Bonjour tout le monde !

Une petite upload rapide, en espérant que le chapitre vous plaira !

Bonne lecture !


Chapitre 17 : Attentat dans le métro

Hermione bouillait littéralement d'impatience. Il était près de 18 heures et elle n'avait toujours pas quitté l'hôpital. Carter tenait absolument à avoir les résultats de sa dernière prise de sang avant de lui donner son congé.

Une des infirmières du service avait fait l'aller-retour à la morgue pour lui apporter les vêtements de rechange qu'elle gardait toujours dans son casier et maintenant, la brune était décidée à fuguer. Elle n'avait qu'une heure pour rentrer chez elle, se redonner une apparence aussi humaine que possible pour ensuite se rendre à Poudlard.

- Je ne vais jamais y arriver... Si elle n'est pas là dans cinq minutes, je me tire, bougonna Hermione, qui faisait tourner le pommeau de sa canne entre ses doigts.

Carter finit par apparaître, un immense sourire éclairant son visage.

- Bonne nouvelle, tout va bien ! Vous allez enfin pouvoir rentrer chez vous.

- Pas trop tôt, pesta la brune en se levant.

- Comme j'ai fini mon service, je vous raccompagne, fit la moldue en passant le manteau qu'elle tenait au creux de son bras.

- Non, vraiment, pas la peine... J'habite à trois stations de métro.

- Ce n'est pas loin, je serai vite rentrée.

- Ecoutez, je ne veux pas paraître…

- Alors ne dites rien. Vous passez trop de temps avec vos clients qui n'attendent plus rien de la vie ! Moi, j'aime prendre soin des miens, histoire que mon travail serve à quelque chose. Considérez ça comme du service après vente pour une patiente VIP.

La rouge et or maugréa en descendant les escaliers menant à la sortie mais sentait bien que quoiqu'elle dise elle ne pourrait pas se débarrasser de la toubib.

- Vous ne seriez pas Ecossaise, par hasard ? grommela-t-elle en abordant la bouche de métro.

- Non ? Pourquoi ? demanda Jane, surprise.

- Juste pour savoir, répondit la Source, maussade. J'ai un don pour les attirer.

- Toujours le compliment aux lèvres, Docteur Granger, plaisanta la moldue avec un sourire.

Les deux femmes grimpèrent dans une rame qui se mit en branle quelques instants plus tard.

- Dites-moi... murmura l'urgentiste en se penchant sur son professeur. Cette sorcière, pourquoi vous en veut-elle au point d'essayer de vous tuer ?

- Disons que je me suis trouvée au mauvais endroit au mauvais moment... grimaça la légiste.

Le métro freina brusquement dans un crissement strident et Jane s'accrocha à la barre métallique, imitée par Hermione. Les lumières s'éteignirent brusquement et les autres passagers commencèrent à pester.

- Que se passe-t-il encore ? grogna un jeune homme en ôtant les écouteurs de ses oreilles.

- Qu'avez-vous encore manigancé, Docteur Granger ? J'ai connu plus romantique que le métro pour faire le coup de la panne, plaisanta Carter.

La brune allait rétorquer quand les vitres de la rame explosèrent de concert. La légiste attrapa Jane pour la coucher sur le sol, une pluie de verre s'abattant sur elles. Des cris retentirent dans le wagon pour se mêler à des ricanements graves.

- Merde… lâcha Hermione en relevant la tête pour voir des traits de lumières rouges et verts passer au-dessus d'elle.

Une femme fut touchée par un sort et s'écroula à quelques pas d'elle, les yeux ouverts dans la mort.

- LES SORCIERS NOUS ATTAQUENT ! hurla un vieil homme, terrorisé, allongé au sol.

Hermione était accroupie à côté de Carter et, parmi la vingtaine d'auras magiques qu'elle sentait, elle cherchait celle de Vivianne.

- Surtout, restez ici et ne bougez pas... chuchota-t-elle à l'attention de la médecin.

- Derrière toi, murmura une voix familière alors qu'une légère brise lui chatouillait la nuque.

Une main agrippa son épaule pour forcer la brune à se relever. La légiste se retrouva face à Vivianne qui arborait un sourire dément.

- Je n'apprécie pas que tu passes du temps avec une autre femme que moi, ma Source. Je devrais occuper tes pensées à chaque moment de la journée…

La blonde bougea rapidement son bras et la lame de son sabre s'enfonça dans l'estomac de l'Origine de toutes magies. Les yeux d'Hermione s'écarquillèrent de douleur tandis que le métal s'extirpait de sa chair. La première Conseillère la souleva par le col de sa veste pour la jeter en dehors de la rame à travers une vitre brisée.

La Source agita rapidement la main alors que son corps se dirigeait vers le rail électrisé. lit de cailloux et de sable du ballast jaillit pour couvrir le danger. L'atterrissage fut rude et la légiste subit quelques roulades avant que sa course ne soit stoppée par un mur.

- Et merde… murmura Hermione en comprimant sa blessure de sa main plâtrée.

Elle déchira rapidement un pan de sa chemise pour en faire une boule compacte qu'elle enfonça dans la plaie en lâchant un gémissement sonore.

- Quel bruit plaisant à mes oreilles... fit la voix de Vivianne. Je savais que tu adorerais que je te pénètre. Tu avais aimé ça, la veille de ton départ en Perguérie...

- Tu crois vraiment que tu m'impressionnes ? T'en prendre à des moldus, quelle gloire, quel courage ! lança Hermione dans le tunnel en se remettant difficilement debout.

Elle commença à s'éloigner de la rame en s'enfonçant dans le noir, une main contre la paroi, l'autre pressant sa blessure. L'obscurité régnait et le ronronnement intermittent de l'air climatisé entrecoupait le silence pesant. Les bruits des pas claudicants de la Source résonnaient contre les murs et sa respiration pantelante paraissait plus rauque avec l'écho. Quelque chose frôla ses pieds et elle baissa rapidement les yeux pour remarquer un rat qui se faufilait entre les rails. Elle sentit un mouvement sur sa droite et se laissa tomber en arrière au moment où une lame se dirigeait rapidement vers elle. L'arme passa à quelques centimètres de ses cheveux et percuta le mur, projetant quelques étincelles.

Des coups de feu retentissaient dans le tunnel et des traits de lumière fusaient au loin. La légiste imaginait parfaitement la scène. Des policiers dépêchés sur place se battaient à présent contre des sorciers galvanisés par la Dame du Lac.

- Chiotte... jura-t-elle en se remettant debout.

Hermione avisa la silhouette de Vivianne près d'elle et envoya une violente décharge électrique devant elle. La première Conseillère fit un bond en arrière, éclatant d'un rire amusé, avant de disparaître une fois de plus dans l'obscurité.

- Je sens qu'on va bien s'amuser, ma Source…

- Tu sais que ça va être rapide… brava la légiste.

- Non, comme je te l'ai dit, je vais prendre mon temps. Je ne viens pas te tuer aujourd'hui. Je viens te montrer encore une fois que je suis la plus forte de nous deux. Je vais te traquer, tous les jours. Je vais m'en prendre aux gens qui te sont chers. Je vais récupérer ma fille et la monter contre toi, tu ne pourras pas m'en empêcher. Et quand tu liras la haine et le dégoût dans les yeux de la dixième sage, tu viendras me trouver pour me supplier de t'achever…

- Jamais tu ne t'en prendras à ma fille, siffla la brune qui cherchait à discerner la silhouette de sa Némésis.

- Si, et bien plus tôt que tu ne le penses, ricana la voix sur sa droite.

Elle aperçut l'éclat blond des cheveux de la Dame du Lac au moment où la première Conseillère lançait une boule de magie vers le bout de tunnel éclairé qui laissait deviner la rame stoppée. Hermione vit avec horreur le sort progresser vers le wagon de queue, projetant des étincelles contre les parois sales du boyau souterrain. Elle fit un rapide mouvement de la main pour dresser un mur de terre à interposer entre le sortilège et la rame bloquée. Lorsque la boule de lumière atteignit le rempart trop rapidement érigé, celui-ci se désagrégea sous la violence de l'impact, projetant la terre par-dessus la rame qui se trouva partiellement enfouie.

Tandis qu'Hermione tentait de sauver les moldus, Viviane n'était pas restée inactive. D'un geste laconique du poignet, elle avait fait exploser plusieurs canalisations et l'eau se répandait à présent dans le tunnel. Le niveau grimpait rapidement et la Source savait que la magie de la Dame du Lac était à l'œuvre. L'électricité des rails entra en contact avec l'eau et courait à présent sur l'onde. La Source claqua des doigts et coupa le courant avant que ce dernier n'atteigne le premier wagon.

- J'ai toujours eu une grande affinité avec cet élément… plaisanta Vivianne avec un sourire narquois, ses pieds semblant marcher sur l'eau. Tes précieux moldus sont-ils dans ce cas ?

Hermione dédaigna la réplique de la blonde et avança le plus rapidement possible en direction du métro, l'eau lui arrivant aux hanches. Elle voyait certains passagers s'enfuir par les fenêtres explosées et tenter de gagner le quai pour sortir de la station.

- Et maintenant, le clou du spectacle ! s'exclama Vivianne.

L'Origine de toutes magies se tourna vers la blonde pour voir une gigantesque boule de feu fuser dans sa direction. Comprimant toujours sa blessure, elle s'interposa entre le sort et le métro. De sa main droite, elle dressa une barrière protectrice quelques secondes avant l'impact. Le mur doré vola en éclat et la Source subit le choc de plein fouet. Les vêtements en feu, elle tomba en arrière et fut submergée par les flots.

L'eau éteignit les flammes, et la légiste en profita pour nager en apnée vers la rame. A bout de souffle, elle refit surface contre le dernier wagon. Sans bruit, elle envoya sa magie à travers le tunnel pour s'assurer que les sorciers avaient fui, ce qui était heureusement le cas. Même Viviane semblait s'être volatilisée. Haletante et pliée ne deux par sa blessure, elle se hissa dans le compartiment de queue et entreprit de remonter à travers la rame. Mais, arrivée au milieu, elle se sentit perdre connaissance.


Aliénor avait sentit la magie de Vivianne et d'Hermione. Elle résista à l'envie d'aller aider la brune. Ce n'était pas encore le moment pour elle d'affronter la Dame du Lac. Elle retint un soupir et dévisagea Pansy Parkinson, assise derrière son bureau de Sainte Mangouste, fumant tranquillement une cigarette.

- Pourquoi devrais-je t'aider ? s'enquit la médicomage en tapant le bout de sa clope pour en faire tomber la cendre. Je me fous de ce qui va arriver à Granger.

L'ancienne reine fronça les sourcils.

- Vous mentez mieux que ça d'habitude, Première Haute. Vous êtes toujours blessée pour ce qui s'est passé il y a douze ans. Mais vous savez qu'Hermione n'est pas à blâmer. Elle s'était effacée pour vous mais McGonagall en a décidé autrement. Et puis, si j'ai bien suivi ce que m'a dit Merlin, vous rêvez de voir Bibine plier bagages au profit de votre ancienne camarade de classe.

Pansy roula des yeux et tira longuement sur le tube de nicotine.

- Ouais, je ne supporte pas Rolanda. Entre la peste et le choléra, je choisis la maladie qui se guérit le mieux…

Elle regarda sa montre et soupira.

- T'as un quart d'heure avant que je parte rejoindre Chaka pour ma désormais séance journalière de footing en jogging… J'ai raté celle de ce matin et il m'a passé un putain de savon. Bref, qu'attends-tu de moi exactement ?

Dans quelques années, vous partirez avec la dixième sage détruire les horcruxes de la Source.

- Hmmm, un voyage en tête à tête avec une Rosie chérie adulte ? Tu as des arguments convaincants, Aliénor…

L'ancienne reine eut une expression pincée mais ne renchérit pas.

- Et il vous faudra savoir lancer ce sort de transfert de pouvoir, ajouta-t-elle en sortant un parchemin de sa poche pour le tendre à la Doyenne de Sainte Mangouste.

Parkinson s'en saisit et y jeta un rapide coup d'œil.

- Tu te rends compte que tu mets la vie de Granger entre mes mains ?

- Vous êtes le plan B. Vous agirez si Minerva McGonagall refuse de s'acquitter de cette tâche.

- Pourquoi ne t'en chargerais-tu pas ? Après tout, c'est le meilleur moyen de te rapprocher de ta Source d'amour pour l'avoir enfin dans ton lit, susurra Pansy.

- Par ce que je ne serai plus là pour participer à cette bataille… répondit posément la Sage déchue.


McGonagall se leva de son canapé en entendant frapper à la porte de ses appartements. Elle eut un sourire chaleureux pour Rose qui bouillait littéralement d'impatience.

- C'est ta mère, et en avance, de surcroît ! lança-t-elle joyeusement alors que l'appréhension la gagnait.

Elle se força à paraître enjouée mais, alors qu'elle ouvrait la porte, elle n'eut plus à faire semblant en découvrant sa sœur qui la dévisageait froidement.

Sans un mot, Cybéla pénétra d'autorité dans le salon et posa son regard sur la jeune Gryffondor.

- Ainsi, c'est vrai, siffla l'Ecossaise. Tu as un enfant hors mariage.

- Rose, va dans ma chambre, ordonna Minerva, sentant que la conversation allait rapidement s'envenimer.

La fillette ne demanda pas son reste et fila dans la pièce adjacente.

- Que fais-tu ici ? demanda la Directrice de Poudlard.

- Je venais faire la connaissance de ta bâtarde. En tout cas, elle n'a pas l'air con de ta compagne, donc tu as dû l'avoir avec une autre. Où est cette traînée ?

« Bonne question… » songea Minerva en regardant discrètement sa montre.


En reprenant conscience, Hermione se rendit compte d'une présence à ses côtés. En grognant, elle tenta de se mettre debout pour faire face, mais la douleur violente qu'elle ressentit dans ses entrailles la cloua au sol, la laissant haletante.

- C'est quoi ce cirque ? entendit-elle dire, reconnaissant Carter.

Hermione grimaça. C'était bien sa veine d'être tombée sur une nana qui ne la lâchait pas. Elle ne put opposer de résistance lorsque Jane la tourna sur le dos et releva sa chemise sanglante pour se rendre compte de son état.

- Mais comment vous faites pour vous mettre dans des situations pareilles ? gronda l'urgentiste en extrayant le tampon de la plaie pour voir l'étendue des dégâts. La folle qui vous a passé sa lame en travers du corps, c'est la fameuse sorcière dont vous me parliez cette nuit, je suppose... Mmm, pas beau ça. Bougez pas, les secours arrivent. Vous avez gagné un nouveau séjour dans mon service.

- Jane, il faut que je vous dise quelque chose, tenta la Source en posant sa main sur le poignet de Carter.

- Chut, gardez vos forces.

La Gryffondor retint un gémissement alors que l'urgentiste appuyait avec force sur la plaie pour limiter l'hémorragie.

- Désolée, mais vous perdez beaucoup de sang.

- C'est moi qui suis désolée pour ce que vous allez apprendre maintenant, articula difficilement la Source. Arathi !

Hermione perçut l'aura de la chimère en même temps qu'elle sentit la surprise de Jane, qui se crispa sur son abdomen.

- Origine de toutes magies, salua la créature en s'inclinant respectueusement.

- Fais quelque chose avant que je tourne encore de l'œil, murmura la brune de plus en plus blême.

Arathi s'approcha et poussa doucement l'urgentiste avant de poser ses deux mains sur le ventre de la Source. Et sous les yeux effarés de Carter, la plaie se referma et la brune reprit quelques couleurs. Abasourdie, la toubib regarda la créature s'incliner à nouveau devant la légiste avant de disparaître.

- Est-ce que je rêve ? finit-elle par articuler en regardant Hermione se remettre debout. Vous… vous êtes une sorcière ?

- Venez, je vais vous expliquer, répondit Hermione en tendant la main à sa collègue toujours à genou, mais pas ici. Allons chez vous…

Après quelques secondes d'hésitation, Jane prit la main et lui murmura son adresse. Les deux femmes disparurent, un instant avant que plusieurs policiers moldus, arme au poing, pénètrent dans la rame où elles se trouvaient.


Minerva faisait tourner son verre de whisky entre ses doigts et ses yeux ne quittaient pas la pendule murale de son salon. Il était près de 21 heures et elle se demandait si elle devait encore attendre la visite d'Hermione. La Directrice sentit une bouffée de rage monter en elle. Elle avait dû affronter Cybéla pendant près d'une heure avant de réussir à la mettre dehors, sa sœur lui arrachant la promesse d'une explication dès le lendemain. Puis, Rose avait été impatiente de voir sa mère, tentant de masquer l'angoisse que provoquait le retard de cette dernière. Mais la fillette avait fini par s'endormir sur le canapé et l'animagus l'avait transporté dans sa chambre.

L'Ecossaise étouffa un juron, maudissant en pensée l'inconscience de la brune, qui passait sûrement du bon temps avec le Docteur Carter au lieu de s'occuper du Maître des chimères. Minerva but d'une traite son verre et se traita d'imbécile. Elle avait cru au discours de son ancienne élève. Enfin, elle avait voulu y croire. Elle savait maintenant que ce qu'avait dit la Source n'était qu'un tissu de mensonges.

Elle se servit un nouveau verre et attrapa le livre qu'elle avait acheté plus tôt dans la semaine. Le Rugby pour les nuls. Elle se cala confortablement dans son canapé et décida de lire un chapitre. Si Hermione n'était pas arrivée à la fin de sa lecture, elle irait se faire voir.


Carter regardait, abasourdie, Hermione qui lui faisait face.

- Vous plaisantez j'espère… murmura la moldue. Vous ne pouvez pas être la... mère de tous les sorciers. C'est impossible !

- Je vous assure que c'est l'entière vérité. Ecoutez, je dois vraiment y aller. Mais on peut se voir demain, si vous voulez en parler plus longuement...

- Je… Je ne sais pas… Il faut que j'y réfléchisse. Les sorciers sont… enfin, vous lisez les journaux comme moi ! balbutia l'urgentiste. Partez, je vous prie, j'ai besoin d'être seule.

La Source hocha la tête et transplana pour apparaître dans le hall désert de la prestigieuse école de magie et de sorcellerie écossaise. En regardant les sabliers des quatre maisons, des souvenirs se bousculaient dans sa mémoire et un profond sentiment de nostalgie s'empara d'elle.

Elle grimpa les marches menant au septième étage, tout en maudissant sa jambe raide. Elle avait pris sa décision. Les menaces que Vivianne avait proférées à l'encontre de Rose la poussaient à agir. Elle allait tout révéler à Minerva cette nuit. L'animagus ne pourrait protéger efficacement leur fille si elle restait dans l'ignorance.

La gargouille pivota à son approche et la brune s'engagea dans l'escalier en colimaçon, l'appréhension la submergeant. L'Ecossaise serait-elle réceptive à son récit, alors qu'elle avait tout fait pour la repousser, ces derniers jours ?


Minerva commençait la cinquième page de son livre quand on frappa à la porte. Elle prit le temps de fermer le bouquin, le posa précautionneusement sur la table basse et se dirigea lentement vers l'entrée. La colère enflait en elle à chaque pas et elle se délectait par avance de la laisser éclater au visage de la Source.

- Et voilà la mère indigne ! siffla-t-elle en ouvrant la porte.

- Désolée du retard, s'excusa Hermione, le visage d'une pâleur effrayante.

McGonagall mit ça sur le compte de la honte qu'éprouvait la légiste et décida d'accentuer la culpabilité de cette dernière.

- J'espère que tu as passé une bonne soirée avec le Docteur Carter. Sûrement, puisque tu en as oublié l'heure et ta fille.

- Minerva, je… balbutia la Source.

- Elle s'inquiète pour toi, et au lieu de la rassurer tu batifoles ! Tu devrais être morte de honte ! l'interrompit l'Ecossaise.

Elle prit une courte respiration avant d'enchaîner.

- Rose dort. Tu peux repasser demain soir. Enfin… si tu n'as rien de mieux à faire que de t'occuper de ta fille, bien sûr.

Elle allait refermer la porte quand un rictus étira ses lèvres.

- Et la prochaine fois, sèche-toi les cheveux après la douche ! aboya-t-elle en désignant la chevelure humide de la brune.

L'animagus lui claqua la porte au nez et se frotta les mains de satisfaction.

- En espérant que ça lui remettra les idées en place, grommela-t-elle en gagnant sa chambre.


Aliénor montait les marches de l'escalier principal, pressée de gagner l'infirmerie. La journée avait été longue et elle n'avait qu'une envie, retrouver son lit. Cependant, une silhouette familière se fit apercevoir un étage au-dessus d'elle et son cœur bondit dans sa poitrine.

- Hermione ? appela-t-elle, surprise.

La femme se figea et l'ancienne reine se dépêcha de la rejoindre. La Sage déchue remarqua aussitôt le visage défait de la brune et son expression s'adoucit.

- Quel est le problème ? murmura-t-elle.

- Rien… tout va bien. Parfaitement bien, marmonna Hermione entre ses dents.

- Hilarant… Je te raccompagne chez toi, tu me raconteras, ordonna l'ancienne reine en prenant la main de la brune.

La Française jeta un regard aux alentours avant de les faire transplaner pour le salon de la légiste. Hermione s'installa dans son canapé et, après avoir découpé d'une main experte son plâtre, elle s'alluma une cigarette tandis que l'enchanteresse de soin tirait une chaise pour s'asseoir face à elle.

- Minerva m'a proprement dégagée de ses appartements… commença Hermione en bougonnant, tout en remuant ses doigts pour retrouver une mobilité convenable.

- Et ça t'étonne ? répondit Aliénor avec un doux sourire.

- Pas vraiment… se renfrogna la brune, tentant de masquer sa peine. Je l'ai bien mérité. Mais c'était pas vraiment le moment… et pas vraiment de ma faute, pour une fois…

- J'ai senti ton combat contre Vivianne. Que s'est-il passé ? insista l'ancienne reine en posant sa main sur celle de la légiste.

- Elle m'a attaquée dans le métro… soupira la brune. Il y a des dizaines de morts.

La rouge et or tira longuement sur sa cigarette, prenant le temps de faire le tri dans ses pensées.

- Elle va s'en prendre à Rose. Je ne peux pas la laisser faire.

- Evidemment, et je serai là pour l'en empêcher, tu le sais bien, murmura Aliénor en quittant son siège pour prendre place à côté de la brune. Mais ce n'est pas la seule chose qui te mine…

La Source se crispa et détourna le regard. La Sage lui attrapa délicatement le menton et la força d'un geste doux à lui faire face.

- Tu n'es pas seule, et j'aimerais vraiment que tu me laisses t'aider. J'ai toujours été là pour toi et aujourd'hui ne fera pas exception, murmura-t-elle.

Remarquant la peur qui dilatait la pupille de la brune, l'ancienne reine caressa du bout des doigts la joue d'Hermione.

- Si seulement tu pouvais te voir comme je te vois, poursuivit l'enchanteresse.

- Aliénor, je…

- Ne dis rien, coupa la Française. Aies confiance en moi, s'il te plait. Tu ne peux pas rester seule, avec la responsabilité du monde sur tes épaules. Comme je te l'ai déjà dit, ton plan est excellent. Accepte les améliorations que Culann a trouvées.

Elle se pencha sur la légiste et l'embrassa délicatement. Ses mains se posèrent sur la chemise de la brune et elle commença à en défaire un à un les boutons, prenant son temps. Elle sourit en sentant le souffle de la brune de plus en plus saccadé.

- Qu'est-ce que… tu fais ? murmura Hermione sur les lèvres de sa Conseillère.

- Je te donne ce dont tu as besoin, répondit Aliénor. Tu dois faire confiance aux personnes qui t'entourent… Et je vais te démontrer que c'est toi, Hermione, que je soutiens. Pas la Source.

Dans un geste tout en retenu, la Présidente des Conseils fit glisser le vêtement pour le faire tomber sur le canapé. Elle se leva et, sous le regard de la brune, elle ôta son haut. Elle tendit la main à Hermione et le sourire confiant de la Sage fit que la légiste se leva et noua ses doigts à ceux de sa Conseillère. Sans un mot, les deux femmes se rendirent dans la chambre et Aliénor ferma la porte derrière elles.


Alors ? Ca vous a plus ? ^^

Bisous et à mardi,

Sygui et Link9