voulais briser son bonheur une fois de plus.
- Comment avez-vous repris contact ?
- Elle est Directrice d'un internat et j'ai envoyé Rose faire ses études là-bas. La sorcière m'a finalement retrouvée et elle ne s'arrêtera pas tant que… Vous voyez. Et je voulais que Rose et Minerva se connaissent avant que je disparaisse.
- Vous l'aimez toujours ?
Une larme roula sur la joue de la légiste.
- Oui… murmura douloureusement la brune. Je l'aime tellement que c'est inhumain d'être près d'elle sans pouvoir la toucher. J'aimerais lui dire que sans elle je ne suis rien, que le dernier visage que j'ai vu avant de tomber de la falaise était le sien mais... elle a sa vie maintenant et moi… Il faut être réaliste. Je serai incapable d'avoir une quelconque relation avec elle… avec quiconque, en fait. Je ne ressemble plus à rien, je… Je me rends compte que c'est une des premières conversations de plus de trois minutes que j'ai avec quelqu'un autre qu'une prostituée en douze ans… Je suis associable, je paie une femme pour jouer aux cartes avec moi deux fois par mois, j'ai une psychopathe à mes trousses… Tout pour la faire fuir.
- Et donc, vous préférez la repousser pour ne pas souffrir.
- Tout à fait. Maintenant, le moment psy est fini, merci beaucoup, Docteur Carter. Vous n'avez pas à vous inquiéter, je ne fuguerai plus cette nuit.
Le ton de la brune était devenu plus sec. Jane se leva et sourit à son professeur.
- On fera un bilan à 14 heures. Et si tout est bon, je vous autoriserai à sortir. Bonne nuit, Docteur Granger.
Hermione se contenta d'un hochement de tête en guise de réponse. Le médecin quitta la pièce et la brune se rallongea aussi confortablement qu'elle le pouvait. Elle ne savait pas ce qui lui avait pris. Elle avait été incapable de s'arrêter de parler. Et, étrangement, elle se sentait soulagée, comme si un poids lui avait été retiré. Elle cala sa tête contre l'oreiller et, épuisée, se laissa glisser vers le sommeil, sans voir le sourire qu'affichait Minerva.
Pansy avait profité que sa conquête d'une nuit soit sous la douche pour s'éclipser. Elle avait laissé une lettre sur l'oreiller, l'habituel message qui disait que la nuit avait été fabuleuse, que c'était d'elle que venait le problème et que la demoiselle ne devait pas chercher à la revoir. Elle s'était contentée d'attraper un stylo et d'ajouter le prénom de la femme dans l'espace laissé à cette intention avant de filer en douce.
Une fois dans la rue, elle fourra ses mains dans les poches de son jean et prit la route de son appartement en sifflotant. Avec les trois Conseillers qui squattaient chez elle, elle avait l'impression d'étouffer de plus en plus. Et avec Chaka qui voulait la mettre au jogging matinal, elle ne regrettait pas d'avoir quitté temporairement son domicile.
- Pas le moins de monde... sourit-elle en se délectant de la légère brise qui soufflait.
Elle regarda sa montre et eut un petit sourire. Si elle marchait d'une allure convenable, elle serait arrivée à destination pour le petit-déjeuner. Elle aurait le temps d'avaler quelques toasts et un café, puis de prendre une douche avant d'aller travailler. Satisfaite de son programme, elle attrapa son paquet de cigarettes et eut une moue en constatant qu'il était presque vide. Elle décida de rentrer dans le premier tabac venu et son sourire s'élargit à la vue de la superbe vendeuse qui arrangeait les rayonnages.
"Jour de chance !" se dit-elle, réjouie. "Je sens que je vais réussir ma semaine parfaite. Carton plein !"
Elle s'accouda nonchalamment sur le comptoir et détailla sa future proie qui avait le dos tourné. Cheveux mi-long, blond cendré, silhouette bien roulée.
"J'ai hâte qu'elle se retourne que j'admire ça d'un peu plus près..." soupira Parkinson.
- Je suis à vous dans trente secondes, fit la moldue en se mettant sur la pointe des pieds pour ranger des cartouches de cigarettes en haut d'une étagère.
Le haut de la femme se souleva et laissa apparaître un tatouage sur une peau au touché que la Haute devinait doux.
- Prenez tout votre temps, je ne suis pas pressée... susurra Pansy avec un rictus amusé.
La jeune femme se retourna et lui fit un sourire éblouissant.
- Que vous faut-il ? demanda-t-elle en essuyant ses mains sur son pantalon.
- Une cartouche de Silver, s'il vous plaît, répondit la sorcière.
La clochette de la porte d'entrée tinta et un homme arriva, portant dans ses bras une pile de journaux.
- Salut Aalana, souffla le livreur en posant son colis. Tu as vu les nouvelles ? C'est de pire en pire !
- Je vais vous prendre un journal, ajouta rapidement Pansy en fronçant les sourcils.
Les deux moldus discutèrent quelques instants tandis que Parkinson parcourait rapidement la une du quotidien.
Le premier camp pour sorciers ouvre en périphérie de Londres !
Cette nuit, l'armée a monté un campement à la sécurité renforcée pour enfermer les personnes identifiées comme sorcières. Des mesures ont été prises pour séparer ces dangers de la population. Le Ministre de l'Intérieur, dans une interview exclusive pour notre journal, détaille les mesures. A suivre page 3...
- Putain... lâcha la Haute en repliant le journal. Ca devient vraiment flippant.
- Je ne vous le fais pas dire, lâcha la moldue alors que le livreur partait. J'ai besoin d'un café. Ca vous tente ? proposa la vendeuse tandis que la Serpentard payait ses achats.
Parkinson hésita. Elle devait prévenir les Conseillers de ce qui se passait. Mais d'un autre côté, ils pouvaient bien attendre quelques heures, ça n'allait pas changer la face du monde.
- Avec plaisir, je vous suis...
Hermione avait les doigts crispés sur la couverture posée sur elle et son œil valide était rivé sur le poste de télévision, sur la chaîne d'informations qui émettait en continu. Les images qu'elle voyait lui glaçaient le sang. Elle avait senti la puissance de Vivianne atteindre un point culminant dans la nuit et cela l'inquiétait énormément. Elle s'était réveillée deux heures plus tôt, couverte de sueurs, mais ce n'était rien comparé à la fièvre qu'elle ressentait actuellement.
La police s'est déployée ce matin dans les rues de la capitale suite à l'attentat qui s'est déroulé hier à l'institut médicolégal, dans lequel un médecin légiste a été grièvement blessé. Les perquisitions se sont multipliées dès l'aube et des familles ont été arrêtées pour suspicion d'usage de la magie et de terrorisme, commentait une journaliste, micro à la main. Le Premier Ministre devrait tenir une conférence en début d'après-midi pour expliquer les conditions de l'ouverture du camp de sorciers et des premiers enfermements...
La brune appuya sur la télécommande et éteignit le téléviseur. Vivianne avait lancé la première phase de son plan. La légiste se mordit la lèvre. Elle ne pouvait rien faire pour le moment. A cause d'Aliénor, elle devait attendre plusieurs années, que Rose devienne adulte. La Dame du Lac avait le temps, d'ici là, d'anéantir la quasi totalité des moldus.
"Tout est de ta faute !" rugit la Source, provoquant une affreuse migraine qui fit plisser les yeux de la légiste. "Une fois de plus, à cause de toi, le monde va sombrer dans le chaos !"
Minerva bougea dans son fauteuil et ouvrit les yeux. Le regard vert balaya rapidement la pièce avant de se poser sur son ancienne élève.
- Bonjour, murmura l'animagus en s'étirant gracieusement.
- Bon jour ? marmonna la brune en se massant les tempes. Vu comment ça a commencé, je ne pense pas. Mais sait-on jamais, la vie est pleine de surprises... lâcha-t-elle, ironique.
- Comment te sens-tu ? poursuivit l'Ecossaise, ne prenant pas ombrage de la mauvaise humeur de la légiste. Tu as mal à la tête ? Tu veux que j'appelle Carter ?
- Non, ça ira. Je me sens suffisamment bien pour rentrer chez moi. J'attends juste le formulaire de sortie pour me tirer d'ici.
- Veux-tu que je te raccompagne ? proposa Minerva.
- Jane s'en chargera.
La réponse tomba comme un couperet. Le ton, l'utilisation savamment calculée du prénom de la jeune moldue aurait pu blesser l'Ecossaise si elle n'avait pas entendu les confidences faites dans l'obscurité de la nuit.
- Bien. Mais j'aimerais que tu viennes dîner ce soir à Poudlard. Rose et moi t'attendrons pour 19 heures. Ta présence au collège rassurera ta fille, répondit calmement l'animagus.
Hermione tressaillit et foudroya du regard McGonagall qui arborait un léger sourire victorieux. La Directrice de Poudlard avait sorti l'argument imparable.
- Bien, j'y serai... grommela la légiste.
- Parfait. A ce soir, donc.
McGonagall la salua d'un hochement de tête avant de quitter la chambre. Hermione soupira, agacée, en rallumant le téléviseur pour se concentrer sur les informations, attendant l'heure de sa libération.
William avait légèrement penché son buste caché derrière un coin pour observer le couloir désert. Seule sa tête dépassait du mur et ses yeux balayaient les alentours. Juste en-dessous de lui, Rose faisait exactement la même chose. Les deux paires d'yeux verts brillaient de la même lueur malicieuse et un rictus machiavélique étira leurs lèvres à la vue de Rusard qui apparaissait à l'horizon.
- On le tient… chuchota le professeur de métamorphose.
- J'ai pas digéré l'engueulade qu'il m'a passé il y a deux jours… Je vais lui faire ravaler ses dents, grogna Rose en gaélique. Quel est le programme ?
- On va créer un marécage et balancer dedans un pétard dragon de Weasley Farces et Attrapes histoire de bien saloper le couloir, chuchota le professeur de métamorphose.
- Et ensuite, on enchaîne sur...
Rose ne put finir sa phrase. Une main attrapa son oreille et elle entendit William pousser un juron.
- Vous deux… Dans mon bureau… Immédiatement… murmura Minerva qui était arrivée silencieusement dans leur dos.
- T'es déjà revenue ? gémit Rose.
- Au bon moment, visiblement.
Elle tenait une oreille de son neveu et de sa fille et tira sèchement dessus pour les inviter à se mettre en marche.
- Il reste des toilettes à nettoyer au quatrième étage, fit la Directrice de Poudlard en marchant entre les deux fautifs, sans lâcher leurs oreilles. Ca vous occupera le reste de la journée.
- Aie ! Les châtiments corporels sont interdits à Poudlard, Madame la Directrice. C'est l'article 451 du…
- Miss Granger, vous venez de gagner une punition supplémentaire : puisque vous le connaissez si bien, vous allez me recopier dix fois sur parchemin, de tête, l'intégralité du règlement.
- Rose, je t'avais pourtant bien dit de te taire…
- Et vous auriez été bien avisé d'appliquer votre propre conseil, Professeur McGonagall, susurra l'Ecossaise. Vous vous occuperez de l'administratif pour la semaine à venir.
- Mais j'ai rien dit !
- Deux semaines.
- Mamai…
- Miss Granger ! gronda l'Ecossaise.
- Désolée…
- Ma tante, je sais déjà que Rose est ma cousine. Bon sang, un enfant hors mariage ! Que va dire ma mère ?
- C'est vrai quoi ! renchérit Rose. C'est pas bien joli tout ça, il serait temps de donner - comment tu dis déjà, cousin ?- ah oui, un cadre légal à cette famille, non ?
- Bien… Miss Granger, encore un mot et vous passerez le prochain week-end à récurer toutes les latrines du collège. Professeur McGonagall, si vous tenez à assurer toutes les rondes des deux prochains mois en compagnie d'Argus, je vous en prie, continuez à parler… répliqua sèchement Minerva.
- Et merde… firent William et Rose en gaélique.
Les deux échangèrent un regard et l'Ecossaise en profita pour retirer sur les oreilles qu'elles tenaient toujours en main.
- Rose, tu as intérêt à avoir fini avant ce soir car ta mère vient dîner avec nous.
- Ok... Là, ça motive ! Donne-moi la brosse à dents qu'on en finisse...
- Si j'entends encore l'une de vos deux voix dans l'heure qui vient, dit-elle en ouvrant la porte des latrines du pied, vous ferez celles de l'étage suivant aussi.
Rose eut un rictus qui plut immédiatement à William.
- Cher cousin, ce sera l'occasion de faire plus ample connaissance. Y-a-t-il un endroit plus charmant pour discuter qu'une cuvette de chiotte cradingue ? ironisa la Sage.
- Très bien, Rose, ici, William, celles d'en face !
- Pas grave, on discutera porte ouverte, répliqua le professeur de métamorphose. Et il faudra que tu me parles, à l'occasion, de ma tantine par alliance !
Minerva fit apparaître deux brosses à dents, tourna les talons et partit de son pas rapide en maugréant. Rose haussa les épaules et s'assit dans le couloir, son cousin l'imitant. Ils échangèrent un regard et William eut un sourire.
- Alors, très chère cousine, comment tu trouves Poudlard ?
- Les WC de cet établissement sont charmants…
Et voilà le travail !
La semaine prochaine, ça va bouger, j'vous le garantie !
Bisous et bon week-end,
Sygui et Link9
