Bonjour tout le monde !
J'espère que vous allez bien !
On avait laissé la semaine dernière Hermione et Aliénor dans une... certaine situation, voilà donc la suite !
Bonne lecture !
Chapitre 18 : Le secret de la Source
Le lendemain matin, Minerva se réveilla avec une colère sourde tapie en elle. Elle n'avait toujours pas digéré le comportement d'Hermione et se sentait désolée pour Rose. La fillette dormait encore et l'Ecossaise décida de ne pas la réveiller de suite. Sans bruit, elle passa dans le salon et ouvrit la fenêtre au hibou qui lui livrait, comme tous les matins, l'édition du jour de la Gazette des Sorciers.
Elle fit apparaître une tasse de thé et s'installa confortablement à table. Elle déplia d'une main sûre le quotidien en buvant une gorgée. Découvrant la une, elle recracha sa boisson en plusieurs gouttelettes qui tombèrent sur une photo d'Hermione, jeune, occupant la moitié de la première page.
HERMIONE GRANGER RECHERCHEE PAR LE MINISTERE POUR UN ATTENTAT COMMIS DANS LE METRO MOLDU HIER SOIR
- Quelle est cette histoire abracadabrantesque ? marmonna Minerva en posant sa tasse de thé.
« Hier soir, Hermione Granger a usé d'une puissante magie pour s'en prendre à des moldus qui empruntaient le métro. Les sorciers qui l'accompagnaient ont affronté les forces de l'ordre moldues. Le bilan s'élève à une centaine de morts.
- C'était un vrai carnage. Du sang partout, explique Ronald Weasley. Je ne pensais pas qu'elle était vivante. Mais il n'y a qu'elle pour commettre un acte aussi ignoble.
Les Langues de plombs s'étant discrètement mêlés aux policiers, ont interrogé une femme moldue, Vivianne Ward, qui a raconté la scène avant que sa mémoire ne soit effacée. Granger aurait transplané dans la rame avant de faire exploser les fenêtres. Puis, elle aurait crevé les canalisations et provoqué un éboulement avant de s'enfuir. Si vous la croisez, ne vous approchez pas d'elle et contactez immédiatement le Ministère.
Suite à cet attentat, les tensions, déjà vives entre les communautés, se sont exacerbées dans la nuit. Plusieurs quartiers se sont embrasés et des moldus se sont regroupés en milice pour traquer les sorciers. »
Minerva sursauta en entendant des coups frappés avec force à la porte de son bureau. Elle resserra autour d'elle sa robe de chambre et se dépêcha de quitter ses appartements pour se rendre dans la pièce circulaire. Quelques instants plus tard, elle fut surprise de se trouver devant Ginny Weasley, qui tenait à la main son propre exemplaire du quotidien.
- Désolée de débarquer, mais tu as lu la Gazette ?
- Je viens d'en prendre connaissance, oui, répondit l'animagus sur la défensive. Pourquoi ?
- Je vais tuer mon frère et tu vas m'aider à cacher le corps ! s'exclama furieusement Ginny. Mais quel abruti !
- Ce n'est pas ce qui me préoccupe actuellement, rétorqua McGonagall. Rose ne peut pas aller en cours. Tous les élèves lui parleront de sa meurtrière de mère et...
- Et on ne va pas la laisser subir ça, conclut Ginny. Tu peux la garder aujourd'hui ?
- Evidemment. Je vais demander à Aliénor de partir à la recherche d'Hermione.
- Et bien, faudrait déjà trouvé notre infirmière car j'arrive pas à mettre la main sur elle. J'ai demandé aux autres professeurs, personne ne l'a vue encore. A croire qu'elle a découché et qu'elle n'est pas encore rentrée.
Minerva se figea et une ombre passa dans son regard.
- Se pourrait-il que... murmura-t-elle pour elle-même. Si elle a fait ça je...
Elle secoua la tête pour chasser ses sombres pensées et inspira profondément.
- Je vais demander à Rose de contacter sa mère. Avec un peu de chance, Hermione lui répondra...
Un hibou tapa du bec à la fenêtre du bureau et l'Ecossaise alla se saisir du parchemin accroché à sa patte. Elle le déplia rapidement et son cœur sembla s'arrêter à la lecture des quelques lignes.
Londres, le 6 septembre 2013
Je soussignée, Hermione Granger, abandonne mon autorité parentale sur Rose Granger au bénéfice de Minerva McGonagall.
Pour faire valoir ce que de droit.
Parchemin envoyé au service d'état civil du Ministère de la Magie, copie Minerva McGonagall, Directrice de Poudlard
- Et bien, te voilà la seule mère de Rose… murmura Ginny qui avait jeté un coup d'œil par-dessus l'épaule de son ancien professeur.
- Si je mets la main sur Hermione, ça aura même un caractère définitif, gronda l'animagus en chiffonnant le parchemin d'un geste rageur.
La rousse secoua la tête, navrée.
- Si elle a fait ça, c'est parce qu'elle ne veut pas que le Ministère se serve de Rose pour la retrouver… Il faut l'aider.
- Je sais... Mais comment aider quelqu'un contre son gré ?
Hermione tenait Aliénor serrée contre elle et jouait négligemment avec une mèche de cheveux roux. La Sage faisait glisser son index sur une ligne imaginaire partant du milieu des seins jusqu'au nombril de la légiste.
- Es-tu sûre d'avoir pris la bonne décision ? murmura l'ancienne reine en voyant l'expression songeuse de la brune.
- Tu as vu comme moi les informations. Le monde sorcier doit être au courant à présent. Autant éviter que Rose soit convoquée au Ministère... Minerva empêchera ça.
- En parlant de McGonagall, je vais devoir retourner à Poudlard, sinon elle serait capable de me licencier, plaisanta Aliénor avant d'embrasser délicatement les lèvres de son amante.
Elle roula sur le côté du lit et quitta à regret la chaleur de la femme qu'elle avait aimée toute la nuit.
- Tu es comme dans mes souvenirs, fit doucement l'ancienne reine en ramassant la chemise blanche de la légiste qui traînait au sol pour la mettre.
- Menteuse, grommela la brune.
- Absolument pas. Toujours aussi fougueuse, douce et attentionnée. Je te fais un café ?
- Si ça ne te dérange pas, répondit Hermione en s'étirant. Tu es sûre de devoir y aller ?
- Crois bien que si j'étais recherchée par toute l'Angleterre en qualité de terroriste sanguinaire, je resterai au lit avec toi, se moqua gentiment la Française.
Hermione se leva et boita jusqu'à se planter devant sa Conseillère. Leur deux corps se frôlaient et les doigts de la brune se posèrent sur le vêtement entrouvert.
- Ne va pas attraper froid… chuchota la légiste en fermant le bouton du bas.
- Merci, répondit Aliénor avec un sourire.
Son regard glissa jusqu'à la fenêtre et elle observa l'extérieur un court moment.
- J'ai bien fait de jeter un sort repousse moldu sur ton appartement. Mais ça ne fonctionnera pas éternellement.
- Je sais, soupira Hermione avant de poser ses lèvres dans le creux du cou de la Sage. Il va falloir que je plie bagages aujourd'hui.
- Tu sais où tu vas aller ? s'enquit la Présidente des Conseils, rejetant légèrement la tête en arrière pour faciliter l'accès à la brune.
- Hmmm… j'ai bien une idée… murmura la légiste en poursuivant sa progression jusqu'au lobe de l'oreille de la Française. Je pourrais expulser Vivianne et ses traine-savates d'Avalon et investir une petite chambre là-bas…
- Oui, bien sûr, je suis persuadée qu'elle te donnera les clés sans opposer la moindre résistance, se mit à rire l'enchanteresse.
- Pour une fois que je fais preuve de combativité, tu pourrais me soutenir, grommela Hermione avant de mordiller doucement le cou d'Aliénor.
Cette dernière eut un sourire éblouissant et captura les lèvres de la Source.
- Et je te préfère comme ça… Tu t'en sortiras, pour peu que tu t'entoures des bonnes personnes et que tu acceptes l'aide qu'on t'offre. Maintenant, je vais aller préparer le café sinon ton Primate des Hautes-Terres va m'écorcher vive.
Rogue osa lever les yeux sur Vivianne. Cela faisait maintenant 20 minutes qu'il avait un genou à terre et son dos le faisait souffrir.
« Je suis vraiment trop vieux pour ça… » soupira-t-il.
A ses côtés, Attila n'en menait pas large. La Dame du Lac était plongée dans ses pensées, avachie sur son trône. Elle faisait tourner entre ses doigts le manche de son sabre et la lumière d'une torche se reflétait sur la lame.
- C'est le bon moment pour passer à la phase deux du plan, finit-elle par dire.
Elle se leva, dépliant gracieusement son corps longiligne et rangea son arme dans son fourreau.
- Severus, active nos pions. Ensuite, tu te rendras à Sainte Mangouste pour coordonner l'assaut. Attila, tu iras au Ministère pour aider les moldus s'il le faut. Vous lancerez les hostilités à vingt heures. Tuez les sorciers les plus faibles. Femmes et hommes avec peu de pouvoirs, enfants crackmols, vieillards... Je veux une communauté sorcière puissante, même si elle est peu nombreuse, ordonna Vivianne.
Attila et Severus se contentèrent d'acquiescer et le neuvième sage posa la question qui lui brûlait les lèvres.
- Et qu'allez-vous faire, ma Source ? fit-il doucement.
- Me rendre à Poudlard. J'ai un compte à régler avec une certaine personne...
La voix de Vivianne était glaciale et Rogue frémit imperceptiblement. Cette fois, la Présidente des Conseils n'en réchapperait pas.
Aliénor était attablée face à Hermione et toutes deux dégustaient leur café, installées dans un silence confortable. La brune avait passé un jean et un sweat dont elle avait rabattu la capuche sur son visage.
- Tu peux la garder, murmura la légiste en désignant la chemise blanche que la Française portait. Elle te va à merveille.
La Sage esquissa un sourire. Elle imaginait déjà la réaction de McGonagall.
- Tu viens de m'offrir le plus beau… commença-t-elle avec un rictus.
« Aliénor, il faut que tu viennes à Poudlard, on a un énorme problème ! » fit la voix de Marylin dans son esprit.
L'ancienne reine eut une moue et se leva pour poser la tasse dans l'évier.
- Je dois y aller, dit-elle doucement. Mais n'hésite pas à appeler, si tu as besoin de quoi que ce soit. Et pense à te trouver un nouvel appartement.
- Je vais faire les cartons… grommela Hermione en s'allumant une cigarette. Et… euh… Merci pour tout, Aliénor.
La Présidente des Conseils embrassa une dernière fois la brune avant de disparaître dans un craquement sonore. La légiste passa ses doigts sur ses lèvres, le regard vague, avant de reprendre ses esprits.
- J'vais commencer par le bordel de Rose, c'est ce qui va me prendre le plus de temps…
Le regard de Rose naviguait entre Minerva, Merlin, Chaka et Marylin. La Directrice de Poudlard avait invité les Conseillers à venir élaborer une stratégie de sortie de crise. Apparemment, la Première Haute avait refusé de se joindre à eux, prétextant du travail.
"Mouais... C'est une lâche et puis c'est tout..." maugréa intérieurement le Maître des Chimères. "De toutes façons, on peut pas faire confiance à l'Alliance Interdite... Y'a qu'à voir Yuki !"
L'Ecossaise avait sorti des parchemins vierges pour élaborer diverses stratégies et la jeune Sage trouvait que sa mère maîtrisait parfaitement les us et coutumes de la guerre.
- Tu es sûre de ce que tu avances, Marylin ? demanda Merlin en caressant sa barbe.
- Absolument… Vivianne va faire tomber tous les sortilèges de protection des bâtiments sorciers et l'armée moldue va s'en emparer. Les fêlons seront sur place en soutien.
La porte du bureau de la Directrice s'ouvrit et Aliénor pénétra dans la pièce. Marylin fut surprise de voir la Présidente des Conseils vêtue d'un jean, d'une chemise blanche, d'une veste en cuir, une paire de baskets aux pieds. Malgré sa tenue inhabituelle, elle se mouvait avec sa grâce légendaire, la tête haute, le port altier.
- Bonjour à toutes et à tous, commença-t-elle. Prêts à vivre le jour le plus long de votre vie ?
Il n'y avait pas que Marylin de surprise. Les sourcils de Minerva menacèrent de sauter hors du front de l'animagus avant que son regard ne se rétrécisse dangereusement.
- Ou le plus court, siffla-t-elle en se contenant pour ne pas heurter la sensibilité de sa fille. Votre poste à Poudlard n'est pas un mi-temps. Où étiez-vous ? fit-elle d'un ton dangereusement bas.
Aliénor s'appuya contre le mur dans une posture décontractée et croisa les bras sous sa poitrine.
- Voulez-vous vraiment le savoir ? susurra-t-elle avec un rictus narquois.
La Directrice serra les dents.
- Moi je veux bien, commenta Merlin qui prit un coup de coude dans les côtes de la part de Marylin.
L'enchanteresse de soin se contenta d'une sourire énigmatique avant de s'approcher du bureau et de jeter un coup d'oeil aux parchemins noircis d'encre.
- Bien... murmura-t-elle, sérieuse. Marylin, tu te rendras à Sainte Mangouste. Miss Parkinson aura besoin d'aide. Merlin, Chaka, vous irez au Ministère pour limiter les pertes. Je m'occuperai de Poudlard avec Miss McGonagall.
- Vous êtes sure de ne pas avoir mieux à faire ailleurs ? fit ironiquement l'animagus.
- Un mot en privé, Miss McGonagall ? proposa-t-elle en désignant de la main la porte menant aux appartements de la Directrice de Poudlard.
- Je ne pense pas qu'on ait le temps, fit l'Ecossaise d'un air pincé en prenant la direction opposée.
- Effectivement, nous ne l'avons pas. Vous avez deux objets à évacuer en priorité pour les confier à Hermione, dit posément la Sage déchue.
- Il va falloir apprendre à faire vos courses toute seule, rétorqua sèchement la Directrice.
- J'ai énormément à faire pour assurer la survie de vos élèves. Des choses qui sont malheureusement hors de vos maigres compétences.
Minerva se retenait de plus en plus difficilement de donner un coup de poing à la Française. Elle eut une aide inattendue de Rose qui l'attrapa de sa petite main par la manche.
- Mamaidh... C'est des trucs vraiment important à lui donner. C'est le Choixpeau et l'Epée de Gryffondor, fit la fillette, inquiète. Je peux venir avec toi ? Faut que je la vois...
L'expression de l'Ecossaise se radoucit et elle acquiesça.
- D'accord. Va te préparer, on se retrouve dans quinze minutes aux grilles de Poudlard.
La Gryffondor eut un franc sourire et quitta la pièce en courant. La rouge et or partie, Merlin afficha un rictus et s'approcha de la Présidente des Conseils.
- Alors... c'était comment ? minauda-t-il en papillonnant des paupières, les mains jointes sur le cœur.
- Merlin ! intervint vertement Marylin en le frappant derrière la tête tandis que les mâchoires de McGonagall se contractaient.
L'enchanteresse de soin ne répondit pas, se contentant de décrocher l'épée de Gryffondor du mur et d'attraper le Choixpeau pour fourrer le tout dans les bras de la Directrice de Poudlard.
- Ce n'est pas qu'une simple course, expliqua sèchement la quatrième Sage. C'est une mission capitale.
- J'ai saisi, rétorqua froidement l'animagus. Et quand je reviendrai, vous et moi, nous aurons une petite conversation.
- J'ai hâte... ironisa Aliénor.
Minerva n'avait pas desserré les mâchoires depuis son départ du château, même si elle s'était forcée à sourire à Rose. Cependant, la poigne de fer qui maintenait la main de la fillette lui faisait craindre le pire. Les deux sorcières s'étaient matérialisées dans une impasse qu'Aliénor leur avait indiquée et avançaient rapidement vers le logement de la Source. A quelques pas de l'entrée, Rose se libéra de la main de sa mère et partit à courir pour entrer la première chez elle, histoire de s'assurer de minimiser la surprise de leur venue. Cependant, c'est la fillette qui resta interloquée devant l'amas de cartons qui encombraient le couloir.
- C'est quoi cette connerie ? marmonna-t-elle en se faufilant dans le passage pour gagner le salon. M'man ? T'es là ?
Une tête brune émergea de la salle de bain et, à la vision de la fillette, Hermione attrapa la cigarette qu'elle avait coincée entre ses lèvres pour la balancer dans les toilettes.
- Rose, ma chérie ! Ca me fait plaisir de te voir ! dit-elle en ouvrant les bras.
La petite sage alla s'y réfugier et entoura le cou de sa mère.
- Tu ne devrais pas être en cours à cette heure ? gronda faussement Hermione en serrant sa fille contre elle.
- Avec Mamaidh, on est venues t'apporter ce que tu voulais... Mais toi, tu fais quoi ? Tu t'en vas ? Pour où ?
- Et bien, commença la légiste alors que Minerva pénétrait à son tour dans le salon, j'ai découvert qu'il y avait des cafards dans l'appartement. Donc, je déménage nos affaires pour avoir un endroit propre et sans bête qui grouille.
- Eurk... fit Rose avec une grimace.
Le Maitre des Chimères se recala confortablement contre sa mère qui regarda la Directrice par-dessus l'épaule de sa fille. L'Ecossaise s'était composée un visage neutre et avait décidé de ne pas confronter son ancienne élève en présence de la jeune Gryffondor.
« De toute façon, elle fait ce qu'elle veut depuis longtemps, sans se préoccuper de moi. Qu'elle continue ! » tentait-elle de se convaincre.
- Comment vas-tu ? J'ai vu dans le journal que le métro londonien était un lieu dangereux, et j'ai aussi reçu ta missive.
Hermione fronça les sourcils, tentant de décrypter les intentions de l'animagus. Elle décida d'utiliser la confiance en elle nouvellement retrouvée et de ne pas s'écraser devant le regard vert intense.
- Effectivement, le métro moldu est le théâtre de toutes les violences. Malheureusement, les cellules de soutien psychologique ne sont pas toujours au rendez-vous...
- Peut-être, mais les sauveteurs secouristes prennent leur rôle très au sérieux, répliqua sèchement l'animagus.
- Euh... bon... j'crois que je vais aller ranger ma chambre... fit Rose en quittant l'étreinte de sa mère, sentant la tension entre les deux femmes. Faudrait quand même pas qu'on oublie mon... mon cahier de math de CE2. J'y tiens beaucoup, mentit-elle avant de passer dans la pièce adjacente.
- T'as passé la nuit à coucher avec Aliénor ? siffla McGonagall dès que sa fille eut refermé la porte.
L'Ecossaise agita rapidement sa baguette pour insonoriser la pièce, histoire que la dixième Sage n'entende pas leur dispute.
- Oui, et ? Qu'est-ce que ça peut te faire ? T'as bien passé les neuf dernières années à te vautrer dans les mêmes draps que Rolanda et je ne t'en fais pas tout un plat ! grogna la brune en balançant un coussin dans un carton.
- Tu étais sensée être morte !
- Tu étais sensée sortir avec Pansy !
- Après ce qui s'est passé, tu penses bien que c'était impossible ! s'exclama vertement l'Ecossaise. Mais ne change pas de sujet !
- Il me semblait pourtant avoir été claire la dernière fois ! Toi et moi, c'est fini. C'était l'histoire d'une nuit, point. Est-ce que ça finira par rentrer ?
- Je ne te crois pas, murmura Minerva, les mains tremblantes de colère.
- Il va falloir te faire une raison, insista Hermione. Je ne veux pas de toi dans ma vie.
- Ca, je le sais, mais pas parce que tu ne m'aimes pas. Tu peux dire ce que tu veux, je t'ai entendue l'autre nuit. Et je sens que ce que tu as confessé au Docteur Carter est la stricte vérité.
Le regard d'Hermione s'écarquilla de stupeur quelques instants avant de se durcir.
- Peut-être, mais ça ne changera rien. Toi et moi, c'est fini, et tu ferais mieux de ne pas te mêler à ce qui va se passer.
L'animagus sortit de son manteau l'épée de Gryffondor et le Choixpeau qu'elle posa sur la table du salon.
- Tu en as besoin, il me semble, dit-elle calmement.
- Merci.
- Quel est le programme pour ce soir ? demanda l'Ecossaise. Tes Conseillers me laissent dans le flou et ce n'est guère rassurant.
- Si tu veux tout savoir, Vivianne va vouloir s'emparer de la dernière chimère cachée dans les fondations de Poudlard, Yamashi va tenter de tuer Rose et l'Angleterre sera demain à la botte de la Dame du Lac, grogna Hermione en s'allumant une cigarette.
- Et que comptes-tu faire pour empêcher cela ?
- Rien. Et tu ne t'en mêleras pas. Ne va pas jouer les héroïnes.
- Et pourquoi pas ? s'agaça l'Ecossaise.
- Car ce n'est pas le bon moment pour affronter Vivianne. Je dois d'abord m'occuper de la Source.
- Mais... tu es la Source ! rétorqua Minerva, perplexe.
- Oui et non... marmonna Hermione. Puisque tu comptes camper ici encore quelques minutes, je vais te montrer quelque chose.
Elle attrapa la garde de l'épée de Gryffondor et leva la lame au-dessus du Choixpeau.
- Je vais enfin avoir l'occasion de confirmer ma petite théorie... marmonna la légiste en levant les mains.
Elle amorça le mouvement pour donner un coup d'épée sur le galurin magique mais tout son corps se raidit. Elle eut la sensation que son crâne s'ouvrait en deux alors que la Source hurlait dans son esprit. Le manche de lame lui échappa des mains pour chuter sur le sol dans un bruit métallique et la brune, le souffle coupé par la douleur, tomba à genoux.
- Minerva... Détruis l'horcruxe... haleta-t-elle alors que la migraine redoublait d'intensité.
L'animagus regardait son ancienne élève torturée par la douleur, interloquée. Puis en un éclair, elle comprit. Voldemort avait en son temps fait des horcruxes pour assurer la survie de son âme. La Source l'avait sans aucun doute guidé sur cette voie, et elle avait appliqué la même stratégie pour la sauvegarde de son essence. McGonagall attrapa l'épée et sans plus d'hésitation pourfendit le galurin.
Tandis qu'une silhouette argentée s'échappait du Choixpeau en poussant un cri suraigu, Hermione s'écroula sur le sol, une main crispée sur sa poitrine.
- Mon cœur... articula-t-elle difficilement tandis que Minerva s'agenouillait à côté d'elle, sans quitter des yeux la forme fantomatique qui hurlait dans le salon.
Quand l'apparition finit par s'évaporer, la brune eut l'impression que quelqu'un avait appuyé sur un interrupteur. La violente migraine s'arrêta aussi brusquement qu'elle était venue, ne laissant qu'un vague élancement aigu, et les battements de son cœur avaient repris leur cadence habituelle.
- Et bien, j'avais une bonne intuition, haleta la rouge et or. Mais ça ne va pas me faciliter la tâche si je dois frôler l'arrêt cardiaque à chaque horcruxe détruit.
- Effectivement, murmura l'Ecossaise en passant sa main dans les cheveux de la légiste dans un geste apaisant. Il faut maintenant savoir combien il y en a et les localiser.
- Aliénor et Culann ont déjà fait la liste.
- Aliénor évidemment, encore et toujours… bougonna l'animagus en aidant la brune à se remettre debout.
- Tu ne vas pas remettre ça… répliqua Hermione sur le même ton. Est-ce que je te parle de Bibine ?
- Tu peux. On a rompu, rétorqua sèchement Minerva.
La brune regarda la main gauche de l'Ecossaise et constata que la bague qu'elle avait vue lors de la première visite de Minerva ici même avait disparu.
- Je suis désolée, dit-elle sincèrement.
- Pourquoi veux-tu détruire les horcruxes de la Source ?
- Pour la tuer en même temps que Vivianne.
Rose choisit ce moment pour revenir dans le salon.
- Ca va, m'man ? demanda-t-elle inquiète, en remarquant la pâleur de la légiste.
- Oui... Je suis juste un peu fatiguée. Mais rien de grave, rassure-toi.
- Je crois que tu as besoin d'un bon repas et d'une sieste. On mange ? proposa la fillette.
Hermione regarda sa montre. Midi... Elle sentit son ventre gargouiller et acquiesça.
- J'ai des haricots verts et de quoi faire une omelette. Tu te joins à nous ? demanda la brune à l'animagus.
- Je cuisine, conclut Minerva en retroussant ses manches.
Et voilà le travail !
Alors, ça vous a plu ?
Gros bisous et à la semaine prochaine,
Sygui et Link9
